‹ Journal du marquis de DageneauChapitre 19 sur 21 · JUILLET 1718. 4SI · texte numérisé non relu

JUILLET 1718. 4SI

y avoit, quoiqu'il n'en l'iU sorti qu'à près de deux heures. — On parle fort d'un changement d'habit et de coiffure pour les dames , et on doit s'assembler demain après dîner chez madame la duchesse de Berry pour cela, où l'on fait venir les habiles tailleurs et les fameuses couturières et Berain, le dessinateur de l'Opéra.

Jeudi 25 , à Marly. — Le roi se promena le matin, alla tirer l'après-dlnée, et le soir il y eut petite musique chez madame de Maiotenon. — Les prince^es s'assemblèrent l'après-dlnée chez madame la duchesse de Berry, comme cela avoit été résolu hier, et elles ont ordonné qu'on leur apportât au premier jour des modèles d'habillements, mais elle n'ont rien déterminé encore. Les avis sont fort différents, et il y a apparence qu'on s'en tiendra aux habits qu'on porte présentement. — M. de Nicolaïj premier président de la chambre des comptes, a fait rétablir sur sa charge un droit de 1,000 écus de rente sur les eaux et forêts; le chancelier et le premier président du parlement ont ce même droit , et le père de M. de Nicolaï, qui avoit sa charge, s'étant brouillé avec M. Colbert, laissa perdre ce droit par sa pure faute. Vendredi 26, o Marly. — Le roi travailla avec le P. le Tellier après la messe et courut le cerf l'aprèsdlnée. Le soir, chez madame de Maintenon, ily eut comédie. — M, de Matignon alla hier à Versailles chez M. le Grand, père de madame de Monaco, et qui avoit résolu le marickge de mademoiselle de Monaco, sa petite-fille, avec M. de Thorignyj fils unique de M. de Matignon, et dans la visite qu'il lui rendit il se plaignit extrêmement de M. de Monaco, et retira sa parole pour ce mariage, prétendant que M, de Monaco lui faisoit des propositions et trop onéreuses et trop honteuses, M. le Grand, de qui M. de Matignon se loue fort, lui demanda de vouloir bien attendre Jusqu'au 15 d'août. — Le comte d'Oisy, second fils de la duchesse de Brancas, dame d'honneur de Ma-

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dame^ et qui est enseigne des gendarMes d'Orléans^ en achète la chtirge de lieutenant, du' marquis de Maunyj fils de M. d'Estam{^9 à qid il en donhe 40,000 écus;

Samedi VI, à Marly. — Le roi se promena le mat^ dans ses jardins, et alla Tàprè^-dliiée faire la i*evue de son régiment; Madame la ducliesée de Berry y étoit à cheval avec beaucoup de dames qui iatréient dfss.écharpes magnifiques comihe les hommes les portolënt et d^s nœuds d'épaules couleur de feu^ qui est la coilleiir dés nœuds d^épaules des soldats du régitheiit dtl roi. -^ Préchac, gouverneur de Schelestadt> est mort; il étoit cordon rou^ et avoit quatre-vingt-cinq ou six ans; — M. le Grand, qui avôit toujours demeuré h Versailles depuis qu'on est ici, y arriva se sentant Utt peu inieux; — M. le duc de Noailles^ qui est goUverneiir du Roussillon et du Berry, vend ce dernier gouvernement au matqiils d'Arpajoiij chevalier de la Toisoil-, et qui vient d'épouser la fille de Montargis, garde dil trésor royal} qui est fdrt riche. Je iie sais point encore les conditions du marché .

Limanthe 28, à Marly. — Le rbi tint le cbnseil d^État> dîna chez niàdame de Maintenon, alla tirer} travailla J9tvec M; Pelletier; le sbir il y eut grande < musique Chbz huadame de Maintenon. — Le premier président et le procureur général vinrent ici; le roi leur dbnna audience dans son cabinet. On ne dit point sui* quelle afEaire ils sont venus parler*. — Le roi a donné le gouvernement de Schelestadt & Contades> major dBs gardes et maréchal de camp. Le roi lui avoit promis le premier gouyemement vacant, et M. le chancelier lui demétndA auparavant de lui déclarer s'il seroit bontetit de ce gouverment-là, parce que le roi veut lui marquer son estime et sa considération. Nangis, que le roi veut bien traiter aussi, avoit demandé cô gouvernement. — La duchesse de Luynes accoucha, le soir> à Paris^ d'une fille; elle n'a-

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