JUILLET Ï
salon jusqu'il minuit, et puis alla faire médianoche chez M. d'Antin, où étoient madame la Duchesse et beaucoup de dames. Le roi, en sortant de son souper, entradansle salon et vitjouerun moment pour faire plaisirà l'électeur qui s'en vaàCompiègne avec toutes les dames qu'il avoit amenées et qui éloient à Saint-Cloud avec lui. Il doit partir au commencement de la semaine qui vient.
Dimanche 8, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, dîna chez madame de Maintenon, alla tirer l'après-dlnée, travailla avecM. Pelletier, et ensuite il y eut musique chez madame de Maintenon, — Le duc de Richmond, fils du feu roi d'AngleterreCharles II et de la duchesse de Portsmouth, a reçu deux coups d'épée dans le ventre au bout du Pont-Neuf. On ne sait point encore comme cela est arrivé; on fait des informations, et on ne croit pas que ce soit un duel. — M. le prince de Conty est arrivé ici ; on ne l'avoit point vu depuis sa maladie, et madame la princesse de Conty safemme, qui en revenant de Rambouillet éioitallée le trouvera l'Ile-Adam, estrevenueici avec lui, — M. l'abbé Catinat, neveu du feu maréchal de ce nom, est mort, U avoit l'abbaye de Saint-Julien à Tours, qui n'est pasd'un grand revenu, mais il y a de belles collations et une maison très-agréable.
Lundi 9, à Marly. — Le roi tint le conseil de dépêches qu'il avoit voulu tenir lundi dernier; l'aprtïs-dinée il travaillaavecM,dePontchartrain, et puis se'promena dans ses jardins. — Le cardinal delGiudice a loué une maison dans Paris; ainsion ne doute pas qu'il n'ait intention de faire un assez long séjour en France. — Madame la Ducliesse et les princesses ses filles vont tAis les soirs se baigner fi la rivière, en deçà de la machine. —Il arriva un courrier d'Angleterre. La reine est en parfaite santé, mais il parolt qu'il y a toujours beaucoup de brouilleries dans le parlement. M. Rasse, qui doit relever ici M. Prior, n'est point encore parti de Londres, et on croit mfime qu'il ne viendra pas encore sitôt. — On ne doute point que le ma-
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Mardi iO^ à Jlforîy . -^ Le i^i tint le oonseil dé financé^^ ^traprès-dlnée il tpàvailla aveô M. lechaticeiiéir; il y trti- Vailiera toujours leis mardis 6t leâ ëamèdis aux afibireë de la guerre^ oomme avaût qu^il fdt thaucelier. A sijr heures le roi mena les dames dans de petits chariots jusqu'à la iY>uiette^ où il les vit faire plusieUihâ tôUrs. Le cai^nàl del Gittdice vit aller ia roulette^ divértissemeut qu'il neconnoissoit point. — M. de Canillac» desmous^etaires^ Vint ici poUr demander au roi Tagrément du mariage qu'il veut faire de son neveu> fils du marquis du Pont du Château^ avec mademoiselle l^errant^ qui est nièce de madame <lanillac ; et ainsi tout le bien du mari et de la fenlme^ i]ui n'ont point d'enfants, reviendra aux enfants qui naîtront de ce mariage. Mademoiselle Serrant et^t fille de rinlendaiit de Bretagne» et aura plus d'UU million de bien, et le marquis du Pont du Gh&tèau aura plus dé .60^009 livres de rente en fonds de terre et de beUés terres. , Mercredi 11, à Marly. — Le roi tint lé eonseil d'État, dîna chez madame de MaiUtenon, et à trois heuréd alla courre le cei^f. Avant qu'il arrivât & la chasse il y eut dôl^ paroles assez fortes entre deux grands princes fort proche)^ parents; on les fit souper le soir ensemble > et éelÀ n'aura 4ipparemment aucune suite^ -^ Le roi fait accommodu^ le château de Blois pour la reine de Pologne^ et com^Mie qu'elle y sera encore mieux qu'au château d'Amboise-. ^-^^ Le roi a réglé que ce sera lundi que l'on fera le service de monseigneur le duc de Berry à Saint-Denis ; il n'y aUrtt de courtisans à ce service qAe ceux qui avoient des éharges dans sa maison. C'est vendredi que M* le cardinal de JRohan doit voir chez M. le cardinal d'Estrées & Paris V6^ crit de M. le cardinal de Noailles dans son entier, après quoi on saura s'il accepte la constitution du pape^ et il est fort à désirer que cette affaire-là finisse, pour empôeher jun grand trouble <dans l'Ëglise.
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Hmdi i% û Mwl^.^^ Le roi> après Ift tiie»e> se pn>- M«kiA daùd «è8 jaràlûs; raprè6-dinée il alla tlnr, et le «bil^ il y eut pt^itti mUi^iqué ûhe« madame de Maintenon . M. le tsteneell^r tint poup la première fois le contseil, et te tint le ti^atin et raprès-dinée. Mi de la Salie^ do^en de ttudJ^^r dés maitree des ^eifuètes , lui fit un complimient 4e la >(f^ti dû eoi'ps avant qu'il sortit de son s^partément de Tet^isailleis pôUlr venir au conseil. Le ehancelier prit sa ^aee au eoniseil^ et ne fit aucun di8coul*s ; on croyoit que Tpeut-ètre 11 eu feh)4t un> mais il s'est réglé sur l'escemple ^e M. ée Pontbhartrain> qui vient de quitter cette charge ét€^ û'eu avoit poiUt fait quand il fut reçu. ^ La flotte des Indes orientales est arrivée au Port-Louis, fort ricllè^ënt chargée ; on compte qu'elle apporte en marlâhandvlés la valeur de neuf à dix millions y profit si confidétoiblequ^il va remettre en considération la compagnie -qui «e înêlè dte cte oommerce-lâ.
fTmrfrerfi IS, à Marly . — Le roi travailla le matin avec te P. leTellier, et l'^près^lnée il alla couire le lièvre "dans la forêt avec les chiens du maréchal de Tallard. Le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. «^^ La reine de Pologne arriva le 4 à Marseille; le roi lui envoie faire compliment par le marquis de Béthune^ fils 4e madame deBéthune, sœur aînée de cette reine (t). f2le deiUeurera quelques jours à Marseille, et puis ira (ireUdre les eaux de Bourbon , et elle trouvera, à son retour dés eaux , le château de Blôis en état. Elle y sera trè84)ien logée, elle et toute sa cour; elle a amené avec «Ue la fille du prince Jacques, son fils ainé^ qui est en âge d'être mariée et fort bien faite et qui sera fort riches ' Samedi 14, à Marly. — ^ Le roi Se promena le matin dans ises jardins, et l'après-dlnée il travailla avec M, le
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(l) l'eau Sobiéskl avait épousé, en 1665, Marie-Caéiyre de la Grange tTÂt- ^ien, Boelir {minée de Louise-Marie de la Grange d'Àrquien, mariée en 1669 .à François Gaston, marquis de Béthune.
chancelier jusqu'à six heures. — On a reçu des lettres du maréchal de Berwick^ datées de Girone du 3 ; il mande qu'il y arriva le 2; il est obligé d'y séjourner ce jour-là pour quelques arrangements nécessaires ; qu'il en partira le lendemain pour Barcelone^ et il y arrivera en quatre jours de marche^ et qu'il y fera ouvrir la tranchée le plutôt qu'il pourra. — L'abbé Bignon, que M. le chancelier de Pontchartrain son oncle, avoit chargé du soin de la librairiQ, qui demande beaucoup d'application et de connoissances, a remis cet emploi, où il n'y a point d'appointements, mais qui ne laisseroit pas de valoir assez si on vouloit, et le nouveau chancelier en a chargé M. de la Rochepotson gendre, mari de sa fille aînée.
Dimanche 15, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, alla tirer Taprès-dlnée ; le soir il travailla avec M. Pelletier chez madame de Maintenon, et il y eut musique ensuite. 11 avoit diné chez elle. — Le maréchal de Villeroy a renvoyé la plupart des troupes qu'on avoit fait marcher à Lyon en cas qu'il en eût besoin. — L'évêque de Lisieux est mort à Paris après une longue maladie^ Il est frère aîné du comte et du maréchal de Matignon, et ils ont encore un autre frère plus vieux, qui est l'ancien évêque de Condom. L'évèché de Lisieux est un des plus considérables du royaume , et outre cela Uévèque qui vient de mourir avoit deux belles abbayes. — Madame de Maillebois est venue ici; on lui avoit gardé un logement, et elle n'avoit pu y venir plutôt parce qu'elle avoit été fort incommodée après ses couches; M. de Goôsbriant, son beaufrère, qui avoit son logement en son absence, a eu le logement du frère compagnon du confesseur du roi.
Lundi 16, à Marly. — Le roi se promena le matin dans ses jardins, et courut le cerf l'après-dlnée. — On fit à Saint-Denis le service pour monseigneur le duc de Berry; Tabbé Prévôt fit l'oraison funèbre. Les princes qui faisoient les honneurs étoient M, le Duc, M. le prince de Conty et M. le prince de Dombes. M. le comte de