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marcher droit à lui ^ ce qui a fort surpris et affligé notre* armée^ qui croyoit donner sûrement une bataille. On ne comprend pas bien pourquoi M. de Savoie s'étoit avancé deux jours auparavant pour se retirer si vite. M. de Vendôme n'avoit point dérobé sa marche ; il passa le P6 en plein jour. Il mande à la fin de sa lettre quMl va suivre les ennemis pour tâcher de les combattre y persuadé qu'ils ne tiendront pas contre Farmée du roi. Barbezières enfin a été mis en liberté et a joint M. de Vendôme à Casai.
Mercredi \k, à Marly. — Le roi, après son dîner à Versailles^ alla chez madame la duchesse de Bourgogne, qui avoit bien passé la nuit. Ensuite S. M. travailla avec M. de Chamillart jusqu'à cinq heures, et puis alla encore dire adieu à madame la duchesse de Bourgogne, et à six heures il arriva ici. Monseigneur y arriva un peu après lui avec madame la princesse de Conty. Monseigneur le duc de Bourgogne demeura jusqu'à huit heures avec madame la duchesse de Bourgogne, où il y eut musique ; elle se porta parfaitement bien toute la journée, et on ne doute point qu'elle n'accouche à terme. — Le roi a donné à M. de Saint-Germain-Beaupré, pour son fils aine, l'agrément du régiment de sRassé, que le lieutenant-colonel du régiment de Villeroy avoit eu il y a quelque mois ; mais l'affaire n'avoit pu se finir. Les deux cadets de M. de Saint-Germain-Beaupré sont déjà colonels; le chevalier a un régiment d'infanterie depuis deux ans , et l'autre, qui avoit été enseigne des mousquetaires du roi d'Espagne, a une commission de colonel dans les troupes d'Espagne qui sont en Flandre. — Le marquis de Buly, sous-lieutenant de la gendarmerie , achète de madame de Pracomtal le gouvernement de Menin 1^2,000 livres; il est estropié, mais il espère pourtant pouvoir resservir, et le roi lui conserve son rang de colonel. 11 vend sasouslieutenance au marquis de Meinière, enseigne dans le même corps et dont il a épousé la mère. — L'abbé de Cay lus a supplié le roi de trouver bon qu'il n'acceptât pas
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*révèché de Tbul , se soiimettant pourtant à la volonté dé 8. M., qui a approuvé ses raiton^ et a été content de sa conduite.
Jeudi 15^ à Marly, — Le roi se promena tout le matin et tottte Taprès-dlûée dans ses jardins. Monseigneur courut le loup à Lotie. Le soib il n'y eut point de musique, quoique Monseigneur y aille toujours y et il a été bien aise que les musiciens demeurassent à Versailles pour madame la duchesse de Bourgogne^ qui les a tous les soirs durant les voyages que le roi fait à Marly depuis qu*elle garde le lit. — M. le maréchal de Tallard devoit commencer à faire passer le Rhin à ses troupes le 14^ une partie à Huningen ou à Neubourg, et Tautre partie A Strasbourg. On a entièrement fait raser la ville de Neuboifrg. M. le maréchal de Villeroy devoit être campé le 12 en front de bandière; toutes les nouvelles qu'on a des ennemis de ce côté-là portent que milordMarlborough^ avec les troupes angloises qui ne sont pas si nombreuses que l'année passée , marche vers Goblentz^ comme s'il vouloit faire quelque entreprise sur la Moselle^ ou pour tÀcher de faire revenir de ce côté-là le corps du comte de Coigny, qui étoit campé le 10 à Saverné, attendant les ordres de M. de Tallard. — M. le comte de Toulouse écrit du 9, de la rade de Berthaume , et commençoit à faire appareiller ce jour-là pour mettre à la voile. — Le maréchal de Château-Renaud met ses deux fils ainés^ qui sont encore fort jeunes^ dans le service de la mer, et le roi a fait Tainé enseigne de vaisseau sans le faire passer dans les gardes-marine , disant que le père avoît servi assez longtemps dans la marine pour que son fils aîné fût dispensé de la règle commune.
Vendredi 16, à Marly. — Le roi alla Taprès-dinée à SaintrGermain voir le roi et la reine d'Angleterre. — H arriva le matin un courrier de M. le maréchal de Villeroy. M. de Ghamillart, qui étoit à l'Étang^ vint ici apporter les lettres^ et l'on fit repartir le courrier sur-le-champ. M. le
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maréchal de Villeroy éioit campé le 11* à Hontenac. Le due de Harlborougb étoit arrivé à Haestricht; lear détachement pour la Moselle n'étoit pas encore fait. — Il arriva le soir uh- courrier de H. de Vendôme ; voici sa lettre du 9 de mai^ du camp de Sainte-Marie : Je partis de Villa-NoTa avanlr-hier à la pointe du jour pour poursuivre les ennemis ^u'on in'avoit assuré d'être auprès de Trin ; mais je trouvai qu'ils m'avoient déjà prévenu et avoient décampé avec précipitation la nuit d'auparavant. Je rencontrai seulement une arrière-garde composée de quinze cents chevaux et de quatre à cinq cents hommes de pied; je la fis attaquer par les dragons et la cavalerie de notre avant-garde^ qui la poussèrent deux lieues durant avec toute la vigueur possible; elle auroit été taillée en pièces s^ils n'avoient eu la précaution de poster de temps en temps de Finfanterie dans des lieux où notre cavalerie ne pouvoit la forcer, et Téloignement de notre infanterie déroba cette arrière-garde à une défaite entière , et leur donna le temps de se sauver à la faveur d'un bois. Nous leur avons tué ou blessé plus de quatre cents hommes et fait beaucoup de prisonniers^ du nombre desquels est M. de Vaubonne avec quatre autres officiers. Nous avons pris deux étendards, et nous n'avons perdu dans cette occasion que cinquante hommes, tant tués que blessés. Nous sommes présentement les maîtres de Trin^ que les ennemis ont abandonné avec beaucoup de grains , farines et autres munitions qu'ils n'ont pas eu le temps d'emporter. Les ennemis sont présentement campés le cul au P6 et la droite à Crescentin, où ils se retranchent.
Samedi 17, à Versailles. — Le roi, à son lever, à Harly, reçut la lettre de M. de Berwick que voici :
Du camp de Salvatierra , le 8 de mai.
«Hier au matin, Salvatierra fut investie par M. le comte d'Aguilar et par H. de Thouy. L'infanterie arriva Taprèsdlnée auprès de la place. S. H. Catholique y arriva sur le
midi, après avoir visité la place et reconnu son camp. L^armée consiste en vingt bataillons et vingt escadrons. M. de JeofTreville devoit arriver sur le midi à Almelda^ avec dix-sept escadrons^ pour reconnoitre ce qui se passe de ce côté-là et ensuite rejoindre Tannée du i*oi. M. de Tzerclaes, avec douze bataillons et trente escadrons^ maiv che ce matin de Codezira pour aller camper entre Aronches et Portalègre. M. le duc de Hijar devoit aussi entrer en Portugal du côté de la Galice , ainsi que M. de Villa d'Arias^ avec douze cents chevaux et quelque infanterie du côté d'Andalousie ; cette place-ci n*est pas si mauvaise qu'on la disoit^ mais il faut espérer que quand on pourra mettre du canon en batterie le gouverneur sera obligé de se rendre; il n'y a nulle nouvelle que les ennemis s'assemblent. Dans l'instant Salvatierra capitule et se rend à discrétion; il y a dix compagnies d'infanterie. J'espère de prendre demain Segnra. »
Lie roi , se promenant dans son jardin à midi auprès d'un pavillon des globes^ vit arriver un écuyer de M. de Chamillart et un homme botté qui le suivoit; on ne douta pas que ce ne fût un courrier. Ce courrier étoit le marquis de Saint-Pierre^ aide de camp du maréchal de Villars, qui lui apportoit la nouvelle de la réduction des fanatiques*. Voici le détail de cette nouvelle : M. de Henou, brigadier, ayant battu les fanatiques dans une petite rencontre où ils avoient eu trente ou quarante hommes tués, Cavalier^ leur chef, envoya à M. de la Lande lui demander une conversation sur parole, donnant la sienne pareillement. M. de la Lande alla au lieu du rendez-vous, qu'il trouva en quelque état de défense, et quand il entra dans les barrières il trouva les fanatiques, cavalerie et infanterie, sous les armes, que l'infanterie lui présenta quand il vint à passer. Le résultat de la conversation fut que Cavalier demandoit pardon au roi et amnistie pour lui, pour Roland, un des chefs, et
pour Catinat, un de ses officiers, comme aussi pour quatre eents hommes qu^ils avoient avec eux, suppliant S. M. de leur accorder une route et un passe-port pour sortir du royaume avec quatre cents hommes dont ils donneroient les noms ; que le roi permettroit à tous ceux de leur parti qui voudroient sortir du royaume d^en sortir à leurs dépens; que S. M. permettroit à ceux qui voudroient vendre leurs biens de les vendre , et qu'elle paiv dûnneroit à ceux de leur parti qui se trouveroient prisonniers *. — Il arriva un courrier de Brest. M. le comte de Toulouse mit à la voile le 1 iih au matin , et le soir on ne voyoit plus ses vaisseaux. — Il arriva un courrier de M. de TaUard, parti d'auprès de Fribourg le 15. Ce maréchal avoit détaché ce jour-là Zurlauben avec deux mille chevaux et trois mille hommes de pied pour faire son avant-garde et se saisir des postes du Holgraf et du Tor^ ner, où l'on ne croit pas trouver les ennemis. Il ne paroit pas qu'ils songent à nous défendre le passage, qu'on regarde comme sûr présentement. M. l'électeur de Bavière doit être le 16 à Donesching, où M. de Tallard compte de le joindre le 17. Cet électeur n'a trouvé nulle résistance en son chemin ; les ennemis avoient abandonné tous les retranchements qu'ils avoient faits depuis le lac de Constance jusqu'au Danube, et ces retranchements étoient même très-mauvais, quoiqu'ils y travaillassent depuis longtemps. Le prince de Bade est toujours à Aschaffembourg, malade, et on assure qu'il ne veut point servir cette campagne. M. de Coigny, avec les troupes qu'il commande, devoit joindre le soir^M. de Tallard sous Fri-* bourg, où il demeurera pendant que M. de Tallard passera les montagnes, afin que nous ne soyons point inquiMés par les derrières dans notre marche; tout est disposé à merveille, quand les ennemis voudroient s'y opposer, ce à quoi ils ne songent pas. Lie comte de Thungen, qui les commande en l'absence du prince de Bade, est à Rottweil sur le Necker. •— On n'a jamais reçu tant
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de bonne» nouvëlleR en un jour, et pour ooinble de bonheur niadame la duchesse de Bourgogne se porte à la perfection. Le roi lui a conté tout ce qu'ont apporté les courriers , mais on ne lui parle point des noUTelles qui regardent M. de Savoie.
* Cette réduction des fanatiques étoit encore éloignée. Le publie di^ra plus difficilement que la cour la conférenice de Cavalier, leur chefi avec le malréchal de YiHars.
Difnanche 18, à Verêcdlles, — Outre le conseil que le roi tint le matin k son ordinaire , il travaillia, Taprès-dinée avec M. de Chamillart jusqu'à cinq heures , et puis alla se promener à Trianon. Il travailla encore le soirchex madame de Maintenon avec M. de Chamillart, comme il fait tous les dimanches. — Pendant que le roi étoit le matin au conseil, il arriva un courrier de M. de la Houssaye, à qui M. de Tallard a voit fait écrire par M. de Surville pour le prier d'envoyer un courrier à la cour porter la nouvelle que M. de Zurlauben avoit passé le Holgraf et étoit arrivé sur le Tomer, qui n'est plus qu*à cinq lieues de Donesching ; il n'a trouvé ni ennemis ni retranchements en son chemin. M. de Tallard le suit avec toutes ses troupes; Tartillerie et les bagages tiennent cinq lieues de chemin et marchent sans aucun embarras, n ne parolt pas une troupe des ennemis ni un paysan armé depuis que M. de Tallard est en Alsace ; il n'a pas été quatre jours sans avoir des nouvelles de M. de Bavière. — Monseigneur alla le soir se promener au Désert avec madame la Duchesse. — M. le duc d'Orléans donne 25,000 livres à la Faré, pour lui aider à payer le régiment qu'il achète pour son fils, et outre cela il loi fait avancer 12,000 livres sur les appointements de sa efaarge. M. le duc d'Orléans ne veut quasi pas que cela soit su, pour éviter les louanges que ce procédera mérite.
Lundi 19, o Ver milles, — Le roi travailla l'après-dlnée avec M. Pelletier, et puis alla tirer. Monseigneur alla dîner à Meudon avec madame la Duchesse. Madame la ducbess e