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de Bourgofn^e continue à se mieux portm* ; le roi y va tfois fois par jour. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme^ qui mande que M. le duc de Savoie a sa droite à Crescentin , sa gauche en tirant vers la Doria Baltea , le derrière au Pô et un marais imj^ticable à sa tète. M. de Vendôme^ ne le pouvant attaquer dans ce poste , fait'faire un pont sur le P6 entre Trin et Crescentin ; il établit à la tète de ce pont une bonne redoute avec du canon^ et tirera par là aisément ses fourrages ; il a sa droite à Fontanet et sa gauche au Pô. M. de Savoie^ par le poste où il e.st, couvrant Verue et Ivrée, M. de Vendôme ne peut faire présentement de siège que celui de Verceil. — Le roi a donné une pension de â,000 livres à mademoiselle de Bnsca^ fille du lieutenant général. — M. le duc de la Force avoitlevé, il y a deux ans, un régiment dHnfanterie^ et comme ce duc ne sert point ^ il Ta donné à son cadet^ à qui le roi en a bien voulu accorder l'agrément. — La Queue*, capitaine de cavalerie dans le régiment du che» valier de Bousoles, a obtenu une commission de mestre de camp que M. de Vendôme a demandée pour lui; ce régiment sert dans son armée. — L'abbé de Polignac fut choisi pour remplir la place de H. de Meaux à F Académie françoise, et ie roi approuva le choix.
* Ce la Queue étoit un gentilhomme accommodé, seigneur de la Queue , à six lieues de Versailles , qui avoit épousé une fille du roi et d*ii]ie oomédienne, qui n*a point été reconnue et que Bontemps, avant sa niort« avoit mariée pour que cela ne parût point, mais la Queue sachant bien qui il épousoit. Elle ue sortoit point de sa campagoe à la Queue, et s'y montroit même fort peu. On dit qu'elle resserabloit fort au roi en fort laid, et qu'elle ne regardoitpas sans jalousie et sans douleur Tétatde madame d'Orléans et de mesdames la Diiebessft et princesse da Cooty « qu'elle ne voyoit jamais. L'un et Tautre sont morts et sans aucune fortune.
Mardi 20> à Ver$(UUes, — Le roi travailla Taprès-dinée avec M. de Pontchartrain juscju'à quatre heures. — U arriva on courrier de M. le maréchal de Villeroy, parti du 18. M. de Marlborough a marché avec les troupes an-
gloises et une partie de celles de Hollande pour aller, & ce qu'on croit, du c6té de la MoseUe, où nous n'avons plus de troupes, M. de Coigny ayant quitté ce pays-là pour aller joindre M. de Tallard. M. de Yilleroy, qui ne veut pas que les ennemis puissent réussir dans la moindre entreprise , va passer la Meuse de son côté ; il a moins de chemin à faire que M. de Marlborough pour arriver sur la Moselle. Il mène cinquante bataillons et plus de soixante escadrons , et laisse le reste de ses troupes sous le commandement d'Artagnan , le gouverneur d'Arras, pour se joindre à M. le marquis de Bedmar. — Il arriva un courrier de M. de TaUard, parti le 17 au matin du Torner. Ce maréchal mande au roi qu'il joindra le soir M. Télecteur de Bavière à Donesching ; les quinze mille hommes de recrues y arriveront le 18, et tous les bagages y arriveront le 20, tout comme M. de Tallard Favoit projeté. 11 ne s'est ti'ompé en rien du tout de ce qu'il avoit proposé de faire , et il ne lui est arrivé pas un accident dans sa marche , où tant de gens croyoient qu'il y auroit des difficultés presque insurmontables. — Il arriva ïe soir un courrier de M. de Villars; nous saurons demain les nouvelles qu'il apporte.
Mercredi 21 , à Versailles. — Le roi se trouva un peu enroué le matin ; il ne laissa pas d'aller l'après-dinée se promener à Marly ; le vent a un peu augmenté cette incommodité. Madame la duchesse de Bourgogne, qui entre, à ce qu'on croit, dans son neuf, mais qui ne peut plus sortir du lit, a souhaité de faire ses dévotions; elle s'est confessée ce soir pour conmiunier demain à son réveil. — Le courrier de M. de ViUars qui arriva hier au soir a apporté la nouvelle que Cavalier Tétoit venu trouver, se remettant entièrement à la miséricorde du roi et ne demandant plus de conditions. Quatre cents honmies qui étoient avec lui ont apporté leurs armes, suppliant le roi de les employer dans ses troupes. On les a mis dans le bourg de Calvisson, où on leur fournit tout ce qu'il leur
faut pour lear subsistance. Roland^ avec sa troupe, se soumet aussi sans conditions^ priant seulement le roi de leur donner occetsion de réparer leur faute en les remettant dans son service. Il étoit arrivé un malheur le jour auparavant que Roland sût que Cavalier avoit demandé Tamnistie pour eux tous ; cent hommes détachés du régiment de avoient attaqué la troupe de Roland,
qui étoit de cinq cents hommes; nos cent soldats avoient été battus et tués avec le lieutenant colonel et trois capitaines de ce régiment. Le roi a renvoyé le courrier à M. de Villars et lui donne tout pouvoir de conclure avec les fanatiques qui promettent de devenir bons sujets.
Jeudi 22, jour de la fête de DieUj à Versailles. — Le roi s'est trouvé un peu enrhumé ce matin et a entendu la messe dans la chapelle. Il n'a point été à la paroisse à la procession; Monseigneur a fait cette fonction-là en sa place. Madame la duchesse de Bourgogne^ qui se porte toujours fort bien, a voulu, entrant dans son neuvième mois , faire ses dévotions ; elle a communié à sept heures dans son lit; elle a entendu deux messes, et puis s'est rendormie. Le roi , après le salut , a été fort longtemps chez elle; il est enchiffrené plutôt qu'enrhumé. — On a eu nouvelle que les mécontents ont enfin pris Âgria , et qu'ils sont encore dans TUe de Schut, d'où on n'a pas pu les chasser. — M. le duc de Gramont écrit de Rayonne du 15; madame des Ursins y devoit arriver le 17 et dit qu'elle veut venir ici. — Madame de Polignac donne 50,000 livres au roi ; on lui en place 35,000 à la maison de ville, les 15,000 restant avec 65,000 livres qui lui étoient dues de son mariage font 80,000 livres , dont on lui donne 8,000 livres de rente à vie, savoir : 4,000 livres pour elle, et 4,000 livres pour son mari, et cela au denier dix ; c'est une très-bonne affaire pour gens qui comme eux n'ont point d'enfants.
Vendredi 23, à Versailles. — Saint-Victor, aide de camp de M. de Ravière, est arrivé ce matin. Il partit lundi de
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Donesching , et revint avec H. de Tallard jusqu'au Torner ; il assure le roi que toutes les troupes sont plus que complètes; on a mis la cavalerie à quarante maîtres par compagnie ; il ne manque pas un homme^ pas un cheval ni pas un fusil dans cette armée, M. de Tallard a passé la journée du 18 avec H. de Bavière ; il y seroit demeuré plus longtemps avec ses troupes sans que les vivres qu^avoit amenés M. de Bavière se sont trouvés poums ; il a fallu ^ à cause de cela^ que Tarmée se séparât. On dit que M. de Tallard va faire le siège de Fribourg, et que M. de Bavière va marcher à Rottweil, où les ennemis se sont assemblés; ils ne sont que vingt-deux mille hommes au plus. M. de Bavière a plus de quarante mille hommes avec lui ; il n'y a pas un malade dans son armée. — H. de Mantoue est venu ici à midi ; il est entré d'abord dans le jardin; il a presque tout vu le côté gauche. A deux heures il est entré dans Tappartement de M. le comte de Toulouse^ où il a trouvé toutes sortes de rafraîchissements; ensuite il est monté dans le cabinet du roi^ où il n'y avoit que H. deTorcy. Après son audience il a achevé de voir les jardins, et ensuite s'en est retourné à Paris (1).
(t) « Le 23 de ce mois M. le duc de Mantoue retourna i Versailles; ce prince y arriva sur le raidi ; il descendit dans l'appartement de M. le comte de Toulouse, où M. le marquis de Torcy le vint aussitôt trouver ; il eut une courte conversation avec ce ministre. Les roulettes Tattendoient à la porte de Tapperteroent de M. le comto de Toulouse du côté du jaixlin : ce que l'on i^ pelle roulettes sont des fautouiJs dans lesquels on se promène dans Jes jardins ; ils sont suspendus et tfrés par un Suisse ; mais comme ils sont poussés par deux autres Suisses, As vont aussi vite qu'oii tes veut taire aller. 3f. le duc de Mantoue monta dans une de ces roulettes, et les plus oonsidéraU» personnes de sa suite montèrent dans dix-neuf autres. U fut suivi par beaucoup de monde X pied , mats ({ni n'entra que sons ses auspices ou par le moyen des gens de sa maison, toutes k» iwrtes du petit piirc ajrttit éténierdilesdès le matin à toutes autres personnes. On le mena dans tous les bosquets qui loot à gauche jusqu^à TApollon , et ce prince rentra avant deux heures dans l'appartement de M. le comto de Toulouse et fut conduit, comme la première fiois, par les derrières, dans le caMnet du roi , qui fl*rloit de taMe et npâ élMl seul avec M. le marquis de Torcy. 11 eut une conversation seul avec S. M. qni