‹ Journal du marquis de Dageneau (volume 2)Chapitre 19 sur 25 · M4RS · texte numérisé non relu

M4RS

— Le maréchal de Villeroy présenta le matin au roi à son levei* le maréchal d'Arcos, qui commande les troupes de Télecteut de Bavière. — Il arriva le matin un courrier du maréchal de Tessé, paiti de devant Gibraltar le 17 du mois passé; les ennemis ont jeté du secours daiis la place; on compte qu'il n'y est entré que cinq cents hohimes et que cela n'empécheroit pas la place d'être prise très-aisément si le canon et la poudre que nous attendons arrivent; c'est Pointis qui les doit amener de Cadix. 11 faut, pour continuer ce siège avec succès , vingi pièces de canon et trois cents milliers de poudre, bn mande qu'il pleut jour et nuit en ce pays-là; on y est dàtîs la i)oue jusqu'au ventre. M. de Villadarias n'y Vouloit pas demeurer après l'arrivée de M. dé Tessé, mais il a reçu ordre du roi d'Espagne d'y rester.

tiercredi 4, à Versailles. — Le roi se promena l'aprèsdlnéé dans les jardins , où il fait planter des arbres d'uiie grosseur prodigieuse qu'on transporte avec une machine nouvelle. — Tournemine a achevé son affaire pour la lieutenance' des gendarmes de la reine; ce qui en avoit retardé là conclusion , c'est que M. le comte dfe Toulouse aVoil taxé le régiment de dragons que Tournemine avoit à vendre, attendu que c'est un régiment levé par la province de Bretagne. Cette taxe n'étoit que dé 50,000 francs, qui n'étoit guères pour un régiinenl dé dragons; mais enfin l'affaire s'est àccominodéé, parce queMarbeuf, qui étoit lieutenant-colonel de ce régiment et qui a été choisi pour l'acheter, a doiiné iin pot de vin de 1,000 pistoles à Tourhemine. — M. le maréchal d'Àrcos, qui commande les troupes de l'électeur de Bavière, servira sous ce prince en Flandre et aura un raiig au-dessus des lieutenants généraux du roi; il n'y avoit point d'exemple qu'un feld-maréchal eût servi avec les troupes du roi. — Toutes les nouvelles d'Allemagne portent que les mécontents de Hongrie sont plus forts et font plus de désordres que jamais sur les terres de l'empereur.

272 JOURNAL DE DANGEAIT.

Jeudi 5, à Versailles. — Le roi dîna de meilleure heure qu'à l'ordinaire; il n'y eut point de conseil, et à une heure le roi alla tirer dans son grand parc. Monseigneur fut saigné à Heudon par pure précaution. — M. Tarchevèque d'Auch mourut à Paris; il s'appeloit TabW de Suze avant que d'être évèque, et eut d'abord l'évêchéde Saint-Omer. L'archevêché d'Auch est un des riches bénéfices du royaume , mais il est chargé de beaucoup de pensions; le prince Camille en a pour 8,000 francs, M. de Montgommery pour 1,000 écus, et Fabbé deChoisy pour 2,000 écus; outre cela, les portions congrues pour les curés ont beaucoup diminué le revenu de cet archevêché, qui ne laisse pas de valoir encore à l'archevêque plus de 20,000 écus. — M. l'évêque de Tournay , frère du marquis de la Salle et qui est très-infirme depuis longtemps, et par là ne pouvant remplir les fonctions de l'épiscopat, a prié le roi de trouver bon qu'il envoyât la démission de son évèché ; on croit que le roi lui donnera une abbaye considérable quand il y en aura de vacante; il lui reste un très-médiocre revenu, car il n'a que l'abbaye de Rel>etz en Brie, où il est retiré depuis longtemps.

Vmdredi 6, à Versailles, — Le roi se promena l'aprèsdlnée dans ses jardins. Madame la duchesse de Bou^ gogne alla à Meudon sur les quatre heures voir Monseigneur et revint ici pour le souper du roi. — Le roi a fait brigadier d'infanterie M. le comte de Shack , Danois , qui a l'ordre de Dannebrog et qui a eu un bras emporté à la bataille d'Hochstett, où il étoit colonel réformé dans le régiment de Zurlauben , et qui se distingua fort à cette action-là. — Il arriva hier au soir un courrier à^t^ pagne par qui on a eu des nouvelles de Gibraltar, qui ne sont plus fraîches que d'un jour que les dernières nouvelles qu'on en avoit reçues. — Le roi a donné un brevet de mestre de camp réformé à la suite du régiment de mon fils à M. de Bassoni pierre , Lorrain, qui étoit hors du service depuis dix-huit mois. — M. de Tonnrri*c avait

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une affaire devant les maréchaux, de France contre M. de Hennevillette^ oncle de sa» femme ^ prétendant qnHl s'étoit obligé de lui donner ^0^000 francs quand il auroit un gouvernement. Les maréchauxde France ont député le maréchal de Vauban ^ pour savoir du roi s'il avoit eu intention que M. de Tonnerre profitât de cette grâce ^ et le roi s^est expliqué d'une manière qui n'est pas obligeante pour M. de Tonnerre.

Samedi 7, à Versailleê. — Le roi alla Faprès-dlnée à Marly, où il se promena jusqu'à la nuit. Monseigneur revint de Heudon. Madame la duchesse de Bourgogne alla Taprès-dinée à Saint-Cyr, d'où elle ne revint qu'à six heures. — On a reçu des lettres de Verue du 26 qui portent qu'on se prépare à l'assaut^ que tout le canon est en batterie et qu'on espère, le premier jour du mois, entreprendre cette grande action. M. de Lapparâ est très-bien avec M. de Vendôme. — M. le marquis de Puysieux prit congé du roi ces jours passés pour retourner à son ambassade en Suisse ; M. l'évèque de Soissons , son frère , a été reçu aujourd'hui à l'Académie en la place de M. Pavillon. — Le mariage du prince d'Elbeuf avec mademoiselle d'Armagnac est entièrement rompu. — Le roi donne à M. le comte de Grignan , lieutenant de roi de Provence, 200^000 francs de brevet de retenue sur sa charge , sans quoi madame de Grignan ne pourroit pas trouver ses reprises quand il mourra ^ s'étant engagée à toutes les dettes de son mari^ qui vit fort noblement dans son emploi.

Dimanche 8 , à Versailles. — Le roi alla à la messe à dix heures^ qui est son heure ordinaire, mais il y alla précédé par tous Jes chevaliers de TOrdre, et après la messe il reçut chevaliers M. le duc d'Harcourt et M. le marquis de Bedmar; ce ne fut qu'une petite messe, et dite par un chapelain. 11 n'y avoit pas beaucoup d'exemples que le roi eût reçu des chevaliers à d'autres jours que ceux des fêtes de l'Ordre. M. le maréchal de Villeroy et M. le duc de Beauvilliers furent les parrains. L'après-dlnée le roi et

V4 J0URN4f^ pR p^llTGEAU.

ipuff; Ja m^isop royale all^r^ot ^u seprafiB;, et çuf ^goaj^ heures }e pi sQ^it poyr aller tjper. Mops^jgfi^m* If^ d]ac4p Bpurgo^pp et ina4dn)e la 4up)^s$;p de Bpurgpgpe ^mop- %ent ei} fx^i^t p9}if entendre y^pce^ ^t peyiprei|t pqgope 4 pinq hpHFpç ^ 1^ cji^pellp pp^p le ^}fft. — pp eî}| )»i|)F noijvelle g^e ^. ^e L^ptrep étoif jfjprl & Br^^ja ^^ sps blesi^ureç ; pn J'aypit ppu hor^ .de fi^n^fif. 11 ftvpit pn ft giment de dragons^ que le roi dqi)pp ^ Vigno|le§^ ^n fc^, qui ayoft uo pégjfflpnt de qayalef je ;, pt S. Il . a 4APUté à ceijx qui Jiji pnt defp^ndp cp f^gii^^nf BH'eUp J'aypildffc tiné 4 pi} yjeil pf^cigr.

ilf#' 9^ Pf F^r?^f7/f«. — Le F9iBrU iP^dpcifle. t^ H aqriya }p fRatjp ur oqufripr dp M. 4e Yep40m^. V^ fl» 2 2fi} ni^tin. La qf)ft du 1*' au 2, ^w les tpoi^ he}}Bes, M. de Ven4A™® 6* ^ittaquer Je forj. 4© TUp^ QÙ il y ^Vftji dpux bataillons de M. 4^ ^^vqie ; pu escala4a }e fpft, qo tua to}it ce qui étoif dp4^n$(^ l^prmisde^xcpnt; soldats et Yjngtrquat^re qfppieps ^ HH'pR Prjt, °^S soldats ^e lassant de tuer; nqus n'^vpns ppf4h * P^^^ ^ff^ire que 4i^ honmies. Dè^ que le forj; fut ppiç , pp fit tirpr le panou sftf: Jç pQHt qfli fuj rpifppu, et huit Jjateaux furent eipportés pv le cov|rant 4p 1a rivière^ ce gui 6te topte ppmmunic}^oq à^ Cfesceptin 4 Verpe. Pp a l^i^sé dans le fqrt M. 4p M&UF^?) ip^échal 4p cainp^ et pp^$ y sommes établis 4^ ptai^n^ à ne poipf. crain4i^e 4'^p 0tre cl^assé§. Z^ mèmp temps q^e H, de Yepdôme ^t ft^taquer Ip (prt il cqmii)9uada nui cpmp^gpies 4p grepi|4ieçs çqutepues dp 4çHX b«l^U9?* pour mpHtep aux ^r^c^ies de la gTftndp attaqqp; çp8 Jf»n^4ier$ pptfèrpqt jusque dftns la seconde enceinte p| égqrg^f eut cinquante hoqmes qui étoiqq^ daj^s pu etxfffi 4e garde. On prpyoit qp^ les assi^g4$ feroiént sfuter ^eurs fourneaux , pe qu'iU pe firent point , et nos g^^: 4iers, qui p'avQÎent pu pfdfede mopter^ces brèpljesqiîc pour les reconnoitre , se ^étirèrent et ne perdirent qV 4ix homn^ps après avoir exécpté 1^8 prdres qu'on leai avoit donpés II n^y a danslaplace que on^p cents hommes;

IfAftB iTOi. t75

il n'y m saurait tenîf davantage ; las priaonnian ai laa déliartolirs asaupant qu'on y manqua dà tout , et l'on na dpute point que la plaee ne aoit piiie dana peu de joura. On a apporté ici les drapeaux des deux bataillons qui étoient dans le fort de l'Ile. — Le roi ne dlpa qu'à trois heures et dans son lit, et après qu'il fat habillé il tri^ vailla avecM. Pelletier; pendant qu'il travailloit avec lui^ M. de Chamillart entra et lui amena le maréchal de Vil* lars, qui revient de dessus la Moselle , où il retournera dans peu de jours. — Sur lessixheures madame laduchesse de Bourgogne et monseigneur le duc de Berry allèrent à la chapelle en haut pour voir les fiançailles de mademoiselle d'Otmond ; le roi et toute la maison royale avoient signé son contrat de mariage chez madame de Main tenon.

ifardi iO> à V^nailUs. *<^ Le roi , malgré la pluie, alla s^ promener à TriaQon. Jttadame U duchesse de Bour* ^ogQe entra le soir après souper dans le cabinet du roi comme à Tordinairoj mais elle n'y demeura qu'un in»* tant et alla dana la ehaiphre de madame de Lalande» où elle fit l'honneur de donner la chemise à madame d'Ha* Yrincourt, qui avQÎt été mariée le matin et qui avoit diné ensuite chea^ madame de Haintepon *. -^ M. la maréchal de Villars, qui arrivai hier, paraît fort contant de l'état où il a trouvé les troupes qu'il a vues. Tous les ohevaux de remonte que le roi a donnés à la cavalerie sent bien en éti^t de servir i les inspecteura de cavalerie et ley meatrea de canip ep sqpt fort ooptenis, Presque toutes ees tr^upaa sont complèti^s , §t les r^oruea sont plus belles qu'on na r^spéroit. -r^ Par les dernières nouvelles qu^on a de Swgne, opapprend que les mécontents oontinuentàfaîra des progrès considérables; ils sont plus unis que jamais. L^ prince Ragot^i et les principaux cheflB ont juré «ur 1^ Èvfi^pgile^ et leurs sabres croisés , qui est la manière dQUt ils se servent dans leurs traités solennels , le prince Ragotzki de ne jamais faire aucun traité avec rampe» reur que les Hongrois ne soient remis dans toutes leurs

ta.

libertés et privilèges^ surtout dans celui d^élire leur roi; et les chefs des Hongrois ont juré à Ragotzki de n^écouter aucunes propositions d'accommodement si Temperearoe lé reconnoissoit prince de Transylvanie.

^Madame de Maintenon trayoit [iic] d'ordinaire une demoiselle ou deux de Saint-Cyr, des plus prêtes à en sortir, pour se les attacher. Elles écrivoient sous elle , la suivoient partout, et le roi , qui les voyoit incessamment, prenoit de la bonté pour elles et les marioit aTantageusemcnt. Madame la duchesse de Bourgogne s*amusoit d'elles , mais jamais hors de chez madame de Maintenon; et comme elle aimoit à courre, eDe leurfaisoit un honneur à leur noce, par enfance, qu'die ne leur eât pas fait autrement. Souvent la dot payée, la demoiselle mariée, ou demeuroit confinée , ou ne s'approchoit guères qu'en étrangère , et le mari eneore moins. L'intelligence de celui-ci suppléa au crédit effectif qu'D fit accroire , et il devint très-riche et la plus aimable maison du Gambréas.

Mercredi 11, o Marly. — Le roi , après avoir entendu le sermon , partit de Versailles pour venir ici, où il ne sera que trois jours. Madame la duchesse de Bourgogne, après le sermon, alla voir monseigneur le duc de Bretagne , entra chez la maréchale de la Mothe^ qui étoit au lit; elle y trouva la mariée qu'elle vouloit aller voir, descendit ensuite chez la duchesse du Lude> qui a la goutte depuis trois mois, et puis alla à Saint-Germain voir LL. MM. BB.; elley demeura deux heures enfermée avec la reine et n'arriva ici qu'& huit heures. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry vouloient courre le loop; on n'en put point détourner. Ils allèrent courre le cerf. et , au retour de la chasse , revinrent ici tout droit. — On a fait partir de Toulon beaucoup de poudre pour le siège de Gibraltar y où Pointis doit être arrivé avec ses vaisseaux. Les dernières nouvelles qu'on a eues de lui deCadii. étoient qu'il mettoit à la voile quoique le vent ne fât pas trop favorable. — On arme plusieurs vaisseaux à Bresl. à-Rochefort et en d'autres ports pour passer dans la Méditerranée; ces vaisseaux seront commandés par Coetlogon , lieutenant général.

Jeiidi 12, à Marly, — Le roi, après la messe, alU

daos le haut de sou parc, où il fit la i^vue des quatre compagnies de ses gardes du corps et des grenadiers à cheval; jamais ses gardes n'ont été si beaux et si bien montés, quoiquHl y ait dans ce corps près de six cents chevaux nouveaux ; ils ont même presque tous été achetés en France et à meilleur marché que les années passées.* Le roi loua surtout les brigades de Lestrades, de Gassion et de Longuerue. Montesson commandera les gardes du corps cette année; ils n^avoient encore jamais été commandés par un lieutenant général ; on choisissoit pour cela d'ordinaire le plus ancien maréchal de camp du corps. — On eut nouvelle de Marseille^ du 3» que huit de nos galères en étoient parties pour le siège de Villefranche commandées par le marquis de Roye, qui, comme lieutenant général des galères , commandera aussi les vaisseaux de guerre et de transport que Duquesne- Mosnier mène à ce siège. Les vaisseaux de transport nous porteront toutes les munitions de guerre et de bouche qui seront nécessaires à ce siège. — L'abbé de Chamilly , neveu du- maréchal, est mort au Mans; où il avoit une abbaye affermée 22,000 francs et qui a de trèsbelles collations.

Vendredi 13, à Marly. — Le roi alla encore faire la revue de ses gardes du corps , il les vit à pied et à cheval ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la revue. Madame la duchesse de Bourgogne y étoit dans une des calèches dont le roi se sert pour suivre la chasse ; elle les avoit vus hier,, elle les a voulu voir encore aujour^ d'hui, tant elle a trouvé la revue belle. Au sortir de la revue , Gassion , premier lieutenant de la compagnie de illeroy, dit à S. M. qu'il n^étoit pas juste, ne servant point au corps, qu'il gardât toujours sa charge, qu'ainsi il prioit S. M. de recevoir sa démission. Il s'attendrit en parlant à S. M., il pleura même; le roi fut fort touché et fort content de tout ce qu'il lui dit, et nous en parla après la revue, louant fort Gassion sur son procédé; car

Ï7ê JOURNAL DE 0AAGËAU.

il A dépmfeé 15,000 trlttïcë pour Mtablir sH brig»d« atàDt que de la rendre. Le dhevàlîéT dé BaliviAre, pmftier eft-* âei|p:ie de cette eompftgilié, mot^téTà à la liétitéfiancé, M le roi a dcmné la brigade à Néilfcbéllés^ ^i étoit léj^lfli «beimi éoieinpt de la oottp«j|fi]i«; il y « vià^étii âiM q«'il Test, et son père, coiftHie pfdmîef Uetttenâflt de ce oorpe, éel mort en le eoiunuindafit.

Samedi 14 ^ à Venaillws. -«^ L4 rcà se prometia tout le matin et toute Taprès^iDée daltô see jardins à Hi^ly, et ne revint ici qu'à la nuit. Honseî^eur et monseigneof le due de Berry coururent le loup et revinrent tout droH JMii au retour de la cbasM. *^ Pendant que le roi èCoît ah promenade le matin , il reçut un paquet de M. de Chè- Bkîllart, qui étoit allé à T Étang hier au soir après atoir travaillé avec lui; ce paquet étoit tme lettre de M. delà Feuillade^ de qui il est arrivé un courrier cette nuit; il mande au roi qu^il a prie la ville de Yillefranche Tépéê àla main ; il avoit fait sommer les habitants, qui n^atoient pas vonlu se rendre. Il y avoit environ cent sol&ts dafls laville, qu'on a tués ou pris^ et trente matelots an^lois, qui s^voient sur dent frégates angloises cpori sont dans ce port. Nos grenadiers n'ont tué aucun habitant ni pillé aucune maison. H. de la Feuillue a fait donner par la ville quelque argent au grenadiers et a fait prendre beaucoup de draps d'écarlate^ qu'il a donnés pour ^tnllâr les officiers^ — Le soir^ ici, cheï madame de Haintentm, le roi tint un conseil de guerre^ avec les marécbsm de ViUeroy^ deVillars etde Marsin et M. deChamilIart; les trois maréchaux paroissent fort de concert. Le maréchal de Viileroy^ commandera en Flandrw, le maréchal de Vîllars sur la Mosellei et M* de Marsin inr le Rhin.

Dî^MficAe ib, à VerêmiU». -*-^ Le roi entendit lesermM »vee tôuté^ la Maison roj^ale et pcris all^ se^ prb0i«0tf ^ Tirianon > maâd il ne soartit peint de son pëfit ehafidi o^ dea porteurs le trainoient, parce qu il avoit qudfM petit mouvement de goutte. -— De Naves lieotefltf^

ckwtté ce ^mVëf«Mtiëift ftBbHdfrf;liëtik»8W^éttfièftl (I); tr«»iiiDi«tf dfflelér «t (pië ài M; évèAf fiitt «(âfl« SfttvêimU pMf f kâmMïMàér àbxxk M. m ËHSHfy. -^ 1. iS Pfltiké â «ehete If» téf^f è et ànêbé Aë retûë^l fS9,^0 ffsLTtcë: hë tùâtièhgi 9ë ^fÛl8t^S «tvM fait lé âarcfiS d^ thtte *èffê pdur y mleHrèf sd àiithe ëû ë«t9 ^Ôe Èf.' lé ftrifi^ riê ^- ^tpàtÉ ft l'atotf ; (^ iMt KS. d« Siil^ et ibtôiltâë lé daehèÉf»^ âtt Ludé qtri vétodéM feëite ttrrè , «/fci ùë véHré que 7 ou 8,000 livrés et fëhiéi akÎÉ ^hi è^ Wiê M» gnifiqftieliiètit. M. le Ptihke est f^t 6MJteàt dû p^efcédé qu'a etf le meirécMI de Yillai^ ê( àëcèWi àë ibvttë M mai^Mi de »6ll^. — Od eM dés lètti^es de H. âë TëndôW^ pfltf IVdiÂsti^éy elles tout Qti ë; il né tbafidë iftiM fie» eu s^ë de Té^ùey mSïÈ ^tfèlqtiéiSf dfficffef âf ^«ité^ïliii d6 èôa arrfiie êcèiVenf ^u'oiï dè^r6tt att^ué^ lé letidèmàiri les qifstèë eitceinté^y oif il y a AeÈ bréteKeé 8 y pàhvOit manier èri èarrôisè. L^ déiéèleiârâ dsiùréit (juè^ d^ris là place il ii> à pas dé livres pëiif Kù« jôùi*, ce qrfl f«t dofrter qu'on veuille alle^ k l'ébsarff ; lés pbtf ♦dirt pïèridi^ë ffâf famine.

Lufiêi 16, à YmMUeii — teMaiItftîterr«près-dltiééy m^s H ne fût p^ ldDg1éAtt|)^ fi la cUas^é; U té^xiti dé bMPtieliéfitre pou^ Recevoir la rtWie d'Anglélétrè, qui vïM ioi. Ltf roi et k reine ^kt^Mh^itë ont ^ap^pélé tniloréf Metiort, q«t étcrri exiléy ef m Fo'hf déclaré dac ; le fétf ré» Jaeqcte^y en mourant, Hft ctVôîtdoliÉié cette dignité;* ktffU milord Mélfort n'en avoft rîén dif; et ditfatft sorf é3tîl n'ert avait fdtcii prise la qualité; LL. MM, ÉfB. tétrlént ^tf il là prentïe présentement, ^uif arrt ftntenftiéW dtt ttrf roi Jacquet; — M. d' Alègre ifièWde (Ju'g^ant eti? aVî^ que lés ennemis avoient envoyé un parti de houssâ!^dÉ éf^d'înfflfriterîe fUMir ftàfe contribue)^ (^YcfaesViVtti^ du paf ^ HédJAn ,

(t) n avait ké nommé maréchal dé camp le 10 février 1704 et roourut en

tr^imém pàtyettxà^ ^ad« dé Jl^téa^t gêiétii

avoit détaché Talné de Balivière^ qui commande la cavalerie dans Thion ville , et qu^avec son détachement il avoit trouvé ce parti auprès du château de Hombourg; qu'il les avoit attaqués y leur avoit pris cent soixante honuoeB et avoit tué presque tout le reste; il n'a perdu quasi pe^ sonne à cette occ€ision. Un autre parti de nos troupes a encore battu un parti des ennemis en ce pay»-là. — Le maréchal de Yillars prit congé du roi le matin ppur retourner à Metz ; les troupes qui doivent composer son armée sont presque toutes complètes.

Mardi 17, à Versailles. — Le roi alla à la volerielV près-dlnée. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup le matin ^ et^ après la chasse , monseigneur le duc de Berry alla rejoindre le roi. Madame la duchesse de Bourgogne étoit à la volerie eu calèche; le roi ne veut pas qu'elle monte achevai. —Il arriva un courrier de M. de Vendôme, ses lettres sont du 11 ; il n'a point voulu faire donner l'assaut à Verue, parce que les assiégés seront réduits à se rendre par la faim dans peu de jours ; ils ne donnent plus que quiiue onces de pain par jour à leurs soldats. La plus grande partie de la garnison déserte^ et M. de Vendôme ne veut plus qu'on reçoive de déserteurs pour les affamer encore plus vite; ils n'ont plus de médicaments dans la place pour leurs blessés. Le gouverneur est obligé d'enfermer la garnison la nuit dans le réduit ; il ne laisse que des sentinelles qui viennent se rendre. Pendant que la place est dans cet état-là, M. de Vendôme fait faire un pont sur le bas du Pô pour aller attaquer M. de Savoie dans m camp de Crescentin , et Vaubecourt est allé prendre la garnison de Verceil, qui sera remplacée par nos recrues qui y sont arrivées.

Mercredi 18, à Versailles. — Le roi, dont la goutte est un peu augmentée , fut obligé de se faire porter en chaise ^ la messe , et n'alla point au sermon; il se promena dans les jardins dans son petit chariot, ne pouvant

MARS ITOiS. 98f

pas mettre pied à terre. Monseigneur courut encore le loup. — Il arriva un courrier de M. de la Feuillade^ qui mande que le chevalier de Mianne avoit poursuivi dans les montagnes trois ou quatre cents hommes du régiment de la reine d^ Angleterre qui vouloient se jeter dans Nice, qu'il les avoit presque tous tués ou pris et qu'il s'étoit rendu maître de Sospelle, d*où il avoit chassé quelques milices qui avoient voulu s'y défendre. M. de la Feuillade n'a point encore son canon et ses munitions, qui viennent par mer ; le vent a été si contraire que les vaisseaux et les galères n'ont pu arriver. Il compte, quand il aura tout ce qu'il lui faut, attaquer en même temps la ville de Nice , le château de Villefranche et Saint-Sospir, et, après cela, faire le siège de Hontalban, qui est entre Nice et Villefranche. C'est M. de Vauvré qui sert d'intendant dans son armée, dont il mande au roi des biens infinis sur sa capacité et sa vigilance.

Jeudi 19, à Versailles. — Le roi fit Taprès-dlnée la revue de ses régiments des gardes françoises et suisses dans la grande avenue, qu on avoit fait sabler exprès. Le roi monta à cheval malgré sa goutte. Monsei* gneur et messeigneurs ses enfants étoient à la revue. Madame la duchesse de Bourgogne y vint en carrosse. Le maréchal d'Arcos , qui étoit venu [à Marly voir la revue des gardes du corps , vint encore à la revue et puis prit congé du roi pour retourner auprès de l'électeur de Bavière; le roi lui fait un très-beau présent; j'appris que S. M. lui donnoit depuis quelque temps une pension de 20,000 francs. — Il arriva un courrier du maréchal 4^ Tessé, les lettres sont du 3. Pointis étoit entré dans la baie de Gibraltar et avoit pris quelques vaisseaux ennemis qui vouloient jeter des munitions dans la place; il étoit encore arrivé plus de cent milliers de )H>udre pour les assiégeants , et les vaisseaux que le roi avoit fait partir de Provence pour porter le canon et des poudres à ce siège étoient arrivés à Alicaute, et M. de

Mf JOURNAL bE flAJiGEAU.

en état â eëtie hétire ûë cbmmtv le êS6gë «tiéC ap^il^ pënoè d'un ^ràtdpi et héd^efcix ètiëtiM. Otf irSrdHè Aéjà À de nonrelle» baiterîe^/ et tôvtès Jël ifbhpës^ ttii^aeiiidè bonne irolonté.

Vendredi 20 , â TeréaUleÈ. — Le Wi se fit jKiPtef en dhé^dd à Ift ine^^ et ati âer«»oiiy qu'il eriteiiâit &àM M tribune; après le sèrmdn il alla tirer; taeWIa ftchéfal/éfJ, \ë soir, il marcha à pied pour aller et vé^ètnH de &iéi tDadrtme de Maintenôn. Monsèigiieur alla dîner A Mettdon rt ftevint le soir. Messeigneùr* lès dncâ dé' Bourgogne et flé Berry et madame la dtichesse de BourgOgfile, ttp^ i^Hà entendu le Sermon , allèrent à lat Ménagetie ; madamie la dnebesse de Bourgogne y monta stfr det ài^esr et êipèft qité le roi lui permettra hfîeritM dé iHètnônter à tîheval. — Il arriva un courrier de M. de Vèndôtoey tei tettfM sont du 15. 11 mande que M. de Saveî'e, veryérrrt ^*<m marohoit à lui pour Fattaquer dans son campf dé Crese€firtiri,' Tavoit abandonné le 14 au matifn, avôit passé la Dorla Baltéa et s'étoit retiré sous Chivas, où il fait tra^ vaiUer depuis longtemps } il n^a avec lui que deax mille chevaux et moins de deux malle hommes de pied. Les habitants de Crescentin sont Venus implorer la mi^rtcorde de M. de Vendôme, qui ne leur a fait aueutf mal el y a mis garnison. Les rendus qui vxennefft de Vercie «t qu'on» ne veut plus recevoir assirent qu'on les avoit réduits de vingt-quatre onces de pain à quinze el depuis à neuf et qu'il n'y a pas de vivres pour huit jours, qnoiqti'ou ait bien retranché la nourriture.

Samedi 21, à Versailles. — Le roi se fail enteore porter à Ift messe ; il alla l'après-dlnée à Marly, où il se promem toujours en chaise. Madame la duchesse de Bourgc^ne alla à Quatre heures à Saint-Gyr et en revint à six avec madame de Mainienon. Le soir il y eut comédie. — I^ ro» a donné des commissions de colonel à deux officiers èa Régiment de» gardes , qui sont Coadelet, lieslMHflt

dm grëiidditfrs, éi d^Atidiff^ed, aîdlMilft)<flr ; itesônt qtiàtre «ideé-ttfajoFS, \ëê tt(Aë ftdtfês df^nëirt déjà âë^ ëbtaMk^ skUùs de MloûéiL Le M à ôbisUé àêësi me comïhîhsibfi d^ colonel à Soary^ lie^tèHaâi^IettiA ê'M ré^liiieTli ffûime, ft la recoittinâiHlaiion de É: du Hftinë. ^ M. le èùtata de Mttiiâersohmd ^ liëittMant géiiélti, qoi n'ét^f peint sur le mémoir» àë c^dit qtA dditené âè^tif ôelie année^ sertira dan^ Tannée du iMtf^héitl d^THlsHKi,^ il avait déjà venda son équipage^ edmptaiit n'étf^ p(Aût employé cette année* ^-^ D arHta un courrier d'Ëf^agnef que M. de Pontebartain y aroit envoyé; oh fit'ap^prend riM d'important par ce courrïer. Oti a eu par lui dëë lettres dti mi^éehal de Tessé dit 7 qdi te disefnt rîèil de DOnveati du siège de Gibraltar } le eanoii et les rtiiinifioifis que noue y envoyons de Pr<$tenee u'éloient psis éûHôfè arrivés^

Ditnùneke 2% à Versailles. -^Le roi seftfit encore porter en ebaise à la messe ; il entendit le serm^d en baut àvèc toute la maison royale. Après le sermon il alla à Trianon et sa promena en ebaise. Messeignears les ducs de Boiu*-gogne et de Berry et madame la dtfchesse de Bourgogne^ en sortant de la cbapelle f allèrent à la promenade dans les jardins et puis y retournèrent pour le sal«t< — ^ M. de TbiangeSy qui n'a pas une asse^ bonne Santé pour faire la campagne ni en Flandre ti en Allemagne y mais dont le roi connolt r»tiachemeilt au service ^ servira de lieutenant général en Bretagne, sous le inaréebtil de Château- Renaud , et Coldoré y servira de brigadier. --* Sérisy, mestre de camp du régiment de cavalerie de Condé , ne pouvant plas servir à cause de ses^ incommodités,- a remis SOI» régiment à M. le Prinee^ qui le donne au marquis de Montpipeau^-<jui étoit éapitaine daiis le régiment du Maine ; il donna 23y&00 livres à Sérisy, qui aVoit un régiment %uaud H^ le Prince le cb<^sit poM e^mmaiider le sien; il n'auFoit pa» été jfiasië qu'uM aussi ^alaut hoimne eèt p«rdi» ce qu'il auroit tiré de- scm pveiftîer régiments

284 I01JR!«AL DR DANGEAtT.

Xundf 23, à Ver miles. — Le roi dîna à onse heures , monta en carrosse à midi pour aller à Mari y , d^oii il ne revint qu'à la nuit. Monseigneur et monseigneur le doc de Berry coururent le loup. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne se promenèrent dans les jardins. — Le roi envoie le comte de GramoDt en Franche-CSomté commander en ce pays-là; il est lieutenant général. Le marquis de Gramont, son cadet, plus ancien lieutenant général que lui, ne sert point. — Le roi a destiné H. d'Usson , ancien lieutenant général , pouraller commander dans le comté de Nice, que nous comptons qui sera bientôt à nous. — Le roi a donné à Gassion 2,000 écus de pension ; à la dernière revue des gardes du eorps^ dont il étoit lieutenant, il rendit au roi sa brigade, qu'il avoit remise en très-bon état, et le roi fut très-content de son procédé. S. M. lui a dit en lui donnant sa pension: « Je ne vous dois rien , mais je suis bien aise de vous distinguer par la grâce que je vous fais ,. étant très-sa&fait des services que vous' m'avez rendus et persuadé que vous m'en rendrez encore de bons à l'avenir. » Le roi donne toujours 3,000 écus de pension aux lieutenants de ses gardes du corps quand ils quittent pour de bonnes raisons, mais c^est quand ils n'ont point de gouvernement, et Gassion a celui de Mézières; ainsi le roi avoit raison de lui dire : a le ne vous dois rien. »

Mardi 24, à Versailles. — Le roi devoit aller à la vo> lerie, mais il aima mieux aller tirer et renvoya les oiseaux. Monseigneur courut le loup. Il y eut grand couvert chez madame la duchesse de Bourgogne, et ensuite grand cercle et grand jeu. — Il arriva le matin un cou^ rier de M. de la Feuillade , ses lettres sont du 19. Il mande qu'il a ouvert la tranchée devant la ville de Nice , qu'il n'a que deux pièces de canon de vingt-quatre et qu'il espère pouiHant prendre la place dans six jours ; que les galères commandées par M. de Rouannois, qui étoient à Monaco, ai*rivoient, mais que celles du marquis deRove

iM4RS 170». ^ 38.S

et les vaisseaux n'arrivoient point ; le chevalier de Mianne a été blessé à la joue légèrement. — M. le duc de Gramont , ambassadeur en Espagne, demandoit depuis longtemps d'être rappelé y sa santé n'étant pas trop bonne en ce pays-l& et ne croyant pas^ dans la disposition présente^ y pouvoir bien servir le roi; on lui envoie son congé, et on a nommé en sa place M. Amelot; cela n'est pas encore public *. — Bourbitou, qui avoit un des régiments nouveaux d'infanterie. Ta vendu 10,000 écus à M. Roze , fils de feu Provenchère, qui avoit longtemps commandé le régiment de Vendôme et qui est mort gouverneur de Philippeville.

* Le duc de Gramont, en déclarant son mariage, s'étoit perdu , et pendant son voyage madame des Ursins s*étoit raccommodée ; elle vouloit retourner en Espagne, régner plus absolument que jamais , et il lui étoit capital d'avoir un ambassadeur dépendant d'elle et hors de portée de voler haut par lui-même. Le duc de Gramont lui eût été tout au mieux nulle [ «te ] , et peut-être pis, et il lui en ùlloit un qui pût agir, opérer, et le tout dans sa main. Les Noailles, quoique liés et alliés intimement aux Estrées, avoient été trop politiques pour se brouiller avec elle. Le fils du duc de Gramont étoit leur gendre atné et fiavori , et la femme de ce gendre une espèce de favorite de madame de Maintenon. Ils ne se soucioient aucuns du duc de Gramont, mais ils ne se pouvoient détacher qu'il fût honnêtement traité; c'est ce qui lui valut la Toison et son rappel aussitôt après, pour laisser à madame des Ursins à la remplir, et la reine d'Espagne se conduisit avec le duc de Gramont de manière à lui faire désirer à lui-même son retour. Amelot étoit de robe , conseiller d'État, par conséquent point susceptible de Toison ni degrandesse. Il avoit acquis de la réputation en Suisse, à Venise, en Portugal et dans d'autres commissions au dehors. G'étoit un homme d'honneur, de grand sens , de grand travail et d'esprit , doux et liant , et de plus un homme fort sage. Madame des Ursins ne crut pas pouvoir trouver mieux pour avoir sous elle un homme qui l'aidât dans toutes les affaires, qui n'eût ni protection ici ni famille et qui^ sous le nom d'ambassadeur, fût en effet pour elle un secrétaire renforcé sous l'abri duquel elle agiroit avec autorité en Espagne, et avec confiance de la part de ce paysici ; il y étoit témoin de son triomphe ; il étoit bien avec madame de Maintenon et à portée d'en recevoir les ordres et les impressions particulières , connu et estimé du roi et du

tf6 JOURNAf, 9F PANGEAU.

^\Ui, p\t fmiK^ dQ9« 9 lui ^ l^ 4( cbaipir , «vec pr^^i 4<e 9'lfr II rien guesous elle etgue de concert avec ^lle.

Muror^^i %^, 4 YffwU^i ^ ^,e pp> §§ i^% encore portai

^n p^xaise i 1^ m^sse ; il eniqpdit le «09*moi) ei) hfiut di^ }^ tribu^a ^vee \çmi^ la nifiison royale , allii im p^lut 9( ne sortit point de tout la jour, is- Il arriva le matiu nn courrier de )tf, Veudômei pMi dul9. L,^lettre^V>U iQOgQi; et toute en chiffre, et voici ce qi^^Quen apprit le soir : on pou tinu^ à canopner Verue i$ans rien eutrepren dre et comp tant que la g^arni^on sera incessamment contraint^ 4e k rendre par faiiiine ; ou a fait remonter qotre pont jusqu^à une grande portée de canon au-dessus de la ville; M. de Savoie , après avoir mis son infanterie sous Chivas et sa cavalerie depuis Chivas jusqu'à la Doria Baltéa^ est allé faire un tour à Turin, On parle différemment d^ partis que prendraM. de Savoie qqand Verue serareoduti, et c'est apparemment sur cela que H. de Vendôme a envoyé une dépêche si longue toute chiffrée. On ne sait rien encore sur la marche des troupes que Tempereur veut faire passer en Lombardie ; il y a des lettres q^i portent qu'il y ^x\ a déjà d'arrivées à Trente. -?- 1^ comte d'Estrées^ lils unique de la duchesse d'Estrées, mouratà Paris; il n^avoit que onze ans. Il a une sœur^ qui sera une grande héritière. Le duc d'Estrées, son frère du premier lit, n'est point marié.

Jeudi 26 2 çi YermlleSi, ;:- Le roi dîna de fort bomie l^eure et alla se promener è Marly^ d'où il ne revint qu'à la nuit. Monseigneur alla à Heudon, où il demeurera jiu^ qu'au voyage de Harly^ qui sera mercredi. Madame la duchesse de Bourgogne, qui s'étoit fort promenée dans }es jardins, se trouva un peu incommodée le soir, ne soupa point avec le roi y mais elle alla dans son cabinet i Tordinaire après le souper, -i- Madame du Plessis-Bellière*, mère de la maréchale de Créquy, est morte à Paris d'une grande vieillesse; elle avoit eu beaucoup de crédit durant la surintendance de M* Fouquet, dont elle étoit pi-

d'Q marie »^ fille .^Inée^ qui est pri^sente^ient ^v^ ma^ df^WB dp Mpnjesp^u ; il lui flftppp ep mariage 2Q,O0P écH», dpif t il lui fait la repte ; $po mari recQDnoitr0, avoji? |^u Sl^^Opp écijs d'elje, et ii}oyenp§.pt c|b1^ M. le pomte d^ Toulpl^se coq^ent que 1 ^QOO éci^s de la pepsion qu'il donpe 4 M. 4'0 passant sur la tête du ip^né; qptre cela, HL. d'O Qpqrf ir^ gijelques apnées sa fille et sfon gendre. Ce gendre e§t M. le marquis d'$pinay ; il a iO,DOO livres de rente, un beau château; il est capitaine de pavalerie depuis longtemps daps le régiment fie Bourgogne ; les Saipt- I^^c sont de i^a maison ^.

* Madame du Plessis-Bellière s'appeloit de Bruc; son mari étoit lieutisnant général et mort dès 1664. C'étoit une des femmes de Francp (|q| , av^ ^ l'esprit et de Tagrémenf , avoit le plus de t^ , le courage le plus mâle , le secret le plus profond , la fidélité la plus complet^ et Tamitié la plus persévérante. C'étoit le cœur et l'âme de M. B'ouquet , à qui le chevalier de Créquy s'étoit attaché et dont Fouquet Ût le mariage avec la fille de cette femme ^ lequel. devint depuis maréchal de Fianae. Madame du Plessis souffrit la prison la plus rigoureuse , les ipmm^e^ les plus effrayantes et e|i(in Te^il le plus fâcheux sans la B|u^ légère émotion, à Toccaçion de la chute de M. Fouquet, et afïquit une estime, même de leurs communs persécuteurs, qui se tourna à là fin en considération, sans avoir cessé d'être, jusqu'à la fin de leur ▼ie, la plus ardente et la plus persévérante amie de M. Fouquet à travn^ les roabess de Pignerol , et cela publiquement, et de leurs comlupus 9{pis.

** L'auteur des Mémoires n'auroit pas été avoué de MM. de Saii^t-Luf;. 1j^ grand-père de leur prétendu parent étoit un petit juge royal et même abbatial d'autour de Rouen , et ce marié né fit pas grande fortune. Sa feomie, qui se fit le jouet de princes et de princesses^ et souy^ glus que fortement, comptoit bien la faire à ^n mari et à elle ; ip^S o^u^ dont elle Fespéroit ne vécuren); pas asse^ . Elle étoit bomie et singulière créature, avec de l'esprit, et mourut, devenue, depuis la réglée, dame d'atours de madame la duchesse d'Orléans , à la surprise universelle. Madame la comtesse de Brionne étoit aussi du nom d'Épinay différent de ces deux ; cette dernière maison est' de Bretagne et bonne, dont la comtesse de Brionne étoit héritière.

(1) « Madame du Ple8si»-Bellièreiie bougeoit plus de ton lit, devenue sourde

5«« JOURNAL DE DAm.KAU.

Vendredi 27, à VersaUles. — Le roi alla laprès-dlnée a la Yolerie par un assez vilain temps. Madame la duchesse de Bourgogne, quiy étoiten carrosse, en revint Msincommodée, et se coucha à huit heures; ils avoient entendu le sermon avant que d'aller à la volerie. — Le roi a eu nouvelle^ par plusieurs endroits^ que les mécontents de Hongrie avoient emporté un grand avantage sur le général Heister et qu'ils Tavoient repoussé jusque dans les retranchements que les Allemands ont faits sous Vienne. — M. le vidame d'Amiens a vendu la cornette des chevau-légers que le roi lui avoit laissée à vendre 88^000 francs ; c'est M. du Cheylàr^ petit-fils de madame d'Ozembray, qui l'achète. — M. le marquis de Bedmar, qui s'en va vice-roi en Sicile, a pris congé du roi, qui lui a fait présent d'une croix du Saint-Esprit enrichie de diamants brillants et très-magnifiques. On ne peut trop bien traiter un homme qui a aussi dignement servi les deux rois pendant qu'il a commandé en Flandre; il part comblé des bontés du roi. — Le duc de Berwick est arrivé à Montpellier le 20. Deux jours avant qu'il y arrivât, on avoit pris Castaignet, un chef des fanatiques, et tué un de ses camarades ; il ne reste quasi plus de ces misérables.

Samedi 28, à Versailles. — Le roi alla se promener dans ses jardins. Madame la duchesse de Bourgogne et monseigneur le duc de Berry allèrent dîner à Meudon avec Monseigneur. Après dîner ils jouèrent jusqu'à quatre heures et puis allèrent à Paris à l'opéra ; Monseigneur, après l'opéra, retourna coucher à Meudon ; madame la duchesse de Bourgogne et monseigneur le duc de Berry revinrent ici souper avecle roi. — M. de Mesmond, écuyer de la grande écurie, est mort ici ; il avoit 9,000 frans de

et aveugle, mais avec sod même esprit , dictant encore une lettre avant-liief qu'elle mounit daos sa quatre-vingt-(li\-8eptième année. » i i^eifre de ^ mm'qn'tse fVHuxelles^ <1u 27 mars. }

pension pour avoir appris à monter à cheval aux trois fils de Monseigneur, et sa charge hii valoit 8,000 francs; elle est dans le casuel du grand écuyer, et sera vendue 50,000 francs. M. le Grand a eu plus de 50,000 écus de casuel depuis un an. — Le P. Gravé, confesseur de ma* dame la duchesse de Bourgogne , étant très-souvent incommodé, se retire ; le roi lui donne 800 francs de pension. Madame la duchesse de Bourgogne a choisi pour son confesseur en sa place le P. de la Rue , fameux prédicateur et homme de beaucoup d'esprit *. — Plusieurs marchands à Paris ont eu des lettres d'Allemagne qui confirment la nouvelle qu'on avoit eue de la défaite du général Heister par les mécontents de Hongrie.

* La gène de la confession étoit grande dans la famille royale. Mouseigneur n*a jamais eu d^autre confesseur que celui du roi. Il en donnoit à ses petits-fils , et madame la duchesse de Bourgogne élevée à Turin dans Téloignement des jésuites, en eut un [jour confesseur en arrivant, qui lui ayant été ôlé pour les af&dres de la Chine , le roi lui en nomma d'autres dont elle ne s'accommoda pas; et celui-ci euGn, qu'il lui Êillut bien accepter, a demeuré. Sa belle-mère ne s'en étoit sauvée qu'à la laveur du langage, et de ce qu'ayant amené de Bavière un jésuite allemand , les jésuites la laissèrent faire ; celui-là mourut , et ce ne fîit pas peu d'af&ires de garder son compagnon, allemand aussi, sous prétexte de l'habitude de se confesser en cette langue.

Dimanche 29, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale entendirent le sermon dans la tribune. Le roi ^ après le sermon, alla tirer dans son parc j madame la duchesse de Bourgogne alla le voir tirer pendant quelque temps, et puis revint pour le salut. — Il arriva un courrier de M. de la Feuillade, ses lettres sont du 21. Il mande que les vaisseaux et les galères étoient arrivés avec toutes les munitions et le canon nécessaires pour son entreprise; que dans peu de jours il aura dix-sept pièces en batterie devant le château de Villefranche ; c'est Filley qui est son premier ingénieur. Le siège de Nice se continuoit lentement, mais présentement cela ira. fort vite. — Le roi a fait publier que ions ceux qui .^voient de l'argent à la

oaiflBe d«8 «inplrants n'avoient qu'à se préseater au ewruencetnent d^avtil ^ qu'on rembourseroii ceux qui vou^ droient être remboursés^ comme on leur avoit promis^ et que ceux qui Youdroient laisser leur argent auroient leur intérêt au denier dix^ comme par le passé. Il y a beaucoup d'argent au trésor royal ; les billets de monnoie soDt préférés à l'argent comptant y et la régularité aveo laqi^Ue on tient tout œ qu'on a promis achève de rétablir le crédit du roi et de remettre l'argent en mouvement.

Lundi 30^ à VirMillM. — Le roi ne tint point de coqseil; dîna de bonne heure et alla courre le cerf dans le parc de Marly. Au retour de la chasse il se déshabillai Marly et s'y promena jusqu'à la nuit; il y doit aller IDe^ credi pour y passer le reste de la semaine. — M. Amelol, le conseiller d'État , a été déclaré ambassadeur eu Espagne; il s'étoit défendu quelque temps par modestie d'accepter cet emploi; mais le roi Ta voulu ^ il a obéi. C'est madame la princesse des Ursinsqul l'a proposé; il a déjà été ambassadeur en l?orlugal, à Venise et en Suisse, et a été fort aimé et estimé dans ses ambassades; il aura 20>000 écus d'appointements> dont on lui en avancera une année, et ^0,000 francs outre cela pour son équipage. — U y ôt dés lettres de M. le gt*atid prieai*dn 18, qui mande que par les nouvelles qu'il a du Tyrol il n'y i^ aucunes troupes de l'^npereur ence pays-là, et l'on mande de Vienne que le prince Eugène n'en doit partir pour aller commander l'armée de l'empereur en Italie que dans le mois d'avril. -*- Mademoiselle de Villacerf se marie; c'est TaiHîhëvèqUe de Toulouse, son oncle, qui a fait cem^ riage; elle a 100,000 écus de bien présentement et aura encore quelque chose après la mort de sa mère . Elle épome le marquis du Montai; il est colonel du régiment de Poitou; il a 35)000 livres de rente en fonds de terre; il lui reviendra encore quelque bien après la mort de sa mère; il est petit-fils de du Montai^ chevalier de TOrdre et lieutenant général.

Mutdi 81 j é VertmlUêi — Le roi deToit aller à la Yelerie/ mais il fit tin si graiid veilt qu^on ne put pas vbler ; il alla sa promener dans ses jardins. Monseigneui* le due de Bour*gogne et madame la duchesse de Bourgogne montèrent ensemMe en carrosse à quatre heures et allèrent à Meudon toilr Monseigneur j il faisoitun si grand vent qu'il ne purent se pi^omener) ils jouèrent toUteTaprèi^inée. Monseignear le duo de Bourgogne revint ici d'assez bonne héure^ et madame la duchesse de Bout*gogne n'en l*epartit qu'à neuf heures et ratnena monseigneui^ le due de Bér^y^ qui, api^ès avoir tiré toute Taprès-dinée dans lé ^nd parc de Versailles , Tétoit venu trouver à Meudon à eheval. «^ On eut par l'ordinaire des nouvelles d'Es- P^iiè^ les lettres sont du IB. Majorada^ stcreiatio duldespoi^kounivertal^ avoit consenti qu'on démembi^àt la charge dé secrétaire d'État de la guerre pour Honquillo, qui ne Tapoint voulu encore accepter. On a eu par ce courrier des lettiresde Mi de Tessé du 11; il mande que le canon qu'il attendoit étoit ai*rivé3 mais la poudre ne Test pas^ si bieti qu'il ne peut encore rien entreprendre. — Le chevalier de Grignan *, qui est fort incommodé, a consenti, par complaisance pour sa famille^ à se marier, dans l'espérance de conserver lenv nom. Il épouse mademoiselle d'Oraison , fille de môHtë, ^i a trente-cinq ans ; elle aura 50,000 écus de bien après la mort de son père.

* Ld èhevaliér Grignan n'étoit chevalier que de nom. La goutte lui ^oit fait ^ttër ie ilervtce et etifin la bour, où il étoit raenin de Monsiîlgtteur, pour se rétiferenProretifce, où son frère tommandoit et pas- «ïtsà rie. Quoiqu'il y eût encore deis Adhéfnar de Monteil, M. de Gliito î qui n'avoit que des filles et point d*enfants d*uii fils d'espérance ^li àVoit perdu y voulut marier be seul frère qui pût l'être , mais qui n'M ^int de postérité.

Mercredi 1*' avril , à Marly . —Le roi > après avoir entendu le sermon à Versailles , monta en carrosse pour Ve^^ nir ici, où il se promena jusqu'à la nuit, et puis travsiilla avec M. deChamillart chez madame de Maint«non. MoiX<^

seigneur vint ici tout droit de Meudon. Madame kdachesse de Bourgogne y après le sermon y alla voir la duchesse duLude et madame de Mailly^ qui sont malades, et puis monta en carrosse et alla à Saint-Germain voir la reine d'Angleterre, avec qui elle fut longtemps enfermée, et elle n'arriva ici qu'à huit heures. — M. le maréchal de Coeuvres et H. de Pontchartrain étoient fort brouillés depuis six mois et ne se voyaient plus; le raccommodement se fit chez M. le chancelier à Versailles^ par l'entremise du duc de Noailles^ qui se porte mieux et qui a pris congé du roi pour aller aux eaux. — M. Bouchu *, qui étoit intendant de l'armée d'Italie et de Dauphiné^ revint id prendre sa place déconseiller d'État; on n'a point encore déclaré qui lui succédera dansTintendance de Daupbiné. — Il y de voit avoir aujourd'hui une diminution sur le prix des espèces d'or et d'argent, mais on a jugé à propos de la retarder jusqu'au 15 du mois ; l'argent est en si grand mouvement que, bien loin de retirer ce qu^on avoit à la caisse des emprunts, on y en porte tous les jours.

* Bouchu étoit un homme fort aimable et de beaucoup d'esprit> orné et de bonne compagnie , autrefois bien fait et galant. Il étoit conseiller d'État et très-capable de ses emplois , mais il s^étoit furieusement enrichi dans cette intendance de Dauphiné et d'armée, où il avoit persévéré, tout rongé de goutta , plus qu*on n'aoroit vonltt, parce qu*à la fin il avoit été reconnu. Lui et sa femme n'avoieDljamû eu grande passion Tun pour F^yiitre. Comme il revenoit tout à fait i Paris , il passa par Toumus, qui étoit son chemin, où la goutte Ttf* réta quelques jours dans Thâtellerie. Pendant ce peu de jours il fot visité des notables du lieu ; il le trouva agréable, et y prolongea saoonvalescence. Étant guéri , il s'y amusa encore tant et si bien qu'il y de vint amoureux, et y loua une maison. Au bout d'un an il en bâtit une en lieu de la ville qui lui plût, et, pour le Caire court, sans y avoir 0 biens ni amis, ni d'autre connoissance que celle de ce hasard de lissage, il n'en est jamais sorti depuis , y a vécu plusieurs années et y est mort. Cette singularité est telle qu'elle a pani mériter de n'être pasoabliée.

Jeudi 2, à Marly. — Iai roi ne se promena point le nwfifl dans ses jardins. p\ raprès-dînée il alla courre le cerf

4VRIL 170ff. 293

dans son pare. Mouseig^ur et monseigneur le duc de Bçrry étoient à la chasse ; Madame étoit dans une petite calèche qui suivoit le roi. Madame la duchesse de Bour* gogne est un peu incommodée ; le carême lui fait mal^ cependant elle ne veut point le rompre. Au sortir de la messe le roi alla chez madame de Maintenon, où il ivarvaiUa longtemps avec M. de Ghamillart^ et le soir il donna une longue audience au maréchal de Villeroy^ qui prendra congé de lui au retour de Marly; H. de Ghamillart étoit à cette audience. — Le roi a choisi pour intendant en Dauphiné M. d'Angervilliers^ qui étoit intendantà Alençooy et l'on enverra à Alençon^ en sa place^ M. deGuerchois^ assez nouveau maître des requêtes^ qui est déjà en réputation. — On a donné des commissions de mestrede camp à H. de Sainte-Groix (1), François, qui étoit capitaine de cavalerie dans le régiment de Scheldon^ qui est unrégiment

irlandois^ età H. de ^major du régiment-colonel^

qui a une jambe de bois et qui est homme de condition et fort estimé dans la cavalerie.

Vendredi 3, à Marly. — Le roi se promena tout le jour dans ses jardins. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup dans la forêt de Saint* Germain et revinrent avant le dîner du roi. — Il arriva un courrier de M. de la Feuillade qui assiège le château de Ville&anche ; ses batteries en étoient fort éloignées, parce qu'il y avoit un petit fort entre la ville et le château qui empèchoit qu'on ne pût les approcher; il a jugé à propos d'attaquer ce fort^ et heureusement les assiégés Font abandonné ^ voyant qu'on se préparoit à cette attaque; la prise de ce petit ouvrage facilitera la prise du château. — L'abbé de Boisfranc, collateur du petit bénéfice qu'avoit le président Payen^ l'a donné à l'abbé Bignon^ et par la suite^ qui seroit longue à expliquer, cela a causé quelque froideur entre le cardinal de Noailles et

,1) M. de Bedmar Tavott ri'coniinMnilé au n>i. ( yoie de Danyeau. )

H. le ebaaceliar, onole de Tabbé Bignoa. — hd» régimeoti des gapdes fFançoises et 8uû»es paptireat de Raris suf la fin âe la semaine passée poup aller ea plusieoi» villes ia de Flandre^ où ils attendBontleaefdpespûpF laoamptga^ firochaine ; les deux oempagaieis des mausquetainosy qui sont très-14en rétablies et bien Femoatées^ paroitroat è^ ¥ant le roi à la fin de la semaine de Pâques^ et parfiraBl de Paris pour la Flandre après la Quasimodo. Les geodarmes et les chevaurlégers n'ont point enciure d^erdi«s et sont en très-bon état.

Samedi k y à Versailles. — Le roi^ appès la meue^ alla pourre le eerf malgré le vilain temps; il se promena Ta? près^dlnée jusqu^à six heures et puis partit de Mariy pear revenir ici^ et le soir, chas madame de Maintenea, il tel? vailla avec H. deChamillart. — M. le maréchal de VUleroy prit congé de S. M. pour retourner à Bruxelles et jftéparer en Flandre tout ce qui est nécessaire pour Touvat* ture de la campagne. — Le^ dernières nouvelles qu oa^ d'Angleterre portent que milord Harlborough presse Is reine Anne de lui permettre de passer à Lisbonne, espérant, par le Portugal, faire plus de mal aui^ couronnes de France et d'Espagne que par les entreprises qu'on po^u^ roit faire sur le Rhin et sur la Moselle ou en Flandre. — On a eu des avis à Paris que la flotte ennemie, qui est en Portugal, avoit surpris les treize vaisseaux françois que Poiniis avoit amenés dans la baie de Gibraltar, et que nous avons perdu quatre ou cinq vaisseaqx à cette (affaire; mais on doute encore de cette mauvaise nouvelle, p^ree qu'on n'en a rien mandé au roi. — On a fait rouer à Montpellier Castaignet, qui fut pris cee j<mrs passés. Ua Anglois, que la reine Anne avoit envoyé en ee pays-là pour fomenter la révolte des fai^atiques, s'est venu rendre et a déclaré beaucoup de complices. Le dae et Berwick est allé dans les hautes Gévenaes ; il p^rolt que M. de Basville et lui sont en grande union.

Dimamlj^ 6 , jour dé Pâques Fkwriià , à

AVRIL 17M. aaft

Le roi et toute la maison voyale awistèimit à toutes les dévotions de la jonraée. M. de Pentohaftrain vint^ enti^ végn^ etle salnt^ trouTpp leroi, qui le fit entier dans son cabinet; il lai rondit compte des nouvelles qu'il avoit eues de Toulon, où il est amvé six des treiEe vaisseaux qi|e M. de Pointis avoit devant Gibraltar; il y en a eu tfois de pris par les ennemis^ un que Ton sait qui est arrivé à Cadix y un qu'on croit qui se sauvera, parée qu'il i)'étoit poursuivi que de loin, et les deux plus gros vaisseaux, que les ennemis n'avoient osé aborder^ se sont échoués à la côte entre Gibraltar et Halaga. Pointis étoit sur le plus gros de ces vaisseaux, et cyprès les avoir fait échouer et sauvé les équipages il les a hrAlés^ afin que les ennemis n^en profitassent point; ces deux vaisseaux brûlés étoient de plus de quatre-vingts pièces de canon ; les trois qui ont été pris étoient commandés par Patoulet, de lions et [des Herbiers] ; ils étoient environ de soixante pièces de canon. Les ennemis étoient venus de Usbqnne avec trente->i»nq vaisseaux de guerre^ et par un brouillard fort épais, sans que Pointis en eût aucune nouvelle ; il n'y a que les trois vaisseaux et les deux brAlés qui aient combattu , et cependant, malgré la prodigieuse inégalité , le combat a duré cinq heures. Un frère de M le epmte de Sanmery, qui étoit capitaine de vaisseau et qui avoit été blessé au combat que donna M. le coqite de Toulouse, et qui étoit demeuré à Malaga depuis sa blessure , sMtoit mis sur un des six vaisseaux qui sont arrivés à Toulon . y est i|u»rt en arrivant.

Lundi 0, à Versailles, r— Le roi prit médecine et tra* vailla ensuite avec M. Pelletier ; Paprès-<dlnée il tint le eon^ seil qu'il tient tous les piatin^. Monseigneur et rnoss^gnemr le duc de Berry coururent le loup le matin, et Monseigneur revint pour le conseil. — On eut des lettres de Pointis qui apprennent quelques particularités d« eenbat dont le roi eut hier la nouvet)e. Peîntis ne vou-

396 JOURIMAL DE DAJMGËAU.

loit point demeurer dans la baie de Gibraltar, connoissant bien qu'il y pourroit être accablé aisément par les ennemis ; mais il avoit des ordres précis du roi d'Espace d'y demeurer. Il auroit perdu tous les vaisseaux qui sont revenus à Toulon et celui qui est arrivé à Cadix si ces vaisseaux-là avoient été au combat ; mais le gros temps qu'il fit le jour de devant avoit fait dériver les six vaisseaux et les avoit obligés de se retirer à Malaga, d'où ils étoient partis pour revenir à Toulon, ayant appris la mauvaise nouvelle ; les deux autres vaisseaux, dont il en est arrivé un à Cadix avoient été envoyés par Pointis dans rOcéan pour l'avertir des mouvements que feroientlesennemis, ce qu'ils n'ont pu faire. — Le duc Maximilien de Bavière, oncle de l'électeur, est mort dans une des ierres de son apanage, où il menoit une vie fort retirée; la princesse sa femme l'avoit entièrement jeté dans la dévotion ; c'est une princesse d'un trè&-grand mérite; elle est sœur de M. de Bouillon ; une autre sœur qu'il avoit et qui étoit carmélite est morte depuis deux jours.

Mardi 7, à Versailles» — Le roi alla l'après-dlnée se promener k Marly. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme, parti du 1" de ce mois. Il mande qu'il croit que les assiégés sont à la dernière extrémité et qu'il compte que la place sera rendue avant que le courrier soit arrivé à la cour ; les assiégés font beaucoup de signaux par des feux et des fumées, auxquels on répond de Chivas, et M. de Vendôme est persuadé que ces signaux ne sont que pour apprendre l'extrémité où ils sont réduits. On a pris un espion de M. de Savoie, qui, après bien des tourments qu'on lui a faits, a dit qu'il ne restoit plus Vpie c£uatre-vingls sacs de farine dans la ville, dont ils en consommoient sept ou huit par jour; que le gouverneur aroil ordre, quand il ne pourroit plus tenir, de faire sauter les fourneaux et le château même, et de sortir avec toute sa garnison le long du Pô, et que H. de Savoie enverrwt Uniie sa cavalerie pour les recevoir; ce dessein n'est jw»

àVRlL ITOK. 2»7

bien aisé à exécuter. — On a reçu des lettres de H. le grand prieur^ qui va faire attaquer la Miraudole; il n'y a plus que quatre cents hommes dans la place , le reste ayant péri depuis le blocus. La cavalerie du comte de Linange a remarché vers Riva et Torbole pour retourner sur TAdige; on croit que Tinfanterie le suivra de prés ; elle souf&e beaucoup et sont tous nu-pieds.

Mercredi S, à Ver Milles. — Le roi et toute la maison royale entendirent ténèbres dans la tribune^ et puis S. H. alla se promener dans ses jardins. Monseigneur s^ promena aussi, et messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry s^y promenèrent avec madame la duchesse de Bourgogne. — Le roi envoie Saillant ^ lieutenant gén éral, pour commander dans Namur durant la campagne.

— Les officiers de Tannée de la Moselle ont ordre de s'y rendre à la fin du mois^ et Ton croit que H. de Villars veut entreprendre quelque chose au commencement de mai^ avant que les ennemis soient prêts de ce c6té-là. — Toutes les lettres d'Angleterre portent que milord Marlborough veut s'embarquer pour passer en Portugal; cependant on mande de Hollande qu'onrattendoitàlaHaye. — On a nouvelle que H. de la Feuillade a pris la contrescai*pe du château de Villefranche, qui ne sauroitplus se défendre.

— MaupeoUy capitaine aux gardes, servira de major général dans l'armée de H. de Marsin> Tressemannes dans Tannée de M. de Villars et Bernières, major des gardes , dans Tarmée de ' Flandre ; le major des gardes est presque toujours major de Tarmée où le corps sert. — Le duc de Villeroy, qui a commandé dans Bruxelles cet hiver, viendra faire un tour ici quand le maréchal son père sera arrivé en Flandre.

JeudirSaini 9 , à Versaille». — Le roi lava les pieds des pauvres et assista à toutes les dévotions de la journée ; l'abbé Prévost prêcha à Tabsoute, et Tarchevèque de Bordeaux y officia. Monseigneur fit ses pÀques de bonne heure, et revint servir le roi à la cène; madame In du-

368 JOURNAL DE DAVGEAU.

ohease de Bour§^ne fit gespàques aussi et revint trouver le roi au service; ces princes von t toujours à )a paroisse fMW faire leurs pàques^ et le roi n^y manque januitii. Le toii, après son souper^ alla à la chapelle adorer le saiBt*saei|i ment ; toute la maison royale l'ysuivit^ bovmis madame U duchesse de Bourgogne^ qui^ en sortant de ténèbres^ w trouva mal et fut obligée de se mettre au lit. Leroi^ à taa coucher^ exhorta tous les officiers de sa chambre et de sa gar de-robe à faire leurs pàques. Le roi^ après t Aoèbres s'atk promener àTrianon, où M. de GhamiUart loi amena It chevalier de' Mianne y qui apportoit la nouvelle que k ch&teau de Villefranohe s'éloit rendu le â d^ oe nieis; le chevalier de M ianne en est parti la nuit du jeudi «h vendredi ; la blessure qu'il a reçue devant Nice n# IHi pas empêché de faire le voyage. H. de la Feuillade y^ attaquer préseniement Montalban.

Vmdredi^Smni 10^ à Versailles. -*- Le roi et toqle la maison royale allèrent à dix heures à la chapelle, eaiss^ dirent la Passion du P. Gaillard, qui fit un très-beas et bon sermon^ et ensuite le service, qui dor^ jusqu'à uns heure ; il n'y eut point de dues à l'adoration de la eroix, que le roi fit 6 ter dès que H. le comte de Touhmssy eut été *, L'après-dinée on alla à ténèbres dans k tiibune, et après ténèbres le roi s'enferma avec le F. de la Chaise, comme il fait toujours la veille des jouM qoll doit faire ses dévotions. — Magalotti ** mourut à Parit; il tiroit beaucoup du roi, car outre qu^il éloit gouvemew de Valenciennes , qui est un très-bon gouv^neipent, i) étoit colonel du régiment royal italien^ qu'il avoit levé il y a déjà longtemps, et ce régiment vaut beaucoup. Sod neveu, qui en est lieutenant-colonel et qui estbngadifr, est venu apprendre au roi sa mort et demande le régiment pour lui, et le gouvernement pour Albergotti, lieuienflit général^ qui est aussi neveu de M alagotti . -^ Le petit Renaud, qui servoit de maréchal de eamp au siège de & braltar^ arriva et vit le roi ehea madame de MainteBoa.

Oa fivle diff&pemmani dm nottvellw qu'il a «pporté^i; on ii dit d'abûrd qu'on centiniioii le siégcf, qq. qiii qo piitraiiiait pa« vraifleinblahl6;iDai8 qualqaw p«rtiouliei« Qot Mçu fAT lui des lettre qui poFtont qua la sî^q ^t Ifvé ; cela sera apparemment éfilrâ^ei dammn.

* Les dacs perdirent Tadoration de ta croix sana em dire un seul mot; las grands efBdeffsde la maiscm du toi, ipii y allomt après cux« foient

*" M^lçyi étpit un 4^ ces braveç qu^ )e ç^rdinatMazcirin ^yoit attirés auprès de lui , m^is fort jeune, par le privilège d'être Italien. Le roi avoit de |a bonté pour lui , et il avolt toute sa vie été ami intime du maréchal duc de Luxembourg, et dans les meilleures oampagnies des années { hamme dëlieieux el magnifique , et dans sa vieillesse le pkis biisu vieillard du moad^^ «v^ d^ pheveuin ^tenos , m visage do gmw ^ Yiffiqeil, et |^ jupon à Timiefu^^, M. de Iauyoî^, qui le toïwQi^, revoit oté du service et empêché le roi de le faire chevalier de TOrdre. Il étoit bton gentilhomme florentin.

Sa!(n^^i Xt 9 à Versailles, —r Le roi alla ^ di^ heur^ ii la p^iroisse ifaire ses pÀqueSj, et çeyint epsuite au château daq§ ]^ ^alari^ b^sçe, pu U toucha l)eauçoup d/^ malades. I^'après-dlnée il s'eufe^ma ^veç le P. de la Chaise, et lit 1^ distribution des bénéfices. A six heures il alla avec toute Iç^ jpciison royale entendre complies dans la tribune. — ^•e pape ^ donné rçirchevêcbé de Gênes à Sf . Fieschi , npnce çxtjraprdinaire ici j il prendra congé du roi dans peu de jours pour retourner en Italie. --Le roi a, donné Tarchevèclié d'Auçh ^ Tévècjue de Castras \ l'évéclié de Tournay à Tévêque de Saint-Brieuc ; l'évêché d'Oléron à Fabbë de Revol; Tévêché de Bellay à l'abbé Madot; Tévêché de Castres à Tabbé deBeaujeu; le doyenné de Slj^int-Mfiiçtin de Tours à Tabbé 4® SaPMy ; l'abbaye de

la Goutiiva 4 l'évèqu^^ delpurafty ; r*bb*ye de Saipt^Cré-

pin àTabbé Malherbe ; Tabbaye de Gomer-Fontaine à ma-

(1 ) SaiQt-SimoQ a écrit de sa main, en margede otite phrase. « Oa a d^ exfrail Taddition sur cette exclusion. oOette note mouIreqiieSaiiit-SiinoDfeisait extraire aes additions au Journal de Dangeau pou» en rev«ir larédaatiea et kê iaterealer ensuite dana ses Mémoires.

"SOO JOURNAL DE DANG£Al).

dame de la Vieuville ; l'abbaye de Hausac à l'abbé Gen^ tines; Tabbaye de Jau à Tabbé Cbaupi ; Tabbaye de Qiiarante à l'abbé Jouan ; l'abbaye de Vaucler à dom Bernard

de Parvillez; l'abbaye de Jùvigny à ; révèché de

Saint- Brieue à l'abbé de Boissieux.

Dimanche i% jour de Pâques, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale assistèrent à toutes les dévotions de la journée. Madame la duchesse de Bourgogne^ après le salut j alla chez monseigneur le duc de Bretagne^ qui est enrhumé depuis quelques jours. — Il arriva un cou^ rier de H. de la Feuillade^ ses lettres sont du 7 ; il mande que le 6 le ch&teau de Saint- Sospir ou Saint-Hospice se rendit^ et par un postscript il ajoute que le commandant de Hontalban demandoit à capituler aux mêmes conditions que l'on a accordées à celui de Saint-Sospir; nous avions cinq pièces de canon en batterie devant la ville de Nice, et H. de la Feuillade croit que le gouverneur se retirera dans le ch&teau dès qu'il y aura une brèche. — Le duc de Choiseul mourut àParis (1). Le duché est éteint^ parce qu'il n'a point laissé de garçons; il a dés filles de son premier mariage. Il n'a voit ni charge ni gouvernement; il avoit une pension de 12^000 francs. Il étoit chevalier de l'Ordre j avoit un logement dans le château et un justaucorps à brevet. — Le vieux président de Maisons mourut ces jours passés; il avoit depuis quelques années cédé sa charge^ au président de Poissy, son fils*.

* On a suffisamment parié ailleurs de ce dernier duc de Choiseul ; pour le président de Maisons , il étoit fils du surintendant des finaDon. Celui-ci étoit un vieux sacripant, brouillé longues années avec sa femoM et qui vivoitavec une mademoiselie Bailiy publiquement, fort coimae des plaideurs, qui, moyennant finance, faisoientpar elle tout ce qo'ilf

(1) « Il étoit accablé de goutte, mais eo dernier lieu, ayaot voohi m senir d'un remède qui devient à la mode, qui est de mâcher du tabac, le malheur a voulu qu'il en ait avalé, ce dont il a eu des vomissements par haut eC par bt» avec des convulsions qui ont abrégé sa vie. » ( Lettre de la marqwse (PHtixelles, du 13 avril. }

AVRIL i7m, aot

vottloient du présdent. Il sera parlé en son lieu de ce M. de Poîssy, schi fijs, qui prit le nom de Maisons après son père et qui fut un galant tout d'une autre sorte. Pour le grand*père^ surintendant des finances, qui bâtit ce beau diâteau de Maisons , il fut chassé , et quand il en eut reçu la nouvelle il se tourna vers ceux qui étoient avec lui et leur dit : « Je vous assure qu'ils ont tort; j*avoisfait mes affaires, et maintenant j'allois ûdre les leurs, v

Lundi 13^ à Ver Milles. — Monseigneur le duc de Bretagne fut assez mal toute la nuit. A onze heures du matin il eut de grandes convulsions; on le saigna et on lui donna Témétique ; maïs la nature étoit si accablée que tous les remèdes ne le purent sauver, il mourut sur les sept heures du soir. Le roi y vint après son dîner, et durant le temps qu'il y fut on le croyoit beaucoup mieux. Le roi s'approcha du P. de la Chaise, qu'il vit dans la chambre, et lui dit : a Mon père , nous faisons bien des voeux pour la santé de cet enfant , mais nous ne savons ce que nous faisons ; s'il meurt, c'est un ange dans le ciel; s'il vit, les grands princes sont si exposés à tant de tentations et tant de dangers pour leur salut qu'on a sujet d'en tout craindre. )> Le roi alla se promener à Trianon , et en revenant il entra chez madame la duchesse de Bourgogne, qui s'étoit mise au lit accablée de douleurs. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne ont marqué en cette triste occasion une fermeté toute chrétienne et une résignation à la volonté de Dieu qu'on ne sauroit trop louer. Le roi s'est surpassé luimême. Madame la duchesse de Bourgogne a édifié tout le monde ; monseigneur le duc de Berry a marqué une si vive et si naturelle affliction que tous les courtisans ont redoublé d* amitié pour lui.

Mardi 14, à Marly. — Le roi, après son dîner, partit de Versailles pour venir ici, où l'on demeurera jusqu'à la fin de la semaine qui vient. Monseigneur alla de Versailles dîner à Meudon et arriva ici sur les cinq heures. Monseigneur le duc de Bourgogne demeura à Versailles

aot J0UE19AL DE DAIIGEAU.

jusqu'à §lx héUrefl^ «t éptëê Mmt entendu yrèfté^ il !«= çtlt les tk)tllplimente et tt*ôiiVa bon «[li'oti lui fit Vk toëf jùsqu^i six heures. Il à éié fort touche de Tatlaclieitietit et de Tamitié que monseigneur le duc de Berry lui A témoigné dans oatte triste oocasioni Madame la duchesse de Bourgogne passa mal la nuit ; la duchesse de (hiiohi et la maréchale de Coeuvres la veillèrent ; elle se leva à sept heures du fflatia et dîna ches madilme de Ihiiitenon^ Eu sortant de table elle partit de Yersailkft pour venir ici^ et sur les six heures eUe se mit au lit ^tir recevoir le roi > la reine et la prineesse d^ Aiigletërre> qui retournèrent à Saint»6ermaiii sur les huit heures. Le roi n*a point Voulu (}U'on demandât ni que les dames m présentassent pour ee voyage->d y ee qui auroit même M difficile^ parce que le voyage étoit fort imprévu } espeiH dant il y a autant de dames et alitant de oeijMisaii qu'A Tordinairè (1). -^^ C'est M 4 le Duc^ oomme prince da sang) qui mènera le corps de monseigneur le due de Bre» tagne à Saitit^DeniSi II y aura aved lui> dans le carroâse, M. le cardinal de Côislin comme grand aumôaier^ le ânê de Tresmes comme duc , madame de Yentadour éomir» gotivernante^ madame de Lalânde^ sous»gouvemaDte) et le curé de Versailles ou Un aumônier en sixième , dans un oarrdsse du roi qui ne sera point drapé ) le oenmil du prince au milieu > et le cardinal de CioieliA portant le oo>tir dans sa main ) après quHls amK)nt porté le èorps à Saint-Denis > ils iront porter le cœur à Paris^ au Vatde» Grèce; Le roi a réglé que la oour prendroit le deail comme pour la mort d'un frère. -^ On a envoyé erdr e à

(1) (t MoBSoiffteur le duo de Breta^ie mourut avanMiier à sept taufi àa soir à VertiaiUes d'un catarrhe sufToquant ; les contulsions lui prirent le maiio» et te& médeéf Ils le îiretit ààt^er H n'y ét>ài^rent pas l'élUHi^ué. Le Ml M litt à Màriy pttair iilt jOur». Perfeenfte ne dananda, nmh H Mmina qnasi tMl M meode , et madame de Maintenon envoya avertir madame la princesse d«s Ursins ici qd'elle étoit nommée. On prend le deuil vendredi. » ( Lettre ai k marquise d^BUxeires , du 1 5 avHf . )

AVRIL t70«. 301

M. de GoAtlofao de partir de Brest ; il mènerA dix-sept vaisseaux dans la Méditerranée, et on en arme près de cinquante en Provence. Le vaisseau que montoit Coëtlo* gon la campagne passée^ et qui avoit touché sur des bancs de sable, ce qui avoit obligé à le laisser à Alicante^ est arrivé à Toulon et servira cette année • — Il arriva un oourrier de M. le grand prieur. Le siège de la Mirandole est formé ; Lappara y est allé et y commandera ; il edt lieutenant général et a des lettres de service* On n'avoit laissé au blocus que d^Esclainvilliers, qui n'est que mare* chai de oamp. Quelques troupes ennemies avoient passé le P6; le grand prieur détacha quelques troupes> qui le passèrent aussi 8t qui obligèrent les ennemis, à le repasser diligemment, et il a fait brûler tous les bateaux dont les ennemis s'étoient servis pour passer.

Mercredi là, à Marly. — Le roi tint conseil le matin à son ordinaire > et Faprès-dlnée il fit la revue de ses gendarmes et de ses chevau-légers à Tendroit qu'il a accoutumé de faire ses revues et qu'on vouloit appeler à cause de cela Champ de Mars; le roi a trouvé le nom trop beau et lui a donné celui de la plaine de Belveder ; ces compagnies partiront de Paris samedi, et leur ordre est d'aller à Rocroy. — Sur le« six heures du soir on porta de Versailles à Saint-Denis le corps de monseigneur le duo de Bretagne ; le cardinal de Coislin eut la droite dans le carrosse sur M. le Duc, parce qu'il portoit le coerur du prince , et l'abbé de Sourches , comme aumônier du roi, eut la sixième place dans le carrosse^ et. non le curé de Versailles , parce que H. le cardinal de Coislin, descendant à Téglise de Saint-Denis, lui donna à garder dans le carrosse le cœur du prince, qu^on alloit porter ensuite au Y al-d&-Gràce , et on laissa vingt gardes du corps àFentour du carrosse. — On mande de Vienne que le prince Eugène , après avoir voulu remettre toutes ses charges à l'empereur, s'étoit enfin raccommodé et qu'il de voit partir de Vienne le 15 de ce mois pour aller com-

mandei* l'armée d'Italie , qu'ils prétendent devoir être de trente mille hommes en comptant les ti*oupes qu a déjà le comte de Linange. Le prince Eugène s'est fait donner des assurances d'un million d'écus pour le payement de cette armée; il y a déjà quelques troupes^ à ce qu'on croit , arrivées dans le Tyrol.

Jeudi I69 à Marly. — Le roi se promena tout le matin dans ses jardins et Faprès-dlnéê il courut le cerf dans son parc. Madame la duchesse de Bourgogne étoit dans sa calèche avec lui. Madame étoit dans une autre calèche qui suivoit celle du roi. Monseigneur et monseigneor le duc de Berry allèrent courre le loup dès le matin et revinrent avant la chasse du roi. Monseigneur et messeigneurs ses enfants prirent hier le deuil pour la mort du prince Maximilien de Bavière^ qui étoit oncle de madame la Dauphine , et le roi, qui avoit envie de le porter pour faire honneur aux électeurs de Bavière et de Cologne , m'ordonna de lui dire s'il n'y avoit point quelque parenté assez proche. Je lui en trouvai deux^ une au troisième degré et une de trois ou quatre , et le roi prendra le deuil vendredi. — On eut des lettres de M. de Vendôme par l'ordinaire , elles sont du 6. Il mande qne, le 5^ les assiégés avoient battu la chamade^ mais qu'ils vouloient avoir une capitulation honorable , et qu'il avoil renvoyé leurs otages, leur déclarant qu'il ne leurdonneroit autre capitulation que d'être prisonniers de guerre, et que si , dans deux fois vingt-quatre heures, ils ne recevoient cette proposition , il ne les recevroit plus qu'à discrétion. Il enverra M. de Broglio quand la place sera rendue , et on s'attend de le voir arriver à tout moment.

Vendredi 17, à Marly. — Le roi apprit à son lever par M. de Broglio, qui étoit arrivé la nuit à Paris chez M. de Chauiillart, que, le 9, les assiégés avoient fait sauter tous leurs fourneaux à Verue , ce qui avoit entièrement renversé la place hormis le donjon , et qu'ils s'étoient ensuite rendus à discrétion ; il en est sorti neuf cents sol-

dats SOUS les armes, environ cent officiers^ et il y a presque quatre cents blessés ou malades. Il y avoit six mois cinq jours que le siège duroit, et Ton ne peut trop louer la patience et la sagesse de M. de Vendôme de n'avoir pas voulu exposer les troupes du roi à un assaut où il en auroit beaucoup péri , car Teffet des mines a été terrible. M. de Vendôme s'en va en Lombardie joindre M. le grand prieur et voir si on ne peut rien entreprendre sur les troupes dn comte de Linange. C^étoit le lieutenant-colonel de Nigrelli, qui s'appelle Fresingue^quicommandoit dans Verue. — Le roi alla après dîner courre le daim avec les chiens de M. le comte de Toulouse ; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche^ Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Après la chasse le roi et messeigneurs revinrent ici. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener k Tabbaye de Joyenval. — M. le comte de Suze arriva ici le soir. H. de la Feuillade l'envoie porter la nouvelle de la prise de la ville de Nice. La garnison s'est retirée dans le ch&teau^ qu'on ne songe point à attaquer. M. de la Feuillade a fini fort promptement tout ce dont il étoit chargé de faire , et si la ville de Nice a duré quelques jours 9 c'est parce que notre canon n'étoit pas ar* rivé ; elle s'est rendue le cinquième jour que nos batteries ont commencé à tirer. M. de Carail , qui commande dans le château de Nice y envoie & M. de Savoie pour recevoir ses ordres sur les propositions que fait M. de la Feuillade, qui sont qu'on ne tirera, du château sur la ville, ni canon , ni bombes , ni mousquets, sinon en cas de siège ; et si M. de Savoie n'accorde pas ces conditions, il brûlera toute la ville de Nice. H. de Carail a demandé trois jours pour avoir la réponse du duc son maître.

Samedi 18, à Marly, — Le roi, après la messe, alla courre le cerf avec les chiens de M. du Maine; madame la duchesse de Bourgogne s'étoit trouvée un peu incommodée la nuit et ne l'accouipagna point à la chasse. Ma-^

daiMftaittoujcmrd le roi dansune autre petite calèclic. L'après-dlnée le foi fut longtemps eafermé ches madame de HaintenOD avec madame des Ursins^ qui est de ce voyageci^ et M. Amelot^ que le roi atoit fait venir de Paris; il partira dans huit jours pour son ambassade d^Espagne. Orry y retourne et doit déjà être parti ; on presse fort la princesse des Ursins de partir aussi ; mais sa santé est encore fort languissante . -^ Madame la princesse de Cont| reçut des lettres du marquis de la Vallière ; elles sont du ik, de Rotterdam^ où ils venoient d'arriver , MM. de Yslr semé^ de Montpeiroux^ le chevalier de Groissy et lai» après avoir pensé de périr sur les bancs de sable, où leur yacht avoit touché ^ et il faisoit eau de tous cités quand les barques qu'on envoya de la côte à leur secours arrivèrent. Ils dévoient partir dans quatre jours pour venir ici, où ils ont permission de demeurer trois mois. Le duo Marlborough est allé le même jour à la Haye. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme, qui apporte les drapeaux pris A Verue ; il a laissé M. de Goatc pour caor mander dans cette place et dans Crescentin ; il distribue toutes ses troupes dans de bons quartiers et se prépa^ rmt à aller joindre M. son frère. Le courrier est parti du ik.

IKmancAeltt, é Marly. *— Le roi, avant que d'entre ao conseil ; signa le contrat de mariage de M« du Montai avec mademoiselle de Yillacerf et celui deM. de Fimarcon, ma* réchal decamp, avec mademoiselle d'Aubais, demoisella de Languedoc, à qui on donne 50^000 écus argent comptant, et qui n'a qu'un frère mousquetaire, qui a plus dp SO^OOO livres de rente en fonds de terre. -* L'après-dloée le roi alla à Saint^Germain voir le roi et la reine d'Angleterre, et puis revint chea madame de Haintenon et ne se promena point de tout le jour; il a un peu de goutte au pied. Monseigneur et monseigneur le due de Bourgogne allèrent aussi à Saint-Germain chacun séparément. Madame la duchesse de Bourgogne alla à pied à I^ooTe-

AVRIt 1709. 307

ciennes ïùnigré le Vilain tempB< -^ Il arrtira up oeilmèr du duo de Gramont^ et le foi dit à son peiii couoher et en baissant la voix , afin de n'être entendu qoe de deur ou trois courtisans à qui il adressoit la parole , que de* puis assez longtemps il n'arriyoit aueun courrier d'Es^ pa^e par qui il n'apprit qu^on prenoit toujours des résolutions h Madrid entiàreillent opposées à ce qu'il eonseilloitde faire; ils vouloient encore continuer le siège de GibraltaTi qui étoit le moyen de faire périr leur armée et de gâter toutes leurs affaires*

Lundi 80^ à Mwrly. --* Le roi ne dormit pas bien la nuit; sa goutte s'est un peu augmentée; il deroit aller ooun^e le cerf Taprès^née , mais il n'y alla point. Monseigneur ^ messeigneurs ses eikf ants et madame la duchesse de Bourgogne y allèrent ^ et après la chasse madame la duchesse de Bourgogne se promena dans la forêt. Le roi travailla le soir chez madame de Maintenon avec M. Pefletier, comme il fait tous les lundis y et, ses douleurs s'é-> tant augmentées^ il se coucha à neuf heures, et à dix hetires il soupa dans son lit ; les courtisan*^ le virent souper # — M. le maréchal de Villars est en marche avec un corps de troupes considérable; il prétendoit arriver le 19 de-* vaut Hombourg, devant les Deux-Ponts et devant Hornbachy et enlever les troupes que les ennemis ont dans ces trois postes; celui de Hombourg est un peu meilleur que les deux autres , il espère pourtant n'y pas trouver une grande résistance. -^ M. de Ta vannes, Tainé de toute oette maison 9 est. mort à Paris; il avoit été blessé cette campagne. Il avoit une lieutenance de roi et une charge de bailli en Bourgogne; il étoit guidon des gendarmes de Berry. Le roi a donné tous ses emplois à son frère^ qui est mousquetaire.

Mardi 21, à Marly. -^ Le roi ne passa pas bien la nuit et dormit peu; il n'a pourtant pas de grandes douleurs. n entendit la messe dans son lit et tint ensuite le conseil de finances ; il ne se leva point pour dîner, mais le

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soir il soupa avec les dames comme à son ordinaire. — On travaille présentement à faire sauter toutes les fortifications de Verceil y et on auroit fait sauter toutes les mines de Verne pour en renverser les fortifications si les assiégés ne nous en avoient épargné la peine en les faisant sauter eux-mêmes. — Les équipages de H. le comte de Toulouse partiront pour Toulon dans les commencements du mois qui vient y et malgré les cinq vaisseaux que nous avons perdus devant Gibraltar nous en aurons encore plus de soixante dans la flotte que commandera ce prince. — Mademoiselle de Bauff remont* est morte à Paris ; elle étoit tante de IIH. de Listenois et avoit tonjours demeuré à Paris depuis la dernière conquête de la Franche-Comté^ qui fut en 1674.. — On parle dumariage de M. le comte de Duras avec mademoiselle de Moras, i qui on donne iOO^OOO francs d'argent comptant, et qui en aura encore du moins autant après la mort de son père et de sa mère.

* Mademoiselle de^Bauffremont étoit la pauvrelé même, Tesprit même, la méchanceté même et la laideur même ; elle âoit soeur de M. de Listenois, qui quitta le service d'Espagne pour cdoi de Franee , parceque ses biens étoient en Franche-Comté. M. de Duras, qo^à la dernière conquête, en eut le gouvernement et qui y fit des s^oun longs avec madame de Duras, y connut par elle mademoisdle de Bauf* fremont , qui venoit souvent chez elle , et qui , sans sol ni maille , avoit la rage du jeu. Son esprit plut tant à madame de Duras, qui en avoit beaucoup , que, quoi qu'on lui pût dire , elle Temmena à Paris, où pendant plusieurs années elle fut logée et nourrie à Fbôtel de Duras, où h splendeur étoit grande et l'union du mari et de la femme parÊdte. E3le empauma l'un après avoir saisi l'autre , et devint la maîtresse de b maison. Alors elle fit sentir son empire, et après sa malice dans une telle étendue qu'elle brouilla M. et madame de Duras , et à la fin aver un tel éclat que madamede Duras apassé le reste de la vie de son maria la campagne. Elle régna plusieurs années à sa place dans la maison, d*où enfin la femme de Saumery, sous-gouverneur des enÊuHs de France, la fit chasser, et y gouverna si despotiquemoit et si publique* quement le maréchal que , parce qu'il étoit doyen des maréchaui de France, on ne Tappeloit elle que madame la connétable, etfqu^à la mort de M. de Duras le curé di^ Saint-Paul la chassa scandaleusemeoc de b

maison malgré madame de CtiraB même , qui éloit revenue sur i'extré* mité du maréchal. La Bauf&emont, depuis être sortie d^avec M. de Duras, mena une vie misérable et méprisée.

Mercredi 22^ à Marly. — Le roi se trouva encore plus incommodé la nuit que les deux dernières; cela ne l'empêcha pas de se promener un peu l'aprèMllnée , mais il revint de bonne heure et se coucha. Il s'étoit fait un peu de mal en soupant hier en public y à la grande table ; il mangea dans son lit et ne but que de Teau. Les courti* sans privilégiés le virent souper. Il craint que la goutte du pied ne passe au genou; il travailla avant souper avec M. de Chamillarty comme il fait tous les lundis. On croit que ce voyage de Marly sera allongé de huit jours, et le roi a dit à tous les courtisans qu^il ne vouloit pas que pas un se contraignit ici , qu'il laissoit la liberté d'aller 4 Paris et d'y coucher sans lui faire dire ; il avoit un peu de fièvre en se couchant. IfM. de Montpeiroux, de la Y^llière y de Valsemé et le chevalier de Croissy sont arrivés à Paris. Us ont permission de demeurer en France jusqu'au mois de septembre. — Le maréchal de Villars est revenu de sa petite expédition ; il n'a pu surprendre les ennemis dans Deux*Ponts^ Hombourg et Hornbourg; ils ont abandonné ces postes avec précipitation dès qu'ils ont su qu'il étoit en marche ; on leur a pris quelque bagage et quelques traineurs; ce maréchal avoit un plus grand dessein qu'il n'a pu exécuter à cause des mauvais chemins et du débordement des rivières.

Jeudi 23; à Marly. — Le roi a dormi onze heures cette nuit et est beaucoup mieux ; cependant il a gardé le lit toute la journée. Madame la duchesse de Bourgogne a passé l'après-dlnée auprès de lui avec ses dames; le roi leur a donné une petite loterie^ dont madame du Chàte* let a eu le principal lot. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry allèrent à cinq lieues d'ici pour courre le le loup et n'en trouvèrent point. — M. le maréchal de Marsin, qui est ici, a ordre d'en partir avant la fin du

ZW J OURNAL DK DAHGËAU .

voyage^ qui est prolongé de huii joim ; il a prié le roi que les officiers généraux de son armée ne partissent encore de quinze jours ; ceux de la Moselle ont ordre de pttrtiif inoMsamment^ et MM. du Ghàtolet et de Lévii, qui sont ici et qui dcHvent servir dans eatte arBiée> prenimit oongé du roi. -«^ Madame la prineeflBe des Urtins prendra noogé du roi samedi pour retourner en Espagne ; elle a obtenu pour le chevalier du Bourg ^, irlandois, qu'elle ramène avBc elle^ la qualité d'envoyé du roi d* Angleterre & Madrid, et c'est le roi qui payera ses appointements^ qui sont de SyOOOécus. M. Amelot^ notre ambassadeur, est parti. Le roi d'Espagne vouloit âdre partir lesgalioiii présentement; mais comme M. Ducaase, avec quatre vaisseaux de France, devoit l^s escorter, et que le roi a destiné ces quatre vaisseaux pour servir dans la flotte de M. le comte et réparer par là ceux que nous avcms pe^ dus 4 Gibraltar, le départ des galions sont différé.

* Ce Bourg étoit gentilhomipe catholique , de boa lieu , de beaucoup d*esprit et de manège , qui pour son pain avoit été à Rome au cardinal de Bouillon, lequel le réhabilita par je ne sais quel envoi du sacré collège èM. deModène. Ilseméloftdetout oe qu'il pouvoit, et poarcheroheri iMiire et par goût d'intrigue, qui à la la ne Ta meoé à rien. Il eut de qnoîM satisfaire en Espagne» où H eut part à tous les grande cbangpmeptg^P"nistres, etn'y gagna que d'être craint et par conséquent éloigné jusquepar les ministres ses amis. Il faut pourtant avouer qu'avec tant d'intrigues e^étoit un homme d'honneur et de bien, et que la fortune ne put corrompre, que rien n'empéohoit de dire les vérités à bout poitast aux têtes les plus priueipales et mime à la reiae d*l^spagne, et qui avM un esprit orné, mais confus, ne laissoit pas d'être fort instruit des affaires et même des intérêts des princes , et qui eût été très- capable â*emplois de confiance. 11 avoit épousé à Paris une fille de ce Varenne dont II a été parlé et qui avoit commandé à Metz, dont il eut «D fihi, qiH mourut, et une Elle, jolie et pleine ë'eeprît et de verts, fà l'allant joindre par mer en Kipagne avee sa nière , oeUe^ei (ut n^yéi cl le bâtiment pris par des pirates , qui emmenèrent |a fille à Maroc, oè elle fut bien traitée, et avec grand temps et peine renvoyée ea France. Elle est maintenant fille d'honneur de la reine d*Angletm« a Rome, où son père s'est retiré avec elle. Madame, des Ursins avoit toujsurs oultivé la reise d'Angteterre, et avoit tant qu'elle avsit pu peiipM

li'IftendoiN» et d'Angldises les bas amptoâi a/aXom éè la reine d'Espagne^ paroBjqMe n'ayant point de famjJle et ne tenant à per^oime, en Espagne ni en Frapce, elles en étoient plus dans sa dépendance à elle et n'en avoit rien à craindre. Ce fut pour la même raison qu'elle avança aussi le plus d'Anglois et d*Irlandois qu'il lai fut possible, et surtout à des choses de oonfianee. Comme Orry étott un va-nu pieds quiiietenaiiàrieiif^fotaeqiiîenfttsonliQinme, d'autant pins de oonlionAQ qu'il était bonune k tout faire, et avec assez d'esprit et de travail pour s'en servir utilement à ses 6ns , et surtout à suffire ppur exclure quiconque ; aussi revint-il sur l'eau et par elle et avec elle , et régnèrent-ils conjointement plus qus jamais.

Vemirêdi 24 , à Marly, — Le roi passa la nuit assa? doucement; il a un peu de goutte & un doigt et ne se lève pas eucore; madame la duchesse de BourgogQe passa la Journée dans sa chamJ^re. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup. Tous le«f courtisans entrent à la messe du roi ; mais à son dîner et à sop soufev il n^Y a que les privilégiés. — M. le mapquis de Beuvron est mort chez lui à la Meilleraye ; il ^vpît une des lieutenances générales de Normandie et le gouvernement de ftoueu ; le duc d'Harcourt, son ^Is , en avoit }a survivance. Il étoit chevaUer de l'Ordre. Il y a présentement dix-sept places vacantes. — On mande de Borne que le cardinal Sacchetti est mort ; il laisse un dix-huitième chapeau vacant. — On chanta hier^ à Paris ^ le Te Deum pour la prise de Verue et pour celle de Nina. — Les HoUandois ont fait de si grandes plaintes des v^sseaux que les Anglois leur avoient arrêtés parce quMls étoient chargés de vins de France , et ces plaintes étoient ai bien fondées qu'ils ont enlin obtenu qu'on les leur rendroit, hormis quatre de ces vaisseaux que les An^is prétendent qui étoient chargés de marohandlses de contrebande.

Samedi i&, à Marly. ^- Le roi ne passa pas trop bien la nuit^ et oonune il a un peu de fièvre avec sa goutte , H. Fagon obtint de lui quHl ne prendroit que des bouillons dans toute la journée. Son mal ne rempéehe pas de

travailler comme à Tordinaire avec ses ministres. Monseigneur alla dîner à Meudon et revint le soir. Madame la duchesse de Bourgogne passa toute Paprès-dlnée dans la chambre du roi et joua après souper dans le salon. — M. de Sessac^ mourut à Paris; ilavoit été maître delà garde-robe^ et le roi le fit défaire de sa charge la première fois qu'il fut chassé. 11 avoit épousé depuis quelques années une sœur du duc de Chevreuse^ dont il a deux fils. — 11 y a eu de grands changements dans les bureaux de H. de Chamillart : il avoit mis H. de Yillatte^ son parent, dans la place que M. de Saint-Pouanges avoit sous MM. de Louvois et de Barbezieux; on Tôte de cette place. Le roi lui donne une pension et l'agrément d'une charge de président des comptes qu'il a achetée de M. de Tambonneau 284^000 francs. On ne met personne en sa place; mais Nevermeil, qui travailloit sous lui, travaillera sous M. de Chamillart seul, rendra compte de ce qui regarde les officiers, et Ton met en la place de M. Esprit, qm travailloit aussi sous Villatte , Fumeron , ancien commissaire des guerres, qui servoit d'intendant la campagne dernière dans l'armée de M. de Tallard et qui est chargé des hôpitaux, de l'armement et de l'habillement des troupes.

* Sessacétoit Germont-Lodève et par conséquent de naissance di^ tinguée. Il avoit de belles terres avec beaucoup d'esprit, mais c'êtoit tout. l\ fut maître de la garde-robe du roi et joueur passionné; il J gagna gros, et longtemps avant que d'être soupçonné ; à la fin jouant au reversis avec lé roi un très-gros jeu , le roi quitta pour aller parier à M. de Louvois , et donna cependant son jeu à tenir au martial de Lorges. Sessac , qui ne le crut pas fin , le poussa de renvois et gagna, mais de façon que le maréchal en vit la friponnerie, et regarda la compagnie qui baissa les yeux. Le soir, après le jeu, le maréchal en amtit le roi, qui se doutoit déjà de quelque chose. Sessac eut ordre de vendre sa charge à Hlladet , et fut chassé. Il demeura longtemps en Angleterre, où ses talents ne demeurèrent pas oisife et perfecdonnèreat ceux du comte de Gramont , qui y passa plusieurs mois pendant ce si^ur. De retour en France , il joua longtemps à Paris , où il épousa enfin une sœur du second lit du duc de Chevreuse, qui n*avoit m

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pour lois et qui, par Thévilage d'un fils qu'ils eurent , qui OMMirut quelques années après, lui devint riche et infiniment plus par la suite des conjonctures des temps. Sessac , par ce mariage , vît meilleure compagnie , eut permission de voir Ip roi , et à la fin fut admis à Meudon et même à Marly pour jouer. Il étoit perclus de goutte, avare à 4'éxcès, et vêtu comme ces vieux avares de comédie. Sa maison s'éteignît dans la personne de son fils.

Dimanche 26, à Marly. — Le roi n'avoit pas trop bien passé la nuit y mais cela ne Pempècha pas de tenir conseil et de travailler le soir avec H. de Ghamillart. — Le roi a donné le gouvernement de Yalenciennes àM. le maréchal de Marsin ; le régiment royal italien & H. d^Albergotti, lieutenant général ; il avoit i,000 écus de pension^ que le roi lui donna quand il lui 6ta le régiment de Montferrat pour en faire le régiment des gardes de H. de Mantoue ; le roi lui en laisse 2,000 écus et donne les 2^000 autres au chevalier d'Albergotti, son neveu , lieutenantcolonel du régiment royal italien et brigadier. — Dans les changements qui ont été faits dans les bureaux de M. de Ghamillart , celui de M. de Tourmont est un des principaux ; on a donné sa place h M. de Soy^ qui étoit directeur de quelques fermes à Valence, et la charge de trésorier de Tordre de Saint-Louis à M. de Pinsonneau. On laisse à M. de Tourmont les ilh,000 francs d'appointements qu'il avoit pour cette charge et on lui donne 8,000 francs de pension et 1,000 écus à son fils. Le roi donne aussi 1,000 écus de pension à Pinsonneau jusqu'à ce qu'il jouisse des revenus de la charge.

Lundi 27, à Marly. — Le roi ne passa pas trop bien la nuit, mais la journée fut assez douce ; il mangea de bon appétit , et le soir il se leva de son lit pour souper ; 11 avoit même déjà passé une partie de Taprès-dlnée debout. — Il arriva un courrier du duc de Gramont, parti de Madrid le 21 • 11 mande que le roi d'Espagne avoit envoyé ordre au maréchal de Tessé de lever le siège de Gibraltar et de mettre dans Gadix quelques bataillons fi*ançois et ce qui resteroit de troupes d'Espagne au siège.

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hormis les deux régiments des gardes^ àqai on donnem de bons quartiers , oà ils attendront leurs recrues et auront le loisir de se raccommoder. Ce courrier» que le roi d'Espagne a envoyé à. Gibraltar ^ n'a fait que préveuir de trois jours celui que le roi y anvoyoit, at 8. H. mi\r nant nous a dit que c'étoit une chose bisarre d'avoir à le r^Ouir de la levée d'un siège ; mais qu'en Fétat où étoient las choses o'étoit le seul parti qu'on pouvoit prendra, et qu'on auroit dû le prendra plus t6t. Le roi pvessoit toiir jours qu'on s'y déterminât, mais le roi d'Espagne avait une grande répugnance à le faire, et toutes las troupes j .aujH>ient péri inutilement.

Mardi 28, à Marly. — Le roi passa beaucoup mieux la nuit et commanda en s'éveillant qu'on lui servit on bon dîner, parce qu'il avoit un peu jeûné les jours de de* vaut; il fut tranquille toute la journée, «r* I#e due de Berwick et M. de Basville, ayant été avertis qu^il y avoit quelques fanatiques cachés dans Montpellier, en firent fermer les portes Le 18, et on y arrêta quatre de leurs chBÎs, qu'on appelle Fressière, l'Allemand , le Suisse et la Jeunesse ; on prit aussi ceux qui les recéloient; un de ces misérables promit , si on lui vouloit sauver la vie, de faire prendre Ravanel et Catinat , qui étoient cachés dans Nimes; il a tenu parole. On prit Ravanel le SI et Catinat le 22, qu'on a fait brûler à cause des saorilégas énormes qu'ils ont commis. On a pris avec eux du TiUat et Jonquet, qu'on a fait rouer ; ce du ViUat étoit plus dangereux que les autres ; il étoit d'assez bonne famille ; il avoit de l'esprit et avoit été officier dans Bel-<Castel, Oa a fait arrêter plusieurs marchands de Nîmes qui étoient complices de tous leurs pernicieux desseins, et on enfers sévère et prompte justice.

Mercredi 29, é Marly. — Le roi passa fort biw k nuit , et se promena tout le matin dans ses jardips , et en revenant de sa promenade il entra chez madame h duchesse de Bourgogne, qui avoit été saignée; on la veut

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prépiurep pour lui faive. prendre le lait. La roi iint ocnik 8^1 l*ap0è§*diBée dene eon lit. Madame des UrsUis partît de Marly ; maie elle demearera encore quinse Ijoure à Pani, et reviendra à Venaillee ]^midre oongé da roi avant qne de partir ponr TEepagne. — MM. deBexons et de Chemerault eent arrivés à Paris } ils étoient tons denx lieunante généraux dans l'armée de M. de Vendôme* Cheme^ rault y retournera ; mais Beaons^ qni est brouillé avec M. de Vendôme^ sera employé ailleurs^ et l'on parie de l'envoyer commander à Rouen et dans la haute Normandie, où personne ne commande depuis la mort de M. de Beuvi*on. — Les mousquetaires des deus compagnies qui sont demenréas à Paris marchent en Normandie ^ où Von n'a point laissé de troupes réglées. «^ L'assemblée du dergé tiendra à Paris et commencera du 25 de mai ; les agents généraux seront : l'abbé de Maulevrier, nommé par la province de Sens depuis longtemps et qui sort de l'agaoce où il av'oit été nommé par la province de Toui^s; l'autre agent sera T abbé de Poudens, nommé par la pro^ vinee d'Aueb. Des seize provinces ecclésiastiques qui en*» voient à l'assemblée du clergé, Il y en a toujours deux qui nomment les agents^ et elles le font tour à tour, de cinq ans en cinq ans.

Jeudi SO, à Marly. *- Le roi se promena le matin et Taprèi^dlnée dans ses jardins dans une petite roulette qu'il s'est fait faire et qui est très-commode quand on a la goutte. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup. — Le roi avoit intention de partir samedi de Marly et de venir i Trianon ; mais on n'auroit pas le loisir de le meubler, parce qu'il est demain fête, et il a pris le parti de demeurer jusqu^à mercredi. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme, ses lettres sont de Milan du 91 ; il mande qu'il en part pour s'en aller au aiége de la Mirandole. Le ixruit eouroit que le prince Eu** gène étoit arrivé à Vérone ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'on l'y attendoit inoessammant. On compta qu'il a

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douze mille hommes avec lui et qall sera suivi de hait mille autres^ ce qui , avec les troupes du comte de Linange , composeroit une armée de trente mille hommes ; on espère avoir lini le siège de la Mirandole à la fin de ce mois-ci. — M. Tabbé d'Harcoart^ qui estTaloé de sa maison 5 s'est raccommodé avec M. son père et madame sa mère , qui avoient souhaité qu'il fût d'Église parce qu'il est sourd ; il quitte ses bénéfices et épouse mademoiselle de Hontjeu^ qui a plus de 50,000 livres de rente en fonds de terre et 200,000 francs d'argent comptant*-

* Ce mariage du fils du prince d^Harcourt ne fut pas illustre. BiieolasCastille, de la lie du peuple, étoit par les degrés de fortune partenu à devenir trésorier de l'épargne , et son père, qui snbtilemeot avoit ^usé une Jeumin, lui en fit joindre le nom au sîoi, et en af«t été recrépi du vain et subalterne nom de contrôleur général des finances sous les intendants. Ce Nicolas eut sa charge de trésorier de répargne d'un Fieubet, dont il épousa la fille, ejt à force d'argot se décora en 1657 de la charge de greffier de l'Ordre , qui lui fiit6tée avec le cordon bleu et donnée en 1671 à Phélypeaux-Châteauneuf , fils et père des deux la^Vrillière, tous trois secrétaires d'État. Le fils de ce Nicolas Castille , soi-disant Jeannin, de sa grand'mère, se fit conseiller à Metz, fut rudement taxé pour les biens de son père et pourrit dans l'exil. Il ne laissa pas de demeurer fort riche , et comme il mourut dais l'embarras avec le roi , la princesse d'Harcourt en obtint tout ce qu'elle voulut par madame de Maintenon, pour faire le mariage de son fib, qui, dans la suite, quadrupla ses biens au &meux Missîssipi et à toutes sortes de métiers infâmes. Il tira tout ce qu'il put encore de M. de Lorraine et une terre entre autres en Lorraine, à qui il fit donner le nom de Guise , qu'il prit, et qui ne fit en rien souvenir ni du vaste duché de Guise ni des femeux ducs de ce nom. Aussi se contenta*t-iI da titre de comte, puis de prince de Guise, car pour doc, il ne Téloit point. Il avoit été trépané trois fois pour des chutes et des coups de tête dont il étoit resté sourd. C'étoit pour cela que sa pieuse mère le forçoil d'être d*Église ; mais, faute d'autres enfants, elle le maria.

Vendredi V^ mai^ à Marly. — Le roi passa la nuit assez doucement; il donna le matin une assez longue

audience au maréchal de Marsin et entretint ensuite k P. de la Cliaise^ comme il fait tous les vendredis. S. M. se

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promena Faprès-dlnéo dans son petit chariot. Madame la duchesse de Bourgogne et monseigneur le duc de Berry partirent d'ici sur les trois heures avec beaucoup de dames. Ils ne voulurent point avoir de gardes pour les suivre ni qu'on sût où ils alloient. Ils allèrent à PÉtang^ sans que M. de Chamillart en fût averti ; on y joua beaucoup, et sur les sept heures^ on leur servit une collation aussi magnifique que si on les avoit attendus; ils revinrent ici à neuf heures. — On a des nouvelles que le prince Eugène avoit passé à Inspruck le 22 du mois passé ; la tète des troupes de Prusse étoit dans le Tyrol , mais les Danois n^ont pas encore passé le Danube ; ainsi le prince Eugène n^aura pas avec lui plus de dix ou douze mille hommes. — M. de RubanteP est mort à Paris y c'étoit un des plus anciens lieutenants généraux des armées du roi; il avoit été longtemps lieutenant^olonel du régiment des gardes y mais il étoit tout à fait hors de service. — Le roi a donné au marquis de Castries^ che- Talier d'honneur de madame la duchesse d'Orléans , le justaucorps à brevet qu'avoit le duc de Choiseul.

* On a parlé ailleurs de Rubantel et comment il sortit du service. C^étoit un ancien lieutenant général , de valeur fort distinguée et qui sut mépriser les bassesses et se retirer dans sa vertu au-dessus de la fortune.

Samedi 2, à Marly. — Le roi se promena le matin et Faprès-dlnée dans son petit chariot, car il ne peut pas mettre le pied à terre. M. de Marsin prit congé de lui pour aller commander Tarmée d'Alsace. — M. de Savoie a consenti qu'il y eût une trêve de six mois entre la ville et le ch&teau de Nice ; il y a un traité pour cela, fait et signé. La tranchée fut ouverte devant la Mirandole la nuit du 19 au 20; les assiégés ne s'aperçurent point toute la nuit qu'on travaillât^ et ils ne commencèrent à tirer que quand il fut grand jour. On fit un prodigieux travail, qu'on poussa jusqu'& dix toises du chemin couvert; la nuit du 20 au 21 on ne travailla qu'à perfectionner

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le travail du jour préoédant. On oroii qCie lès «Mîé^ ne défendront point ï% chemin converti parce que la gai^ niBon est foible ; ce qui fera la principale défense de k place, c'est le fossé, qui est fort creux ^ fort large et tort plein d'eau. H. le grand prieur, qui mande ces détail»là ^ est à Hantone, où il attendôit M. de Vendôme. — Le roi a augmenté la pension du marquis de Sesanne de 1,000 écus; il en a 2,000 présentement ; il n'eut les premiers 1,000 écus que Tannée passée.

Difnanchê 3, è Marly» — Le roi tint conseil dans son lit; il se leva Taprès-dlnée, $e promena dans son petit chariot, travailla le soir avec M. de Ghamillart et se remit au lit de bonne heure* — On travaille à tous les préparatifs pour le siège de Turin , et nous aurons esot pièces de canon de batterie et trente-six mortiers ; <m ne croit pas qu'on puisse commencer ce siège avant la ml' juin. --* M. GoUandre, colonel du régiment de Flandre, vient d'acheter de M. de Guerchy, maréchal de camp de la dernière promotion » le régiment royal des vaisseaux 66,000 francs ; ce régiment est beaucoup plus ancien que celui de Flandre ; il a trois bataillons qui servent ensemble, et l'autre n'en a que deux qui servent séparément. -^ L^ duc de Berwick a encore fait prendre un des principaux fanatiques, qui s'appelle Franciset, avec trois de ses camarades; ils se sont très*bien défendus, ont tué deuxsridats, et ils n'ont été pris eux qu'après avoir été blessés ; on les a fait exécuter dès le lendemain. Il est maJaisé de dérsr ciner la mauvaise volonté qu'il y a en ces pays-lft , mais il parolt qu'il n'y a plus rien à^ craindre avec les bons ordres qu'y apportent H. de Berwick et M. de Baaville.

Lundi kf à Marly. -^ Le roi ne padira point d*id mercredi, comme on l'avoit cru ; ses douleurs diminoent; il ne peut pas encore mettre les pieds à terre, mais il profite de tous les moments où on peut se promener ; ses petit chariot entre dans sa chambre , ce qu'il ne poorroit pas faire à Versailles, étant logé en haut. Monseigneur

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et manseignew le duo de Berry* partirent à huit heures du matio pour aller courre le loup; ils n'en revinrent qu'à onze heures du soir, après une fort rude chasse, et ayafit fait rompre à la nuit, fort loin d'ici, ils entrèrent d'abord chez le roi, qui n'étoit pas encore retiré et qui nous avoit dit à son souper qu'il ne s'étoit point encore si bien trouvé depuis cette attaque. Le roi avoit travaillé le soit avec M. Pelletier, comme il fait tous les lundis. — Il arriva un courier de M. de Vendôme^ qui est à Mantoue aViCc M. le grand prieur, son frère ; il n'est point allé au siège de la Nirandole» comme on l'avoit dit , sa présence n'y étant point nécessaire. Il mande que M. le prince Eugène n'étoit point encore arrivé , mais qu'on l'attendoit incessamment dans l'armée du comte de Linange ; mais les troupes qui le suivent ne peuvent pas encore arriver de quelques jours .

Mardi 6^ à Marly* — Le roi passa la nuit assez doucement, et tint conseil de finance dans son lit, et le soir, après la promenade, il travailla avec M. de Pontchar* train. 11 a dit à son souper, à Monseigneur, qu'il vouloit qu'il allât demain àMeudon, où Monseigneur avoit compté d'aller, en cas que le roi eût été ce jour-là à Trianon; mais le roi demeurant ici, Monseigneur vouloit y demeurer aussi pour lui tenir compagnie ; mais le roi veut qu'il n'y ait rien de changé dans le projet qu'avoit fait Monseigneur, et qu'il mèneà Meudon madame la princesse de Conty , les dames et les courtisans qu'il y devoit mener. — » Il arriva le matin un courrier de H. de Vaudemont pendant que le roi étoit au conseil ; il mande que le prince Eugène étoit arrivé à Roveredo sur l'Adige ; 3 n'y a encore que les troupes de Brandebourg qui sont en état de le joindre bientôt. Les quatre mille hommes de l'électeur palatin et deux régiments de l'empereur ne sont pas encore dans le Trentin; les quatre mille Danois sont bien plus éloignés encore et ne veulent point marcher si on ne leur donne ce qu'on leur doit du passé, et qu'ils n'aient

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des fonds sûrs pour leur payement durant cette campagne, ce que la cour de Vienne n'a pas pu leur accorder encore.

Mercredi 6, à Marly. — Le roi tint son conseil étant an lit ; il se leva dès qu'il eut dlné^ et s'alla promener dans ses jardins. Il n'a quasi plus de douleurs^ mais il ne peut pas encore appuyer les pieds & terre; il travailla an retour de la promenade avec M. de Ghamillart chez madame de Maintenon. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient au conseil le matin à l'ordinaire, et Monseigneur alla Taprès-dlnée à Meudôn avec madame la princesse de Conty, où il demeurera jusqu'à lundi; il compte de retrouver le roi encore ici. — Le prince de Rohan y le vidame et d' Antin prirent congé du roi ; ils vont servir tous trois à l'armée de Flandre. — Il arriva deux courriers du maréchal de Tessé^ l'un parti de SéviUe et l'autre d'un village dans la Sierra-Morena ; le dernier parti de ces courriers est arrivé le premier^ il a fait une furieuse diligence et est venu de Madrid en six jours. I^ maréchal de Tessé a levé le siège de Gibraltar et on a retiré tout le canon que nous y avions; mais M. de VilladariaS; avec le peu de troupes espagnoles qui lui reste et dix pièces de canon , est demeuré devant cette place, dont la garnison est deux fois plus forte que le corps qu'il a.

Jeudi 1, à Marly. — Le roi passa fort bien la nuit et fut fort gai toute la journée ; il ne se coucha point avant souper, et croit pouvoir courre le cerf samedi. Le roi, la reine et la princesse d'Angleterre vinrent ici avant sept heures et furent longtemps avec le roi chez madame de Maintenon ; on fit jouer le roi d'Angleterre dans le salon avec messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry et les dames. LL. MM. BB. s'en retournèrent à neuf heures à Saint- Germain. Madame la duchesse de Bourgogne alla dans un carrosse du roi à Meudon avec beaucoup de dames ; elle ne revint que pour le souper.

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