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Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry coururent le eerf dans la forêt de Saint-Germaiu avec M. du Maine ; et allèrent souper chez M. le comte de Toulouse après que la cour d'Angleterre fut partie. — Le. parlement • d'Angleterre est cassé; on en rassemblera un nouveau au mois de septembre ^ et il y a beaucoup de brigues pour le choix des membres de la chambre basse. On mande de ce paysJà que leur grande flotte sera en état de mettre à la voile à la fin du mois. — l^e roi a donné 4^000 francs de pension à Canillac^ des mousquetaires. — Le petit du Hesnil est mort de la petite vérole ; le roi lui avoit donné cet hiver un guidon dans la gendarmerie.
Vendredi 8, à Marly. — Le roi se porte toujours de mieux en mieux. Il se promena le matin; Taprès^ dlnée il alla dans son parc^ toujours dans son petit chariot^ et demain il courra le cerf; il commence à mettre un peu le pied à terre. Hesseigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry allèrent dîner à Meudon avec Monseigneur^ et madame la duchesse de Bourgogne y alla Taprès-dinée et ne revint que pour le souper du roi. Monseigneur avoit eu deux accès de fièvre tierce, qu'il avoit cachés; il l'avoit même encore l'après-dlnée; en jouant il le confia à madame la duchesse de Bourgogne^ la pria de le dire au roi, et qu'il se feroit saigner le lendemain. — Il fait des pluies horribles à la Mirandole, ce qui en retarde le siège; nous sommes logés sur les deux angles saiUants de la contrescarpe^ et nous avons mis vingt^uatre pièces de canon en batterie malgré toutes les difficultés qu'il y a de les remuer dans une boue épaisse. — Le roi a donné 1,000 écus de pension au marquis de Grancey, qui s'en va à Barèges pour ses blessures.
Samedi 9, à Marly, — Le roi courut le cerf, comme iJ l'avoit résolu , et ne se trouva point incommodé de la chasse. Monseigneur fut saignr à Meudon et prit duquin-
T. \. 'il
aSS JOURNAL ttfi DAMGEAU.
quina une henre après la saignée. — Le fils dii marquis d'Alègre , qui étoit langalssant depuis longtemps et qui pourtant monta encore hier à cheval , mourut subitement; il étoit mestre de camp du régiment royal des Cravates. H. d'Alègre d'avoit que ce fils-là^ et madame de Barbezieux est Talnée de seâ filles, à qui il retieiidlii une grande partie de ce bien-là: — M: de Breteùil, fetinsèiller d'État ordinaire, mourut à Paris; il avoit été ihtëridftut des finances. — M. de Lubert, le plus SLnt;lën des trois trésoriers de la marine, est môH d*a|)oplèxlè. -^ Madame la duchesse de Bourgogne alla âSdint-Gërmain voir le roi et la reine d'Angleterre. — Le roi a donné à H. le marqais d'Alègre le régiment royal des Cravates pour le vendre; il Tavoit acheté pour son fils il y a deux ans, et il lui avoit coûté plus de 100,000 francs.
Dithanehe 10, à Marly. — Le roi passa fort bien la Ml et la chasse d'hier ne lui a fait que du bien. Monseigoear n'eut aucun ressentiment de sa fièvre. Monseigneur le duc de Bourgogne alla entendre vêpres à Versailles et puis alla voir Monseigneur & Meudon. MbnseigUëur le duc de Berry y étoit allé diner. — Le roi, étant ce matin au conseil, a donné la place d'ordinaire dans le conseil à M. Phélypeaux , frère de M. le chancelier et qui étoit le plus ancien des conseillers d'État de semestre, et h place de semestre à M. d'Armenon ville, directeur de$ finances ; il a promis la première vacante à M. de la Hoossaye; intendant d'Alsace. — Le roi permit au ducdfe Villeroy, au duc de Charost, au comte delà Motte et an chevalier de la Vrillière de venir ici prendre congé de lui; ils partent tous cette semaine pour l'armée. — B arriva un courrier de H. de Vendôme, qui est à Mantooe avec M. son frère; ses lettres sont du i; il fait venir de Piémont vingt bataillons et vingt escadrons pour fortifier l'armée de Lombardie. Le prince Eugène a &it faire un pont sur l'Adige^ au-dessous de Vérone^ où il a fait passer quatre mille hommes ; le siège de la Mirandole
Ml 1^0». sis
alloitfort lentéfaiént à ciiusè liés pliiie^ coBtihuèlles ; niais OD espère qu'il ira fort ^ile préseritéineril, patce que lé temps s'est remis au beau. Les dernières Itoupésqui viéttdront joindre Tàrméè du grand prieur àrifiVérônt lé l3j après quoi il sera considérablemenl ^lùfe tort qiiè le prince Eugène , quand liiénié lëà tboupeâ dii {iàlâtin et du Danemark setoient arrivées; M. dé Tendômë rétodtv nèrale 25 à Tarmée de Piémont |^6ù^ ouvrir la campagne de ce cOté-lâ. — Le rdi lit vehii» Ibi da Plessis, niajor de la gendarmerie^ et travailla avec liii et M. de Cliamillârt obéi Uiâdamë dé Haintenon ; le sbir 11 â donné déà commiâ^ods de mei^re dé danip ft plusieurs officiera dé la gendÂrniërlë ; il eii a dbiiné aussi i citi(| exempta âe$ gardes du fcorp^.
Lundi 11^ à Marly, — Le roi ^e pt^oména le Matin et Tàprês-dlnée déns ses jSrdlné^ et s'amdsi à voii» jouer au mail. Il travailla lé soir chez madame de Maintenon avec M. Pelletier, comme il a accoutumé de faire idaà led lundis. Monseîgiieur revint ici dé Meudon avec niadamé la princesse dé Cont^, et outre les dà±es qu'il y avoit menées d'ici, il en ramena là duchesse dé Quintin et ittademoiselle dé Mélun. Madame la diichesse de Bourgogne prit médecine pour se préparer à se baignet. — On eut des nouvelles, par plusieurs endroits, que Tempe^ëur avoit été à l'extrémité le 23 et le 21 dU mois passé, que lés médecins désespéroient de sa ^uérisôd, mais qu'un enipirique lui avoit donné quelques gouttes qui Favoiènt fait dormir trois heures et qu'il étoit Un peu mieux le 25. — Les cinq exeniptd des gardes à qui le roi a donné oomliiission de mettre de éÀmp ^nt : le chevalier Danger, le dievdlier de la BUl&rderië , dû Plarily, »ontlë2nn et 9egoiisac. — Les troupes Anglaises qui étoient en Flandre marchent sut* la Moselle, où toutes les apparences ^nt qae milord Marlborough viendra commander ; on Valtéudoit à Dusseldorf, où l'électeur palatin lui fait préparer des fêtes magnifiques.
:)24 JOURIfAL DE DAf«GEAl).
Mardi 12, à Uarly. — Le roi tint le matin conseil de finances, et courut le cerf Taprès-dlnée ; sa goutte est fort diminuée^ et il dort tranquillement toutes les nuits sans souffrir. Madame la duchesse de Bourgogne commença ses bainSy et se promena le soir avec le roi , qui, au retour de la chasse ; demeura dans ses jardins jusqu^i sept heures et puis travailla avec M. de Pontchartrain chez madame de Maintenon. Messeigneurs les dacs de Bourgogne et de Berry étoient à la chasse avec le roi; Monseigneur n'y étoit points parce qu'il continue à prendre du quinquina ; mais il se promena beaucoup dans les jardins. — Plusieui-s marchands de Pans ont reçu nouvelle que Tempereur étoit mort; on le mande de Bruxelles et de Strasbourg; mais, comme on ne Fa point mandé au roi, on ne croit point que cela soit vrai, d'autant plus qu'on avoit reçu des lettres du 25 qui assuroient qu'il se portoit mieux. — Milord Marlborough, qu'on attendoit & Dusseldorf, est à Maestricht, où il y a déjà quelques troupes assemblées. M. le maréchal de Villeroy fait avancer les troupes qui. étoient les plus éloignées, et marche à Tirlemont; on croit pourtant que le dessein des ennemis est de se tourner sur la Moselle , et Maastricht est le plus court pour y aller.
Mercredi 13, à Marly. — Le roi tint conseil le matin, et se promena à quatre heures jusqu'à sept; il vit longtemps jouer au mail. Il dina et soupa en public avec les dames ; il travailla le soir avec M. de Chamillart jusqu'à une heure et demie. Monseigneur prit médecine et continue son quinquina. Madame la duchesse de Bourgogne continue ses bains, et, au sortir de la messe , alla voir Monseigneur. — Matignon eut permission de tenir prendre congé du roi ; il s'en va en basse Normandie. — Le roi a donné à M. de Miran , ancien capitaine de dragons dans Fimarcon, le guidon de gendarmerie qu'avoit du Mesnil. — Le prince de Bade assembleuses troupes en deçà et en delà du Rhin ; il a déjà un corps a^sezcon-
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sidérable à Candal. — Ou ne reçut aucune nouvelle de la santé de l'empereur, ce qui fait croire ici qu'il se porte mieux. — Maulevrier arriva avant hier d'Espagne , et, comme sa femme est ici, il a eu permission d'y venir tout droit. — Madame des Ursins, qui étoit ici au commencement du voyage, est revenue et prendra congé du roi incessamment.
Jeudi Ifc, d Marly. — Le roi passe les nuits fort doucement et se promène souvent dans son petit chariot ; mais comme il ne peut pas encore mettre les pieds à terre, il ne retournera point à Versailles samedi, comme il l'avoit résolu ; il espère pouvoir y aller à la fin de la semaine qui vient. Monseigneur continue de prendre son quinquina, et madame la duchesse de Bourgogne continue à se baigner tous les matins. — Le nonce extraordinaire que le pape a fait archevêque de' Gènes depuis cinq semaines auroit bien souhaité que le roi lui permit de venir prendre ici son audience de congé ; mais, comme le roi n'en a jamais donné à aucun ambassadeur, il faudra qu'il attende que le roi soit de retour à Versailles. — le prince Ragotzki a fait assurer le roi depuis peu de jours qu'il n'entreroit en aucun accommodement avec l'empereur, qu'il le prioit de compter sur son attachement pour la France et pour sa personne sacrée comme s'il avoit l'honneur d'être son sujet; ses troupes se grossissent tous les jours ; il parolt avoir une entière confiance eu des Âlleurs. Ses progrès augmentent; il a passé le Danube pour assiéger Bude; il a établi trois fonderies dans les villesdont il s'est rendu maître, et le comte Forgatsch, qui est en Transylvanie avec vingt mUle hommes, assiège Hermenstadt , place où tous les gens qui sont encore dans le parti de l'empereur en ce pays-là ont retiré leurs meilleurs effets et où M. de Rabutin s'est renfermé lui-même, ne pouvant plus tenir la campagne.
Vendredi ib, à Marly, — Le roi se promena tout le matin ; il courut le cerf l'après-dlnée. Madame la du-
ZTff JOURNA|. pf DAI^GEAU.
c\ie^ 4g Pourgo^e ^ susppndfi ^sbaÎQSgoujf q\ielques ^p^T^^ 7- 1| grrjv^ le iuat|n ^p çpufrier de H. ^e jiarsin, gui e^t àf Stnasboui:^; il {oapde fiu roi qife tous les avis quMl a d^All^magn^ portent quq Tepipereur ppurut le % <^e ce flf)oig; ow qe doutoit ppin| 4^ \9^ n<>uV!^Ue> V^^ M- de Torcy fiPt 4fi« l^rtr^s deVi^un^ 4u 3, qui sppt y^pue^par Genève et dans lesquelles on mande qiie reiDpep^urétoit un pei| (nieu^^ mais qi|^il ^toit foi^oups tr^^angerpasen^gpt inalftde. — 7 V. 4e Marlbqrough fait fnarcher fouies les tf pupes qu'il cpmmande yers la Mo$el}p ; il s'pst avaDcé ^ ^|x-la-ph|^p^lle; il avoit prppos^ aux Ifpllandois de faire deux siégea en Flandr^> proposif^pp qi^Hls n'ont pas voulu accepter^ disapt qu'ils veulent poQserver leurs frpupes^ qui seront ppnofnapd^e^ par H. d^Q>Y^rlserke; on ^ss^re que le deçseÎT} d^ M. de Marlt)orppgt), |i ayant rien pu f^ire en Flandre^ ^st de f^ire le ^i^ge 4^ Sarrelouis, et g]ie le pfincp de Bade le joindra avec la plus grande partie de ces troupes, e\ laisser^ Ip reste spu^ le comman- 4fment dij ppu^te de Tqijghen pour gar4pr ï^s lignes de Lauter qii'ilç font ^]pver pt oi^ il y a dix (flille prisonniers gi|i y tray^illent depuis quelqiips tepips.
Sat^çdi 16; 4 Marly. — I^e roi se promena le matin et r$yprès-dlnée dans ^es jardins; il a dit ce matin qu il retqufneroit samedi a Versailles quapd ipème il ne pourroit pa^ mettre pied à terre et ' qu^il y sproit deux mois sans rpvpnir ici. — On 3. reçu, pap l'ordinaire, des lettres de la Ifirandole du 6. H. de f^s^p^ra, qui commande à ce siège, m^nde qu'on comble Jp fossé , qu'il n'y a plus que trois pièpes de capqi) dejj assiégés qqi nous incommodept, que noiis avons flne battprie établie suf le chemip couvert; nouç pef donc peu de soldats ^ ce si^gp, pu noijj n'avons que huit bataiUpn^. — ]^. 4e Maf^u et )f . dp la Yallière, qui n'étoient ppint du comniencpment de ce voyage, ont eu permission de venir ici, où le roi }p^r a do|)né deslo. gpmei^ts. — Il n'y a pncoye rien d^ sûr de la mort de Tefliipçreur*, nfiais on i^e doute pas qu'il ne meure 4^