‹ Journal du marquis de Dageneau (volume 2)Chapitre 22 sur 25 · MAI 1700. 3S · texte numérisé non relu

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fsi attdièdce» des ambassadeurs le roi etit Thonnéteté de se tenir debout^ quoique cela lui fasse encore de la peine et s'appuya de temps en temps sur le duc de Tresmes, qui servoit comme premier gentilhomme de la chambre pour le duc de Beauvilliërs, qui est en année.

Mereredi 27, à Versatiles. — Le roi alla tirer Taprèsdlttée ; il n'avoit point monté & cheval depuis six semaines à cause de Éa, goutte. Monseigneur le duc de Bourgogne dlfaaaTec madame la duchesse de Bourgogne, qui continue Èès bàtUs. Hon^eigneui* le duc de Berry alla avec madame là Jiriiifeesse de Conty et beaucoup de dames dîner à Meudoii, d'où Monseigneur reviendra vendredi. — On eut dW lettres de M. des Alleurs du 26 dii mois passé; il tliande que les méconteiits ont fait passer un corps assez considérable à la droite du Danube et qu'à la gauche du Danube ils ont passé la Morave et font beaucoup de dé- ^rdresen Moravie; ils paroissoient fort éloignés d'entrer ell aucun accommodement avec l'empereur, mais il n'est plAltïi vrai qu'ils aient pris Bude ni le grand Waradin. — Les Portugais ont pris Valentia, dont le gouverneur à'fest très-bien défendu et a été tué ; cette place est d'Espàgné et est entre Âlcantara et Badajoz. Le maréchal de Tessé a joint notre armée, qu'il a trouvée fort foible. — M: de Harsiù à fait un détacheinënt de son armée de quinze bataillons et de vingt escadrons pour joindre M. de Villars ; ce détachement est commandé par MM. de Lànnion et de Guasquet.

Jeudi 28, à Versailles, — Le roi dîna à midi, ne tint pdititdë conseil le matin, et après son dlnèr alla se promener à Marly, d'où il revint d'assez bonne heure. — On a su parle courrier de M. de Vendôme qui arriva avanthier que le prince Eugène avoit passé dans une barque sur le lac de Garde et qu'il étoit à Sàlo, qui est le principal des quartiers que les Impériaux ont de ce côté-là. Il fait venir quelque cavalerie par Torbole et par Riva; ils aoront peine à faire subsister les troupes dans les mon-

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tagnesoùils sout^ et les troupes qui les viendront joindre auront bien de la peine aussi à subsister dans les montagnes où il faut qu41s passent. M. de Vendôme et M. le grand prieur marchent pour attaquer le prince Eugène ou pour le rejeter encore davantage dans les montagnes et lui ùter les subsistances qu^il pouvoit tirer du Bressan. — Il arriva le soir un courrier du maréchal de Villars , ses lettres sont du 27 au matin. Il est campé entre la Moselle et la Sarre; sa gauche à Konigsmakeren et sa droite à un ravin qui règne jusque sur la Sarre ; il doit être joint le 30 par le détachement de M. de Marsiu. Il mande que Marlborough est parti de Trêves pour aller à Rastadt^ où le prince de Bade est malade ; on dit que les blessures qu'il reçut Tannée passée au Chellember^ se sont rouvertes.

Vendredi 29, à Versailles, — Le roi fut quelque temps enfermé avec le P. de la Chaise après son dîner, ce qu^il fait toujours la veille des jours qu* il doit faire ses dévotions; il alla ensuite se promènera Trianon. Monseigneur revint de Meudon^ où il avoit été depuis Marly. — Le roi a donné à M. le comte d'Estaing le gouvernement de Chàlons en Champagne^ la lieutenance générale du pap Messin et celle du Verdunois; M. de Vaubecourt^ son beaufrère, avoit ces trois charges. — M. le maréchal de Tessé, avec ce qu'il a pu rassembler de troupes, marche pour attaquer le corps des ennemis qui a pris Valentia et qui ne peut être secouru par celui qui a pris Salvatieira, parce qu'ils n'ont point de pont sur le Tage. — J appris que l'abbé d'Hocquincourt étoit mort il y a quelques jours ; il avoit l'abbaye de Boheries, qui vaut 12 à 15,000 livres de rente. — M. le maréchal de Villeroy est campé àBreffe; le bruit de son armée est qu'il va faire le siège de Huy. M. d'Owerkerke, qui commande l'armée des Hollandois, est toujours sur la hauteur de Saint-Pierre aupré» de Maestricht, où il continue à se retrancher.

Samedi 30, à Versailles. — l^. roi fit S4^s dévolions dans

MAI i7«Ni. atr

la cbâpelle eu b&s et puis toucha^ proche rappartement de M. le comte de Toulouse, quelques malades espagnols ; ii étoit venu beaucoup de François pour se faire toucher ; maisle roi n'y pouvoitpassuffire, patx^ qu'il nepent point encore se tenir sur ses pieds ; le roi leur fit donner par M. de Metz Paumône qu'il a accoutumé de donner quand il touche. Madame la duchesse de Bourgogne fit ses dé^ votions aux Récollets dans la chapelle en haut. L'aprésdlnëe le roi et toute la maison royale entendirent vêpres dans la tribune, où officia Tarchevèque d'Aix, qui étoit venu de Provence pour officier à la Pentecôte comme prélat de l'Ordre ; il n'y aura point demain de cérémonie. Ai»ès vèjHres le roi s'enferma avec le P. de la Chaise et fit la distribution des bénéfices. L'abbaye de Boheries a été donnée à l'abbé Fagon, qui remet Tabbaye de Chartrices, que le roi donne à l'abbé du Rozel; l'abbaye de Pebrac à l'abbé de Genetines, comte de Lyon, qui remet l'abbaye de Mauzac, qui est donnée à l'abbé Archon le jeune ; l'abbaye de Dillot à Tabbé Jachiet, chapelain du roi; il remet l'abbaye de Boschaud, qui est donnée à Tabbé de Médidier; l'abbaye de Leyme à madame d'Aubeierre; l'abbaye d'Argensol à madame de Blanchefort (1); l'abbaye de Saint-Geniest à madame de Castries, sœur du marquis de Gastries.

DimaneheMy jour de laPentecôUy à Versailles. — Le roi entendit la grande messe dans la tribune avec toute la maison royale ; il n'y eut point de procession; l'aprèsdinée il entendit le sermon de l'abbé Pemault et vêpres ensuite; M. l'archevêque d'Aix officia. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme, qui mande qu'il avoit marché avec M. son frère pour attaquer le prince Eugène en cas qu'il fût dans un lien attaquable, mais qu'après avoir reconnu leur camp il avoit jugé qu'il ne pouvoit rien

(I) Ije Mercure dit k madame d'Aligrf .

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entrepreodre. Le camp des ennemis s'étend depuis OftvardO) où. est leur droite> jusqu'à Scdosur le lacdeCaide; ils sont retranchés comme gens tjui se senteet trop foibles pour en vouloir venir à une action avec nous. Lear cavalerie ne les a pas encore joints^ et quand elle sers jointe ils n'auroot que vingt-deux mille hommes^ pirce que les troupes palatines et danoises ne sont pas encore arrivées; on croit même qu'ils ont reçu des oontre-ordra en chemin. M. de Vendôme s'estcampéfoi*t proche d'euit et se retranche de son Côté ; il espère leur ôter toute h communication avec le Bressan et qu'ils ne tireront kw subsistance que par le lac. H. de Vendôme laisse M. soi frère commander les troupes de ce côté-là et retourbe à l'armée de Piémont pour commencer la campagne ooDtre li« de Savoie.

Lundi V* juin, à Versaillei. — Le roi ne sortit poiat Taprès-dlnée ; il travailla d'abord avec M. Pelletier et le soir avec M. de Chamillart. Il Se coucha à neuf heures et demie et soupa dans son lit ; il a un peu de douleur au genou et à Tépaule. Monseigneur le duc de Bourgogne partit d'ici après le conseil pour aller coucher à Liancourt; monseigneur le duc de Berry y va avec Im. Ils f demeureront tout le mardi ; le mercredi ils iront à Chantilly. M. le Prince et M. le Doc y sont allés pour les y recevoir; ils y séjourneront jeudi et vendredi etretieDdront ici samedi. — Il arriva un courrier de M^ de ViUan, qui mande que H. de Marlborough étoit revenu à Trêves le 28) après avoir fait un petit voyage sûr le Rhin, où il a vu M. l'électeur de Mayence et M. le prince Louis de Bade ; quelques troupes du prince de Bade marchent m la Sarre^ et il y a plus d'apparence que jamais qa'il f aura une grande action en ce pays-là* — Les lettres dt l'armée de Flandre portent que nous avons investi Hsf le 28; c'est M. de Gacé qui fera ce siège. Le maréchal de Villeroy est à Vignamont, qui en est fort proche, d'où il doit avoir été joint d'hier par Télecteur de Bavière. Oo

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ne doute pos qae ilous ne fassîoDs auéfti te niégè de Llégé;

Mardi % à VerÈailUê. — Le roi pAssa fort bien la nuit; il entendit la messe dans la chapelle. Il vonloit Taprè»dlnée^ aller se promener dans les jardins oâ il aime h être senl pour donner ses ordres Aux embellissements quHl y fait fiiire ; mais il y avoit tant de peuple de Paris qui s'y promenoit^ qu'il aima mieux se contraindre et ùe point se promener que de faire sortir tout le peuple de ses jar*dins* Monseigneur alla diner à Meudon avec madame la Dachesse et beaucoup de dames ; il y eut grand jeu l'a-* près<-dinée. Madame la duchesse de Bourgogne y alla sur les trois heures et en revint à neuf avec Monseigneur» Ije roi se coucha à neuf heures et demie y et soupa dans son lit; son genou est un peu enflé^ mais il n^y a plus de dou^ leurs ni à l'épaule ni au genou. — Le nouvel empereur a fait entrer six mille hommes dfins Munich, contre la foi du traité qu'il avoit signé lui-même avec madame Télectrice; il ne veut pas accorder des passeports à cette prin^ cesse pour revenir en BAvière* Ija reine de Pologne^ sa mère^ et elle ont été quelques jours ensemble à Venise ; cette reine> de son eôté^ est fort mécontente de la cour de Vienne^ parce qu'elle n'obtient pas du roi Auguste la liberté des princes ses enfants*

Mêrendi 9, à Versailléik — Le roi entendit encore la messe dans son lit. L'après-dLnée il donna audience au clergé^ qui est assemblé à Paris depuis dix jours ; tous les députés du premier et du second ordre vinrent. M. le cardinal deNoaiUes^ qui est seul président^ fit une fort belle harangue ; il Vavoit déjà montrée au roi eu particulier, 6t le roi en avoit été trê&-content. Ils descendirent ensuite tous chea Monseigneur, A qui le cardinal fit encore un beau et bon discours. Us avoient tous entefldu mardi à Paris la messe du Saint-Esprit, A la fin de laquelle ils communièrent tous de la main du cardinal^ qui la céléhroit. -i- La ville de Huy s'est rendue sans se défendre; la garnison est toute montée au cliAteau ; elle est composa.

34a JOURNAL DE DANGEAU.

sée de quatre bataillons, que nou» espérons prendre prisonniers de guerre ; le gouverneur est le frère de Cronstroni) qui est envoyé du roi de Suède ici. — - Il arriva un courrier du duc de Gramont, parti du ââ de «Madrid; M. Amelot y arriva le 19 et a déjà entré dans la junte. Le duc de Gramont devoit partir le 23. Les Portugais assiègent Albuquerque, qui est entre Valentia, qu'ils viennent de prendre, et Badajoz.

Jeudik, à Trianon, — Le roi aUal'après-dlnée à Trianoa, où il demeurera quelques jours. Monseigneur y arriva mi peu après le roi ; il n^y aura qu'une table ce voyage-d. Les dames viendront à trois heures faire leur cour et en reviendront à neuf, et n'y souperont point; madame la Duchesse y a pourtant retenu les dames du palais. On y a bit fiiire, à Tappartement de madame de Haintenon, une petite chambre en haut, où elle couche, et madame laduchesse de Bourgogne se baignera dans la chambre où madame de Haintenon avoit accoutumé de coucher . Madame n'est point du voyage ; elle est demeurée à Versailles très-enrhumée. Le roi marche un peu et commence à avoir les jambes moins foibles. — On a des lettres de M. de Yillars du 31. M. de Marlborough est campé autour de Trêves avec tontes ses troupes; il a fait accommoder les chemins qui vont à Luxembourg et ceux qui vont à Sarrelouis; le 30 il passa la Sarre avec un corps de cavalerie , apparemment pour visiter le pays , et le soir même il retourna à Trêves. M. de Yillars est si bien posté que M. de Marlborough ne sauroit marcher à lui sans un trè&-grand désavantage. Vendredi 5, à Trianon. — Le roi se porte de mienx eo mieux et se promène souvent dans ses jardins quoiqu'il fasse un fort grand froid. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne jouent au lansquenet avec les dames qui viennent Taprèsnâinée, et on en retient deux on trois à souper; tous les courtisans ont permission de suivre le roi à la promenade , et il parolt fort gai. — Le ma^ quis de Bonnelles, fils aîné de M. de Bullîon, rPcnturif

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assez grande blessure, mais qui n'el^t pas mortelle', à l'affaire où fut tué M. de Vaubeoourt; il s'y distingua fort y et le roi j fort content de lui , Fa fait brigadier. U est mestre de camp du régiment royal de Roussillon depuis quelques années. — La tranchée fut ouverte devant les forts et le château de Huy le dernier du mois passé, et le canon devoit être en batterie le lendemain, — M. de Nointel, qui étoit intendant en Bretagne, pressoit depuis quelque temps pour être rappelé de cet emploi. Le premier président de cette province etluiétoient fort mal ensemble, et cela faisoit des divisions dans les États ; on lui a accordé sa demande; il jouira ici de sa place de conseiller d'État et sera en repos ; on envoie en sa place M. Ferrand, qui étoit intendant en Bourgogne, et je ne sais point encore qui on envoie en la place de M. Ferrand. Samedi 6, à Trianon. — Le roi tint le matin conseil de finances, comme il fait tous les mardis et les samedis. Au commencement de ce conseil on y jugea une affaire de la marine où étoient M. le comte de Toulouse et M. de Pontchartrain. — Le roi alla l'après-dlnée se promener à Marly, et en partant il pria Monseigneur d'avoir bien soin de divertir les princesses et les dames ; il y eut grand jeu. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry revinrent de Chantilly et sont fort contents de leur petit voyage. — On eut des lettres de devant Huy du 4; on a fait attaquer le fort Picard et le fort Rouge, ' qu'on emporta l'épée à la main le jour de devant. Nous y avons perdu quinze ou vingt soldats , et le fils- aine de M. d'Avéjan, à qui le roi venoit de donner une compagnie aux gardes, y a été blessé très-dangereusement; il étoit allé volontaire à cette action-là , où il n'y avoit qmi des grenadiers; les assiégés se sont mal défendus. Vit de nos partis de cinq cents chevaux, commandés pai* Mortanis, brigadier, a trouvé auprès de Liège un parti plus fort que le sien ; il a été battu, et se plaint fort des cavaliers et même des officiers de ce détachemeni-Ià.

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Bi$Êamke 1, à Jrtaiiof^, <-^ Le fou tînt eonuil le mtlin tmjpçim^ & son ordînam , et travailla raprës^lnée avec M. é^ Cbamillart jusqu'à cinq heurea. IfoBseigneiir et nionam^aur la due dei Berry partirent à cinq heorcs peur Livry, at mom eignaur le due de Bourgo^e, qai étoit da m petit voyage , alla entendre le salut à Versailles et n'eu partit qu'à sept beur^. Us demeureront à Livry jusqu'à oiaroredi. La roi se promena depuis cinq heures jusqu'à neuf; il se plaît fort icij, at se porte loajpups de mieu)^ en mieu^. -- Il ai?iva un courrier de M, le niar^cbal de ViUar^i ses lettrés sont du &. Il mande que milord Marlborougb pafisa la Sarre le S auprès de (k>nsarbrupl( , qu'il s'approcbe d^ lui , qu'il a une trè»grosse armée , mm qu'il ne crçÂt pouiiant pas qu'il ose Tattaquer dans 1^ poste où il est, qui e^t très^bon. lU ^Mi gaucbe wv la bauteur de Sterk ; il est oanapé en croissant j et sa droite rf^vient presque sur la Moselle auprès de Konigsuiakerfin. M. de Quras et le fila aîné de Livry, leus deux brigadiers de eavalerie y sont assex oonsidérsblemant malades, et on les a apportés à Tbion ville; Iss enneiuis ont laissé tous )?s gros bagagai à Trêves.

LMné(i 8, à T^iançn. — Le roi tint le matin conseil et travailla avef) M- PeUe^^r l'aprè^-dlnée, comme à r<wdinaire. La roi ^ la reine et la princesi^e d'Angleterre vinrent à cinq beuresi; le rpi les alla recevoir au bout da iialon §t traversa tout l'i^ppartemeut à pied, et les reoie&a d§ fnème jusqu'il Tappartemei^t de madame de Haintenon; ensuite ils ^ proinepèrent d^uas lea jardins, m^ Iç roi étoit d^s^n^ son petit cbariot. Monseigneur et messeigneurs s^ enfants coururent le Ipup dans la forât de Uvry. — On eut hier ^M ^ii* de^ lettre de )f . la graad .prieur, qui mande qu'il ayoît i^iX attaq\iw un^ cassiae •au delà de la Chiese^ où les epne^^ aviûent laissé quelque in|anteiri9 ; que nqs grenadiers Tavoiant emportée l'épéa à la main; que le pvinoe Eugène l'avait fait ealtiqvw^ ftvaç teoÂs ou quatre mille bommas ; que quatre

compagnie» de grenadiem que nous avions laisBè» dedans s'y dtoient défendos si longtemps qu'ils ont donné le loisir à queIquee*-UBee de nos troupes d'y arriver; que M. de Mupçay y étoit arrivé le premier des offiaiers généraux avec le régiment de' la Marine ; qu^on en avoit chassé les ennemis^ qu'en les avoit rpème poursuivis assez loin et qu'ils avoient eu sept ou huit cents hommes tués ou )]lessés à eette affaire. Nous y avons perdu environ cent hommes , et nous gardons la oassine , ee qui resserre fort les ennemis du c6té de Brescia.

Mardi 9, à Trianon, — Le roi tint conseil de finances et il jugea une aiSaire dont il s^étoit réservé la connoisr nnce sur un jugement rendu au grand conseil. M. le cardinal de Bouillon et If. l'abbé d'Auvergne y son ooaépiteur A Gluny, prétendent que M. de Verthamon , le premier président du grand conseil, a fait expédier Tarrèt Isrt différemment de ee que lea juges avoient jugé^ et eette affaire faisoit beaucoup de bruit ^ et il y avoit beavh coup de division dans le grand conseil sur eela. Le roi a réglé que l'arrêt demeureroit tel qu'il avoit été expédia ; mitis il y a des voies ouvertes au cardinal de BouiN IcH) et à Tabbé d'Auvergne pour revenir contre y si bien que les parties pargissent contentes. — Monseigneur et niesseigneurs ses enfants coururent le cerf à Livry avec les ohiens de M. )e comte de Toulouse. — On envoie pour * intendant en Bourgogne M. de Trudanie, qui étoit intendant en Poitou , et Tintendance de Poitou est donnée à M. Doujat y maltm des requêtes. -« Quatre vaisseau» mar kmins ont ramené depuis quelque temps quatre ou cinq millions en espôcos de la mer du Siid^ où ils avoient porté 4es marehandises pour le Mexique et le Pérou. Les Espagnols prétendent que cela n'est pas permis, et le duc d'Albe en parla au roi il y a quelques jours. Il y a en* eofe quelques vaiseeaux fraaçoîs dans œtte nier> qui eapëvBiit en rapporter une riche charge.

MùTcrtâi i^y à Feriatllas. -«- Le roi tînt le matin oen-

'M4 JOURNAL UE DAflGEAU.

seil à Trianoa; monseigneur le duc de Bourgogne ^ qui étoit à Hvrjj en revint d^assez bon matin pour être à ce conseil. Le roi ensuite travailla avec M. de Chunillart et y travailla encore l'après-dlnée chez madame de Maintenon jusqu'à cinq heures. Il se promena ensuite dans les jardins jusqu^à huit heures et puis revint ici. U retournera à Trianon le soir de la petite fête de Dieu. Moùseigneur courut le loup de grand matin à livry , se vint déshabiller au chftteau après la chasse et puis alla dîner à Meudon ; il revint ici le soir au souper du roi. Monseigneur le duc de Berry courut le loup avec Monseigneur, revint diner au chftteau de Livry et retourna en* auite tout droit à Trianon^ d'où il revint ici le soir avec madame la duchesse de Bourgogne. — On a des lettres de M. de Villars du 7 par l'ordinaire ; il continue à se retrancher dans son camp^ où il ne croit pas que les ennemis osent venir Tattaquer^ quoiqu'ils soient beaucoup plus forts que lui. On compte que leur armée est de quatre-vingt-cinq mUle hommes. Leurs déserteurs, qoi viennent en assez grand nombre, disent que M. de Marlborough nous doit attaquer le 10 ou le 11 ; qu'il ne peut pas demeurer longtemps dans ce camp, où il manque de foiuv rages et de vivres; ils disent même que le pain y est d'un prix excessif.

Jeudi H, jour de la fête de Dieu, à VetrMlleê. — Le roi alla avant onze heures dans la chapelle attendre le saintsacrement; Monseigneur et messeigneurs ses enfuies partirent pour aller à la paroisse et suivirent le saintsacrement à pied jusqu'au château, et le reconduisirent de même jusqu'à la paroisse et y entendirent la grande messe. Madame la duchesse de Bourgogne vit , du ear binet des médailles , passer le saint-sacrement dans la cour, rentra ensuite dans la chapelle, où elle entendit h uiesse du roi , et puis monta en carrosse pour aUer à h paroisse, où elle arriva encore plus tôtque la procession, et y entendit la grande messe ; elle en revint avec Monsei-

^06ur. L'après^dlnée le rot entendit vêpres et le 8«lut avec toute la famille royale. — 11 arriva un courrier de M. Amelot, notre ambassadeur à Madrid; il mande que le gouverneur d^Albuquerque avoit été obligé de capituler après une assez vigoureuse résistance. H. de Tessé n a point été en état d'en tenter le secours» n'ayant quasi point d'in&nteriey mais qu'heureusement les PortùgMs songeoient à mettre leurs troupes en quartiers d'été ^ les chaleurs devenant excessives. Le courrier a trouvé le duc de Gramont en chemin, qui doit arriver aujourd'hui à Bayonne et qui compte d'être ici à la fin du mois.

Vendrtdtii, à VersailUê. — Le roi dîna de fort bonne heure et alla se promener à Ifarly^ d'où il revint à sept heures. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry et madame la duchesse de Bourgogne allèrent au salut. ^On eut par l'ordinaire des lettres de M. de Villars du 9; les armées sont toujours en la même situation; celle des ennemis souffre beaucoup pour les fourrages et pour les vivres ; il leur déserte beaucoup de soldats et des hu&h sards. On envoie les hussards à M. de Bavière, qui en fait un régiment. M. de Villars mande c|u'il arrive tous les jours des troupes nouvelles à M. de Marlborough et continue À croire qu'il ne peut pas l'attaquer dans le camp où il est. M. le prince de Bade est en marche pour s'approcher de la Sarre, et leur dessein apparemment est d'assiéger Sarrelouis. M.deChoisy, qui en est gouverneur, mande qu'il ne manque de rien au monde dans sa place; il y a douae bataillons , quelques compagnies franches et un régiment de dragons, et le roi lui a envoyé près de 100,000 écus , dont il lui laisse la disposition en cas de siège. — On a, par l'ordinaire, des lettres du maréchal de Villeroy, qui assure le roi qu'on sera maître de Huy incessamment; le roi a donné ordre qu'on ne les reçût que prisonniers de guerre ; il y a près de quinze cents hom^ mes dans le château ou dans les forts. - Samedi 13, à Ver$ailUê. — Le roi, qui se porte tou-

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Jours de mieux en mieux, alla tirer l'aprte-dinée; il levint au salut , et a{^ès le salut il alla se pnnneDer daas les jardins. Monseigneur aUa âln«p à Meudon^ où il demeurera jusqu^à mardi ; il ira oe jouMà coueher i Villeneuve -Saint -Georges et reviendra mercredi après avoir couru le loup dans la forât de Sénart. — Le roi fit hier demander à-Fassemblée du clergé six millions pow le don gratuit, et dès raprès^inée ils envoyèrent l'abbé de Maulevrier^ un des deux agents, qui vint trouver le roi à la promenade à Marly, pour lui dire que Tasseml)lée y d'un consentement unanime , lui avoit accordé les six millions qu'il leur avoit demandés. S. M. leur permet de vendre quelques charges, qui leur aideront à payer cette somme. — M. le Prince auroit fort souhaité que M. Ferrand, dont il est très-content ^ n'eût pas quitté IMntendance de Bourgogne, et avoit prié le roi d'en faire écrire a M. Ferrand, pour lui en laisser Toption. Le roi a bien voulu avoir cette complaisance pour M. le Priaee. M. de Chamillart a écrit à M. Ferrand qui a pris le parti de suivre la dernière destination du roi ; ainsi il s'eo va à l'intendance de Bretagne. — Il y a des lettres du 10 qui l^ortent que Huy capituloit à l'entrée de la nuit.

Dimûnck» li, à Venailles. — Le roi travailla l'aprèsdinée avec M. de Chamillart jusqu'au salut, et après l'avoir entendu il alla se promener à Trianon. Madarn la duchesse de Bourgogne et monseigneur le due de Berry allèrent après diner voir Monseigneur à Meivk», et revinrent ici pour le souper du rdi« — il arriva ua courrier de M. de Vendôme , les lettres sont du 10; mais le courrier marcha avec H. de Vendôme jusqu'auprès d'Ivréeet le ne quitta que le 11 au matin ; il devoit pasnr la Doria^Baltéa auprès de Crescentin le 8 ; uiaîs la e me de la rivière, parla fonte des neiges, rendoit ce pasMfS trop difficile, outre que les ennemis étoient sur une hauteur de Tautre côté de la rivière, qui l'auroîent fort in* commode; c'est ce qui lui a fait prendre le psirti de tùar-

ebav à Ivrée, où il y a un pont 46 pierre^ et i) y bit faire •noore quelques ponts de bateaux pour passer phis premptement. H. de Savoie a composé un corps d'infanterie de douze ou quatorse mille hommes de milices y et a fait fui» quelques ouvrages à Ghivas qui noiis obligeront à faire un ^ége de quelques jours. On a évaoué Vereeil , qu'on a rasé entièrement ; on a fait raser aussi les trois pnemières enceintes de Verne ^ et on n'a conservé la quatrième^ qui n'est quasi qu^une simple muraille^ que pour y pouvoir laisser une légère garnisoq .

lundi, ib, à YermiUeà. —r Le roi prit médecine et travailla avec M« Pelletier TaprèsHllnée; il n'y eut point ds conseil. Le soir» ^bea madame de Maintënon , le roî lut enfermé longtemps avec madame des Ursins^ qui prift oangé de lui pour retourner en Espagne ; le roi lui tsÀi plusieurs grâces considérables^ dont nous, ne savons pas auûorie le détail. — On eut hier au soir la nouvelle que le ohèteau de Huy et les deux forts qui restoient s^étoient rendus le il au matin; la nouvelle n'en est venue que par l'ordinaire; il y avoit dedans treiae cent sept soldats et quatre-vingt-seiae officiers, qui sont prisonniers de guerre. — Il arriva un courrier raprès*dinée de M. de YiUars^ qui mande que les armées sont toujours dans le même état. Le prince de Bade a quitté ses troupes^ qui sont en marche pour s'approcher de la Sarre, et est venu conférer avec H. de Harlborough. U arriva. le il à Trêves et le fat & son camp. L'armée de M. de Villars va être coDsidérablement augmentée; il lui vient un gros détachement de Tarmée de Flandre; il aura en ligne quîitrç-vingt-dix bataîllons et plu^ de ccBit soixaut^ esr cadrons* On ne sait point eucore quelles tr<^upes com*poseront le détachement de Flandre ni qui sont les ol^ fieiers généraux qui le commanderont. — Madame la princesse de Conty mena d'ici beaucoup de dames dîner fivec Monseig^ie^r à Meudon.

Jfqrdi X6, à Y^miUs. — L^ fo doAua le matî» au-

dience & plusieurs envoyés ; il tint conseil à son ordinaire y et Taprès-dinée il alla se promener à Marly. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent au salut^ et n^ont point manqué d'y aUer depuis jeudi. Monseigneur le duc de Berry alk joindre Monseigneur, qui couche aujourd'hui à Villeneuve^Saint-Georges. — Le roi donne à madame la princesse des Ursins* une augmentation de pension de 1 0,000 francs, elle en avoit déjà 1 0,000 autres ; illui donne 12,000 écus pour son voyage. Il fait M. de Noirmoustier^ son frère, duc, qui sera^passé au parlement'; il n'a point d'enfants. — La flotte angloise et hoUandoisepartitde Tlle de Wight le i; on a eu nouvelle qu'elle étoit devant Brest, forte de quarante vaisseaux de guerre et de cent petits b&timents. On dit qu'ils ont douse mille soldats sur cette flotte ; on ne croit pas qu'ils demeurent l(mgftemps devant Brest, où M. de Goétlogon est rentré avec son escadre. Leur dessein apparemment est d'aller en Po^ tugal et d'inquiéter toutes les c6tes d'Espagne , surtout celles de Catalogne , les esprits des peuples de ce payslà n'étant pas bien disposés pour le roi d'Espagne'. On ne craint pas tant pour Cadix ; la place est en bon état; on y a mis une grosse garnison et beaucoup de manitions.

* Non-seulement madame des Ursins se justilia, retourna, se flt prier et presser, fit ses cooditioDs et imposa toutes les lois qu'elle Tonlutpour régner désonnais, absolument etsans contrainte, en EspagPi^i mais elle voulut triompher ici, où rien ne lui fut refusé. On I*a vue mai avec M. de Noirmou8tier,son frère, pour ses deux mésalliances, qu'dle ne pouvoît pardonner à un aveugle peu riche, parce qu'il étoit soo frère ; ses conseils, ses amis , son esprit et, tout aveugle qu'A âoît, ses cidiales la servirent en plusieurs choses, mais qui ne l'eussent mmff à rien sans l'opinion où elle avoit su mettre madame de Maintenon ^ son règne étoit le sien et son triomphe sa gloire ; elle se seroit pcn souciée de son frère aveugle et sans enfants sans cet orgueil de triompha) et elle ne voulut point partir qu'il ne fût duc. Elle fit plus : elle étoit brouillée à mort avee son fMre l'abbé de la Trémoille, auditeur de Rstr^

JUIN ITOU. - S4ft

au pointée Tavoûr voulu faire mettre à TinquiiitioD pour ses mœurs^ et réduit à s^absentar longuement à Naples. Le pourquoi seroit \m trop long épisode. lis n'étoient que replâtrés en se séparant, et toutefois elle Toulut le Taire cardinal après avoir porté un si rude coup à sa réputation et à sa fortune ; aussi y trouva-t-elle à Rome les plus violents obstacles f qui eurent besoin de toute la forée et de toute la persévérance des deux couronnes pour être forcées, et dont elle emporta d*iel les paroles les plus positives.

Mercredi il, à Versailles. — Le roi travailla l'après* dinée avec M. de Chamillart Jusqu'à l'heure du salut ; il rentendit avec toute la maison royale^ et ensuite s'alla promener dans les jardins. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry revinrent l'après-dlnée de Villeneuve- Saint-Georges après avoir fait une fort belle chasse le matin dans la forêt de Sénart. — On a eu des lettres d'Espagne par lesquelles on apprend qu'il y avoit une conspiration à Grenade^ dont les principaux auteurs étoient un Minime et ^n médeciu^ qui ont été arrêtés ; cela de- Toit éclater le jour de la fête de Dieu. Par les lettres de la reine d'Espagne il paroit que LL. MM. CC. sont fort contentes de notre nouvel ambassadeur^ et que le duc de Gramont étoit assez maUieureux pour leur avoir déplu. — Le détachement qui va de l'armée de Flandre à ceUe de la Moselle est de vingt escadrons et quinze bataillons^ qui seront commandés par le marquis d'Alègre; la cavalerie est composée des régiments des Cravates ^ de Bellefonds, de Glimes et de Fraula , du mestre de camp général des dragons et du régiment de Ferrare. Je ne sais point les r^ments d'infanterie. Ce détachement a commencé à marcher le 15^ et le maréchal de Villeroy marchoit ce jourlà du c6té de Liège.

Jeudi 18; à Trianon. — Le roi entendit la messe à la chapelle à son ordinaire. Monseigneur, messeigneurs ses enfants et madame la duchesse de Bourgogne y M. le duc d'Orléans et madame la duchesse d'Orléans allèrent à la paroisse ; le vilain temps empêcha la procession qui a accoutumé de venir ce jour ici jusqu'à la maison de M. le

priooe de Gonty ; on la flt autoor de l'Oise en d^aos^ apbès quoi ih etitehdirent la grande tness^ë et revinn^nt tous ensemble au ch&teau. Le roi, après avoir entendu le salut à VersailleSi vint ici^ où il demeurera jusqu^à mercredi. — Il arriva un courrier de M. de YiUars, ses le(> très sont du 16. Il attend sans impatieqce le détachement qui lui vient de Flandre et leis trodpes d'Alsace que M. de Marain y amène lui-mènle. Ck>mme le prince de Bade a laissé peu de troupes en ce pays-là, M. de Harsin y en laisse fort peu aussi, et vient avec le reste joindre M. le maréchal de ViUars. Le roi est bien aise quHl y soit en personne ^ et ces deux généraux s^accooimodent fort bien ensemble. Les troupes du prince de Bade sont ar^ rivées à Trêves; les déserteurs, qui arrivent toijgoursen grand ncmibre, assurent que les ennemis doivent marcher le lendemain , et que la disette est grande dans leur camp. *^ Mademoiselle de Groissy, sœur de M. de Torcy, secrétaire d'État ^ mourut à Paris.

Vendredi 19, d Trianon. — Le roi se promena long* temps le matin et marcha plus de trois quarts d'heure à pied. Monseigneur étoit à la promenade et s'y trouva mal ; la fièvre le prit, le frisson commença à onze heures et dura jusqu'à deux ; on lui donna d'abord du rpiiuquina brouillé, il on avoit pris trois fois avant neuf heures du soir et il n'avoit quasi plus de fièvre. Le roi , en sortant de son dlneri passa chez Monseigneur, ensuite il alla tirer et puis revint ohes Monseigneur. — M. de ChamiUart vint le matin de l'Étang porter au roi la nouvelle que, la nuit du 16 au i7| milord Marlborough s'étoit retiré et marchoit vers Trêves ; les troupes du prince de Bade y étoieùt arrivées le 15, mais ce prince n'y étoit point, il est allé aux eaux; voilà les grands prqjets des ennemis sur la Sarre échoués. M. de YiUars a envoyé une grosse garnison dans Luxemlxiurg pour plus grande précaution , mais il n'y a nulle apparence que les ennemis songent à ce diége. M . de Y illars a envoyé des cour-

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riersauxdétacberaentsqui venoient de Flandre et d'Al*' saoe, pour les faire demeurer dans Tendroit où on leg trouvera y jusqu'à ce qu'on voie plus clairement quel parti les ennemis prendront. M. de Marlborough ne s'at* tondoit pas de trouver les armées de France comme elles le sont.

Samedi 20^ à Trianon. — Le roi alla Taprès-dlnée se promena à Marly . Monseigneur passa fort bien la nuit , dina chez lui avec madame la duchesse de Bourgogne et raadanae la princesse de Conty; il a pris huit fois du quinquina depuis son accès^ et on croit qu'il n'en aura point demain. — Il arriva le matin un courrier de M. de Yillars^ qui mande que milord Marlborough lui avoit fait dire par un trompette qu'il l'auroit attaqué sûrement le 10 comme il se l'étoit proposé; que ce qui l'en avoit empêché est que le prince de Bade avoit manqué à tout ce qu'il lui avoit promis ; que ses troupes avoient dû. ar*» river le 9 à Trêves et qu'elles n'y étoient arrivées que le 15, et qu'elles étoient venues avec ordre de ne point combattre; que M. de Bade n'étoit point venu lui-même et étoit allé aux eaux, et qu'ainsi^ ce secours lui ayant manqué^ il étoit obligé de décamper et de se retirer sous Trêves^ dont il enrageoit. 11 parle du prince de Bade en termes fort injurieux, et il ne faut pas douter, quand ce prince le saura^ qu'il ne s'emporte contre M. de Marlborough comme il le doit. Voilà une beUe semence de division entre les Anglois et les Allemands. — Il arriva un ofiScier wallon qui vient de Madrid en poste; on y avoit découvert une grande conspiration qui devoit éclater en même temps que celle de Grenade; elle devoit s'exécuter le jour de la fête de Dieu , assassiner tous les François et se saisir du roi et de la reine d'Espagne. On ajoute foî à cette npuvelle, parce qu'on avoit reçu des lettres de notre ambassadeur du 8 dans lesquelles il marquoit qu'il y avoit des gens soupçonnés.

Difnanche 21, à Trianon. — Le roi se porte toujours

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de mieux en mieux; il se plaît fort ici et il reviendra y passer dix jours an retour de Mendon. Il travailla après dîner avec H. de Chamillart jusqu'à six heures ^ et se promena ensuite dans les jardins. Monseigneur n^a eu nul ressentiment de sa fièvre, et diua avec le roi à Tor^ dinaire. La fièvre de la reine d'Angleterre n'a point en de suite. Madame, quoiqu'enrhumée , est de ce voyage ici. — Nos troupes sont entrées dans la ville de Liège, et le maréchal de Villeroy compte d'ouvrir la tranchée à. la citadelle la nuit du 20 au 21 ; mais il y a apparence que milord Mariborough, ne pouvant plus rien &ire sur la Moselle, marchera en Flandre , et qu'ainsi il ne seroit pas à propos de s'embarquer au siège de la citadelle de Liège. — M. de Coétlogon a ordre de sortir de Brest avec ses dixHsept vaisseaux; on croit qu'il croisera sur lesc^yies d'Angleterre et d'Irlande pour empêcher les convois qu'il faudroit qu'ils envoient en Portugal . — Coulombe , qui commandoit les gardes de la marine à Brest, est mort; sa charge est donnée à Ghavaillac.

Lundi 22, à Trianon. — Le roi se promena le matin dans ses jardins avec madame la duchesse de Bourgogne et madame de Maintenon ; il n'y eut point de conseil. Le roi travailla Faprès-dlnée avec M. Pelletier, et il y ent un si grand orage qu'il ne put se promener le soir. Madame la duchesse de Bourgogne joua toute l'après-dlnfe dans la galerie, et le jeu a été assez gros depuis qu'on esf ici. — Il arriva un courrier du duc de Gramont, qui est à Bayonne ; il mande que la conspiration de Madrid étoit découverte , et que le 10 on y a voit arrêté M. de Lèganès, qui en étoit le chef. 11 y a longtemps qu'il étoit soupçonné , et il n'avoit jamais voulu prêter serment au roi d'Espagne, quoiqu'il fût général de l'artillerie et capitaine gouverneur du Buen-Retiro, disant toujours quec'étoit lui faire tort que de lui demander un nouveau sèment; on ne sait point encore tous les détails de cetle affaire. — Le maréchal de Villeroy n'attaquera point la

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citadelle de Liège ; il est averti de la marche de Marllx)roug, qui mène en Flandre les troupes d'Angleterre, de Hollande et les Hessiens. r

Mardi 23, à Trianon. — Le roi tint le matin conseil de finances à son ordinaire et travailla Taprès-dinée avec M. de Pontchartrain. Monseigneur alla coucher à Heudon pour y recevoir le roi demain. — Il arriva un second courrier de M. le duc de Gramonrtpar lequel on apprit la manière dont M. de Léganès a été arrêté ; ce fut le prince de Tzerclaes qui fut chargé de cette commission-là. Il l'arrêta dans les jardins du Buen-Retiro avec vingt gardes à pied ; il le mena à la porte du jardin qui donne dans la campagne, où Ton trouva un carrosse à dix mulets et trente gardes à cheval; il y avoit dans le carrosse trois officiers de confiance entre les mains desquels on le livra ; ils dévoient trouver un autre carrosse à cinq ou six lieues de là, afin de s'éloigner plus promptement de Madrid. On le mène à la citadelle de Pampelune. Ona de grands indices de sa conspiration ; tous ses domestiques ont été arrêtés et tous ses papiers saisis^ par où on en apprendra encore davantage. — Le roi a eu des lettres de Brest par lesquelles on apprend que la flotte ennemie avoit été battue de la tempête, qu'elle étoit revenue à la hauteur d'Ouessant; comme il n'y a point de rade à cette lie, elle sera obligée de rentrer dans la Manche.

Mercredi 2ky à Meudan. — Le roi tint le conseil le matin, à Trianon, à son ordinaire, et Taprès-dlnée travailla jusqu'à cinq heures avec H. de Chamillart ; il passa ensuite à Versailles , se promena longtemps dans les jardins, donna des ordres pour des embellissements qu'il y fait faire et arriva ici à huit heures par les jardins hauts. Monseigneur le reçut au petit pont. Monseigneur le duc de Bourgogne passa à Versailles, où il entendit vêpres, et trouva Monseigneur sous les marronniers. Madame la du^ chesse de Bourgogne passa aussi à Versailles, mais elle n'y demeura qu'un moment, et se mit au] jeu avec Mon-

seigneur, en arrivant ici. — Il arriva le matin àTrianoD un courrier de M. de Marsin, qui est sort i de ses lignes et fait subsister son armée entre les lignes des ennemis et les siennes; ce courrier ne vient que pour recevoir des ordres. — H. de Marlborough marche en diligence à Maestricht, et on travaille jour et nuit à évacuer toutes les munitions de guerre et de bouche qu'ils avoient entassées à Trêves.

Jeudi 25; àMtudon. -—Le roi se promena à onae heures malgré la grande chaleur; il retourna encore à cinq heures du soir à la promenade. Madame la princesse de Conty a un rhumatisme assez violent qui Tempèche de sortir. — Il arriva un courrier de M. de VaudemonI, et M. de Chamillart , qui étoit à TÉtang^ vint en apporter les lettres; mais on ne nous a point dit ce que ces lettres p'ortoient; on n'a nulles lettres de M. de Vendôme depuis le 10, et il n'est pas même arrivé d'ordinaire de sou armée. — On a Qu la confirmation de la tempête qui a obligé la flotte ennemie de relâcher. La plus grande partie de leurs vaisseaux est rentrée dans la Manche , et ils ont été obligés de mettre à terre leurs malades^ qui sont en grand nombre, et de débarquer leurs chevaux, dont il en est mort beaucoup. — , commandant les gardesmarine qui sont k Rochefort , est mort ; je ne sais si son emploi est donné.

Vendredi 26, à Meudon. — Le roi , malgré la grande chaleur, se promena jusqu'à midi; l'après-dlnée iltrar vailla avec le P. de la Chaise jusqu'à cinq heures et puis alla voir jouer au mail. — Il arriva un courrier de M. de Tessé ; il mande que les Portugais ont passé la Guadiana, qu'on dit dans leur armée qu'ils veulent faire le siège de Badajoz, qu'il a fait de grandes pluies en ce pay s-là qui ont rafraîchi Tair, et qu'ainsi ils ne seront pas obligés par les chaleurs de se mettre sitôt ien quartiers d'été. - Le maréchal de Villars a marché vers Sarrelouis , et ce mouvement inquiète les ennemis, qui ne sont pas forts

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