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prisonniers de guerre ; toute la garnison étoit des troupes des Cercles. — M. le maréchal Rosen^ mestre de. camp général de la cavalerie , avoit vendu sa charge à M. de MoDtpeiroui 250^000 francs , & condition que ce maréchal obtiendroit du roi un brevet de retenue du tiers de la somme. Le roi a donné Tagrément à M. de Montpeiroux et il n'a pas voulu lui donner le brevet de retenue ; M. le maréchal de Rosen vouloit prendre sur lui toute la somme de ce brevet de retenue qu'on demandoit. Sa proposition a paru trop généreuse, et le chevalier de Bezons^ qui étoit Farbitre de cette affaire-là^ a réglé, du consentement des parties, que M. de Montpeiroux payeroit 60,000 écus comptant et s'engageroit pour 50 autres mille francs^ et qu'outre cela H. Rosen auroit le régiment de Montpeiroux à vendre, dont il aura 22,200 livres. — Le roi a donné le gouvernement du fort de Kehl à Baiavy, lieutenant-colonel d'Orléans, et l'a fait brigadier. Cest lui qui a défendu Traerbach et qui avoit repris la ville de Huy Tannée passée. Le roi lui donna commission de colonel pour cette action-là. Le roi remet dedans Tr&erbachdeBar, qui naturellement en étoit gouverneur et qui n'avoit pu rentrer dans la place quand les ennemis l'eurent investie. — Charpentier, premier commis de M. de Chamillart pour les routes et les départements des troupes, est mort; son bureau est donné à Jossigny, son neveu, qui trâvailloit depuis longtemps sous lui ; et la charge de trésorier de l'ordre de Saint-Louis , qui vaque par cette mort^ est donnée à M. de Tourment , autre premier commis qui a le bureau pour les reliefs et pour les pensions des officiers de guerre , moyennant quoi les 2,000 francs de pension qui avoient été donnés au fils de M. deTourmontsur la charge de trésorier, lorsqu'elle vaqua par la mort de M. Dufresnoy, retourneront à Gardien, neveu de M. Dufresnoy et qui eut son bureau à sa mort ; ce bureauest pour les lettres d'État, pour les passe-ports, etc.^ Vendredi 16, à Veriailles. — Le roi travailla le matin
deux heures avec M. de Chamillart et y travailla encore le soir chez madame de Maintenon longtemps. S. H. , dans le cours de la journée, avoit parlé à deux reprises à M. de Monasterol, envoyé de M. de Bavière. On a reçu des lettres de cet électeur du 3. Il mande que le comte Schlick, général de l'empereur, avoit commencé les hostilités en attaquant le château de Scharding, qui est à S. A. E. Ce château est sur la rive droite de Tlnn , deux lieues audessus de Passau. M. Télecteur faisoit assembler ses troupes pour marcher droit à lui. — Le roi, après avoir entendu le sermon, alla tirer dans son parc. Monseigneur alla diner à Meudon avec madame la Duchesse, et ils revinrent ici le soir. Madame de Maintenon, qui étoit allée à SainlrCyr ce matin, en revint avec la fièvre. — M. le grand prieur remercia le roi après son dîner de ce que S. M. lui a permis d'aller servir la campagne prochaine en Italie avec M. de Vendôme, son frère ; il sera le plus ancien lieutenant général de cette armée. On a apposé quelques conditions à cette permission-là, et avant que de la lui donner même le roi a voulu savoir si cela seroit agréable à M. de Vendôme, qui y a consenti. M. du Maine demandoit au roi depuis longtemps cette gràce-là pour M. le grand prieur. — M. de Montrevel a mandé au roi qu'ayant appris que les fanatiques, au nombre de quinze cents en deux corps, étoient assemblés à deux lieues de Sainte-Hippolyte, il les avoit fait attaquer par deux côtés, àTun desquels commandoit Parate, brigadier d'infanterie, et à l'autre Bombelles, à la tête des troupes de la marine. On en a tué six cents siu* la place, et parmi les morts on a trouvé le corps de Roland, qui les commandoit et à qui ils faisoient porter un grand ruban bleu. On poursuivoit le reste de ces misérables, et les paysans se joignoient à nos troupes poiœles assommer. La lettre de M. de Montrevel est du 6, et il espère pouvoir bientôt finir cette affaire-là. Nous n'avons perdu dans cette occasion-là que six ou sept hommes , et on se loue fort des miquelets qui
éloient avec les troupes de la marine ; on en a fait venir encore d'autres de Roussillon et de Catalogne.
Samedi 17, à Versailles. — Le roi alla à la volerie pour la première fois de l'année. Monseigneui* et messeigneurs ses enfants allèrent courre le loup. Madame la duchesse de Bourgogne alla à la volerie, mais fen carrosse ; le t*oi atoit monté à cheval au bout du canal. — On fit partir lantiitpassée un courrier qui porte à M. de Villars les ordres de ce qu'il a à faire présentement ; on ne dit point encore ôe que c'est. — M. de la Rochefoucauld a obtenu du roi une pension de 4,000 francs pour le chevalier dé Pods, colonel réformé et qui est si incommodé qu'il ne pent plus servir, et qui est obligé pat là dfe quitter absolument le service. — Le roi a rétabli M. de Saint-Sernin, colouel de dragons^ qui s'est pleinement justifié, et.rembouneia. le marquis de Rannes, à qui on avoit d<»nné son régiment, des dépenses qu'il peut y avoir faites. — M. Digny , colonel du régiment de Touraine , vend ce régiment 72)000 francs au fils de M. Desmarets, aub*efois intendant des finances , et il y a encore un pot de vin de 200 pistoles pour madame Digny. On avoit dit il y a quelque temps que M. Desmarets avoit acheté le régiment de M. de Gœsbriant, son beau frère, qui est à Naples; mais le marché lie s'étoit pas conclu. — Le soir il y eut comédie.
Dimanehe 18^ à Versailles. — Le roi et toute la maison royale entendirent le sermon, après quoi le roi alla tirer dans son parc. — Les officiers généraux qui doivent servir dans le détachement qu^on fait dan« Tarmée d'Allemagne sont nommés. Il y a quatre lieutenants généraux et huit maréchaux de camp. Les quatre lieutenants gé* néraux sont : MM. de Lannion, du Rosel, Magnac et de Druy. Je ne sais pas encore qui sont les maréchaux de camp. On dit toujours que ce détachement est pour joindre M. de Bavière, mais il n'y a rien de déclaré ni môme de certain làrdessus. — M. le maréchal de Tessé a
demandé au roi la permission de vendre sa charge de colonel général des dragons ; on croit que le duc de Guiche rachètera; il en est déjà mestre de camp général. — Les troupes hollandoises qui s^étoient avancées jusqu'à Coblentz pour aller joindre le prince de Bade sont retournées dans leurs quartiers autour de Bonn, et on croit toujours que les ennemis veulent attaquer cette place.
Lundi 19, à Versailles, — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly. — Le roi a reçu un bref du p^pe, qui lui écrit très-fortement sur la signature des quarante docteurS; priant S. M. de les punir. Voici à Tautre page le bref qu'on a traduit (1). — Monseigneur alla à Meudon
(1) Dangeau avait îéservë deux pages dans son journal pour la transcription de oe bref, mais elles n*ont pas été remplies. Le Toîci tel qu'il est rapporté dans le Mercure d'avril , pages 6 à 15.