‹ Journal du marquis de Dageneau (volume 2)Chapitre 4 sur 25 · BREF DU PAPE AU ROI · texte numérisé non relu

BREF DU PAPE AU ROI

Notre très-cher fils en Notre-Selgnetir, nous avons appris depuis peu que quelques gens qui semblent être nés pour tioubier le repos de l'Église «t celui de l'État avoîent été assez, hardis et artificieux pour mettre au jour un libelle qui a pour titre Cas de conscience proposé par un cof^esseur de province touchant un ecclésiastique qui est sous sa conduite et résolu par plusieurs docteurs de la faculté de tliéologie de Paris , par lequel on renouvelle plusieurs articles et erreurs condamnés d'une pernicieuse doctrine ; on soutient même sans obscurité les dogmes hérétiques de Jansénius, éludant par des subtilités captieuses les constitutions apostoliques qui avoient été faites il y a d^ longtemps pour les abolir. Votre M^té connottra assez par elle-même, éclairée comme elle l'est des lumières que Dieu lui a données pour le gouvernement des peuples , le scandale que cause aux fidèles un ouvrage de cette nature et le trouble qu'il apporte [dans la conduite du spirituel et du temporel; mais comme il parolt que contre ces sortes de gens animés d'une démangeaison continuelle de nouveauté il convient plutôt d'user de chAtiraent sévère que d'employer les lois et les sanctions qui ont été publiées jusqu'ici en assez grand nombre, qu'il faut empêcher qu'un mal tant de fois étouffé et qui se réveille chaque jour ne fasse de plus grands progrès , nous avons jugé à proix>s, après avoir auparavant condamné ce libelle suivant la coutume du Saint-Siège, d'exciter par nos lettres apostoliques le zèle et la piété de notre très-cher fils Louis-Antoine de Noailles , cardinal de la sainte Église romaine , archevêque de Paris, afin qu'il agisse plus sûrement contre les auteurs de ce libelle et contre ceux qiu* l'ont publié, lorsqu'il aura employé Texactitude nécessaire pour les

où il demeurera quelques jours. — Le roi, à la prière de M. ^3e la Rochefoucauld^ a donné à Bachelier *, premier val ^^tde garde-robe, la survivance de sa charge pour son gis . — M. le duc de Guiche a Tagrément du roi pour acbM^^ter la charge de colonel général des dragons. M. de Tesâ^é en veut avoh* plus de iOO,000 francs ; on croit qu'ils s^eK=iL rapporteront tous deux à M. de Chamillart^ qu'ils prieroc^ * d'en régler le prix. — M. le maréchal de Villeroy a obt^'^nu 2,000 francs de gratification du roi pour M. de Sai^i(3Lt-Geniez, qui étoit son aide de camp en Italie; il espèvr^ que cette gratification se tournera en pension. Le toiL a aussi donné 2,000 francs de gratification au marchais de Prie, aide de camp de monseigneur le duc de Boui^

découvrir, et qu'il impose des peines convenables à ce nombre de docteurs qui, au mépris des constitutions des pontifes romains nos prédécesseurs et des arrêts de Votre Majesté , ont osé signer ce libelle. Dans cette occasion, où il ne z$*agit pas seulement des intérêts de TÉglise, dont Votre Majesté est extrêmement touchée , maïs aussi des avantages de son royaume , il convient qu'elle appuie te sieur cardinal de toute sa puissance royale, et d'étouffer la témérité des méchants ; que tout le monde connoisse qu'il y a , par la grâce de Dieu , one telle union entre le sacerdoce et l'empire que les esprits séditieux, qui ne mettent point de tin k leurs subtilités trompeuses, ne peuvent pas impunément enfreîndi-e les lois ecclésiastiques et royales. Toute l'Église, notre très-cher fils, est informée, et elle vous félicite d'avoir avec autant de piété que de gloire pour votre dignité royale travaillé comme vous avez fait à extirper toutes les erreurs et toutes les nouveautés contraires à la foi catholique et à la discipline, et particulièrement à arracher jusqu'à la racine les dogmes de Jansénius, et il est présentement de votre religion et de votre piété de donner la dernière main à l'ouvrage que vous' avez comndencé et d'employer la puissance que ▼cas avez reçue de Dieu à son service et à celui de l'Église. Ne soutirez donc point, notre très- cher fils, que tant de soins et tant de peines que vous avez apportés pour exterminer de votre florissant royaume la contagion d'une première [hérésie devienne inutile et périsse par la malice d'un petit nombre de g«is; ordonnez donc qu'on fasse taire les inquiets , qu'on réprime les insolents, qu'on soumette les obstinés, et que la puissance royale i^uise et abatte ceux que la modération de l'Église ne ramène point, afin que Dieu fkmne'à votre royaume et y conserve à jamais la paix que vous avez rendue à son Église. Nous souhaitons cependant de tout notre cœur cette paix à Votre Majesté avec les autres biens; nous lui donnons notre bénédiction apostolique. Donné à Saint Pierre, sons le sceau du pécheur, le 13 février 1703, et de notre pontificat le troisième.

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