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gardes pour mettre dans ses gardes du ôorps — Madame de Royah * motirùt ces jom*l9 passés à Paris : elle étoit de la maison de la Trémoille ; son niètri en étôit aussi. Elle laisse une fille unique, qui sera une assez grande héritière. — Le roi commence à datet alUjour-d'hui du cinquante-unième de son règne (1) . -^ te roi a déclaré que Tarmée de Boufflers seroit celle qu'il commandel*a en personne.
* Madame de Royan étoit sœur de la duchesse de Braccianè , depuis fameuse sous le nom de princesse des Ursins , delà duchesse Lanti, et de MM. de Koirmoutiers que, longtemps après, cette famc^use sœur fit ruh duc, TaUtire cardinal, tous enfants de M. de Noirmoutiers, si intrigant dans la minorité de Louis XIY, dont il fut duc à brevet. M. de Royan étoit frère de M. d'Olonne , tous de deux branches cadettes de la maison de la Trémoille.
Vendredi 15, à Versailles, — Le roi alla se promener à Marly, où il demeura assez longtemps ; il nous dit à son coucher qu'il ne l'avoit jamais trouvé si beau. Monseigneur alla à Paris à l'opéra. — Lappara, ingénieur qui a conduit les sièges de Nice et de Montmélian, et qui vient d'être fait brigadier, va servir dans l'armée de M. de Noailles. — Notre flotte a ordre de mettre à la mer, et on croit qu'elle est présentement sortie du port de Brest; le comte d'Estrées est parti. — Le marquis de Châtillon, premier gentilhomme de la chambre de Monsieur, a traité de sa charge avec M. de Sassenage, qui lui en donne 168,000 livres et qui en a Tagrément de Monsieur. M. de Sassenage est lieutenant des gendarmes de Monsieur, et avoit traité de cette charge avec M qui lui en
donnoit 40,000 écus; mais le roi ii'a pas voulu lui donner
(1) Madame de Genlis, madame de Sartory et M. Paul Laerbix ont imprimé^, d'après le manuscrit delà bibUothèque de rAnseiial: « le roi commence à dater aujourd'hui de son règne. » Louis XIV avoit commencé & régner le 14 mai ie43/ et la ville de Paris avoit fondé un^tanégyrique que le reetem*de l/nniversité dévoit prononcer tous les ans le 14 mai.
ragrément; ainsi tous ces marchés-là SQnt arrêtés jusqu'à ce que Sassenage trouve un marchand agréable au roi. Monsieur loissoit à Chàtillon la] survivance de la charge de premier gentilhomme de sa chambre, et il conserve tous ses logements.
Samedi 16, à Versailles. — Le roi alla à Saint-Germain dire adieu au roi et à la reine d'Angleterre. Monseigneur alla diner à Ghoisy , où il demeura jusqu'au soir. — Le roi a nommé le marquis de Renty pour servir de lieutenant général dans l'armée de Monsieur; il y avoit quelque temps qu'il n'étoit plus employé. — Le roi a fait donner 1,000 pistoles de sa cassette au duc d'Elbeuf. — M. de Nointel, intendant de Bretagne, sera intendant de l'armée de Monsieur. — M. LeNostre donna, ces jours passés, son cabinet (1) au roi; il y a^beaucoup de beaux tableaux et de beaux bronzes. M. de Seignelay lui avoit voulu donner autitofois 80,000 francs de ce cabinet. Le roi en a donné beaucoup de pièces à Monseigneur, qui les a envoyées à Choisy.
Dimanche 17, à Versailles. — Le maréchal de Bellefonds demanda au roi que M. de Seppeville, qui ne sert point de maréchal de camp cette année, fût aide de camp de S. M., et le roi l'a bien voulu. — Le roi travailla encore Taprès-dînée; et, sur les cinq heures, il signa le contrat de mariage du marquis de Castries avec ^mademoiselle de Mortemart. Ensuite S. M. alla chez Monsieur
(1) « Ce cabinet étoH composé d'anciens originaux des plus grands peintres d'Italie, s panni lesquels est une Création de rhomme, du Dominiqnin, d'un effort de peinture inimitable; d'un grand nombre de bronzes, porcdaines et figures de marbre. Le roi, après s'être donné le plaisir de laisser admirer ces pièces à toute la cour, les a fait placer dans la petite galerie de son appartement, où elles n'ont rien p^u de leur beauté, pour se trouver mêlées avec ce qu'il y ade plus rare et de plus achevé dans l'Europe. » (Mercure de mai, page 296.)
Piganiol de la Force cite, parmi les tableaux placés dans le salon de la p^fë galerie à Versailles, Saint-Jean dans ledésert,par Philippe Napolitain, et Adam et Eve par le Dominiquin comme donnés au roi par Le N^Vtre. (Description de Versailles, 1701, pages 135 et 139.)
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lui dire adieu; madame y \int; le roi vouloit aller chez elle. Le roi ensuite alla à Saint-Gyr au salut^ et en revint .avec les dames. — C'est M. du Haine qui a fait le mariage de mademoiselle de Mortemart; elle a 50^000 francs sur la maison de ville^ une pension du roi de 1^000 écus^ et madame de Montespan (1) lui donnera 1,000 écus de pension aussi ^ et les logera à Saint-Joseph^ où elle les nourrira quand elle sera à Paris.
Lundi 18 ^ départ du roi pour l'armée ; première cou^ ckée à Chantilly. —Le roi partit de Versailles à dix heures^ et vint dîner à Écouen dans le ch&teau. Il a dans son carrosse : Monseigneur, madame de Chartres^ madame la Duchesse , mesdames les princesses de Conty et madame du Maine. Dans le second carrosse du roi, mesdames de Soubise, princesse d'Harcourt, duchesses de Chevreuse et <Je Beauvilliers, comtesse de Gramont et madame d'Heudicourt . Madame de Maintenon va seule dans une calèche du xoi.Dansle carrosse de madame de Chartres, il y a, outre ses dames, mesdames deDangeau, de Barbezieux et de Fontaine-Martel, comme femme de son premier écuyer. Dans le carrosse de madame la Duchesse, outre sa dame d'honneur, mesdames de Florensac et de Courtenvaux. Dans le carrosse de madame la princesse de Conty douairière , outre sa dame et ses filles d'honneur^ madame la princesse d^Épinoy la jeune. Madame d'Odevoit être du voyage, mais elle est demeurée à Versailles parce qu'elle est grosse, — M. le comte de Toulouse servira d'aide de camp du roi, et en fera toutes les fonctions.
Mardi 19 , à Chantilly. — Le roi se promena le matin dans le parc et dans les jardins; il alla tirer Taprèsdinée. Le soir après souper à Chantilly, ils ont joué au lansquenet avec les princesses. Monseigneur et lui. Avant souper, Monseigneur joua à culbas avec M. le prince de
(I) Sa tante.
Conty et moi. — Avant que de partir de Versailles on a eu nouvelle que les vaisseaux anglois et hoUandoîs, qui étoient dans la Tamise aux Dunes , ont joiïit le gros de leur flotte qui est à Tlle de Wighl. — L'année du roi s'assemble sous Toumay, celle du maréchal de Luxembourg SC'US Mons. Le roi nous a dit ce soir que celle des ennemis étoit partagée en trois corps, un sous liége, uti sot» Bruxelles, et le plus considérable s'assemble entre Gand et le Sas. Les armées du roi en Flandre cette année sont pltis fortes que celles des ennemis, de plus de soixante mille hommes au moins.
Mercredi 20 , à Compiigne. — De Chantilly le roi vint dîner à Verberie. Toutes les dames en chemin dinent avec lui ; il y a deux tables dont il en tient une et Monseiglieur l'autre . — Le marquis de Boufflèrs, neveu du maréchal, est mort de maladie; il avoit un régiment dHnfanterie; le maréchal de Botlfflers n'a plus d'autre neveu de son nom. — Monsieur envoya un courrier au roi lui porter les nouvelles qu'on a eues de la mer, et le capitaine Jean Bart a vu passer la flotte hoUandoise qui est de quarante gros vaisseaux avec amiral , vice-amirâl et contre-amiral. Ils vont joindre la flotte angloise à Torbay. -^ M. le marquis de Castries a épousé à Paris mademoiselle de Mortemart, fille du feu maréchal de Vivonne. — L'abbé [Longuet] mourut ces jours passés; il avoit deux bénéfices qui valoient chacun 4,000 livres de rente à la nomination de M, l'archevêque de Reims qui en a donné un à l'abbé Robert , et l'autre à l'abbé de Langlé.
Jeudi 21, jour de la Féte-DieUy à Compiêgne. — Le roi îilla à la procession et entendit la grand'messe, et alla à, vépres et au salut. Avant que de partir de Versailles, le roi a donné raïig de colonel à quatre officiers de la gendarmerie, qui sont MM. deMimeur, deChaulieu, deBeauvau et de Château d'Assy. — L'armée du roi sera composée de cinquante-deux bataillons et cent seize esc^ulrons.
Celle de M. de Luxembourg sera composée de soixante et dix-huit bataillons et cent soixante escadrons. — On a eu nouvelle que nos galères étoient parties du port de Marseille du 15 de ce mois ; elles sont aux ordres de M. le comte d'Estrées; il y en a trente-cinq, et n'ont jamais été mieux armées. — Le roi a donné à M. le maréchal de Boufflers le régiment d'infanterie qu'avoit son nev^u ; il porte son nom, et c'est le maréchal qui l'a levé. — On a publié un arrêt du conseil par lequel la visite dans tous les magasins de blé du royaume est ordonnée , sur ce que divers particuliers, malgré les ordonnances, amassoient des blés , ce qui empèchoit l'abondance dans les marchés publics et faisoit fort enchérir le blé.