‹ Journal du marquis de Dangeau (volume 5)Chapitre 12 sur 15 · MAI I7M · texte numérisé non relu

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matinetrappès^llîéeavecM. deChamillart. Monseigneur, fen sortant de dîner, alla avec* madame la princesse de Conty à SainirGermaîn voir le roi et la reine d'Angleterre. Madame la duchesse de Bourgogne commença à prendre le lait d'ânesse, qui ne l'empêcha pas de se promener un peu le soir avec le roi. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme qui partit de San-Giovanni in Crocelç 12 . après midi. M. de Vendôme devoit passer cette nuit-là rOglio auprès de Ponte-Vico. Il y a des gués où la cavalerie pourra passer; il y a un pont à Ponte-Vico, et on en fera encore plusieurs autres pour faire passer l'infanterie. Le marquis de Créquy marche à la tête de tout avec tous les grenadiers de l'armée et quelques dragons. M. de Vendôme retira, le 10, la garnison qui étoit dans Sabionétta, où nous avions cinq bataillons, qui en sont sortis en très-bon état; il y en a mis seulement deux autres. — On eut nouvelle de Kaiserswert du 12, que le roi nous dit à la promenade. Les assiégeants ne tirent plus et ne travaillent guère. Les troupes de Hollande, de Brandebourg, du Palatin et de Zell se cèdent les unes atix autres l'honneur d'attaquer la contrescarpe ; personne n'ose l'entreprendre, et les généraux différents veulent ménager les troupes de leurs princes. On a jeté beaucoup.de rafraîchissements dans la place, et on y a porté quatre mille fusils pour remplacer ceux qui sont crevés; la garnison parolt plus assurée et plus tranquille que le premier jour du siège.

Vendredi 19, à Marly. — Le roi se promena jusqu'à onze heures le matin dans ses jardins, alla dîner ensuite à une. petite table, et puis alla courre le cerf dans la forêt, et au retour il se promena jusqu'à la nuit. Monseigneur étoit à la chasse; monseigneur le duc de Berry y vint de Versailles, et demeura à souper avec le roi. Au retour de la chasse, il joua avec madame la duchesse de Bourgogne; il y avoit quelques jours qu'on lui avoit interdit ce plaisir-là, parce qu'il aime un peu trop le gros

jeu. Madame eut trois heures de frisson ; le roi alla la voir au retour de la promenade. Le roi en demanda encore des nouvelles à M. Fagon en se couchant, et la fièvre duroit toujours. — On mande de Paris que M. de Saint-Pouanges est tombé en apoplexie. — Nous ayons abandonné le fort de Saint-Donat, que les ennemis avoient presque rasé à coups de canon ; Julien s'est retiré avec ses grenadiers et les cent hommes que nous avions en garnison dans le fort. — Le roi a donné ordre au chevalier de Forbin de retirer ses frégates du golfe de Venise , la république ayant promis d'empêcher les bâtiments de Trieste et de Segna d'y entrer et ayant défendu à tous leurs sujets de porter aucune munition de guerre et de bouche à l'armée de l'empereur.

Samedi 20, à Marly, — Le roi fit l'après-dlnée une petite loterie chez madame de Maintenon pour madame la duchesse de Bourgogne et pour ses dames; madame de Maintenon gagna le plus joli lot , mais elle redonne toujours à jouer tout ce qu'elle gagne, et il demeura à la comtesse d'Estrées; la comtesse de Roucy en eut aussi un très-joli. — 11 arriva le matin un courrier de Naples. Le comte d'Estrées sera grand de la première classe; S. M. Catholique donne la grandesse aussi au marquis de Bedmar, et elle envoie Tordre de la Toison au prince de Tzerclaes et au comte d'Arco, général des troupes de Bavière. Il lève un régiment des gardes napolitains où les plus grands seigneurs de ce royaume-là veulent entrer ; le colonel en sera don Gaëtano Coppola, prince de Montefalcone; le hqitenant-colonel est de la maison de MédiciSy d'une branche qui en est séparée avant qu'ils fussent souverains de Florence. Le roi d'Espagne doit toujours s'embarquer à Final avant la fin du moii^; il vouloit aller de là droit à l'armée, mais le roi lui mande qu'il lui conseille de passer à Milan. M. de Savoie viendra à Alexandrie l'attendre, et de là il le suivra à l'armée. — M. le grand prieur rend ses bénéfices, comme on l'avoif

pendant que monseigneur le duc de Bourgogne ira attaquer leur gauche. On croit que M. le comte d'Athlone n'a tout au plus que quarante bataillons et soixante escadrons ; ainsi il y a beaucoup d'apparence que les ennemis ne nous attendront points qu'ils se retireront sous une de leurs places ; à moins qu'ils ne croient leurs retranchements assez bons pour que nous n'osions les attaquer. Le roi a témoigné beaucoup de joie du parti que prend monseigneur le duc de Bourgogne et n'a pas laissé de dire qu'il seroit fort inquiet jusqu'à ce qu'il sût le succès de cette entreprise. — Les assiégeants à Kaiserswert ne sont plus qu'à trois toises de l'angle saillant de la' contrescarpe. Nous avons dix-huit bons bataillons dans la place; Lappara et deux autres de nos meilleurs ingénieurs y sont rentrés, et Ton croit que les ennemis perdront bien du monde à l'attaque du chemin couvert.

MardiiS, à Versailles. — Le roi travailla l'après-dlnée jusqu'à six heures avec M. de Pontchartrain , et puis s'allapromeneràTrianon. Monseigneur continue à prendre du quinquina et n'a eu aucun mouvement de fièvre aujourd'hui quoique ce fût son jour. Il s'est promené ce soir dans les jardins jusqu'à la nuit et a bien dîné, bien soupe et est fort gai. — La flotte hollandoise a joint à l'Ile de Wight celle d'Angleterre, qu'on croit qui n'est pas encore prête. Les troupes qu'on a voit retirées de dessus la flotte de Hollande se sont rembarquées, et on compte qu'il y a six mille hommes ; on ne sait point encore combien il y aura de troupes sur celle d'Angleterre. La princesse dé Danemark a 6té la charge d'amiral au comte de Pembroke etl'a donnée au prince de Danemark, son mari ; ainsi le voilà généralissime des armées de mer et de terre. Le comte de Pembroke a refusé la pension de 3,000 guinées qu'on lui offroit pour le dédommager de Tamirauté, qu'on lui ôte. Godolphin a été fait grand trésorier, qui est la seconde charge d'Angleterre et qui est encore plus considérable en ce pays-là que celle de surintendant des

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linanceB ici. Un a obligé milord d'Albemarle de voUdr» sa charge de {capitaine des' gardes^ et U se retire ea Hollande.

Mercredi 1^> à Versailles. --*- Le roi alla l'après-*dlnée se promener à Marly et en revint d'assez bonne heure. Monseigneur pontinue à se porter mieux. — Il ai:^riva le matin à huit heures un courrier parti de Naples le i de ce mois et quiavoit vu le roi d'Espagne embarqué. Il en arriva un autre depuis^ parti le 7 da San-^tefano sur la côte de Toscane, où étolt S. M. Catholique ce jour-là, et le vent étoit si favorable quje For ville, qui commande nos galères, assuroit qu'on arriveroit le lendemin 8 à Final. Le roi compte que le roi d'Espagne est présentement à Milan. — Il arriva à midi un courrier de Portugal. L'empereur, les Anglois et les Hollandois ont fait ce qu^ils ont pu par prières , par belles promesses et par menaces pour détacher S. M. Portugaise de nos intérêts et de ceux d'IEspagne, mais tous leurs efforts ont été inutiles; ce prince assure que rien ne le sauroit détacher de l'alliance qu'il a faite avec nous. — Ce soir, à sept heures, M. de Déoouville, aide de camp de monseigneur le duc de Bourgogne, est aiTivé. Notre armée morcha le 10 et le 11 au matin ; elle arriva près des ennemis, qui n'ont pas jugé à propos de nous attendre dans leurs retranchements ; ils se spnt retirés avec précipitation. Nous les avons suivis jusqu'à Nimègue et , sous le £eu du canon de la place , nous avons renversé leur arrière-garde jusque dans le chemin couvert et le fossé de la ville. Nous leur avons tué plus de huit cents hommes, prit cent prisonniers, trois cents chariots, presque toutes les munitions de guerre et mille chôsvaux . Nous n'avons eu que quarante ou cinquante hominies tués et environ quatre-vingts blessés, parmi lesquels e^ le lieutenant-colonel de Durf ort ; ce régiment et le colo^iel ont très-bien fait. M. de Boufflers loue fort MM. de MP4^ revel, de Guiche, de Montfort, d'Alègre, de Souternon et de Silly . U mande des choses merveilleuses de monseigneur

^ JUIN «709. 4CGr

le4|ic^4;KQWgQg:ae, quis'pst^*tépark>ut; iU^^i^:^ viar Imvy sôu«wig-ft*Qi^, ^n activité et son coup d'oaU» qui, . est la terme doat il ^ sert dans sa lettre. M. de DéuoQr villedit qw les epnemiç oi^t sàreIn^^t perdu plu^ de d^Ul^ QÛlle hommes; miais monseigneur le duc de Bourgogne et M. de Bottfflers dan§ le^pç lettres n'en compte^t que huit cents dp tuiés.

Jeudi 1&, joi^r 4^ la féie (f^ JD^fiin, à Versailles. — On reçut des let;tres dp lUiseri^weri) du 10 ^e ce mois. Le 9 au soir l^s ^égeaots ^.ti^uèrei^t la contr^ciW'pe; or com-r battit dur^i^t txQk b^ur^s. ï.appgirft, qui étoit en deçà du Rbin> toandj^ qu'il n% iaqa^ie ôuteftdM un plus grand feu ; les enn^mi^ y oM ^ix près de tpoj^ mille hommes tués sur l^ plftce, UmW)Qt Ipg^ssuF les deuK fingleç suill^nts de Iftpputresflarpe, qui.ppnt minés; m^i^iH. de Blain ville n-a pfl« voulu te* MPf^ mu^Vs d^ ppur d'puvrir spu chemin couvert. Npu* aypfts eu à cette affp,ire trois cents soldats lues ou btes^* H- djB SftintrSulpijBfi > qui avoit ^^heté le régimput de la Châtre, et U- de ISte^iuviik, colonel réformé dans ce pégiflaent, y out été jtmis. -rr M. le comte d^ la Motte a ati<aqué etpris, Vépée à la m^iu^ 1<|. petite ville d^ BJiddlel^PUrg. h^ enupmis ^ spnt rptir.éflf dan« le ohà^ teau ; il l'a f^t P^upnneî» tpu^ la nuit. A l* ppJUte du jmus lemarquijsf jieftpdmar es^ arrivé ayecfite nouvelles troupes, dont on n'^uFpit p^e» besofu j les iM^iég^s put demandé à capituler et ^ sont |[*endus prisonniers de guerre. U y avoit daQscetta ph^ce deuK peu^ pi ^fm^ftle boinf ues, q uin;ee officiers et uu U^fit£nai)tr^lpiu;l, qu'on fi eu voyiisàBrugeiy. Mijjldlelipurg est f^ti^ petite vilk qup Cohofn i^voii priw sur les Espagnols a^ ppu^pieucpmeut de l^ campague. — le roi alla à dix heurei^ à Ift p^rpis^ et suivit le saint sacrement ju$qu'/à la chape^e pt le reconduisit de m^me jusqu'à la paroisse^ où U e^^teudit |a grapde messe; on empêcha monseigneur le Dauphiu d'y aller ^ Madame lu duchesse dp Bourgogne^ qui cpntinue àprpnd^e le lait, attendit (a prpci^sslon à la chapelle et puis ;dla entendre

la grande messe à la paroisse^ d'où elle revint avec le roi.

Vendredi 16, à Versailles. — Il arriva un courrier de monseigneur le duc de Bourgogne par lequel on apprend beaucoup de détails de l'affaire dont M. de Dénonville avoit apporté la première nouvelle. Les ennemis y ont perdu près de deux mille hommes et Ton a pris plus de chevaux , d'équipages que l'on n'avoit dit d'abord. Ils sont fort étonnés en Hollande de voir leurs troupes contraintes à rentrer dans le Bétau.. — Il y a une lettre de M. de Blain ville du 11 ; il rend compte de Faction qui se passa le 9 au soir à Tattaque de la contrescarpe. Nous y avons eu deux cents honunes tués et cinq cents de blessés, parmi lesquels quatre officiers morts et quarante-six blessés. H. de SaintrSulpice n'apasététué, maisil est dangereusement blessé, etH. de Stain ville, qu'on avoitdit mort aussi, n'est blessé que légèrement. H. deBlainville croit que les assiégeants ont eu plus de trois mille hommes tués sur la place, et qu'ils en ont encore davantage de blessés. — Le roi donne 2,000 écus d'appointements à H. Noblet, qui fait la charge de secrétaire des commandements de monseigneur le duc de Bourgogne et dont ce prince est très-content; ce sont les mêmes appointements qu'a H. desTancheaux, qui fait cette même charge chez Monseigneur.

Samedi 17, à Versailles. — Outre le conseil de finance que le roi tient tous les samedis et les mardis^ il tint conseil d'État Taprès-dinée jusqu'à cinq heures ; il avoit ordonné qu'on commençât le salut à cette héure4à, quoique en cette saison ici il ne commence qu^à six heures. Après avoir été au salut, il Alla se promener à Marly jiisqu'àla nuit. -— On a des lettres d'Italie du 7 . H. de Vendôme se retranche sur la Fossa Maestra pour empêcher les ennemis de sortir du Seraglio de ce côté-là. On ne sait point encore ce que M. de Vendôme fera du côté du Pô et du bas Mincio. M. de Viantais, qui commandoit dans Sabionetta, ayant voulu se saisir de Viadana, où les Impériaux ont encore quelques troupes , a été tué ; il n'avoit que

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trente hommes avec lui, et c'est d'après une fausse intelligence qu'il avoit entrepris cette affaire. M. de Vendôme a envoyé pour commander à Sabionetta du Guast , colonel réformé; Viantais étoit colonel réformé aussi, et il étoit frère de mademoiselle de Viantais , jfille d'honneur de madame la princesse de Conty . — Des Ormes est mort à Paris. Il avoit été contrôleur général de la maison du roi ; il avoit vendu sa charge au fils de Félix 60,000 écus et 2,000 écus de pension à vie.

Dimanche 18 , à Versailles. — Le roi travailla jusqu'à six heures, alla au salut et après le salut à Trianon. Monseigneur alla Taprès-dlnée à Meudon pour y demeurer jusqu'à mercredi. — Monseigneur le duc de Bourgogne est dans le camp où étoient les ennemis avant leur retraite à Nimègue; il voit de là plusieurs camps différents des ennemis dans le Bétau. Ils» se sont partagés, et il parolt une assez grande épouvante en ce pays-là. Nos troupes ont pillé tout le pays entre le Wahal et la Meuse ; ils y ont pris beaucoup de chevaux et de bestiaux. — Les lettres de M. de Blainville du 13 au soir portent que les ennemis ont avancé leurs batteries, qui battent jusqu'au pied de la muraille où ils commencentà faire brèche ; ainsi les premières nouvelles que nous en aurons apparemment, c'est que la place sera prise. — Le roi de Suède, qui est à Varsovie, a envoyé des lettres circulaires pour faire monter la noblesse à cheval ; quand c'est le roi de Pologne ou le primat qui envoie ces lettres, on les appelle des universaux. Il veut toujours faire déposer le roi de Pologne , qui s'est retiré à Cracovie.

Lundi 19, à Versailles. — Le roi travailla jusqu'au salut et après le salut alla se promener à Trianon. — Kaiserswert enfin s'est rendu le 15 juin. M. de Blainville envoya au prince de Nassau la capitulation toute dressée et lui manda que, s'il n'accordoit pas tous les articles sans y changer un seul mot , il n'avoit qu'à venir à l'assaut. Ce prince ne trouva pas à propos d'exposer ses troupes,

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et ^igna. Par cette capitulation , la placé Rfefa tmêè Pez pied, ret terre , et libus retirons toat oë cple tiotls y Atous d^hommes/ artillerie, tiiilnitiotiS, iMgtt^, ete.^ saiïsqu^il peste rien au^ ennemis. Lé Mi pai4a à son ëouoh^p de cette singTilière capîtulatibtt et ^ qtiHI avrti erd^dfté à M. de Blain ville de proposer qtiéîa jjlftôë M* Paséé, mais de n^insister pas jusqu'à ttifetti^ë là géirnismi en danger. M. de Blalliville n^a pfbpdSé la ciipiltilatiofl qu'ètpl^s que les assiégeants ont eu battu les bastlMs jusqu'au pied. Le marquis deSaiut-Sulpice et M. de Stalnvilte sortt mtirts de leurs blessures.

Mardi 20, à Vetmilhi. — Le roi alla l'aptès^inée se prenaefier à Marly. Madame la duchesSë de Bourgogne prit médecine; elle a achevé de prendre son lait^ doat elle se trouve fort bien. Elle avbit donné Mei^ à Couper à beaucoup de dames à la Ménageriel Madame laprincesie de Gottty alla Taprès-dlnée k MeudoUi d^où elle ne revint qu'après avoiï* soUpé avec Monseigneur; -^ Il y a quelques jours qu'une frégate ànglolse do quarante pièces de canpn débarqua quelques soldats siir la o6te de Bfëta^nè; ils trouvèrent de la résistance^ et le ooml^at dura si longtemps que quand les Anglois se Voulurent retiter la marée qui les avoit portés commença à baisser» |La frégate ne put gagner la pleine mer 5 elle se brisa sur un poefaer ; les soldats et les matelots qui voulurent de èauter furent tués ou pris, et nos gens pillèrent le vaisseau tout à leur éise. — Le marquis de Hesnel est mo^'âe maladie i Liège ; sa femme, qui est sœur de B. de Tottjy, e^ grosse^ Il étoit gouverneur de Chaumont en Bassigny ; ce gouifèrnèmënt est auprès de ses tewes et vaut k où 6^00© livrer de peiite. Le roi le donne à Fenfant qui nai4i*Ëisl c'est lin gi^rcon^ et si c*est une flUo il le donné à Teibbé de Resiiel, frère du mort. M. de Resnel dèvoit çncere â/Of)^ ëcHs du régiment de eavctlerie qu'il acheta det hiver^/et le roi les fera payer par celui qui aura le régiment.

Mercredi '^iyi VeHaiHeê. — ^ Le roi travailla joa^^aii

salut et s'alla pltomener, après le salut, à Trianon. Monseigneur i^eVint à huit heulfesde Meudon^et nous n'étions que cinq ou six courtisons avec lui. — Le roi , trèscontent des serTicés de M. de Blainville^ l'a fait lieutenant général^ quoiqu'il n'ait été fait maréchal de camp qu'à la dernière pronîotion. On ne pei|t rien ajouter à toutes les louanges qu'on lui donne sur la manière dont il a défendu Kaiserswertet l'on espère que S. M. lui fera encore d'autres grâces. — Le roi a donné le régiment de Saint- Sulpice au frère de celui qui vient d'être tué; il est entré depuis quelques jours dans les mousquetaires. -^ H. le prince Eugène, étant informé que M. de Vendôme étoit logé dans une maison qui touchoit au lac de Hantoue et que sa gardé de oe oôté-là étoit fort petite , détacha trois cents grenadiers commandés par un lieutenant*colonel et quinze officiers ohoisià ; il les embarqua dans vingt petits bateauK, à l'entrée de la nuit, avec ordre de ne point tirer quoi qu'il pût arriver. Ils abordèrent sans être 4éoouverts au botit de l'aUée de la maison où logeait M. de Vendôme ; il y avoit une sentinelle qui, voyant qu'ils ne répondoient point au qui va là, tira dessus. Les ennemis, oubliant Tordre de leur général, tirèrent sur la sentinelle, qu'ils tuèrept. Le corps de garde au bruit prit les firmes et s'avança dans l'avenue ; les ttois cents grenardiers, se voyant découverts, se retirèrent sans aller plus lein. Le prince Eugène fait faire le procès au lieutenantcolonel qui les commandoit. H. de Vendôme a fait faire un pont sur l'OgUo à Maroaria et a envoyé des troupes à Viadana, qui n'est pas tout à fait sur le Pô , vis-à-vis de Befcello. Les entîemis avoient quelques troupes dedans qui se sont l*etirées de bonne heure. H. de Vendôme a fait prendre aussi une petite redoute que les eanemis avoient faite touchant au Pô d'un côté et à Viadana de l'autre.

Jeuii ââ, à Trianon. — Le roi alla le matin à la paroisse^ accpmpagnant le saint sacrement jusqu'au vefosoir, ei le reoèndnisit jusqu'à l'églisA, où il a^tc^dit k

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grande messe ; madame la duchesse de Bourgogne et Madame étoient à la procession. Monseigneur eut la nuit une assez violente colique qui rempècha de dormir ; il en fut encore assez tourmenté tout le jour. Le roi y alla avant la procession et Faprès-dlnée encore avant que de venir ici. S. M. vouloit rompre le voyage qu'elle ne fait même que pour faire plaisir à Monseigneur, qui aime fort ce lieu ici ; mais Monseigneur, qui se croyoit en état de venir ici le lendemain, pria fort S. M. de ne rien changer à la destination qu'elle avoit faite; ainsi, après le salut, le roi partit de Versailles pour venir ici, où Ton demeurera jusqu'à mercredi. — Le roi a donné le régiment des gardes suisses à Reynold, qui en a été autrefois lieutenant-colonel; il est maréchal de camp. Il avoit un autre régiment suisse qui vaut autant pour le revenu, mais qui n'est pas si honorable; le roi le donne à Castelas^ lieutenant-colonel du régiment des gardes suisses; il avoit une pension de 2,000 livres, que le roi a doublée au commencement de cette campagne, la lieutenance-colonelle étant d'un trop petit revenu. On ne dit point encore qui sera lieutenantcolonel en sa place.

Vendredi 23, à Trianon. — Monseigneur a fort bien passé la nuit, et l'après-dlnée il n'a quasi point eu de douleurs ; le roi l'est venu voir sur les six heures, et madame la duchesse de Bourgogne y a demeuré très-longtemps. Après que le roi en a été sorti , Monseigneur s'est mis au jeu ; il a soupe de bon appétit et viendra demain matin trouver le roi ici. 11 avoit même envie d'y venir dès ce soir, mais les médecins ont trouvé plus à propos qu'il se reposât encore. — On a eu des lettres de Turin qui portent que le roi d'Espagne débarqua le 11 à Final et que LL. AA. RR. partoient pour l'aller trouver à Alexandrie. Chi avoit déjà su pai* M. de Vendôme que S. M. Catholique étoit arrivée le 1 0 à la baie de Savone, qui est fort proche de Final; cependant Vernassal, capitaine des galères , qui doit apporter ici la nouvelle de son arrivée.

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à Filial, n'est point encore venu. On commence à croire que M. le duc de Savoie ne fera poiat la campagne ; on ne le presse pas beaucoup ici de la faire. — On mande de l'armée de M. de Catinat qu'on entend tirer beaucoup de canon du côté de Landau et qu'on croit enfin que le prince Louis en va faire le siège.

Samedi 24, à Trianon. — Le roi donna le matin audience au ducdeMédina-Celi, qui a voulu passer ici, retournant en Espagne et revenant de la vice-royauté de Naples. Il est sept fois grand*. Le roi tint ensuite le conseil à son ordinaire et alla tirer sur les quatre heures. Monseigneur, dont la santé est entièrement rétablie, partit de Versailles après la messe et vint ici pour y demeurer ; il se promena beaucoup Taprès-dlnée et joua tout le reste du temps. — DénonviUe repartit, il y a deux jours, pour retourner auprès de monseigneur le duc de Bourgogne, dont il est aide de camp; le roi lui a donné 2,000 écus pour payer son voyage. Toutes les lettres de Flandre ne sont pleines que des louanges de monseigneur le duc de Bourgogne, qui se fait fort aimer et fort estimer dans Tarmée. — Castelas, lieutenant-colonel des gardes suisses, a prié M. du Maine de mander au roi qu'il ne pouvoit se résoudre à quitter cet emploi, qui l'approchoit si souvent de S. M., et qu'il aimoit mieux y demeurer que de prendre le régiment de Reynold, quoique d'un bien plus gros revenu, et qu'il seroit content pourvu qu'il demeurât dans son emploi ; qu'il ne . demandoit ni régiment ni augmentation de pension. Le roi a été fort content de son procédé; et comme il l'estime fort, il le laisse lieutenantcolonel des gardes et lui donne le régiment de Reynold.

* Être une fois grand , ou sept fois ou davantage ne fait quoi que ce soit. Ces grandesses s'accumulent par héritage , et tombent toutes nécessairement sur la tête du fils aîné ou autre héritier ou ^héntière nécessaire, h faute d'enfants, sans donner plus de rang ni d'avantages qu'une seule grandesse.

Dimanche 25, à Trianon. — Le roi tint conseil le ma-

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tin coinme à son ordinaire et après diner il montd à cheval dans sa cour pour aller tirer. Monseigneur ilionta à cheval aussi et accompagna le roi à la obasse ; ensuite Monseigneur joua avec madame la du^eise de Bourgogne et beaucoup de ddmes au lansquenet > où l'on a recommencé à jouer ce voyage ici. — On mande d'Angleterre qu'pn n'y a pas trouvé tous lei; matelots dont on auroit eu besoin pour cette grande Qotte , la [llus grande qui ait peut-être jamais été en mer ; elle est toujours à nie de Wight. Ils ont désarmé Une partie de leurs pliis grands vaisseaux^ tant parce qu'ils n'ont pas tous les matelots nécessaires que parce qu'ils ne croient. pad avoir besoin d'une si nombreuse flotte. Us font courre le bruit qu'ils vont en Sicile , mais il paroil qu'il est Un peu tard pour entreprendre cette navigation, et noué croyons ici présentement que lettr dessein est sur un petit poï»t qui est entre la Gorona et le Portugal | les Espagnols ont de ce côté-là quatre ou cinq mille hommes dfc troupes réglées et les milices de Galice, qui ne sont pas mauvaises. Lundi 26, à Versedlles. ^^ Le roi dit le matin à son lever à Trianon qu'il retourneroit l'après-dlnée à Versailles, et on envoya à Paris eontremander les eomédieus qui avoient ordre de venir le soir. Le roi et Mdnseigneitr allèrent encore tirer l'après-dlnée. Il y eut ponseil le matin. Monseigneur a depuis quelques jours quelques petits mouvements de goutte au pied dotit on n'est point fâché. Madame de Maintenon s'étoit trouvée un peu m0l la nuit, et on croit que c'est ee qui a obligé Je pqi h quitter Trianon, où il avoit résolu de demeuper jusqu'À mercredi. Madame étoit du voyage de Trianon, où elle retenoit des dames à souper, comme madame la duchesse de Bourgogne et les autres prinpesses. — Qn eut des nouvelles de Milan du 18. Le roi d'Espagne y étoit arrivé; il en devoit repartit incessamment poUr aller se mettre à la tête de Farmée. Il a vu M. de Savoie entre Final et Alexandrie, et mesdames les duchesses de S^v^a à

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Alexandriëj d^où M. de Savoie est retourné avec elles à Turin ^ et oh ne eroit plus qu'il fasse la campbgne. 11 parelt même tju^en ce pays ici on n'a pas gpande envie qu'il la fasse.

Mardi 2T , à VersailleSi — Le roi travaillti Taprèi^dlnée avec M. de Pontcharltaili et il avoit tenu consdl de finance le matin , comme il fait tous les mardis et le^ samedis. Monseigneur alla dîner à Meudon, où il coucha et où il a mené fort peu de monde. — ^ On n'est pas content des Vénitiens, qui ont laissé sortir de leur port un vaisseau que Fambassadeur de l'empereur a acheté et fait armer et qui a arboré le pavillofa de l'emperôur, et qui va porter à l'embouchure du P6 des munitions de guerre pour Ta^mée du prince Eugène. Notre ambassadeur à Venise a envoyé un courrier au chevalier de Forbin avec ordre de faire rentrer ses frégates dans le golfe. L'ambassadeur de Yenise qui est ici a eu plusieurs côiiflôrénoes avec M. de Torcy poiir tâcher de justifier la république sur ce faii-là. — On msinde d' Alsace que Tar^ mée du prince Louis est présentement de plus de quarante mille hommes ; elle a été eonsidéràblemeat foHifiée par des princes qui sont des cercles de Franconie et de Souabe; mais ce ne sodt pas les cercles entiers qui oiit passé le Rhin.

Mercredi 28, à Marly. — Outre le conseil que Itf noi avoit tenu le matin à son ordinaire , il tint encore oonseil Taprès-dlnée à Versailles avant que de venir ici, où il compte de demeurer dix-huit jours; ce sera le plus long séjour qu'on y ait encore fait. Monseigneur vint ici de Meudon, où il aVoit couché. Madame, qui a eu quelquei? accès de fièvre, est demeurée à Versailles et viendra ici dès que la fièvre Taura quittée. — Le roi d'Espagne a nommé le prince Borghèse ambassadeur extraordinaire à Rome pour aller remercier Sa Sainteté de lui avoir envoyé un légat. 11 a fi^it Je priqce de Monte-Sarchiu chevalier de la Toison d'or et lui a donné la ehai-'ge de gêné-

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rai des galères de Naples avec les honneurs de la grandesse. Il a fait le comte de Lemos vice-roi de Sardaigne ; il a fait le prince de Castiglione général de la cavalerje de Naples et le prince de Santo-Buono ambassadeur à Venise; tout celaVest fait avant que S. M. C. partit de Naples le 8 de ce mois. S. M. C. arriva dans le port de Livourne avec vingt galères; on lui avoit préparé le palais qui est daûs la grande place^ qu^on avoit meublé avec une magnificence extraordinaire ; mais Timpatience que ce roi a de se rendre à la tète de ses armées Payant déterminé à ne pas descendre de dessus sa galère y le grand-duc, suivi du grand prince et de la grande princesse^ vinrent l'y saluer et il les reçut avec de grandes marques de considération et d'amitié , particulièrement pour la grande princesse , qui est sa tante y étant sœur de feu madame la Dauphine, et elle a toujours paru fort zélée pour la France. S. M. C. les fit saluer de quatre coups de canon de toutes les galères et les traita d'Altesse, honneur auquel ils ont été fort sensibles. Le grandduc a envoyé toutes sortes de rafraîchissements en grande quantité pour toute la suite du roi d'Espagne, et la grande princesse lui a donné un joyau qui vaut plus de 20,000 écus, le priant de l'envoyer à la reine d'Espagne. On compte ^ue le grand-duc a dépensé à ce passage-là plus de k ou 500,000 livres*. — La comtesse de Gacé mourut ces jours passés à Paris; elle étoit femme du comte de Gacé , gouverneur du pays d'Aunis et lieutenant général.

* M. de Savoie ne vit le roi d'Espagae qu'en passant et sans s'asseoir; il attendit, sur le point de l'entrevue, à déclarer sa prétention d'avoir un fauteuil devant le roi son gendre. Marsin, qui racconq>agnoit comme ambassadeur, n'y trouva point de difficulté , parce que les cardinaux recevoient ce traitement du roi d'Espagne. 11 ignoroit la source de cet abus, et la différence essentielle en Espagne de fauteuil à fauteuil que M. de Savoie ne vouloit pas admettre , mais dont pourtant il se s^roit peut-être contenté à la fin. Marsin étoit ignorant, étourdi , d'une civilité égale au lieutenant d'infanterie , pareille au lieutenant général qui faisoit litière fort indécemment de son caractère d'ambassadeur et de

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celui de tout le monde. Louville rq[>réseiita que les ducs de Savoie , ni en Espagne ni ^hors d'Espagne, [n'avoient jamais imaginé cette prétention sous Philippe II ni sous aucun autre roi d'Espagne , dont ils avoient épousé les filles et les sœurs ; que pour obtenir l'altesse royale de l'empereur et des électeurs , et le traitement à Vienne de tête couronnée pour ses ambassadeurs , ç'avoit été à condition expresse et signée de céder partout aux électeurs avec qui il âe pouvoit trouver, dont il n'avoit fait aucune difficulté à Venise à l'électeur de Bavière avec lequel il s'y étoit trouvé ; que ce même électeur de Bavière , qui comme élisant l'empereur a voit un fauteuil devant lui , n'en a voit jamais prétendu du roi Guillaume, avec lequel il s'étoit continuellement trouvé en Flandre et deyant qui il n'avoit jamais eu qu'un tabouret, le roi Guillaume étant dans un fauteuil ;* qu'enfin les princes du sang ne cédoient point en lieu tiers au duc de Savoie , témoin ce qui se passa à I.yonet qui fut répété à Paris entre le fameux Charles- Emmanuel et M. le Prince^ qui, s'étant rencontrés à la porte de la chambre de Henri IV, qui s'habilloit , se firent des compliments pour entrer, que Henri IV finit bientôt en disant fort haut à M. le Prince : » Passez, mon cousin ! M. de Savoie sait trop bien ce qu'il vous doit; » et M. le Prince entra , et M. de Savoie après lui. 11 en fut de même pour la chemise. Ce qu'il y avoit de grands d'Espagne auprès du roi dont les pères avoient évité Charles- Emmanuel en Espagne, et qui tout gendre de leur roi qu'il étoit ne lui avoient pas cédé, s'élevèrent contre ce fauteuil. Il fut donc nettement refusé ; et M. de Savoie , qui comptoit de ravoir et qui avoit préparé un festin au roi d'Espagne pour y en jouh* avec plus d'éclat , fut outré , ne vit le roi que debout une fois et un moment , ne le pardonna point , et on prétend que cela iiïflua beaucoup sur les partis qu'il prit dans la suite. Mais ce qui s'étoit passé auparavant sous les yeux du maréchal Catinat et sous le nez du maréchal de Villeroy^ de concert avec M. de Vaudemont, pouvoit détromper qu'il eût attendu jusque-là à trahir les deux couronnes.

Jeudi 29', à Marly. — Le roi alla Faprès-dlnée à Sainte Germain voir le roi et la reine d'Angleterre, et au retour se promena jusqu'à la nuit dans ses jardins; Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne , qui avoient joué Taprès-dlnée dans le salon au lansquenet, se joignirent à la promenade. -^ Un courrier de M. de Torcy revint de Milan, d'où il partit samedi 24 de ce mois. Le roi d'Espagne y a fait plus de séjour qu'il ne pensoit ; ses équipages n'y étoient pas encore arrivée. Il y a vu le magnifique

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of>éra que le duc de fiaint-Pisyre a lait foiife à aes dépens ; > il âeVDit etl i*ë|)aHir aujourd'hui ^i com]^ d'âMvél» à l^rihéè le 8 de juillet. M. dé Savoie avoil écrit ici j>diir demander ce qu^ seroit; le plus agr^le a^ roi, pu qu'il suivit le rpi d'Espace à r^rmée, ou qu^il demeurât & Turin ; on lui a fait réponse qu'on croyoit que le parti qu'il prendroit seroit toujours le meilleur, et il a pris celui de retourUer à Turin. — L'assemblée du clergé, ayant fini ses séances , vint hier eu porps saluer le roi à. Versailles, et l'évéque de Toulon fit lahar^'Ugue.

Vendredi 30, à Marly. — Le roi courut le cerf Taprèsdlnée dans son parc; madame la duchesse de Bourgogne éjloit avec lui dans sa calèche. Monseigneur, qui est en parfaite santé, étoit à cheval. — Par le courrier qui arriva hier de Milan on sut que le chevalier de Veruass^l) qui devoit apporter ici la nouvelle du débarqUettièot du roi d'Espagne à Final, avoit été retenu par S. M. G. poUr l'envoyer ici quand il sera à la tête de Tai'mèe ; on éfcoit en peine de ce /chevalier de Vjernassal ; on le <5rpyoit mort ou tué. — U y a quelques jours qu'on apprit que M. de Vendôme avoit canonné le quartier du prince Eugène , qui est â Curtatone, par une batterie qu'il a fait faire la fluit dans un marais ; on leur a tué plus de cent personnes dans le quartji^i? général et on l'a obligé à le quitter ; il a fallu même qu'il fit décamper quelques ré^raents. M. de Vendôme mande , par les lettres qu'on a reçues aujourd'hui, qu'il avoue qu'il n'a pas été fâché de se venger par cette canonnade-là de Tenteprlse qu' avoit faite le princeEugène de l'enlever. Les rendus disent que les ennemis commencent à beaucoup souffrir dans leur camp.

Samedi V juillet^ à Marly . — Le roi nous dit que monseigneur le duc de Bourgogne lui mandoit qu'Un de nos partis de trois cents chevaux avoit trouvé , entre 6mve et Nimègue, un parti des ennemis beaucoup plus fort; qu'il n'avoit pas laissé de l'attaquer et qu'après un assez rode combat nous étions demeurés malires du champ de

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bataille. |ja eavàlerie ennemie s'est très-bi6n défendue et il a fallu toute la vigueur de nos troupes pour les obliger à se retir^^ ce qu'ils ont fait en très-bon ordres La moitié des troupes qui (kimposoit notre parti (étoit de la mai* son du roi^ et Philippe^ exempt des gardes du corps ^ le commandoit ; il eut l'hiver passé commission de mestre de camp. Il a été blessé légèrement à cette affaire d'un coup d'épée, et Oœurli , un autre exempt , a été pris. — La reine d'Espagne a terminé les États d'Aragon, qui ont fait des protestations sur ce qu'ils avoient été tenus par. uno reine ; ils prétendent ne le devoir jamais être que par )e roi d'Espagne en pei*9onne. Ils n'ont pas laissé de lui accorder 100^000 écus , argent comptant^ qu'elle a envoyés sur4e-champ au roi son mari sans en vouloir rien prendre.

Dimmiche %, à Marly. — Le roi tint conseil le matin à son ordinaire et travailla encore longtemps l'aprèsdlnée avec M. de Ghamillart. -^ M. le maréchal de Catinat écrit du 28 que la tranchée n'étoit pas encore ouverte à Landau le 26 et qu'on entend toujours tirer beaucoup de canon. La place est si bien investie qu'il y a six setmaines qu'on n'a pu recevoir aucunes lettres de JMelac; cependant^ malgré la garde exacte que font les ennemis ^ un de nos brigadiers est entré dans la place aveo deux antres officiers. On ne m'a point nommé le brigadier. — On mande de l'armée d'Italie qu'un parti ennemi de quatre ou cinq eenis chevaux étoit sorti du Seraglip par un pont qu'ils ont sur le bas Mincib à U Virgiliana, qu'il étoit venu passer le haut Mincio à Borghetto^ qu'il avoit traversé tout le Bressan et le Crémasque et étoit venu sur TAdda jusqu'à Lodi ; on c^pit que leur dessein est d'enlever quelqu'un de la 9uite du roi d'Espagne. M. de Vendôme a détaché après eux huit cents chevaux commandés pai* Bourgneuf^ et le marquis d'Ayetonne, gouverneiur de Crémone , a détaché aussi mille chevaux de cette place pour tacher i les joindre.

Lundi 3, à Marly. — Outre le conseil d'État que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla encore Taprès*dlnée jusqu'à six heures ayec M. Pelletier et puis se promena dans ses jardins jusqu'à la nuit. ^— Madame de Haintenon a eu quelques accès de fièvre tierce dont elle n'est pas entièrement quitte. — Quatre de nos galères que nous envoyons à Lisbonne, commandées par le chevalier de Valbelie, frère de l'évèque de Saint-Omer , ont trouvé sur les côtesd'Elspagnedeux vaisseaux salétins qui venoient pirater sur les Espagnols ; nous les avons attaqués et pris après une assez longue résistance, et nous les avons menés à Lisbonne. Les Espagnols et les Portugais ont témoigné beaucoup de joie de cette prise, car ces pirates-là les incommodent fort; il y avoit deux ou trois cents Turcs sur ces bâtiments qui seront une belle recrue pournos galères. — Monseigneur le duc de Bourgogne continue à se faire adorer dans son armée ; il est toujours dans son camp près de Clèves. Les ennemis se retranchent dans le Bétau comme des gens qui craignent d'être attaqués. Les eaux sont plus basses à tolhuys et devant le fort de Schenck qu'elles ne l'étoient quand nous y passâmes à nage il y a trente ans. — Le brigadier qui est entré dans Landau s'appelle Damigny et est lieutenant-colonel de Vermandois.

Mardi 4 , à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire, il travailla l'après-dlnée avec M. de Chamillart, et puis se promena dans ses jardins avec Monseigneur. Madame la duchesse de Bourgogne, qui a une grande fluxion sur les dents , ne fut point à la promenade. -^ On eut nouvelle, par l'ordinaire qui est arrivé d'Italie, que M. de Vendôme s avançoit à Marcaria pour recevoir le roi d'Espagne. 11 a envoyé le marquis de Créquy avec un assez grand corps à Crémone, et l'on croit qu'après que S. M. Catholique y sera arrivée ses troupes passeront le Pô pour aller attaquer Bercello ou pour marcher droit au pont que les ennemis ont à Borgo-

dit^ mais il faut une permission de la cour de Rome pour en retenir les fruits jusqu'à ce que les dettes soient payées; il n'a point de pension et n'en a point demandé.

Dimanche âl^ à Marly. — Le roi tint conseil le matin comme à son ordinaire et se promena toute l'aprèsdinée. Monseigneur alla à la messe de bonne heure et puis se revint mettre au lit et se fit saigner par pure précaution; cela ne Tempècha pas de se promener le soir avec le roi. — On eut des nouvelles de monseigneur le duc de Bourgogne du 16 et du 17. Il est toujours au camp de Santen, où il attend son artillerie , ses caissons et ses gros bagages; c'est le chevalier de Courcelles qui commande l'escorte qui les doit amener. M. de Blainville mande du 15 au soir que le siège de Kaiserswert n'avance points que les assiégeants ne tirent quasi plus; il ajoute même que présentement ce siège est plutôt un ennui qu'une affaire. — Outre les dix-sept régiments nouveaux qu'on fait sans qu'il en coûte rien au roi, on lève encore plus de cent compagnies franches pour mettre dans les garnirons. Des dix ou douze premiers régiments que le roi donna cet hiver à lever, il y en a déjà cinq ou six en état de servir, et celui que le cheva'* lier de Pezeux a levé en Franche-Comté est si beau qu'on mande de Strasbourg^ où il est en garnison ^ qu'il serviroit fort bien en campagne.

Lundi 22 y à Marly. — Le roi tint conseU le matin, travailla Taprès-dhiée avec M. Pelletier, et le soir se promena avec Monseigneur, madame la duchesse de Bourgogne et les dames. — Il arriva deux courriers de monseigneur le duc de Bourgogne; il est encore à Santen. Les lettres de M. de Blainville sont de la nuit du 18 au 19 ; il a fait raser toutes les tranchées du haut Rhin que les ennemis ont abandonnées et où il ne veut pas qu'ils reviennent; il demande à M. de Tallard des vivres pour un mois. Il est pourtant arrivé aux assiégeants un renfort considérable de troupes allemandes; ils entreprendront

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peulrétre d'attaquer la contrescarpe. -^ U est arrivé un bâtiment à Brest venant de la Yera^Iruz. Le Ticenroi s'est fort bien justifié du retardement des gâlionâ; M. de Chàteau^Henaud les amènera^ à ce 4<^'on espère^ et Pon compte qu'ils pourront être en Espagne à la fin du mois d'août. *— Le roi a résolu de faire accommoder ici le salon qui est entre Tappartement de mftdame la duchesse de Bourgogne et celui de Madame ^ comme il a £ait accommoder celui qui est entre son appartement et celui de madame de Maintenon. Ce sera là qii'on mettra la musique^ et l'on a commencé dès aujourd'hui; cela est beaucoup mteuiii: pour les musiciens et plus commode pour les cotîrtisans ; durant le souper du roi^ la musique monta dans les balcons du grand salon par ordre de madame la duchesse de Bourgogne , qui fit chanter les plus beaux airs de Topera de. . .

Mardi 23, à Uarly, — Le roi après le conseil de finance demeura encore jusqu'à deux heures à travailler avec M. de Chamillart^ et l'après-^inée il travailla jusqu'à six avec M. de Pontchartrain. Monseigneur courut le loup. — Le matin, avant le lever du roi ^ il airiva un courrier de M. de Vendôme, qui mande au roi qu'il avoit attendu deux jours ses vivres pendant lesquels il avoit fait différents mouvements afin de mettre les ennemis dans l^incertitude de son dessein , et qu'après avoir £ait prendre du biscuit et du pain à ses troupes^ {Jour six jours il avoit passé l'Oglio le 16 au soir et que le 17 au matin il s'étoit mis à la tète du détacbenient du marquis de Créquy, qui étoit composé de tous les grenadiers de Tarmée ^ de la gendarmerie et des dragons^ et avoit marché en diligence sur la Mela^ qu'il avoit passée à Pra-Âlboino , qui est le camp d'où il écrit le 18 au matin. Le prince Eugène s'étoit avancé avec toute son ^rrnée entre Ustiàno et PrarAlboino, pour se saisir du poste de Pra-Âlboino^ qui est si bon que M. de Vendôme mande quil n'auroit osé y attaquer les ennemis. Le prince

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