MA.RS
étxe pai$ raviet fille dopn^ cette ir^mièire de bufDe à décrasser à M. dp Q^artres , Qodet , qui le fif son giapd vicaire , n^ais qui, avec tput son esprit et sa science, n'en put rien faire qu'un homme de bien. A la piété pi^s, ce fut un pitoyable évêque; on le verra pourtant passer à Tarchevéché de ^ouen et y porter personnellement le rang et les honneurs de Noyon , ce qui étoit sans exemple et qui a toujours été pratiqué depuis. Il en sera parlé pnoore. Son réveil fut proipptemept avapcé, et eut tout jeune le gouvernement de Saiimur.
Dimanche ^T^jour de Pâques y à Versailles. — Le roi assista à toutes les dévotiops de la journée ; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui. Monseigneur fit son bon jour à la paroisse, et Taprôs-dlnée il entendit le sermon et vêpres dans la niche de la tribune en haut. — Daiis les conférences que les HoUandois ont eues avec M. d'Avaux, leurs députés on fait des propositions fort extraordinaires. Ils demandent que les Espagnols leur laissent mettre garnison dans Venlo, Stephensweerd, Ruremonde, Luxembourg, Namut*, Charleroy, Mous, Dendermonde et d'autres placesi encore. L'envoyé d'Angleterre, qui assistoit à ces conférences, ajoute à cela que l'on laisse mettre des troupes d'Angleterre dans Ostende et dans Mieuport. On fait imprimer ces propositions pour faire voir à toute l'Europe le ridicule de leurs prétentions ; et si Ton en vient à la guerre contre la Hollande, il n'y aura point de meilleur manifeste à faire contre eux, car rien ne marque tant la mauvaise volonté de la Hollande et de l'Angleterre. — Monseigneur le duc de Bourgogne a demandé au roi la permission, quand il seroit à Dijon, de revenir ici en poste; le roi lui a permis. Il couchera à Noyers, à Sens, et de Sens ipi; et le roi en même temps permet à monseigneur le duc de Perry de venir de Sens ici en poste.
Ltmdi 28, à Versmlles. — Le roi alla tirer l'après-
faut gouverner un diocèse , l'ayant appris sous un prélat aussi exact dans lous •es devoirs que M. de Chartres. M. le marquis deTigny de Poitou, son Trère^ est ratné de )a maison d'Aubigné. »
née et revint ici à cinq heures et demie pour recevoir la reine d'Angleterre, qui fut enfermée avec lui jusqu'à sept heures, et ensuite alla chez madame la duchesse de Bourgogne et chez Monseigneur. Quand elle fut partie. Monseigneur joua chez lui, où étoit madame la princesse de Conty. Madame la duchesse de Bourgogne alla l'après-dlnée à Saint-Cyr et revint ici à six heures pour recevoir la reine d'Angleterre. — Dans la proposition qu'ont faite à M. d'Avauxles députés de Hollande et l'envoyé d'Angleterre ils demandent encore qu'on donne contentement à l'empereur et qu'il entre dans le traité qu'ils proposent. Le roi , à son lever, a parlé de ces propositions-là à M. de la Rochefoucauld, et lui a dit : «c Vous les verrez imprimées et vous les trouverez encore plus insolentes qu'on ne vous le dit. » — Le roi de Pologne a fait le voyage qu'il avoit résolu pour s'aboucher avec le czar; ils sont convenus ensemble de continuer la guerre contre la Suède. Le czar promet d'entrer, la campagne qui vient , en livonie avec une armée de plus de cent mille hommes; cependant on croit que S. M. Polonoise se rendra aux bonnes raisons de la république de Pologne, qui est d'avis 'de faire la paix avec la Suède et qui presse S. M. Polonoise de ne songer qu'à apaiser les désordres de Lithuanie.
Mardi 29, à Versailles. — Le roi donna audience de congé au connétable de Castille, qui ensuite la prit de Monseigneur et de madame la duchesse de Bourgogne. Le roi lui a envoyé par le baron de Breteuil, introducteur des ambassadeurs, son portrait enrichi de diamants qui valent bien 5,000 pistoles. — Le roi d'Espagne, revenant de la Casa del Campo et passant dans Madrid, trouva un prêtre qui venoit de porter le Saint-Sacrement àun malade; aussitôt S. M. descendit de cheval et marcha à pied à la portière du carrosse où le Saint-Sacrement étoit porté par le prêtre, et l'accompagna jusqu'à Téghse. Il a réformé le conseil de la hazienda ou des finances , et il en a réduit
les officiers au nombre où ils étoient à la mort du roi Philippe II. Q a aussi réformé le conseil des Indes ^ en réformant entièrement la chambre des Indes et réduisant le reste des officiers à un président , un chancelier^ huit conseillers et deux secrétaires. Il a supprimé toutes les charges militaires et civiles qui n'avoient aucune fonction. Il a donné la charge de commissaire général des troupes d'Espagne au marquis de Castanaga, que nous avons vu gouverneur de Flandre. Il a déclaré don Antonio Martin de Tolède grand d'Espagne, à cause de la charge de connétable de Navarre que le duc d'Albe, son père^ lui a cédée. Une commanderie d'un revenu considérable ayant vaqué , S. M., quoique plusieurs personnes la lui demandassent et qu'on ne lui en parlât point pour le marquis de Villadarias,. gouverneur de Ceuta, l'a choisi pour cette commanderie et lui a envoyé six brevets de chevalier des ordres d'Espagne pour en honorer ceux qui se sont le plus distingués à la défense de cette place. Mercredi 30 , à Versailles. — Le roi alla se promener à . Trianon; monseigneur alla à Meudon, où il demeurera jusqu'au voyage de Marly, où le roi ira lundi. Madame la princesse de Conty est à Meudon avec Monseigneur. Madame la Duchesse revint de Saint-Maur, où elle a demeuré huit jours. — Nos troupes d'Italie marchent dans le pays des Vénitiens et vont vers Peschiera ; elles s'établiront dans des quartiers vers le lac de Garde et seront là plus en état de prendre les partis qui conviendront en cas que les troupes de l'empereur veuillent entrer dans l'Italie. — Dans l'absence de M. l'électeur de Bavière, le marquis de Bedmar sera gouverneur général des Pays- Bas catholiques par intérim; il y avoit neuf ans que M. l'électeur de Bavière n'avoit été à Munich. — On a reçu des lettres de nos princes, qui étoient à Avignon la semaine sainte. Le vice-légat a fait défrayer tous les gens et tous les équipages qui étoient à leur suite. Le comtat Venaissin et la viUe d'Avignon ont fait battre des mé-
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dâilles d'or et d'argent du passage de nos princes dans leur pays, et ils ont témoigné autant de joie que les sujets du roi. Monseigneur le duc de Bourgogne a écrit une lettre au roi stlr la maladie de Monseigneur, dont S. M. a été contente au dernier points son bon cœur, son bon esprit et sa religion y paroisseiit également.
Jeudi 81 , à Versailles. — Le roi alla à la volerië ; madame la duchesse de Bourgogne y étoit à cheval à côté de lui. Outre toutes les dames qui ont accoutumé de la suivît à cheval, il y avoit encore la comtesse d'Egmont. — Le parlemwit d'Angleterre a réglé qu'après le roi Guillaume et la princesse de Danemark là princesse Sophie, douairière à Hanovre > est la plus proche dans la ligne protestante pour succéder à la couronne 5 tnais qu'en ce cas, cotnme le successeur seroit étranger, la nation ne pourra être obligée à aucune guerre pour la défense de ses Etats sans le consentement du parlement ; que quiconque parviendra à la couronne jsera obligé de faire profession de la religion anglicane et ne Jiotirra soHir des trois royaumes sans le consentement du parlement. * — Le roi donna mardi audience aU comte d' Apremont, que M. et madame de Lorraine ont envoyé ici pour faire compliment au roi sur le rétablisseJnent de la santé de monseigneur le Dauphin; cet envoyé eut ensuite audience tie Monseigneur et de madame la duchesse de Bourgogne. — M. le comte deTessé a quitté les troupes auprès du lac de Garde et s'en va à Venise, apparemment pour (Jùelque négociation. On est un peu plus content ici de cette république qu'on ne l'avoit été le mois passé. — Le itlarquis de la Forest, qui commandoitla cavalerie du roi de Pologne, est mort à. Vai*80vie ] il étoit François et un des galants hommes du monde.
Vendredi i" avril, à VersaiUes. — Lé roi alla l'aprèsdinée se promener à Marly. Mdilseigneur avoit envie de courre le loup à Meudon , mais il n'y en eut point de détourné ) sa santé se rétablit tous les jours. Il trouve même
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qu'il se porte mieux qu'âtâht sa maladie. -^ On a diminué les louis d'op de cinq sous et les éèus à propoHic^ii ; les louis ne valent plus que douze liVres dix sous^ et lès écus trois livres six sous. ^^ M. le maf^ùis de Ga^sion, sous-lieutenant dans la gendarmerie , a Tagrément du roi pour achetée la lieutenance des gendarmes de Bourgogne, que M. de Mortagne a eu permission de vendre. I»e toi veut qu'il n'en paye que il'6>000 écus , parce que le niarché en avoit été fait à oe prix-là avec M. d'Espinac^ le plus ancien sou&-lieutenant de la gendarmerie > et qui n'a pas pu trouver d'argeUt pour payer cette somtne. Le roi a dit au comte de Gassiou^ lieutenant général, que> si jusques ici il avoit refusé à soti neveu l'agrément d'une lieutenance, ce n'étoit pas manque d'estime ni de considération , mais qu'il Tavoit voulu retenir parce qu'il voUloit i^'avancer trop vite;
Samedis ^ à V^^ailles. -^ Le roi alla tirer. Monseigneur tiourui le loup à Metidon. — On a des nouvelles que Mi. de Savoie a signé le traité; il sera généralissime des armées de France et d'Espagne en Italie; il s'engage à joindre dix mille hommes de ses troupes aux nôtres, et on lui donne pour cela 50^000 écus de subsides par moiSi II compte que le roi d'Espagne épousera sa fille; elle n'a pas encore treiee ans. — M. de Ghamprondj sousliëutenant des gendarmes écossoië , a acheté kk^OOO écus la lieutenance des gendarmes de Berry, qu'avoit le marijuis de Viriville ; il y eLvdit longtemps que Champrond avoit eu l'agrément pour acheter cette charge, mais il n'avoit {>as pu la payer plus tôt; Le marquis de Simiane achète de Champrond la sous-lieutenance des gendarmes éoossois, dont il lui donne 100,000 francs. — Le bruit qui avoit couru que M. de Tessé commanderôit aux autreé lieutenants généraux sous M. de Catinat ne s'est pas trouvé véritable. Le roi est très-content de lui; il lui a écrit des lettres très-obligeantes sur sa conduite^ mais il n'a pclB jugéà propos de lui (ionuier cette 4iistinction-là.
Dimanche 3y à Versailles. — Outrele conseil que le roi tint le matin à son ordinaire^ il tint encore conseil an retour de Trianon ,où il étoit allé se promener Paprès-dlnée. Madame la duchesse de Bourgogne dinachez madame la duchesse du Lude; elle n'en sortit que pour aller au salut. — Le roi de Portugal a signé un traité de ligue o£fensiYe et défensive avec la France et TEspagne. 11 s'engage à ne laisser entrer dans ses ports aucuns vaisseaux anglois ni hollandois et à interdire à ces deux nations tout commerce dans ses États; nouvelle très-considérable dans les conjonctures présentes. — Dans cette semaine nous aurons de nos troupes dans Mantoue ; on en attend incessamment la nouvelle^ car le traité est conclu avec H. de Mantoue^ et le jour pris pour faire entrer nos troupes dans cette place, dont nos troupes sont fort proches^ étant en des quartiers sur le lac de Garde. Elles y vivent avec beaucoup d'ordre, payant généralement tout ce qu'elles prennent, discipline fort différente de celle qu'avoient les Allemands en Italie, où ils ne songeoient qu'à piller. M. de Savoie fait des levées considérables dans ses États pour joindre à nos troupes les dix mille hommes qu'il s'est engagé de fournir. — Le connétable de Castille, qui prit son audience de congé il y a quelques jours, vint encore ici et prit congé du roi en particulier. Le roi l'embrassa lui disant adieu. Pendant le séjour qu'il a fait ici, le roi lui a fait rendre des honneurs qu'on rend très-rarement aux ambassadeurs ; par exemple le prévôt des marchands à la tète de la maison de ville alla chez lui après son entrée lui porter les présents de la ville. On fit le même honneur au marquis de los Balbazès quand il vint pour le mariage de la feue reine d'Espagne , fille de Monsieur. — M. de Vaubourg, intendant à Rouen, a demandé à se retirer. Le roi envoie en sa place M. d'Herbigny, qui étoit intendant à Lyon, et l'on envoie pour intendant à Lyon M. Guyet, qui étoit intendant à Pau; et l'on donne Tintendance de Pau à M. le Bret, fils du premier président
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de Provence. Tous ces intendants sont maîtres des requêtes. M. de Vaubourg, qui se retire, est un homme d'un grand mérite et qu'on croit qui ne prend ce parti-là que par dévotion*. Son frère, qui étoit capitaine aux gardes avec réputation, quitta d^ même le^régiment des gardes, et a mené toujours depuis une vie fort retirée.
* Ce M. de Vaubourg étoit frère de Desmarets , chassé des finances, puis 'revenu sur l'eau, enfin contrôleur général des finances et ministre d'État ; et ce frère capitaine aux gardes, dont il est ici parlé , devint évéque de Saint-Malo. Un autre est mort archev^ue d'Aueh.
Lundi 4, à Marly. — Le roi partit de Versailles après avoir entendu vêpres dans la tribune. Il alla à Saint- Germain dire adieu au roi et à la reine d'Angleterre, qui partent demain pour Bourbon, et puis S. M. vint ici, où elle passera toute la semaine. Monseigneur partit de Meudon après son dîner avec madame la princesse de C!onty , alla à Saint-Germain dire adieu à LL. MM. BB. et arriva ici un peu après le roi. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Saini-Germain faire «es adieux avant que le roi y fût arrivé. Il y a ici de dames nouvelles la comtesse de la Marck. Monsieur et Madame et M. de Chartres sont de ce voyage, et arrivèrent le soir de Paris. •— Le roi fait donner au roi d'Angleterre 100,000 francs par mois durant son voyage; on croit qu'il ne reviendra que dans le mois de juin. Outre cela le roi lui entretient six-vingts chevaux d'équipages et lui fournit beaucoup de commodités durant son voyage. S. M. a une application particulière pour qu'il ne leur manque rien, et LL. MM. BB. sont plus charmées que jamais de toutes ses bontés. Le duc de Berwick , qui étoit à Rome , en est revenu en diligence sur la nouvelle de la maladie du roi son père, et il le suivra à Bourbon.
Mardi 5, à Marly. — Le roi fit le matin la revue de ses gardes du corps et de ses grenadiers à cheval; jamais ils n'ont été si beaux et si bien montés. Le roi leur or-
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donna de se tenir prêts à marcher le 25 de ce mois , et leur fait donner environ 40,000 écus pou^ ïjue chaque garde ait un bidet. On parle d'un assez grand change^ ment partni les officiers de ce cotps, parce qu'il y en a plusieurs qui, par leur infirmité et leui*s blessures, sont obligés de se retirer; mais cela n'ert pas encore t^glé. -^ L'après-dlnée le roi monta en calèche avec Madame pour aller courre le cerf. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne étoient partis à cheval quelque temps auparavant le roi. Au retour de la chasse le roi se promena dans ses jardins et dit à M. le chancelier, qui revenoit de Versailles, où il avoit tenu conseil, (Ju'oil pouvolt ooihpter présentement que nos troupes étoiëtit ddûB Mantoue j elles y doivent être entrées ce matin. Le cerf aux aboie tourna sur les dames qui étoient à cheval et frôla mar dame la duchesse de Bourgogne, qui lui donna un coup dé pied. Le roi ne sut cela qu^au retour de la ehasse et en étoit en peine jusqu'à ce qu'il la vit de retour. — ^ LL. MM. BB. partirent de SainlrGermain pour Bourbon ; la l*ine alla coucher aux Filles de Sainte-Marie à Chailloti et le roi son mari, à Paris, chez le duc de Lauzun.
Mercredi 6 , à Marly. — Le roi tint conseil le matin à son ordinaire ; tous les ministres sont ici ce voyage. Après dîner le roi se promena jusqu'à la nuit. -^ Le roi a commandé à M. de Tallard de se plaindre en Angleterre de ce qu'un vaisseau de cette nation a tit'é du canon sur un petit bâtiment de Franôe, comme si nous étions eti guerre. Il parolt que le roi Guillaume cherche noise. — Les Hollandois avoient fait imprimer les extraordinaires propositions qu'ils ont faites à M. d'Avauk; mais ils ont jugé à propos depuis de les supprimer. — i- Le pape n'a point encore donné au roi d'Espagne l'investiture pour le royaume de Naples ; mais on ne doute pas qu'il ne la donne incessamment. 11 ne seroit pas même nécessaire de l'avoir ; elle fut donnée au roi Ferdinand d'ArAgoû pout loi et ses desoendants mâles et
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femelles^ moyennant Thommageet la haqiienée blanche que Tambassadeup d'Espagne présente toits leâ ahs à SA Sainteté. Les 7,000 écus qu'ofa paye tous les ans au Saint- Siège est une redevance établie par Charles-Quint; le royaume do Najples ayant été jusque-là jugé incompatible avec Fempirej il traita avec le pape, et par les 7,000 écus qu'il s'engagea de donner tous les an^ il leva toutes les oppositions qu'on lui faisoitj
Jeudi 7 , d Marly. — Le rOi so promena tout le matih oi toute l'après-dlnée dans sott parc et dans ses jardins. Monseigneur vouloit courre le loup^ mais il n'en trouva point. — Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berr^^ en partant de Valehce, ont pris la rOute duDauphinë, et ne seront à Lyon que le 9 de oe mois ; ils sont en pai^faite santé. Monseigneur le duc de Bourgogne compte toujours d'aller cette année à Tarmée. — L'entrée du roi d'Espagne à Madrid, qiii devoit se faire le k de ce mois, a été remise jusqu'au mois de mai. Ces jours passés^ 8. M. C.y étant allée à une de ses maisons de campagne pour y chaslser l'après-dlnée, fit manger avec lui les grands qui avoient eu l'honneur de le suivre. Ils s'opposoient à Thonneur que le roi leur vouloit faire, disant que ce n'étoit pas la coutume d'Espagne ; S. M. eut la bonté de leur répondre que dans les choses où il s'agiroit de la grandeur de la monarchie il suivroit exactement l'étiquette du palais , mais qu'il s'en vouloit dispenser quand il ne s'agiroit que de procurer à des gens comme eux des commodités et des agréments. On mande qu'il est adoré en ce pays-là et qu'il commence déjà à remettre beaucoup d'ordre dans les affaires du royaume.
Vendredi 8> à Marly. — Le roi alla l'après-dinée courre le daim avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Monseigneur couriit le lou|^ le matin, et au retour de la chasse mangea chez lui et seul; il se ménage fort présentement sur le manger. Madame la duchesse de Bour-
gogne partit un peu avant le roi et à cheval. La chasse du daim ne fut pas belle. — On mande de Londres qu'il n'y a encore aucune résolution prise dans le parlement pour lever des troupes ; on ne croit pas même que l'on puisse trouver dans les trois royaumes les trente mille matelots qu'on veut lever pour la flotte» L'orateur a parlé avec beaucoup de force, et l'on commence à croire que le roi Guillaume n'est pas maître absolu de ce parlement; ils ont déjà pris la liberté de le blâmer d'avoir consenti et contribué même au traité de partage fait avant la mort du roi d'Espagne, et ont fait une adresse pour supplier le roi de ne jamais faire aucun traité à l'insu du parlement. Ils ont chassé de la chambre basse quelques députés convaincus d'avoir reçu de l'argent de la cour et ont fait mettre dans la Tour celui par les mains de qui a passé l'argent donné à ces députés-là.
Samedi 9, à Versailles. — Le roi, après avoir entendu la messe à Marly , monta dans sa calèche avec Madame et alla courre le cerf, revint dîner à Marly, et après dîner s'y promena jusqu'à la nuit, et puis revint ici. Monseigneur alla de Marly dîner à Meudon et revint ici pour le souper du roi. Madame la duchesse de Bourgogne entendit la messe du roi incognito et puis alla se mettre dans le bain, d'où elle ne sortit que pour dîner avec S. M. — Le maréchal de Boufflers arriva ici de Flandre, et s'y en retournera dans huit jours; les régiments des gardes françoises et suisses ont ordre de se tenir prêts à marcher entre le 20 et le 25 de ce mois ; il y a aussi trois cents mousquetaires commandés , cent cinquante par compagnie. — Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry doivent arriver aujourd'hui à Lyon. — M. le cardinal de Bouillon a passé autour des murailles de Turin sans entrer dans la ville. — Segrais, de l'Académie françoise et connu par beaucoup d'ouvrages qu'il a faits et en vers et en prose, mourut ces jours passés à Caen , où il étoit retiré.
Dimanche 10 avril y à Versailles. — Le roi alla Taprêsdlnée se promener à Trianon. — Le roi envoie M. de Château-Renaudavec trente vaisseaux dansFAmérique; quand ilen approchera il prendrale pavillon d'Espagne. S. M. C. lui donne en ce pays-là le commandement absolu et sur mer et sur terre, avec 6,000 écus d'appointements, outre ceux qu'il tire de France. — Durant le voyage deMarly, le roi a parlé avec éloge du président Rouillé , notre ambassadeur en Portugal; il a signé le traité avec S. M. Portugaise de la part des rois de France et d'Espagne ; il avoit dès pleins pouvoirs pour cela de S. M. C. comme du roi. — M. de la Haye, notre ambassadeur à Venise, se trouvant fort vieux et fort incommodé, a demandé d'être rappelé, et le roi envoie en sa place M. Hennequin de Charmond, qui vient d'acheter de M. de Saint-Pouanges la charge de secrétaire du cabinet. — Le maréchal de Tourville est dangereusement malade à Paris; on ne croit pas qu'il en puisse revenir ; il s'étoit mis depuis quelques mois dans une grande dévotion.
Lundi 11, à Versailles. — Le roi alla à la volerie; madame la duchesse de Bourgogne y étoit à cheval avec beaucoup de dames. Après la volerie , le roi alla à Trianon; Madame revint ici, et madame la duchesse de Bourgogne demeura à cheval avec les dames à se promener. — Le roi nous dit à son petit coucher qu'il avoit reçu deux bonnes nouvelles , l'une est la signature et la ratification du traité fait avec M. de Savoie; le roi avoit eu la précaution , pour empêcher cette affaire-là de traîner en longueur, d'envoyer à Phélypeaux, son ambassadeur à Turin, la ratification par avance. L'autre bonne nouvelle est que nos troupes sont entrées dans Mantoue; le roi nous avoit dit mardi à Marly qu'elles y dévoient entrer ce jour-là; cela s'est exécuté comme on l'avoit projeté. — Parle traité fait avec M. de Savoie, le roi lui promet de lui donner SO^OOO.écus par mois de subsides, moyennant quoi ce prince joindra aux troupes de France
et da TEspagne en Italie huit mille hommes de pied et d^nx mille cinq cents chevaux; il a toutes ees troupeslà prêtes à^ marcher, et il en lève d'autres pour mettre en g^rpison dans ses places.
Mardi 12, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée. — Le roi eut le détail de ce qui s'est pas3é à l'entrée de nos troupes dans Mantoue. Dix mille hommes avoient marché comme pour investir la place , et se saisirent des postes qu'on auroit pris si on en eût voulu faire effectivement le siège. M. de Mantoue , qui étoit dans la place , dit qu'il ne pourroit pas résister aux troupes de France et d'Espagne, et fit ouvrir une des portes de la ville. Il y entra si)$: bataillons françois et un bataillon espagnol. Le chevalier de Tessé comimandera dans la place en fen- 4ant toutes sortes de respects à M. de Mantoue. Les Vénitiens ont pris le parti de la neutralité ; ils abandonnent le plat pays aux troupes qui voudront entrer et leur donneront des vivres en payant; mais si l'empereur veut se saisir de quelques-unes de leurs places ou entrer de force dans des lieux fermés, ils appelleront à leur secours les François et les Espagnols; ou si les François et les Espagnols veulent se saisir de quelques-unes de leurs places malgré eux, ils appelleront les Allemands à leur secours. Nous aurions souhaité qu'ils eussent fait quelque chose de plus , mais nous ne devons pas être mécontents du parti qu'ils prennent. — Jladame de Florensac reparut à la cour; elle avoit été quelques années sans y venir, pt le roi a trouvé bon qu'elle y revint.
Mercredi 13, à Versailles. — Le roi se fit saigner par pure précaution ; ce fut Gervais qui le saigna pour la première fois. Le roi eut quelque peine à se résoudre à la saignée, mais les conseils de M. Fagon et les prières de Monseigneur l'y déterminèrent. 11 fut saigpé à» huit heures et demie , et sans que pas un des grands officiers y entrât; Monseigneur y étoit. A opzehenfes, le roi alla à' la messe à la chapelle; au retour il mangea seul dans ses
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cabinets, oi^ personne n'entra, pt aprèp (Uner il tint con- Sfsil ju^qu^à six heures, t— Le warquiÉi de Sesanne arriva d^Espp^gqp ; on a chsu^sé la nourricp du roi parce qu^elle repevoit des présents, ce qui l]ii ayoit été très^expressément défendu . Elle ipeyient ici, et le roi d'Espagne lui donne 10>000 francs de pension ; sqn mari demeup^ à Madrid, où il a quelques petites chargés. S. M. G. fait de grandes céfprmes d^.ns ses conseils et dans sa cour; elle est adorée m ÇG paysrlà n^algré la réforme qu'elle fait. —- Le roi a donné ]£^ çlis|,rge d^enseigne de la compagnie de Duras qu^^voitSiei^neàGondras, quiétoitle plus ancien exempt 4a Is^ conipagnie et qui est d^ la maison de la Rochefoucauld, l^ ï*oi ^ aussi dpnpé renseigné qu'avait Tracy 4yarpai$| mestre de camp dp cavalerie, et 2,000 pistoles ppwr sion régiment, que le roi donne à Tracy, avec une i^ygiQcntation de 4,000 francs à sa pension, qui étpit de S|;,OOP liy?*es; si bien qu'il a présentement 2,000 écus de pension. S^ maladie n'étoit qu'une fièvre phaude qui i^vpit douné lieu au n^auvais bruit qui avait couru.
Je^diik , à Vermille$. — Le roi allariaiprès-dlnée se promener à Marly ; il se trouve encore plus léger et en meilleure sapté depuis sa saignép. — r On a des nouvelles que M. le cardinal de bouillon a p^ssé àChambéry; on le cppij; présentement arrivé à Cluny, -r- Messeigneurs nos princes ont 4^peuré quplques jpursà Lyon; ils y ont été reçus |prt magnifiquement; la plupart des jeunes gPfls qui les avoient suivis prirent congé d'pux à Lyon ppvir revenir ici. Monseigneur le dw dP Bourgogne prendra la poste à Dijon lundi matip, et il a mandé au roi qu'il arriverpit ici ipercredi de bonne hepre. : — Le roi a ipdiqné 4 dimanche un chapitr-e des chevaliers de rOrdrp ppur remplir les depx places vacantes parmi les ecclésiastiques, savoir : celle de ^. le cardinal de Coislin, qyi, étaptfj^yenu grand aumôijier, pst comn^andeiir pgir S^chargp; ainsilaplaçeqvi'ilavoitdapsrOrdre vaque papcp qu'il n'en peut pas avojr deux; et cpllp d^ M. de Noyon,
go JOURNAL DE DAIfGEAU.
mort depuis quelques mois. Le cardinal de Goislin a prêté depuis quelques jours le serment de la charge de grand aumônier. — La diète des Suisses se tient à Bade; jusqu'ici les Suisses paroissent très-bien intentionnés pour maintenir la paix de l'Europe , et même les cantons protestants accordent à la France et à l'Espagne tout ce que Ton souhaite d'eux.
Vendredi 15 , à Versailles. — Le roi alla courre le cerf Taprès-dlnée et puis alla se promener à Trianon ; il quitta la chasse avant qu'elle fût finie. Monseigneur y demeura jusqu'à la fin, et madame la duchesse de Bourgogne, qui étoit allée se promener en carrosse, se trouva à la mort du cerf. — Par les nouvelles d'Angleterre qu'on reçut hier au soir, on a su que le parlement avoit déclaré milord Portland criminel, mais non pas de haute trahison^ comme on l'avoit dit d'abord; le chancelier avoit été accusé aussi par le parlement, mais il y a eu sept voix pour le justifier plus que pour le condamner. — Les gardes du corps, les gendarmes, les chevau-légers et le détachement des mousquetaires marchent en Franche-Ck)mté. — M. rélecteur de Bavière aura quinze mille hommes en comptant ce qu'il a de vieilles troupes. Les cercles de Franconie et de WestphaUe, les électeurs de Mayence,* de Trêves et de Cologne se liguent tous ensemble pour conserver la neutralité et empêcher la guerre en Allemagne. — M. de Nyert, premier valet de chambre du roi, arriva hier d'Espagne, où il étoit allé avec le nouveau roi par pure curiosité ; le roi Ta entretenu longtemps de Tétat de cette cour.
Samedi 16, à Versailles. — Outre le conseil de finances que le roi tint le matin, comme il le tient tous les mardis et les samedis , il tint encore conseil Faprès-dlnée jusqu'à cinq heures pour les affaires des religionnaires, et puis il alla se promener à Trianon. — M. l'électeur de Bavière a vu rélecteur palatin, qui s'est plaint à lui de ce qu'on ne lui proposoit point d'entrer dans la neutralité,
comme on ravoit proposé aux autres princes qui ont leurs États sur le Rhin. M. l'électeur de Bavière lui a répondu qu'il avoit toujours paru si attaché à l'empereur qu'on avoit cru ne lui devoir faire aucune proposition de la part de la France, mais qu'il croyoit qu'on lui en feroit volontiers s'il vouloit se porter à conserver la paix en Allemagne. L'électeur palatin lui dit qu'apparemment la France songeoit à ruiner son pays , mais qu'en cas qu'on n'eût point de mauvaise volonté contre lui de ce côté ici il entreroit avec plaisir dans la neutralité de l'empire. M. l'électeur de Bavière a rendu compte ici des bonnes dispositions où il a trouvé cet électeur, et le roi a donné ordre à M. des Alleurs, son envoyé auprès de l'électeur de Ciologne, d'aller voir quelles mesures on pourroit prendre avec l'électeur palatin. — Monseigneur alla à M^udon pour y demeurer jusqu'à mercredi ; il y a mené fort peu de courtisans et a défendu qu'on lui demandât pour ce voyage.
Dimanche 17, à Versailles. — Le roi, en s'habillant, .nous dit que les deux commandeurs de l'Ordre qu'il alloit nommer n'en savoient rien et qu'il ne les avoit nommés qu'à Monseigneur. Au retour de la messe il fit entrer les chevaliers de l'Ordre dans son cabinet et nous dit que, pour remplir les deux places vacantes, il avoit choisi MM. les archevêques d'Aix et de Sens *. L'archevêque d'Aix, qui étoit à Paris, vint remercier le soir S. M., et M. de la Vrillière, qui est secrétaire de l'Ordre, fut chargé d'envoyer un courrier à M. de Sens, qui est dans son diocèse. M. l'archevêque d'Aix est sous-doyen des prélats de France ; il n'y a que Tévêque de Senlis plus ancien que lui. Monseigneur vint ici de Meudon pour le chapitre et s'y en retourna dîner. Madame la duchesse de Bourgogne alla Taprès-dlnée à Saint-Cyr. — L'empereur a mandé au roi Guillaume et à MM. les États Généraux qu'il ne pouvoitpas commencer la guerre que l'Angleterre ne lui donnât quatre millions et la Hollande
autant. Il ne parolt pas que le parlement d'Angleterre ait assez d'envie de voir commencer la guerre poor fournir une si grosse somme.
* Ces dea\ archevêques étoient deux hommes bien di£féreQ|9. Gelif i d'Aix étoit M. de Gosnac, si connu par ses intrigues du temps qu'il étoit premier aumônier de Monsieur et évéque de Valenee , et qui eut d-après tant de part a remettre la célèbre madame dei Uisins en selle, dont sa mèce éto^t parente , et qu'ils avoieiit mariée au ^oroier AQflnt* de la maison d*Egqi^oiit. L'autre étoit Fortin de la ^pguette, qfj^ av^^t été évê^ue de Poitiers, grand évêque, grand homme de bien et savant^ et toutefois honmie du monde et qui s'y savoit très-dignement conduire.
Lundi 18, à Vmailles. — Le roi prit médecine et tint conseil Taprès-dlnée. Madame la dui[>basse de Bourgogne entro, chez le roi au retour de la messe. — L^état pour les armées de Flandre et d'Allem agne est fait ; il y aur^ dans chacune de ces armées plus de cent escaflrons .et soixante bataillons auHU)ins. — On mande de Vienne que le prince Louis de Bade est raccommodé aveo l-^mppreur et qu'il commandera son armée sur le Rbin. On ma^de en même temps que le bruit y court que S. M. I.,. voyant qu'elle ne peut rien entreprendre en Italie avec espérance d'y réussir, tournera presque toutes ses forces du côté du Rhin; mais nous cpoyQUS ici qu'il trouvi»*oit de ce côté-là des diflicultés aussi insurmontables que du côté d'Italie. — H. de Tallard, aotre am bassadeur en Angleterre, revient de ce pays-là et doit arrivpr ici ceette semaine. Le roi laisse un résident à Londres, et ce résident est M. Poussin, qui ayoit été longtemps avec M* de Rebenac dans ses ambassades et depuis à Rome avec M. le cardinal de Bouillon , qui s'en plaignoit fort. Depuis les nouvelles qu'on a eues que ce cardinal avoit pa^sé à Chambéry on n'en a pas entendu parler ; il est (certain qu'il n'a point passé à Lyon. On ne sait quelle route il ft pris, ni s'il est demeuré à Chambéry.
Mardi 19 , à Versailles, — Le roi alla l'après-dlnée se promener à Harly, d'où il revint fort content par lesno»-
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▼eaux embelliagements qa^il y a Csdt faire et qui ont trèshàetL réussi; il nous en parla le soir à son coucher avec j^aisir. -?• Monseigneur courut hier le loup et au retour dé la cha^ie^ comme il étoit à table^ madame la duchesse de Bourgogne entra; il ne s^attendoit point à sa visite et fut fort aise de la voir. ~ Le roi javoit cru toute la journée que monseigneur le duc de. Bourgogne pourroit arriver le^soir, mais il ii'arriva pas; il avoit mandé qu'il arriveroit mercredi, et on CToyoit qu'il voudroit surprendre en faisant une diligence extraordinaire. — M. k mApéchsd de Boufflers partit liier pour retourner à L31e; e'estlui qui commandera notre armée en Flandre^ et le maréchal de Villeroy commandera celle d'Aile* magrie sous monseigneur le duc d^ Bourgogne. Le soir le roi régla le nombre des gardes qui demeureront auprès de mionseigneur le duc de Bourgogne; c'est à peu près commequand Monseigneur étoit à l'armée. On doit nommer après-demain les officiers généraux qui doiven servir dans les armées d'Allemagne et de Flandre. — On mande qu'il y a sur les côtes d'Angleterre trente vaisseaux anglois ou hoUandois sur lesquels on doit embarquer des troupes^ et que le roi Guillaume veut faire entreprendre quelque chose sur les Espagnols dans l'Amiérique.
Mercredi 20> à Versaillis. --* Le r(H ne Bovtàt que sur les quatre heures pour aller se promener à Trianon; il avoit résolu dès le matin de ne point sortir que monseigneur le due de Bourgogne ne Mt arrivé. (Ce prinœ avoit couché à Sens et arriva ici avant trois heures. Le roi l'attendit dans son eaj^pet^ et le voyant venir alla audevant de lui jusque dans le salon, où' il l'embrassa tendvement) et puis il le fit embrasser madame la duchesse de Bourgogne^ qui avoit fait porter son dîner chez ma*dame de Maintenon , quoique madame de Maintenon n'y lui pas, parce qu'on voit de sa chambre dans l'avenue et qu^elle vouloit avoir le plaisir de voir arriver monsei-
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gneur le duc de Bourgogne de loin. Dès qu'on l'aperçut dans l'avenue, elle alla chez le roi l'attendre. On ne peut pas témoigner plus de joie qu'ils en ont témoigné l'un et l'autre de se revoir, et ce prince a été reçu du roi à la perfection. S. H. lui a déclaré qu'il commandera l'armée d'Allemagne en cas que l'empereur nous déclare la guerre de ce côté-là. Monseigneur revint de Meudon, et monseigneur le duc de Bourgogne alla le recevoir au pied du degré et le suivit chez madame la princesse de Conty ; puis il alla voir Madame. Monsieur vint le soir chez madame de Maintenon, qui ne rentra chez elle qu'à trois heures; on l'alla quérir chez la chancelière, où elle avoit dîné. Ensuite monseigneur le duc de Bourgogne^ alladiner dans son appartement, où madame la Princesse et madame ^la Duchesse vinrent et où beaucoup de dames et la foule des courtisans vinrent le saluer. Us s'étoient tous trouvés à son passage depuis le bas du degré jusque chez le roi. S. H. laissa son cabinet tout ouvert, où les dames du palais et les privilégiés entrèrent qui virent avec grand plaisir la bonne réception. Le soir monseigneur le duc de Bourgogne alla jouer au brelan chez madame la princesse de Conty pendant que Monseigneur y jouoit de son côté. Le soir après souper, le roi les envoya coucher, madame la duchesse de Bourgogne et lui, un moment après qu'ils furent entrés dans son cabinet. Monseigneur le duc de Bourgogne est arrivé en bien meilleure santé que nous ne l'avions cru. Monseigneur le duc de Berry couchera samedi à Sens et arrivera ici dimanche en chaise de poste. Le roi le mènera à Marly, où il ira lundi pour y passer le reste de la semaine.
Jeudi 3ti, à Versailles. — Le roi donna audience à M. le comte de Briorde, arrivé de Hollande depuis quelques jours, mais son mal l'avoit obligé de demeurer à Paris ; il n'a salué le roi qu'aujourd'hui. L'après-dinée le roi alla à la volerie; Monscifirneur y vint avec Madame. Mon-
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seigneur le duc de Bourgogne partit d'ici à cheval, et madame la duchesse de Bourgogne y mena toutes ses dames dans son carrosse ; elles montèrent à cheval à la grande grille quand le roi fut arrivé. Avant que de partir pour la chasse, le roi dit à M. le duc de Chartres, qui le pressoit fort de lui permettre de faire cette camgagne, qu'il y consentiroit si Monsieur le trouvoit bon. Monsieur yconsent; ainsi ce prince accompagnera monseigneur le duc de Bourgogne à l'armée, mais ils ne partiront pas que la guerre ne soit déclarée. M« le duc du Maine et M. le comte de Toulouse serviront, et l'on croit quUls serviront de lieutenants généraux dans l'armée de Flandre sous M. le maréchal de Boufflers. — M. le comte d'Avaux, notre ambassadeur en Hollande, revient incessamment, et on laissera à la Haye pour résident le secrétaire de M. de Briorde, qui s'appelle Vray, qui est un garçon qui écrit assez bien et dont on est content ici. Vendredi 22, à Versailles. — Le roi, après son diner, fit la revue de ses deux compagnies des mousquetaires à pied et à cheval dans la cour du château ; il leur fit faire l'exercice et puis il alla se promener à Trianon. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup, revinrent souper chez madame la princesse de Conty, se promenèrent ensuite dans le jardin jusqu'à la nuit et puis ils entrèrent chez elle, où ils jouèrent au brelan jusqu'au soupei^du roi. Madame la duchesse de Bourgogne alla trouver le roi à Trianon et puis revint chez madame* la princesse de Conty voir jouer Monseigneur; elle y fit collation. — On mande de Vienne que le comte de Mansfeld , grand maréchal de l'empereur, alla ces jours passés chez le duc Moles, ambassadeur d'Espagne, à qui il déclara, de la part de son maître, de ne plus venir à Taudience et de sortir de Vienne dans trois jours, déclarant qu^on en usoit ainsi parce qu'on avoit obligé en Espagne le comte d'Auersberg, ambassadeur de l'empereur, de se retirer. On mande aussi que
le prince Louis de Bade s'en retcrurtioit chèa lui en Bohème sans avoir obtenu satisfaction sur les 300^000 écils d'appointements que l'empereur lui doit de la dernière guerre. Le comte de Stltremberg^ président du conseil de gucnt^re^ qui défendit Vienne coatre les Turcs, est mort.
Samedi 23, à VerMilUs. — Le roi alla tii^r Taprèsdlnée et puis revint se promener à Trianon. Monseigneur alla dîner à Meudon, d'où il ne revint que pour le souper du roi; madame la duchesse de Bourgogne ^ qui s étoit trouvée un peumal le matin, alla le soir, sur les six heures, s'y promener avec lui. — On devoit nommer aujourd'hui les officienS généraux, mais on ne les nommera que lundi quand le roi sera parti pour Marly; le roi évitera par là les remerciments et lefi nouvelles sollicitations (1). — La Suède, par une délibération unanime du sénat, a reconnu le roi d'Espagne, et cette délibération est confirmée par S. H. Suédoise, qui est en Livonie. — On a eu avis de Lyon que le . cardinal de Bouillon y avoit passé , et on a su depuis qu'il arriva dimanche dernier à Gluny. — H. le duc de Savoie a écrit au parlement d'Angleterre et a adressé sa lettre au garde des sceaux par laquelle 8. A. R., par le droit de madame de Savoie, s'oppose à la disposition que le parlement a faite eu faveur de la duchesse d'Hanovre douairière, à la succession de la couronne d'Angleterre. On continue les procédures contre milord Portland. La chambre basse a fait assurer le roi Guillaume qu'elle lui donneroit les moyens de soutenir le traité fait avec les États Généraux en 1677; ce traité n'est que pour la défensive.
IHmanche 24 , à YersidlleÉ. — Monseigneur le duc de Berry, qui avoil couché à Sens, arriva ici sur les trois heures; il alla d'abord chez le roi, où étoient monsei-
(1) Op n'a nommé que le seul M. Rôsen, et on croit qu'il commandera an corpdséfwM. {J9ùh nie Dangeau.)
gneur le due de Boiirgogne et nladame la dilchesse de Bourgoglië; eosuite il descendit chez madame la princesse de Conty, crû étoitlfonBeigneiiP.Noiis Tavonfe trouvé fort crû et un peu grossi. Au retour de Marly, il commencera à monter à cheval. Le roi ne lui donnoit que 1,000 fFaneë par mois plour ses menus plaisirs; il aura présentement 1,000 éeus par mois. 11 soupera tous les soirs ai¥éc le roi ; mtlis il se retir^a chez liii en sortant de tablei et n'entrera pas après souper dans le cabinet, comme les enfants du l*oi y entreilt, parce que 8. M. veut qu'il se eouche de meilleure heure. — Le marqUisde Datnplerre, cornette deâ chevau-légers d'Anjou , en a acheté la sous-lièutenance^ qu'avoit M; de Gassiod^ à qui il en éonne 84',000 francs. — Le roi donne une pension dé â^OOO éçus à M. le chevalier de Luxembourg ^ fila du feu maréchal de Luxembourg; il est colonel du régiment de Piémont» — • H. de Tallard devint de son ambassade d'Angleterre et fut fort bien reçu du roi.
Lundi 25, à Marly, — Le roi partit de Versailles sur les quatre heures pour venir ici. Monseigneur le duc de Berry est du vo;^age; il loge au prétnier pavillon du côté des dames, et M. le duo àb Beauvilliers loge avec lui. Tous les sous-gouverneurs dei^ princes sont ici pour la première fois. — Le roi, le Inatin & Versailles , donna â M. le comte de Tallard le gouvernement du pays de Foix avec permission de le vendre j on lui fefa payer les deux années d'appoii^itements qui sont dues depuis que ce gouvernement est vacant. Le roi le fait chevalier de l'Ordre ; il sera reçu à la Pentecôte ; S* M. fera rassembler le chapitre dimanche prochain pour cela. — M. le duc de Chartres ne servira point; le roi a trouvé qUe cela ne convenoit point à ses intérêts, et avoit espéré que Monsieur en détourneroit M. de Chartres; mais Monsieur n'ayant pas voulu s'en charger, le roi a témoigné à M. de Chartres qu'il lui feroit plaisir de n'y plus songer. Mn l^ Huc^t.Ml. Iç pwq?,d^.Go»ty f^y^ent p«rlÔHau,»Qi
il y a quelques jours, et s'étoient présentés pour servir, et lui avoient tenu l'un et l'autre des discours très-soumis et point embarrassants, tels enfin que le roi lespouvoit souhaiter.
Mardi 26, à Marly. — Le roi, après son dîner, monta dans une petite calèche avec Madame et alla courre le cerf. Quand on arrive au laissez-courre. Madame monte toujours à cheval, et le roi se met dans une calèche encore plus petite, qu'il mène lui-même ; elle est à quatre chevaux avec un postillon. 11 y a d'ordinaire deux autres calèches de même espèce; dans l'une est madame la Duchesse, qui mène aussi et y a d'ordinaire deux ou trois dames avec elle; dans l'autre calèche ce sont des dames de madame la duchesse de Bourgogne. Monseigneur partit pour la chasse avec madame la duchesse de Bourgogne, à cheval; au retour le roi se promena jusqu'à la nuit dans ses jardins. — Outre les cinquante-cinq bataillons de milice dont nous avons parlé il y a déjà longtemps, on en lève encore quinze autres, dont il y en aura cinq de levés dans la seule province de Languedoc , et ces soixante-dix bataillons sont en état de marcher à la fin du mois. — On mande d'Allemagne que les troupes que l'empereur fait marcher en Italie marchent toujours fort lentement et qu'ils n^ont que très-peu de vivres dans les magasins de Trente.
Mercredi 27, à Marly. — Le roi tint conseil le matin à son ordinaire et se promena Taprès-dlnée dans les hauts de Marly avec Monseigneur, qui les trouva fort embellis. Le roi a fait mettre ici à l'en tour des terrasses du château une balustrade de fer parfaitement belle, et fait faire des sphinx et de beaux groupes d'enfants pour mettre dans les angles. — On eut nouvelles d'Espagne que S. M. C. avoit fait, le 14 de ce mois, son entrée dans Madrid, qui a été fort magnifique. On ne fait point la cérémonie du couronnement pour les royaumes deCastille^ mais on la fait pour les royaumes d'Aragon, et le roi
catholique ira pour cela^ dans quelque temps, àSaragosse^ où il jurera les privilèges de ces royaumes*. — Le bruit commence à se répandre qu'au chapitre des chevaliers de l'Ordre qui se tiendra dimanche il y pourra avoir quelque changement dans la disposition que le roi avoit faite au dernier chapitre qu'il tint il y eut dimanche huit jours. — Le maréchal de Tourville continue à être dangereusement malade^ et on n'en espère quasi plus rien.
* H n'y a ni couronnement ni habits de cérémonies quelconques en Espagne depuis l'union de ses États par Ferdinand et Isabelle.
Jeudi 28, à Marly. — Le roi courut le daim avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Monseigneur courut le loup. — Par les dernières nouvelles qu'on a eues d'Espagne, qui sont du jour de l'entrée du roi dans Madrid , on apprend que le duc d'Harcourt a une grosse fièvre tierce avec des redoublements. S. M. C. prendra la livrée bleue, comme le roi Ta ici. Le feu roi d'Espagne avoit la livrée jaune , qui est la livrée de la maison de Bourgogne, et avant que ces royaumes eussent été joints aux États de Bourgogne leur livrée étoit rouge. L'empereur a aussi sa livrée jaune ; les princes d'Autriche la prirent après que Maximilien eut épousé Marie de Bourgogne. — M. de Buzenval, sous-lieutenant des gendarmes, vend sa charge pour payer ses dettes; il en aura 200,000 francs et 2,500 francs de pot de vin. M. de Bournonville, qui étoit le premiei;des enseignes, donne 52,500 francs pour monter à la sous-lieutenance. MM. d'Arbouville et de Vertus, qui sont les deux premiers guidons, n'ont pas pu donner les 50,000 francs qu'il falloit donner pour monter à l'enseigne ; M. Dubois de la Roche, le dernier des guidons, les donne, et le roi l'a agréé. M. de Buzenval a son guidon à vendre, dont il compte de tirer du moins 100,000 francs.
Vendredi 29, à Marly. — Le roi, après son dîner, alla
courre le cerf; Madame alla dans sa calèche aveo lui jus^ qu'au laissez-courre. Madame la duchesse de Bonrgoghe partit devant à cheval^ et le roi chargea M. le comte de Marsan de courre toujours derclnt elle ; ce serait line defe fonctions de ma charge^ mais ma santé ne me le permet pas. Après la chasse le roi se promena dans ses jatdins jusqu'à la nuit malgré là neige fet le vilain temps; U fait faire un nouveau mail dans les bosquets qui sont derrière les pavillons des dames. — Le premier président de Pau est mort; il s'appeloit Dallon et étoit de ce pays-là. — On mande de Londres que la chambre basse ayatit eu communication des lettres que milord Portland et M. Vernôn s'étoient écrites Yxm àTautre dans le iempA de la négociation pour le traité du partage de la suecessioii d'E^agile en 1698> par lequel on donnoit la oouronHè d'Espagne au prince électoral de Bavière et dclns lequel il leur paroit qu'on faisoit à la France un parti désavantageux à la nation angloise^ et ayant vu par la communication qui leur a été faite des négociations qui ont précédé ce traité que milord Sommers> qui étoit chancelier dans ce temps-là, et milord comte d'Orford , qui s'appeloit en ce temps-là milord Russell et eommandoit la flotte^ et milord Halifax^ qui étoit en ce temps-là lord Montaigo^ avoient eu part à cette négociation^ elle les a trouvés coupables de hauts crimes et de malversation^^ les a envoyés accuser devant la chambre des seigneurs^ et a résolu de présenter au roi Guillaume une adresse pour le prier de les éloigner de sa présence et de ses conseils. La chambre des seigneurs a pris un parti opposé et à résolu de présenter une adresse de son côté pour prier le rdi Guillaume de n'éloigner ces trois lords ni de ses conseils ni de sa présence. — Le roi étant à la promenade^ M. de Pontchartrain lui rendit compte qu'on avoit élu à VAc9f demie MM. de Malezieu et de Campistron en la place de M. Tévèque de Noyon et de M. [ Segrais].
Sim^di 30. à Ver$aiUe$. — ^ Lerois'âintts$ tout la matin
à faire trtiVailIep à son nouveau mail à Marly. L'aptèi^ dinée il alla i9e promener en calèche dans les hautis et ue revint ici qu'à la nuit. Mônàèigtieur alla dîner àMeudbriy d'où il ne reriendra ici que mercredi. Monseigneur le duo de Bourgogne allel l'après-dlnée à Saint-Germaiti voir le prince de Oalleti. Madame la duchesse de Bourgogne jou^ toute l'filprêi-dlnéè à Marly et revint ici Un peu après le roi. — Le matin à Marly il arriva ûtt Cour^ rier de M. deBlécourt parti de Madrid le 25. On apprend par ce courrier que la maladie du duc d'Harbourt est considérablement augmentée et qu'il pst en très-graud péril. Michelet^ premier médecin du roi d'Espagne, écrit ^u quinze de sa maladie^ dont il fait un long détail et dont il craint un mauvais événement; il y a un postscript du 23 au matiii, qtii est le seizième de la maladie, pat lequel il paroit que le malade est un peu mieux. — M. dé LaQSon, guidon des gendarmes anglois^ est mort. Le iils de madame de Jussac a acheté celui qui vaquoit par la promotion de M. de Dampierre à la soUs-lieUtenance qu'avoit M. de Gassion, qui est présentement capitstitielieutenants
Difuanche 1" mal , à Vetsaillés, — Le roi , après la messe , tint chapitre des chevaliers de l'Ordre ; il nous dit que M. Tarchevèque de Sens lui avoit mandé qti'il avoit été pénétré de recoïmoissance de l'honneur que lui avoit voulu faire S. M., mais qu'il croyoit être obligé en honneur et en conscience de le supplier d'honorer un autre prélat de cette ^ràce , ne pouvant pas l'accepter sans faire une fausseté^. En même temps le roi déclara qu'il avoit jeté les yeux sur H. de Metz **, qu'il jugeoit très-digne de remplir cette place. Ensuite le roi nous dit qu'il vouloit aussi honorer de son oï»dreM. de Tallard, qui Tavoit servi très-dignement dans son ambassade d'Angleterre et dans tous les autres emplois dont il l'avoit chargé ; et après nous avoir déclaré sa tolonté , il recommença à parler de Ma de Sens, dont il loua extrême-
ment la probité et la droiture. — La maréchale de Villeroy se trouve attaquée d'un mal qui Foblige à se faire faire la grande opération ; M. Félix la lui fera demain. — Monseigneur ne vint point au chapitre et se tint à Meudon. Le roi lui avoit fait confidence^ il y a déjà quelques jours^ du parti que prenoit M. de Sens. Le roi Tavoit confié à monseigneur le duc de Bourgogne et à madame la duchesse de Bourgogne. L'action que vient de faire M. de Sens a été fort louée de tout le monde ^ d'autant plus qu'il ne lui manque qu'un degré pour faire ses preuves.
* Le père de M. de Sens étoit major de Blaye sous le duc de Saint- Simon, et fort attaché à lui ; c'étoit un très-bra?e homme et très-honnéte homme , mais rien du tout que par esprit et vertu. M. de Sens le manda franchement et refusa. Le roi insista sur Féclat de ce refus et de sa cause après avoir été nommé au chapitre , et promit de donner du temps pour les preuves dont il ne se parleroit plus; mais M. de Sens répliqua que cela étoit contre les statuts et ne le voulut jamais. Il imita en cela le maréchal Fabert, et ce sont les deux seuls. Lorsque le roi le déclara^ M. de Marsan dit au roi que cette action méritoit qu'il changeât le bleu en rouge, et chacun y applaudit.
** M. de Metz étoit fils du duc de Coislin^ et devenu premier aumônier en titre depuis que le cardinal de Goislin, son oncle, étoit devenu grand aumônier.
Lundi 2, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès-dinée et puis se revint promener à Trianon. Madame la duchesse de Bourgogne alla sur les quatre heures à Meudon voir Monseigneur^ avec qui elle se promena longtemps à pied et en calèche ; elle ne revint i«i qu'à la nuit. — Le roi a nommé les officiers généraux qui doivent servir dans les armées d'Allemagne et de Flandre.