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deiphËf magniflqnes et par sa livrée, et par ses carrosses, et par te nombre de ses domestiques superbement vèbu. Tous les Espagnols de sa suite furent étonnés de Toir la prodigieuse quantité de carrosses et de peuples ïfà empiiflnoient les mes par où ils passoient (1). — Les BoUandois lèvent un grand nombre de matelots; ils oot acheté quelques troupes de quelques princes d'Aile- Dé^e et composent deux régiments des religionnaires réfogiéd qtii sont dans leur pays; ils ont envoyé au roi d'Angleterre pour recevoir ses ordres sur ce qu'il» ont 1 faire, et demandent au parlement d'Angleterre de les Mxmrir en cas qu'ils soient attaqués^ conformément a« kmier traité fait entre ces deux nations.
lAÊndi H, à Mnrly. — Le matin à Versailles le roi, i^rès son lever, donna audience auoonnétable deCastille; 3 le reçut dans la ruelle du lit de la chambre où 8. M. Moeha Les princes du sang éloient à côté do roi et les grands officiers de sa maison derrière sa chaise. Cet imbttssadeur eut aussi audience de Monseigneur, de BMdame la duchesse de Bourgogne , de Monsieur, de Ihdftme et de madame de Chartres. Il ne se couvrit point levant madame la duchesse de Bourgogne, devant Wame ni devant madame de Chartres. On a trouvé iei comme à Paris toute sa dépense fort grande et fort Wen entendue. — L'après-dlnée le roi partit de bonne ^Me pour venir ici, où il se promena jusqu'à la nuit. loQsieur et Madame sont du voyage. Mademoiselle de Wgle y est pour la première fois et mangera avec ma- ^e la duchesse de Bourgogne, comme iiUe d'honneur ^ madame la Duchesse; ce n'est que depuis peu que les ^es d'honneur de ces princesses-là* mangent avec maiwne la duchesse de Bourgogne.
(0 Voir la description (ie l'entrée de M. le connétable de CastiUe avec tout ^9^ sW pas8é aux audiences qull a eues du roi dalis te Mercure de
jonuiAL m, D(&if6Eàir.
t Im damefi d'hoiuieur de madame la Dudt^i I \ de Conty maoger !\x^ madame h ducht^ k i MM que tasdam^ dlionneur des autres pnDc^safôiuàaui yfbneiit adiniies,eteebi par grâce que le roi fît à aes fîli^. l^ Wm dlioonear de madame la princesse de CumVf y mangièrent npm; td sur cet exooDiple, eeite nouvelle fille d'honnear de ma^ms Ji Oi^ dieme y mnge demêDoe.
Mardi ib, à Marly* — Le roi^ au sortir àB la monta en calèche avec madame la duchesse de Boi et Madame. Anlaissez-courre, Madame monta à son ordinaûre. Ils revinrent dîner îd^ et l'aprè&dbiéft roi se promena dans sas jardins jusqu'à la nuit gneor yonhit courre le loup; il n^en trouira poml; alla courre le cerf avec le roi. — Il arriva un ooiinifir, du marquis de Villars^ qui mande que les troupes Tempâenr sont toutes eu mouvement* H y en avoit d^î le 8 de ce mois à la hauteurde Rattsbonna et dlnispml. L'empereur a dédaré le prince Eugène de Savoir m général en Italie; IL de Comm^fvy et le fils de M*tte Vaudemont serviront sous lui. -* L*accominodenjciil entre la Pologne et la Suède est entièrement tma^* S. M. Polonoise s'en va en Uthuanle pour tftcber Sm apaiser les désordres^ et eUe a pris ses mesures pf aller ensuite s'aboucher avec le czar et couœrter av» lui ce qu'ils auront à faire la campagtïe prochaine et Livonie. L'empereur et le roi de Pologne ont reooniiA rélecteur de Brandebourg pour roi de Puisse; maisk république de Pologne ne le veut pas reconnoltre.
Mercredi 16, à Marly. — Le roi tint un conseil ?>> fut fort long, et l'aprês-dlnée il alla à SaîntCemaifi voir le roi et la reine d'Angleterre; Monseigneur y «^ riva quand le roi en partit. Ik trouvèrent le roi d'Aflr gleterre considérablement mieux; Témétique qu'il i pris Ta fort soulagé» M, Fagon lui a conseillé d'aller â Bourbon, et il partira le 30 de ce mois pour y aller, •^ U anîva le matin un courrier du comte de Tessé qà n'*
que quatre jours à venir de Milan ici. Les nouvelles ) Tessé mande se rapportent à celles du marquis de lars. On attend un grand corps de troupes dans le td; il y en est même déjà arrivé quelques-unes qui avancé une tête en deçà de Trente sur TAdige. Tout )répare àla guerre en Italie. — Le soir^ chez madame Maintenon, le roi donna une longue audience au mabal de Catinat^ qui se prépare à partir pour aller se tire à la tête de nos troupes en Italie. — On mande de idres que les deux chambres du parlement ont résolu lever trente mille matelots^ et que Ton donnera à can d'eux pour leur paye quatre guinées par mois. 'nuU 17, à Marly. — Le roi, en sortant de lamesse^ Qta en calèche avec Madame et alla courre le daim. Il lut diner ici avant que la chasse fût finie. Madame la liesse de Bourgogneallaà Saint-Germain ; elley mena isieur et beaucoup de dames. Le roi d'Angleterre se le toujours de mieux en mieux. — Milord MiUort^ qui rit cette lettre imprudente dont le roi Guillaume s'est ipour animer le parlement contre nous , a été relégué Dgers. — La capitation est registrée et publiée ; elle i plus forte que la dernière ; le roi a réservé à son ieil de taxer les courtisans *. — Le bruit court que û Guillaume envoie en Portugal le duc deSchomberg I. de Ruvigny pour tâcher à faire entrer le roi de tugal dans la ligue qu'ils veulent faire contre la France l'Espagne. Le roi de Portugal a plus de vingt mille (Unes sur pied, mais il ne parolt pas qu'on ait ici aue inquiétude sur sa conduite.
On doit l'invention de la capitation à M. de Rasvillc , conseiller at et intendant de Languedoc , où il a passé presque toute sa vie une autorité qui a connu peu do bornes. Il Tavoit proposée au welier de Pontehartrain, dès le temps qu'il ctoit contrôleur général, n*en voulut jamais ouïr parler. Sa raison étoit que la facilité de 5 imposition aviseroit à s'en servir et à Taugmenter sans cesse, et par cela seul Tinvenlion en étoit pernicieuse. L'événementa vériflé ^^aisoDoement.
9» JOURNAL tfe billOEAU.
Vmidtifdi i9, à Màrhf. -^ htnAélîià h puis aDA dans la plaide d'OoUte foire î» Nhnto Ai 1 régiineiitt des gardes flrançoises et soisÉMi qui BjêS^ beaux cftie jamais. Os n'ont tnàOtt anttià ocÀe ^ marcher; mais le toi ié donné oi^dté à BM gâidsK i corps d'être pr6ts enti^ le 1 5 «t lé M atMl> A'aia»M bidets; le lûi lem' fiiU dollttèr 108^000 IHuMl {mHM — Le roi d'Espasfne a foit lé maf^^ de ^nOMhiAéti mAjordomo^naJor on grand nAttre d0 SÉ tMtMi^ àM firme le comte de Benaventé ééoà la ébêtf^ éê sMÉI lier dd corps ou degrandèhambellan; lé àHB êb Wêêê Sidoniaàâté faH eavalleriio-iiiajor 0tigMlié4MqfW|ftt place de ramirante. Dessin gentilshoUimeiida l&chifll qn'ila gardés j'en ai éoritqtwtre; tos dMt «riteMl le dne de Sessa et don Agostîno de VelaaoD} fl kl qnatre nugordomes ordimires^ qui sont lo mar^ ^ la Alaméda, don Akxode Guimati, leenntB duPlifgt le marquis de GriUo. La dmrge do préaidaBtdaéoN dltalie, qu'avmt le marqliisde Vai»«MMa^ é élé dM au marquis de Mansera. Don Antonio de DhiUa ti continué dans la charge de secrétaire dêl detpadmê versai. Le roi travaille avec lui^ avec le cardinal For Cmrero et don Emmanuel d*Arias, président du oam 4e Castille^ et tient conseil régulièrement deux heUM matin et deux heures raprës-dinée. 11 commençais à s'habiller à Fespagnole avec la gonille (1) et se raoai en public dans cet habit-là. Il a fait général de la cs^ lerie des Pays-Bas le marquis de Grigny^ qui aniit même charge en Catalogne.
Samedi 19, à Ver$aiUe$. — Le roi , au sortir ds messe à Hariy, monta en calèche avec Hadame etd courre le cerf; il fit une fort beUe chasse, et rsvi dîner à Harly. Il s'y promena jusqu'à la nuit e( pi
(1) Om follile, petite fraise.
revint ici. Monseigneur alla tirer h Meudon et revint ici an souper du roi, où il mangea beaucoup. Il entra dans le oabinet du roi après souper comme à son ordinaire; il y fut même très-gai. Il descendit chez lui par le petit depé en riant, étant de la meilleure humeur du monde, a se mit à son prie-Dieu et en se relevant il perdit connoissance; beaucoup de ses .domestiques montèrent chez le roi fort éperdus, cherchant M. Fagon et H. Félix. Le roi, qui étoit à son prie-Dieu, descendit en bas par le petit degré, qui est fort difficile, malgré un peu de goutte qui lui reste encore; il trouva Monseigneur dans un triste état. Madame la duchesse do Bourgogne y entra en même temps que le roi. On ne peut rien s'imaginer de plus triste que Tétat où tout le monde étoit. M. Félix nigua Monseigneur, qui se défendoit contre la saignée et à qui la connoissance n'éloit pas encore revenue; elle lui revint après la saignée. Il nous reconnut et nous nomma tous. Le roi se rapprocha de lui, le pria de prendre les remèdes que M. Fagon lui faisoit donner. Depuis ce moment Monseigneur fut toujours de mieux en mieux ; il étoit environ minuit, et sur les deux heures Téraétique qu'il «ivoit pris en grande quantité com- Wïença à agir par liant et par bas. La nature scî dégagea, et il fut entièrement hors de péril. Le premier soin du roi, en entrant dans la chambre de Monseigneur, fui d'envoyer chercher un confesseur ; quand Monseigneur eut repris connoissance, il en demanda un lui-même, et M. le curé demeura toute la nuit dans sa chambre. Le roi en sortit à deux heures et demie après avoir vu l'effet de l'émétique, et donna ordre i\ M. Félix qu'on le vint éveiller s'il survenoit le moindre accident. Le roi étoit dans une affliction inconcevable, ne pouvant retenir ses larmes «t n'ayant presque pas la force de parler. Madame la duchesse de Bourgogne fondoit en larmes. Toutes les princesses vinrent ; toutes les dames se relevèrent; M. de. dartres arriva de Saint-Cloud entre trois et quatre
ao JOURNAL OE DAMGRAU.
heures du matin; Monseigiieur le remenùtfèfani wn. Sur les oinq heures^ lesmédecms^ YoyuitqpielBinHlïki avoient asseï agi^ crurent qu'il UùxAi lainw lepowl» seigneur^ et tout le monde sortît de sa ehanbn. la*} a plus nul danger aumalde.Monseignmic. CeB*élQit|aal une apoplexie; il n'a eu nulle convulsion; ni lafaoaékft ni les yeux ne sont tour^^és; il ne reste aasun dépttisr aucune partie; c'étoit plénitude de sang et ce qae ki médecins appellent jeetm âamguim$, qui amroit été 1m dangereux s'il avait pris à Monseigneur dans son lil surtout, parce qu'il ne fisdt coucher personne dsoi m chambre. Si le mal même Favoit pris à Heodonoaui revenant, il n'auroit pu être secouru si à propos. Il* damela duchesse de Bourgogne et les dames en soriiMt à cinq heures et allèrent entendre la messe avant qaeà se coucher.
Dimandiê ao^/oir de PàpM-fUiÊniêf à FiTMsIfai.-" Monseigneur a fort Ynea dcôrmi depuis cinq heures; ai lui a encore tiré quatre palettes de sang, outra laïai qu'on lui avoit tirées cette nuit; ila passé lajonméetriitranquillement. Monsieur et Madame arrivèrent de Siiit- Gloud à sept heures du matin. Le roi etmadaine kdichasse de Bourgogne^ allèrent à dix heures et demie i l'office. Madame la duchesse de Bourgogne^ qui avoit fort veillé et qui s'étoit fort tourmentée, s'y trouva un peo mal, et comme elle avoit entendu la messe avant que de se coucher, le roi la fit sortir de la tribune, et dès qu'elle eut pris Tair et mangé un morceau elle se trouva si Mes qu'elle suivit le roi Taprès-dlnée au sermon. Avant qo^ d'y aller, le roi passa chez Monseigneur, qui est fort tranquille et dans son état ordinaire ; il se lèvera deoiaiii* Monseigneur se confessa l'après^dhiée au P. de la Chaise* Après vêpres le roi tint conseil jusqu'à six heures, et puis revint encore chez Monseigneur. On a autant de joie pré- .sentementqu'on aeu d^affliction cette nuit. Madame lâ duchesse de Bourgogne joua le soir cbei madame de
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liiiitenon à son ordinaire. M. le Prince^ qui étoit parti pour Chantilly^ M. le Duc, qui étoit parti pour Saintlaiir, revinrent tous. Monsieur et Madame retournèrent le soir à Saint-doud. — M. de Dreux^ gendre de M. de Cbamillart^ achète la charge de grand maître des cérémonies de France qu^avoit M. de Blainville; il en donne 230^000 livres , et le roi lui donne un brevet de retenue de 40^000 écus. Cette charge ne vaut que 4,000 francs de revenu ; les casuels montent encore à peu près autant. Ces casuels sont les mariages ^ les baptêmes les pompes funèbres et les TeDeum. Cette charge avoitété créée en 1585 pour M. de Rhodes (1) j elle a demeuré cent iuis juste dans leur maison. En 1685^ M. de Rhodes d'aujourd'hui la vendit 80,000 écus à M. de Blainville. — 1. de Croissy, frère de M. le maréchal de Catinat^ mourut à. Paris; c'étoit un homme d'un grand mérite, qui avoit servi avec beaucoup de réputation et qui depuis avoir quitté le service menoit une vie fort retirée et Étoit dans une grande dévotion.
Lundi 21, à Versailles. — Monseigneur passa fort bien la nuit et fut encore saigné le matin. Le roi le vint voir avant que d'aller à la messe. Au sortir de la messe S. M. trouva dans la galerie M. le nonce, le connétable de CasfiUe, les ambassadeurs d'Espagne, de Venise et de Sa-
li) GaOïaume Pot, sieur de Rhodes, fat fait prévôt et maître des eérérooDies >!« l'ordre du Saint-Esprit à sa création, en 1578. 11 étoit déjà grand maître des "^^wooies. ( ISote de Dangeau ).
Il Ukrit ajouter que ce M. de Rhodes eut le c4ioix d'être chevalier du Saint- ^int à la première promotion qui s'en fit ou prévôt et maltr& des cérémonies ^i'Ordre. Henri m se plaisoit fort aux cérémonies, et étoit entêté de celles ^ tt nouvel ordre. Rho<les étoit déjà grand maître des cérémonies de France, ^ttble détermina au choix ; mais il voulut faire preuve comme les chevaliers, ^ ce fat peut-être ce qui engagea le chancelier de Chivemy, qui fut le premier ^^^^Bttlier de l'ordre du Saint-Esprit, de demander la même chose , tellement ^ ces deux charges sont demeurées en cette possession depuis. H y avoit ^ te Hureult aux Pot. Un Pot fut chevalier de la Toison d'or à Tinsti- ^"'^ie cet ordre. Comme cette maison est éteinte, ce n'est pas la peine de
^ todre. (Addition de Saint-Simon à la note de Dangeau.)
voie^ qui vonoient lu' faire complimeat sur le flAeilIeiir état de la santé de Monseigneur. Le roi uni conseil ensuite, et il le tint encore l'aprè^-dlnée , après quoi il redescendit chez Monseigneur^ qui fit jouer au brelan dans sa chambre; mademoiselle de Melun tenoit son jeu; madame la duchesse de Bourgogne y passa toute rfl^rèadlnée. — Le roi a choisi le marquis d'Urfé pour acoompugner le roi d^ Angleterre dans le voyage qu'il va faire à. Bourbon ; il est chargé de lui faire rendre, dans toutes les villes de son passage^ les honneurs dus & la dignité de roi. Quand S. M. B. alla en Irlande^ le roi avoit donné la même commission au comte de Mailly dans toute sa roule jusqu^à Brest. Le roi d'Angleterre a témoigné beaucoap do joie de Fattention qu a eue S. M. en cette occasion; il doit partir le mercredi d'après Pâques.
Mardi 22, à Versailles. — Monseigneur continue de se porter de mieux en m^eux; il a joué cette aprèsdlnée dans sa chambre, tenant la carte lui«mème. Il a ru tous les ambassadeurs et les ministres étrangers qui sont venus lui faire compliment sur le rétablissement de sa santé; il ne parolt plus qu'il ait été malade. Le roi alla raprôs-dinée se promener à Trianon et au retour il vint voir jouer Monseigneur. Madame la duchesse de Bourgogne passa toute Taprés-dlnée chez Monseigneur, qui est entièrement rétabli ; on lui permet de boire et de manger comme à son ordinaire. — Monseigneur a donné les grandes entrées chez lui à M . de Vendôme, pour qui il a toujours eu beaucoup d'amitié. — M. l'électeur d^ Bavière doit être parti ce matin de Bruxelles; il s'en va i\ Munich et emmène avec lui toutes les troupes qu'il avait en Flandre, hormis un régiment qu'il laisse à M. l'électeup de Cologne , son frère ; et M. l'électeur de Cologtk^ lève quatre régiments qui seront commandés par geo^ de différentes nations. Il a déjà choisi le François qix'*^ veut faire colonel ; c'est Chassonville , parent proche du marquis d'Huxelles et qui a longtemps été à Munich , où
^rélecteur de Bavière et M. rélecteur de Cologne lui ■oient témoigné beaucoup d'amitié.
JK^rcrtài 23^ à Versailles. — Le roi et madame la duipise de Bourgogne entendirent ténèbres en haut dans k tribune. Après ténèbres le roi alla se promènera Marly k puîi» revint voir Monseigneur^ qu'il trouva jouant, oauseigneyr avoit pris médecine le matin; il nous dit ii'il se trouvoit mieux et plus léger qu'avant sa maladie, r M- le maréchal de Catinat eut une longue audience du QÎ chez madame de Maintenon ^ où étoit M. de Chamilpfrt. Ce maréchal prit congé de S. M. pour aller se mettre i la tète de Tarmée d'Italie ; il a vendu son régiment d'in- (Oiterie 43^000 francs au marquis de Puysieux^ capitaine le ehevau-légers, fils aine du marquis de Puysieux ^ notre; ambassadeur en Suisse. Le roi a nommé la ^Chassaigne ^ Chartogne brigadiers dans l'armée d'Italie. Tous les (ifficiers généraux destinés à servir dans cette armée ont (iris congé de lui. Le roi nous a dit qu'il y enverroit encore quelques troupes nouvelles. — Le roi a envoyé des courriers au roi d'Espagne et à monseigneur le duc de Bourgogne pour leur apprendre le détail de la maladie et de la guérison de Monseigneur leur père, et S. M. a eurattention en leur écrivant de mander au duc d'Harcourt, qui est à Madrid, et au maréchal de Noailles, qui est *vec nos princes, de leur dire, avant que de leur rendre les lettres du roi, que Monseigneur se portoit à merveille, *fin qu'ils sussent sa guérison avant que d'apprendre samahidie, dont M. Fagon leur a fait une relation exacte (1).
Jeudi-Saint 24., à Versailles. — Le roi lava les pieds des pauvres à 'son ordinaire et entendit le sermon de f absoute ; ce fut Fabbé de la Roche qui prêcha. Monsei- KQeur entendit la messe dans la chapelle; il ne Tavoit
(0 Voir cette relation flanft le Mercure de inars, pa^^e^ 463 à 47 1.
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entendue ces jours passés que dans sa chambre. L*afn^ dlnée le roi entendit ténèbres en haut dans la tribune et puis alla se promener à Trianon. Le soir, après souper, le roi retourna à la chapelle adorer le Saint-Sacrement et ne se coucha que fort tard. Monseigneur aDa se promener l'après-dlnée avec madame la princesse de Conty à Trianon , avant que le roi y arrivât, et puis i Tentour du canal en carrosse; il nous dit le soir que Fair lui avoit fait du bien. Madame la duchesse de Boiu^ gogne fit son bon jour à la paroisse et puis revint au sc^ vice avec le roi, qui l'entendit en bas dans la chapdk. L'après-dinée elle suivit le roi à ténèbres et puis die alla à la paroisse et aux Récollets toujours à pied; dk demeura assez longtemps dans ces deux églises à adcm le Saint-Sacrement. Monseigneur le soir, avant que de se retirer^ alla voir le roi chez madame de Maintenon. Iidame la duchesse de Bourgogne suivit le roi içrès sonper à Tadoration du Saint-Sacrement dans la chapeUe; et elle y retourna encore après minuit, où elle fut asseï longtemps. — M. l'électeur de Bavière a prié le roi de lui envoyer quelqu'un qui le suivit à Munich et qui pùl rendre compte à S. M. de sa conduite. Il a souhaité qne ce fût un homme de guerre et capable d'affaires aussi, afin que, si on lui propose des traités, comme il ne doute pas qu'on ne lui en propose, il puisse les lui communiquer, ne voulant rien faire qui ne fût agréable à la France et à l'Espagne. M. de Bavière ne sauroit avoir un procédé plus plein de franchise et de l>onne foi que celui qu'il a. Le roi lui envoie M. de Ricousse, qui est homme d'esprit et de courage , et S. M. lui donne 18,000 francs d'appointements pour cet emploi. — Les femmes de la halle de Paris députèrent quatre d'entre elles pour venir savoir des nouvelles de Monseigneur. 11 voulut bien les voir; il y en eut môme une qui l'embrassa; les autres lui baisèrent la main. Il les remercia, leur donna de l'argent; le roi leur en fit donner aussi. î^ petit Bon-
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ipsles emmena dîner chez lui^ et elles s'en retoumèt i Paris charmées d^avoir vu Monseigneur en bonne lé et de la réception qu'on leur a faite. ^mdredi-Saint 25, à Versailles. — Le roi et madame lachesse de Bourgogne assistèrent à toutes les dévots de la journée , le matin dans la chapelle en bas, et rèfrdlnée dans la tribune. Monseigneur entendit tétras dans la petite loge qui est dans la tribune. — Le donne au marquis d'Urfé 1,000 pistoles pour le âge qu'il va faire à Bourbon avec le roi d'Angleterre. MM. BB. ont remis leur voyage après la Quasimodo, De que leur équipage n'est pas encore prêt. — >bé Drubec, neveu du feu maréchal du Plessis et « du vieux Valsemé, est mort; il avoit trois abbayes, t apparemment le roi disposera demain, car il y a ï quelques jours que l'on sait sa mort. — Le roi a sortir de la Bastille le duc d'Estrées, qu'il n'y avoit mettre que par bonté et pour tAcher de le corriger quelques jeunesses, et A la prière de sa famille; on lonne une compagnie de cavalerie, des six- vingts noues que le roi fait lever. — M. le cardinal de Coislin ▼alundi de Rome, et a pris possession de la charge de nd aumônier de France, dont il prêtera serment ces ■s-ici.
amedi 26, à Versailles. — Le roi fit son bon jour A aroisse et puis revint toucher les malades. L'aprèsie il distribua les bénéfices vacants et puis alla A iplies A six heures. Monseigneur alla dîner A Meudon m revint pour compiles; ensuite il s'enferma avec ^ de la Chaise. — Le roi donna l'évêché de Noyon A ibé d'Aubigny *, grand vicaire de Chartres ; cet évêt vaut 15,000 francs, outre les casuels, qui sont grands, »t comté-pairie. Il a réuni l'abbaye de Saint-Martin Laon A l'évêché. L'évêque de Laon gagne A cela WO écus de rente , car l'abbaye vaut près de 20,000 iiiCBy et il en rend une qui n'en vaut que treize ; Tabbaye t. viii. 6
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qu'il rend est Saint-Vcdery^ que le roi ddnnë à Fabbé deJanson. Le roi donne à Fabbé d'Estrées la belle abbaye de Saini-Claude en Franche-Comté, [vacante] par la démiflBOB du cardinal d'Estrées, sononcle, qui en réserve les frtdts, comme les cardinaux ont pouvoir de le faire* Le roi donne à labbé de Barrière, caniërier d'honneur du pape, l'Al>ayede Saint-Martial de Limoges, vacante par la mort de Tabbé de Pezé, parent de la maréchale de la Mothé etdiei qui il étoit toujours. L'abbaye de Boulancourt > diocèse de Troyes, à Fabbé Gatelan, lecteur de nos princes; cette abbaye vaut 4,000 francs. L'abbaye de Saint-Martin des AiresdansTroyes, qui ne vaut que 1,600 francs, estdonnée A Tablié Lallemant. L'abbaye de Saint-Père de Melun, qui vaut i,000 francs, H Pabbé de Paris. L'abbaye du Trodchet en Bretagne, à Fabbé de Gournay, chapelain du roi. L'abbaye de Sainte-Marie de Metz, à madame de Meschi* tin , ancienne chanoinesse de Remiremont. L'abbaye de Saint-Jean d' Auiun, à madame d'IUiers, religieuse à HotAmarlre. L'abbaye deBattans, diocèse de Besançon, àm«dame de Gramont, sœur de MM. de Gramont de FraIleb^ Comté. L'abbaye de Cusset, à madame d'Aix, sœur de Sousternon , premier écuyer de M. le comte de Toulouse. L'al)baye de Saint-Martin près Tonnerre, qui vaut 5,0W i'nmes, à ral)bé Morel, aumônier du roi. S. M. gardeencore rnlil)aye de Juniiéges, vacante depuis la mort du feu archevêque de Paris; les revenus sont employés en pensions pour de nouveaux convertis.
* Cet abbé d'Aubigny étoit une grosse béte, frère d'un homme d*» prit, mais obscur gentilhomme d'Anjoil, de fort bon lieu, mais qiî u'avoit pas do («hausses. Ils firent accroire à madame de MsHltterioi (prils étoientde même maison, et en effet il n'y avoît que la tèrmWson à dire entre Aubigiiy et Aubigné (1; ; elle y gagnoit trop pom n'é
(1) U) Mercure dit on eflct : « Le roi a nommé M. rabbéd'Aubîgaéàrèvècb(> <1i! No\un. II eftt alibé de la Victoire près de Chantilly et graml tM* de M. 1 V'V(>qiie dn Chartres ; ainsi on ne peut donter qa*U i
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avfe« Elle fkHma cette manière de buffle à décrasser à M. de Godet, qui le fit son grand vieaire, maisqui, avec tout son a sdeiice, n'en put neu faire qu'un homme de bien. A la piété ut un pitoyable évéque; on le verra pourtant passer à l'arche- Rouen et y porter personnellement le rang et les honneurs , œ qui étoit sans exemple et qui a toujours été pratiqué deiWa parlé encore. Son neveu fut proroptemont avancé, et Bune le gouvernement de Saumur.
nche 21, jour de Pâques y à Versailles. — Le roi k toutes les dévotions de la journée ; madame la le de Bourgogne éloil avec lui. Monseigneur fit I jour à la paroisse, et Taprès-dlnée il entendit le et vêpres dans la niche de la tribune en haut. — s conférences que les HoUandois ont eues avec atix, leurs députés on fait des propositions fort linaires. Us demandent que les Espagnols leur mettre garnison dans Venlo, St^phensweerd, Ru- B,Luxeull>oUt*g, Namur, Charleroy, Mons, Denderet d'autres places encore. L'envoyé d'Angleterre, rtoit à ces conférences, ajoute à celaqueron laisse les troupes d'Angleterre dans Ostendc et dans •t. On fait imprimer ces propositions pour faire >ute l'Europe le ridicule de leurs prétentions; et îH vient a la guerre contre la Hollande, il n'y aura 5 meilleur manifeste à faire contre eux, car rien jue tant la mauvaise volonté de la Hollande et gleterre. — Monseigneur le duc de Bourgogne a lé au roi la permission, quand il Seroit X Dijon, de ici en poste ; le roi lui a permis. Il coiicliera à à Sens, et de Sens ici ; et le roi en même temps à monseigneur le duc de Berry de venir de Sens loste.
ft 88, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès-
nierun diocèse , Tayant appris sous un pnUat aushi exact dans tous 1 que M. de Ctiartre!^. M. le marquin de Tigny de Poitou* son Trère, le la atiion d^Anbigné. i*
née et revint ici à cinq heures et demie pour recevoir la reine d'Angleterre^ qui fut enfermée avec lui jasqu'i sept heures, et ensuite alla chez madame la duchesse de Bourgogne et chez Monseigneur. Quand elle fut partie, Monseigneur joua chez lui^ où étoit madame la prinoett: de Conty. Madame la duchesse de Bourgogne ^alla IV près-dlnée ù Saint-Cyr et revint ici à six heures pourncevoir la reine d'Angleterre. — Dans la propositioi qu*ont faite ù M. d'Avauxles députés de Hollande etTefivoyé d'Angleterre ils demandent encore qu'on d(moe contentement à l'empereur et qu'il entre dans le traité qu'ils proposent. Le roi , à son lever, a parlé de ces propositions-là à M. de la Rochefoucauld, et lui a dit : « Vov les verrez imprimées et vous les trouverez encore plasiih solentes qu'on ne vous le dit. » — Le roi de Pologne! fait le voyage qu'il, avoit résolu pour s^aboucher avec le czar; ils sont convenus ensemble de continuer h guerre contre la Suède. Le czar. promet d'entrer, la campagne qui vient, en Livonie avec une armée de plus de cent mille hommes; cependant on croit que S. M. Pobnoise se rendra aux bonnes raisons de la république de Pologne^ qui est d'avis de faire la paix avec la Suède et qui presse S. M. Polonoise de ne songer qu'à apaiser les désordres de Lithuanie.
Mardi 29, à Versailles. — Le roi donna audience de congé au connétable de Castille, qui ensuite la prit de Monseigneur et de madame la duchesse de Bourgogne. Le roi lui a envoyé par le baron de Breteuil, introdnO' teur des ambassadeurs, son portrait enrichi de diamanii qui valent bien 5,000 pistoles. — Le roi d'Espagne, revenant de la Casa delCampo et passant dans Madrid, trouva un prêtre qui venoit de porter le Saint-Sacrement àun malade; aussitôt S. M. descendit de cheval et marcha à pied à la ][K)rtièredu carrosse où le Saint-Sacrement étoit porté parleprétre, et l'accompagna jusqu'à l'église. Il aréformé le conseil de la hazienda ou des finances, et il en a réàvA
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S officiers au nombre où ils étoient à la mort du roi Phi- ;|ppe n. n a aussi réformé le conseil des Indes , en réonnant entièrement la chambre des Indes et réduisant B reste des officiers à un président , un chancelier^ huit onseillers et deux secrétaires. Il a supprimé toutes les barges militaires et civiles qui n'avoient aucune foncîen. n a donné la charge de commissaire général des Rwpes dISspagne au marquis de Castanaga^ ^ue nous TOM vu gouverneur de Flandre. Il a déclaré don Antolo Martin de Tolède grand d'Espagne^ à cause de la hurge de connétable de Navarre que le duc d'Albe^ son Are y lui a cédée. Une commanderie d'un revenu consi- Mnble ayant vaqué ,S. H.^ quoique plusieurs personnes i lai demandassent et qu^on ne lui en parlât point pour ^marquis de Villadarias. gouverneur de Ceuta, Ta choisi Nwr cette commanderie et lui a envoyé six brevets de èevalier des ordres d'Espagne pour en honorer ceux pn se sont le plus distingués à la défense de cette place. Mercredi 30 , à Versailles. — Le roi alla se promener à Rrianon; monseigneur allaàMeudon, où il demeurera ittqu^au voyage de Marly, où le roi ira lundi. Madame la princesse de Conly est à Meudon avec Monseigneur. Malame la Duchesse revint de Saint-Maur, où elle a demeuré hait jours. — Nos troupes d'Italie marchent dans le pays ta Vénitiens et vont vers Peschiera ; elles s'établiront 4ms des quartiers vers le lac de Garde et seront là plus m état de prendre les partis qui conviendront en cas Jte les troupes de l'empereur veuillent entrer dans l'I- Mie. — Dans Tabsence de M. l'électeur de Bavière, le Qarquis de Bedmar sera gouverneur général des Pays- ^ catholiques par intérim; il y avoit neuf ans que L Félecteur de Bavière n'avoit été à Munich. — On a Bçn des lettres de nos princes, qui étoient à Avignon la Smaine sainte. Le vice-légat a fait défrayer tous les gens t tons les équipages qui étoient à leur suite. Le comtat enaissin et la ville d'Avignon ont fait battre des mé-
71» JOURNAL DE DAHGEAU.
dailles d'or et d\ii^enf do passage de nos princes diil leur paySyCi ils ont témoigné autantde joie que les SQJdi du roi. Monseigneur le duc de Bourgogne a éerit hm letire au roi sur la maladie de Monseigneur, dontS. 1.1 été contente au dernier point; son bon cœur, iod bai esprit et sa religion y paroissent égalemenL
Jeudi 31 , à Versailla. — Le roi alla à la volerîs; ii* dame la duchesse de Bourgogne y étoit à cheval i eM de lui. Outre toutes les dames qui ont accoutumé de k suivre & cheval, il y avoit encore la comtesse d^Egnori. — Le parlement d'Angleterre a réglé qu^aprèsleroîGil* laume et la princesse de Danemark la princesse Sophiii doujiirière à Hanovre, est la plus proche dans la Gga protestante pour succéder à la couronne ; mais qu'en a cas, comme le successeur seroit étranger, la natioB m pourra être obligée à aucune guerre pour la défense âi ses Étals sans le consentement du parlement ; que qiiconque parviendra à la couronne sera obligé de bon profession de la religion anglicane et ne pourra Mftir des trois royaumes sans le consentement du parlemeoL — Le roi donna mardi audience au comte d'ApremoDt,qv M. rt madame de Ix)rraine ont envoyé ici pour faire fofflplinient au roi sur le rétablissenient de la sunic. denioosaigpjîur le Dauphin; cet envoyé eut ensuite audieort (le Monseifrneur et de madame la duchesse de BoiU^ ;:opie. — M. le comte de Tessé a quitté les tiH)upes auprès du lac de Garde et s'en va à Venise, apparemment pour quelque négociation. On est un peu plus content iciib d'tte république qu'on ne Tavoit été le mois passé. - I^ marquis de la Forest, qui eommandoitla cavalerie do roi de Pologne, est mort à Vai"sovie; il étoit Françoisei un des tialants hommes du monde.
Vendredi 1'^'^ avril, à Versailles. — Le roi alla l'après- (linée. se promener à Marly. Monseifrneur avoit envie df courre le loup A Meudoii^ mais il n'y en eut point (ItMlftourné ; sa santé i>e rétablit tous Ic^ jours. 11 trouve méiw
AVRIL *7Q|. Il
'U m porte mieux qu'avant sa maladie, -fr- Ou a dimié les louis d'or de cini] kous et les éous à proportion ;
louî^ UQ valent t^\^ que dou^ livres dix sous, et les lA trois livres six sous. — M. le inaïquis de Gassion , is4ieuteuant d^ns la gendarmerie^ a Tagrément du i pour acheter la lieutenance des gendarmes de Bourpe, que M, de Mortagne a eu permission do vendre.
|x>i veut qu'il n'en p&yo que 4^6,000 écus , parce que narché en avoit été fait à ce prix.-rlÀ avec M. d'Espinac, plus ancien sous-lieutenant de la gendarmerie» et qui I pas pu trouver d'argent pour payer cette somme.
roi a dit au comte de Gassion^ lieutenant général, \6i si jusques ici il avoit refusé à son neveu Tagrémcnt ime lieutenance, ce n'étoit pas manque d'estime ni de Dfâdération , mais qu'il Tavoit voulu retenir parce qu'il mloit s'avancer trop vite.
Saaiiedi2 f àVer$aiUes. — Le roi alla tirer. Monseigneur «irut le loup à Meudon. — On a des nouvelles que . de Savoie a signé le traité; il ^era généralissime des lûée^ di> France et d'Espagne en Italie ; U s'engage à iodre dix mille hommes de ses troupes aux nôtres , et 1 lui donne pour cela 50,000 écus de subsides par ois. Il compte que le roi d'Espagne épousera sa fille; |e n'a pas encore treize ans. — M. de Champrond, sous- ^utcnant des gendarmes écpssois , a acheté kk,QOQ écus
lieutepance des gendarmes de Berry, qu'avoit le marlis de Viriville ; il y avoit longtemps que Champrond roit eu l'agrément pour acheter cette charge , mais il avoit pas pu la payer plus tôt, Le marquis de Sinûane ^te de Champrond la sous-lieutenance des gendarmes X^ssois, dont il lui donne 100,000 francs. — l^e bruit ui avoit couru que M. de Tessé commaudproit aux au- ^ Ueutenants généraux sous M. de Catipat ne s'est pas Dnvé véritable. Le roi est très-content de lui; il lui a crit des lettres trùs-obligeiintes sur sa conduite, inajs il *ft pas jugé à propos de lui donner cette 4istinction-li.
7S JOURNAL DE DAROBâU.
Dkmmdiê Z, à Keriaîfte.— Oofarale ocmfleilfiMliiQil le matin à son ordinaire^ U tinleiiobre ocxnfleil û Trianon^oùUétoitaUé se promener rapfito4liiée.lttÉi k duchesse de Boorgogne dîna dies madame la AmM du Lnde;eUe n'en sortit qne poor aller an sdnt. —tiri dePortogalasignéun traité de ligne ofientife et AU sive avecla France et l'Espagne. Il8*eiigag8 à M Us entrer dans ses ports aucuns vaisseaux anglois m kÉ d(nsétà interdire à ces deux nations toutcomvMHieili ses États; nouvelle très-considéraUb dans les oq^fM tores j^âMites. — Dans cette semaine nous i nos troupes dans Mantoue; on en attend la nouvelle^ car le traité est conclu avec IL de ] le jour piis pour Cèdre entrer nos troupes dans eellBiii dimt nos troupes sont fort procbes, étant en < sur le lac de Garde. Elles y vivent avee \ dn, payant généralement tout ce qu'elles preuMÉlil dpline fort différente de celle qu'avoient les ADsiÉ en Italie, où ils ne songeoient qu'à piller. M. daflM fait des levées considérables dans ses Étais p6iir joiÉ à nos troupes les dix mille hommes qu'il s'est on de fournir. — Le connétable de Gastille^ qui prit i audience de congé il y a quelques jours, vint encore i et prit congé du roi en particulier. Le roi rembraanl disant adieu. Pendant le séjour qu'il a fait ici, le roi I a fait rendre des honneurs qu'on rend très-raresM aux ambassadeurs ; par exemple le prévôt des marchiB à la tète de la maison de ville alla chez lui après f entrée lui porter les présents de la ville. On fit le mif honneur au marquis de los Balbazès quand il vintp9 le mariage de la feue reine d'Espagne, fiUede HoDflM — M. de Yaubourg, intendant à Rouen, a demandée retirer. Le roi envoie en sa place M. d'Herbigny,qiii* intendant à Lyon, et l'on envoie pour intendant iLf M. Guyet, qui étoit intendant à Pau; et l'on donne H tendance de Pau à M. le Bret, fils du premier jtééi»
de Provence. Tous ces intendants sont maîtres des reflètes. H. de Vaubourgy qui se retire^ est un homme d'un grand mérite et qu'on croit qui ne prend ce parti-ià que pir dévotion*. Son frère^ qui étoit capitaine aux gardes avec réputation^ quitta de même lejrégiment des gardes, et a mené toujours depuis une vie fort retirée.
* Ce M. de Vaubourg étoit frère de Desmarets , chassé des finaDCcs, puB' revenu sur Teau, enfin contrôleur général des finances etmi- Mtre d'État ; et ce frère capitaine aux gardes, dont il est ici parié , de- Atéréque de Saint-Malo. Un autre est mort archevêque d'Auch.
hmài h, à Marly. — Le roi partit de Versailles après •▼oir entendu vêpres dans la tribune. Il alla à Saint- Germain dire adieu au roi et à la reine d'Angleterre^ qui partent demain pour Bourbon , et puis S. H. vint ici^ où die passera toute la semaine. Monseigneur partit de lendon après son dîner avec madame la princesse de Gonty, alla à Saint-Germain dire adieu à LL. MM. BB. et irriva ici un peu après le roi. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Saint-Germain faire ses adieux avant qne le roi y fût arrivé. 11 y a ici de dames nouvelles la comtesse de la Marck. Monsieur et Madame et M. de Chartres sont de ce voyage, et arrivèrent le soir de Paris. — Le roi fait donner au roi d'Angleterre 100,000 francs par mois durant son voyage; on croit qu'il ne reviendra que dans le mois de juin. Outre cela le roi lui entretient âx-vingts chevaux d'équipages et lui fournit beaucoup de commodités durant son voyage. S. M. a une application Particulière pour qu'il ne leur manque rien, et LL. MM. BB. sont plus charmées que jamais de toutes ses bontés. I^ duc de Berwick , qui étoit à Rome , en est revenu en diligence sur la nouvelle de la maladie du roi son père, ^il le suivra à Bourbon.
Mardi 5, à Marly. — Le roi fit le matin la revue de •* gardes du coi'ps et de ses grenadiers à cheval; jamais ^tfont été si beaux et si bien montés. Le roi leur or-
donna de se tenir prôts à marcher le 35 de ce moU) e^ liuir fait donner environ 4^0,000 éeus pour que dntpiô Karde ait un bidet. On parle d'un assez grand chufïenient parmi les officiers de ce corps, parce qu'il y ea a plusieurs qui, par leur infirmité et leurs blessures, sont ohlifj^és de se retirer; mais cela n'est pas enoore réglé. — L\ipr(>s-dlnée le roi monta en calèche avec Madame pour aller courre le cerf. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne étoient partis à cheval quelque temps auparavant le roi. Au retour de la chasse le rpi se promena dans ses jardins et dit à M. le chancelier, qui revenoil de Versailles, où il avoit tenu conseil, qu'on pouvoit coqipter présentement que nos troupes étoient dans Maotoiie ; elles y doivent être entrées ce matin. Le cerf aux al|0|« tourna sur les dames qui étoient à cheval et &Ala loar dame la duchesse de Bourgogne, qui lai doaqa qp coup de pied. Le roi ne sut cela qu'au retour de la chassa et ^ étoit en peine jusqu'à ce qu'il la vit de retopr. — Lt- MM. BB. partirent de SainJrGermain pour Bourbon; la i-eino alla coucher aux Filles de Sainte-Marie à ChailWf et le roi son mari, à Paris, chez le duc de Lauzun.
Mercredi 6 , à Marly. — Le roi tint conseil le «wto à son ordinaire; tous les ministres sont ici ce voyage - Après dîner le roi se promena jusqu'à la nuit, r— Le roi a commandé à M. de Tallard do se plaindre en A(igl«î— terre de ce qu'un vaisseau de cotte nation a tiré Jl*^ canon sur un petit Ijàtiment de France, comme si iiou=^ étions en guerre. Il paroit que le roi Guillaume chcrcli*-^ noise. — Les Hollandois avoient fait imprimer les e3[traordinaires propositions qu'ils ont faites î\ M. d'Avauï ^ mais ils ont jugé à propos depuis de les supprimer. -^ \a'. pape n'a point encore donné au roi d'Eispagne lii»^ vcstiture pour le royaume de Naples; mais on ne douL*^ pas qu'il ne la donne incessamment. 11 ne seroit p*^ même nécessaire de Tavoir ; elle fut donnée au roi Fei'' dinand d'Aiagon pour lui et ses descendants niàles ^^
femelles ;p moyennant Vhommageet la haquënée blanche qi^e l'ambassadeur d'Espagne présente tous les ans à Sa . Sainteté. Les 7^000 écus qu'on paye tous les ans au Saint- Si^e est une redevance établie par Charlefr<îuint; le royaume da Naples ayant été jusque-là jugé incompatible avec l'empire, il traita avec le pape, et par les 7,000 écus qu'il s'engagea de donner tous les ans il lev£^ toutes les oppositions qu'on lui faisoit,
Jeudi 7 , à Marly. — Le roi se promena tout le matin et toute Taprès-dlnée dans son parc et dans ses jardins. Monseigneur vouloit courre le loup, mais il n'en trouva point. — Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry, Bo partant de Valence, ont pris la route du Daupbiné, et Qe seront à Lyon que le 9 de ce mois ; ils sont en parlait^ sapté. Monseigneur le duc de Bourgogne compte toujours d'aller cette année à Tarmée. — L'entrée du roi d'Espagne à Madrid, qpi devoit se faire le k de ce inois, aété remise jusqu'au mois de mai- Ces jours p^ssé^, S* M. C, étant allée i\ une de ses maisons de qampagne pour y chasser l'après-dlnée, fit manger avec lui les grands qui avoient eu l'honneur de le suivre. Ils s'opposoient à Thonneur que le roi leur vouloit faire, disant îue ce n'étoit pas la coutume d'Espagne; S. M. eut la '>onté de leur répondre que dans les choses, où il s'agi- ^it de la grandeur de la monarchie il suivroit exactcv Dent l'étiquette du palais, mais qu'il s en vouloit dis- ^nser quand il ne s'agiroit que de procurer à des gens îornme eux des commodités et des agréments. On mande I^'il est adoré en ce pays-là et qu'il commence déjà ^ remettre, beaucoup d ordre dans les affaires du ^yaume.
yendredi 8, à Marly. — Le roi alla l'après-dlnée courre l® daim avec les chiens do M. le comte de Toulouse. Monseigneur courut le loup le matin, et au retour de la chasse mangea chez lui et seul; il se ménage fort présen- ^naent sur le manger. Madame la duchesse de Bour-
gogne partit un peu avant le roi et à cheval. La chasse du daim ne fut pas belle. — On mande de Londres qa^il n^y a encore aucune résolution prise dans le parlement pour lever des troupes ; on ne croit pas même que Ton puisse trouver dans les trois royaumes les trente mille matelots qu'on veut lever pour la flotte. L'orateur a parié avec beaucoup de force^ et Ton commence à croire que le roi Guillaume n'est pas maître absolu de ce parlement; ils ont déjà pris la liberté de le blÀmer d'avoir consenti et contribué même au traité de partage fait avant k mort du roi d^Espagne , et ont fait une adresse pour supplier le roi de ne jamais faire aucun traité à Finsu du parlement. Ils ont chassé de la chambre basse quelques députés convaincus d'avoir reçu de l'argent de la cour et ont fait mettre dans la Tour celui par les mains de qui a passé Pargent donné à ces députés-là.
Samedi 9, à Versailles. — Le roi, après avoir entendu
la messe à Marlv , monta dans sa calèche avec Madame et
alla courre le cerf, revint dîner à Marly, et après dîner s\ promena jusqu'à la nuit, et puis revint ici. Monseigneur alla de Marly dîner à Meudon et revint ici pour le souper du roi. Madame la duchesse de Bourgogne entendit la messe du roi incognito et puis aUa se mettre dans le bain, d'où elle ne sortit que pour dîner avec S. M. — ' Ijc maréchal de Boufflers arriva ici de Flandre, et s'y en retournera dans huit jours; les régiments des gardes franooises et suisses ont ordre de se tenir prêts à marcher entre le 20 et le 25 de ce mois ; il y a aussi trois cents mousquetaires commandés , cent cinquante par comp»' gnie. — Messeigneurs les ducs de Boui^rogne et de Berrj' doivent arriver aujourd'hui à Lyon. — M. le cardinal de Bouillon a pa^sé autour des murailles de Turin sans eotror dans la ville. — Sesrais, de l'Académie francoise et connu par beaucoup d'ouvrages qu'il a faits et en vers et en prose , mourut ces jours passés à Caen , où il étoiH rvlin».
AVRIL i70i. 77
10 avril, à Venailles. — Le roi alla Faprè»- \ 86 promener à Trianon. — Le roi envoie M. de GhAr Renaudavectrente vaisseaux dansFAmérique; quand approchera il prendra le pavillon d'Espagne. S. M. G. mne en cepays-làle commandementabsoluet sur mer r terre, avec 6,000 écus d'appointements, outre ceux tire de France. — Durant le voyage de Harly, lejroi a avec éloge du président Rouillé , notre ambassadeur irtugal; il a signé le traité avec S. M. Portugaise part des rois de France et d^Espagne ; il avoit des B pouvoirs pour cela de S. M. G. comme du roi. — I la Haye , notre ambassadeur à Venise, se trouvant ieui et fort incommodé, a demandé d'être rappelé, roi envoie en sa place M. Hennequin de Gharmond, ient d'acheter de M. de Saint-Pouanges la charge de taire du cabinet. — Le maréchal de Tourville est creusement malade à Paris; on ne croit pas qu'il en e revenir; il s'étoit mis depuis quelques mois dans jurande dévotion.
futt 11, à Versailles. — Le roi alla à la volerie; une la duchesse de Bourgogne y étoit à cheval avec coup de dames. Après la volerie, le roi alla à Tria- Madame revint ici, et madame la duchesse de Sourie demeura à cheval avec les dames à se promener. — A nous dit à son petit coucher qu'il avoit reçu deux les nouvelles , Tune est la signature et la ratification raité fait avec M. de Savoie; le roi avoit eu la mtion , pour empêcher cette affaire-là de traîner en neur, d'envoyer à Phélypeaux, son ambassadeur à 1 , la ratification par avance. L'autre bonne nouest que nos troupes sont entrées dans Mantoue; le eus avoit dit mai^i à Marly qu'elles y dévoient ence jour-là; cela s'est exécuté comme on l'avoit pro- — Parle traité fait avec M. de Savoie, le roi lui net de lui donner 50,000 écus par mois de subsides, ^nant quoi ce prince joindra aux troupes dé France