LIEUTENANTS GBINBBA.UX. MARÉCHAUX DE CAMP
M. du Maine, La Mothe ,
. M. le comte de Toulouse , D'Alègre ,
Rosen, , Surbeck,
Artagnan,
Montrerel, Gacé,
Gossion»
Ximenès,
d*Usson,
I>uc de Roquelaure ,
Duc de Ber^ick.
Hautefort ,
SarTille.
D*Antin,
Gourtebonne ,
Le comte de Roucy ,
Alberf^otti,
Caraman,
D*Avéjan,
Du Rozel,
Reynold,
Zurlaubon,
Greder.
ARMKË D* ALLEMAGNE
L1EUTR1SANTS GÉlSRKAliX.
Marquis d*Huxelles,
Tallard»
Villars,
Mélac,
Barbezières,
Marquis de Créquy,
Buaca,
Marquis de Vins.
MAHECHAUX DB CAMP.
Le duc de Luxembourg»
Le duc de la Roclie-Guyon,
Le due de Villeroy,
Le duc de Charost,
Varennes,
Bezons ,
Vandeuil ,
Loemaria ,
Du Bour^ ,
Montgon ,
Médavy,
Magnac ,
Thouy,
Druy,
Riii;auville ,
Artagnan.
Leix>i (înillaume ayant reçu une lettre du iH>i d^EsiKi^^ne «|ui lui donne p^irt de son avt^neinent A la couronne, S. M. B. lui a écrit pour Ten féliciter. — Le \m\x* a ét^ihli luuf conpréf^tion de quatorze cardinaux et six piVdats \Hn\v examiner s'il y a qneUpie fondement raisonnable ;'i rop]M>sition qu'a faite Tambassiideur de lVm|X'reur*A
94 JOURN^O. Of; P^UGEAU.
r investiture du royamift^ 4^ Naples que le roi dl^imK demande au pape. — Qifi ^ pouvelle que madame l&dachessc royale de Savoie est accouchée d^un seoondfik
Mardi Sy à VerÊoiUei. -* Le roi alla Taprès-dlnésà Marly^ et le vilain temps l'en fit revenir de bonne lienre. — Il arriva un courrier de Madrid que le roi d^Bspagw envoie à M. de Beauvilliers pour lui porter les patenles de grand d'Espagne de la première classe. Le rpi iTEspagne met la grandesse sur le duché de Saint-Aigoan; cette grandesse est poup to^s les descendants mAles et le* nielles sansquMl soit besoin qu'il soit spécifié dans la patente. M. de Beauvilliers ne s'attendoit point à cette grâce, qu'il n\avoitjamaisdemandèa et que le roi d'Espagne a•^ compagnée de lettres pour M. et madame de Beauvilliers très-honnètes^ très-tendres et très-bien écrites. Chark»' Quint^ étant devenu empereur^ fit le même honneur «Il inarciuis de Chièvres, qui ayoit été son gouverneur, ft courrier est parti de Madrid le 26 du mois passé, c) M. le duc d'Harcourtétoit considérablement miew^quMi^ il est i^Kirti, mais la fièvre w Favoit pas ^pcqreentièfP' meut ({uitté. — Le roi a donné une pension de 1 ,000 écof à d*Antragues, colonel du régiment des vaisseaux , qui prenoit congé de lui pour s'en aller à son régimenî.
Mercredi '*, à Versailles. — \jc roi, après son dîner, d(>nna une longue audience à M. de Tallard , et puis alla à la volerio, où mossingneurs les ducs de Bourgogne et àe lu iTv et madame la duchesse de Bourgogne éloient arrivés longtemps avant lui. Après la chasse il donna congé à la fauconnerie jusquM Tannéequi vient. Le roi allaensuite se promener à Trianon. Monseigneur revint de Meudon, où il étojt depuis samedi, et n'arriva ici que fort tord,— Dos Tournelles, mestrede camp de cavalerie, tist n)url;il a laisse' un tivs-lH?au régiment vacant que plusieur||;0P^ ont demandé au iH>i et que S. M. a donné ce soir au duc de la Feuillade, ijui ne hiiavoit demandé qup cetti^apr^ dlnée. \a^ i*oi a «u'compagné ce pré^nt de beaucoup d^
MAI fïoi. n
ieiiflétéo ea lui ditKintque s'il cpntiqqoit à bien faire tpouvoroit di«pp^ à. l|ii i^covd^v de plus grandes 6»; qu'il ayoit été biea ^«e 4^ lui faire sentir, dans mf^ qu-U p'étoit pas content de l|ii^ coml^jen i) ayoit liflonB poqv changer 9a conduite ^ et qu'il le yoyoit plaisir présentement dans ^n bon chemin. ildi 5 , jour d^ rÀ$cmsion, à V^nailles. — Le roi alla pre9 et au salut, et entre deux il tint conseil , outre i qn'il avoit tenu le matin . — Il arriva un courrier , d'Avaii^, q^i ne revient pas d'Hgllande sitôt qu'on »itcru; on e;i^pédia ce courrier et on le fit partir dès ri?. On croit que les Hollandpis veulent faire des ipsitiops moinç dérai^nn^hl^s j d'autres gens croient c'est pour allonger les affaires et donner (e tenips >i Guillaume de pa^iser (sn Hollande ; ce qui ne sau- ^ sitôt^ parce que le parlement d'Angleterre n'est jpcore prêt à finir. -^ Le prince de Wolfenbuttel a si quelques jours et prit eongjâ du roi au cpnimenmt de cette semaine; le duc son père a huit mille loes ^uv pied ; le roi contril)ue ^ leur entret^nement, I est fort content ici fie sa conduite» M. delfunster est intentent avec l'électeur de Cologne^ eton croitqu'ils nent ensemlile les mesHr^s nécessaires pouv cmptV que Feniperevir ne commence les hostilités du côté AS Rhin. Il paroit que la plupart des princes d'Alleoe ne vpulent point enti^er dans les aftiires p^iicu- »de lemperpur» et quaiusi la guerre en Allem%^ne pas apparente.
ndndi Éf fi Versqilles. — Le roj alla tirer l'aprèse et puis revint se promener à frianon. Monseigneur it le loup; monseigneur le duc de Bourgogne ùtoit lui; ih^ soupirent au retour chez madame la ^>rinde Conty et y jouèrent aprùs çpuper. — Il arriva carrier du marquis de Villai's pai* le<juel on apprend outes les t^H)upes de Tempereursont en UH)Uvement, qii'on ne sait enqore dv .qu/iil cpU^ ellfn* sp tourne-
ront. On ne presse point ici les officiers génémix de l>artir^ et en cas qu'il y ait de la guerre on ne oompte l>as qu'elle puisse commencer au mois de juillet. — Le roi a ajouté aux officiers généraux qui furent ncmimés lundi le marquis de Clérembault^ maréchal de camp, qui wtvira en Allemagne; et aujourd'hui ^ à la ]^ère de H. de Vendôme, S. H. a encore nommé pour servir Chémenuilt, maréchal de camp. — Le roi donna^ il y a quelques jours^ au jeune marquis de Flamarens le guidon des gendarmes anglois vacant par la mort de Lanson; ces dw^ ges s'achètent ordinairement 50^000 francs.
Samedi ly à Versailles. — Le roi étant le matin ■ conseil à son ordinaire^ la duchesse du Lude demandai lui parler; le roi la fit entrer. Elle dit à S. M. qu'on ma vu au réveil de madame la duchesse de BourgQgneqa'dh étoit présentement en état d'avoir des enfants, de quoi le roi fut fort aise. S. M. alla se promener à Marly Te^prie* dlnée. Monseigneur alla dîner à Meudon, d'où il ne revint que pour le souper du roi. Madame la ducheseede Bourgogne alla se promener A Villepreux chez la ou^ quise de Maulevrier, qui y est depuis quelque temps poar y prendre du lait et se rétaWir d'une assez longue maladie. — Il arriva un courrier de Rome qui apporta à M. TahW de Soul)ise les bulles pour la coadjutorerie de Strasl30urg que le pape a accordées très-obligeamment, d lui a donné mùme le gratis de tout ce qui lui en revient un son particulier. Cet abW sei*a sacré incessamment Le [Mipe a montré l)eaucoup d'envie de plaire au roi dans o»tte affaire-là, et l'on espère que dans les affaires générales il apportera les facilités nécessaires à raffermissèment de la p^ûx de l'Euroi^o.
Dimanche 8 , à Versailles. — Le roi fit l'après-dlnée la n»vue des irendannes et des chevau-légere, qu'il trouva plus beaux que jamais Monseiîmeurse fitsaigner par prèrautionet joua le soir au brelan à son ordinaire. Madame la «bichess*^ dt» Bouriro^ne alla le voir l'aprAsMtlnée cl
MAI 1701. 9r
longtemps avec lui. — Le roi donna^ ces jours By 500 écus de pension à chacun des deux Balivière, n sont tous deux officiers dans les gardes du corps. — emariage du jeune Gacé avec mademoiselle de Matignon^ leousine germaine , se fit depuis le mois passé en Nor- Muidie. — Le roi dit le soir que toutes les nouvelles ii'on avoit de Hollande et d'Angleterre par des particum ne parloient que de paix, et que les actions étoient MNitées de vingt-cinq. On mande que la flotte angIois<' t hoUandoise est encore à Spithead, composée de cînnante-huit vaisseaux, quarante-huit anglois et di\ lUandois. Les vaisseaux anglois sont fort mal armés ; leur manque encore plus de dix mille matelots sur la ^éedes trente qu'ils vouloient faire, et ceux qu'on a fén ont été presque tous pris par force. iMmdi 9, à Marly. — Le roi partit de Versailles en sortit de table^ et se promena ici jusqu'à la nuit. — Moniur et Madame sont allés à Saint-CIoud, où ils passeront W. — Il y a de gens nouveaux à ce voyage madame Dreux, fille de M. deChamillart, madame la duchesse! Bourgogne l'a amenée dans son carrosse ; M. le comte Briorde, qui revient de raml)assade de Hollande, et de Sesanne, frère du duc d'Harcourt. — La comtesse Urco * vint hier à Versailles ; elle dîna chez M. de Torcy , {ni M. l'électeur de Bavière l'a fort recommandée. Cet scteur et c^lui de Cologne ont reçu les protestations 'a faites le grand maître de l'ordre Teutonique contre prétendue royauté de Prusse et même se sont joints à i làrdessus. — La capitation pour la cour sera réglée In maine qui vient; on travaille à régler la capitation dans ris et dans les provinces, et M. de Chamillart compte e le roi en tirera trente millions sans compter lacapita- Dda clergé. On tire 1 ,100,000 francs du privilège qu'on ooordé pour la glace, et on a ùté de l'extraordinaire dos erres M. Amaux, qui y avoit été mis par M. de Barlx*zieux lai n'avoit pnsassez de crédit ]>our soutenir cet emploi.
rArpajon mourut à Paris après une langue maladie''; die avoit été dame d'honneur de feu madame la Dauphine; elle avoit une pension du roi de lâ,000 francs. Elle ne laisse d'enfants que la comtesse de Roucy. — De» Cluseaux ^ intendant de la marine à Brest, est mort. CestM. de Pontchartrain qui nomme au roi les intendants pour la mai'ine. — M. le Premier marie sa lille aînée, qui a dix-sept ans^ à M. de Vassé , lilsde madame de Surville; M. le Premier donne à sa fille 40,000 écus eiquelques années de nourriture , et M. rarchevèque de Vtsmsj oncle de madame de Beringhen , donne encore 10,000 écus À sa petite-nièce.
* Madame d' Arpajon étoit sœur du marquis de Beuvrou y père du Aie d*Harcourt. Elle ue put se consoler de u*avoir pas été dame dliouneiir de madame la ducliesse de Bourgogne après Tavoir été de màime la Dauphine. On a tu ce qui la fit.
imdi 12, à Marly, — Le roi courut Taprès-dlnée le daim avec les chiens de M. le comte de Toulouse, et puis iBvint se promener dans ses jai*dins et voir jouer à son nouveau mail. Madame la duchesse de Bourgogne n'alla point à lâchasse, mais elle étoit avec lui à la promenade, lonseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne cousorent le loup et soupèrent au retour chez Monseigneur avec ceux qui avoient eu l'honneur de les suivre à la chasse. — Outre le gouvernement de Foix que le roi donna il y a quelques jours à M. deTallard, il lui donne encore un petit gouvernement en Languedoc et lessénéchaussées de Béziers, de Carcassonne et de Limoux. Acompte de vendre ce petit gouvernement et ces séné- Ghanssées 20^000 écus. M. de Mirepoix avoit tout cela; mais il les avoit achetés séparément, et le roi a voulu que ïalhrden eût la dépouille tout entière. — Le second fils de H.de Savoie qui vient de naître s'appellera le duc d'Aoste. &• A. K. se prépare à partir incessamment de Turin pour •lleraenaettre à la t<He désarmées de France et d'Espagne,
100 JOUHINAL DE DANGEAU.
Vendredi 1 3^à Fermât Iles. — Le roi^en sortant delà messe à Marly^ monta en calèche pour aller courre le cerf; il retourna diner à Harly)^ d'où il ne revint ici qn^àk nuit. Monseigneur partit de Marly le matin et alla dîner i Mendon; il revint ici le soir pour le souper du roi. —On mande de Vienne que l'empereur avoit découvert ooe grande conspiration en Hongrie^ à la tète de laquelle étoH le prince Ragotski. S. H. I. Ta fait arrêter à Tokai etfa fait mettre en prison à Éperies; le prince Ragotski esl iils de madame de Tékclî. — L'abbé de Brosse est mort; il laisse une abbaye dans le diocèse de Beauvais qui vaot 18,000 livres de rente , mais qui est en fort grand àésatdre ; c'est la seule abbaye du royaume que le roi dV voit point donnée. L'abbé qui vient de mourir Tavoit eue de Louis XIII. Il n'a voit que six ans quand il l'eut, d il en a joui plus de quatre-vingts ans; il étoit tombé a enfance^ et sa famille en jouissoit pour lui et n'y âûsoil aucune réparation.
Samedi 14 , à Versailles. — Le roi, après son lever, donna l'accolade dans son cabinet à H. de TaUard en k faisant chevalier de Saint-Michel. L'après-dlnée S. M.eDtendit vêpres dans la tribune. L'archevêque de Reims} officia ; il étoit jusqu'ici le seul prélat de l'Ordre. Après vêpres le roi alla se promener à Trianon. — Tous les colonels qui ne sont point brigadiers et qui ont des régiments ont eu ordre de se rendre à leurs régiments, et ib prennent tous congé du roi. — M. de Louvigny, intendant de la marine au Havre , a été choisi pour rempli'' Tintendance de Brest; il y a 2,000 écus de plus d'appointements i\ cette intendance-là qu'aux autres intendances de la marine. 11 y a dix de ces intendances sot» M. d(*. Pontchartrain, savoir : celle de Dunkerque, ouest Lehret ; celle du Havre, qui vaque par la promotion d^ Louviiiny ; celle de Brest; celle de Rocheforl, où est B<?" i.'^on; deux dans les lies, dont M. Robert en a une;c<»ll<' de Marseille, où est M. de Montmaur; celle de Toulofl»^
MAI 1701. tôt
it Vaavré; celle de Tarmée navale , où est H. d'Herralt^ et celle des classes ; et cet intendantr-là demeare ngours auprès du secrétaire d'État de la marine. Dmaneke 15 , jour de la Pentecôte , à Versailles. — e roi tint chapitre avant que d^aller à la messe^ et H. de orcy^ chancelier de TOrdre/ lui rendit compte des reuves de H. l'archevêque d'Aix, dont H. de Foix et loi étions les commissaires; de H. Tévêque de Hetz^ dont !. le duc de Béthune et H. de la Salle étoient les comlisBaires; de H. de Tallard^ dont le duc d'Aumont et . de Hontchevreuil étoient les commaissaires. Le roi TOva toutes ces preuves fort bonnes^ et ensuite il comumda qu'on fit entrer les trois récipiendaires et leur it qu'ils étoient admis dans l'Ordre; et puis on marcha la chapelle , H. de Tallard en habit de novice marchant kème devant les officiers, parce que le novice n'est oint encore du corps de l'Ordre; mais en revenant do L chapelle, après qu'il eut été reçu^ il marcha dans son ingde chevalier après les officiers. Les deux prélats larehoient à la suite du roi^ à côté du cardinal de Fnrsimberg^ le seul des cardinaux qui fût à la cérémonie; Bs deux prélats furent reçus avant la messe , et le comte e Tallard après la messe. Le roi dina en public avec la unille royale^ et l'après-dlnée il entendit le sermon , *pres et le salut. Monseigneur^ après avoir assisté à tou- 68 les dévotions de la journée , alla à Meudon avec ma- Iwne la princesse de Conty, où il attendra le roi, qui y loît aller mercredi pour y passer le reste de la semaine. - Le roi donna ces jours passés au bonhomme la Fréze- *fe, lieutenant général des armées du roi et lieutenant te l'artillerie, la survivance du département d'AUema- [ne pour son fils, qui avoit déjà la survivance de la lieuenance d'artillerie, où il n'y a que 4,000 francs d appoinftments; il y a 8,000 francs d'apiK>intemenis de plus pour 8 département d'Allemagne, et c'est le plus considérable Qiploi d artillerie. Le bonhomme la Frézelière servira
lOfi JOin\N\L DE DANGEAU.
à Tamiée, commandant Tartillerie, quoiquHl ait prèsde quatre-vingts ans.
Lundi 16, à Versailles. — Le roi n'a point fait ses dévotions à. cette fête ici, quoiqu'il ait accoutumé de les faire toujours la veille de la Pentecôte ; il a remis à ks faire à dimanche prochain, qui est le jour quMia destiaé à faire son jubilé, l^ jubilé commence aujourd'hui et dure quinze jours. — L'après-dinée le roi alla tiseretpnis se promener à Trianon. — H. deVarennes^gonveimeorde Landrecies , est mort ; ce gouvernement vaut 13 <m IJN^OOD livres de rente. — On croit que la flotte angloisc et hollandoise qui étoit à Spithead a fait voile et qu'elle va au détroit; nous avons envoyé quelque infanterie ponr mettre dans Gibraltar; il n'y a pas assez de troupes en Espagne pour en mettre partout oA ils croient en avoir besoin (1) . On a, par les ministres étrangers , de mauvaises nouvelles de la santé du duc d'Harcourt; il y a des lettres qui portent que le 2 de ce mois il avoit reça rextrème-onction.
Mardi 17. à Versailles, — Le roi alla tirer et puisse promener à Trianon. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry et madame la duchesse de Bourgogne allèrent à vêpres , et apr^s vêpres madame la duchesse de Bourgogne alla à Saint-Cloud, où elle joua , fit collation et ensuite se promena longtemps avec Monsieur. Monseigneur, qui est à Meudon, se promena tout le matin et joua toute Taprès-dinée ou au mail ou au brelan. — Il avoit couru des bruits ces jours passés d'un soulèvement à Messine. On prétendoit qu'il y avoit passé des seigneurs napolitains mécontents, et entre autres un CarafTa qn'
(t) Voir sur Imites les affairps il'K.spagtio, sur répiiisement dp ce p«î*» son «xtininistration , ot pour les détails relatirs à la coar de PhiU|ipe V» ^ Mcmoireu secrets sur rétablissement de la Maison de Bourbon «• Espagne, rxtraits de la Corresi>ondnnce du marquis de ijouviUf;^^^ 1R|8, 2 vol. in-8'*|(puhli<?s iwr le comte Scipiondn Roure).
MAI 1701. lOS
roiteicîté qnelcpies gens du pays à prendre le parti de SDpereuv ; mais ces bruits n'avoient qu'un très-léger ndement, et on a nouvelle que tout y est fort tranû\ie , et le gouverneur de Messine, que Ton nominoil «une entrant dans cette affaire, est un Espagnol trèsittstionné au service du roi catholique. — L'ordinaire ) Madrid arriva le soir fort tard. Le roi d'Espagne dévale 4 son mariage avec la princesse de Savoie; on en témoigné une grande joie dans Madrid. Elle s'appelle irie-Louise, comme la feue reine d'Espagne, fille de mneur, ce qui augmente encore la joie des Espagnols, ffce que la mémoire de cette reine est en grande vénéktion en Espagne. Par ce courrier on a des lettres de Blémrt et de plusieurs François qui sont auprès du roi Bipagne, qui mandent tous que le l""" de ce mois le ne d'Harcourt étoit tombé dans une grande foiblesse et [l'on lui avoit donné Textrème-onction ; il étoit beaump moins mal quand le courrier est parti, et on cornleDçoità en espérer. — Le roi d'Espagne a écrit, sur son liriage, au roi , à Monseigneur, à messeigneurs ses frèil, à madame la duchesse de Bourgogne, à Monsieur et à •dame, et toutes des lettres fort bien écrites; il en donne tttà tous les conseils d'Espagne, et il va nommer incesimment un ambassadeur pour en aller faire la demande D Savoie. — Le marquis de Canales , ci-devant ambasideur d'Espagne en Angleterre , eut ces jours passés odience particulière du roi, où étoit le marquis de Cas- J dos Rios, ambassadeur d'Espagne en France. Mercredi 18, à Meudon. — Outre le conseil que le H tint le matin à son ordinaire h Versailles, il tint oni>fe conseil Taprès-dlnée avant que de venir ici et donna DUgé à ses ministres jusqu'à la fin de la semaine; il W a amené aucun ici, où il arriva sur les sept heures. Iftdame la duchesse de Bourgogne y étoit arrivée longsmps avant lui, et monseigneur le duc de Bourgogne y toit venu diner ; le roi s'y promena jusqu'à la nuit et alla
104 JOURNAL DE DANGKAU.
voir jouer monseigneur le duc de Bourgogne au m Le matin à Versailles il arriva un courrier de Bk parti de Madrid le 11 ; il mande au roi que le mal) d'Harcourt est considérablement diminué, qu'il n^ plus de fièvre, mais qu'il n'est pourtant pas encore danger. — L'ambassadeur d'Espagne arriva à Vc sur les deux heui*es pour se réjouir avec le roi A claration du mariage du roi son maître; il pré S. H. le duc de Popoli, frère du cardinal Canteb chevôque de Naples , qui vient d'Espagne et s'en n à Naples ; la maison Cantelmi prétend venir da d'Ecosse^ qui est la maison du roi d'Angleterre.
Jeudi 19, à Meudon. — Le roi se promena tout tin dans les jardins avec Monseigneur^ et l'aprè S. H. alla aux Invalides^ dont il n'avoit point vu 1 qui est presque achevée présentement et qu'il trou belle ; il donna de grandes louanges à M. Hansart voit pas voulu dire à personne qu'il iroit aux Ini de peur qu'il n'y trouvât trop de monde (1). gneur demeura ici , joua en attendant le retour qui revint à six heures et se promena avec mad duchesse de Bourgogne jusqu'à la nuit. — M. le chai de Catinat est campé présentement à Rivol le lac de Garde et l'Adige, et n'est séparé de Chii par celte rivière. Le général Nigrelli est campé a troupes de lempereur sur les frontières du Trenti lieu qu'on nomme Alla; il y a peu de troupes
(1) '< Le 19 du mois |>asscS le roi alla voir la nouvelle église de I Invalides. Ce prince fut frappé d*étonnement au premier coup dVnl un long examen de tontes ses parties il dit liautement que, quelque se fiH formée <le c4î su|>erbe édifice, il ne sV'toit point attendu i grandeur, et qu'il n'avoit jamais rien vu dans ce genre d'un goût > gnifiqiie et aussi exquis, il exprima ses sentiments à M. Mansa termes dont il eut lieu d'être |)éuétré de satisfaction. Sa Majesté pi coup de cette église, à son retour de Meudon et les jours suivants grands t(*moignages de contentement , ce prince répétant souvent poi quer qu'il avait été étonné. » (Mercure de mai , pages 388 à 390).
MAI i70i. 105
Eurivées dans ce camp, et H. le maréchal de Catinat^ qui rit avec sa modestie ordinaire, ne parolt avoir aucune quiétude des entreprises que les Allemands peuvent ire de ce o6té-là. Il croit qu'ils seront obligés d'abantmner le dessein de venir à Vérone et qu'ils seront conraints de prendre une autre route s'ils veulent entrer en iaUe.
Vendredi 20, à Meudon. — Le roi monta en carrosse 'aprës-dinée pour aller à Paris ; Monseigneur le suivit lans le sien. Quand le roi fut auprès des Invalides, il fit nonter Monseigneur auprès de lui dans sa calèche; ils illèrent ensemble à Notre-Dame, où ils firent leurs staioos pour le jubilé. Le roi y vit le modèle de Tautel que ieroi y veut faire faire, et le trouva mal placé. C'est Favis le M. de Mansart aussi et de tous les connoisseurs; cependant S. M. ne voulut pas commander qu'on le plaçât ûDeurs sans consulter les chanoines. H. le cardinal de Houilles prendra leurs avis à tous par écrit, et le roi »eat qu'on place cet autel dans l'endroit où le plus de i^oix des chanoines l'aura déterminé. Après avoir été & Kotre-Dame, le roi remonta dans sa calèche avec Monseigneur et ils allèrent au Palais-Royal, où Monsieur étoit 'CDU de Saini-Gloud pour recevoir le roi. S. M. visita tout le Palais-Royal, et trouva le grand appartement et la galerie nouvelle, qu'il n'avoit jamais vue, fort beaux. Sur les û heures il remonta seul dans sa calèche et Monseigneur l^s la sienne, et arrivèrent ici d'assez bonne heure pour »'y promener encore longtemps (1). Madame la duchesse
(I) « Sa M^iesté ayant dit qu'elle viendroit le 20 à Par», la joie de la voir ' ^aitt de grands mouvements. Comme elle devoit partir de Mewlon , on ne '">li point qu'elle ne dût traverser le faubourg Saint^Germain , aussi toutes ■ nns par où on crut qu'elle passeroit se trouvèrent remplies; mais Sa Ma- Mlé vint par le quai qui reganle celui des galeries du Louvre, et passa devant BcoUéne des Quatre-Nations, de sorte que la grande foule ne se trouva que ^k Pont-Neur. Il étoit tellement rempli de monile que le carrosse de Sa ^Né ne le put traverser sans s'arrrftter plusieurs fois. M. le cardinal de
de Bourgogne suivit le roi dans son carrosse jusqu'au Pont-Neuf et puis alla au Falais-Royal, où elle attendit S. M. Elle y demeura encore quelque temps après loi; elle fit collation chez madame de Mootaoban et puis fit quelques tours dans Paris, et sur les sept heures alhao cours, où il y avoit fort peu de monde; car on ne l'y altendoit j>oint, et ilfaisoit un vilain temps; elle ne revint ici qu'à huit heures et demie. MQnseigneur le duc de Bourgogne ne partit point d'ici et s'amusa toute la jounMe à jouer au brelan. — On a nouvelle que la flotte angkMse et hollandoise est encore à Spithead ; elle n'a point fiiit voile, comme le bruit en avoit couru ; on parle même de désarmer quelques ^-aisseaux^ dont ils croient n'avoir plus
NoaiUfs , en cainaU et en rodiet , a h Ule de mb chapitre , reçat Sa Nije* à la porti- (If remise, d M. l'abbé PHiit|iied, cfaaDoine et loos-ehailR, lui prestMita la ^ raie i n>i\ à baiser. Lo roi , après aToir fini ses prières Hft ni l'antel i)a*on a «Ire^M* dans la nef ?. cause île» noaveaax ouTrages qm mpèt'hent qu'on w ïêsse le setrioe a cehii dn cbopur, alla faire uae sWîM devant Ijukrl do la Vierge, entra dans Ve ciMvur pour voirie modèle du miBR autel que M. Mansart > a fait He^er |iâr sesonlrrs, ppnr exêrtiterle Vduqv le fen roi a\oit fait, en demamlant qu'il piât a Dieu de lui donner on fiKSi M^je)j4e tenhiigna à M. le ranlînal île Noailles el au\ chanoiMS le désir qi'dk a\oit lie \i>ir re viru aiiviiipli ; elle leur demanda leur^ âentiments parrcfil sur lo tb^'HX 'le la \»\mv on ce gran-i aut<*l seroît élevr. et nÎ on le laisseroil* la place on elMt le nn^ièlo , im si on le mettroit à b croisée, e'est-â-direàh pU(Y «hi jube . a la manière «les e^dins d Italie. On a sa depuis que, lesckii>tvines axant iKniik- iour a%is, il >ene>t tT>LMi\e plus îles denx tiers qDÎcil x^nxie [»km\t la cr»>i<<v iv qui >era suivi >ek«i le premier sentinml (k M. Hansart. qui a fait mmi moiVIe à ft* dessein.
h Lie rai, apivs a\uir l'ait «li>tnbuer «tes sommes ooasiiiefableft dans les tnncf •le >otn^llai»e et au\ |kau\rv> \*at M. le canlinal de Coislin, alla au Pibi^ Roxal . au niilic"» d'une foule incroyable île peuple, qui ne cesaa point denvquer » jtw par des cris iy*kiubies «le I tre /e Rc4 ! Sa Majesté vil hn»- \Wlr galerie du Palats-R^nal el fia Hes-satisfaite de rarciûiertne eitfnctrf el de» omen^ents du «Mans. Sa Majesté trtiuva en sorlaot la même két^ peuple : les diemins qui o^nduisent ao\ Tnileries H ceux qui mèmnt i h |ilace de Vent)i^me . autnnnenl de Louis-le-4;raiid . en eioMt nonpis, puff qu'on at iMt cru que re prâKv iroH an\ Tuileries, H pas$cniit devant etûtf^ |ioitr «oir <d <tatue e^^uestry^: mais Sa Majesté n'aDa à aocon de ces c»lfB<L^ l'Jlf passa par la me de Saint-Th««n)is «lu Lovrro . et prit le du ail df ^' don par le P<ont-Ro>al. • « .Wrfrvrr de Hiars.|iacKï90à»li.}
lesoin. Le roi Giiillaumc a donné [mrt aux États Gênétux qu'il avoit reconnu le nouveau roi d'Espagne, et le mut Stanhope , son envoyé extraordinaire à la Haye , a randn visite au comte de Quiros, ambassadeur d'Espagne, et lui a fait les compliments de félicitations sur Tavéncment du roi son maître à la couronne.
Samedi 21, à Venailleê. — Le roi, aussitôt après son dîner, partit de Heudon pour venir ici ; en arrivant il fit des stations pour son jubilé et puis s'enferma avec le P. de la Chaise. Monseigneur partit de Meudon aussit<M après le roi et passa par Saint-CIoud pour voir Madame, qui a déjà eu quelques accès de fièvre tierce et assez violents même; on craint que son mal n'augmente parce qu'elle ne veut point faire de remèdes; elle ne veut point garder le lit , pas même durant le [dus fort de sa fièvre, dont les accès sont assez longs. Madame la duchesse de Bourgogne partit de Heudon avant le roi et alla à Sftint-Cloud ; elle ne fit qu'entrer dans la chambre de Vidame, qui avoit la fièvre très-fort et qui n'aime pas à voir personne quand elle est dans cet état-là et qu'elle ■wiffre. — Le parlement d'Angleterre a ôté au roi Guiliaume les 200^000 écus dont il jouissoit pour le douaire de la reine d'Angleterre qui est à Saint-Germain , et 100,000 écus aussi dont iljouissoit pourla pension qu'ils ^voient accordée au duc de Glocester, qui mourut l'anûée passée. On dit toujours que ce roi veut passer en Hollande vers le 20 du mois qui vient.
Dimanche 22, à Versailles, — Le roi , Monseigneur et "Monseigneur le duc de Bourgogne firent leur jubilé, et laprès-dinée entendirent vêpres et le salut. — Le roi ^onna à l'abbé de Saint -Aignan, frère du second lit du duc ^ Beauvilliers et qui est dans sa dix-neuvième année, l'abbaye de [ Saint-iiermer de Flaix ], qu'avoit le vieil Al)é de Brosse; outre le revenu de cette al)baye, qui est ^nsidérable, il y a de très-lielles collations; c'étoit la seule ^bliaye du royaume que le roi n'eût jamais donnée. —
108 JOURNAL DE DANGKAU.
Madame de Bournouville, qui tomba en apoplexie il y t quelques jours et qui étoit accouchée sans connoîssance d'un enfant mort^ et qui depuis s'étoit assez bien portée pour qu'on la crût hors de danger, mourut l'aprës-dlnée à Paris. Elle étoit sœur du duc de Chevreose d'un s^ cond lit; elle n'avoit que trente-deux ans; elle ne venoit jamais à la cour. Elle laisse un iils et deux filles, dont lainée* a été déjà souvent ici et pour qui madame b duchesse de Bourgogne témoigne assez d'amitié.
* Cette fille est devenue duchesse de Duras , et son frère est mort sans enfants de la seconde fille du dernier maréchal de Gràmont, qn s'est remariée au duc de Ruffec, fils atné du duc de Saint-Simon.
Lundi 23^ à Versailles. — Le roi prit médecine et tin( Taprès-dlnée le conseil qu'il a accoutumé de tenir le matin. — Le roi a permis à TabM de Polignac de revenir à la cour ; il avoit toujours été exilé dans son abt>aye en Normandie depuis son retour de son ambassade de Pologne. — M. de Puységur est revenu de Flandre et a rendu compte au roi de l'état des troupes de France et d'Espagne en ce pays-là , qui est aussi bon qu'on le peut désirer. Toutes les recrues'pour notre infanterie et pour notre cavalerie sont arrivées, et sont plos belles qu'on ne Favoit espéré. Les levées que les Espagnols font s'avancent fort, et; M. de Puységur en est très-content. On travaille en diligence à toutes les places de (iueldre; il n'y a que Ruremonde qui ne soit pas encore en bon état; Gueidre, Stephensweerd etVenlo pourroient fort bien soutenir un siège présentement. Le!» troupes de Hollande ne sont pas si nombreuses qu'on Favoit dit ; en comptant les trois mille Écossois qui Icnr sont arrivés, ils n'ont que cinquante-cinq bataillons et soixante-cinq escadrons, et nous y avons présentement en comptant les troupes d'Espagne, quatre-vinjrt-^ l)a taillons et six-vingts escadrons de bonne cavalerie; et celle de Hollande est fort mauvaise.
Mûrdi 34, à VerMilles. — Le roi alla Taprès-dlnée se fomenerà Marly, d^où il ne revint qu^à la nuit. Honseidenr et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le op. La fièvre de Madame est toujours intermittente, lais les accès en sont plus longs et plus violents. — Les olonels réformés ont ordre de se rendre aux régiments Aos lesquels ils ont eu leur réforme et pour cela de artir le 1*^ du mois qui vient. — H. de Belesbat st tombé en apoplexie dans rabl)aye d'une de ses sœurs uprès de (Nevers ; la paralysie s'est formée sans que la Hinoissance lui soit revenue, et il y avoit déjà deux fois ingt-quatre heures qu'il étoit dans cet état-là quand Den a mandé la nouvelle. Il n'a jamais été marié; son entier sera M. de Canillac le colonel d'infanterie, fils e sa sœur unique. On croit qu'il lui laissera 25,000 vres de rente. Le parc de Belesbat auprès de Fontaineleau est un des beaux parcs de France. Canillac n'est oint encore marié. — On mande d'Italie que , quoique ■ troupes de l'empereur soient en fort petit nombre ans le pays de Trente , elles ne laissent pas déjà d'y Niffrir beaucoup.
Mercredi 25, à Versailles. — Outre le conseil que le H avoit tenu le matin à son ordinaire, il travailla encoi*e après^lnée avec M. de Pontchartrain, et sur le soir • M. alla se promènera Trianon, où Ton parle d'aller ientùt pour y jwsscr quelques jours. — MM. les comtes 'Albertet d'Uzès furentjugéset absous, et en conséquence 6 leur absolution étoient descendus de leurs chambres oor sortir delà Conciergerie; le comte d'iîzès en sortit activement, mais le comte d'Albert reçut un ordre du M d'y demeurer encore. S. M. le regarde comme l'au- Hir de la querelle, et ne veut pas seulement punir les oels, mais même les apparences. MM. d'Entragues et ■Terrait se remirent en prison en même tem[)s qu'(m remettoit H. d'Albert; ils sont accusés aussi de s'être *Wu.s.Li sévérité du roi augmentera encore leur chtigiîn
Il« X>l~R5AL DE DAJiGEAU.
dhSÈ^ la f#moii. — L'ambassadeur de Venise dit hier ine rioH\elJe ici qii«^ le roi n'a point reçue, qui est q;iie k taraud SeifmK^o* e«4 v<rnn à Andrim^e avec vingt^inq miiie janissaire^ et antant de qiahis el qu'ail alail arborer 1^ queueç» de ebeval ; l'ambassadear ajoute à cette nonvtrUe que quelques seicneurs hongrois, accusés d'Mre de la conspiratioD du prince de ftagotski, s^étoient retirés i Termes^ ar.
Jfwdi ±6 . )our dt ia féie de Dieu, à FenotUei. ^ Le roi monta en carros&e avant dix heures pour aller àlapir roisse: llonâei^eur.messei^eurslesducsde Bourgogne et de Berry. madame la duchesse de Bourgogne et meidames du Lude et de Mailly étoient en carrosse aveclai. La pluie empêcha la procession ordinaire, et on ne la il qu'autour de Tétrlise en dedans. Monsieur y vint deSaiotr Goud. et après la messe revint ici avec le roi, et madaae de Mailly se mit dans les carrosses de madame la duchefl» de Boun:ogne. Le roi mangea à son petit couvert avec Monsieur. A ces jours ici il a coutume de manger ei pulilic avec la famille royale. — On eut hier desDoa- Vf lies Je Madrid par la slafetille de Navarre; les lettres sont du 15 au soir. Le duc d*Harcourt étoit plus malcf jour-la qu'il iH' Tétoit quand le dernier counûer eu piiHit : la tète ctoit plus enjsagée qu'à Tovdinaire., et te médecins en ont mauvaise opinion. — L'intendance du Hîivjv. vacante par la promotion de Louvigny î\ celle de Bivst, a été donnée à Clianipigny-Noi*oy, qui est intendant en tJiinaila depuis dix-huit ans. — Labbé d'Ai*gealieu, vrand vicaire de Soissons , est mort ; il avoit une asîjeï honni' al)lKiye et quelques autres j)etits bénéfices.
Vendredi :27. à Versailles. — Le roi alla Tapi-èinllDée î\ Marh , d'où il ne l'evint qu'à la nuit. Monseigneur, messeiirneurs les ducs de Bourgogne et de Berry et madame la duchesse de Bourgogne allèrent au salut. Durant i'vHv octave il y a toujours nmsique au salut.— Mi"*" seigmiui* le duc de Bourgogne aura six aides de camp; "
MAI 4701. lit
f en a déj& trois de nommés^ qui sont M. de Seignelay^ attire de la garde-robe ; le chevalier de Sully, mestre fe camp réformé , et le jeune Dénonville, fils du sousgouverneur et qui est colonel réformé. — Madame la inehesse de Botirgogne fit ses stations à pied à la paroisse et aux Récollets. — Le vieux H. de Hontpouilhan, tJBÎ étoit au service des Hollandois depuis cinquante ans, «t mort ; il étoit François et de la maison de la Force. Il Um une veuve, qui est dans un couvent à Paris, avec qui il étoit fort brouillé. — Le marquis de Parelle commandera les troupes de M. de Savoie sous lui, qui est généralissime des armées de France et d'Espagne en Italie. — * Le maréchal de Villeroy travailla hier au soir, dm*ant pins d'une heure, avec le roi chez madame deHaintenon. — Les dernières lettres de notre armée d'Italie iK)rtent que les Impériaux ont avancé une tète jusqu'à Castel- Ditvid, qui est eu deçà de FAdige et qui est encore du l^ntin ; il n'y a que quatre lieues de là à Rivoli, où nous nmines postés.
Samedi 28, à Versailles. — Le roi, au conseil des fiances, jugea une affaire qui duroit depuis Tannée 79, wrTargent que M. de Horstein avoit avancé en Pologne pour faire tomber celte couronne à M. de Longueville. Ihdame de Nemours prétendoit que les biens d'un mineur, comme étoit M, son frère quand il fut tué au passage du Rhin en 72, ne dévoient j)as être engagés. Elle • Wé condamnée à payer le principal et les intérêts, qui "Hmteront à plus de 700,000 francs; cette somme pi*es- 9^ tout entière reviendra à mesdemoiselles deMoi*steiu, Petites-filles de celui qui avoit avancé cet argent. — Outre J* conseil que le roi avoit tenu le matin, il tintl'après- ^ée le conseil d'État qu'il auroit tenu jeudi sans lu '^Une fête, et alla ensuite au salut. — Le maréchal de *<Hirville * mourut la nuit à Paris après une longue uia- Mie; il n'a voit ]>as soixante ans, et laisse un lils fort l^ne et fort pauvre. Le maréchal n'a voit amassé aucun
113 JOURNAL DK DAKGEAU.
l)ien, et étoit cadet d'une maison qui n'étoit pas riche. Le i-oi a donné la charge de vice-amiral qu'avoit le maréchal de Tourvillc au comte de Château-Renaud^ le plus ancien des lieutenants généraux de la marine et homme do grande réputation et fort heureux dans tous les emplois qu'il a eus. La place de lieutenant général ne devoit pas être remplie, parce qu'il y en a une sup^miuiôraire: mais le i^oi a voulu faire cette grÂoe-là aucheviilier de Coi^tlogoUy qui s'est toujours distingué dans les actions où il s'est trouvé.
* \je niaréclisl do Tourvillo s'appeloit Gostentin , et du oonseatemnt di's Vnglois H des Hollandois le plus grand homme de mer de ton temps en tout genre. Doux, modeste et un des plus braves hommes du monde, mais sans esprit quelconque que pour son métier ; bien ttU et aimant les dames; un fort homiéte homme aussi, et adoré dans la marine. Son père . bien gentilhomme, étoit a M. de Saint-Simon, et ce l'ut lui qu il envoya au cardinal de Richelieu à la journée des dupes, Id dire que sur sa parole il vint à Versailles. Le reste de ThistoirecstcoD* nue et fameuse, et nulle part si vraie que dans Le^-asBor. Lortipi W . le IVince maria son famoiix fils â la nièce du cardinal de Richdicu, il demanda â .M. de Saint-Simon un gentilhomme de confiance pour Mh'ttre auprès de lui ; il lui doima Tour\ille. Son fils le maréchal et sa sciHir nuidamo do GomilU', qui a \mm avec beaucoup d'esprit dans kis intrisiies de son temps , n\ivoient jamais oublié cet attachement premier au diicde S;iint -Simon. I^ fils du maréchal fut tué fort jeune, et sa fille a e(KHis<> M. de Bra&»c . et a ete dame de madame la durheav de Berry Lt-ur mert* etoit fillo d'un homme d'affaires qui s'appekA l^ugt\ûs.
Dimanche ^9. à VerMiUes, — Leroi.aprèslesalutfS^alla pi'omoner à Trianon. qui e%t plus beau que jamais : tons U-s fnilïoUisseinents que le roi y a faits ont réussi à me^ veille et s^nit dans leur perfection. Madame la duchesse de Bc^unn^îrno y étoit avant le roi et revint avec lui dans s;i i\iKvhe. Monseisriienr alla hier àMeudon, d'où il nere- \ itMulra que mercredi. Monsei&rneiu- le duc de Boiinroene alla chez madame la Uuche<^^ jouer au brelan , et a^'ant le rsdut il avoit jonc chez lui avec madame la duchesse d«^ tt«Mir::ot:ne . of qui lui arrivi» «^mvent présentement.
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duo de Popoli prit congé de S. H. Il lui avoit dei Tordre du Saint-Esprit, et avoit obtenu du roi son > à Madrid la permission de demander cette grâce .& M. lui a promis^ et lui a dit qu'il lui en coûteroit fge et qu'il le vouloit i*ecevoir lui-même. Il s'en ne à Naples bien charmé des bontés du roi , et lui Qdu qu'il augmentoit la grâce en lui ordonnant 'enir pour le recevoir lui-même. Monseigneur alla Buroisse de Meudon entendre le salut; il n'avoit jh- \té & cette paroisse^ et le curé lui fit une belle h<ie. — Le roi a donné le gouvernement de Laudrela Chétardie, qui commandoit à Brisacli et qui en rvoit les appointements^ qui sont de 9,000 francs; le memeut de Landi'ecies en vaut 11 ou 12. ïdi 30, à Versailles. — Outre le conseil de dépêches }roi tint le matin, il en tint encore un l'après-dinée juger TaHaire du prince de Birkenfeld contre l'é-
de B&le. Monsieur vint de Saint-Cloud pour être Donseils , et après qu'il fut retourné à Saint-Cloud ne la duchesse de Bourgogne alla l'y voir. Ils y eu- •ent le salut ensemble; elle y joua ensuite et fit col-
et revint ici à neuf heures. — Les brigadiers de Se de Flandre ont eu ordre de ]>artir; on ne dit e rien aux lieutenants généraux ni aux maréchaux de . Il n'y a que MM , d'Usson et de Gassion , lieutenants gé- X et MM. de Lannion et du Kozel maréchaux de camp, jrtentpour aller joindreM.deBoufilers,quiademand('' ues officiers généraux. — Madame la comtesse di* il mourut A Paris; elle ne venoit jamais à la cour.
roi a donné i,000 francs de pension i\ madame de mes, veuve du gouverneur de Landrecies, mort deinmois. — On mande d'Angleterre que le parlement rtopposé aux volontés dui*oi Guillaume dans lespechoses, mais que dans les grandes affaires il lui de presque tout ce qu'il lui demande. — I^ roi, (le salut, salin pn>mener à pied dnns ses jardins. r. vni, 8
114 JOURINAL DR DANGEAU.
Mardi 31, à Versailles. — Le roi dîna de bomito et alla ensuite se promener à Marly , d^où il lië qu'à la nuit. Monseigneur le duc de Bourgogne Meudon voir Monseigneur son pèi-e et ne itevinl i la lin du souper du roi. — Le roi a donné des pi aux enfants du maréchal de Tourville, 4,000 fn iils et â^OOO francs à la fille. — L'ordinaire d'B arriva le matin, l't parlas lettres du 18 il n'yavoi aucune espérance sur la santé du duc d'Harooart il arriva le soir un courrier de M. de Torcy, revei Portugal, qui a apporté des lettres de Madrid du ï lesquelles il parolt que la fièvre du duc d'Harco fort diminuée et qu'il n'a plus de redoublements; a même quelques-unes qui portent qu'il a vidé on On mande que le roi d'Espagne ôte la vice-royi Sicile au duc de Véraguas et envoie en sa place d'Escalone, marquis de Villéna; le duc de Vérag s'est pas fait aimer dans son emploi de Sicile. — 1 la duchesse de Bourgogne après le salut s'alla pn î\ Trianon. — Les ministres étrangei's qui sont vc aujourd'hui ont eu avis que le duc de Zell étoit mais le roi n'eu a eu aucun avis.
Mercredi T' juûj, à Versailles. — 1^ iH)i, siu' les lit'ures, allaà Meudoii, où il se promena avec Monsc juMju'à la nuit ; il roiisoillo A Monseigneur d'y fai sit'urs eniUoilisseiuenls nouveaux, ilonl il lui en a les dessins ri dont il fera la dépense». Il dit à I f^^neur, à la luonienîule, qu'il étoit venu des nouv< Hollande par Zell (I'hu combat donné en Italie ei troupes de Tenipereur et eelles du roi. S. M. cro nouvelle entièrement fausse ; mais c'est une cb< ordinaire à nos prétendus ennemis de publier des ments favorables à leur parti et qui n'ont aucune — I^e roi fait rendre à M. le cardinal de Boui
revt^uu i\v tous ses bénéfices ; on ne lt*s avoit saii ixu'ee qu'il n'a voit piis obéi aux ordres du roi en
lUIN I70t. lU
ftM le lied de son exil ; il y est pm^M^ntement , on lui BAdson bien.
ieudi %y à Versailles. — lie roi partit du château sur ai dix heures, ayant dans son carrosse Monseigneur, nies- B^eurs ses enfants, madame la duchesse de Bourgogne, I. de Chartres et la duchesse du Lude, et alla à la paroisse, Mrisàla pix>cession, et ensuite entendit la messe à la patriate. L'après-dlnée S. M. tint conseil jusqu'au salut, et ifTièsle salut alla se promener à Trianon. Madame la duihease de Bourgc^ne y arriva avant lui et y demeura MMHre après lui pour y faire collation, qu elle se fit apportarde la Ménagerie. — Le roi d'Espagne, sans en avoir été incité par le roi, a fait le comte d'Estrées lieutenant lèléral de la mer et lui en a envoyé les patentes à Cadix, rt ce comte doit être arrivé ; il a attaché à cet emploi lifiOO écus d'appointements "". I^ prince de Piombino noit eu le même emploi , mais depuis sa mort il n avoit ^nt été rempli. C'est le premier emploi de la mer en llpagne quand la charge de prince de la mer n'est pas *ttplie , et cette charge ne Test presque jamais et ne adonne qu'aux princes de la maison royale. L'autorité Itt comte d'Estrées ne s'étendra pi\s jusiju'aux mers des Wes; ce sera le comte de Chàteau-Kenaud qui commankm dans ces mers-h\ en qualité de capitaine général du rt d'Espagne, qu'il a dt\jà depuis (|uel(|U(>s mois.
* Le comte d*Estrées iic s'est giièro sali les mains di* ces appoiiiiMDis ni fatigué à commandiT des vaisseaux d>ls()a^iie; il en a en fcux, comme ou verra. Pour la qualité de prince de la mer, je ne sais k die a été |Nrise , encore moins par qui portée. Depuis Tunion des ■liagpes par Ferdinand et Isabelle , on ne voit guère de prince du bg(rE8(>agno en dge d'homme, un ou deux à peine et qui ont été Mhiaox.
fmdredi 3, fi Marhj. — Le roi, en soi'tunt de son diner ^^ersailles, vinf ici, ou il demeurera jusque la tin de la ^«Bftinequi vient. Monsieur, Madame et M. de Chartres
J ir. JOURNAL DE DANGEAU.
sont toujours à Saint-Gloud; Madame a encore la fièvre, mais lesacci^s sont diminués. Monseigneur et monfleigneur le duc de Bourgogne coururent le loup et firent une fort rude chasse; au retour Monseigneur mangea à Versailles avant que de venir ici. Le roi a amené ce voyage toutes les dames qui s'étoient présentées au souper avant-hier, chose qui n*étoit pas encore arrivée. — Le roi a donné ane commission de mestre de camp au comte de Nille, lieutenant-colonel du régiment de cavalerie de Furstemb^. — L'arrùt pour remettre M. le cardinal de Bouillon «i possession de ses biens a été signé; on lui redonne la jouissance du passé a condition qu^il ne pourra demander compte aux intendants de Targent qu^ils ont pris des fe^ miers de ses bénélices pour les réparations qu'ils ont jugées nécessaires.
Samedi k, à Marly. — Le roi se promena en calèche avec madame la duchesse de Bom*gogne, madame la j^ cesse de Conty et la duchesse duLude; Monseigneur étoit à cheval , madame de Maintenon dans une petite calèche seule et beaucoup de dames dans d'autres calèches. Monseigneur le duc de Bourgogne demeura à jouer avec madame la Duchesse. — L'ordinaire d*ltalie apporta des letti*es du maréchal de Catinat du 23; il mande au roi que les hnpériaux font quelques mouvements dans le derrière deleui^ monta^nes^ comme s'ils vouloient aller à Torbob et à Riva, hiissaiit le lac de Garde à leur gauche pour descendre dans le pays de Brescia. Les chemins en sont difficiles; il y en a un pour un ou deux hommes à pied, et Tautre où peut passer un chariot très-éti*oit; ainsi on a peine à croire qu'ils puissent réussir de ce cùté-là. — On a des nouvelles assez incertaines de la flotte angloise et hollandoise; on compte qu'ils avoient soixante-dix vaissceaux à nie de Vight, dont vingt-deux ont mis à la voile. On prétend que c'est iKuir aller au détroit; il faudrort qu'ils y envoyassent un bien plus grand nombre de vaivseaux s'ils /ouloient y lain? quelque chose, le ww'*"
\ étant à Gibraltar plus fort qu'eux , sans compter «vaisseaux d^Espagne.
Dimanehe 5^ à Marly. — Le roi tint le matin conseil à on ordinaire^ et Taprès-dinée il se promena dans les hauts blarly, où il essuya un fort grand orage qui fit assez de Msordre ici dans les jardins ; il y a eu beaucoup d'arbres rttmpus et beaucoup de vitres brisées dans le château et bns les pavillons. Après l'orage le roi se promena dans Ift jardins jusqu'à la nuit. — Il arriva un courrier de M. le iHfféchal de Catinat^ parti du 30 du mois passé; ce mare- Jial mande au roi que les Allemands ont pris un chemin tout différent de celui qu'ils avoient paru vouloir prendre f abord; ils marchent présentement sur la Brenta ; ils ont lëjâ passé Bassano et ont quatre mille chevaux à la haucnrde Vicence et en deçà du Bacchiglione. On ne doute jwnt que le reste de leur armée ne suive par la même ^mte. H. le maréchal de Catin^t n*a pas encore quitté le poste de Rivoli et n'a point de pont pour passer l'Adige, joiest fort rapide et assez large. Selon les apparences, les Allemands viendront entre Vérone et le golfe ; mais ik auront bien de la peine à passer TAdige, qui est en- »re plus large en approchant de la mer; on ne mande point que le prince Eugène de Savoie soit arrivé à leur uroée; mais, conune il est parti de Vienne du i7, il doit r être arrivé.
Lundi 6, à Marly. — Le roi se promena dès le matin (vec madame de Maintenon , madame de Noailles et la XHntesse de Gramont. Monseigneur et monseigneur le duc fc Bourgogne coururent le loup. L'après-dlnée le roi se promena par tout son jardin pour voir à remédier au feordre qu avoit fait l'orage. Avant que d'aller à la promenade il avoit travaillé avec M. Pelletier, comme il a Mcootumé de faire tous les lundis. — La Touanne et ^vion, trésoriers de l'extraordinaire de la guerre, aver- ^^\ M de Chaniillart , il y a quelques jours, que leurs ^ibùresétoient en mauvais état; M. de Chamillart appro*
as JOURNAL DK «AflGEAU.
il a trouvé qu'ils dévoient près dQ dU qu W ipiUiftW4^ea8ts«ip««aelQ mieiir dMtmMiii. SwYio«i9Minw41a|ka«taK <il W «¥qM^«iiv«^^ 4 1» TflPinin^ qw 6fk à in cMipMmft m^ii§rA^fia«tÛla4iwi; mv^
et pfeift4 enc^up parti bien iii|rt§ rt'IPM wHllI en n^«me temps bien ««gp, c^ U fKipfHni|ri|»t)f^ qu U ert néce«sair« qu'aîwi( ^w gem qm qnt «ll4É|r ges-là-
if<r4t t, à Jforiy. — I^ roi tin^ emwU^imiailil loatâp A epn or^paira; rapsèarC^q^ i) fp^mH^-M M. de Ponebartrain et lui wdQPoa 4a çUi|i*ol»a WfKpj rîer i^ Ifarpailte an dUP de le^m^ g^néfi^ 4w 8llHli{ du royapiiia de Naplw, qni ^t vaim A.
ses buiï g^ènes ppuy p^sder m E|i|#gw, PïWfï»# dQQiifir dp la part du m da isetoarnar 1^ IfnplM (mit gail^fes, piirpe qu'on p'en » j^ (lewMp fu B^yiWlt qu'elles peuveqt être de qqelque u^igp <i Naiilw. -ttH TI une déclaration imprimée) pour déclarer tom le^ gpnsq* manieront les deniers â^ roi criminels et dignes de niorl sans qu'aupun juge en prisse diiiiinuer pu ch^pger la peine lorsquMis viendront À fliverlir les deniers du roi. — La banqueroute des trésoriers de rexiraordinairedeb guerre laisoit grand bruit dans Paris; nniis, popnneopa appris dès le mùme jour que le roi se phai^eoit dp p&Itf leurs dettes, les créanciers ont été tranquilles, et tûui k monde bénit le roi, qui remédie ^ )a faqta qn'ont Sifii^c» malheureux. Beaucoup de gens ppn^idéridiileq avoi^tde l'argent entre leurs mains, et M. de Chi^aiillart ettio»' iruit de tout, et o(i 4opnp des «issuranœ^ pour Ips paye* ments. — Le tq\ et la reine d'iVqglptepre revinrent dp Bourl>on à Saint-Germain. \je roi d'Angleterre es( un peu nÙMX que quand il partit. Le roi y envoya M. de la TrémaU^ pour lui faire complimpnt sur leur retour? et iia]e»T)<^
JUIN 1701. tîê
snain. Madame la duchesse de Bourgog'ne m*y envoya >tir la même chose.
Mercredi 8, à Marly, — Le roi tint conseil le matin à ni ordinaire. Monsieur vint de Saint-Cloud dîner avec 11. Le roi, qui le tourmente depuis longtemps pour qu'il B&sse saigner, lui dit quMl étoit tenté de le faire pren- In par force et de lui faire tirer beaucoup de sang malpé loi. Tout le monde en pressoit Monsieur depuis pluimn mois; mais il n'a pas pu s'y résoudre, parce qu'il saint fort la saignée. — L'après-dlnée le roi alla tl Saintîeraiain voir LL. MM. BB. Monseigneur y mena madame b princesse de Conty . Monseigneur le duc de Bourgogne falla de son côté. Madame la duchesse de Bourgogne y ■eiia beaucoup d^ dames. Monsieur y mena madame de Chartres, et en repartit dès que le roi y fut arrivé, et s'en Mouma à Saint-Cloud *. — Le soir, à son soupei', le roi dit qu'il donneroit aux grands d'Espagne les m<>mes hon-r ■wrs qu'ont les ducs en France, et que le roi d'Espagne donneroit aux ducs do France les mêmes honneurs qu'ont Itt grands en Espagne (I ) . — Après le souper du roi M. de Siint-Pierre arriva, envoyé par M. le duc de Chartres.
(1) • Ce fut le canlinal Porto-Carrero (|iii {lorta le rui H'K$pagn«' a acrort^or •« Hacii et |»air$;<)e Kranr^^ qui vieiiilmient dans sa <«ur les inéineb honn<>urs ^ les grands iVEs|)aj;no jouissoîont , lU» môme que le roi <le Frimce ac4-4)r- <Wt aax grands d^Ksfiagne les rnOnies honneurs à sa cour dont jouissoionl hi(i|ies€t pairs. Les grands d*Es|>a|nie, ^ ce que dit Lamberti, furent fort ■■ttni de cette résolution.
Voici le décret de Philippe \ :
* £o coatinuation de ce que le roi trés-cbrelieo, mon aïeul , tâche d'etahlir VK màùa éteroellc entre les sujets de cette c4>uronne et la sienne, à cette fin , B f réiohi d*accon1er aux grands d'hlspagnç et à leurs femmes les mêmes ^0Bteur« en sa a>ur dont jouissent les ducs et pairs dans sop royaume. C'est pwttuioî, désirant iiareillernent de ronfirînor cette |>arfaito union , j'ai rés4)lu '•OBonîer aussi aux ducs de ce royaume et à leurs femmes qui viendnint en ^ipe les mêmes honneurs et traitements dont jouisstmt ici les grands d'iûs-
mut..
^ ptr»>lt par r« décret que c'est le n>i <ie Krance qui a c^^mmenc^^ a donner **'^«»ple. {Note ftH duc de ijufinei, )
1^ roi lûiit entrer dans son cabinet se doutant bieii qu'il lui portoit une mauvaise nouvelle. SainfrPierreditàS.I. cjuc Monsieur, en soupant à SainirCloud, avoit ea une fort grande foiblessc , qu'il avoit la langue fort épaisse, qa'oB Tavoit saigné, qu'il avoit paru un peu moins mal Sapas la saignée et qu'on lui avoit donné de Témétique. Le ni voulut partir dans l'instant môme pour aller àSaint- Cloud ; mais enfin il se rendit aux instantes {^ères qoe tout le monde lui fit d'attendre des nouvelles de l'eSet de Témétique. Le roi passa chez madame de MaiuleooB, quil fit éveiller, et revintensuite ches lui à minuit, dou» ordre à son coucher au marquis de Gesvres d'aller à Saint-Cloud , et si durant la nuit on trouvoit Ifonsiev plus mal de venir le réveiller, parce qu'il voulait en ce cas-là partir, et pour cela il commanda que ses eutcm fussent prêts. Monseigneur, monseigneur le duc de Boin^ gogne et madame la duchesse de Bourgogne se prépi*ent à suivre le roi. 11 arriva, un moment après, un pip de Monsieur avant que le roi fût au lit, qui dit qne Monsieur se portoit mieux, et qu'il venoit demander à M. le prince de Conty de Teau de Schaffhouse, qui estexcelleBtc dans les apoplexies (1).
• htingoau n'ijohève pas l'histoiiv. M. do CUiartres vouloit seoir ^ toute tète ot Monsieur vouïoit qu'il commandât une armée. Tout s«jmis qu'il fiU au roi, il luipn»noit quelquefois des révoltes, et cellc-dfal \iolenle. Un bouderie dura deux mois avec quantité de picoteries. Monsieur etoit outre de ce que son tUs n'avoit point de gouvernement, quoè que promis il y a\oii si longtemps pour son mariage. H voyoil que, lob de donner une nrmee à son lîls, le n^i rem|>échoit de servir pour feo éloigner, conuwe il arrivoit aussi au\ primvs du sang . tandis qne tes Iv-îtards (*ontinuoient à s*»nir. Il est vrai que tout cela (ît grand nvil ^ Monsieur, qui par sottise de bonté pour Tancrède, son premier chimrsien, qui Tavoit manque et qui saignoit mal , ue se \oulu( point Êiir«"
ï' Noir Ks«letaiK siir U iih^rt ite MiMisiour et >ur les ct'mwMiiis qui*'* \nv«l. lUns \e Mrrcure uoUimt, mois ilo mai. tome I**, pages 36S à 373, **^ jiini. lop^ 316 à 371, et «le joiiirt, pa|Ees 19!^à 333.
JUIN i70i. 111
' par lui m par uu autre, quoiqu il en «Tvvàl de besoin. Il est vrai le le roi Tea pressa ce jour-là; mais il est vrai aussi que ce mtMue mr-là ils se querellèrcot tous deux plus vivement que Monsieur n'aïil ose faire de sa vie, et qu'ils se quittèrent sur cette querelle, et louieiir fort brusquement. On a cru depuis que l'émotion qu'il en iftbila sa mort et augmenta la douleur du roi, et les prodigieux trai- Mmts qu'il fit à Madame et à M. de Chartres.
Jeudi 9, à Marly. — Le roi se releva une heure et dette après s*ôtre couché. Il fut réveillé par I^ngueville, que M. de Chartres lui envoya ; ce prince mandoit au roi qneTémétique n'agissoit point et que Monsieur étoit plus mal; le roi partit à Tinstant même , arriva à Saint-Cloud •mit trois heures , et trouva Monsieur si considérablement mal qu'on ne croit pas seulement qu'il eût reconnu 1b roi. Monseigneur, tous les princes, toutes les princesses nivirent le roi à Saint-Gloud , d'où S. M. n'est repartie qu'à huit heures du matin et ayant laissé Monsieur sans mcune espérance. Le roi, en arrivant ici, se renferma dans M cabinet. 11 avoit entendu la messe à Saint-Cloud. Ma- ^hmela duchesse de Bourgogne et madame de Maintenon tfoient obtenu de lui qu'il ne demeurât j)as à Saint- Cloud jusqu'à la fin , et revinrent avec lui dans son cai^ roœe. M. Fagon arriva ici à une heure; le roi lui avoit ordonné de ne point revenir que Monsieur ne fût expiré wque par une espèce de miracle il ne fût mieux. Dès cjne le roi le vit entrer chez madame de Maintenon, où il étoit, fl lui dit : « Eh bien, M. Fagon, mon frère est mort? — Oui, ^, répondit M. Fagon ; nul remède n'a pu agir. » Le roi, fendant en larmes et ne pouvant cacher sa douleur, ne Wfta pas de se mettre à table à son ordinaire en public * » contraignit, quoiqu'on le pressât fort de demeurer ^ repos et de manger un morceau chez madame de "•întenon en particulier. Le dîner fût court et triste. *Prt8 dîner, il se renferma chez elle avec madame ladii- *«8se de Bourgogne et ses dames, et il lui échappa plu- ^urs fois de dire : « Je ne saurois m'accoutumer à son-
Itf JOURNilfb DE BANGBàU.
ger qae je ne verrai pltunsKin frtoe. » monseigneur le duc de Bourgogne ,' màdaiÉMi h J*tf!!** de Boqrgogqe et topt^ |es pripc^iss^ l'étiqe^çcfn^^ retour de fimpt-CloQ^* P"» awf emmffiiA IIMWM,!) duo de GhaitPes -et onâdAiM Ift dadwaM de Chutai Versailles. Le.soir ma» tas sept heureaioti^rtxIi^M'lrtrid faire un tour dans ses jardins pour se dimper un pn et il iediiit enoere après son souper que^& -M^-dADaM^i
ordres À M. de I^ndiarfaaÎD ^ aeciélabe d^Atat di 1m* son^etàfis^^ranges, maltrç dm oésiteoBMii «ortai coup de choses qu^il l|lh»t tif^ét poqs le^ÉlÉHiûk avoitialbi enoore que ferai tnKtaîUàt l^apiAH^nAB Mi M. deChamillart. il «cmpa à neuf hepasi et sa ooiHhi dÎM heures et demie, aôcabléde doahuvet dé tnMi Le rcû et la reine d'Angleterre «nEivènBlîm«»lBa«i heures faire leurs eompiimaots au roi etnedam«BiM qu^un moment avec lui. > w
FaïuirsdJlO, d Jiorly. -—M. kdnedtoCbartnavôitÉiè matin de Versailles, le roi étanteneoM dans son UL Ml lui parla avec toutes sortes de bontés et d'avôtM, M oé prince^ parut fort touché et fort reconnoissant. Len lui dit qu'il falloit qu -il le regardât présentement coam son père , qu'il auroit soin de sa grandeur et de tomfl intérêts^ qu'il oublioit tous les petits sujets de chagrii qa^il avoit eus contre lui , qu'il espérqit que de son cM il les oublieroit aussi , et qu'il le prioit que les avanot d'amitié qu'il lui faisoit servissent à l'attacher enoM davantage à lui et à lui redonner son cœur oomn(ie il h redonnoit le sien. Ce prince est pénétré de douleur de I mort de Monsieur^ son père, et pénétré de reconnoissaïc de toutes les bontés du roi. — S. M. se promena l'api* dlnée dans ses jardins avec madame la duchesse de Boa gogne; il commanda le matin au sortir de la mené monseigneur le duc de Bourgogne de recommencer jouer comme à l'ordinaire; il le commanda aussi à M dame la duchesse de Bourgogne. Monseigneur partit <U