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U matin pour courre le loup. — Le roi fera toute la dépense des funérailles de Monsieur; on portera son cœur hindi au Val-de-GrAce ; ce sera M. le Duc qui fera cette tailction> «ocompagné de M. de la TrémoiUe comme duc et pair.
Samedi U, à Yêrmllei. — M. de Chauûllart vint au lever du roi à Marly et lui apporta des lettres de M. de Catinat du 5 de ce mois. Ce maréchal mande que les AlleBiands se sont avancés sur TÂdige au-dessous de Vérone, À un lieu qu on appelle Ailtaredo, où ils comptant d avoir bientôt un corps de dix-huit mille hommes ; le leite de leurs troupes demeurera X la hauteur de Vicenoe pour faciliter leurs convois. Ils ont tiré quelques coups de fusil sur nos gens, dont il y a eu un soldat espagnol tué; ils ont pris vingt de nos soldats à qui H. de Pracom- U avoit fait passer la rivière pour apaener un bac de notre côté, et ne les ont point voulu rendre quoiqu'on ks eût envoyés repeter (1). Ils ont même dit qu^ls ne Ifis rendroient que quand le cartel scroit réglé ; ainsi voili^ b guerre déclarée en ce pays-là. M. de Catinat s'est avancé jusqu'à Isola Porcarizza, qui est à peu près vis-à-vis de l«ir camp en deçà dci TAdige, qui n'est pas une rivière CT^aWe ni sur laquelle il soit aisé de faire des ponts. — ^ roi revint ici sur les sept heures et alla voir Madame, "• de (Chartres et madame de Chartres. Monseigneur alla ^^le matin de Marly à Meudon. où il demeurera juscpi'à ®ûitîre(li.
^manche 12, à Versailles. — Lei*oi ouvrit, l'après <linw, '"^2 Madame, le testament de Monsieur en présence de '^cUne, de M. de Chartres, de M. le chancelier, de M. de ^tchartrain , secrétaire d'Ébit de la maison , et dv. • ''^^rat, chancelier de Monsieur. Dans ce testament, (jui ^^\ti 1699, et on ne croit pas qu'il y en ait de plus nou-
'^^ (IfiiMinder, repefere.
veau^ Monsieur fait M. de Chartres son légataire universel^ et nomme pour exécuteur testamentaire celui qui sera premier président de Paris le jour de son décès, et loi donne un diamant de 1,000 pistoles. 11 prie M. de Cha^ très de prendre tous ses domestiques ou du moins de récompenser ceux qui ne seront pas assez heureux poor lui être agréables. 11 veut que si M. de Chartres a un second fils^ qu'il s'appelle le duc de Montpensier, et lui substitue tous les biens qu'il a eus de Mademoiselle; et en cas que M. de Chartres n'ait aucun fils, il substitue la principauté de Joinville à madame de Lorraine. U donne à madame la duchesse de Bourgogne le beau diar mant qu'il avoit eu de M. le cardinal (1) ; il en donne an aussi à madame de Savoie et un à madame de Lorraine- Il donne 30 ou 40,000 francs pour des legs pieux. M. le duc de Chartres s'appellera présentement le duc d'Orléans- Quand les étrangers écriront à Madame , le protocole sera de mettre : A Madame, duchesse d'Orléans; et quand on écrira à madame sa belle-fiUe, on mettra : A Madame ^ madame la duchesse d'Orléans. — Le roi fait revenir M. de Marsin de son armée d'Italie, où il étoit maréchal de camp, et il l'envoie ambassadeur en Espagne. M. le duc d'Harcourt a fort souhaité qu'il y allât. On parle d'y envoyer encore quelques gens moins considérables pour tâcher à rétablir les finances. — Le roi avoit eu quelque petit mécontentement (2) de Madame ; elle eut hier une conversation avec le roi, dans laquelle ils se parlèrent à cœur ouvert ; le roi en sortit content de Madame^ et Ma-
(1 ) Le Mercure qui rapporte ieii principales dispositions du testamenl àe Monsieur, dit : » Il donne à madame la duchesse de BourgoipYe, sa pfiitofdle, le diamant qui vient du confinai de Richelieu, et la prie de le garder pour l'amour de lui. >* ( Mercure i\e juin , pa^e 330. )
(?.) Voir dans la Correspondance de la duchesse d'Orléans et dans h» Lettres de madame de Maintenons publiées par M. Th. Lavallée, le» en»* de ce mécontentement du roi et le langage inouï que dicte à Madame sa haine contre madame de Maintenon.
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lame demeura pénétrée des bontés du roi et plus attabëe à lui que jamais. Elle avoit eu une grande confé- Buce avec madame de Maintenon avant que de parler au
* Outre la brouillerie du roi et de Monsieur, dont Madame avoit sa -t commune, il y en avoit une autre plus sérieuse d'elle au roi, qui Ht vu de ses lettres en Allemagne, où elle parioit fort mal de lui. KO fut d'autant plus piqué que madame de Maintenon y étoit mêlée qu'on y voyoit eu plein combien cette princesse étoit allemande et j françoisc. Madame de Veuladour, sa dame d*houneur, de concert ?ïc son bon ami le maréchal de Villeroy, saisit ces moments d'afTlico et de tendresse, et par madame de Maintenon, qu'elle piqua d'honur, fit le raccommodement.
Lundi 13, à Versailles. — Les courtisans i>arurent en rand manteau au lever du roi. Monseigneur y vint de leudon, et ne quitta son grand manteau que pour le coueil, où il demeura, et au sortir du conseil il alla à Saint- Houd donner de Teau bénite à Honsiem* et puis retourna liner àMeudon. L^abbé de Grancey, premier aumônier de Monsieur, donna le goupillon à Monseigneur. Les princes Ju sang et M. de Vendôme donnèrent de l'eau bénite ; ^ ducs en donnèrent ensuite, mais sans être appelés, e roi ayant réglé que le cérémonial tiniroit à M. de '«udôme inclusivement et pour les dames à madame » duchesse de Verneuil *. L'après-dinée toutes les dames inrent en mantes chez madame la duchesse de Bour* Ofçne ; il y parut beaucoup de chagrin entre les prin- ^ss^s étrangères et les duchesses. Dès que les princesses ^ sang eui*entété assises un moment, madame la du- ^^Ksede Bourgogne leva le cercle et alla chez le roi, chez ^ame , chez madame la duchesse d'Orléans et chez
• le duc d'Orléans, suivie de toutes les princesses et ^ daines qui avoient été au cercle. Ensuite elle monta eu ^**rosse, ayant madame la grande-duchesse dans le fond ^pivs d'elle, madame la Princesse, madame la prin- ^^e de (kmty et mademoiselle d'Knghien nu devant ,
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madame la Duchés» à une portière^ où ellie ll¥iiit vmili ètre^ et madame la duchesse du Lude à Fatitre. On vnM des carrosses du rbi et de madame la duchesse de tumirogne i>our cinquante princesses^ duchesses ou damcsde qualité, dont les places étoient toutes marquées , et dans chacim des carrosses il y avoit des princesses, desdnehesses et des femmes de qualité mêlées. En arrivant à Saini- Cloud^ Tappai^eil lugubre et la triste cérémonie qa'alloit faire madame la duchesse de Bourgogne la saisirent tellement qu'en montant les degrés sa douleur lasuffoqnoit, et quand elle fut arrivée dans l'appartement de M. le doc d'Orléans, qu'on lui avoit préparé poui' se reposer avant que de donner de Teau Wnite à Monsieur, elle s'y trouva fort mal, et y fut assez longtemps sans pouvoir passer dans l'appartement où étoit le corps de Monsieur. Enfin elle y passa toujours fondant en larmes, et après avoir donné de Teau bénite, elle y demeura quelque temps è faire ses prières. Les princesses qui étoient venuesdanssoD caiTosse donnèrent l'eau bénite ap rès elle ; ni les duchesses ni les princesses étrangères n'en donnèrent point, M. dngranges, maître des cérémonies , ayant déclaré , quand elles enti^rent à Saint-Cloud, que le roi ne vouloit point qu'elles en donnassent pour éviter les contestations. Madame la duchesse de Boulogne revint ici ensuite dans son appartement, fort abattue et fort fatiguée. — Le roi envoie encore en Italie dix l>iitaillons ^ huit régiments de cavalerie et un de dragons et trois maréchaux de campqui sinit AsfeKl, Greder et Zurlauben. — Le maréchal de Villoroy travailla assez longtemps le soir chez madame de Maintenou, et il y doit travailler encore avant que d^ partir, et monseisrneur le duc de BouKrogne y sera pié* sent.
* \ oîlâ la prvniiei\> fois quo les «lues sont traites de la sorte. U^ n\oirnt déjà ou lo d^^'het. à la mon de madame la daupbine de Bavière, ifïHn» précédés a Teaii bénite par MVI. de Vendôme; mais Isj «inivnt a*vr Mimisieiiret lesprineesdii sanç. thef. lesquels toms mf^'
)teHil« el le goupilloD leur fut préseoté avec le carreau comme au\ princes du saiig et des mêmes mains. Ici le roi» qui ne songeoit qu*à la gnndeur des bâtards, se ser\'it de la compétence de la maison de I^rrtlhe, qiii n*éii a voit jamais prétendu en ces céirêinonieç, et sous prétene de tie rien décider finit le cérémonial h M. de Vendôme , et fBcxdat les duc»; il en fut de même pour les duchesses. Dangeau jfim légèrement sur Tarrangement des carrosses où les duchesses eurent Tavantage , quoique avec quelque mélange des priiuM»ses. O fiit encore la première fois que toutes les princesses du sang allèrent ehiemble dans le carrosse de la première princesse. Klles a voient tou- Joart été partagées entre les carrosses ; en sorte qu*autaht que leur ■ombre le permettoit il y en avoit une dans chacun , même les petites filles de France.
Mardi ik, à Versailleê. — Le roi donna le matin audience aux ambassadeurs d'Angleterre , de Venise et de Savoie et à l'envoyé de Fempereur, qui venoient faire kurs compliments sur la mort de Monsieur; ils furent présentés par Tintroducteur desaml>assadeurs. Le nonce eiFambassadeur d'Espagne firent aussi leurs compliments^ nuûssans cérémonie, parce qu'ils n'ont point encore fait leur entrée. Les envoyés des rois de Pologne , de Suède , de Danemark el de Portugal ne firent point de compli* ineots, parce que le rang de ces rois n'est pas réglé ici ; ils les feront à mesure qu'ils auront reçu ordre de leurs nudtres de les faire. Monseigneur vint de Meudon pour '«cevoir les compliments des ambassadeurs et y retoiu*na dtner. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son binaire, il travailla l'après-dlnée avec M. lecluincelieret M. de Pontchartrain à régler les affairesde H. le dued'Orléms. Ensuite il reçut la visite du roi et de la reine d'An- Sleterre, puis alla faire un tour h Trianon pour prendre '*»! S et au retour il alla chez Madame, où il fut longtemps ^crmé avec elle el avec M. le duc d'Orléiins, el au sortir de chez elle il alla voir madame la duchesse d'Orléans, 4^iéloitaulit et àqui il fit beaucoup d'amitié, étant très- ^hteut d'elle. — M. le duc d'Orléans aura prescjue tous 'es honneurs que feu Monsieur avoit "* ; il aura des gardes
et des Suisses ; il aura sa salle des gardes ici dans le chAteau^ comme feu Monsieur ; il aura un chancelier et des seci*étaires des commandements. M. le Prince aura le <niiement de premier prince du sang ; ses officiers seront passés à la cour des aides comme commensaux avec tous les mêmes privilèges que feu M. le Prince a conservés jusqu'à la mort. Toute la maison de Monsieur sera cassée dès que son service sera fait ; M. le duc d'Orléans eo prendra tous ceux qui lui seront agréables; on croit même qu il en prendra lieaucoup , mais on ne sait point enci»i"e ceux qu'il choisira. Il a fort pressé et fait presser M. le chevalier de Lorraine d accepter la pension de iO^O(M)écus ou environ que lui donnoit 3Ionsieur, lui disimt avec beaucoup de politesse : k Vous auriez bien voulu^ Monsieur, recevoir une jKMision de Monsieur; j*hérite de tout soo bien, ainsi ce sera toujoui*s lui qui vous la donnera. » M. le chevalier de Lorraine accepte le logement du Palais- Royal et a remercié de la pension , disant à M. le dwc d'Orléans qu'il demeui-eivit dans sa maison pour lui faire sa cour plus souvent , mais qu'il n*accepteroit point la pension, atin ipril trouvât son attachement pour lui plus désintéressé • et qu'il n*oublieroit jamais toutes les grâces qu'il avoit reçues de Monsieur ni la manière noble et honnête dont M. le duc d'Orléans lui en oGTroit la continuation. — M. le Duc mena le cœur de Monsieur au Valde-c;n\ce : il étoit accompagné de M. de la Trémoille. — 11 arriva un courrier de Madrid |Xïrti du 7 ; il a laissé le duc d'ilarcourt un peu mieux , mais ayant toujours la fiè\Te oiMitinue . et c'étoit le s^iixaute-ileuxième jour de sa maladie s^ns que la lièvre lait quitté, ce qui fait fort craindre aux HukWins d'ici qu'il n'y ait quelques parties nobles irAttVs. IVpuis oettr* maladie li'> aifaii-es d'Espagne laniiuissïMit fort.
* Tant de distiiii'tioiis fiirvDt «ionnevs à >L le duc d'Orléans ptf It^s oonsidrr.ntioiis qu'on a \iU'S a la page 131 : cirile de n»ilan^ la diictu^ss^^ d'l>ri«'.iiis \ outra (Hiiir lie;tiHroup. ot cvlk' encuiv
M. fOriénns sur la prétention de commander une nrmiv. ^ du nng, toujours blessés du rang de petits-Gls de Franrc , beweoup de eu majestueuses nouveautés , et le roi , pour oins que pour les retenir, donna à M. le Prince* les a\'aiide premier prince du sang devenus vacants, et au-dessous de due d*Oriéans au point où il fut élevé alors.
ireredi 15, à Versailles. — Outre le conseil que le roi le matin à son ordinaire^ il travailla longtemps avec e Chamillart Taprës-dlnée et puis alla à la ehass4\ seigneur le duc de Bourgogne, monseigneur le duc erpy et madame la duchesse de Bourgogne «llèrtMif int-Germain tous séparément voir le roi et la rcin<» gleterre et le prince de Galles. Madame la ducliessi^ ïurgogne avoit toutes les princesses du sang dans son )6se et étoit en mante; elle alla fort lentement, jmrce Q a quelque légère apparence de grossesse. Monsei* ir, qui devoit revenir de Meudon aujourd'hui, n'en voira, que demain. — Le roi donna ordre le matin A jues officiers généraux de partir pour larméc d'Algne; ces officiers sont Tallard, le marquis de Créquy rbezières, lieutenants généraux ; le duc de Villeroy, QS^ Yarennes et Locmaria, maréchaux de camp. B roi donne au maréchal d'Estrées la lieutenance pale du comté Nantois et le gouvernement particulier antes ; ce sont les deux emplois qu'avoit M. de Molac, Tannée passée ; ils valent plus de 50,000 livres de ^ Le maréchal payera 200,000 li\Tes qu'il y avoit de et de retenue pour la veuve et pour les créanciei's, j roi lui donne un brevet de retenue de pareille ne. — M. de Chamilly, ancien lieutenant général , a'étoit point nommé pour servir cette année, a été si pour commander dans les provinces où le maréd'Estrées a commandé Tannée passée ; ce maréchal ire de s'en aller tout droit à Nantes pour y tenir les < de Bretagne, qui s*y asseml)lcnt cette année, et y eurera ensuite |Miur conmiander dans toute h\ pro-
T. VIII. î>
fta JOURNAL DE DARGEAU.
viiice, en Fabsence de M. le comte de Toulouse. ^ L» semblée du clergé a commencé aujourd'hui à Paris. Lk cardinal de Noailles y préside; cette assemUée n'est^ pour la capitation. M. Tévèque de Langresa MéM pour faire roraison funèbre de Monsieur le jour de n service.
Jeudi 16, à Venailles. — Le roi alla Taprès-dliiii t promener à Harly. Monseigneur revint de Meudon etM aller lundi à Li\Ty9 d'où il ne reviendra que le menni pour Marly, où le roi va ce jour-là. — Le roi donnai M. le duc d'Orléans les mêmes pensions qu'avoit Monsie^ qui sont de ^5,000 livres par mois, de àO,000 firancsd*» cien supplément et 100,000 francs de supplément M» veau; cela fait en tout 660,000 livres. M. le ducd'Orié* avoit 50,000 écus de pension ; 200,000 francs de peuMi lui étoient encore assurés par son contrat de niampl ainsi il gagne à ce que le roi lui donne aiqomd'kV 310,000 francs. Madame la duchesse d'Orléans a 50,111 écus de pension ; on lui donne encore 100,000 frtincspo* Tintérét de deux millions qu'elle a eus en mariage. LV pjinage de M. le duc d'Orléans vaut plus de 500,000 lintf d<» rente. Le canal d'Orléans rapporte plus de 40,000 teH toutes (Iri>enses faites. La succession de Mademoiselle jointe à tout cela, et quelque chose qui lui revient encoif fit» la succession de la feue reine d'Espagne, sa sœur, 0010poseront un revenu de 17 ou 1,800,000 livres, le douaiff de Madame payé, qui est de VO.OOO francs, et toutes» reprises payées aussi.
Vendredi 17, à Versailles. — Le roi alla tirer et ptf se promener }\ Trianon. — Le n>i redonne à M. le dw d'Orléans la nomination à tous Us bénétîcesde son api" naf:e, comme Monsieur les avoit; il lui donne le réi:iineii| de cavalerie et le réfiimenl d'infanterie d'Orléans, et Im constîrve les réjiimenls de cavalerie et d'infanterie Af Chartres , si hien qu'il îiura présentement quatre régi' me.nts : le roi lui donne aussi les deux compagniesd^
(^endarintirie de Monsieur. — On mande de Hollande
<pi6 kl ville d^Amsterdain pei'sist^ à ne vouloir point 1h
pierre, à moins que nous ne voulions attm|uer la Hollande ;
ils ont inondé tout le pays ù Tenlour de Berg-op-Zooni, et
ilparolt qu'ils songent plus à se dofiMidre qu'à nous at-
laitier. Leducde Wurtemberg, qui commandoit leur in-
fimterie* est mort; il étoit ffouverneur de TÉcluse et de
tonte la Flandre hoUandoise. L'on parle de donber œ
|ouvernenientrlà à Ruvigny. — On mande de Turin que
M. de Savoie compte partir de Turin à la lin du mois pour
aller se mettre à la tète des armées de France et d*Espa^me
«1 Italie.
Samedi 18, à VerMilUê. — Le roi alla TaprèsKilnée se pomener àTrianon. Madame la duchesse de Bourgogne je promena toujours avec lui ; elle en revint dans la petite calèche du roi. On a quelque espérance de grosave ; le roi fait aller les eiuTosses doucement et lemficha de courre dans les jaixlins. — M. de Tallard a vmdu le gouvernement de Foix à M. de Scgur*, capitaine lieutenant d'une des compagnies de gendarmerie; il ishète ce gouvernement 55,000 écus, et a permission de vendre sa charge, dont il retirera du moins 130^000 livres. Tallard avoit -déjà eu 25,000 francs pour les deux années pendant lesquelles ce gouvernement avoit été vacant, cl il a encore A vendre les trois sénéchaussées de Uinguedoc qu'avoit M. de Hirepoix , et dont il tirera 10 ou ISyOOO écus, si bien que le présent que lui a fait le roi à Ktt retour d'Angleterre lu i vaudra plus de 200,000 francs. ■^ Lasseuiblée du clergé commencera mei'credi ; c\îst L le cardinal de Noailles qui y préside ; elle se tient à Wîs; elle accordera au roi un don gratuit de quatre milans pour la capitation.
* Ce Ségur est un gentilhomme qui avoit été fait a peindre et qui mit admirablement du luth étant jeune , et mous(iuetaire de la seide compagnie ; qui, pendant les voyages de h ontiinebltuni à son ntier, à Neoiours ^ fit connoissaïun* avec Tabbesse de la Joye, qui
(^t tout contre. Elle devînt telle que Fabbesse en demeura gnMR H bien empêchée de son paquet Cet embarras la pouiu si près èi tome qu avant enGn pris quelque prétexte de sortir elle prit le cbenûdr Paris, et ne coucha qu*à Fontainebleau pour la première jomnée. la cour y étoit , et elle se mit au premier cabaret où elle put trourcr m chambre. La nuit elle sy trouva mal et pressée de si près qu'elle y accoucha d'un gros garçon avec le bruit et le scandale qa*OB pA imaginer. Cette histoire fiit contée au due de Samt-Aignan à soo rénil, qui ne manqua pas d'en Eure une gorge chaude au roi en entrant à foi lever, qui étoit jeune encore et qui s>n divertit beaucoup avec toM les courtisans curieux de savoir qui étoit cette bonne abbcsse. M. 4p .Saint- Aignan ne Tétoit pas moins , et fut bientôt satisfait : c'éloits nilo. On lui fit donner sa démission , et le rare fut qu'on lui donuur pi*nsion sur labbaye, qui n'est pas riche, dont elle alla ii\Te daaiiv autre à Paris, où elle en jouit encore à près de quatre-vingts aiis(l)- Srgiir a depuis perdu une jambe à la guerre, et on voit encore à sonifiT Ci' qu il a été. Son fils a épousé une bâtarde de 3L le duc d'Oriéw, pendant la régence, dont il étoit maître de la garde-robe.
Dimanche 19, à Versailles. — M. le cardinal deNoailte liaraiigua le roi le matin avec beaucoup d'éloquence, de ilignité et de piété ; sa harangue reçut beaucoup dapplaudisseinents. L*après-dlnée M. Tarcbevôque d'Aix harauem aussi S. M., mais cette harangue-là n'étoit que pour Wff au roi les compliments de rassemblée sur la mort if Monsieur. — M. de Mai*sin arriva ici, et le roi rentreliol assez longtemps avant que d*aller à la chasse; il prtitdf noti-e armée (Vltalie le 9 de ce mois. 11 rendit compte* S. M. de tous les postes que les Allemands et nous occupons sur r Adige : ils ont fait descendre quelques troupes juscju'au-dessous de Legnago: nous y en avons faitdes^ cendre aussi, toujours l'Adige entre eux et nous. Noiis(^ eiipons encore le poste de Rivoli ; M. de Catinat est aodessous de Vérone à Cadi-David, vis^-vis de Saint-MicbeK
(P Anne iK' IWauvillieni , rctadjutrice. puis abbesse de laMa^ede bi<?' prvs ilo »iiKNirs, «e ivtira iraUml aux iWrnaniiiies d'Argeatrâil,pw^ IkiitNUctiBis «le Notre-DjinH' de« Piv» a Paris, ou HIe inuunil k Ij tt\tia I r.v4, ^v^'V «|iiativ.\iib(l-<le«i\ .nw. Sainf-SiiinMi écrit donc cette aiiiiitîiiii in* l-J?.
art le corps principal des Allemands , et nous avons B postes jusqu'à Carpi, qui est à deux lieues au-dessous
Legnago. Nous tenons plus de vingt-cinq lieues de qfB comme les ennemis les tiennent, ayant tous nos postes l4btvis des leurs. Le roi fait marcher encore en ce paysvingt bataillons. On avoit résolu, il y a quinze jours, de y envoyer que dix bataillons et huit régiments de cailerie; mais sur ce qu'a représenté M. de Marsin qu'on Voit quasi besoin que d'infanterie en ce pays-là, on n'y iferra que deux régiments de cavalerie et deux de dra-