‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 2 sur 31 · T. ?II · texte numérisé non relu

T. ?II

n$ JOURNAL DE DANGEAU.

Mêrertdi 9, à Marly. — Le roi en sortant de teUf Versailles alla à SainirGermain voir le roi et la ra» d'Angleterre, et n'arriva ici qu'un peu avant la nuit, bien qu'il ne se put promener. Monseigneur couml . daim dans la forêt de SainirGermain avec les chiens d M. le comte de Toulouse et arriva ici longtemps avant I roi. A cinq heures il donna ici à dîner dans son appsi tement à tous ceux qui avoient eu Thonnenr de le suiir à la chasse. — Madame la duchesse de Bourgogne dl .Versailles alla à Saini^yr^ d'où elle vint ici avec madaa de Maintenon. Monsieur et Madame sont de ce voyage. « La marquise de la Ferté , grosse de cinq ou àx mm tomba À Paris sur ses degrés et se brisa le genou ; 1 chute a été fort rude ; on craint pour sa vie , et si elle e réchappe, ellecoiui; risque d'être estropiée pour totqoon — L'argent est en si grand mouvement à Paris dqpu un mois que les gens d'affaires en trouvent au denii quatre tant qu'ils veulent (1).

Jeudi 7i à Marly. — Le roi se promena dans l hauts de Marly tout le matin et toute l'après-dlnée et demeura à voir travailler jusqu'à la nuit. Après soup il y eut une fort jolie mascarade du roi de la Chine avi des entrées de ballets et de la musique, et ensuite il y ei bal jusqu'après minuit. Les danseurs du bal étoie monseigneur le duc de Bourgogne et messeigneurs a frères, M. de Chartres, M. le Duc, M. le comte de To louse, le comte de Brionne, le prince Camille, les do de Guiche , de Villeroy, de Roquelaure, le comte d'Ayi et le chevalier de Sully. Les danseuses étoient madan laduchesse de Bourgogne, madame la princesse de Cent; mademoiselle d'Armagnac, la duchesse de Villaw] mesdames d'Ayen , de Chàtillon , de Montgon , de Soavi et mademoiselle de Tourbes (2). Après le bal, mesM

(1) Il faut que ce soit à quatre pour cent, {yote du manuscrit origine (7.) « Junaifi on ne A*eftt mieux diverti k la oour qu'on a ùàt \

gneors les ducs d'Anjou et de Berry, qui avoient mupé ki, retournèrent à Versailles. — Mademoiselle de Cre- Bao mourut à Paris chez son frère ; elle avoit été iille d'honneur de la reine , et le roi lui donnoit une pension dei,000 francs.

Ymdredi 8, à Marly. — Le roi demeura tout le matin fit toute Taprès-dlnée à voir travailler dans les hauts de lUrly. Le soir, à huit heures, il entra dans le salon avec toute la maison royale et toutes les dames, et fit recomiMDoer la mascarade du roi de la Chine, que madame de laintenon n'avoit point vue le jour d'auparavant. Après liioascarade il y eut bal jusqu'au souper. Monseigneur Ktioédianoche chez madame la princesse de Conty . — Madame la duchesse de Nemours ayant fait quelque chose foi a déplu au roi, S. M. lui a envoyé ordre par M. de Torcy de se retirer à sa terre de Coulommiers en Brie. Oq vouloit qu'elle changeât le gouverneur qu'elle a mis

'mier carnaval. Les divertissomeiits y ont été fréquents, agréables, ingénieux, ^«ttdlenieBt mccéàé Im uns aux autres qu*à peine a-t-on eu le temps de »rtiiÉ irdes muiéÊÏÀm fatigMes que causent îles plaisirs continuels..Les grands V^dKles tenoient autrefois la place de cette foule de petits divertissements , c'eà^-dire des baUets historiés , divisés t^n plusieurs parties et raOlés de rél'tiidiMlte roi donnoit chaque carnaval un ou deux à sa cour avant que la iMéedes opéras eût commencé. Cette mode n'eut pas sitôt œmmencé à être iMIée que le roi en fit faire tous les ans, pour le divertissement de la cour, ^ magnificence digne de lui. C'est tout dire, jamais souverain n'ayant été liBtpMqne. Quoique ces divertissements ne détournassent pas ce monarque ^ fipplication qu'il donnoit aux affaires de son État, il a cru depuis quelfKi tnèes se devoir priver de la plupart de ceux que pren<l sa cour. S'ils ^Mlnoins grands parce qu'il ne les ordonne pas , ils diversifient davantage ht ^kârin d*im long carnaval , et sont nécessaires pour occuper une cour M gilaate et anssi nombreuse que celle de France. C'est pour cela que le '«les honore quelquefois de sa présence, afin de faire cx)nnoltre qu'il ue les '^approuve pas. Void ceux qui ont diverti la cour pendant le carnaval.

« û 7 janvier, fl y eut un bal à M ariy qui commença par un divertisseinent *Clé de musique et de danses, dont le titre étoit Le roi de la Chine, Ce roi ) ^ porté dans un palanquin et précédé d'une trentaine de Chinois, tant ■MiMs chantants que de joueurs d'instruments. Le sietirdes Moulins, de l'p- P^, y divertit beaucoup dans une danse grotesque représentant une fia- Nt. ^iHercwre de février,. pages 151 à 165. )

ns JOURNAL DE DANGEAU.

dans NeufchAtel et qu'on regarde ici comme un brou Ion ; elle a persisté à le vouloir garder et a même éa des lettres là-dessus dont on n'a pas été content. — M. duc de Lorraine est venu à ChMons au-devant de m dame de Lorraine^ en poste.

Samedi 9^ à Versailles. — Le roi demeura à Ifariy jn qu'à la nuit à voir travailler. Monseigneur joua tOQl Faprès-dlnée à Harly et puis vint ici descendre dM madame la princesse de Gonty à la ville , où monn gneur le duc de Bourgogne étoit déjà. On joua 1* péra d^Àlceste; il n'y avoit de spectateur que le duc < NoaiUes. — On mande de Berlin que les affaires eat le roi de Pologne et l'électeur de Brandebourg s'aceoi modent. S. A. E. consent de rendre Elbing aux V(A noîs, qui lui payeront 300^000 écus comptant ou lui doi neront les pierreries de la couronne en gage, et pou les 100,000 écus restant, il se contente des assuranee qu'on lui donne ; il ne prétendoit que 400,000 écus en tout. — Le chevalier d'Albert, le cadet des en&nis di M. de Chevreuse, a été choisi par le roi pour acheta le régiment de Gobert; il en donne 100,000 francs; ofl avoit cru ces jours passés que ce choix tomberoit sur le marquis de la Baume , fils de Tallard , notre ambassadeur en Angleterre ; mais le roi avoit promis à M. <k Chevreuse, il y a déjà quelque temps, de lui donner pooï le chevalier d'Albert l'agrément du premier régiflieoi qui seroit à vendre.

Dimanche 10, à Versailles. — Le roi ne sortit point d< tout le jour; sa goutte s'est un peu fortifiée; il donni l'après-dlnée plusieurs audiences. Le soir il y eut appaf tement ; madame la duchesse de Bourgogne n'y va p^ encore. Elle a résolu de danser au premier voyage d Marly quelques entrées de ballets; elle aura pour danseï avec elle la comtesse d'Ayen et mademoiselle de Bour nonville, qu'on fait venir de Paris, qui n'a jamais enoon paru à la cour et qui danse, fort bien, à ce que l'on dit

Les danseurs seront le comte de Brionne^ le duc de Guiche

«I le chevalier de Sully. — Les courtisans ont permission

présentement de faire accommoder à leurs dépens les

appartements qu'ils ont ici de la manière quUl leur sera

. le plus agréable en faisant avertir le surintendant des

bttments des changements qu'ils voudront y faire. Jus-

qa^ici tout s'étoit fait dans les logements aux dépens du

roi, et depuis Fontainebleau il en avoit coûté plus de

20,000 écus à S. M.

Iiiiidîll^ à Yersailles. — Le roi ne sortit pointencorede hHitlejour. L'après-dinée il donna une longue audience n cardinal de Furstemberg, qui ne vïl point à Rome, et pois aux cardinaux de Janson et de Coislin, qui prirent congé de S. M., qui partent pour Rome à la fin de la semaine. Le soir il y eut comédie, où madame la duchesse de Bourgogne alla. — Le marquis d'Angennes a Kheté depuis quelques jours le régiment royal de la larine; il en donne 20,000 écus au marquis de Rochefort. Le marquis de Rochefort n^avoit jamais été colonel deoe régiment; il Tétoit du régiment de Bourbonnois, et l'année passée, quand il quitta le service à cause de )es incommodités, le roi trouva bon quUl donnât son Kgiment au marquis de Nangis, son neveu, et qu'il vendit le régiment royal de la Marine, dont le marquis de Nangis étoit colonel. Bourbonnois est un des petits vieux corps; voilà pourquoi M. de Nangis Tavoit préféré au royal la Marine.

Jfordt 12, à Versailles. — Le roi alla l'après-dinée à la chasse. Monseigneur courut le loup et joua le soir au brelan chez madame la princesse de Conty. — Chàteaud'Assy, sous-lieutenant des gendarmes de Monsieur, DKmrat il y a quelques jours en Bretagne. Monsieur a donné sa charge au sous-lieutenant de ses chevaulégers et a fait monter à cette sous-lieutenance Villeré , lui en étoit premier cornette. Monsieur avoit donné à Chàteau-d'Assy 9^5,000 francs de brevet de retenue sur sa

)tO JOIIRFIAL DK DAMGEAU.

chai'pe ; ces V5,000 francs seront payés paf 12,000 è que donne le cornette nouveau et 9,000 francs que di nemni les officiers qu'on fait monter. — On mande Miidrid que la santé du roi d'Espagne se fortifie. Le nu quis de los Balbazes * y est mort ; il étoit mayor-doi mayor de la maison de la reine ; c'est comme chevAl d'honneur en France. Il s' étoit fait prêtre depuis quelt] temps. On avoit déjà disposé de sa charge devant qv mourût. Nous l'avions vu ici ambassadeur d'Espag^B il étoit Génois.

* lie nom du marqiiis de los Balbaaes est Spinola ; celui de la obv majordome major ; sa fonction , fort au-dessus de celle de cbevaii d*hoiuieur. Il en fait la fonction avec celle de grand-maître de. sa Ah son en entier, a un mélange d'autorité et de fonctions dans Tapptf ment de la reine avec la camareira mayor, est l'ordonnateur de tool les dépenses de table et des provisions, et ne cède chez la reine à MB grand, pas même au majordome major du roi, qui aussi ue s'ytM n aucime cérémonie. Ses entrées chez la reine sont presque les mêD que celles de la camareira mayor.

Mercredi 13, à Versailles, — Le roi alla l'après-dln se promener à Marly. Monseigneur en sortant de si diner joua au brelan chez madame la princesse Conty, et le soir il y eut appartement. — On vint di ici au roi que la duchesse de Navailles * étoit roorU Paris; cela ne s'est point trouvé vrai, mais il n*y a \ d apparence qu'elle puisse revenir de l'état où elle e Kile a soixante et quinze ans, ei Thydrupisie est form^ elle avoit été dame d'honneur de la feue reine. — soir apn'^s souper madame la duchesse de Bourgogne a on mnsijue chez le roi avec des tambours et des tro petles et y resta jusqu'à minuit à danser. — Le i achi'^te le château de la Bretesche et toutes les terres c en déj)ondont. La plupart de ces terres seront enferm< clans le nouveau parc que le roi a fait faire à Marly, II*. chAteau sera pour M. le comte de Toulouse, qu îuettra ses équipaiics de chasse. Cette terre vaut 4

JANVIER 1700. Stl

ijQM livres de rente et appartient à M. de Pomereu^ conseiller d'État et directeur des finanœs. Je ne sais point « que le roi loi en donne.

* Madame de Noailles (1), sœur de la vieille Tambonneau , si connue à Fm, et de madame de Ligny, mère de la princesse de Furstemberg, ékè moins que rien, mais d*une vertu aimable et en tous âges émi- «Bli. Lonque son mari devint duo-peîr, elle étoit dame d*atours de la siM,et la demeura quelque temps, quoique sans exemple. Son mari anMt été capitaine des gardes du cardinal Mazarin , qui lui fit sa (6rtooe en le Êdsant premier capitaine des gardes du corps aux dépens de M. de Chandenier, Talné de la maison de Rochechouart , dont la dis- Srâee gratuite et la grandeur avec laquelle il Ta toujours soutenue est , «me de tout le monde. Madame de Noailles vivoit dans une extàat piélé depuis un grand nombre d^années , retirée ebea son fils ' Jecardinal , qu'elle avoit suivi partout et à qui elle se confessoit tous bioiTs.

Jmdi ik, à Versaillm. — Le roi alla tirer Taprès- <iin^. Monseigneur alla à Saint-Germain voir le roi et Ik i^ne d'Angleterre et y mena madame la princesse de 0)Dty, et au retour il joua chex elle. Monseigneur et ma- ^hune la duchesse de Bourgogne allèrent , le soir après ioqper, en masque chez le roi et ensuite chez madame de Noailles, où il y eut bal qui dura jusqu'à trois heures du QMttin. Il n'y avoit que des hommes dans la troupe de iiMmseigqeur le duc de Bourgogne et des dames dans celle ait madame la duchesse de Bourgogne. Ils allèrent aussi ciiei madame la duchesse du Maine. — M. le marquis de Roncherolles , autrefois gouverneur de Landrecies et , ^ les dernières campagnes^ aide de camp du roi^ est lûort chez lui depuis quelques jours. >- Les logements ^ régiment des gardes dans I^aris et qui, à ce qu'on prétend, valoient beaucoup à M. de la Feuillade n'ont ^ que 10 ou 12,000 francs depuis que M. de Boufflers

<l)Uropie du journal de Dangeau faite pour Saint-Simon porir NoaiUe» au ^^ 5avaiU(*i^ , p| çjpiie faute lui a fait placer ici une addition qui devrait "«tnMiver an 32 mai 1697, date de la mort de la ducheiise de NoaiUe^.

Mï JOURNAL DE DANGEAU.

en est oolooel^ et il distribue cet argent aux sergent même quelquefois à des offîciers incommodés y et le i par ordre du roi. Depuis la nouvelle réforme omo de ces logements 20,000 écus, tous les soldats 1 logés.

Vendredi 15, à Versailles. — Le roi alla tirer. 1 seigneur alla dîner à Meudon et revint ici pour la médie. — On apprend par les lettres de Rome qa pape est entièrement rétabli et qu'il travaille aux affii comme auparavant sa maladie. M. le cardinal de Bo Ion, comme sous-doyen des cardinaux et en rabsenof cardinal Cibo, doyen, qui n'est plus en état de fi aucune fonction , a fait l'ouverture de la porte sai dans Téglise Saint-Pierre. Le cardinal Barberin,en q lité d'archiprêtre, prétendoit que cet honneur lui de^ . appartenir. — 11 y a présentement sept mille honu reçus dans les Invalides. Il y en a trois nulle actuellem dans la maison ; il y en a quinze cents qui ont cong^ les autres sont dans des garnisons où ils sont entretei Le roi a réglé que tous les cavaliers, dragons ou scAi qui auroient servi ti*ente ans y seroient reçus; et de] la dernière réforme on y en a déjà reçu six cents. Il i présente encore beaucoup qu'on n'a p&s eu le tei d'examiner. La maison des Invalides paye outre < 200,000 francs par an pour les chevaliers de Saint-L et donne aussi 20,000 écus par an pour faire ach< leur église.

Samedii^y à Versailles. — Le roi alla l'après-dlné promener à Marly. Monseigneur courut le loup et re' de bonne heure jouer chez lui. Monseigneur le dui Bourgogne alla chez madame la princesse de Conty ville, où ils jouèrent encore Topera à'Alceste. Madan duchesse de Bourgogne alla, le soir après souper masque chez le roi et puis chez madame du Maine, il y eut bal. Madame du Maine, qui est grosse et qt a peur qui ne se blesse, étoit dans son lit et tous les i

qnes dans sa chambre. — Madame la maréchale de Luxembourg est devenue tout d'un coup aveugle sans ivoir senti aucune douleur. — On parle d'un voyage de Qiambord pour cette année; mais cela est encore fort incertain. — M. le cardinal d'Estrées a pris congé du roi poorle voyage de Rome; il passera par la Savoie pour Toir IL. AA. RR. et de là ira à Gènes pour joindre les cardinaux de Janson et de Coislin^ qui s'embarquent à M arnille; et si par hasard ces cardinaux étoient arrivés avant loi à Gènes, ils lui laisseront une des galères du

Kmanehe 17, à Versailles. — Le roi alla tirer Faprèsdlnée. Monseigneur joua Taprès-dlnée chez madame la princesse de Conty, et le soir il y eut appartement. Madame la duchesse de Bourgogne alla encore le soir en ■lasque chez le roi et de là chez madame la duchesse du Maine, où il y eut bal; — L'ambassadeur de Savoie fit son entrée à Paris. Il y eut une contestation sur le carrosse deV. de Torcy, que l'ambassadeur ne voulut pas qu'il marchât devsmt ses carrosses^ quoiqu'il eût marché devant les carrosses de M. de Ferreiro, son prédécesseur dans l'ambassade. La raison qu'a eue l'ambassadeur de Savoie poor laire cette difficulté, c'est que, quand l'ambassadeur deVenisç fit son entrée ces joiu*s passés, le carrosse de M. de Torcy ne marcha point après ceux du roi et que jamais M. de Savoie, son maître, ne lui pardonneroit s'il bisoit quelque chose de moins que l'ambassadeur de Venise. M. de Torcy prit le parti de ne point envoyer son carrosse ; il est certain que le nonce , le dernier ambassadeur de Venise Erizzo, etM. Ferreiron'avoient pointfait «t incident à M. de Torcy.

Lundi 18, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée se pïomener à Marly. Monseigneur courut le loup, joua l'après-dlnée chez madame la princesse de Conty et le «oiralla àla comédie. Madame la duchesse de Bourgogne, ^ fatiguée d'avoir veillé le samedi et le dimanche.

It4 JOURNAL DE DANGEAU.

garda le lit presque tout le jour. Monseigneur la da Bourgogne étoit à la obasse avec Monseigneur^ et m tour joua au brelan dans son appartement. — 1 Grand a vendu la charge que feu Garsault avoit ] la direction des haras; on lui en donne 30,000 éeo ne sais pas le nom de l'acheteur. — Madame de BeUeffo qui étoit abbesse à Rouen , a enfin accepté Fabbaye de 1 martre après plusieurs lettres du roi et de ses supéri qui lui ont ordonné , et S. M. a donné Tabbaye qv avoit dans Rouen à une sœur de M. de Saint-Pierre, ' est auprès de M. de Chartres. C'est une fille qui a b coup de mérite et qu'il y a longtemps qui étoit religî dans ce couvent-là. — Mademoiselle de BlanomesnJ morte à Paris; elle avoit dix-huit ans, et on oom qu'elle auroit plus de 500^000 écus de bien. «-- Mom alla àParis^ où il demeurera toute la semaine. Madam restée ici et sera du voyage de Marly.

Mardi 19, à Ver$mUes. — Le roi alla tirer Ta] dinée. Monseigneur alla à Meudon, où il fit venir I sart pour plusieurs embellissements qu'il y fait f — On reçut il y a trois jours des lettres de Madric marquis d'Harcoiu*t mande que le k de ce mois 1< d'Espagne tomba dans une foiblesse et fut évanoui mot plus d'une heure ; cependant^ depuis ce tem[ il s'est montré en public et a tenu chapelle. — Le permis à M. le cardinal de Furstemberg de demande coadjuteur. Les cardinaux qui vont à Rome sont chu de cette affaire. Le cardinal de Furstemberg a Fàg les canons permettent de demander un coac^uteur; il faut un ordre du pape au chapitre de Strasboui faire l'élection. — Le chevalier do la Rongère, capit de vaisseau, est mort; il étoit frère du marquis d Rongère, chevalier d'honneur de Madame, qui est depuis quelques mois, et sa femme lui a laissé pli 50,000 écus de bien. — Li^ [U'ésident de Bretonvilliei mort A Paris; c'est à lui (ju'étoit la l>elle maison

JANVIER iYOO. Mt

l*UeNotr6'4lame (i), et elle esta Vendre présentement* Mercredi SIO, à Marly. — Le roi, en sortant de dîner à Ven&illeS; vint ici, où il se promena jusqu^à la nuit. Madame est du voyage ; Monsieur est à Paris. On a amené ioi les danseurs et les danseuses. Le soir il n'y eut ni mu- M<jue ni bal, parce que o*est Tanniversaire de la mort cl« la reine mère. — On croit que M. le cardinal nonce fMirtira de France sans avoir Taudience de congé du roi, parce qu'à Rome ils ne veulent pas qu'il voie ici les pirinces du sang, et le roi ne veut point lui donner d'au- Aience qu'il ne voie tous les princes de sa maison *. Le eardinal Gavallerini, dernier nonce ici, les vit en partant «t étoit déjà cardinal comme celui-ci l'est; il est vrai qti'à Rome on le trouva mauvais.

' PTen déplaise à l'auteur, qui n'ose tout dire , il ne fut pas question ^ la visite âu*cardinâ1 Delfini aux princes du sang , mais aux bâtards, ^^ r*est ce qui le fit partir sans prendre congé.

Jeudi 21, à Uarly. — Le roi se promena tout le matin d^ns les hauteurs de Marly , où il fait travailler, et toute l*aprèfcdlnée il se promena dans les jardins et même il niarcha longtemps à pied , ce qu'il n'avoit pas fait délais sa dernière attaque dégoutte. Monseigneur voulut c^mrre le loup dans la forêt de Saint^Germain ; mais il ne Sien trouva point. Madame la duchesse de Bourgogne ^npachez madame de Maintenon avec les dames qui dévoient se masquer avec elle. Ces dames étoient, les duchesses de Sully et de Villeroy, la comtesse d'Ayen, mesdemoiselles de Melun et de Bournonville ; elles étoient habillées en Flore, et la mascarade étoit fort magnifique. iWamede Saint-Geniez, qui entend fort bien cela, avoit ^u soin de toute la parure de madame la duchesse de Bourgogne et la coiffa elle-même. Dès que le roi fut hors «Je son souper, il entra dans le salon ; madame la duchesse

') 0« lie Saint-Louih.

Ht JOURNAL DE DANG£AU.

t)« liourgogne y entra avec toute sa troupe. Madame» la duchesse de Chartres et madame la Duchesse s'étoi^^oi mtutquées de leur côté avec plusieiu^s dames, et mada^snie U princesse de Conty s'étoit masquée avec mesd&iKs» de Villequier et de Châ.tillon. Les dames masquées at^w^ec madame de Chartres et madame la Duchesse étoieat Hes duchesses de Saint-Simon et de Lauzun , mademois^^lle d* Armagnac y madame de Souvré et mademoiselle de Tourbes. Quand toutes les troupes de masques fur«^3fll placées, le roi dit au petit Bontemps de faire entrer l:bo6 mascarade qu'il avoit préparée. C'étoit la reine des An^nasones avec des instruments de guerre; cela fut méléd' centrées de voltigeurs, de faiseurs d'armes, d'entrées debalB^et, que dansoient Ballon et Desmoulins, et tout cela entrent ^^^ de chansons par les filles de la musique et les meille^^^"^ musiciens du roi. On fit ensuite sortir cette dernière kp- ^*" carade et l'on commença le bal, qui dura jusqu'à d^ •** heures et où le roi fut toujours (1).

Vendredi 22, àMarly, — Le roi passa la journée à- ^*

(I) « Le jeudi 21, H y eut bal à Marly, et tous les danseurs et danse***** parurent en riches habits de masques. Madame la duchesse de Bourgognt? *^' présentoit la déesse Flore, et mesdames les duchesses de Villeroy eE- ^* Sully, et les comtesses d'Ayen et d'Estrées, et mesdemoiselles de Melun ^^ "* Boumonville étoient les nymphes de sa suite. L'habit de madame la dndBi^^^^ de Bourgogne étoit riche et galant, et ceux des nymphes de sa suite éU:^*^* du même goût. Madame la princesse de CJonty douairière , mesdames les ï**^*^" quises de Villequier et de Châtillon étoient en amazones. Madame la dudm^^^^ de Chartres, madame la Duchesse, mademoiselle d'Armagnac et made***^* selle de Tourbes étoient en sultanes très-magnifiquement vêtues. Mesd^*^*** les duchesses d'Humières , de Saint-Simon et de Lauzun et madame la **»^^' quisede Sou>Té étoient habillées à IVvSpagnole, de velours noir avec hean^y*^^ de diamants. Tous ces habits avoient été faits expi-ès pour ce jour-là. Lor»*^^'^ toute ra&semblée fut placée, on vit paroltre la mascarade qui avoit piKir tî^^^' Les Amazones. Un timbalier more marchoit à la tête, monté sur un chaii*^*^*"* puis des amazones chantantes, auxquelles des Sarmates et des Scythes de i^^^ sujets donnoient plusieurs divertissements, un combat de gladiateurs et ^^Mt» voltigeurs sur un cheval de bois. Il y eut aussi quelques danses. Le bal e<^^"' mença ensuite et dura jusqu'à une heure. >» {Mercure de février, pages 1^ "^

JANVIER 1700. 9t7

promener sur les hauteurs de Marly^ où il fait beaucoup d'embellissements. Monseigneur courut le loup dans la lorM dé Marly et fit donner un relal de la meute de

M. le comte de Toulouse qui chassèrent [sic] fort bien avec ceux de Monseigneur. Au retour de la cliasse^ Monseigneur donna à dîner à tous ceux qui avoient eu Thonneur de le suivre^ et au sortir de table il joua une grosse Inprise de brelan à caver trois fois cinquante et puis cent. Les acteurs étoient Monseigneur^ M. le prince de Conty, H. de Vendôme, M. d'Antin et moi. Le roi, après son souper, entra dans le salon avec madame la duchesse dt5 Bourgogne, qui n'étoit point masquée. Ensuite ma- J^siTOe la duchesse de Chartres et madame la Duchesse , 'ttndemoiselle d'Armagnac, les duchesses de Villeroy, de ^*^^.int-Simon et de Lauzun , madame de Souvré , mesde- '^^iselles de Melun et de Tourbes vinrent habillées en J^^lis habits de paysannes, menées par le prince Camille , '^ duc et le chevalier de Sully, le duc de Saint-Simon, la '^tiAtre, le duc de Guiche, le comte d'Ayen et le duc de ^illeroy. Ils dansèrent une petite entrée de paysans; en- ^^iite le prince Camille, qui étoit le marié, dansa avec "•^r^emoiselle d'Armagnac, qui étoit la mariée. Madame *^ Duchesse étoit la mère de la mariée, coiffée avec un ^^laperon couvert de pierreries qui lui sied à merveille. ^.d'Antin étoit le père de la mariée. Quand celte troupe ^€ masques eut pris place, le roi commanda au petit ï^nteraps de faire entrer le divertissement qu'il avoit I^réparé. C'étoit une mascarade de Savoyards avec des Arlequins et des Polichinelles, qui dansèrent de fort i^lles entrées ; cela étoit accompagné de chants et d'une l^Ue musique, et ce divertissement réussit encore mieux H**^ celui du jeudi. Ensuite Monseigneur dit au roi qu'il «'alloit coucher, qu'il étoit fatigué de la chasse , et il alla se masquer avec madame la princesse de Conty. Ils sTia- 1 Mlèrenl de fort jolis habits en fou et en folle. M. le comte l de Brionne menoit madame la princesse de Conty ; Mon-

flaigneur madame de Villeqaier, et le marquis de U ' liera madame de GhAtillon. Le comte de Brionm» et : dame la princesse de Conty dansèrent une fort j<^ trée. Tout cela et le bal finirent à une heure^ que le n retira (1).

Samedi 33, à Vertailles. — Leroi^ revint ici àla nuiti madame la duchesse de Bourgogne après s'être pron tout le jour à Marly . — Monseigneur alla diner à Mène où il passera quelques jours; il n'y mène point de da ce voyage. — Il a passé un courrier de Madrid qu'on voie à l'empereur qui assure que le roi d'Espagne est bien remis depuis son dernier accident^ et que le IS ce mois il l'avoit laissé se portant bien. — On & lettres de Rome du 6; le pape est retombé malade, e croit qu'il n'ira pas loin.

Dimanche 2kf à Versailles. — Le roi l'après^lnée à la chasse. — Monseigneur se promena Taprès-dln Meudon dans ses jardins et joua le soir au brelan. — > dame la duchesse de Bourgogne alla faire collation Ménagerie. — Il y aura ici bal en masque mercredi c le grand appartement , où tous les masques de ParL ront reçus. — Le roi a fait acheter toutes les terres sont entre la maison de Cavoie à Louveciennes et h

(1) «< Le vendredi le bal commença à la même heure. Madame la doc de Bourgogne ne mit point d'autre habit que celui qu'elle avoit porté t jour. SitAt que toute la cour fut placée , la plupart des danseurs et dam entrèrent en dansant , tous vêtus à la villageoise , mais fort galamment, qu'ils eurent dansé quelque temps, ils Rassirent, et la mascarade pH pour ce soir-là parut. Elle avoit pour titre Les Savoyards. Quatre d*eir toient des malles, desquelles, lorsqu'elles furent posées à terre, sortira enfiuits qui furent une entrée de ballet. Un Arlequin et un Polichinelle , et nette et Kerbinette, leurs femmes, dansoient à merveille ; c'étoit lo sieur I et Desmoulins. Le premier étoit Arlequin et l'autre Polichinelle. Les fe éCoientmestlemoisellesVarangoetCbappe. Une petite Arlequine,qui sortit des malles, divertit fort l'assemblée par st^s petites postures. Monsd vint ensuite en masque avec madame la princesse de Ck>nty et quelques ffiean de la cour. Le ttal finltà une lieure. » (Mercure de février, pi^

JAMVIER 1700. 9Ê%

vîère, et en a fait un don à Cavoie, qui spuhaitoit passionnément cette augmentation-là à sa maison^ ce qu'il n'auvoit pes pu taire sans la bonté du roi^ parce que ces terres ^toient à beaucoup de particuliers qui lui faisoient tous lo8 joom des difficultés nouvelles. Ce présent est pluscon* sîdérable par Tattention que le roi a eu de faire plaisir A Cavoie que par l'argent qu'il en pourra coûter au roi , ^ les jardins de Louveciennes deviendront par là tout à &tt aimables.

Jmdi 95, à VerudUeê. *— Le roi alla tirer l'après-dinée. Madame la ducbessede Bourgogne alla l'après-dlnéeaux mies de Sainte-Marie, à ChaiUoty où elle avoit donné rend«>*vous à madame de Haintenon, qui étoit dès le matin à l^aris, et elles revinrent ici ensemble. — M. de Phélypeaux, inleiidant de Paris et frère de M. le chancelier, achète d^un gentilhonmie ordinaire du roi la seigneurie de Louveciennes, près de Marly, et la donne au roi en échange pour le domaine de Montlhéry, qui lui convient à cause ^«terres qu'il a dans le voisinage ; par cet échange il ^eraseigneur inconmiutable , ce qu'il n'auroit pas pu faire pwun engagement ordinaire.

Mardi 26, à Versailles . — Le roi alla l'après-dinée se pro- **^ner àMarly . Monseigneur le duc et madame la duchesse ^Bourgogne allèrent diner à Meudon avec Monseigneur. Après diner il y eut un peu de jeu, et puis ils allèrent en- ^^ffible à l'opéra à Paris. Après l'opéra Monseigneur re- ^^^Ofna à Meudon. Monseigneur le duc de Bourgogne et **Mklamela duchesse de Bourgogne revinrent ici.

Mercredi 27, à Versailles. — Le roi alla tirer. Monsei- ^eor revint de Meudon. Monsieur revint de Paris mardi. ^fcdame la duchesse de Bourgogne soupa chez madame de Maintenon , où elle s'habilla pour le bal ; elle ^bntdans son habit de Flore , qu'elle avoit déjà eu à un WàMarly . Le bal commença à onze heures dans le grand ^parlement du roi. Toutes les princesses étoient mas- ^{Qées; tous les masques de Paris furent reçus, et afin qu^ils

eussent plus de part aux plaisirs, il y avoit trois chambres où Ton dansoit. Madame la duchesse de Bourgo^efit plusieurs mascarades différentes. Monseigneur le duc de ik)urgognc et niesseigueurs ses frères se masquèrent plusieurs fois de leur côté. Monseigneur ne parut au bal qu'en masque. Monsieur y fut toujours à visage découvert. 1^ roi y demeura jusqu'à une heure , et commanda a M. de la Trémoille y gentilhomme de la chambre en année, de ne le jK)int suivre et de demeurer au bal tant que madame la duchesse de Bourgogne y seroit. Sur les ti*ois heures on réveilla le roi, parce que le feu étoit au château ; S. M. fut une demi-heure debout. Le bal continua, et madame la duchesse de Bourgogne n'en sortit i^riV quati*eheui'es(l).

Jeudi 28, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée à la chassi'. I^e soir il y eut appartement. Madame la duchesse

(I) (> Le inttTcrHi 27 janvier, le roi donna un grand bal dans sesgrandaip' |iart<niH'nts île VersailU^. 11 unnmença à onze lieures , après le souper du roi. lui salle iHi s4Hit les tribunes ixmr la musique fut clioisie i^Hir le lien du bal. I.'«Hi > ^ila |»lusieurs lustns . et Von di$piisa lotit autour de grands goéridons sur lesquels iHi mit îles giraïKloles ; l'on éleva des gradins aux deux boots et ilans les onnsees, et Wm i\ui}:ea des fonnes et des sièges autant qu'il fut pofrsil4i« , eu Kiissant un (S{kioo |Mur la dauM'. Tous les princes et seigneurs et les liâmes qui ile^itient > danser > \inrent en habit de masque. L'entrëe y fat libre \Mmr tous les masques, |H>ur\u «|u au\ |uvlnîè^e^ portes il s'oi démasquiit un qui n^ttondit do la aiiiqkagnio. L\hi établit aussi des violoiis et des liautUn> «lans K*> «le«i\ ohambrxs ^oisim^ de la principale salle du bal. Les iivis«|iHS ivinplissoient déjà ttnit ra|^«arteiiwtit lorsque le roi arriva; b foule y «iMt trè>>gniaile . et l'on eut |ieine à c\Hiser\er «bi terrain pour la danse. Ma* ilamc* la duclM^sse de lUmr^^m- diangea tix^s fois d'habits; elle y parut dV bonl M^is «elui de Fk^re, |Hiis s«his «-Hiii fPune laitière et enfin sous cehii d une vieille. MiMist'ùsneur, monseigneur le duc de Bonr^eogne et i les |irtnces ses fivre> cliaiigenMBt aussi plusieurs fitisd'habîts, ainsi que i la iwîmvsM^ lie i\mt> o! |^u<iour> i(ames tant «k^ la suite de madame la durht'Nt^ ik^ IkHirvocm^ qiN' de 1.) «\mipai:iiit^ «k^ maiiaiiH^ la princes^ de Cent;. Il > xint lt«\iw\Mi|i<k* liwisques . tant de la <\mr que de Paris. L'on dansa toafMirs «ians tr\)i> be«i\ diffcrt-iits. L «hi ap|K>rta une maguiiique ooUatioo à UK heMn" tlans la granité salk' W r^^i m' ivtira a deu\ kietirvs, et madame la docliess4' *W IWwTWKBc a quatn^ . i^ k l^ finit • . VrnfKir de fîpTrier, pages I >$ a If .V ^

de Bourgogne se trouva un peu incommodée d'une fluxion ; elle se mit au lit Taprès-dinée. — H . Hansart partit lundi pour Nancy ; le roi l'envoie à M. de Lorraine, qui renaToit instamment prié pour prendre ses avis sur tous les embellissements qu'il veut faire à son palais de Nancy et à ses jardins^ et pour accommoder deux maisons de campagne qu'il veut faire accommoder aussi. M. de Lorraine compte d'employer 200, 000 écus à cette dépense-là . — Monseigneur le duc de Bourgogne dina hier chez madame de Dangeau avec des dames et y demeura jusqu'à seplheuresdusoir.

Vendredi 29, à Versailles. — Le roi alla l'après-dlnée tirerdans son parc. Le soir il y eut comédie. — M. de Barbeâeux a fait porter au trésor royal deux millions des revenants-bons de l'extraordinaire des guerres ; le roi a été - trè»<x)Qtenty et H. de Barbezieux a encore assuré S. M. qu'il avoit un fonds assez considérable en cas qu'il fallût Wre quelque dépense extraordinaire sur la frontière et pour des magasins ou pour tout ce que S. M. trouveroit

•Samedi 30, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly. Monseigneur joua le soir, chez madame laprincesse deConty, au brelan. Madamela duchesse de Bourgogne se trouva incommodée tout le jour, et le ^ qui devoit être demain chez madame la chancelière sera remis à la semaine qui vient.

Dimanche 31, à Versailles. — Le roi alla tirer l'aprèsdlnée. Le soir il y eut appartement. Madame la duchesse de Bourgogne est encore incommodée; on ne sait même si elle pourra aller à Marly le premier voyage. — Le bal de madame la chancelière est remis à lundi en huit jours; il y aura une Petite comédie nouvelle faite exprès pom' cela. M. le prince prépare aussi ime fête pour madame la duchesse de Bourgogne.

Imd^V^ février, à Versailles. — Leroiallaraprès-dlnée

se promener à Marly. Monseigneur alla àMeudon donner

ut JOURNAL DK DANGEAU.

quelques oixlres pour so.i nouveau bâtiment et en N le soir ; il jouii au brelan chez madame la princeM Conty. Madame la duchesse de Bourgogne garda le Ut le jour. Monseigneur le duc de Bourgogne joua ches après le diner. — Le roi donna à M. le duc de Guiche pension de 8,000 francs. — Les louis d'or sont dimii et ne valent plus que treize livres dix sous, et les écus livres dix sous.

Mardi 2, jour de la Purification, à Versailles. — L allaà onze heures à la chapelle ; il y eut procession des valiers de l'Ordre , à l'ordinaire, mais fort oourte à c du vilain temps. M. Tarchevêque de Paris officia goutte n empêcha pas le roi de descendre et de remo les degrés. L'après-dlnée il entendit le sermon de Ti Boileau, qui doitprècher le carême. Monseigneur et ti la maison royale assistèrent à toutes les dévotions d journée. Madame la duchesse de Bourgogne se reooi l'après-dluée , et comme sa fluxion est fort diminuée croit qu elle pourra aller à Marly.

Mercredi 3, à Marly, — Le roi dîna de bonne h» vint ici en sortant de table et se promena juscpi'à la ; Monsieur et Madame sont du voyage. Mademoisell Bournonville y a une chambre, et on la loge en mêm» villon que madame de Noailles. Madame la duchess Bourgogne se coucha en arrivant et ne soupa point le roi. 11 n'y eut le soir ni bal ni musique. — Par les nières nouvelles qu'on a de Rome, on apprend que led Salviati, le duc Lanti et le prince Vaini, chefs des ma qui sont attachées à la France dans Rome, pe voient M. de Monaco, notre ambassadeur, parce qu'il ne les pas traiter d'Excellence* ;V moins qu'ils ne le tw d'Altesse, ce que n'avoient jamais prétendu aucuns pr de la maison de Monaco , et jamais en même temp ambassadeui*s de France n'avoient fait difficulté de t ces seigneurs romains d'Excellence. Les ambassai d'Espagne donnent de l'Excellence aux chefs des ma

pipalines attachés à l'empereur ou à TEspagne. L'amban- Sttleur de Tempereup leur en donne aussi.

* Leschefe des maisons papalines à qui les ambassadeurs impériaux et dTEspagne donnent l'Excellence sont très-différents du duc Salviati, quoique peut-être de meilleure maison que la plupart, et de MM. Lanti et Vaini, gens d*aucuue illustration et tout à fait nouveaux, Il premier adopté paries la Rovère, de maison papale , mais autrement nie, et que la France éleva à Rome peu, mais le plus qu'elle put par le crédit du cardinal d'Estrées, qui avoit fait épouser à Lanti la sœur et madame 4e Bracciano , sa bonue amie alors , depuis la fameuse priusesse desUrsins, et qui n'a voit rien. Pour le Vaini, on a vu le peu fK é'étoît, et pourquoi le cardinal de Bouillon entreprit sa fortune. Kai pour M. de Monaco , ce n'étoit pas à dire quMl eût raison. Son Iwueulestle premier qui, de seigneur de Monaco , s'en intitula prince , cteeiade lui-même. Son grand-père, qui se donna à la France, ne pensa jttab,non plus que son père, à avoir aucune distinction en Italie et ■Hé part à titre de prince et de principauté. Son père, qui fut tué d'accifat avant son père [ «ic] qui ne s'étoit pas démis de son duché , laissa ■e vcttve qui l'amena en France pour y être tenu par LTi. MM. et fi alla à la cour sans avoir ni prétendre le tabouret; et on a vu fKeene fut qu'au mariage du fils de celui-ci avec la HUe de M. le Gnmd qu'il eut le rang de prince , depuis quoi la tête leur a tourné ô-dessus, et à Rome au grand dctriinjut de 4 affaires du roi.

imii ky à Marly. — Le roi se promena tout le matin Cloute Paprès-dinée dans ses jardins. Le roi et la reine d^Angleterre arrivèrent ici sur les sept heures; ils furent ttseilong'temps enfermés avec le roi, et puis ils entrèrent <lansle salon avec le roi. Madame la duchesse de Bourgogne commença par danser une entrée d'Espagnols qui htfort jolie ; les danseuses de cette entrée avec elle étoient l&coditesse d'Ayen et mademoiselle de Bournon ville ; les danseurs, le comte de Brionne, le duc de Guiche et le che- ^er de Sully. Monseigneur vint ensuite habillé en enfcnt et mené par madame la princesse de Conty, qui éloit «0 barbe à col. Les dames de cette mascarade étoient B^wdwnes d'Épinoy, de Villequier et de Chàtillon. Les wurlisans habillés en enfant comme Monseigneur étoient te comte de Brioime, les ducs de Villeroy el d'Antin. Après

que Monseigneur fut placé , le petit Bontemps fi une mascarade de noce de village^ où Ballon^ P^ les meilleurs danseurs de FOpéra dansèrent des fort agréables. Monseigneur le duc de Bourgogne seigneurs ses frères, qui étoient venusici^ se masqu leur côté. Madame la duciiesse de Chartres et ma Duchesse étoient habillées fort magnifiquement ei caines. Le bal dura jusqu'au souper (1). Le roi fit à madame la duchesse de Bourgogne son entrée gnolS) parce que Monseigneur ne Tavoit pas vue. . souper^ le roi et la reine d'Angleterre retoum Saint-Germain^ messeigneurs les ducs d'Anjou et i à Versailles.

Vendredi 5, à Marly. — Le roi se promena tout 1 et toute l'après-dlnée dans ses jardins. Sur les hui le bal commença dans le salon. Madame la duel Bourgogne étoit vêtue magnifiquement en magi elle avoit avec elle les mêmes dames qui avoieni la mascarade de Flore. Le petit Bontemps fit en

(1) « Le 4, il y eut bal à Mârly. Le roi et la mine d'Angleterre y soupèrent après le bal avec le roi. Ce bal commença à huit heures par une entrée de trois ïlspagnols et de trois Espagnoles. Madame b de Boui*gogne , madame la comtesse d*Ayen et mademoiselle de B< étoient les Espagnoles , et M. le comte de Brionne , M. le duc de * M. le chevalier de SiiUy, les Espagnols. L'entrée fîit très-galante et cutée. A cette entrée succéda celle de Monseigneur, de M. le duc d et de madame la princesse de Conty . Elle représentoit un vieux mattr sa femme, quatre enfantsçt quatre nourrices qui les conduisoientpar I Le maître d'école étoit M. le marquis de la Vallière ; sa femme, M Chartres ; les quatre enfants, Monseigneur, M. le marquis de Villeqt comte de Brionne et M. le marquis d'Antin. Les nourrices étoient princesse de Conty, mesdames d'Épinoy , de Villeqnier et de Châlî cette entrée, l'on vit |)arottre la mascarade dos musiciens et des da sujet étoit une noce de village , et les acteurs : le seigneur et la da lage, les parents de la mariée , les garçons et les filles de la noo quatre scènes en musique et quelques enti*ées de ballet où les sieoi Desmoulins et mademoiselle Dufort tirent merveille. Le bal contim mascarade jus<|u'à dix heures et un quart. » (Mercure de février, à 166.)

petit divertissement qu'il avoit préparé et qui étoit la suite de la noce de village du jeudi. Il y eut ensuite une mascarade très-agréable de don Quichotte , où Monseigneur faisoit Sancho Pança. Monseigneur le duc de Bourgogne éloit de la mascarade^ qui divertit fort le roi. Messeigneurs les ducs d'Anjou et de Berry étoient de la mascarade et soupèrent avec le roi, puis retournèrent à Versailles. Madame la duchesse de Chartres et madame la Duchesse ne se masquèrent point (1). — Pendant que le roi se promeaoitraprès-dlnée^ H. Mansart arriva^ revenant de Nancy; il adonné des dessins très-magnifiques à M. de Lorraine pour ses bâtiments et ses jardins, qui ne lui coûteront que 500,000 francs. M. de Lorraine a voulu faire un fort beau présent à Mansart, qui n'a pas voulu le recevoir; mais on croit que le roi lui commandera de le prendre. Samedi 6 , à Versailles. — Le roi se promena tout le joor à Marly, et puis revint ici à la nuit. Monseigneur alladlneràHeudon et revint ici lesoir. Madame la princesse ^ Conty, la mariée, vint ici et vit le roi dans le salon après souper. Le roi la gracieusa fort ; il y avoit plus d'un an qu'elle n'avoit paru ici , ayant toujours été incommodée. — Madame la Princesse présenta au roi la prin-

(i) « Le lendemain il y eut encore bal à la même heure. Les danseurs et In danseuses n*étoient point en habits de masque. Toutes les dames dansantes ^weot toujours en habits de masque. Un quart d'heure après que le bal fut ^''ouneDcé, madame la duchesse de Bourgogne entra en habit de magicienne, t>tHDignifique. Elle étoit suivie de mesdames les duchesses de Sully et de VîDeroy,de8 comtesses d*Ayen et d*Estrées et de mesflcmoiselles de Melun et de ''^OBniODTille, Têtues du même goût. Peu de temps après parut la mascarade ^ mofliciens et danseurs. Le lendemain de la noce étoit le sujet de ce diver- ^^''NQieDt Les mêmes danseurs firent merveille , et ce qui divertit beauc^oup, <^ Ait un £iu\ Bapaume. Ce Bapaume passe à la cour pour un plaisant ; il ^ « ressemblant à Toriginal que toute l'assemblée y fut longtemps trompa* U y eut ensuite une mascarade fort galante qui représentoit plusieurs faits d«<lim Quichotte de la Manche, le combat du dievalier des Miroirs , la prmfttw Doloride et les frayeurs de Sancho au sujet de l'écuyer au grand nez. Le W continua ensuite jusqu'à dix heures et un qiiarl. » ( Mercure de février,

l»Sesi67à 169. )„

-^ •-- — --..- - i j-ii:-«a -Kunaif. de la branche

— — t . :r liTî. ac!» A imiimgaem,é4R

-*^ ^ m rwiL»' ^Uft^iul espérer qn'dk

- :- •••- JL • ■rsr^vdé une poim

.-* .-, ' - . ^- . r-î-a- nitfjiETentfftireli.de

:- r— -i: -« n juuLaar û l.dOO pistolnflt

. - jr — .r-ii sf^nnr. vKl.deLorrttM

- — -^*,..::»-^ii- i-u .-^i iT'iKat donné àV. de

— ...- - '— — - ««ar -»* .fiicnimt!^ et ses jardiv

■--. - — ". :. •■a> *»iir •wi.'u^er ses dessei»;

t is..-- ' — r-— ^•ja' «rfiOi.rvç plus beaux, d 3

'■-i«;r. . • r .»: f*. — .^ .-M * encore unpeo

. . T --* r -£::,>-. ac pas ie se pporaeneret • — — f . - «ruiiiL. L^llini , nonce en

..- .' '■ ./ --UMif •!• r i Roniç. Oiioiq*

r- . > i.. '-^ Lt'îiiiiT'.a*^ que la COUP de

"Zi. — 1' .- .;•- '.î -•! Ji! i»'£eudant de prendre

.• — ;Ti -iiii*. i .m.>l:^t s. m. de lui refuser

•.*:-..- :« . Il -.w*:» i>u luème en avoir une

.t.- T.„> 'LL.^.r'»ri- ■ir'> lettres de recréaDecs

• -: -. -•- i'^-^::" -î'i»^ i'-yn fait aiL\ cardinaux

. . ..—::- T. "•»•» -'•?:> l'a v.usselle d'argent. —1/

. I . .- • :r ;:•*•►- v.j: l. s marchands de la ville de

• • .' . VI : » \v-.t\ . fr^rr»^ ie tVu madame de Montchevreuil.

' ' '■ r,.|,|/,i ..,iit Vu -u ôO,UOO francs piir an; il aestque

;■ .'M W'.j- ;iïi>. m.iÏN ijiirdinairt* ils sont continués pour

'• .. Mih'-s ;iniH'»-s. M. Dubois, qui va sortir de cette

»"n " . V A r\r iiirine plus lonj;tcmps ; et presque tou-

I •» iii '.«H lir (lrr«'t t*iupi<ii. quand il vaque uiiechaiw

•■ '.n:« illii- «ri':ial, on choisit le prévit des marchands

f '111 i>i 1 1 iii|i||i'

I '•».'/. M. ,f rnsniUvs. Lv roi alla tirer TaprèsKlln^.

^* " ' ".III iir soi'iii pt)iii((|r (ont le jour et joua le soir

"* '•« |Miii» rssi- dt' Corilv. — Madame la chan-

I donna un grand bal à madame la ducbesBd de Bourgogne, àlachaneellerie; il y en tuile petite oomédie^ de jolies boutiques où Ton trouvoit de toutes sortes déconfitures et de liqueurs, une belle musique. La fête fitt fort galante et tnagnificjue; mais la foule des masquer qui étoit venue de Paris troubla un peu les plai^ de la fête. Monseigneur y étoit en masque ; messôgnealrs ses etifants y étdient de leur côté masqués aussi^ et madame la duchesse de Bourgogne y étoit masquée magnifiquement; elle n'en revint qu'à trois heures du matin. 1.1e chancelier reçtit Monseigneur^ messeigneurs ses enhnts et madame la duchesse de Bourgogne au bas du degré, et puis se retira et laissa faire les honneurs de If ftte à madame la chancelière (1).

(1) t Madame la duchesse de Bourgogne ayant souhaitf^ (|ue madame la

tWxlière lui donnât un bal , elle reçut cette proposition avec beaucoup de

JMT, et quoiqu'elle n'eût que huit jours pour s*y préparer, elle résolut de don-

facette princesse, dans une même soirée, tous les diveriissements que

^00 prend ordinairement pendant tout le cours du carnaval ; savoir, ceux de la

<>VRêdie, de la foire et du bal : ce dernier renfermant les plaisirs que donne ,

^ cette saison , la variété bizarre des masques galants', grotesques et ma-

Mioes qui y abondent. Tout se trouva prêt pour le jour marqué ; cepen-

Potbiit la (Ste fut dilTéréc de neuf jours à cause d'un mal de dents survenu à

^^ princesse. Le jour destiné à la donner étant venu, on porta des dé-

'^dienKnts de Suisses dans la rue et dans la cour, avec plusieurs dômes -

^Ks de madame la chancelière , en sorte qu'il n*y eut aucun embarras , ni à

^ porte ni même aux avenues de la chancellerie. Il y eut outre cela de si

^ ordres donnés que , malgré la confusion qui se trouve ordinairement aux

Pttfles des Heux où se font de semblables fêtes, toutes les personnes de dis-

^^ctioQ, pour qui il y avoit des places marquées , entrèrent avec facilité et

'^ placées de même : la cour étoit éclairée, ainsi (pie le vestibule et Tesca-

^ où il y avoit des lustres et des girandoles sur des torchères. On reinar-

^ d'abord , dans la salle préparée pour le bal , un gi'and portrait de ma-

^ li duchesse de Bourgogne, qui étoit sur la cheminée. Il y avoit tout au-

^ de cette salle des gradins de trois à quatre pieds de long, et entre chaque

Wdinétoieut des torchères magnifi({ues , sur lesquelles il y a\oit des giran-

^^t entre dix lustres susi)endus. On avoit dressé un grand amphithéâtre

^ U lace du bas de la salle pour cinquante tant hautbois que violons du

^lous en habits de masipie uniformes, avec des bonnets garnie <le plumes ,

* Ttti fomioit un s|»ectarle auKsi magniliqui* que nouveau danN ces sortes de

^' Il > avoil des f'oriiif s foui autour de la salle , au-dessous des gradins ,

us JOURNAL DE DAMGEAU.

Mardi 9, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlbé^ pi'omener à Harly. Monseigneur alla dinar à Meni'

et au-devant de ces fonnes , un rang de tabourets , au-devant desqnds éli trois fauteuils, Tun pour madame la duchesse de Bourgogne et les deux » pour Monsieur et pour Madame. Monsieur n'y vint point, k caose dW gère indisposition , et Madame y vint sans être masquée. On avoit Mm grand carré n'^servé |)our la danse. A côté de la salle du bal, sur le n palier de l'escalier, étoit une autre salle fort éclairée , dans laquelle il y i fies violons et des hautbois , et cette salle étoit pour recevoir les mate qui, à cause de leur grand nombre, ne pouvoient entrer dans la salle ém « Madame la duchesse de Bourgogne fut reçue à la descente de mni rosse par M. le chancelier, madame la chancelière et M. le comte de Pooti train. Plusieurs de leurs parents et amis s'étoicnt joints k eux, comme 11 duc de Lesdiguières, M. le duc de Samt-Simon , M. le duc de la Meitter M. le duc d'Uumièrcs, M. le marquis de Béringhen, M. le comte de Quintin, i Dusson, M. le comte de Roucy, M. le comte de Blanzac , M. le chenKe Roucy et M. le clievalierde Roye, avec plusieurs dames , savoir : duchesse de Lesdiguières, madame la duchesse de Saint-Simon , <luchesse de Foix , madame la duchesse d'Humières , madame la marée de Lorges, madame de Béringhen, madame de Saint-Géran, madvi comtesse de Roucy et madame la comtesse de Blanzac. Madame la comten Pontchartrain ne put avoir cet honneur à cause de sa grossesse.

n Madame la duchesse de Bourgogne, ainsi reçue, fut conduite dans la ^ salle du bal. Monseigneur et messeigncurs les ducs de Bourgogne, d*Aiqo de Berry et toutes les princesses et dames bien masquées vinrent preaqo même temps, et après leur arrivée M. le chancelier laissa faire le reste honneurs à madame la chancelière. Il n'y avoit qu'une heure que le p bal étoit commencé quand madame la chancelière et M. le comte de P chartrain conduisirent madame la duchesse de Bourgogne dans un lieu à\^ |K)ur lui donner le divertissement d'une iwtile comé<lie , et avant que d*y trer on passa dans une salle ornée de miroirs et de quantité de lumièrei n'entra dans la salle de la comédie qu'environ cent cinquante |)ersoiiiies princes et princesses du sang n'y prirent auam rang, étant tous masqués, {tendant madame la duchesse de Bourgogne et Madame se trouvèrent plac« milieu de la salle, chacune dans un fauteuil. Madame la duchesse de Bourgi fut surprise d'y voir un théAtre avec ses armes et ses chiffres. 11 représo le laboratoire d'un fameux o|>éraleur et ensemble le lieu où il enferme dn>gues. II étoit orné de pilastres, et l'esjiacc cpi'il y avoit d'un pilastre k Ti rloit rempli de tablettes sur Ies(]uolIes étoiont des vases de pon^elaine à To des c-hiniistes , av«Hî des ustensiles propres à leur travail ; toutes ces talA n étoient pas entièrement découvertes. Il y en avoit quelques-unes à dfin cluVs par des rideaux qui n'étoient pas tout à fait tirés. Des squelettes el |M>iss(>ns avec d'autres animaux paroissoient attachés an plafond. On en sur ce théâtre |>ar tn)is |M>rtes, dont l'une ctoit dans le fond et les deux » aux dnix cMés; elles étoient ornées d'une architecture convenable au lieu.

OÙ il demeurera jusqu'au samedi. Madame la princesse de Gooty est du voyage. L'après-dlnée, Monseigneur alla

, avdtrar toos les pilastres des demi-giraiidoles à cinq branches d'argent. Ces fpwrioles s'attachent, et ont été nouveUement inventées par M. Bérain, qui aidt imaginé ce théâtre et donné tous ses ' soins k rembellissement de cette itte, à laquelle M. Lefèvre , intendant et contrôleur général des menus plaisirs cftaflîirttde la chambre du roi, entendu en ces sortes de divertissements, 1^ pis peu contribué par ses avis. Comme le lieu où le théâtre étoit dressé ne pmnetloit pas que Ton y plaçât des lustres, on avoit trouvé Tart de l'éclairer fàr deox ou tn^ cents lumières cachées , et dont la réflexion y répandoit un M<ini8arprenoit tous les spectateurs. Aussitôt que madame la duchesse de i fut assise, un opérateur sous le nom du fameux Bari, vint lui der sa protection contre les médecins, et après avoir vanté Texcellence de « imèdes et la bonté de ses secrets , U lui offrit le divertissement d'une petite pièce telle qu'autrefois on en faisoit représenter à Paris, et ensuite d'une M»-belle symphonie qui se fit entendre d'une chambre voisine. On représenta ■te petite comédie que madame la chancelière avoit fait faire par M. Dan- Mrt exprès pour cette fête. Il y avoit mêlé quelques scènes italiennes, que Ton InNnra fort ingénieuses et qui furent agréablement représentées par ses <leu\ tttt. Tous les acteurs , qu'on avoit choisis , pour ce divertissement , dans la tnopedes comédiens du roi, excellèrent dans les caractères qu'on leur avoit ^<*Bés et reçurent beaucoup de louanges.

« iaoomédie finie, madame la chancelière mena madame la duchesse de Bour- PKBedaos une autre salle où il y avoit une superbe collation disposée d^une ma- ^ ingénieuse. On avoit construit, dans l'un des bouts de cette salle, cinq liooliques qui formoient un demi-cercle. Dans ces cinq boutiques étoient cinif ■utliands chantants, représentés, savoir : un pâtissier françois par le sieur de ''^Yilpié; un Provençal, marchand d'oranges et de citrons, par le sieur Fonqiiet; ■e tîmonadière italienne par le sieur Favally ; un confiturier par le sienr Cour- QVt et on Arménien, vendeur de café, de thé et de chocolat, chantant en langue ^'■Mjue, par le sieur Bastaron, tous de la musique du roi. Ils avoientdes habits ^ cooTenoient aux nations qu'ils représentoient , et des garçons pour servir *^ aussi selon la nation dont ils tenoient le langage. Le<; boutiques se commu- ■i|aoientau dedans les unes aux autres et n'étoicnt séparées qu'extérieurement. ^ laenaiserie en étoit pemte et dorée, et l'on voyolt alternativement dans les Nofiux du bas des boutiques les armes et les chiffres de madame la duchesse ^BwiYïQgne. Ces boutiques étoient cintrées et des lustres pendoicnt du milieu •Ithaque cintre. Au-dessus de ces boutiques étoient écrits en grosses lettres d'or **aoimde Procope, de le Co(|, de Benachi et quelques autres, et sur tout le ^ona\oit peint toutes les choses convenables à ce que chaque boutique de- ^ représenter. La symplionie étoit placée dans les angles des lK>utiqueset vôtuc *^des habits assortissant à ceux des marchands que je viens de vous nommer. ^M des bouti<iues étoit couvert de tablettes doreo*, et le tout étoit rempli ^ «lioses que l'on y dcvoit vendre. On y voyoit quantité de corlwMlIcs ma- *■*!»€«, des vases de cristal , d'argent et de vermeil doré , des jattes., des

avec elle à Topera à Paris. Monseigneur le duo de Ben gogne alla dîner à Heudon^ suivit Monseigneur son pk

hanfliges , avec des porcelaines, le tout rempli de liqueur», de lèches, de dragées, de pâtisseries, d'oranges, de citroa8,de Hmca < de tout ce qu'on peut imagina* pour une galante collation. Toutes oes cto éloient entremêlées de fleura et de girandoles, et le rang le plus élefé ëtoit ti orné de vases magnifiques remplis de fleura, dont il y avoit pluiieuragnirli» sur les tal)lettes. Quoique ces choses fussent brillantes d'ellea-nièniesi te ne laissoient pas de tirer un nouvei éclat dos lustres qui édairoîenl les k ti(|ues , et comme ces boutiques étoient séparées par des pilastres f que le c rière de ces pilastres étoit tout couvert de lumières , et que oea lumièn» fléchissoient encore sur tout ce qui étoit sur les tablettes des boutiques , «■ sauroit rien s'imaginer de plus brillant que parolssoit toute cette petite 9m mais ce qui est fort à remarquer, il y avoit un grand miroir au fond de eliB boutique qui , rappelant tous les ofaiets qui composoient rassemblée, les Êmi encore parottredans toutes les boutiques , outre toutes les choses qoèfd marquées, de manière que cet assemblage étoit tout à teH brillant, et que yeux en pouvoient à |ieine supporter l'éclatante variété. Si ce siiectacte < niHivoau, la musique, qui étoit de M. Colasse, l'un des maîtres de mosiqia nii, n'avoit fias moins les charmes <Ie la nouveauté, puisqu'on entend v clurur composé de personnes qui parloient diverses langues et qui ne tatec |Kis de s'accorder admirablement bien. Ce chœur fut suivi de ^rioet de dma chacun chanta aussi seul en sa langue. Tout ce qu'on chanta Ait à Hmoi de madame la duchesse fie Bourgogne , et pour inviter cette princesse à v goûter de tout ce qui étoit dans los boutiques. A côté il y avoit un grand Nnet entouré de gradins remplis de fruits , de confitures sèches et d'une finitc do paquets de confitui'es , noués avec des rubans pour distribuer à T semblée, dont le sieur Philbert s'acquittoit avec des manières divertissaii Les liqueurs y étoient en abon<lance. Madame la duchesse de Bourfq sortit très-satisfaite de la salle de la collation , et donna force lonangH tout ce qu'elle y avoit vu et entendu. Alors tous les masques entrèrent di cotte même salle, on l'on distribua toutes sortes de rafratcliissements à oc qui se présentèrent, avec une profusion sans pareille, tandis que les domestiq! de madame la chancelière en iiortèrent à toutes les dames qui étoient sur gradins et en offrirent même à ceux qui ifen demandoient point. Madame duchesse de Rourgogno , en sortant <lo la salle do la collation , ne retoui point dans celle du l>al , i»arce qu'il y avoit un nombre intini de masqua que le bal se trouva un peu dérangé. Après ((ne cette princesse en fut sortie , < retourna dans celle de la conu><lio , où 11 se lit un bal particulier à toute conr. Il dura jus4|uVi deux heures «près minuit, ensuite de quoi elle re^ dans lo grand liai |M)ur voir le nombre presque intini <1o divers masques qui remxmtrèrent. ïA\e les vit danser et dansa jusqu'à quatre heures , après <| inadamo la chanc4'lii>iv H M. lo C4imte do IVmtcluirtrain l'ayant recoud insqn'an bas <\v IVscalior, cotto primrsM» leur manpia, on U»rmes fcMft c ;ioaiil>, «piVlle nvoil pris lM>anct»np do |»laisir au divertissement qu'où vu

FÉVA1£R i7M. 351

à l'opéra et après l'opéra revint ici. — M. le duc de ChàtUlon, colonel du régiment de Piémont ^ se trouvant hond^état de servir et presque entièrement paralytique , a prié M. de Barbezieux de demander au roi pour lui la. permission de vendre son régiment, qu*il vendra entre SO et 100,000 francs; le roi lui a permis de chercher t>n marchand; mais Ton croit que sa famille fera aolieter ce régiment au chevalier de Luxembourg , son br^re^ qui est colonel du régiment de Provence, et il venc&m le régiment de Provence du moins 50,000 francs. Mercredi 10, à Versailles. — Le roi prit médecine et ^st conseil Taprès-dlnée. Monseigneur vint de Meudon EMDur être au conseil. — Madame la duchesse de Boui^- S'ogne répète tous les jours chez madame de Maintenon ^xjie entrée qu'elle doit danser au premier voyage de 'Bfluiy^ qui sera des quatre rois, des quatre dames et des quatre valets d'un jeu de cartes. Les quatre dames sont ■ïïadame la duchesse de Bourgogne, la duchesse de Sully, '^^demoiselle de Bournon ville et la comtesse d'Ayen. Les ^luatre rois sont monseigneur le duc de Bourgogne, monseigneur le duc d'Anjou, M. le Duc et M. le duc de Vil- »«roy. Les quatre valets sont le prince Camille , le duc deGuiche, le comte d'Ayen et le chevalier de Sully. Le <^ier et la cartière sont monseigneur le duc de Berry «t la comtesse d'Estrées. — On mande de Saxe que le ^y de Pologne a donné à M. de la Forest le comuiande- ^«Dt de huit mille hommes qu'il envoie au secours du '^ide Danemark; il lui a donné de plus le régiment ^u'avoit le comte Trautmansdorf, qui avoit refusé de lui prêter serment de le servir envers et contre tous.

Jtudi 11, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée à lâchasse. Monseigneur courut le loup auprès de Meudon.

'^'hiidoniier et «lu'elte en «•ioit e\lr«^iw»menl Kalisfaite. Ainsi finit celle lèle, i]u{ **^f« htmirmipfle kMiangeH à madame la cliancelière. » ( Mercure de lévrier.

Madame la duchesse de Bourgogne alla le soir en masque chez le roi et ensuite au bal chez madame du Maine. — On mande de Venise que le sénat avoit fait trois procurateurs ^^ de Saint-Marc moyennant 25^000 ducats chacun, comm< celas'étoit pratiqué plusieurs fois durant la guerre , que la république avoit en même temps résolu de ne plui

faire de procurateurs que par mérite et de ne plus agr^^

ger aucune famille à la noblesse pour de l'argent. L'empereur de la Chine^ par une distinction particulici a permis aux vaisseaux françois de la compagnie qui o^c^ | entrepris le commerce en ce pays-là de s'établir da^^:^^ ses États^ et a exempté les vaisseaux et les marchandi^B^^^ de tous droits. — Madame la duchesse de Navailles ^^^t à l'extrémité, à Paris; elle a été dame d'honneur dfe la feue reine.

Vendredi 12, à Versailles. — Le roi alla l'après-dlr^ée à la chasse; il eut pourtant la goutte un peu plus IToirt que ces jours passés. Le soir; après souper, M. le Priimce donna un grand bal à madame la duchesse de Bourgog'vmc Il y eut pliLsîeurs entrées de ballet et des meilleurs dLanseurs de l'opéra qui furent entremêlées dans le bal; il y eut un e collation magnifique servie d'une manière îfigénieuse et nouvelle; il y eut un grand ordre. Monseigneur le duc et madame la duchesse de Bourgogne direct qu'ils ne s'étoient jamais si bien divertis, et tout le monde convint qu'on n avoit pas vu de fètc plus galante, plus agréable et mieux ordonnée ; la dépense même en doit avoir été grande (1). — Il y a près de quatre cents offici®*^

(1) n Son*Alte88e Sérénissimc M. le Prince (ionnadans son appartemeot ^ Versailles un grand bal à madame la <luches$e de Bourgogne. Cette priooe^'^^ s'y rendit sur les onze heures du soir en habit de sultane. Une partie <I^^ dames qui Taccompagnoient étoit masquée et Tautre ne Tétoit pas. S. A. S. r^" çut cette princesse à la porte de son ap|)artement dans la galerie basse , où il ^ avoit deux cor{>s de garde pour empêcher la foule; aussi n'y laissa-t-on enlr^^ que les personnes les plus qualifiées de la cour, ce qui garantit du désordre et d ^ la contusion.

réformés qui n'ont point été servir leur semestre; ils ont été cassés^ c'est une diminution de dépense pour le roi de

•I La prineipale salle du bal étoit éclairée par ua grand nombre de lustres et ^ Sinuldoles. On avoit construit une tribune au-dessus de la porte, et l'on y myiài plaeé les YÎolons et les hautbois. Plusieurs termes sontenoient cette IribBK, sous laquelle ooramençoient à régner des amphithéâtres qui tournoient r de la salle, à la réserve de l'endroit où étoit madame la ducliesse Bourgogne. Ces amphithéâtres étoient interrompus, et dans les espaces fM iToit laissés de l'un à l'autre il y avoit des torchères de huit à neuf pieds ni portoient des girandoles de cristal. Dans la seconde pièce, où danl ann qui ne purent avoir cet honneur dans celle où étoit madame la I de Bourgogne , il y avoit au&si quantité de lustres et de torchères. La ^t^irième pièce, qui étoit celle de la collation, étoit ornée à la chinoise. Dans I de cette salle, il y avoit un roagniflque buffet qui frappoit d'abord la i. Ce buffet avoit cinq gradins qui étoient tous formés de glaces séparées en i égales par des consoles de cinq pouces de haut, dorées d'or bruni et ), de tètes et de phisieurs ornements. Chaque console portoit une i de cristal , et toute la collation étoit posée entre ces consoles. Sur ^ imotter gradin, qui étoit de trois pieds et demi de large et qui servoit de ^iile, il y avoit des corbeilles dont les unes étoient couvertes et d'autres qui >^ féloient pas. Sur cdles qui étoient couvertes, on voyoit des brocarts d'or t* ^argent avec des fonds de différentes couleurs. Ces corbeilles étoient ornées ^ tiisns or et argent de la même couleur des brocarts, et remplies de pas de toutes sortes de confitures sèches des plus exquises. Sur le même I étoit un surtout ganri de plusieurs lumières. « Le second gradin étoit rempli de corbeilles dorées, chargées en pyramides "'^ fruits tant confits que crus, des plus rares pour la saison, et de plusieurs ^KMHoapes dont Téclat mêlé à celui des lumières faisoit un très-bel effet.

« Il y avoit sur le troisième de belles 4 grandes jattes de porcelaine, mêlées ^corbeilles remplies de caramels et de confitures candies et autres.

" Le quatrième gradin étoit garni d'argenterie , de surtout et de corbeilles P^nilement rempUes de tout ce qui p«)Uvoit convenir à une aussi sui)erbe ^<ito)B. Tous les vides de ces gradins étoient remplis de i)etites porcelaines ^ Tuo voyoit avec étonnement des pyramides d'une prodigieuse quantité de •*•» naturelles.

* 11 paroissoit dans le milieu du cinquième gradin une espèce de tixîne à la *Mtt^ de ceux des rois de la Chine. Sur ce trône étoit assise une ligure ^^■KMed'environ quatre pieds de haut ctdeux petites à ses côtés. Il y avoit sur ^ Kiène gradin quatre orangers dont les tiges étoient fort hautes , tous chargés ^lan ci de grand nombre de fruits. Les caisses étoient de sculpture dorée ^^ jour sur un fond vert, et la tige étoit entourée de caramels jusqu'aux ^^^^ 11 y avoit entre ces orangers des seaux de porcelaine, armés de ver- ^ rt remplis de fleurs naturelles en pyramides. La forme de tout le buffet ^n circulant sur les deux bouts et retournant en face, de manière que ^^^les girandoles, se trouvant placées sur les angles rentrants et saillants,

plus de 100^000 écns. — Monseignenr, qui étoî à Meudon, envoya faire un compliment à M. 1<

rormoient plusMurs pyramides de lumières. La nappe de ce ImB tofTe des Indes avec des bordures régolières d'ornement d'or et de Ton voyoit sur le plein do tout des grotesques dont la richesse ëp labordore ainsi que le trayaii. A la hauteur de cette table, 1 moyennes tables de trois pieds de large , chacune en carré , orao de la salle. Il sortoit de chacune de ces tables un oranj^r dont oi pas la caisse. Une petite corbeille dorée et à jour entouroit la tif oranfKer qui sembloit en sortir, et il y avoit dans ces corbeilles dei lits et des caramels qui montoient jusqu'au haut de la tige et Un» feuilles. Sur les quatre coins de cliacune de ces tables étoit une garnie d'une infinité de choses propres h cette collation, et tontes p les unes que les autres. Tous les orangers étoient chargés de fruité et l'on y voyoit une infinité de limons , de citrons et d'oranges, tables avoient aussi de riches indiennes pour nappes. Douie offioi Prince, dispersés pour servir et vêtus en pagodes, étoient astis cune de ces tables. Il y avoit au pied de la grande table du tmll godes jouant des instruments, et dans les deux bouts deuv aoti charmantes. Dans le fond de la salle, vis-à-vis du buffet , étoient t miroirs qui rappelant ce buffet le faisoient parottre dans les deux bot quantité de girandoles du buffet , il y en avoit autour de la salle , posées sur des consoles d'architecture. Quand madame la duchés gogne entra dans cette salle , les pagodes vivantes et les postichec toutes la tète également , comme pour saluer cette princesse, etd instant les douze officiers vêtus en Chinois se levèrent et tirèrent le buffet plusieurs tables avec des couverts et de^ siég(»s où la | les princiiKiles dames de sa suite Tirent œllation. Tout ce qui fut se tables y parut tout à coup comme par enchantement , personne aperçu d'où il venoit,ricn n'a\ant été pris sur les gra<1ins du bufn ques corbeilles du premier gradin. Les douze officiers dont je viei servirent à boire sur quantité de soucoupes. Madame la duchesse de n'entra dans cette salle de la collation qu'entre une et deux heur gneur le duc de Bourgogne, monseigneur le duc d'Anjou et monseig de B4Try étoient aussi masqués ; mais \f onsieur et Madame n'étoie guinés. L'ordre étoit si bon qu'ils n'y furent point pressés, ce qui d'ailmirer et de louer à loisir la magniticence et le bon goût de M. Lorsque les princes et princesses f\irent sortis de ce lieu , l'entrée mise au reste de l'assemblée, qui n'étoit composée que de personn et 11 s'y fit une prodigieuse' distribution de liqueurs , de fruits , de d'oranges et de citrons. Il étoit deux heures quand le bal recomi dura jusi|u'A quatre. Quelque temps après qu'il fut recommencé o du café et du chocolat sur de gramis cabarets appelés handèges a fWIMt deux hommes |HMir en porter une, et ils les portoient sor le Les uns étoient viMus en Turcs, et d'autres repn^entoient d'autres i

FÉVRIER 1700. tft5

^wceqa'il ne viendroit point à son bal. Madame la princewede Gonty n'y vint point non plus; elle demeura avec Monseigneur à Heudon.

Samedi 13, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée se promener à Marly. Monseigneur revint de Heudon. Le toir avant souper, chez madame de Haintenon , madame la duchesse de Bourgogne dansa une entrée de ballet d'une noce de village. Les danseuses avec elle Moient la duchesse de Villeroy, la comtesse d'Ayen, la comtesse d'Estrées, madame de Rafetot, mesdemoi* selle de Melun et de Bournonville ; les danseurs étoient le comte d'Ayen , le duc de Guiche , le comte d'Elstrées,

ft^^feitautreeflla âne grande salle de réserve, remplie de toutes sortes de boissons,

c^ i^Oi o*<ii refusoit à personne. Comme un bal trop continu peut ennuyer, et

VMî rétendue de Tapparteinent ne permettoit pas à M. le Prince un autre spec-

^^de que celui de la collation , il a?oit imaginé sept différentes petites masca-

■^d« qui interrompirent le bal de demi-heure en demi-heure. Tous ces di-

v^vtÎHeiBents étoient si bien concertés et se méloient si naturellement au bal

^^w les Tiolons cliangeoient d*air dès qu'ils voyoient entrer les mascarades

^ûDcertées «t jouoient les airs sur lesquels dévoient danser ceux qui compo-

^Qwt ces mascarades. Après la description que je viens de Taire , il n'est pas

^^^OMiiire de louer la nouveauté , la magnificence et le bon goût de cette Tête,

P'ïi^ull suffit de la décrire pour faire voir qu'on ne saiiroit donner trop

^'^Qges. Elle n'en a pas besoin , et il suffit de nommer le grand prince qui

^*i douée pour persuader ceux qui l'apprendront, après les grandes choses

¥^ a déià faites de cette nature , que ce qu'il vient de faire est nouveau , in-

l^iinisement imaginé et de bon goût. M. Bérain a donné ses soins à tout ce

?■ OQMemoit le spectacle ; on connott son génie pour toutes ces sortes de

cho«s.

« J'ai oublié de parier de quatre masques qui divertirent beaucoup dans ce

M fit cet article ne doit pas être oublié. Ces quatre masques étoient M. le

^^■rtede Toulouse , M. le comte d'Évreux, M. le duc de Guiche et M. le mar-

fM de la Châtre. Ils étoient en liabits semblables , sous de grands et amples

\ de taffetas qui les couvroient depuis la tète jusqu'aux pieds. Leur

i espèce de turban leur enveloppoit toute la tète et tomboit sur le

frt^pdin lu avoient chacun quatre masques de dre qui les représentoient

Imm quatre , et qui leur ressembloient parlaitement , et comme ils tournoient

fcireôifliire à leur gré, et que par conséquent ils changeoient leur véritable

imqnr Jlfl ne pouvoient se reconnottre les uns aux autres, outre qu'ils étoient

Ions quatre de la même taille , qu'on ne leur voyoit |M)int de bras , et qu'ils

«votent la même chaussure. » ( Mercure de février, pages 194 à 213.)

Coétquen, la Vallière et le petit de la Baume ^ fils de Tdi lard. Le roi prit plaisir à cette entrée et veut qu^onla dan» encore au retour de Marly. — On mande de Turin quel cardinal d'Estrées y a passé et y a été reçu àmerveiUed M. de Savoie^ qui ne Ta vu que chez mesdames les dv chesses. On mande aiissi que la comtesse de Yerue ei guérie delà petite vérole. H. de Savoie^ qui depuis long temps a beaucoup d'attachement pour cette dame, k en a donné des marques dans cette occasion et Fa vu tous les joui*s durant sa maladie.

Dimanche ik, à Versailles. — Le roi vouloit s'alles promener l'après-dlnée à Trianon , mais le vilain tem| Ten empêcha; il ne sortit point de tout le jour. Hadan la princesse de Conty donna un grand }>al à madame duchesse de Bourgogne, où personne n'entra qu'a masque et où il y eut un très-bon ordre; on en sop* à trois heures (1). — Madame de Tambonneau la mère mourut à Paris ; elle avoit quatre-vingt-quati^e ans. El étoit demi-sœur de la feue duchesse de Noailles. £lavoit eu un fort gros bien, mais depuis quelque temj elle avoit tout abandonné au président Tambonneau son lils; elle ne s'étoit réservé qu'une |)ension d 8,000 francs.

* La vieille Tambonneau étoit de ces maîtresses bourgeoises i temps passé , qui, à force d'aimer le monde, le subjuguent et attira

(1) « Le 14, il y eut bal chez madame la princesse de Conty douairière. h\ tluence des masques y fut grande. 11 n'y avoit point de lieu destiné pour la « lation, mais elle fut portée par un grand nombred^officicrs, qui en présentoie à toute rassemblée et qui passèrent dans tous les rangs , en sorte que ch cun put à son gré contenter son goût et se rafraîchir. Ainsi malgré la oonfusi de masques, |)ersonne ne manqua des rairalchissemenls nécessaires dans < sortes d'occasions. Ce bal n'étoit point préparé et pouvoit passer |)0ur on il promptu ; mais quoique ce ne fût point une fête et qu'il n'y eAt |K)int de € décorations qui en marquent l'appareil, il ne laissa pas d'être magnifique, I princes et les princesses d'un certain rang trouvant toujours chez eux, presq en un moment , ce que les autres no sauroient préfiaror qu'avec le tcinpa (Mercure t\e février, pages 513 à 7A'*.)

FEViUER 1700. M

même dm elle la bonne compagnie de la cour, et se font un tribunal quela mode autorise. Elle n'appeloit jamais son fils que Michautavec un paifût mépris. Il étoît présent des Comptes et ambassadeur en

SuiMe.

Lmdi ib, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Blarly . Monseigneur courut le loup. Madame la duchesse de Bourgogne alla après souper en masque à la ville chez M. d'Antin, qui a acheté depuis peu Thùtel de Soissons. La maison est grande; on dansoit en plusieurs endroits^ et il y eut une collation magnifique. — La duchesse de Navailles mourut à Paris; elle avoit soixante et quinze ans; elle n'a laissé que des filles, doQtralnée est la duchesse d'Elbeuf^ la douairière. Elle avoit été dame d'honneur de la feue reine.

Mardi 16, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée se promener à Trianon. Le soir il y eut comédie ; monseigneur le duc de Bourgogne y alla avec Monseigneur. Après le souper madame la duchesse de Bourgogne alla en masque chez le roi , et de là au bal chez madame la duchesse du Haine ^ qui étoit encore dans son lit.

Mercredi 17, à Marly. — Le roi partit de Versailles en sortant de son diner et vint ici à la nuit. Monsieur et Madame sont du voyage. — Le soir il n'y eut ni bal ni musique. — Madame de Navailles * est morte fort riche, et par son testament elle donne presque tout ce qu'elle peut donner à la duchesse d'Elbeuf , sa fille aînée.

* Madame de Navailles s'appeloit mademoiselle de Neuillan. Sa mère avoit retiré chez elle en province madame de Maintenon arrivant des flet, et comme elle étoit avare au dernier point, elle s'en servit à garder la clef de Tayoine, à la sasser et à la donner à quatre vieux chel'att qu'elle avoit. Malgré cette avarice , elle la nippa un petit , et madame de Maintenon en a toujours conservé de la reconnoissance . tellement que ce fut elle seule qui put vaincre , non pas entièrement , mais un peu, la haine étrange que le roi avoit conçue contre elle bien des années auparavant , dont la cause est célèbre et fait Thonneur de M. et de madame de Navailles. \\ étoit fort attaché au cardinal Mazarin après avoir été page du cardinal de Richelieu , et -ces deux

premiers ministres le poussèrent Ttin après Tautre, en (*apitaine des chevau-légers du cardinal Masarin, dont il B*ai donna jamais les intérêts dans les temps les plus désespérés dé Sa fi devint capitaine des chevau-légers de la garde et gouverneur i Rochelle et du pays d' Aunis. Il fit donner un brevet de duc à son ('n 1650, qui n'étoit jamais sorti de sa Gascogne , et «a eut pd temps à sa mort la continuation pour lui. .Sa valeur le fit goût4 M. le Prince et le conduisit au bâton.

Lors du mariage du roi, la célèbre maréchale de Guébrîant é morte en arrivant de ses ambassades, allant joindre la cour et prei possession de sa charge de dame d'honneur de la reine , madadM Navailles l'obtint pour de l'argent au cardinal, qui vendoit tout filles d'honneur sout sous la chaire de la dame d'honneur. 11 eut chez la reine qui plurent au roi. Madame de Navailles n'enten pas raillerie, de sorte que le roi n'osoit trop se montrer et s*en com la nuit par une porte de derrière de la chambre des filles dans un où elle ne paroissoitpas ; mais rien n'échappoit à madame delfavai qui parla ferme aux filles et au roi même inutilement , tant qu*ei conseil tenu entre elle et son mari , où Thonneur prévalut au [ grand intérêt, et ne doutant point du précipice qu'ils s'alloient ouvrir, belle nuit le roi, au lieu de porte, ne trouva qu'une muraille. Le vi qui jette feu, Hammes. Il chassa M. et madame de lHavailles, qui \ dirent leurs charges et furent exilés au pays d'Aunis. M. de Ghad eut la charge du mari, et madame de Montausier celle de la fe« Les reines furent outrées , et ce ne fut qu*à la mort de la reine m que le roi ne put lui refuser leur retour. M. de Navailles s'attira \ fois à l'armét' toute la fureur de M. le Prince, qu'il trouva fort peine du cours d'un si petit ruisseau , qu'il fouilletoit inutilement cartes, qui ne le marqu oient point. M. de Navailles lui répondit è trouver sur la sienne, mais c*étoit une mappemonde qu'il apporta qui excita la rxsév do la campagne [ sir. \ et Temportement de M l^ince. Il ne réussit pas mieux auprès de M. Colbert, qui lui ayant les hoimeurs de Sceaux, dont la maison et les jardins passoient a' pour un chef-d'œuvre de Fart et du goût, il n'en put jamais tirer parole que lorsque, arrivés au potager, il s'écria sur la belle chico Il mourut pourtant gouverneur de M. de (Chartres. C'étoit un bn fidèle, valeureux et galant homme, et plein d^honneur et de piété, c l'esprit ne fit pas la fortune. Sa feuune eu avoit beaucoup plus que mais d'ime avarice si sordide qu'on n'ose dire jusqu'où elle s'étew Après sa mort, madame d'KIbeuf et madame de Pompadour, ses fi qui n'avoient pas le péché de leur mère à l'égard du roi , profité fort de la protection de madame de Maintenon. que le souveni leur grand'mêre leur avoit acrquis.

FÉVRIER 1700. t5l»

hudi i8, A MarUf. — Le roi se promena un peu dans ses jardins malgré le vilain temps. Le roi et la reine d'Angleterre vinrent ici sur les sept heures ; ils furent enfermés quelque temps avec le rbi fet puis ils entrèrent ensemble dans le salon. On dansa jusqu'au souper ; il y ent une mascarade de Monseigneur avec madame la princesse de Gonty^ qui fut fort jolie. Les dames de cette mascarade étoient mesdames d'Ëpinoy, de ViUequier et de Chàtillon. Il y avoit plusieurs courtisans masqués aviec Monseigneur. Le sujet de cette mascarade étoit le Grand Seigneur avec les animaux de sa ménagerie. On chantoit des vers que H. le grand prieur avoit été chargé défaire faire. Aprèscette mascarade, le petit Bontemps en fit entrer une des meilleurs danseurs de l'Opéra, qui sor- Menld^un vaisseau et qui dansèrent de très-ijelles en- Mes (1). Après le souper^ le roi et la reine d'Angleterre

(1) « te btl commença à huit heures, et débuta par la mascarade de Mou- ^%Har, qui avoit été imaginée par M. le duc de Chartres. Elle représeutoit le ^^i^Seigiieur daits sa ménagerie. Il étoit porté par des esclaves sur un pa- I^Biluio, et précédé par un grand nombre d'animaux au naturel, c^mme des au- '^Qches, des demoiselles de Nuinidie, des singes , des ours, des perroquets el ^ pijNlIoiis. A leur suite marchoient des olticiers , des esclaves du sérail et '^sultanes, qui tous ensemble avec les animaux dansèrent une entrée fort Ni^tc et nouvelle. M. le marquis d'Antin étoit le Grand Seigneur, et les ol- 'i'^da sérail monseigneur le duc de Bourgogne, M. le duc de Chartres, ^' leeonite de Brionne, M. le grand prieur, M. le prince Camille, M. le inar- ^de la Vallière et quelques autres. Les sultanes étoient madame la printtnede Conty et mesdames d'Épinoy, de ViUequier et de Chàtillon. Les ha- ^ étoient propres et on les avoit faits exprès. Ceux des animaux étoient ^ d'après nature. Les singes, qui étoient de vrais sauteurs, tirent mer- *^tiiki.Aoette mascarade succéda celle de M. Bontemps le fils, qui en a imaginé jMor chaque jour de bal à Marly une nouvelle. Une fête marine en faisoit le #t A Touverturede la porte opposée aux placées <le Leurs Majestés, Ton vit pmttre on vaisseau rempli de matelots , de matelotes et de pêcheurs qui en avec le pilote , et s'avancèrent dans le salon pour e\é(!uter leur dimêlé de musique et de danses. Les sieurs Ballon et Desmoulins dk demoiselle Dofort, de l'Opéra, dansèrent de leur mieux, et les demoi- Varango et Chippe , de la musique du roi , y chantèrent et dansèrent Les pèclieors apportèrent du poisson dans un filet et le présentèrent à Laits Vajest^. Après ces deux fêtes le bal continua. Les dames dansantes

360 JOURJNAL DE DAUGËAU.

retournèrent à Saint-Germain. Messeigneurs lea d d'Anjou et de Berry, qui avoient soupe avec le roi, tournèrent à Versailles.

Vendredi 19, à Marly. — Le roi s'amusa tout le J à voir travailler ses ouvriers. Monseigneur voulut OCM le loup^ et n'en trouva point; il passa la journée & joc Le soir, à huit heures , le bal commença comme le j d^auparavant. On commença par l'entrée des do iigui*es du jeu de cartes, qui réussit & merveillCj le roi y prit tant de plaisir qu'il la fit danser deux fi Il y eut une mascarade de l'invention du petit Bonteo qui fut le jeu d'échecs , où il y eut de fort belles < trées de Ballon et de la petite Dufort. Il y a eu enoor ce voyage ici de Harly une mascarade magnifique charmante de madame la duchesse de Chartres et i dame la Duchesse, avec plusieurs dames et plusieurs oo tisans, qui représentoient tous les personnages de la médie italienne. Cela fut mêlé de beaucoup d'entr agréables, et tout fut exécuté à la perfection. Le bal • suite; mais on ne dansa que jusqu'au souper (1).

éloient en riches habits de masque , luadanie la duchesse de BourgoçK en sultane et dansa, et Van prit beaucoup de plaisir à la voir danser. U finit à dix heures , le souper à onze, et Leurs Majestés Britanniques rd lièrent à Saint-Germain. » {Mercure de février, pages 222 à 226. )

(1) « Le vendredi, le bal commença à huit heures, et débuta par une ei de madame la duchesse de Bourgogne qui fut extrêmement appUudie. £lle composée des quatre rois, des quatre reines et des quatre valets du jeu de a tels qu'il y sont représentés. Monseigneur le duc de Bourgogne, monscig le ducd*Ai^ou,M. le Duc et M. le duc de Villeroy étoient les quatre i madame la duchesse de Iknirgogne , madame la duchesse de SuUy, madM comtesse d'Ayen et madame de Boumonville les quatre reines; M. le pi Camille, le duc de Guiche, le chevalier de Sully et le comte d'Aycs quatre valets. Monseigneur le duc de Berr> et madame la comtesse d*Ei étoient le marchand et la marchande de cartes. L'entrée avoit été réglée | sieur Pécourt , et fut trouvée si galanti*. que le roi la lit recommenoer. à cette mascarade |»arut le divertissement préparé par M. Bontemp«;le étoit le jeu des «H^iecs et les personnages Momus, Cybèle et un hi d*annes, Téchiquier, le roi, la reine , les tours, les chevaliers , les fout ( pions. La musique étoit du sieur Philidor, ordiuaiiv de la musique du

FÉVRIER 1700. Kll

SmnêdiiOj à Verudlleê. — Le roi se promena & Marly jusqu'à cinq heures et puis revint ici. Monseigneur joaa encore Taprès-dinée à Harly et puis revint avec madame la princesse de Gonty . Monsieur^ Madame et madame de Chartres allèrent à Saint-Germain voir LL. MM. BB. avant que de revenir ici. Le soir il devoit y avoir un dÎTertissement chez madame de Maintenons que madame deNoailles avoit fieût préparer pour madame la duchesse de Bourgogne ; le comte de Fiesque avoit soin de k musicpe et des vers ; mais cela ne put être prêt. — Le roi a nommé deux cents chevaliers de Saint-Louis pinni lesquels sont tous les officiers généraux qui n^avoient point encore cet ordre, et le roi a réglé qu'on n'y çntreroit point que Ton n'eût trente ans de service ou que Ton ne fût estropié. Le roi les doit recevoir lundi.

Dimanche 21, à Versailles. — I^ roi ne sortit point de tort le jour. Il avoit eu les derniers jours de Marly quelques petites incommodités qui ne Tempêchoient point de se promener et qui n'ont eu. Dieu merci, aucune suite. Usoir, sur les sept heures, monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne dansèrent chez madame de Maintenon la noce de village qu'ils y «voient déjà dansée il y a huit jours. Le roi, Monseigneur, Monsieur, Madame et toutes les princesses y étoient. Ma-

f> tfoit (lit celle de tous les divertissementâ précédent». Les entrées furent '^Mes pur les siears Ballon et Desmoulins et la demoiselle Dufort. Les ha- ^ éloint conformes aux caractères. Le sujet de la troisième mascarade ^«e Vénitienne composée de tons les personnages du théâtre italien , d'un SonMoudie, d'un Polichinelle , d'un Arlequin, d'un Briguelle, d'un Docteur, ^ Piataloii, d*nn Capitan, d'un Amoureux et d'un Pierrot et de leurs fc*Bes habillées do même goût avec de^ habits fort propres dans leur genre ^ Uts exprès. Les acteurs étoient les personnes les plus qualifiées de la cour, ^rv et de l'autre sexe. Mademoiselle Chappe chanta une chanson italienne ^Ventrée de ballet, en habit d'arlequine. Monseigneur et madame la prin- **■* ^ C«ty ne se masquèrent point. Sur la fin du bal, il y eut encore une ■****'«^ He quatre moulins à vent. L'on se mit à table à dix heures et ■■ V»ft. » [Mercure de février, pages 9Mk9.3\.)

26S JOURNàL DK DANGËAU.

dame de Maintenon se trouva mal et n^entra poioi dai le lieu où Ton dansoit. Après souper^ madame ûdocbai de Bourgogne alla en masque chez le rm et puis au b chez madame la duohease du Maine (1). — Le roi mgi le matin le contrat de mariage de H. Botsuet^ n«T< de H. Tévèque de Meaux^ avec mademoiselle de la Brifl iille du procureur général du parlement ^ à qui donne 50^000 écus en mariage ; le garçon a 500,000 firra de bien. — M. Howard, oncle du duc de Norfolk, < venu de Londres ; il est catholique et a son fils ici dm lesu^ousquetairesdu roi. S. M. a donné de Fargentao pè pour payer son voyage et a doublé la pension du fik à qui il donnoit 100 pistoles. Il a été nourri page du m Lundi 32, à Ver miles. — Le roi, après son prié Dîh H lia chez madame de liaintenon . Il y retourna encore apiM le conseil ; elle avoit mal j>as8éla nuit , et raprès-dlni( la fièvi*e la quitta. Le roi alla à la chasse et en revîi de fort bonne heure. Le soir après souper il y eut bal e masque dans le grand appartement du roi, qui dura jw qu^à trois heures du matin. Le \xÀ en sortit à une heun Madame la duchesse de Bourgogne dansa une entrée a magicienne qu^elle avoit dansée à Harly (2). — Madan de Montespan achète la terre de Oiron de ceux av€ qui M. de la Feuillade en avoit traité ; elle donne 50,00 é<*us d'argent comptani et elle payera le reste par annt sur la pension de 1^000 pisloles par mois que le roi h

n ) « Le tt i , il y eut un bal chez madanie la duchesse du Maine. Il dura d puis onze lienres et demie jusqu'à trois. Il y avoit grand nombre de roMi|M Lorsque madame la duchesse de Bourgogne fut arriva, M. de MateÉb smis rhabit de Saturne , à la tête de plusieurs des plus considérableft é diTÎniti^s , vint réciter quelques vers h madame la dnchesse de Boargop faits à la louange de (^ette prim'ess«\ La collation fut servie sur on nm nombre di» corbeilles. C«»tte princesse a <lonné \ingt fols de |iareils II depuis Touverturedu caniaval. »> {.Verrwrede lévrier, images ?3I et 23).)

(?) •« Il y eut une mascarade extraordinaire d'une fontaine et de six tiillés ctumne ceux du partern' de Versailles. - ' Mercurr de |Mg«» ?7î». »

rtVRlER 1709. S«s

dwie. lUe oompfte de lûre e& oe lien-là quelque éte-

UflKment de ebariié, et substttae le reste da revenu

àBh tme et do château aux enfants de H. d'Antin.

Airoo est nn des plus beaux chÀteanx de France, et feu

Page 1