‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 3 sur 31 · V . de la FeuiUade Tavoit encore fort embelli · texte numérisé non relu

V . de la FeuiUade Tavoit encore fort embelli

Mardi gras 23, à Versailles. — Le roi ailaTaprès-dlnée •^ promener à Marly. Monseigneur courut le loup. Le 9tHi il y eut un grand bal chez lui, où Ton n'entroit qu'en nasque et en se nommant; il dura jusqu^à une heure ^ et puis monseigneur le duc et madame la duchesse de Boiirgogne allèrent chez madame du Maine (1) et ensuite cA&es M. le Grand , à la grande écurie , où le bal ne finit fim'à cinq heures. Madame la duchesse de Bourgogne , a-vaat que de se oouchei*, alla prendre des Cendres^ déjeuna avec les dames qui avoient été de sa mascarade et M^ftsnite alla chez madame de Maintenon, qui se porte lENaanooup mieux. Elle la vit partir pour Saint Cyr ; il étoit plutdesept heuresqoand elle se coucha. — Le marquis de V^lençay nKwrut à Reirispour s'être trop échauffé à une ^iiane de loup que fit Monseigneur ces jours passés ; il ^ un frère qui est présentement à Malte et qui n'a {>as Gifles veaux, et qui sera son héritier, car il n'étoit pas BMiié.

Ktreredi 24, à YerscUlles — Le roi vouloit aller IV près-dlnée à la volerie , mais le vilain temps l'en empêcha; il demeura chez lui jusqu'à cinq heures et puis 1 ^k chez madame de Maintenon à son ordinaire. Moiisei- 1 S^eur, après le conseil, alla A Meudon. où il demeurera ^1 i^Kqu'à dimanche; il n'y a j)oinl mené de dames ce ^1 ^^ ici. Monseigneur le duc et madame la duchesse

(t) * Gomine la cliambre de cette princesse n'est pas grande, et qui* son lit. ^ de M sort point, en occupe une bonne |)artie, la confusion y fut ex- ^>^ piRC qu'à k sortie du liai de Monseigneur beaucoup de masques y ^•'«wA. - {Mercure de f^'vrier, imge ?m. ) La durliesse du Maine rrstait "»»ffc^ parrr qu'elle ptail dans le iieuviriiic mois de sa grova»sse. el rela ne '^^kùl pas r|« «loaner \ingt bah dans sa rbainbrr pendant le rarnaval.

de Bourgogne allèrent ensemble sur les trois heura promener à la Ménagerie^ et au retour monseignean duc de Bourgogne joua chez lui au brelan. — Le roî ces jours passés au comte de Zinzendorf qu'on travail fort à rompre les piles du pont de Brîsach , et qui commandant de la place avoit ordre de se tenir pv en sortir incessamment ayec sa garnison pour la reme entre les mains des Impériaux ; cela fait , le traité Ryswick sera exécuté dans toutes ses parties de m part.

Jmdi â5, à Versailles. — Le roi alla tirer. Honseign s(> promena tout le jour à Heudon dans ses jardins et | joua le soir au brelan. Monseigneur le duc de Bourgo se promena dans le parc à pied et lit plus de trois lieu ce qui lui arrive fort souvent ; il revint de sa promea lK>ur le salut. — Les derniers jours du carnaval à Pfe le duc d'Estrées, qui n a que dix-huit ans, donna un chez un marchand où il y eut beaucoup d^épées tirée de désordre. Le roi a fait faire des réprimandes à oe< |ïar sa famille et lui en a fait lui-même^ et a témoi| dans tout cela beaucoup de Itontés et de considérai pour le cardinal d'Estrées et pour la maison d'Estrées. M. If» priiuv de Soul)ise achète de M. le Prince Vh de iinis*» à Paris: on ne sait pinnl encore les conditii On cixmI que le roi donne quelque chose à M. de Soûl jHMir lui aidera fairt* une si belfe acquisition. L'hùte (•uÏM' est à madame la Princesse et à madame la duch «le Hanovre , si scinir, (pii a laiî^ê tout {Kmvoir à M IVince de veniln* cette maison.

Venflrftli iti. à Versaillrs. — l^* ixn alla rapr{»Srd] M' pivmener à Maily. Mon>oiirneur donna à Meu à dincr à madame la prinoessi* de Conty et à beauc de dames qu'elle y mena. Monsieur y alla passer Tap dhiiV. MonstMcneur le duc de Bourirotrne lit une Ion pivmen.ule à piinl et puis rtn int jouer chez lui. — L*a LaviKat mourut à Paris: il avoit été aumûniei* du rc

«voit 4 ou 500,000 francs de bien. Mesdames de Pomponne et de Yins^ ses sœurs, hériteront de quelque diose. 11 avoit marié une nièce à M. Bignon , l'intendant des finances, à qui il avoit fait de grands avantages. Il avoit 8,000 livres de rente en prieurés , dont le plus considénbleest à la nomination de H. rarchevèque de Rouen. ^ On mande de Pologne que Télecteur de Brandebom*g t évacué la ville d'Elbing et qu'on lui a donné toutes les sAretés nécessaires pour le payement des 900,000 francs qui loi étoient dus. Le cardinal primat presse fort S. M. Monoise de revenir dansjses États; mais il paroit qu'elle ne s'ennuie pas en Saxe.

Samedi ^1, à Versailles. — Le roi devoit aller tirer et delà à la volerie, maisf le vilain temps Tempècha de Tun et de Fautre. Monseigneur courut le loup ; monseigneur kdncde Bourgogne alla d'ici courre avec lui et demeura ensuite à souper à Heudon . — Le roi a permis à M. le chevalier de Luxembourg d'acheter le régiment de Piémont, que vend le duc de Ch&tillon , son frère, et lui a permis aussi de vendre le régiment de Provence, dont il étoit colonel. M. de Nouant le fils a traité avec lui de ce régiment, et lui en donne 54',000 francs. On croit *|ne le roi l'agréera, car il y a déjà quelques années qu'il est dans le service. — On a des lettres de Rome du 8 qui portent que la santé du pape se rétablit; il a tenu coniâstoire où il a parlé même assez longtemps. 11 donne ses audiences comme il faisoit avant sa maladie. — L am- IwHsadeur de l'empereur qui relève le comte Martinitz est arrivé à Rome il y a déjà quelques mois.

IHmanehe 28, à Versailles. — Le roi entendit le sermon et alla au salut, et ne sortit point de toute la journée. Monseigneur revint ici de Heudon pour le conseil et y retourna dîner; il y demeure un jour plus qu'il n'avoit projeté. — Le roi a donné l'agrément à M. de Nonant pourlei'égiment de Provence. — Madame la duchesse de Bourgogne lit ses dévotions aux Récollets. — On tra-

*iM JOURNAL DE DABIGEAU.

vaille à un édit qui paroitra au premier jour pour t réforme des étoffes dW et d'argent dont on diminue I magnificence^ qui étoit excessive. On défend les donm dans les maisons et aux carrosses^ et For etVargent poc les livrées ; on prétend qu'il y avoit à cela une conson mation de Tespèce pour quatre ou cinq millions par ai — Sainte-Maure achète deux terres de la maison m Bourdeille qui s'appellent Archiac et la Tour^lanclbi ces terres lui coûteront près de 100^000 écus. il em déjà fait porter 50,000 écus aux consignations, de Ym gent qu'il a gagné au jeu ; ces terres relèvent de M. Marsan, et ils ont quelque démêlé ensemble qui len fort brouillés.

Limdi 1*' mars, à Versaill^. — Le roi alla Taprj dinée se promener à Marly. Monseigneur revint ici c Meudon, et le soir il y eut comédie; monseigneur le du de Bom^gogne y suivit Monseigneur son père. MonsiaB. alla à Paris, où il sera quelques jours; Madame est de n)eurée ici. — Les dernières lettres de Madrid ne pc^ tent rien de bon de la santé du roi d'Espagne; mais elh a été si souvent désespérée qu'on ne désespère plus pr6 sentement.

Mardi 2, ô Versailles, — Le roi alla tirer et ensuite j la volerie. Monseigneur alla à Paris à la foire et y me» madame la duchesse de Bourgogne (1). Monseigneur 1 duc de Bourgogne y alla aussi ; mais il n'y demeuii guère et alla à l'opéra. Monseigneur et madame la du chesse de Bourgogne revinrent ici. — Comme il a pan

(1) (( Au commencement de ce mois. Monseigneur, monseigneur le àaci Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne vinrent à la foire de Sain Germain et entrèrent dans les plus belles boutiques, où ils jouèrent 1 <le choses. Monseigneur et iiuidame la duchesse de Bourgogne allèreni < voir les danseurs de conle, qui font cette année des choses prodigieuses. Ma seign(Mir 1»* duc de Bourgogne ne les a<roin|>agna |M)int et alla voir Popfi dM///5. Madame la duchesse d<' Bourgogne lif de grandes libéralités an IMUvres de cette ville. - ( Mervurf de uiars, jiages o^:» et "2^. )

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