‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 4 sur 31 · MARS I7M. W · texte numérisé non relu

MARS I7M. W

^ k roi étoit mécontent de la oour de Rome^ qui n'a pas voulu que le cardinal Deliini prit audience de congé ëes princes du sang, on doutoit que S. M. voulût préaentement recevoir un nonce en France; cependant S. M., qui a toujours de grands égards pour le Saint Père^ trouve bon qu^U vienne ici un nonce. La cour de Rome a nommé cinq prélats pour cet emploi, afin que le roi choiasse celui qui sera le plus agréable à S. M. fille a bit dire au pape par H. de Monaco, notre ambassadeur, que, des cinq prélats nommés, celui qui lui seroit le plus agréable pour remplir la nonciature étoit M. Gualtiero, qui est présentement vice-légat à Avignon.

Mercredi 3, à Marly. — Le roi entendit le sermon à Versailles avant que de venir ici. Monseigneur alla à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre et trriva ici de bonne heure. Le soir il y eut chez madame de Maintenon une petite loterie de bijoux que le rei donnoit pour madame la duchesse de Bourgogne et |K>ur ses dames. Monsieur n'est pas du voyage ; il est demeuré à Paris; Madame est ici. Le roi y a donné un logement à madame de Prau^mtal, qui n y étoit jamais venue, et même madame la duchesse de Bourgogne Ta ^enée dans son carrosse. M. le chevalier de Tessé est de ce voyage pour la première fois aussi. — Madame la duchesse du Maine, qui est à la fin du neuvième mois de git)ssesse, commence à sentir des douleurs, et on croit qu'elle accouchera cette nuit.

Jeudi k , à Marly. — Le roi, à son réveil, apprit que Daadamela duchesse du Maine étoit accouchée d'un fils, 4^'on appellera le prince de Douibes; ils ont déjà eu un fils et deux filles, mais qui sont morts tous trois. Le roi envoya M. le Premier faire compliment à l'accouchée et àinadame la Princesse, qui est à Versailles, et les fera ici 4M. le Prince et à M. du Maine — Le roi se promena *out le matin et toute raprès-dlnc(^, sur les hauteurs de llariyjoù il l'ail toujours travailler ; il a envoyé d'Ecque-

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villy prendre les cerfs qui sont dans le parc de Limo pour les mettre ici dans le petit parc qu'il y fait faû et M. le Prince fera prendre aussi les daims qui sont ;

Chantilly pour les mettre aussi dans ce nouveau parc.

Le soir, chez madame de Haintenon y il y eut une petk^ t

loterie de bijoux pour madame la dudbesse de Bon 3?

gogne et pour les dames du palais , comme le jour d^i^^i: paravant. Monseigneur et monseigneur le duc de Bouis.1 gogne jouèrent tout le jour et le soir allèrent ensemkz^l À la musique, à leur ordinaire.

Vendredi 5, à Marly. — Le roi fut quelque temps ^x. fermé avec le P. de la Chaise; ensuite il alla voir fcs*a vailler ses ouvriers. L'après-dlnée il alla jusqu'à Noi^ et ordonna plusieurs embellissements pour le nouvel» parc qu'il fait faire. Monseigneur et monseigneur le d^ci de Bourgogne vouloient courre le loup, mais il ne s''^^ trouva point; Monseigneur, sur les cinq heures, donn»* diner aux courtisans qui dévoient le suivre à la chas^Bi^ — Il arriva un courrier du marquis d'Harcourt, parti ^3 Madrid du 25 du mois passé. Cet ambassadeur mande S. M. que le roi d'Espagne est retombé dans ses graui^^ maux , qu'il enfle considérablement et qu'on craint fc^t qu'il ne puisse pas résister à cette dernière attaque. Tai:*-^ rette cour-là esttellement brouillée qu'on nesauroit di ^ reux qui ont le plus d'autorité; le crédit de la reine p^ roît le plus fort, mais il y a peu de grands dans ses intér^ *

Samedi 6, à Versailles. — Le roi alla voir le matin ^^ ouvriei's, et Taprès-dinée il se promena dans ses jard» ' jusqu'à cinq heures. Ensuite il partit de Marly pour ^*^ venir ici , ayant dans son carrosse monseigneur le A " de Bourgogne , madame là duchesse de Bourgogne, nc^^ dame de Maintenon, la duchesse du Lude et madame ^^ Dangeau. Monseigneur et monseigneur le duc de Bot^^ gogne coururent le loup le matin et revinrent à MaC^'î' au dîner du roi. Ils passèrent l'après-dlnée à jouer -^'^ brelan, et Monseigneur y joua encore ici chez madame ^^

iuriDceflBe de Conty. Le roi en arrivant ici descendit chez moidame la duchesse du Maine , et au sortir de chez nr^^^iwMi du Kaine^ monseigneur le duc de Bourgogne et lEaadame la duchesse de Bourgogne^ qui y avoient suivi I^ roi , allèrent voir la duchesse de Guiche accouchée depuis peu de temps.

Dimanche 7, à Versailles. — Le roi entendit le sermon, evm suite alla se promener à Trianon. Monseigneur joua le s*>îrchez madame la princesse de Conty. Monseigneur le âuc de Bourgogne alla au salut et puis joua chez lui. — *•- de Briorde eut ordre de partir dans deux jours E^Ciup l'ambassade de HoUande. — Il arriva un courrier ^« M. de Tallard qu'on doit renvoyer incessamment; on ne ^oute pas qu'il n'ait apporté la nouvelle de la signature ^u traité que nous faisons avec le roi d'Angleterre sur *^ succession du roi d'Espagne, qui sera partagée par là ^ ïître Monseigneur et l'archiduc, second lUs de Tempereur . ^ traité affermira la paix de l'Europe , et on espère que ''empereur y consentira et le signera d'autant plus que * on cède à l'archiduc Tenclos des Espagnes, les Indes, 1^ Flandre, Majorque et Hinorque. Monseigneur, à ce ^ii*on croit , aiu'a les royaumes de Naples et de Sicile ; ^tt Espagne, le Passage, Fontarabie et Saint-Sébastien , ^n un mot tout le Guipuzcoa. La Lorraine sera réunie à '^ France; on donnera à M. de Lorraine le duché de Milan. On laisse encore à Monseigneur en Italie le marquisat de Finale et les places de Toscane, qui est ce qu'on appelle stato deipresidei.

Lundi 8, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée. Monseigneur, monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent ensemble dîner à Paris chez Monsieur, et puis ils passèrent l'aprèsiiûée à aller chez tous les curieux, où ils achetèrent l>eaucoup de choses (1). — On mande de Rome que le

(0 « lU allèrent tout etutemble l*après-dlnée diez le sieur François, iniroi-

pape est considérablement mieux ; sa sahté ne rafferuii tons les jours. Le cardinal Palaricini est mort; il étbi regardé comme un sujet très-papable, et le pape mèia> dans le dernier consistoire, lui avoit fait quelques pli santeries là-dessus qui Tavoient fort mortifié.

Mardi 9, à V&rsailles. — Le roi alla Taprès-dinée promener àMarly. Monseigneur alla, dîner à Meudon en revint de bonne heure pour être à la comédie; me seigneur le duc de Bourgogne alla avec lui à la coméd Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener à Ménagerie. — Le roi donna 2,000 francs de pensioi M. le chevalier de Villars, capitaine des vaisseaux. B dame de Villars, sa mère, tomba en apoplexie à Paris. 1^ comte de la Bourlie, colonel du régiment de N mandie, a permission de vendre son régiment; il ej traité à 83,000 francs avec le comte d'Esterre, frère marquis de Robecque ; et le comte d'Esterre est allé Flandre pour vendre des effets qu'il a en ce pays-là, ai de pouvoir payer, parce que la Bourlie veut de Targe comptant.

Mercredi 10, à Versailles. — Le roi entendit le senne et puis alla se promener à Trianon, où il se fait accoii moder un appartement nouveau du c^té où étoit la sal des comédies. Monseigneur et monseignem* le duc ( Bourgogne coururent le loup et firent une chasse k rude; au retour ils soupèrent chez madame la princes de Conty, et Monseigneur y joua au brelan. Madame

tier, nie du Roule, où ih virent un miroir des plus grands et des pli» tid qu'on ait encore vus. Us allèrent ensuite chez madame Lebrun, rue de la Vlei Monnoie, ou ils virent Iteauooup dVtofles et de bijoux. (Is y jouèrent unebi pièce dVtofTe estimëe cent pistoles; elle fut n^née. par M. le marquis d'Ui On alla, au sortir de chez madame Lebrun, chez, le sieur Dautel. Monjieig^ y acheta deux girandoles, et madame la duchesse de Bourgogne un cabt et plusieurs porcelaines. Ils allèrent après chez le sieur Danet, rue Danphfa pour voir deux lustres, dont le plus considérable est estimé cinquante m livres. » ( ^ermrf de mars, paf^ss 264 à S&6. )

MABS 1700. 971

dicheBsedeBDiugogûe^ après lesermon^ alla se promener.

-^Madime de Maulevrier la mère mourut à Paris; elle

*Wt reave de M. de Maulevrier^ chevalier de l'Ordre ;

eile laisse trois fils» qui sont le marquis de Maulevrier^ qui

& épousé la fille du comte de Tessé, Tabbé de Maulevrier

«*le chevalier de Maulevrier, colonel d'infanterie, et

^^^ fille mariée au comte de Médavy-Grancey. Elle a

«acoreune autre fille à marier; madame de Maulevrier

étoit fiUe de M. de Serrant et sœur de madame de Vau-

**^^. M. de Serrant, qui vitencore, laissera un bien très-

^nsidérable ; il avoit été chancelier de Monsieur et depuis

'^lïgtemps il est retiré dans ses terres en Anjou.

^eudi 11, à Versailles. — Le roi dîna de meilleure '^^ure qu'à son ordinaire et alla tirer. En revenant de la chasse il passa à Trianon, où il donna quelques ordres pour son appartement nouveau. Monseigneur alla se P'^mener à la Ménagerie ; madame la duchesse de Bourgogne y arriva un peu après lui. — Madame la duchesse ^ Bourgogne va présentement presque tous les soirs ^rès souper dans le cabinet du roi , et les dames du Palais y entrent avec elle. Monseigneur, monseigneur le duc de Bourgogne, Monsieur, les enfants du roi, les prinoesses ses filles et les princes leurs maris y sont comme ^ leur ordinaire ; mais les autres princesses ni Madame niême n'y entrent point. — Le roi a donné au marquis du Rivau le père 4,000 francs de pension par pure <iWité, parceque c'est un homme de qualité fort pauvre. yendredi 12, à Versailles. — Le roi entendit l'après- ^éele sermon et puis s'alla promener à Trianon, où il changea encore quelque chose à son appartement. — Quand la dame d'honneur ni la dame d'atours ne sont point avec madame la duchesse de Bourgogne au sermon, '« roi a réglé qu'une des dames du palais se mit en leur place, afin qu'il y eût toujours une dame derrière elle. "^ M. le doc deChevreuse a vendu l'hôtel de Chaulnes, •^ la place Royale A Paris, 1^1^6,000 francs au chevalier

r Archer, oncle de Villacerf. — M. le duc d'Elbeuf a mandé permission au roi de «éparer le gouvernement ^B pays d'Artois du gouvernement de Picardie^ auquel il jaiÂf joint, et en même temps il demande la permission de le vendre; il a dit au roi qu'on lui en ofFroit 100,000-éciiy.

Samedi 13 , à Versailles. — Le roi alla se promener l'après-dlnée àMarly. Monseigneur et monseigneur le doc de Bourgogne coururent le loup. Au retour Honseigneiir soupa chez madame la princesse de Conty. — M. le chan* celier achète l'hôtel d'Estrées à Paris ; il en donne 350,000 francs; mais il y a encore quelque difficulté sur la sûreté du payement qui empêche la conclusion de l'affaire. — Les dernières lettres de Rome du 26 portent que la santé du pape est entièrement rétablie ; il a nommé à la noncîaluriî de France M. Gualtiero, qui est présentement vicelégat à Avignon. — Madame la duchesse de Bourgogne fait une loterie de 20,000 pistoles; on recevra tout l'argent dans son grand cabinet, où il y aura quatre bureaux ; on en prendra 2,000 pistoles pour les pauvres de Versailles, et le roi veut l)ien se donner la peine de la voir tirer chez madame la duchesse de Bourgogne (1).

Dimanche ihyà Versailles. — Le roi entendit le sermon et puis alla à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre. Monseigneur joua le soir chez madame la princesse de Conty, comme il a fait toute cette semaine. Madame la duchesse de Bom*gogne, après le sermon, retourna dans sa chambre et puis alla au salut ; elle s'amusa le reste de la journée à donner des ordres pour sa loterie.

(1) A Madame la<Iudies8e de lk)iirgogne, voyant que les pauvres ont betucoup profité des grandes loteries qui se sont faites en France et en d'autres ttats, résolut d'en faire une de vingt raille louis d'or en faveur des pauvres <1e Versailles , dont ils dévoient avoir le dixième ; mais les deux personnes qui avoient été nommées pour en recevoir l'argent se sont trouvées si accablées de («ux qui en ont apporté qu'on a été obligé de joindre encore deux receveurs aux deux premiers, et mémo d'augmenter U* fond de la loterie de mille louis. >» ( Mercure de mars, |»age 277.)

BfARS 1700. 273

-- Le roi a accordé un privilège à un gentilhomme pro- L Tençal de la maison de Boyers-Bandols qui prétend avoir 1 teouvé le mouvement perpétuel , et il fait travailler ac- 1 tnellement à une pendule dont il fera présent au roi et ] qo^ilne faudra jamais monter. — Le roi vit le soir chez madame de Haintenon un jeune Italien qui arrache les dents avec une adresse merveilleuse et sans presque faire aucun mal ; le roi lui a accordé un privilège pour exercer WQ métier dans Paris et lui a fait donner 50 pistoles. bmdi 15, à Versailles. — Le roi prit médecine et tint F ONSseil Taprès-dinée. Monseigneur alla diner à Meudon^ ' H le soir, à son retour, il joua chez madame la princesse de Conty . Madame la duchesse de Bourgogne alla Taprèsdfnëe à Paris aux grandes Carmélites (1) ; madame de Haintenon étoit avec elle. — I^ roi n'a pas voulu que le Juc d'Elbeuf vendit le gouvernement d'Artois , et S. M. loi a fait donner 80,000 francs, qui lui seront payés dans le conrs de cette année. — On i\ nouvelles par les ministres étrangers queM .deFeriol, notre ambassadeur à ConslaotiDople, n'a point eu son audience du Grand Seigneur, parce qu'il prétendoit marcher à cette audience l-épée au o6té ; le Grand Seigneur ne l'a pas voulu. Sa Hautesse a renvoyé les présents, et Feriol a renvoyé les vestes. Feriol soaiientqueM. de Castanière, notre ambassadeurà la Porte avant lui, avoit son épée au coteaux audiences qu'on lui donnoit (2).

Jfardîl6,à Versailles — Le roi alla l'après-dlnée s^» promènera Trianon. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup et le soir allèrent à la comédie ; messeigneurs les duos d'Anjou et de Berry y

(I) « Le tromème voyage que tnadaine la duchesse de Roiii-gogne a fait oi> noisHâ à Paris, n'a été que pour aller voir luadamr de la Vallière aux Car- ■lâMes. » (Mercure de mars, page 356. )

(î) Voir kn détail* de cet incident dans \o Mercnrr de juillet , pages H:i à 93.

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all^reni aussi. Madame la duchesse de Bourgogne n'y i point été depuis lecarèiue. — Le roi donna à M. le Pk* mier Ta^rément du régiment de Souvré pour le marquii de Beringhen , son fils ; c^est le premier des régiments dei gentilshommes, et il n'en paye que 22^500 francs, quiesl le prix à quoi sont fixés les rcKÎments de cavalerie qui ne sont point royaux. — On apprend de Pologne que le ^ néralFlemniing, avec des troupes du roi son maître, mû {K)urtant comme au noni du roi de Danemark , avoit ai' tacfué et pris en Livonie le fort de Riga sur la Dwina, i une lieue de la ville de Riga, et qu'on croit même qu'il va attaquer présentement. Il a dans ses trou[)es un Livonien nommé Patkul, fort mécontent du roi de Suède, qui prétend avoir assez de crédit pour faire révolter la plus grande partie delaLivonie. 11 est colonel dans les troupes que commande Flemming.

Mercredi 17, à MarUj, — Le roi partit de Versailles après le sermon et vint ici, où il se promena jusqu'à la nuit. Monseigneur alla le matin de Versailles courre le loup î\ Saint-Germain; monseigneur le duc de Bourgogne éioit avec lui. Us revinrent de bonne heun^ ici, et Monseigneur donna à souj^er. \\ s\\ heures, A tous ceux qui avoient en l'honneur (le lesuivreà lâchasse. Madamela duchesse de Bourgogne, après le sermon, alla à Saint-Cyr, où madame de Maintenon étoit dès Ir matin, et elle la ramena ici. -^ M. l'évèque (U» Metz présenta au roi la liste des ppédi- C4iteurs, afin que S. M. choisisse; ceux qui prêcheront IV vent et le carême prochain. Le roi a nommé pour l'avent le P. Maure, (|ui n'a jamais prêché ici, mais qui estei grande réputation, el pour le carême le P. Massillon, qui pi'ècha ici Tavr^nt dernier. (les deux prédicateurs sont Pères de l'Oratoire; on choisit toujours les prédicateurs en ce temps-<'i afin ([u'ils aient le loisir de ti*availler à leurs sermons.

Jetkdi 18, à Marly, — l^e roi se promena tout le matin et toute l'après-dinée dans les hauts de Marly, où il fait tw-

liilff . Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne leiortîrent point de tout le jour. — M. de Noirmousiier iveiigle* épouse madeinoLselle de Chevry, qui a 200,000 nmesd^argent comptant et qui aura encore i 00^000 écus pèsia mort de son père et de sa mère ; c'est un mariage pu l'est fait par inclination. — Monsieur et madame sont le ce voyage ici. Madame de SaintrGéran y est , qui n'y toitpoint venue depuis son retour à la cour. M. de Sessac rert. Monsieur a demandé pour lui; il y avoit longtemps p^il n'y étoit venu, et Chamarande y est pour la prefiiste fois. — On a nouvelle que nos cardinaux sont arwésà Gènes et se sont rembarques par un bon vent; on bcrwt présentement à Rome.

*M.de Noirmoustier, cadf't de la mab^on de la Trémoiiie, étoit (ils kM. de Noirmoiistier,' si avant dans le parti des frondeurs dans la minorée Louis XIV, et qui, à force d'esprit, de souplesses et d^ntrigues, Mitui brevet de duc en 1650, et mourut en 1666. Sa mère étoit fille l^iiMiinarcliaîs, trésorier de Tépargue, et sa femme d'Aubery, prêtai flo la chambre des comptes. Il laissa deux fils et deux filles dont Bitm[<frJ furent tous considérables (1). L'aîné, dont il s'agit ici, ^ un des hommes de son temps le plus beau et le mieux fait , dve<* ^ifefloup dVsprit , mais orné , ap;réable , gai , solide et fait égale- Kit pour le monde K pour les affaires. Il arri?a donc avec ces talents, ii le firent briller et rechercher par la meilleure compagnie de la ^; nais la petite vérole qui le prit allant joindre la cour à Cham- <Miift qui lui creva les deux yeux, arrêtèrent [sic] h dix-huit ans , dés liieoinniencement, une vie qui promettoit tant. Le désespoir qu'il en 1^ l'enferma plusieurs années sans vouloir presque être vu de ^wm»^ Hiarmant si's ennuis par une continuelle lecture, et laiie rien n eu dissipoit son esprit, il n'oublia jamais rien, et sans le Mhir y se forma à tout. Le peu d'amis qu'il s'étoit réservé et qui, » le charme de sa conversation, lui étoient demeurés fidèles, le forifCM à la fin de nvre dans un cercle un peu plus étendu , et de ■ârautreil devint le rende/.'Vous de la compagnie la plus choisie Mnrent la plus élevée. Tout est mode. H devint du bon air d'être ki$ ehez hii. I^ médiocre état de ses affaires lui fit ('pou.seren 1688

I) Le dur de ^foinnoufttier eut neuf enfant», r.in<| fiK et «luatn^ lill«*s , qui

la fille de la Grange-Trianon , président aux requêtes , veuve de B luond , conseiller au parlement ; et puis veuf sans en£uits au bould' an. 11 demeura ainsi jusqu'en 1700, qu'il se remaria à la fille de Do de Chevry, président eu la chambre des comptes , par amour ré proque d'esprit. La fameuse princesse des Ursins^sasœur, longleai mécontente de ces mariages , fut obligée enfin d*avoîr recours à s conseils , à son industrie , à. ses amis , et le fit entrer en beaucoup ( clioses importantes, qui le firent faire duc vérifié, et son frère eanÛu Depuis leur mort , moins occupé d'affaires, il s'est toujours amusé d celles du monde et de S4>s amis , et sa maison a été un réduit, un on seil , un tribunal qui s'est toujours soutenu en considération distingaë par celle de tous les gens principaux qui se sont fait honneur d*7 Al admis.

Vendredi 19, à Marly. — Le roi se promena longtemp en calèche dans des endroits où il n^avoit jamais été i où il va faire travailler; Monseigneur fut assez longtemp à la promenade avec lui. Mademoiselle de Condé est dan gereusement malade, et on Fa transportée de Versailles J Paris. — On a des nouvelles de Rome ; la santé du pap est entièrement rétablie, et il travaille à toutes les afEure comme auparavant sa maladie. — On mande de UsbonW que le tribunal à Mesa da Consciencia a jugé l'affaire da marquis d'Aronchès, frère du marquis de Moy, qui est ici, et Ta entièrement justilir du meurtre dont on Tavoit accusé pendant (|u*il ètoit ambassadeur à Vienne. — Le roi a résohi d'envoyer au roi de Pologne, et c'est M. duHéron qu'on a choisi pour cet emploi ; il étoit envoyé du roi à WolfenbatteL Le roi, comme garant du traité d'01iva,ptf lequel la Livonie. a été cédée aux Suédois, veut prendre connoissance des infractions qui se font lï ce traité et era* ployer sa médiation pour mettre lin <\ une guerre qui ne fait que commencer.

Samedi 20, à Versailles» — Le roi revint ici sur les sept heures et ramena dans son carrosse monseigneur leducel madame la duchesse de Bourgogne. Monseigneur partit à midi de Marly pour aller àMeudon, où il demeurera jusqu'à mercredi. Il n'y a i)oinf de dames avec lui. Il y 8

DienélecointedeQiiintin,quin'yavoit jamaisété. — On a dMlettres deHadrid du 8 ; le roi d'Espagne s'est levé ; mais il est si foible qu'on ne croit pas qu'il puisse résister à la fRmière attaque. — Le marché de l'hôtel de Guise est léglé. M. de Soubise l'achète de H. le Prince 350,000 litres, et n'en veut quasi rien revendre. — On mande de Soède qu'on parle de remettre le maréchal de Bielk en liberté et de le mettre à la tête de l'armée qu'on envoie foorsecourir la livonie ; cela fait souvenir du duc d'Albe, ip&nd Philippe II l'envoya pour conquérir le Portugal. • Dimanche 21, à Versailles. — Le roi, après le sermon, lila se promener à Trianon, où l'on fait beaucoup de noumoi embellissements. On y enferme des bois qui agranfomt fort ce lieu-là, et on y fait un fort grand mail qui wa tout droit. — Le roi a encore accordé un don au oomiedeGramont, dont on dit qu'il tirera 80,000 francs. — 'I est arrivé une affaire fâcheuse au comte de la Bourlie, ^olmielde Normandie et frère du comte deGuiscard, chellicpde l'Ordre. On a fait une violence cruelle, dans sa Bûsonà la campagne, où il étoit, à un domestique accusé i tort d'avoir volé ; on a prétendu que ces violences «voient été faites par Tordre du maître. M. le chancelier «rapporté cette affaire au roi ; on espère que la Bourlie se jwtifiera, mais en attendant il a été obligé de se retirer ^ sa maison et de se cacher.

Iimdt22, à Versailles. — Le i^oi alla Taprès-dlnée à la chasse et puis revint à Trianon ; S. M. aime fort à être ^lans les lieux où elle fait travailler. Monseigneur le duc ^ Bourgogne alla à Meudon ; il y courut le loup avec Monseigneur et y passa le reste de la journée jusqu'au «ir, qu'il revint ici souper avec le roi. — M. de Biron le père mourut à Paris; il y a fort longtemps qu'il ne veaoitplus à la cour. Il a eu de son premier mariage madoDoiselle de Brissac , le marquis de Biron , madame de ifcjearet et madame d'Urfé; il s' étoit marié depuis quelques années avec une vieille femme obscure, dont il n'a

Jlti .U)l)K^AL ilt DANGEAU.

poitil d'etifatit^t. Elle emporte tio bssM ^p^ bieti dkàtA mAisod ; mais elle fait espérer de rènâtè tùiit par ittlill taillent au inarqnis de Biron.

Mardi 28, à VêTêailUs. — Le roi aUa rapt*è»-dliiéB promener & Marly. Honseignént* le duc de Boui^bgtt madame la princesse de Conty avec plusieurs dafnes al rent dlher à Meudon, et Taprès-dlnée allèrent àPopàn Paris avec Monseigneur. Monseigneur retourna cotMsi H Mendon. Monseigneur le duc de Bourgogne et mnàm là princesse de Conty revinrent ici. — M. Freybèrg> i étoit ici depuis quelque temps de la part du roi d'Anjj terre pour les affaires d'Orange et les biens que S. M. a en Franche-Comté^ a terminé toutes ses affaires et p congé du roi le matin à la porte de son cabinet. Le tf parla avec beaucoup de bonté et beaucoup de roarq d'estime ; il U'avoit point de caractère en ce pays ici. Le roi donne à madame de Montespan 100,000 francs p aider à l'acquisition de la terre de Oiron, et S. M. g dera un collier de grosses perles ({ue madame de M tes|)an lui avoit envoyé il y a déjà ({itelque tem|)s.

lUercredi 'lï, à Vermilles, — Le roi alla raprès-diné la riïHsso r\ |uiis revint se. promener à Trianon. Moni ;^neur revint le soir de iMeudon. Monsiem* alla à Pi mardi i)oury être quelques jours: Madame est deraeu ici. Madame la duchesse de Bourgogne alla le mati Saint-Cyr, où elle ht sesdévotions ; elle revint l'après-dli à la Ménagerie, où elle soupa. Il n y eut point ici de sem Taprès-dlnée ; il fut remis au lendemain pour la Not Dame. — M. le cardinal de Bouillon a écrit tau roi sur c(vidjutorerie de Strasixjurg; on a été ici fort méconti de sa lettn , et on le lui a marqué dans la réponse c S. M. lui a faite. Il avoit aussi envoyé des lettres pourti les chanoines de Slrashoure- avec ordre de sa part port X M. lec<imle d'Auvergne, son frère, à qui elles étoi adressées, de ne les point envoyer aux chanoines si le les désapprouvoit: ces lettres seront supprimées.

Jnéi 96 , à Versaillêi. — Le roi n'entendit la messe (p^imidi dans la tribune ; il y eut vêpres ensuite. Il alla an sermon l'après-dinée et puis s'alla promener a Triaion. Monseigneur joua le soir chez madame la princesse deGimty. Madame la duchesse de Bourgogne alla après leiennon se promener à la Ménagerie dans une jolie calèflhequeleroilui adonnée. — H. d'Harouis, le maître des nquètes, avoit une prétention en Bretagne sur la charge éo receveur général des états de cette province, que son père&voit eue longtemps. M. le chancelier a rendu compte Il roi de cette affaire, et S. M. a fait donner 10,000 écus à M. d'Harouis, moyennant quoi il renoncera à cette pré- Intion. •— La princesse de Savoie , sœur de madame la dncbesse de Bourgogne, est entièrement guérie de la petite vérole, qu'elle a eue assez forte. M. le duc de Savoie ne Ta point quittée durant son mal ; mais madame la duchêne royale ne la voyoit point, parce (fu'elle étoit auprès du prince son fils.

Vmdredi 26, à Versaille». — Le roi alla tirer t^t puis revintàTrianon. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup dans le parc, et au retour de la dianesoupèrentchez madame laprinceSvSe deConty. Après le souper, Monseigneur joua et puis alla h la comédie à huitheures . — Boisement, frère de Saint-Abdon , qui vendit sacompagnie aux gardes il y a quelque temps iK)ur payer sttdeites dejeuet puis sortit du royaume, ce Boisemont, di»-je, est tombé dans les mêmes malheurs que son frère ; il a [lerdu phis d'argent (pi'il n'en pouvoir payer, et a quitté Paris sans que l'on sache où il est allé. — Ou a des lettres de Madrid du 12 ; le marquis d'Harcourt mande que Ton dit au palais que le roi d'Espagne se porte un peu mieux, et que même l'on parle d'un petit voyage à Tolède; mais cependant qu'il croit que S. M. C. ne sauroit revenir de l'état où il est. Les médecins ne veulent pluslui faire des remèdes. — Madame la duchesse dtî Bonrgo;;ne a é^** voir madame de >ogaret (lauN^sa chambre sur U

tSO . JOURNAL DE DANGËAU.

mort de M. de Biron^ son père; elle ne va point voir dames en pareille occasion^ mais elle a bien voula fi cet honneur à une des dames du palais.

Samedi 27, à Versailles. — Le roi ne sortit point tout le jour ; il tint conseil Taprès-dlnée pour les a£Eui des religionnaires^ comme il fait tous les quinze jon et c^est d^ ordinaire les samedis après dîner. Moni gneur alla diner à Heudon et au retour joua chei n dame la princesse de Conty . — M. de Cossé * va entrer possession du duché de Brissac ; il a eu un arrêt du pi lement qui ne le condamne à payer que 52^^000 frai aux créanciers ; il prend présentement le titre du due Brissac. — On a porté tant d^argent à la loterie que 20^000 pistoles sont déjà remplies , et tant de gens apportent encore que le roi a permis qu'on en nsçùt jusqi maixli au soir, et apparemment elle passera 40,000 j toles. — Madame la duchesse de Bourgogne se trouva |)ou mal ; elle garda le lit toute la journée, et madame Maintenon y passa une partie de Taprès-dlnée.

* Cosse et le duc de Brissac étoient (ils des deux frères. M. de firi rtoil frère de la maréeliale de.VUleroy, et n'nvoit point eu dVnfaoti l.i Hllc d'un premier lit du duc de Saint-Simon, de qui il avoit été paré , ni de la sœur de Verthamon, premier président du grand c seil , qu'il avoit épousée ensuite pour son bien, qu'il avoit fricasst ,'iu delà avee le sien. T/es eréaneiers, qui étoient sans nombre, pc suivirent la vente des biens et du duché de Brissac ainsi que du re 1^1 maréchale'de Villeroy, héritièn% renonça, et les lettres qui coni( noient li»s collatéraux étoient enregistrées avec réjection formelle cette clause. Cesi tout cela qu'il y avoit à vaincre pour être duc , retint Coss<'^ si longtemps, et qui fut enlln le germe de Tédit de 17 pour prévenir ces inconvénients et assurer la dignité aux issus de ir en mâle des impétrants. Le duc de Saint-Simon , sans amitié p (.ossc, mais dans lesprit d'équité , et d\'i>anta^e de retenir lesdif tes tant <pril y a des mâles issus des impétrants, fut celui qui an les |)rincipaux ducs en sa faveur, qui arrêta ceux qu'un vain intérêt riuij: , et en celle occasion très- mal entendu, avoit assemblés pour s' poser à Cossé ; celui (jui hasarda une dette de 200,000 francs et celui conduisit toute son atïaire, et à qui il en eut toute Tobligation que

uaiedialeB de la Meilleraye et de Villeroy n'oublièrent jamais , niais ^ GoMé paya d'un procès le lendemain , et de tous les plus étranges procédés, qui alloit à 500,000 livres. Il le perdit avec infamie, et en fut bieoboDteux après.

Dinumche 28 ^ à Versailles, — Le roi^ après le sermon, illa se promener à Trianon ; madame la duchesse de Bourgogne alla Fy trouver un peu après qu'il y fut arrivé. Monseigneur alla se promener à Chaville et joua le soir chez madame la princesse de Conty. — Les comédies bmat ici vendredi ; il n'y en aura plus jusqu'à Fontainebleau. — H. le cardinal de Bouillon a écrit une seconde lettre au roi sur la ooadjutorerie de Strasbourg^ dont on «tplus mécontent encore que de la première. — Le soir OQ eut nouvelle que la capitane des galères de Malte avoit ^é à fond en attaquant un petit vaisseau turc de qua- ^rie pièces de canon ; c'étoit un chevalier génois de la DMûson de Spinola qui commandoit et qui s'est sauvé, à <* que Ton dit, avec deux ou trois matelots. Nous avons perdu sur cette galère huit chevaliers françcis, parmi 'esquelssont le chevalier de Villeroy, le chevalier de Saint- Germain-Beaupré , le chevalier de KochelK>nne et le che- >*alier de Valençay , dont le frère aîné mourut ces jours passés et qui seseroit trouvé héritier de tout le bien de la liaison de Valençay.

iMndi 29, à Versailles. — Le i*oi alla Taprès-dlnée à ^ly, et n'en revint qu'a la nuit. Monseigneur et nionsei- Kneuple duc de Bourgogne coururent le loup et revinrent î^ouper chez madame la princesse de Conty, et après souiHîr "^ y jouèrent au brelan. — Le roi a ordonné qu'on payât ^ ^' le cardinal de Furstemberg 'i.0,000 écus qui lui ^^«ientété promis autrefois. — On eut la conlinnation elr le détail de la |>erte de la capitane de Malte ; c'étoit un **^ux bâtiment qu'on ne devoit plus mettre à la mer, et •*^P*nola avoit attaqué le vaisseau turc par un fort gi'os ^"ï^ps, qui avoit écarté de la capitane les sixautresgalères. *' y a en qu'une qui ait vu l'action , et on ne sait pas même

mt JOURNAL DE DA!«G£AU.

ce que sont devenues les cinq autres. Spinola n'alli le vaisseau turc que pai*ce qu'on avoit reproché Tu passée aux galères de Malte de n'avoir pas attaqué un i seau turc , et même le grand maître avoit cassé celui commandoit les galères. Les chevaliers avoient voula parer par cette action ici, qui étoit trop imprudente qui étoit arrivé Tannée passée.

Mardi 30, à Vermilles. — Le roi alla tirer raprès-dii] mais il revint de fort bonne heure, parce que le roi e reine d'Angleterre lui avoient mandé qu'ils seroieni sur les cinq heures. LL. MM. BB. commencèrent par > madame du Maine, accouchée depuis peu; elles aller ensuite chez madame la duchesse de Bourgogne , g Monsieur, chez Madame et ensuite chez le roi , où ik meurèrent assez longtemps , et finirent leurs visites ; Monseigneur. Monseigneur avoit été dîner à Meudoa, doi étoit revenu de bonne heure, croyautque LL. MM. BB. vi droient chez lui plus tôt qu'ils ne vinrent ; quand ellefi rent parties il alla cliez inadame la princesse de Co jouer. — On a découvert le voleur qui avoit prLs, il ({uelque temps , A Meudon , la boucle de diamants Monseigneur dans sa garde-robe à Meudon, un jour q revenoit de l'opéra. C/étoit un contrôleur des bàtim< nommé Lhuillier, pour qui Monseitrneur avoit beauci d'amitié ; il lui donnoit 2,500 livides de pension et le .y^eoit. Le roi n'a pas voulu qu'il tût ]^>endu ; on Ta cbï après avoir tout avoué.

Mercredi 31 , à Marh/. Le roi partit de Versailles a| le sermon et se promena ici jusqu'à la nuit. Monseigm en partant de Versailles , alla se promener à Triano arriva ici sur les six heures. Monsieur, Madame et M Chartres sont allés à Saint-Cloud pour y demeurer quel temps. Madame la duchesse de Chartres est resté Versailles assez incommodée de sii grossesse. — Il y i 4>hisieui*s dames et courlisaiis (|ui n'y vimoient pas .* venl. Ma<^lani(; <!« Chainiliarl ••l madame de Chivern

MARS 1700. 90t

le prinoe de Tàlmond y sont pour la^remière fois. — Hier il Vemilles^ après le souper du roi y la comtesse de Fun^ tèÎBberg^ parla à S. M. à la porte de son cabinet ; elle se flaignitâe l'accusation faite contre elle^ où le cardinal de Forstemberg et madame de Soubise étoient môles. Le roi lai répondit très-obligeamment et lui dit que la calomnie rctombCToit sur ceux qui Tavoient faite. La conversation fiità haute voix afin que tout le monde Ten tendit, et le roi méme^ étant rentré dans son cabinet, en parla encore aux princesses sur le même ton.

* Le cardinal de Furstemberg a joué un tel rôle dans les affaires entre (^Empire et la France qu'il seroit inutile de parier de lui. On se tonttntcra de remarquer qu'ils étoient comtes de l'Empire, sans autre prélotion, jusqu'en l'an 1954 que l'empereur les créa princes de l'Empire. U eardjnal avoit aimé de longue main une comtesse de Walvoord , ^'(nve du comte delà Mark et mère de celui qui fut chevalier du Saint- Eiprit en 1734, après plusieurs emplois au dehors. Il l'avoit remariée à ■> comte de Furstemberg, son neveu , et il viToit avec elle en France, lAéoige public , logeant toujours ensemble. Cétoit une créature fort i>iote, fort emportée , de beaucoup d'esprit , plus que galante, et qui *^oit été belle , mais grande et grosse comme un Snissi* , effrontée i\ l'avenant, et qui avoit pris nntel ascendant sur le cardinal qu'il n'o- ^ souffler devant elle. Son luxe eu tout genre étoit si prodigieui qu'on Il m rroiroit pas les étranges détails de magniflceuce , de profusion , ^ délicatesse dont son jeu prodigieux ne faisoit pas la plus forte dépw»e, qui ruinoîtle cardinal, quoiqu'il eilt entre 7 à 800,000 livres de 'Wïtp en béiiéflces ou pensions du roi.

U" scandale en étoit énorme ; mais ses services et ses souHVances

pour le roi , décorés de sa pourpre , mettoient tout à couvert , au point

^ la comtesse avoit une grande considération du roi et des ministres,

dont elle étoit traitée avec une singulière distinction. Madame de Sou-

^, à qui le roi avoil ses anciennes raisons de ne rien refuser et qui,

"Moyennant son traité avec madame de Maintenon de n'aller jamais à

^rly et de ne voir jamais le roi eu particulier, l'avoit toujours à elle

Pj^rtout ce qu'elle souhaitoit, avoit mis un de ses fils dans le cha-

Pitre de Strasbourg par force et par autorité du roi déployée , parce

^^\\ étoit boiteux d'un quartier, et ce quartier étoit le cuisinier

^ Henri I\ , le célèbre la Varenne, que les plaisirs de ce prince firent

'^ porte-manteau et r|ue son esprit et les affaires où son maître

^'Diploya enri<*hirent tellement (|u'oprès bien de ta résistance il fui

^ ..V' t ^AJ-ftl* l>êV/l,%ir

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, .^^ ^„*; .,\\».K' fiKui^acr SlrusUmrg pour lui et pour ^

V . , XKsA «vvv x<%\%M. U^itiN V okipitre, dans les dicnités^

v^vv .A vs«{nm\ |4us jinine que Tabbe iTauvo;^

^. X .V» •v*^ V »\M , pr^ïttvleur d'un UMivhe qu'A I

.. « K\.u^4<>ik^v^ iiudamedeS(nibî^\ doijiqueUesfil

s.N.t .xKH)|Ulour de I Europe et lo |>)us jeimi'

, * o»% vU' jmiloles ; et ce fui iv qui ,>cht*\ a U perte 3

. «. .u li^MtilUMi. que sa eonduite .i£^!ni\.i do plus tni plus ce éoÊà

..u Ml AuM le long reste d une bonteust^ et tirs-misérable m,

»;,..• I uni/, àMarly. — Lo roi alla >oir le matin

M ull.'i srh oiivriei^s dans les hauts de Marly, et Taprèir

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