‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 5 sur 31 · I. i,uiliiUMi;il étoitseuhlansiine ivliteeliaist^et lUculame · texte numérisé non relu

I. i,uiliiUMi;il étoitseuhlansiine ivliteeliaist^et lUculame

I , .hu linsw de Ro^^r^oîrne daii> une autiv jwtite chaise

lu I madame de Maintenon. Monseicneur et monseigneur

I, diii'fhi BoiirîTOirneêtoient achevai. — M. le marquis de la

« inliî, lieutenant de roi de Bivtat.-iie. est mort en ce jiays-

1,1 Sa charw vaut li,000 livres de ivnte; il y u déjà

lu nte|)ers<mnesqui Tout demandée. Les prineipatix pré-

Imdantssont Uneremn. lieutenant général de la marine

itl j^endiv delaG^ste,qui vient de mourir; le marquis d'O

el le chevalier de(A>f'tlo-on, eheld'esi^uliv, ipu avoit dans

hii famille une chari-t» pareille et tprils perdirent à la mort

du niaiHpiis de (>W»tloiron. — On mande dWllemairne que

le siêijre de Kisra ne va pas hien pour les Polonois, et que

ks Moscovites ne songent point à rien entreprendre de oeoMé-Uu

Vendredi 2 , à Marly. — Le roi se promena tout le matin et toute Taprès-dlnée dans les endroits où il fait travailler. Monseignem* et monseigneur le duc de Bourgog^oe coururent le loup. — L'ordinaire de Rome nous a apporté de bonnes nouvelles de la santé du pape, et nous avons appris par lui la mort du cardinal Casanate, qui laisse un quatrième chapeau vacant en comptant les deux qui sont in peUo. — La loterie de madame la duchesse de Bourgogne est de 46,000 pistoles ; on en prend 46,000 francs pour les pauvres, savoir 20,000 francs pour les pauvres de Versailles , 6,000 francs pour les pauvres de Saint-Germain, et 20,000 francs que la reine d'Angleterre distribuera comme elle le jugera à propos aux Irlan* dois qui ont été réformés. — Madame d'Armagnac a été ^ir à Paris le maréchal et la maréchale de Villeroy sur la mort de leurs fils ; ils se sont fort embrassés, et on ^père que c'est un raccommodement parfait. Il y a déjA quelque temps qu'ils ne se voy oient plus*.

*0n a vu plus haut (1) Faventure au cercle de la princesse d'Har- <^<)un et du pardon public qu'elle fut obligée à demander à la dudiessc de Rohan-Chabot ; celle du même cercle de la duchesse de Sûiiit-Siinon avec madame d'Armagnac, qui n'avoit eu rien de pareil , ne laissa pas de produire les plaintes qu'en fit au roi le duc de Saint- ^Q à la On de son coucher le jour même ; celles en conséquence de ^ le Grand, le lendemain à la chasse, qui, ne lui ayant produit qu'une réprimande sur le compte de sa femme et même sur le sien, les mit de fort mauvaise humeur et attira des propos de madame d'Armagnac sur ^ propre naissance, qui causa cette hrouillerie que Dangeau s'est bien 9^ d'expliquer et qui fut suivie du raccommodement qu'il marque ici, ^ qui fiit d'autant moins difûcile que le maréchal de Villeroy étoit ^^ intime de M. le Grand et de ses deux frères personnellement , et ^nt'etenoit cette amitié avec une sorte de subordination qui leur étoit fort agréable et que la maréchale de Villeroy gorttoit fort peu et n'imîtoitpas.

«)iv.i.

SiB JOURNAL DE DAMGEAU.

Samedi S, à Vênaillês. — Le roi alla le miAui m Paprès-dinée dans les hauts de Marly voir travailler 88 ouvriers et revint ici sur les huit heures. Moneeigneiii alla de Marly diner à Meudon et revint ici souper ému le roi. Monseigneur le duc de Bourgogne joua le et après le diner à Marly. Madame la duchesse de gogne demeura encore à Marly après le roi et n'arriva ie que pour le souper. — Le marquis d*Hauterive^ m mort à Pans; il avoit été cornette des chevau-légen d la reine mère. Il avoit épousé la duchesse de Ghaulnei sœur du maréchal de Villeroy ; elle est encore en vie Elle avoit épousé en premières noces M. de ToomiMi en secondes noces le duc de Chaulnes , et en troisiènM noces M. d'Hauterive ; elle n^a plus d'enfants de ces troi mariages. — On a des nouvelles de Madrid du 18 di mois passé ; on mande que le roi d'Espagne est un pel mieux. M. d'Harcourt n'a pas encore pris son audiene de congé , mais il la doit prendre incessamment.

* Ce M. d'Hauterive s*appeloit Vignier, sans aucune uaissance; nia c'étoit uu homme d'honneur et de valeur, qui avoit été fort galant ( fort bien fait , dont cette sœur aînée du maréchal de Villeroy s*éloJ amourachée et Tépousa. Ils furent près de vingt ans sans que persomi de la femille des Villeroy les voulût voir ; mais Hauterive en recevoi des honnêtetés d*ailleurs, parce qu'il se conduisoit avec toute sorte d respect et de retenue. A la fin il se raccommoda avec eux ; ils le virenfl et en sa considération ils virent enfin sa femme ; mais tout cela ne ifa que de sèches bienséances. Elle étoit veuve en premières nom à M. de Toumon, et en secondes du frère aîné du duc de GhaulnM Tambassadeur, dont elle avoit eu une fille mariée au frère aîné A dernier duc de Foi\ , qui tous deux moimirent sans enfants.

Dimanche k , jour de Pâques Fleuies^ à Versailles. — Li roi assista à toutes les dévotions de la journée ; lanuiisoi] royale y assista avec lui. Après le sermon^ S. M. s'alli promener à Trianon. Monseigneur joua chez madame h princesse de Conty le soir. — M. le comte de Bnorde notre ambassadeur à la Haye^ a signé avec MM. le députés de MM. les États Généraux le traité pour la sue

ceanon descouroanes d'Espagne. On doit faire l'échange des ratificationB au premier jour ; après quoi^ qaand on ton donné connoissance du traité à l'empereur^ soit qu'il ra{qprouye ou ne l'approuve [las , qu'il le signe ou qa'il refuse de le signer^ on rendra le traité public dwis toutes les cours de l'Europe. — M. le prince d'Auvergne, voyant son accommodement rompu avec M. le comte d'Auvergne , son père^ est allé en Angleterre de- Bumder au roi Guillaume sa protection, et de lÀ il passera en Hollande demander à MM. las États Généraux de le mettre en possession de Berg-op*Zoom et des autres terres que feu madame la comtesse d'Auvergne, sa ïnére, avoit en ce pays-là. M. le comte d'Auvergne prétend que ces terres-lÀ sont plus à lui qu'à son fils.

Lundi by à Verstnlles, — Le roi'donna le matin audience wi comte de Waldstein , chevalier de la Toison , qui va àe la part de l'empereur ambassadeur en Portugal ; on lui fit voir les eaux^ les appartements, Marly et Trianon, <* il fut charmé de toutes les honnêtetés de S. M. — Itrisach fut remis le l*** de ce mois entre les mains des Impériaux. — 8. M. alla l'après-dlnée se promener à Trianon. Monseigneur et monseigneur le duc de Bour^ P>gne coururent le loup et firent une chasse fort rude. — Le comte de Feuquières, colonel du régiment de Feuquières, qui est un petit vieux corps , a permission de s'en défaire; on lui en offre déjà 80,000 francs. — M. le iWe est allé à Chantilly, M. le Duc à Saint-Maur ; M. le prince de Gonly s en va à l'Ile-Adam. Ces deux derniers feront ici un tour jeudi pour servir le roi à la Cène. — On mande de Saxe que le roi de Pologne est parti de ce pays-là en poste ; il veut travailler à fah-e entrer la république de Pologne dans la fçuerre qu'il fait aux Suédois, enlivonie.

Mardi 6 , à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly. Monseigneur alla le matin dîner à Meodon et en revint de bonne heure, et le soir joua

au brelan chez lui. — Madame se trouva le soir i mal à Saint-Cloud. — Le comte de Ziuiendorf reçut à Paris nouvelle de la mort du fils de M. de Lorraine^ maïs on n'en savoit encore rien ici ni à Saint-Cloud. — On parle fort de tirer de Tarant des gens d'affaires, mais on ne dit point encore combien on en tirera ni de (|uelle manière cela se fera. - — Les vieux louis et les pistoles d'Espagne sont reçus dans le commerce sur le même pied que les louis nouveaux, et on fait une diminution sur la petite monnoie^ qu^on remettra par làdans le commerce; ellen'yétoit quasi plus; tous ceux qui en avoient la gardoient. Par les comptes qu'on a faits de l'argent qui a été réformé dans les monnoies y il y en a eu pour près de 600 millions de réformés.

Mercredi 7, à Ver$ailles. — Le roi, après ténèbres, qu'il entendit dans la tribune en haut , alla se promener î^ Trianon. Monseigneur, après ténèbres, s'enferma avec le P. de la Chaise et se confessa. — Monsieur et Madanit» eurent le soir k Saint-Cloud la nouvelle de la mort du iils de M. de Lorraine. Madame la duchesse rojrale et M. de Lorraine n'étoieni point en état d'écrire; c'est ma^ dame de Fursteml>erg qui a écrit A Madame par leur ordre. Madame s'est guérie du mal qu'elle eut hier, en prenant de la poudre de Kent: elle est très-aftligée de la mort du petit prinee de lorraine. Il n'avoit que sept mois. — Le marquis de Bonac , neveu de Bonrepaux et qui étoit envoyé à Cologne , s'en va à Wolfenbtttlel relever M. de Héron, qui est présentement envoyé du roi auprès du roi de Pologne. t)n ne dit point encoiv qui on enverra à Cologne en la place de Bonac.

Jeudi-Saint 8, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale assistèrent à tontes les dévotions de la jouraée. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne firent leur bon jour à la paroisse et en revinrent avant que le roi commençât la Cène. Le roi entendit encore ténèbres en haut , et après ténèbres alla se promener à Marly.

Monseignear, monseigneur le duc de Bourgogne , madame la duchesse de Bourgogne^ messeigneurs les ducs d'Aqou et de Berry allèrent à Saint-Cloud faire leurs compliments à Monsieur et à Madame. Le roi y avoit envoyé dès le matin le marquis de Gesvres. — Madame U comtesse d'Auvergne a fait abjuration depuis quelcpiesioars; mais cela n'est point encore déclaré; ils président ayoir des raisons pour tenir cette conversion ttcrète encore quelque temps; le roi le sait et H. Tarebevèque de Paris, entre les mains duquel elle a fait son abiuralion.

Vmdredi-Saint 9 , à Versailles. — Ije roi et toute la nudsoo royale assistèrent à toutes les dévotions de la cornée, et après ténèbres le roi s'enferma avec le P. de la Chaise et se confessa, comme il a accoutumé de faire tous les ans & pareil jour. — Pendant le sermon , M. de Soavré, maître de la garde-robe, étoit assis derrière la d^ du roi, en la place de M. de la Rochefoucauld , piod maître de la garde-robe, qui est absent. Il y a P^beotementcinq places derrière la chaise du roi, celle de ^taine des gardes, celle du grand chambellan, qui est ^ la droite du capitaine des gardes , celle de premiei* S^tilhomme de la chambre, qui est à la gauche, et au- <ittsoiis du grand chambellan, la place du grand maître <ic la garde-robe et celle du premier aumônier. — M. Chamillart déclara merci^edi à Paris aux gens d'affcires les intentions du roi sur la restitution qu'il leur demande d'une partie du gain qu'ils ont fait dans les affaires depuis la déclaration de la dernière guerre.

Samedi 10, à Versailles. — Le roi fit son bon jour à la

paroisse et toucha ensuite beaucoup de malades. L'après-

dlûée il alla à Saint-Gloud voir Monsieur et Madame, et

revint ici pour complies. Monseigneur courut le loup et

joua le soir chez madame la princesse de Conty. — On

prendra le deuil pour le fils de M. de Lorraine; le roi

k portera quinze jours, et madame la duchesse de Bour-

2M lOUBNAL DE DANGKAU.

gogne \e portera un mois. — M. de Torcy fat enfermé jeudi matÎD avec Honsei^neur, et les eourtisans ereiait que c'est pour envoyer en Angleterre et en Hollaodi la ratification des traités qu'il faut que Monseigneur «gué comme le principal intéressé. — La princesse de Fustemberg marie sa fille aînée au prince d*Isenghien * ; elk lui donne 50,000 écus d'argent comptant et lui a«are 50,000 écus après sa mort. La princesse de Furstemberg a trois filles et n*a point de garçons; elle n'en aura pss môme apparemment. Je ne crois pas qu'elle aille trouver son mari en Allemagne.

* M. d'isenghien s*appelle \ illaiu, et ce sont [ ^ ] des gens de qualité de Flandre. Son père épousa la fille afnée du maréchal dUnmi^t gonvemetu* de Flandre, qui, en faveur de ee mariage, obtint pour aaMi UD tabouret de grâce, dont leur fils, à la mort du père , eut Ja cMlî* . nuation. La princesse de Furstemberg étoit fille de la vieille Li^Vi sœur de la vieille Tanibonueau et de la mère du maréchal et du.ca^ diiial de Noailles. Son mari , qui Fépousa par inclination et aussi pour son biep, étoit fils du frère de M. de Strasbourg et du cardinal de F^ teml)erg, et fut fort blâmé de cette mésalliance, dont les Allemadfe sont indignés jusqu'à ne plus reconnoître ceux qui en sorlMit daaia ] condition de leurs pères. I^ faveur du cardinal de Furstemberg édMUi .1 longtemps contre un tabouret de grâce qu'il demandoit pour sa nièce, { parce que les princes de Teiupereur ni même ceux de l'empire u'oal point de rang en France; à la fin , la voulant envoyer voir son marias Allemagne, qui > étoit à demeure et gouverneur général de Téleeloiat de Saxe, il obtint le tabouret pour une seule fois, en prenant eoii0^ pour qu'elle fOt mieux reçue en \llemagne , et qu'elle y portât oettf marque signalée de la faveur de son oncle. A son retour, le cardinal lenta de le lui faire conserver et l'obtint enfin, après plnsietirsrpfbs« en tabouret de gnW. Klle n>ut point de gar<)ons.

Dimanche 11 , jour de Pâques, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale assistî^rent à toutes les dévotions de la journée. Après les vêpres, Monseigneur alla à Meudon avec madame la princesse de Conty; il y attendra le roi, qui y doit aller niei^credi pour y passer le reste de la semaine. Monseigneur le duc de Bourgogne lit son Ixm jour. — La marquise de Richelieu a quitté

L les gens d'affaires depuis le commenceinenl ie 1689. Dans Tarrèt que le roi a fait donner aEfaire, il est dit que le roi veut être informé au

ce que les traitants ont gagné ^ pour ensuite 3 taxe modérée. On ne leur a point demandé mSy comme on avoii dit d'abord ; on croit même nMni pas si loin.

12, d Venailles. — Le roi alla l'aprùs-dinée où il chanj^e toutes les fontaines. S. M. y devoit icher mei'credi [>our y passer le reste de la seiiaîs il a changé ce voyage-là en un voyage de — Le marquis d'Harcourt, notre ambassadeur à a pris son audience de congé du roî d'Espagne; lemeureralà encore quelques joui^s. 11 ylaisseni , qu'il y avoit amené avtHî lui, à qui le roi dojiue l'envoyé avec 18,000 francs d'appointements. de\'oit aller passer les fêtes de r*î\(iues î\ l'Escuâanté est un peu moins mauvaise. — Le roi iiûedi les bénéfices vac^inis comme il a accoutumé

les jours qu'il communie. La distribution fui le; il n'y avoit de vacant que l'alibaye de Saint- |tti a été donnée à rabl)é de Matha, et Tablmye làtre à l'abbé de Pont et quelques al)baycs de n canonicat dans Metz, que le roi a donné à ! de Metz pour un ecclésiastique attaché à lui.

30 JOURNAL Dt DAMGEAU.

Fleuuuing a fait cette conquête pour le roi de Pdlogn son maître^ et non pas pour le roi de Danemajrk, oooui on lavoit cru au commencement. Le roi de Pcdogne c arrivé à Varsovie pour tâcher de faire entrer la lép blique dans cette guerre; mais elle s^y oppose jusqa'ki el le prince Sapietiana point voulu joindre les troojN de Lithuanie à celles que commande Flemming. «- M. [)esmarets*,qui étoit intendant des finances dutemp de M. Colbert et qu on a toujours cru qui les entendoiti nierveiUe^ a travaillé sous M. de ChamiUart à Tarrét poo: la recherche des gens d'affaires.

* ïje père de Desniarets étoit trésorier de France à Soissons, filsd^ inanaDt de là auprès, qui s*étoit uq peu enrichi et qui mit oe fils eaéta de sortir de Tétat de paysan. Il sVnriehit encore mieux, et il épousa in scpiir de M. llolbert, alors en bas étage, lequel, étant devenu contriMei général, prit son neveu auprès de lui pour commis, et le fit après ioMi dant des finances. Cétoit une tête de kr avec de Tesprit et beaueiNl d'application, qui se fit fort goùterpar son onde, et qui |le] donnoit iii cesse pour exemple de travail et d'application à M. de Seignelay, ts| jeune encore et fort dissipé et débauché, et par là le mit fort (bu son aversion. Desmarets fut fort accusé de savoir bien se démener ài mains , acheta Maillebois et d autres terres , et fit à BlaiUeboii è grandes dépenses de pièces dVau , d^aplanisseinenl de terres et é mines dv maisons de la plupart de sou village , qu'il transporta aw grandes clameurs do ceux à qui elles appartenoient, ainsi que des pro« priétaires des leurs, qu'il enferma de nuirailles dans son pare.

M. C.olbi'rt , qui avoit du foible pour lui et du soupçon de raveiaoi que Si's enfants lui portoient, le soutint longtemps, tant qu\4ifin arms kl fabrique des piètH.^ de quatre sous, dans laquelle Desmarets M acruse d'avoir outrageusement volé ; ol, TatTaire approfondie, Colkil se crut obligé d'eu avertir le roi. Peu de jours après il fut surpris de b rétention d'urine qui rem|K)rta fort promptemeut. Dès qu'il fut moi* et Pelletier contrôleur général , il eut ordre de dire à IK^smarets à la part de S. M. , en pleine audience publique, qu'il étoit un fii^ que le roi no vouloit pas faire peudri» on considération de son onde ( de sa famille, mais qu'il eiUà se rt»tirerot à ne paroitre jamais, lia en mémo temps ordri» de si» défaire do sa charge d'intendant à finam*!^ et de maître di»s riHiuotos , vX do s'en aller à .Maillebois sans voir personne ni eu découcher. Il y passa dix ou douze ans de la sort» après quoi il obtint la pemiission do venir passer quelques quinzaîa

de jours, puis un mois, puis deux à Paris sans y voir personne, et après quelques années de cet adoucissement de voir du monde dans sa provJQoe, età la fin de passer quelques hivers à Paris, ce qui fut élargi, trèspeu de temps avant que Chamlllart vînt aux finances, à aller et venir sans restrietion à son gré. Il avoit épousé une fille de Béchameil, surintendant de Monsieur, et s'étoit rallié la famille de M. Colbert, dont la protectios de M. de Chevreuse et de Beauvilliers le vanta à Chamlllart , qui s'en servit à cette taxe , sans toutefois que le roi le voulût savoir. On le verra succéder enfin à ce même Chamlllart aux finances presque mal||pré le roi , et puis devenu un favori qui a fait à son fils une fortune telle que nul autre ministre n*y est parvenu , bien que celui-ci n*y contribofit en aucune autre chose, smon d*étre un \)rave garçon.

Mercredi iky àMeudon. — Le roi dina de bonne heure & Versailles et alla se promener à.Marly, puis vint ici, où il arriva d'assez bonne heure, mais par un si vilain temps qu'il ne put s'y promener. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne y ar^ rivèrent séparément, mais longtemps avant le roi. S. M. iiouva dans la maison beaucoup de changements qui loi plurent. — Le roi de Danemark a fait entrer ses troupes daos la partie du Holstein qui appartient au duc de Coltorp; il a pris deux des anciens forts qui sont des postes tK)nsidérables. On croit qu'il veut bombarder Tonningen ; il a fait des impositions sur tous les bailliages do Holstein et du Sleswig, sur les sujets du duc de Gottarp comme sur les siens propres. — Presque toutes les gnmdes villes du royaume , à l'imitation de Paris et de Lyon y demandent au roi la permission de faire des loteries en prenant toujours le dixième pour les hôpitaux, «tle roi en a déjà beaucoup accordé.

Jeudi 15, à Meudon. — Le roi se promena le matin «t l'après-dlnée ; mais le vilain temps abrégea fort sa promenade. Monseigneur accompagna le roi partout et pois revint jouer. On répétale soir chez madame de Maintenon un motet qu'a fait le comte d'Ayen et qui est chanté par monseigneur le duc de Bourgogne, M. de Chartres, M. le comte de Toulouse, madame la princesse de Conty

Ifl4 JOURNAL DK DANGKAl).

et madame de Villequier. — Le bruit se réimndît que le duc de Ventadour avoit été tué; cette nouvelle veuoit de Lyon ; mais les lettres étoient difi'érentes , car les uns mandoient qu'il avoit été tué & Avignon et les autres qv*il avoii été tué dans sa terre de la Voûte. -<- Monsieur vint dîner avec le roi , joua un |)eu Taprès^dlnée et s'en retourna à Paris , où il est depuis quelques jours. Monseigneur le duc de Bourgogne joua toute Taprès-dinée , et madame la duchesse de Bourgogne passa la journéi chez madame de Maintenon.

Vendredi 16, à Meudon, — Le roi ne put quasi jms se promener de toute la joiurnée à cause du vilain temps. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne joaè* Tent le matin , Taprès-dlnée et après souper au brelan , mais à des tables différentes , car monseigneur le duc de Boui*gogne joue bien plus petit jeu que Monseigneur. — On a nouvelles que les six galères de Malte dont on étoit es peine étoient retrouvées; elles sont arrivées aux ZanteR(t) aprèiC avoir beaucoup souffert. Le commandeur Spinola, qui les ecHuinandoit^ est sjuivé; muis tous les chevaliers IVanrx)is qui étoient sur la capitane ont pc^ri, hormis le chevalier de Ssiint-Germain. qu'on mande qui est sauvé; ainsi il n'y a plus d'espérance pour le chevalier de Villeroy , qui est fort regretté dans sa famille. I^s galères qui sont aux Zantes ont envoyé k Malte chercher des vivres, [wrce que les Vénitiens ne veulent i^>as leur en donner pour ne pas manquer au tniité que la république a fait avec le Grand Seignem*.

Samedi 17, à Versmlles. — Le roi se promena tout le matin à Meudon , et en sortant de son dîner il alla à Marly ; on ne revint ici qu'à la nuit. Madame la duchesse de Bourgogne vit jouer Monseigneur l'après-dlnée et pais i*evint ici avec ses dames. Monseigneur et monseigneur le

I) A likdr /Jintlie.

AVRIL 1700. 39è

duo de Bourgogne demearèrent enoore quelque temps ftprte elle à Meudon^ et revinrent ici ensemble; madame la prinoease de Conty étoit avec eux. Madame la Duchesse^ . q«i a toujours été à Saint-Maur depuis le dimanche des Rameaux, revint ici. — Il arriva > il y a quelques jours^ aa courrier de M. Houille, notre ambassadeur en Portugal y qui a fait un traité dans cette cour-b\ dont on est eontent ici, et par lequel le commerce de la rivière Amskzones demeure à la France provisionnellement L^à œ que toutes les affaires que nous avons avec wtte couronne dans TAmérique soient réglées à fond.

Dùmmuàe 18, à VerMilles. — Le roi alla Taprès-dlnée se

pramener à Trianon. — On vouloit écrire les billets noirs

de la loterie de madame la duchesse de Bourgogne; mais le

roin'apasvouluqu^ontravaillàtledimanclie, quelque petit

que soit ce travail-là. — Le bruit qui avoit couru ces jours

pMBés de U mort de H. le duc de Ventadour s'est trouvé

faux. — M. le duc de Berwiok, fils naturel du roi d' Angle-

lerre, it'est remarié; il a épousé la tille de madame

Butkeley^ qui est à Saint- Germedn comme lui . C'est un ma-

nage d'inclination et dont iln'avoit i^as confié le secret à

ses meilleurs amis. Le duc est dans une grande dévotion

depuis quelques années. — On a nouvelle que la reine

douairière d'Angleterre est morte en Portugal ; ce sera un

grand deuil en oe pays ici y car outre que c'est une tête

couronnée , le roi son mari étoit cousin germain du roi.

Cette nouvelle-là ne vient pas des ministres ni de ceux

que nous avons en Portugal, ni de ceux qu'ils ont ici;

ainsi on en doute. ]

ÊAÊtkdi 19, « Versailles. — Le roi , après son dîner, vit écrire les billets noirs de la loterie, que madame la duchesse de Bourgogne enferma ensuite ; et au retour de la promenade que le roi fit l'aprtNs-dinét*. il se donna la peine de mêler lui-même tous les billets noirs parmi les hlanc-s et un à un. h* priais. M., ([ui m'avoil nommé aver H di; lk5auviUici*s «îI M. <l<3 Noaillcs |N)ur tirer la loterie.

tm JOURNAL DE DANGEAU.

que je ne visse ni écrire ni mêler les billets , et je n^i même mis aucun argent. — H. le marquis de LovvSh . grand bailli de Touraine, a acheté 80^000 francs le régi ment de Feuquières, qui est un petit vieux corps. Le mil quis de Louville est fils du marquis de Givry, ancien lÎM tenant général , qui mourut il y quelques mois , et 1 bonne femme madame de Louville^ en mourant , Ta il son héritier à condition qu'il quitteroit son nom pov porter celui de Louville.

Mardi 20, à Versailleê. — Le roi^ en sortant du conaâ vint faire un tour à la loterie de madame la duchesse^ Bourgogne^ qu'on commença à tirer à neuf heures^ matin dans le salon qui est entre l'appartement de ai dame la duchesse de Bourgogne et la galerie (1). Mo seigneur courut le loup et y vint après la chasse; il donne lui-même la peine de cacheter les boites; mi seigneurs ses enfants, madame la duchesse de Bourgogn M. le Duc, madame la Duchesse, madame la princesse < Conty, M. le pnnce de Conty et M. le duc du Maine] cachètent aussi. On m'envoya à manger dans le sak pendant le diner, afin qu'on ne perdit pas de vue les b lets et les boites. On travailla encore après le diner ji qu'à dL\ heures du soir, et puis madame la duchesse Bourgogne fit porter dans son petit cabinet ce qui resl de billets et de boites à remplir et mit la clef du cabii dans sa poche.

Mercredi 21, à Versailles. — Le roi prit médecine. 1 dame la duchesse de Bourgogne la lui vit prendre et € tendit la messe dans la chambre du roi , et ensuite a dans le salon pour continuer à faire tirer la loteri L'après-dinée le roi tint le conseil comme il le tient matin. Monseigneur fut tout le matin à la loterie. L'i près-dlnée il aUa au conseil et revint après à la loterie

I) C'est le SaloDdit de la Paix.

It

qui /ut «cbevée de tirer à sept heures. Le roi a voit coni-

onidé que sa boite fût tirée la dernière ^ afin que, s'il

iBiiqiloitqiielques billets^ aucun particulier n Vn souffrit^

etqneoela retombât sur lui seul. Il n'y eut nul mécompte,

qooiqn'il y eût 47,000 billets à tirer et 24 ,000 boites à

nnpiir. On fait porter toutes ces boites dans lapparte-

BHDtdeM. le cardinal de Bouillon en l>as, où elles sont

iRiogées par milliers, par centaines et par dixaines» et

oa les distribuera par quatre fenêtres qui donnent sur le

jirditt, et on mettra à chaque fenêtre en dehors une éti-

^«eite pour marquer les miUiersqui s'y distribueront (1).

JiNMit 23 , à Versailles. — Le roi alla se promener à

Ift lénagerie, où madame la duchessejde Bourgogne étoit

ailée devant pour le recevoir ; il futtrès-content de toutes

^dépenses qu'on y a faites, qui sont grandes et d'un

Sf)ût fort recherché pour les boisiu^es, les pentures et les

aemires. Après avoir visité les deux appartements qui sont

pKflque achevés, le roi se promena dans le nouveau jardin

H puis alla à Trianon. Monseigneur prit médecine , alla

<3Miite voir tous les arrangements des boites, qu'il trouva

diBs un ordre qui lui fit plaisir, et après alla jouer chez

mtdame la princesse de Conty. Monsieur et Madame sont

vwenas de Paris. Madame la duchesse de Chartres ne

M point de sa chambre et est très-incommodée de sa

HnMsesse. — La nouvelle que Ton avoit eue de la mort

^la reine d* Angleterre en Portugal ne se confirme point,

^ on la croit fausse.

(<)• La vuî\ paMique doit vous avoir appris que la loterie de madame la ^fàitmt de Bourgsogne est Urée , a* qui s'est fait avec tant de 84>ins et ^^Mtitiide que lorsqu'on a rempli les bottes il ne s'est trouvé aucun billet de ï*"^ ni de moins. Cela n'est presque jamais «nrrivé à aucune loterie lorsqu'il y *"» l*»i«iT« millierH de billets. Le gros lot, «pii est de qiiatn^ mille louis d'or, a ^ V^ |)ar un garde du roi, sa ftimme, lei» trois s<rurs de sa remmo et ^^HMile. M. le marquis de Tliianges a eu un lot de mille louii, et deux ""rrlian-U de Paris un de |>areille somme. >» ( Mercure d'avril, pages 27'? et

2HN» JOURJNAL DE DATIGEAU.

Vmdredi âS, à Versailles. — Le roi, qui n'a jpmnt» coutume de tenir de conseilles vendredis, tint conseil d dépèches, qui ne se tient d'ordinaire que de quiniee jooj on quinze jours les lundis. Monseigneur, après le on seil, alla à Meudon, et n'en revint qu'à la nuit. Madan la duchesse de Bourgo^e s'amusa à voir arranger k lioltes de sa loterie, et on commença le soir à en disti buer. — Par les comptes faits avec les gens d'ciffairesd puis Tannée 1689, il parolt que leur gaina monté 8â millions ; le roi leur fera payer leur avance au denî dix et leurs droits de présence avec des frais nécessaire Ces articles retranchés sm* les 82 millions diminuero fort le profit sur lequel ils sont recherchés , et ee que roi leur laissera encore pour leurs peines fera que S. M. 1 rera l)eaucoup moins d'argent d'eux que l'on avoit ci dans les commencements.

Samedi ûk, à Versailles. — Le roi alla raprès-dloéo promener à Harly. Monseigneur courut le loup. Madan la duchesse de Bourgogne s'amusa tout le jour à vc distribuer les lioLtes de loterie. — M. de Chàteaune prit congé du roi ces jours passés [X)ur s'en aller aux ea de Bourbon ; il <ispéroit avoir la survivance de sa char de secrétaire d'État pour son iils en proposant de le nr vïer avec la petite de Mailly, mais le roi s'est déclaré qu ne vouloit point donner de survivance. M. de Chàteaun^ pria le roi en partant que ce fi\t M. de Barbezieux qui ixnM pour lui en s«)n absence ; cela devoit regarder nal rellement M. de Pontchartrain, son cousin ; mais ils ne so pas bien ensemble. — Monseigneur le duc de Bourgogi a donné une pension àMatho, qui lui apprend à chantej c'est la première p<*nsion qu'il ait donnée. Il aime fort nuisique et veut apprendre aussi à jouer du clavecin. - (rest un gîtfde du roi de la compagnie de Lorges qui ou le gros lot de la loterie de madame la duchesse ( Bom'^o^ne; il éloil dv \M)i) louis.

Dimnnvhe 2o.(i Kp/>m7/e>. — Le i\n alla a la chasse

AVRIL 1700. JM

INiis revint m promener à Trianon. Monseigneur alla fcire QD tour à la Ménagerie et puis revint de bonne heure jeMrchei madame la princesse de Conty. Madame la duehflflse de Bourgogne s'amusa encore Taprèiy-dlnëe à sa 1 1 et ne voulut point qu'on distribuât des boites le 1 à cause du dimanche, craignant de faire perdre la mine à quelqu'un. — On mande de Londres que le roi d^An§^terrea prorogé le parlement^ qui étoit fort opposé àloQt ce que S. M. B. a fait de grâces et à toutes celles fi'il vouloit faire; ils attaquoient même milord Portland itmilord Albemarle, voulant les exclure de Tentrée au pirleoient. — Les Anglois et les Hoilandois arment des viitteaux pour les envoyer dans la mer Baltique et sec^ûttrirles Suédois dans la Livonie ; ils y sont obligés pour égarants du traité d'Altona. — On mande de Hambourg qoe les Danois ont attaqué et pris les nouveaux forts du <iuede Holstein-Gottorp et les ont fait raser.

Ukdi 26; à Versailles. — Le roi alla tirer et ensuite se pnvQenerà Trianon ; il sortit même tard^ car il travailla »*«cM. Pelletier avant de sortir. Monseigneur courut le ^glier avei*. les chiens de M. le Duc dans la forêt de Saint- ^>^nnain. — Le roi a donné a M. de Langeron^ lieutenant Sénéral de la marine, la lieutenance de roi de Bretagne^ v^nte par la mort de M. de la Coste^ son beau-père ; il y ^voit âOyOOO écusde brevet de retenue sur cette charge. >. le comte de Toulouse l'avoit demandée au roi pour 1. de Langei'on. — On avoit parlé dès le mois de novembre passé de rappeler M. Turgot de Tintendance de Iktz et d'envoyer en sa place M. de Saint-Contest ; cela s exécute présentement. On croit qu^on enveiTa M. Turgot dans une autre intendance , et on parle pour lui do celle ^ Toupaine ; mais cela n^est pas encore entièrement féglé.

Hardi 27^ à VersaiUes. — Le roi ne sortit point de ^telajoiynée. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne allèi'cnl diner à Heudun ; ils y vouloient jouer

au mail ^ mais le vilain temps les en empêcha. U a laissa pas que de s'y promener beaucoup. Il étoit allé sM dans sa petite calèche^ et au retour il se mit dans son cai rosse , où M. le prince de Conty ^ M. le comte de T<n louse^ M. de Liancourt et moi y étions. Monseigneur duc de Bourgogne avoit amené avec lui M. de la Rock Guyon^ H. d^Antin et M. d'O. — M. de Ch&teauneof moi rut dans sa maison de Chàteauneuf. H. de la Vrillière^ m iils, en eut la nouvelle ici après minuit ; il étoit sécrétai d'État et greffier de Tordre du Saint-Esprit. II y a déjà sept secrétaires d'État dans cette maison^ dans sa branc ou dans celle de Pontchar train. Il étoit de la branci aînée et laisse de grands biens à ses enfants. U n'en que deux, qui sont le marquis et le chevalier de la Vrillièi Le duc de la Feuillade avoit épousé sa fille , mais elle < morte sans enfants.

Mercredi 28 , à Marly. — Le roi, étant encore au 111 Versailles, et avant que les premiers gentilshommes de chambre fussent entrés, trouva bon que H. le chancelii qui étoit à la porte attendant son réveil . lui vint parle C etoit pour apprendre à S. M. la mort de M. de Ghàtea neuf et lui demander la charge pour le marquis de la Vr lière^ quoiqu'ils ne fussent pas trop bien M. de GhAtea neuf et lui. S. M. a accordé cette grâce à M. le chanc lier, et l'on a appris ensuite que le marquis de la Vrilliè épouseroit mademoiselle de Mailly dès qu'elle aur« douze ans accomplis, ce qui sera dansquatre mois. — Lei [>artit de Versailles pour venir ici aussitôt après son din« Monsieur et Madame sont du voyage. Monsieur se trou fort incommodé le soir. Madame la duchesse de Charti est demeurée à Versailles toujours fort languissante. M. Prince est à Paris avec la fièvre , et doit s'en aller inc samment à Chantilly.

Jeudi 29, à Marly. — Le roi dîna ici de bonne hei et puis monta en carrosse avec madame la duchesse Bourgogne et alla dans la plaine d'Ouille, où il fit larev

MAI 1700. m

de «8 ligaments des gardes françoises et suisses^ qui sont lialullés de oeuf et qu'il trouva plus beaux que jamais. Le roi et la reine d'Angleterre étoient à la revue. Le roi 3e promena le soir dans ses jardins et puis alla chez Monsieur, qui avoit été malade toute la journée. Monseigneur oourat le loup et au retour de la chasse donna à diner dans sa chambre à ceux qui avoient eu Thonneur de le siaivre. — On ne sait point encore qui aura la charge de greffier de Tordre du Saint-Esprit ; il y a 80,000 francs de brevet de retenue à payer à celui qui Faura; elle vaut * fiyOOO livres de rente, et on n' est point obligé de faire des preuves non plus qu^\ celles de grand aumônier et de trôner de l'Ordre.

Ymdredi 30, à Marly. — Le roi se promena tout le joar dans ses jardins. Monseigneur courut encore le loup. Monseigneur le duc de Bourgogne, au retour de la chasse , jcoa au mail. — M. le comte de la HaiH^k, fils de la comtesse de Furstemberg, épouse mademoiselle de Rohan. M. le duc de Rohan , son père , lui donne en mariage (oor 50,000 écus de terres en Normandie, qu'il a eues de K. de Vardes, son beau-père. M. le cardinal de Furstemberg ^ooe au comte de la Marck les V0,000 écus dont S. M. Ta . ?fatifié depuis quelques mois, et cela pour assurer en ^fancele douaire de la mariée, parce que, tout le bien du ^m\e de la Marck étant en Allemagne, on ne i)ouvoit assurer le douaire* par ailleurs, l^e cardinal fait encore ^*eiiucoup d'autres biens au comte de la Marck, pour qui il ^ toujours eu beaucoup d'amitié. — On propose au roi une loterie de dix millions dont les billets noirs seront des ■^Biesà vie; on croit que cela s'exécutera incessamment, *ï^»iscela n'est pas encore entièrement réglé.

Samedi V'mai, à Marly. — Le roi, Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le lièvre ^vec les chiens de M. le comte de Toulouse. Le soir, chez ™*dainede Maintenon, les musiciens du roi chantèrent la ™Qâque de la tragédie d'Esther. Monsieur est entiè-

ait JOURNAL DE DANGEAU.

remeat guéri de son indispositioii. ^^ tl HffiTa en eM#i rier de H. de Tallard ; on croit qu'il apj^rte de bdnlMÉ nouvelles et on paroit ici oontent de la conduite an rd Guillaume. — On mande de Hambourg que le roi de DaiM» mark^ aprds avoir pris tous les forts du Holsleiii , a têSA investir Tonningen. Les Suédois font marcher beauMUf de troupes en Livonie. — On a envoyé au marquis d'Harcourt son congé pour revenir ici incesseimment. LacomteSM de Perlips a enfin quitté la cour de MadHid pour retouNiei en Allemagne ; elle emmène son fils et sa nièce^ à qui k roi d'Espagne a promis la Toison pour celui qui Vêpath seroit.

Dimanche 2 , à Marly. — Il y eut conseil le matin et, Taprès-dlnée^ le roi alla encore courre le lièvre avec les chiens de H. le comte de Toulouse. Madame la dudiesii de Bourgogne aile avec madame de Maintenon et sAi dames entendre complies à Noisy ; au retour elle se pfc: mena avec le roi dans ses jardins jusqu'à la nuit. — (H répéta chez madame la princesse de Gonty un motet e musique qu'a fait M le duc de Chartres et qui sera chaii^ par les mêmes gens que celui que le comte d'Ayen a fai à Meudon ; on se jette plus que jamais dans le go4it de musique. — H y a des nouvelles de particuliers « Londres qui disent que lesÉcossois se s<mt encore rendu maîtres du poste de Darien ; cette nouvelle a l>esoin cl< confirmation. — Les Espagnols font uA assez grand armement à Cadix; on ne sait si c'est pour envoyer de ce oMéià ou pour faire lever le siège de Ceuta, qui continue toujours.

Lundi 3, àMarly. — Le roifit le matin en détailla revut de ses quatre compagnies des gardes du corps dont il fu* plus content que jamais ; il revint dîner ici. L'après-dinè il travailla avec H. Pelletier^ et sur les six heures alla si promener dans ses jardins avec madame la duchesse d Bourgogne. Le soir on chanta chez madame de MaintencM le motet qu'a fait M. le duc de Chartres , et madame 1

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