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princesse de Gonty , qui y chantoit, voyant quelques cour-
timis qui y étoient entrés, pria le roi de les faire sortir^
disant qu'elle ne vouloit pas chanter devant ceux à qui
eQe Q^étoit pas accoutumée y et les courtisans sortirent.
-— H. de Calvisson, un des trois lieutenants généraux de
Lugaedoc, est mort en ce pays-là. Il n'a plus de garçons ;
UD'aqu'onefille, qu'il a mariée à Cal visson, son frère, que
noHS avons vu longtemps servir dans le régiment des
gardes, et une autre fille qui est encore à marier.
Kirdî fc, à Marly. -^ Le roi tint conseil de finances le natin, etPaprô^-dinée il fit encore la revue de ses gardes du corps. Le roi et la reine d'Angleterre y vinrent , et ^rès la revue la reine d^ Angleterre remontant dans son earrofise pour retourner à Saint-Germain^ un valet de pied loi prit les doigts dans la portière^ dont elle saigna fewcoup. — H. du Maine a demandé au roi très-fortement 1* lieutenance de roi de Languedoc vacante jKîur Calvisstm le cadet et gendre de celui qui vient de mourir. Ou ^v^tque S. M. la lui accordera pour augmenter encore i^ crédit de M. du Maine en Languedoc et pour faire voir ^ toat le monde la considération particulière que le roi * pour M. du Maine. Il y a 20,000 écus de retenue sur ^ charge, et elle vaut 18 ou 20,000 livres de rente. Elle avoit coûté à Calvisson près de 200,000 francs.
Mercredi 6, à Marly., — Le roi tint conseil le matin à
^ordinaire, et, Taprès-dlnée, le roi ne sortit quW si\
"fiWeset alla recevoir le roi et la reine d'Angleterre dans
*8Jardins, Ils s'y promenèrent jusqu'à la nuit, et ensuite
lA. KM. BB. furent enfermées avec le roi dans son cabinet
JQsqo'à neuf heures , et puis la reine vint au lansquenet
flïcttre à la réjouissance, ne pouvant tenir les cartes A
cause du mal qu'elle s étoit fait le jour d'auparavant. — Le
roi donne à H. le marquis de la Vrillière la charge de
greffier de Tordre du Saint-Esprit qu avôit M. de Chàteau-
neuf, son père; mais S. M. fait passer l.i charge pour
quelques jours sur la tète de M. le chancelier, afin qu'il
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porte le cordon bleu "". M. de ChAteauneuf avoit «looie 4 petit gouvernement près de ChAteauneaf^qiiele nn doM aussi à H. de la Vrillière. "-
* Void ce que cest que ces râpés, et fabos du total. Lat.fHi grandes charges de TOrdre sont vénaies. Les deux premières fi preuve comme les chevaliers ; les deux dernières n'en font point L titulaires, toujours gens de faveur et presque toujours secrétaires dTtl ou ministres , ont commencé par obtenir des survivances pour loi eofants, moyennant quoi le père et le fils ont porté FOrdreca al^ temps sur la même charge. Ensuite ils sont venus à la vendre au ta de plus de vingt ans de possession , et ont établi qu*au bout de flm ans ils garderoient FOrdre comme officiers vétérans en vendant taj Hiarg^ ; puis ont introduit qu'à la vente ou au don d^une duurge, ( exemple en don comme au cas dont il s*agit, on tait sembiint è^ doiuier à un honune qui en prête le serment et en a despioriiiwu^s. de convention faite, cet homme, au bout de quatre jours, b nmâ celui à qui le vrai dessein est de la donner, ou qui d>bord Ta achetf auquel cas on simule deux ventes. Le premier des deu\ garde TOidn et Tautre, à qui la charge demeure, le porte aussi , et c'est le pniHi qui ne Ta eue que quatre jours qui s'appelle un râpé. Mais ee fÉl ont fait de plus rare , c'est qu'à ces vétérans et même à ces rapéa a expédie un brevet de promesse d'être fait chevalio* de rOrdhre i I première pronK>tion , et eu même temps de porter TOrdre en M» dant ; et cela à gens de robe ou de plume , et d'état avec lequel il toA incompatible d'être chevalier de l'Ordre.
Jeudis, à Marly. — Le roi se promena le matin dans ses jardins avec mesdames de Maintenon^de Chevreuseei de Beauvilliers , et Taprès-dlnée avec les mt'^mes dames qui furent jointes bientôt après par madame la duchesM de Bourgogne et les dames qui ont accoutumé de la suivre. Avant qu'elle eût rejoint le roi, S. M. fut près dVtrerett versée dans un petit chariot qu'il mène par devant avei une manière de gouvernail et que les porteurs poussen par derrière. I^s porteurs n'eurent pas la force de reteni ce chariot î\ une petite hauteur que le roi montoit à eût des degrés, et S. M. fut un moment en Tair ; mais avec s présence d esprit ordinain* il se tira de cet embarras-lA et lit grancrpenr aux «•ourtisiins qui le sui voient. — Lesoii
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iftte son souper^ le roi donna à M. du Maine la lieute- UMe de roi de Languedoc pour en disposer à son gré , f* M. du Haine sur-le-champ envoya à Calvisson , qui est •mvé à Paris y et lui manda cpie le roi lui accordoit la dwgede son beau-père et qu'il en vint remercier S. M. Tmirtdi 7, à Marly. — Le roi fut quelque temps le ■iliDenfennéavec H. rarcbevèque de Paris^ quiétoit venu ift Pferis au lever de S. H. On apprend par les lettres de lomeque cet archevêque a la nomination du roi au cardiiilat,maisc*est encore un secret ici. On croit même que kptpe fera la promotion pour les couronnes dès qu'il y vnan troisième chapeau vacant. — Le comte de Cass<^ M hier reçu au parlement duc de Brissac. Le premier fi^Mdent fit un discours fort sage sur la nécessité* où s«» Convoient souvent ceux qui dévoient succéder aux duchés de se ruiner pour conserver la terre où la dignité loit attachée , et qu'il prioit les ducs de trouver bon f^i représentât au roi ces inconvénients-là dont on avoit ^ plus que jamais en cette occasion ici. Il prit même IwB voix pour avoir leur approbation sur ce qu'il avoit CQtie de proposer à S. M. Son discours fut fort beau et lort obligeant pour les ducs. Tous les princes du sang iw étoient ici se trouvèrent à Paris à la réception du I doc de Brissac et revinrent ici le soir. M. le duc du Maint* f «ti. le comte de Toulouse y revinrent pour être nu dîner Ai roi.
Smeii 8, à Versailles. — Ixî roi se promena tout le mifin et toute Taprès-dlnée en calèche dans les hauts de Marly. Sur les sept heures, il revint se promener dans les jardins et entra un moment dans le pavillon des l>ains, où se baignoit madame la duchesse de Bourgogne, enmile se promena jusqu'à la nuit et puis revint ici. Monseigneur alla de Marly dlncr à Meudon, où il demeurera quelques jours. Monseigneur le due de Bourgogne, sorfauit de dîner à Marly , alla à Meudon jouer au mail avec Vonseigneur et le soir revint ici souper avec le roi. —
509 JOURNAL OU, UAMGKAlf.
.Nuiih appriiues l'exil de Al. le cardinal de Bouillon ; w l>ruil-là avoit couru à Marly, rt nous en eûtiues la certitude en arrivant ici. S. M. lui a envoyé ordre de quitter âiicessauuaenl Rome, de revenir en France dès qu'il auroit re<,*u c-4^t ordre et de s'en aller dans son abbaye de Tourniis ou c^lie de Cluny. — Le marquis de Nesuiond prit con^é du l'oi ; on l'envoie en poste à Toulon ('ommander une «^sc^^div de vaisseaux que le roi y fait armer.
IHmatiche 9. à Venailles. — Le roi fit prêter à M. le clianc4?lier le serment pour la charge de greffier de Tonliv du Sitint-Esprit, qu^il nVxercera que quelques joui*s, et puis il la remettra à M. le marquis de la Vrillière. — S. M. alla TaprèsHllner se promener à Trianon, où l'on achève beaucoup d'ouvrages que Ton a commeoces cette année. On va faiiv aussi travailler à Foatainehleau.où il n\ a plus présentement assez delogemeot& pom' la cour» qui grossit tous les Jours. Le roi pour cela fait doubler la i^rande galerie de Diane ; il y aura quatre beaux logements de plain-pii>d à Tappartement du roi, huit logements moindivsen Ixaset seize petits logements eu haut. thici*oit que ces i[uativ logements si plain-pied du nù s<»i\»at |K.mr des princes du siiag. On ne travaillera à ce lii\timent que rannée pi\>chaiue. — Ia» soir, M. de INiiitchartrain donna a l'ablie de Vaul)run une lettre de cach«»t par lufuclle S. M., a étant point contente de lui, lui oi-vluniic de s en aller a .V*rrant en Anjou chex X. de Serrant, s^ui çrand-|H»rc, qui a plus de quativ-vingtsauset qui arrive à Pans, où il ctoit venu plus pour avoir encore le plai>irile \oir le nu que pour auti-e ;dffiiire.
Luntli 10, (I ViftutilUs. — Le nu jugea le matin au cous^»il lie-» dep'chcs ralïaire de M. l'ablié de Luxem- U»aru sur Tortlre ilu Siiuit-tspril de Montpellier .t . liet
I «iti .tit i|ii%' ivt ttnifv fil Nitiit.t'x|in» .i\«Ht •'t»' iii<4i(ift»' 4 Romi». Mm* |p
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abbé , durant la vie de M. de Luxemhouru, mu\ pèi-e, avoit eu du roi des provisions de la fj^mnde maîtrise dti cet ordre; ilespéroit pouvoir obtenir des bulles de Rome t*t ensuite être en droit de faire des chevaliei*s ; mais les ecclésiastiques de cet ordre ont soutenu qu'il étoit purement régiilier. Rome n'a |K>int voulu donner de bulles, et cette affaire^ qui dure depuis cinq cm six ans, ayant été rapportée devant le roi par M. de Marillac, M. rai>lM- de LuxeinlK>ur{c a été condamnédans Uma les chefs , et de dix-huit voix il n'eu a pas eu luie pour lui. On a ordonné qu'il rapportera les provisions de la ^^rande maîtrise , qui seront nulles, ayant été données sans connoissance de cause. Un |)articulier, dont j'ai oublié le nom, qui a^n^^it en cette affaii*e-là pour l'abbé de LuxemlM*urfr a été envoyé en prison |>our des sottis(>s qu'il a voit dites contre M. de Gourgues^ procureur général de la commission. — Après le dîner, le roi travailla avw M. Pelletier et puis alla se promener A Trianon.
Mardi 11, à VerMilles. — Le roi s'alla pnmiener à Trianon après le dîner. Monseigneur le duc de Bourgogne alla à Meudon , courut le cerf avec Monseigneur, y soupsi .ivec lui et revint ici à Li lin du souimm* du roi. Madame la iluchesfte de Bourgogne passa sf)u aprés-dinée à la Ménagerie. Monsieur et Madame allèrent lundi à S;iint-<^loud pour y passer une partie de l'été. — Le roi a donné fiu comte de Bueil, colonel d infanterie réformé, une liension de 500 écus. — Pointis, chef d'e.s<*adre, a passé l«f détroit avec quelques vaisseaux du roi et (|uel(|U(\s ga- If-res, dont le commandant ^ (jui est le clievalier de la Paille terie, a ordre de lui ol)éir et va faire la guerre au\
ugrioiMt une mM\ Uanctlie, et les chevaliers «le Moiit|»eUi«T rtim'ut une tr^m^tMt dft cfi ordre. lU avoient pnMendu a\oir un ^rand maître jii<l<>|N'iHl<uit il rriui et R(Nne; etetiefTist M. «le LuxemlMMirg en a\oi( ohteiin des pmviuum»àunÀ. Hall cette prétciiti<m fut détruite fianiQ amH du «iinsi'il, <|iii jnitra «!«•• rrf imlre «^iHrnciilier. ( A'o/e titi <iw th iMifM^s. •
tm JOURNAL DE DANGEAU.
Salétins. lia écrit ici depuis avoir passé le détroit et mai i M. de Pontchartrain qu'il espère pouvoir entrepren quelque chose dont on sera content.
Mercredi 12, â Versailles. — Le roi alla Taprès-dl à Marly , où il se promena jusqu'à la nuit. Mouseign revint de Meudoa ici le soir ; madame la princesse Conty y avoit été dtner^ et Monseigneur la ramena, roi avoit tenu son conseil le matin jusqu'à deux hei après midi, afin de donner congé à ses ministres pou jeudi. — La duchesse de Charost est à Pextrémii Paris; on avoit même déjà mandé ici qu'elle étoit mo! Elle est fille du marquis de Baule, gouverneur de De lens, et est fort riche. Le duc de Charost avoit épousa premières noces une fille du feu prince d'Épinoy^d il a des garçons ; il en a aussi de cette femme ici. Le à son mariage , lui donna le gouvernement de Do lens, qu'avoit feu son beau-père.
Jeudi 13, à Versailles. — Le roi. Monseigneur, ni seigneur le duc de Bourgogne courui*ent le lièvre i les petits chiens de M. le comte de Toulouse. Le roi vit prendre trois, et puis il vint se promener à Trian Monseigneur en vit prendre encore un quatrième et vint ensuite trouver le roi à Trianon, d'où ils ne vinrent qu'à la nuit. — Il arriva un courrier de R< cjue M. le cardinal d'Estrées envoie pour rendre con au roi des démêlés que cette Éminence a eus avec le ^neur Erizzo, ambassadeur de Venise; ces dém avoient commencé ici en France du temps qu'Erizs étoit aml>assiideur; ils ont continué à Rome avec hi coup d'aigreur do la part de cet ambassadeur, qui dernier lieu a fait un écrit tros-offensant contre le < dinal d'Estrées. Il paroi! que le roi approuve la < duitede cette Éminence. Le courrier qui a apporté lettres a ti»oavé à deux journées de Rome celui qui p au cardinal de Bouillon Tordre de s'en aller en dans ses abbayes de Bourgogne.
Vmdndi ik, à Vermilles. — 1^ roi tint après dîner le conseil de dépêches, qu'il n'a accoutumé de tenir que leslundis, de quinze jours en quinze jours, et au sortir (hoDDseil il alla se promener à Trianon, où S. H. ira bat quelque séjour après la Pentecôte. Monseigneur eoarut le loup ; monseigneur le duc de Bourgogne avoit envie de le suivre à la chasse ; mais il demeura pour le comeil, qui est le seul où il entre jusqu'à cette heure. — Q arriva ces jours passés une afTaire H Paris entre deax jeunes gens, dont Tun est de même maison que le nvéchal de Boufflers et qui est officier dans les gardes Innooises; l'autre s'appelle Bauquemare, fils de la préiidented'Osembray. Ce dernier fut fort blessé; il dit d'abord qu'il s'étoit battu. La justice^ informée de cette af- Ure^ le mit en prison tout blessé qu'il étoit; il y est mort depuis. Boufflers^ dès le jour même que l'afTain) arriva, prit la fuite. Le parlement en i)rend connoissance , v{ le roi a ordonné qu'on exécutât son édit contre les duels dtns toute sa rigueur.
Samedi 15, à Ver$aille$. — I-.e roi alla l'api^ès-dinée se IWDmener à Marly. Monseigneur courut encore le loup ; iiioaseigneiir le duc de Bourgogne étoit à la chasse. Mon- 'ôgoeur soupa au retour chez madame la princesse de ^ty et puis joua au brelan. Monseigneur le duc de II^Hirgogne demanda ces jours passés de l'argent au roi , ^ni loi en donna plus qu'il n'en demandoit, et en le lui donnant il lui dit qu'il lui savoit le meilleur gré du ■nonde de s'être adressé k lui directement sans lui faire prier par personne , qu'il en\usàt | toujours de même avec oonBance, qu'il jouât sans inquiétude, que Tai'gent ne lai manqueroit pas, et qu'il n^étoit de nulle impor- ^uice à des gens comme eux de perdre. — Le mariage ^ M. le marquis de Montpeyroux avec mademoiselle de Har\ille se fit à Paris dans la fin du mois passé. — Par les dwnières lettres d'Espagne, on apprend «jne le n>i est revenu k Madrid; on parle très-incertainement de sa
..!•• JtH K>AL IIK UA.NGKAl». -
^nté; un n'a point encore nouvelle qUe le marqui^^ d'Haroourt en mH parti.
Dimanche 16. à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnfe se promener à Trianon. Monseigneur et madame la durhesse de Bourgogne, au sortir de la messe ^ tinrent sur les fonts M. le prince de Dombes et le nommèrent Louis* Aueuste, comme M. son père. — Le marquis dHuxelles ♦•si ici depuis quelqm^s jours. (Test Laulianie , gouverneur de Neuf-BrisHch , qui commandera en Alsace eti son absence: il est marêi*hal de camp. Mêlac^ gouvemeut* de landau, ancien lieutenant général, espéroit commander dans la province en labsence du marquis d'Huxelles. — Le iH>i a ivglé que ceux tjui auront des lois A la loterie de dix millions ciu'il fait poummt partager à leur \olonté la ivnte viasère qui leur sera i^chue ponrvn que la piuiion ne soit pas moiudn* tpie 25 ecUs; ainsi les jLiens qui mettent plusieurs ensemble sous le mi^me nom pfuirront [partager leur gain facilement , et le nom sou^ lequel on aura mis ne >era regardé que comme une devise on un dicton pour reconnolti'e les metteurs.
Lunfti il, à Ver failles. — Le roi alla tirer et puis retint se ]>n>mener A Triaiion. Monseigneur alla dîner à Neudon et revint ici le siûr. — Le ii>i envoie M. de Calicresà M. le duc de Lorniine pour lui porter le traité lait tMitr«» S. M. le r<»i d'Angleterre et la Hollande en cas i\r inori du n>i d'Kspagnc s;nis enfanis. Par ce traité on donm* le duché de Milan à M. de Lorraine, jMnirvu ip^il ***cn.uaî;«', dés qu'il «mi sera paisible possesseur, de ct^der la duché d(» Lorraine à la Franco pour être unie à la couiiunic. On ne doute pas que ce duc ne reçoive avec plaisir cetle n<uivelh\ le duché de Milan étant bien plus considéra l>lc par toutes miHcs d'endroits que la Lorraine t)n compic que le iluché de Milan vaut douze millions v\ la L«)rraiiie n'en vaut i|ue deux tout au plus.
MardiiH.à Versailie^. — Le roi allaraprcs-dlnéesepit>uii'iH rà MarU . S. M. lil pivhM-, le inaliiu à M. le inarcpii^dc
MAI I7(N>. :{fi
h VriUi^, \e serment pdur lacharp^e de secrétaire ou ^i«ef- Serde Tordre do 8lùtitrEst)rit> que M. le chancelier lui h remis, — On notifiH aux ambassadeurs d'Kspaf^De, dv (eomet à l'envoyé de l'empereur le traité fait iKiur hi ^oceasion d'Espagne ; on en a même donné des copies à ■ceiÈX qui en ont demandé. M. de Villars, notre envoyé à Vienne, et Tenvoyéde Hollande qui est en ce |)ays-là doivent TaYcir notifié à l'empereur dès le ecmmiencemenl de oe mois. Q n'y a point à Vienne d'envoyé d' An^; leterre ; 'mais celui de Hollande a parlé de la part du roi d'Angleterre aussi bien que des États Généraux. Par ce traité on donne trois mois à l'empereur pour l'accepter au nom de l'arcbidno son second iils; mais s'il refuse de le signer au boiit des trois mois, le traité porte qu'il n'y pourra plus être reçu. Il n'auroit pas été juste (|ue le roi ^t Honsei- {frneiir eussent été obligés et que Tempereur et l'archiduc ne le fussent pas.
Mtrertdi 10, à VersaillM, — * Le roi alla tii*er Taprèsdlnée , mais la pluie le lit revenir de fort lionne heure. Monseigneur joua toute Taprès-dlnée ;hi hrelau chez madame la princesse de Gonty. Madame la Duchesse devoit 10 ou 12,000 pistoles du jeu, cjudle se ti-ouvoit hors d'état de pouvoir payer présentement ; elle écrrvit ces jours passés à madame de Maintenon pour lui conter rembarras dans lequel elle se trouve*.. Madame de Maintenon montra sa lettre au roi, et S. M. prit en même temps le parti de faire payer toutes les dettes du jeu de madame la Duchesse. Pour cela il a donné ordre à Lan^^rlée, que madame la Duchesse honore fort de sa coniiance et qui est homme fidèle et d'un i^rrand ordre , de faire un mouioii'c exact de tout ce qu'elle pouvoit devoir du jeu. 11 y travaille et a déjà reçu de l'argent i>our en payer une partie: il en doitencon* toucher au (*<mimenceuuMit du mois qui %'ient. Le roi n'a pas voulu que madame la Duchesse l'en refiu?n*iât ; mais il Ta fait r\hc>rt<M' à ii<' plus j'ain' <lr drttp.s. «I »'llo la promis. M. le Duc n'a rien su ni des deltr^
313 JOURNAL DK DAKGEAU.
ni de ce que le roi fait présentenieni pour les pt] JewU 20; jour de PÀ9cm$i(m^ à Marb/. — Ld nitendit vêpres à Versailles et puis alla voir oourre le Ui aux chiens de M. le comte de Toulouse. Après la duM vint ici^ où il se promena jusqu'à la nuit. Monseignaa toute la maison royale étoient à vêpres en haut avec lej Madame la duchesse de Bourgogne avec toutes ses dai étoit à la chasse dans une nouvelle calèche que le ru II donnée. Monsieur, Madame et H. de Chartres ne sont p< de ce voyage ici ; ils sont demeurés à Sûni-Cloud. Madi la duchesse de Chartres etmadame du Maine, qui se) tent mieux, sont ici. M. de la Vrillière y est pour la ] mière fois. — IjCs mémoires que les gens d'affaires dm donner & M. de Chamillart, pour vérifier les profits qi ont faits dans les traités, sont presque tous donnés et i minés ; il est de ce voyage ici et il espère pouvoir, a^ la Pentecôte, avoir tout examiné et en pouvoir rendn roi un compte juste et exact, après quoi S. M. n'aora] qu'à décider, et il le fera avec connoissance de cause Vendredi 21, à Marly. — Le roi se promena le mi et Taprès-dinée dans ses jardins. Monsieur vint 1 matin de Saint-Cloud à Versailles voir le roi. S. M. parla du traité fait avec le roi d'Angleterre et les É Généraux sur la succession du roi d'Espagne ; et aprèi en avoir dit beaucoup de détails , elle ajouta qu'il p voit en parler publiquement, que ce n'étoit plus un cret qu'il fallût garder. 11 est porté dans ce traité que V pereur ne pourra faire passer l'archiduc en Espagne dans le Milanois sans que cela soit regardé comme ini tion à la paix. Cependant on mande d'Italie de plusi< endroits que l'archiduc veut venir à Aquilée, où il s'embarquer pour passer dans le royaume de Naples oognito, et qu'ensuite il prendroit son temps pour pa en Espagne ; en ce cas- là il pourroit trouver de nos ^ seaux dans la Méditerranée qui raccompagneroient. Samedi 22, à Marly. — Ixi roi se promena le m
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; dam lesliaute de Marly et raprès-dinéc dans ses jardins I ivec madame la duchesse de Bourgogne. Monseigneur et aoottignear le duc de Bourgogne coururent le loup. — Lb in a fût mettre aux Madelonnettes la marquise de Ibalpoiiillan; son mari^ qui est en Hollande depuis plus de qBarante ans, étoit fort mécontent de sa conduite et aïoit écrit ici aux ducs de la Force et de Lauzuq^ qui sont dmème maison que lui^ pour obtenir de S. M. qu'elle isitenfermée. Elle étoit venue Tannée passée de Hollande ifuiaiaiis son consentement avec M. Bosc, maître des nqièteSy qui avoit soin de sa subsistance. M. de Montpomllan avoit épousé en premières noces mademoiselle ^Hayerae^ qui étoit fort riche^ en secondes noces made- MieUe de Brederode^ et en troisièmes noces celte femme M»qm n'avoit ni bien ni naissance.
JMiMMcAeâS, à Marly. — Le roi fit rapi*ès-dlnéc la re-
vaede son régiment qui est campé ici près, dans le camp
^ Tannée passée ; il étoit demeuré durant tout Thiver un
pftfid détachement pour travailler ici. Monseigneur et
Monseigneur le duc de Bourgogne étoient avec le roi. —
I* le comte de la Marck épousa à Paris mademoiselle de
loban, fille du duc. La noce se fit à la place Royale^ chez
' k père de la mariée , et le cardinal de Furstemberg les
Baria i^près minuit dans la chapelle de la maison . Le curé
de Saint-Paul y étoit, qui dit la messe ensuite. — M. le
Oûmtede Poitiers, Franc-Comtois, a permission du roi de
vendre son régiment. La paye en est plus forte que celle
des régiments françois, mais moindre que celle des ré-
^imeats allemands et italiens. Il a déjà trouvé des gens
foi loi en offrent 20,000 écus.
Lundi iky à Marly. — Le roi travailla Taprès-dlnée ivecM. Pelletier et puis se promena dans ses jardins avec aadame la duchesse de Bourgogne jusqu'à la nuit. — [sdame Tabbesse de Nidoiseau en Anjou est morte ; elle tdit sœui- de M. le duc de Beauvilliei^, qui ne veut point u'oa eu porte le deuil, et étoit fille d'un grand mérite.
S14 JOllRINAL t>K DAl^GKAU.
— La princesse ÉlisalK?lh, palatine des Deux-Ponts, à qai le roi donna une pension Thiver passé et qui eftt à Puis depuis ([uelque temps, s'y est fait instruire de la religion catholique et fit son abjuration aux PP. de FOratoire le! pi*emiers jours de ce mois ; madame la Priuoeme y assisfai.
— Le baron Lillîeroot , ambassadeur de Suède en Hol* lande , presse les États Généraux de donner au roi son maître le secours qu'ils sont obligés defouruif , et comme ils ne le peuvent pas par un secours d'hommes, h cause que rév^([ue de Munster ne les veut pas laisser passer dans ses États, il le demande en arpent. Par le dernier traîtévil prétend avoir le choix de demander l'un oil Tautre.
Mardi 25, à Marly. — Le roi, qui tient le conseil toils les luHtins A son ordinaire, passe l'aprës-dinée A Toir travailler ses ouvriei*s dans les hauts de Marly ou A se promener flans ses jardins depuis qu'il est ici. Il a vn chasser les chiens pour le lit^vre du petit Bontemps , et a pris assez de ))laisir A cette chasse. — Dans le traité nouveau avw le roi d' Angleterre et les États Généraux il y a un ;irticle en faveur de M. de Vaudemont, présentement gouverneur duMilanois, et cjui conlirfue ce qui avoit été réirlé dans le traite'» de Kyswyck, sur quoi M. de Lorraine f«soit quelques difficultés ; c'est pour laisser A M. de Vaude^ nionl Bitche et sf»s dé|)endîuices. — On mande d'Espagne «jueS. M. C. continue A se p(»rter assez bien. En revenant de rKsciuMîd, elle n'a fait ([ue passer dans Madrid et est allcc à Aranjuczpour y demeurer quelque temps. Lai^mtesse (le Perlips, qui s'en va en Allemagne, est arrivée auprès de Paris, où elle <loit <lemeurt»r (juclques jours ; elle n'a pas voulu entrer dans la ville. — Monsieur vint ici de Sainl-<]loud dîner avec le roi r\ s'en retourna en sortant de tnblc.
Mercrefli !20. à Marly. — Le roi si» pi*omena toute Taprcs-dlnée dans ses jardins avec nïadame la duchesse de Houruounc. — M. Ir ronitr dr Saintr-li(M*min<'. frèiT «Iné dr inadanu* de Ma il I y cl ipii rient ca pi lai ne de vaisseau.