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mourut à t'aris; il laisse beaucoup d'enfante et peu de bien. On erotique S. M. aura la bonté de douner Une pension à sa veuve. Il est mort encore un autre capitaine de vaisseau qui s^appeloit Bidaut^ fort ancien officier. — On mande du camp devant Tonning-en^ du 13 de ce mois, que les Danois avoienl attatjué et emporté deux redoutes fort t>rës de la ville, et qu'on doit incessamment ouvrir la tranchée pour attaquer la ville dans les formes. On songe fort à secourir cette place, et il se forme dans le duché de Brème un camp des troupes de Suède et de LunelK)urg. D'un autre, côté les Suédois font marcher des troupes de Finlande pour aller au secours de Riga ; mais le manque d\irgent fait que tout cela va fort lentement.
Jeudi 27, à Versailles. — I^ roi partit de Marly en sortant de son dîner et alla à Saint-(îermain voir le roi et la reine d'Angleterre. Monseigneur avoit été les voir le jour d'auparavant. Le roi repassa àMarly en revenant de Saint- (;ermain et s'y promena jusqu'à la nuit; madame la duchesse de Bourgogne s'y baigna et ne revint ici que pour le soujier du roi. Monseigneur partit de Marly A deux heures et alla à Meudon, d'où 11 ne revint ici que pour le souper du roi. — Le roi a donné VOO francs de pension, à la veuve du comte de Sainte-Hermine , moil ces joui's passés à Paris. — Il arriva un courrier de M. de Bavière qui repasse ici revenant d'Espagne A Bruxelles ; il partit de Madrid le 18. Le marquis d'Harcourt , notre ambassadeur, a pris son audience de congé il y a longtemps , mais il n'est pas encore parti de Madrid. Ceiwndant il a reçu ses ordres pour revenir, et l'on l'attend ici incessam- ' ment.
Vendredi 28, à Versailles, — Le roi alla tirer et puis rt'vint se promener à Trianon. — On a reçu des lettres de Home du 1 1 de ce mois où l'on ne parl«» point de Tordre que le i^oi a envoyé à M. le cardinal de Bouillon; ainsi le courrier qui a |M)rté cet oi'dn^ n'éloit pas arrive ;i Konie a\ant que Toixlinain- en partit. I^e bruil a\oil
S16 JOURNAL DK DANGKAU.
couru de la mort du cardinal Cibo , mais cela ne s point trouvé vrai.
Samedi 29^ à Versailles. — Le roi fit ses dévotioiii toucha plus de deux mille malades. Après le dlM alla à vêpres et puis s'enferma avec le P. de la Chi pour la distribution des bénéfices^ qui fut fort pel L'abbé Poisson eut une abbaye à Angoulème vaut 1,000 écus, et un grand vicai^ de M. deC Ions eut un bénéfice vacant par la mort d'un grand caire de M. de Paris (1). — Madame la duchesse de Bo gogne alla le matin à Saint-Cyr, y fit ses dévotioiu dîna et n'en revint que le soir. — Madame de LisoQ iille d'honneur de Madame, épouse M. des Chiens, fifa celui qui est dans les affaii*es. Le père et la mère garçon n'y donnent point leur consentement, quoii Monsieur et Madame, en considération pour madanw Liscoét, leur aient fait Thonneur de leur en parler. I {wuseur a trente-cinq ans passés, et le mariage sefûtj inclination de part et d'autre.
Dimanche 30, jour de la PetiiecôUy à VersailUs. — i*oi et toute la maison royale assistèrent à toutes les votions de la journée. Les chevaliers du Saint-E^ qui sont ici en fort petit nombre accompagnèrent le à la messe^ où M. deNoyon, prélat de TOrdre^ officia. Le soir S. M. travailla avec M. de Chamillart à réglei que Ton demandera d'argent aux gens d'affaires, i les profits ont été grands durant la dernière guci dans huit jours toute cette afTaire-là sera terminée on leur fera savoir la volonté du roi ensuite. — Mon gneur, après vêpres, alla à Meudon, où il demeurera,
vO •• s. M. « domié rabhii>e île Haut^fonUine, ordre tie ateiox,c CliAUHisen Cliampagne^ à Vàhbè Lagneau, do>en de Téglise cathcdrulede loiiN : cello du Roumet , onirc de Saint-Bi^ndt , diocèse d^.Xngoolte l'aMié Poisson, clerr de la Hiaiielle du n>i et chapelain de madaiM I chM9e de Bourgo^ie. >• ( Gazette de 1700, pafje 296. )
JUIN 1700. If 7
fn*A jeudi; il n'y a point mené de dames. — Le roi a ixmé à madame la première présidente de Bordeaux ne augmentation de 2^000 francs à sa pension ; je crois qu'eue ëtoit de 2,000 francs, ainsi elle en aura quatre. Ole est sœur du comte de Comminges.
bmdi 31, à Versailles. — Le roi prit médecine ; mais, eomme il étoit fête, le roi voulut entendre la messe dans k chapelle à son ordinaire ; il se leva plus matin, et'après k messe il vint se recoucher. Après le dîner il tint le eoDseil qu'il aaccoutumé de tenir les matins. Monseigneur Tint de Meudon pour être au conseil, et après le conseil 9 y retourna. — Le roi donna 2,000 francs de pension A M. de Villiers, ancien officier d'un mérite fort recimiui et qui a quitté le service il y a fort longtemps. Cetti^ nisoit-là avoit empêché S. M. jusques ici de lui faire des grices; mais sa pauvreté et son mérite ont déterminé le RRàpasser par-dessus ces considérations. Il a longtemps commandé le régiment des gardes, et ensuite lieutenant deschevau-légers de la reine, charge qu'il fut obligé de vendre par le mauvais état de ses affaires et par ses Mesures.
Jfordt 1" jtitn, à Versailles. — I^e roi alla l'apres- Anéese promener à Trianon. Monseigneur alla de Meud(»n àlopéra à l^ris et revint coucher à Meudon. Madame l,'i princesse de Conty étoit allée d^ici dîner avec lui , et *prh le diner elle alla à Paris aux grandes Carmélites voirmadame laduchesse de la Vallière, sanièrc, qui étoit fcrt malade et qui est présenteinent hors de danger. Marne la princesse de Conty alla retrouver Monseigneur à l'opéra. — Madame Tabliesse de [ Villemur], en Itouergue, est morte ; elle étoit lille du feu duc d* Arp^ijon inn premier mariage et par conséquent sœur de [^w ^ la comtesse de Roucy. — On mande de Londres que kroi d'Angleteri'e a fait les comtes de Pembroke et d'Al- '^roarle chevaliers de la Jarretière. Le roi d'Angle- ^^y qui est à Saint-Germain , au commencement qu'il
318 JOUR.NiL I)E DANGEAU.
fut en France remplissoii les chevaliers de la JAnetièni ji mesure qu il en vaquoit; il ne le fait plus prteril^ ment.
Mercredi 2, m VerfioiUes. — Le roi alla Taprès-^liif^ se pi'omener à. Marly . Monsei^^neur joua au inail à avec messeigneurs ses enfants, qui étoient allés le voir, monseigneui* le duc de Bourgogne y avoit dîné, -t L'assemblée du clergé commença à Saint-Germain. L'i clievéque de Reims y préside ; il est le plus ancîil iirchev«^([ue de Fmnce. — I/escadre que le roi d^Angk terre envoie dans la mtT Baltique mit îV la voile le 25 ' mai et va prendre celle de Hollande k la hauteur Texel; ils ne prétendent agir que comme garants (h traité d'Altona. — Le? courrier que Ton avoit envoyé M. le ciU'dinal de Bouillon revint hier; il étoit à Fm cati quand M. le prince de Monacx) lui porta la nouvelle de son exil(ij ; il s'évanouit presque enTapprai! nant^ et quand il fut revenu de sii surprise il dit à M. Monaco qu'il îvlloit obéir aux ordres du roi et qu'il esf^^ roit que S. M. ne trouveroit pas mauvais qu'il difféiél son départ d'un jour ou deux pour prendre congé do pipe et tiYchtT d'obUMiir de S» Sjiinteté un bref jKMir
1 1 1 CettP (lisi^rArp subite avoit lieu do surprendre. Il y a apiiareiim ipW fies causes fut lailairede M. île raiiibray, Mirla«|uelle le roi nt fMTâ^àtwt' ^ures avec |iers4>iHie et tit :»eiitir le poids de don autorite « c«n\ qw àxéf^ les luoiiitln^ relations avee. ee prélat. On eroit que M. le cardinal de Boril* n'atfit IMS |M>ur la rondauination du livre dis Mnjrimett des .SoîN/savec h^ vaeité que (Mirtoieiit ses instruetions. On ajoute encore qu *il ne M doHi f^ asse£ de inimvoinent |M>ur le hrer d'êliKÎlHlité de l'abtM^ de Soubii^e à ÏMM de Strasbourg. Quoiqu'il en soit, eet homme qui avoit été fait cardiul ^ ^ in|(l-s<'|»t ans, ^nW^* sin<îulièn' qui laisoit ipion le noinmoit l'enfant t qui avoit l'tè r.har}(é un temps considérable des alTaires de Pranee à n^vHt tiHit a coupoiilre de re\enir; et |MHir avoir héiUtë le n>ile privâde h cliani^e de }(raud aumônier, du revenu de ses l>én(^lices et du cordoo «le rOràt Ce fut (¥ dernier tpii fit dire a Pasquiir au nom du caniinal : « Spirèfum muh fttm tunm ne aufetits a ine. -> Ou verra dans Li suite dans qiieU abîmes m fié cipita M. le caniinal de Itouillon par leumii quf lui causa son e\il.'; Vo/e é tiur tie Luynes. \
ter» quoique abseint, le décanat^ en cas de mort du KUnal Cibo.
Jkudi 3, à Versailles. — Le roi alla tirer et puis revint ^ promener à Triauon. Monseigneur revint le soir de pgdon. Durant son voyage^ il n'a joué à aucun jeu qu'au lil. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener l*Étaug, maison que M. de Barliezieux a fait l>àtir depuis M. die n^en avoit fait avertir personne ; cependant les ms de M. de ftarbezieux ne laissèrent piis de lui donner le collation fort propre. — M. de Villars a envoyé un mrrierau roi; il lui mande que l'empereur avoit dejindé huit jours pour faire réponse aux propositions l^lui sont faites par la France^ l'Angleterre et la Holfnde sur la succession du royaume d'Espagne; et on voit que S. M. I. signera ce traité. — Du Héron, notre pvoyé en Pologne, a offert à S. M . Polonoise la médiaion du roi sur les affaires qu'il a avec la Suède. Les loapes suédoises sont en marche en Livonie^ et on mre qu'elles ne sont plus qu'à dix lieues des retrancbements des Polonois.
Vendredi 4, à Versailles. — Le roi alla tirer l'aprèsdlnéc et revint de fort l>onne heure ; il travailla longtemps le soir avec M. le chancelier chez madame de Untenon. Il avoit beaucoup lu le matin, à ce qu'il dit i Mm dîner, et cela lui avoit augmenté une fluxion qu'il 9liir les yeux depuis deux jours, qui neremj)éche poui^ lut ni de sortir ni de travailler. Monseigneur joua Taprès-dlnée chez madame la princesse de Conty, et vies six heures il alla se promener avec elle à Trianon. hdame la duchesse de Bourgogne alla se promener à aàeune& à la maison de M. de Cavoie, qu'elle trouva bannante. — Madame de la Chesnaye mourut ici ; son lariest filsde la Chesnaye, gentilhomme delà manche de Miseigneur; il a la charge de grand tranchant, qui est le charge presque sans fonction. Le roi, qui a delà honte Mir lui, lui donne depuis loii^'-tiMnps un logement dans
330 JOURNAL DE DAIfGEAU.
le grandcommun;il a été aide de camp de Monseigneur.
Samedi 5 , à VermiUes. — Le roi alla tirer Tapr^sdlnée. Monseigneur aUa diner i\ Meudon ; madame la princesse de Coniy alla Taprès-dinée Ty trouver, et ils revinrent ensemble ici. Madame la duchesse de Bourgogne ne sortit point; elle passa I^après-dlnée chei madame la maréchale de Rochefort à jouer. — Le roi augmente la loterie d^un million ; elle ser^ de onxe millions^ et les billets noirs de ce dernier million seront eo argent comptant; les dix premiers millions seront tonjour des rentes, comme cela avoit été résolu d'abord. — M. de Matignon marie sa fille au comte de ThorifBrny, son neveu ; il lui donne 200,000 francs présentement et lui assure H0,000 francs après sa mort. Outre cela M. de Lizieux, frère de Matignon, donne 20,000 écus d*ai^nt comptant à la fille. Matignon n^a qu'un garçon, qui est même trèfHiélicat , et s'il est assez malheureux pour le perdre, il veut avoir la consolation de laisser son bieo à un homme de sa maison. Le comte de Gacé, père du marié, donne 1 0,000 livres de rente à son fils.
Dimanche 6, à Vermlles. — Le roi alla se promener ^ Trianon. Monseigneur joua Taprès-dlnée chez madame» la princesse de Conty et puis alla se pi*omener avec elle. Madame la duchesse de Bourgogne alla A Saint-Cyr, A la Ménagerie, et puis au port de Marly pour voir cent cinquante daims que le roi a fait venir d'Angleterre et qu'il va faire mettre dans les jmrcs de Saint-Germain e1 df Marly. Madame la duchesse de Bourgogne revint encore souper à la Ménagerie, et n'arriva ici que pour voirfc* roi dans son cabinet après son souper. — Il y a eu quelques diffîcultés dans l'assemblée du clergé pour la présidence ; les évèques prétendoient y avoir part aussi bien que les archevêques, et il avoit été réglé même dans la dernière assemblée, en 95, après la mort de rarchevèque de Paris, que la présidence seroit composée de deax archevèqur»s et de deux évèques. Ce|>endant les arche*
JUIN 1700. 39f
vèqaes de Reims et d^Auch ont si bien tourné leur affaire que la plupart des évèques même ont donné leurs voix pour que les archevêques seuls présidassent. Des seize provinces, il y a eu onze voix pour les archevêques et il n'y en a eu que cinq pour joindre deux évèques aux deux archevêques.
Lwndi 7, à Versailles. — Le roi alla l'après-dlnée se promènera Marly. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne partirent à cinq heures du matin pour aller courre le loup à Livry, où ils demeureront deux jours. Madame la duchesse de Bourgogne se trouva un peu incommodée et garda le lit Taprès-dlnée. — Le marquis d^Harcourt arriva d'Espagne; il vil le l'oi chez nuidame deMaintenon, où S. M. IVntretint assrz longtemps. — Le roi a nommé M. Phélypeaux , frère de M. le chancelier, pour la députation que S. M. fait toujours uit dergé quand il est assemblé. Il y va le secrétaire d'État du clergé , qui est présentement M. de Pontcbai*train, 1. deChamillart^ comme contrôleur général des finances, MM. de Pomereu et Daguesseau, comme directeui's des finances. Ces cinq députés-là ont 2,000 écus chacun pour teur députation , et c'est le plus ancien des conseillers dttat d'entre eux qui porte la parole ; ainsi ce sera M. de fwnereu. Le secrétaire d'État a 3,000 écus plus que les , cotres députés. Le roi choisit toujours un conseiller ^ y.1 ^Ittat; mais les autres quatre y vont de droit par leur ij j I «ûploi.
I ^-1 Mardi S y à Versailles. — Outre le conseil de linances
ivf foele roi avoittenule matin à son ordinaire, il tint
rd«r| conseil d'État l'après-dlnée, et puis S. M. alla tirer. —
*n Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne sont
i Livry, où ils coururent le matin le chevreuil avec les
chiens de M. de Toulouse. — Le roi acheva dimanche,
en travaillant seul avec M. de Chamillart^ de régler les
sonime:^ qu'il veut tirer des gens cralTaires; cela n'a
[wint été réglé au conseil des fiurtnces. On n'en sait
r. vil. 21
'yt
Ztt JOliRNAL DE UANGKAU.
point encore le détail ; maiB on croit que S. M. en tiran vingt à trente millions. — Monseigneur, eu revenant de la chasse étant sur le pont du ch&teau de Livry , où il n'f a point de garde-fou , pensa tomber dans le fossé ; toi cheval eut jteur du bruit que fit un petit garçon qui porioM de la vaisselle qu^il laissa tomber ; le cheval ne fut qu'i deux doigts du fossé. Monseigneur ne se troubla point, soutint le cheval et le i>oussa ; sUl fût tombé dans ki fossé , il se fût infailliblement tué ou blessé dangereih sèment; il se porte, Dieu merci, fort bien (1). ^
Mercredi 9, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée se promener à Marly. Monseigneur et monseigneur k duc de Bourgogne, après avoir couru le loup à Livrjf vinrent à Paris chez le duc de Gramon , qui leur donnt un repas agréable et magnifique ; il y eut des entréei de I>asques dansées par les meilleurs danseurs de l'Opéra (2). — M. Tarchevèque de Reims proposa maidi dans rassemblée du clergé de faire un procès-verbal di ce qui s*étoit fait à Rome et en France au sujet du livn de M. de Cambray depuis qu'il a paru. On en avoit «è de même dans rassemblée de 55 après la condamnation des jansénistes, qui fut en 54. Tous les députés, hormiB Tévêque de Kennes , furent de l'avis de Tarchevèque d« Reims, et on nomma sur-le-champ quatre évéques é quatre îibl)és pour travailler à ce procès-verbal. Les quatre évè([ues sont M. de Meaux, M. de Troyes , M. de
Ohors et I^es quatre abbés sont les abl>és de Louvois,
de Pomponne, Caumartin et Bossuet.
Jeudi 10, à Versai llesi. — Le roi alla sur les dix heures à la paroisse, ayant dans son carrosse Monseigneur, messeigneurs ses trois enfants, madame la duchesse da
(1) '• La première |Mrole que le prince lit entendre après avoir rel«?é 9m clieval fut qu'on donnât quel(|ues louis an premier pauvre qui se présMterai, et qu'on en donnAt sur l'heure à un |»a>san qu'on aperçut. » (Mercure de joli, page 102. )
(2) Voir les détails de cette fi^tedans le Mercure de juin » ptf^es t03 à lit.
JUIN i70i>. ZU
Bauigogne et la duchesse du Lude. 11 trouva Monsieur^ Madame et madame la grande duchesse qui étoient veuui» deSaintrCloud et qui Tattendoient à la paroisse. Le roi UKompagna le Saint-Sacremeut jusqu'au reposoir et le "ecoiuluisit à la paroisse toujours à pied et suivi de toute a maison royale. Le vilain temps empêcha que la proiessioQ vint jusqu'au château et qu'on ne tendit les wlles tapisseries de la couronne qu'on a accoutumé de endre à pareil jour. Après le diner, entre vêpres et le alat, où le roi alla^ S. M. tint conseil. £n revenant de iparoissele matin^ le roi iit mettre Monsieur dans son «nrosse et renvoya messeigneurs les ducs d'Anjou et de lenrydans le leur. Madame revint dans son carrosse avec nadame la grande duchesse , ne voulant pas la laisser Miteseule. fis dînèrent tous avec le roi; et puis, après épresy Monsieur^ Madame et madame la grande duhesse retournèrent à Saint-Cloud.
Vendredi 11, à Versailles. — Le roi, au retour de la usaK, fut enfermé avec le P. de la Chaise. L'après-dinée lieçat la députation du clergé; larchevèque de Reims ^ la parole. Il parla fort bien; mais on remarqua a'ilavoit nommé M. de Camhray dans sii harangue. Il arangoa aussi Monseigneur , mais il ne harangua poini u>D8eigneur le duc de Bourgogne. — Le roi fit donner isjomrs passés 1,000 pistoles au duc de la Force, qui ivenoitde ses terres, où il a fait beaucoup de conver- ODs; ce duc espère que cette gratification s<î tournera 1 pension. — L'ordinaire de Rome arriva, mais comni*» n'éloit parti de Rome que le 25 et que le courrier de . deTorcy, qui en arriva il y dix jours, étoit pai*ti le -lï, i n'arien appris de nouveau sur le départ du cardinal de DuiUon, qui avoit demandé trois ou quatre jours pour «her d'obtenir le bref dont il a besoin. I^î^tpe continue Kbien porter et travaille comme auparavant sa maladie. ^ Le roi alla au sahii et ensuite il se promena dans ses wdins.
Samedi 12, à Versailles. — Le roi ne sortit point et tout le jour ; il alla au salut et ensuite chez madame Ji duchesse de Bourgogne, où se firent les fiançailles de nudemoiselle de Mailly avec H. le marquis de la Vrillièfé; madame de Maintenon y étoit^ quoiqu'elle ait été fort incommodée depuis deux jours et qu'elle souffre encore beaucoup. Le marquis de la VriÛière reconnoit avoir reçu 200^000 francs , quoiqu'il n'ait rien reçu. Le rath riage ne se fei*a que dans trois mois^ parce qa^elle n'aura douze ans que dans ce temps-là. — Le roi a donné une pension de 1^000 écus à H. de Thouy, maiéchai de camp , qui a déjà un régiment d'infanterie nr le pied étranger; c'est lui qui commandoit àChambfrf et à Montméliaii avant que nous eussions rendu la Sir voie. I^ roi a aussi donné une pension Me 1^000 francs i\ madame Bidaut , veuve de Bidaut, capitaine de vm»* seau^ qui mourut il y a im mois.
Dimanche 13^ à Versailles. — Le roi après le salut alh se promener dans ses jardins. Monseigneur alla à Meudoo pour y passer quelques jours et y mena fort peu de coifftisans. — On mande de Hambourg que les ducs de ZeO et de Hanovre ont passé l'Elbe à la tète de leurs troupe» et sont entrés dans le Holstein danois; ils ont dix-huit mille hommes en comptant les troupes suédoises qui sont jointes aux leurs. Le roi de Danemark, qui assiégée Tonningen, voyant (jueces troupes marchoientpourrattaquer dans ses retranchements, a levé le siège et marche à eux pour les coml)attre , à ce qu'on dit dans son armée. Il s'est déjà avancé jusqu'à Itzehoe, mais on croit que, les dues de Zell et de Hanovre ayant eu ce qu'ils désiroient , la paix, ou du moins une trêve, sera fort aiséeà faire en re pays-là, d'autant plus aisément que les flottes d'Angleterre et de Hollande ont déjà paru sur ces cùteslà; et comme ils sont garants du traite d'Altona, ils veulent que les rois de Suède et de Uanemark ne s« i'asscMit point la guerre les uns aux autres.
lAmdilky à Versailles. — Le roi alla tirer Taprè^-dlnée
st revint pour le salut. Monseigneur alla de Meudon
umrre le loup dans la forêt de Sénart. Madame la du-
dbesBe de Bom*gogne alla à Saint-Cloud voir Monsieui*
d Madame; elle y fit collation et n'en revint que pour
k souper du roi. — MM. de Pomereu, Daguesseau, de
Qkunillarty de Phélypeaux et de Pontchartrain allèrent à
Sunt-Germain^ de la part du roi, à rassemblée du clergé ;
L de Pomereu porta la parole comme le plus ancien
conseiller d'État. — On mande de Dantzick que les Po-
Inois et les Danois ont levé le siège de Riga dès que les
&édois s'en sont approchés, et on croit présentement
|Kla paix se conclura en Livonie et dans le Holstein.
Voilà deux entreprises malheureuses pour les Danois et
pour le roi de Pologne. La république de Pologne n a
pH voulu entrer dans cette guerre.
Mardi 15, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se pomener à Marly. Monseigneur se promena tout le jour ^ te ses jardins à Meudon. Le soir madame la princesse fc Conty y alla déguisée avec mesdames d'Épinoy, de 1 Wlequier et de Rouvroy. On vint dire à Monseigneur, I toinime il étoitàtable, que des dames de Paris le prioient <fe permettre qu'eUes entrassent poiu* voir son appartelOSût; Monseigneur le refusa d'abord, mais enfin il y WDsentit. Il ne reconnut point d'abord madame la prin- «esBe de Conty ni les dames quoiqu'elles n'eussent point de masques ; les blondes avoient des tours de cheveux Jioirs^ les brunes en avoient de blonds; mais quand Monseigneur les eut reconnues cela le divertit fort et il les it mettre à table. — Le roi donna ces jours passés à 1. Mansart 100,000 francs, qui lui seront payés moitié présentement et moitié au mois d'octobre ; il a demandé celte sonune au roi pour payer une charge de conseiller riUat qu'il a achetée l'année passée pour son fils.
.Mercredi 16, A Versailles. — Le roi alla diner à feudon ; il avoit dans son carrosse madan)e la duchesse
S96 JOURNAL DE DANGEAC.
He Rour^^Ofnie, madame la princesse de Conty , la dildii do Liide , mesdames de Roncy et de Nogaret. Madailie Maintenon étoît allée devant et avoit mené madame Dantreau. Monsei^rnenr le dac de Bourgogne y étoît â dAs le matin pour jouer au mail avec MônaeigliM Après le diner, le roi et les dames allèrent voir une Ai taine que Monseigneur a fait faire au bas de ses jarih et (]iie le roi trouva fort belle. On retînt ici ft Del heures , et Monseigneur en revint aussi pour le soapè du roi. — H. le Prince prit hier congé du roi ^ s'en aller tenir les étais de Bourgogne; Il a donné 1 place d'élu de la noblesse à Lassay. Cet emploi VM) 12,000 écus durant les trois années. — L'assemblée i elergé donnera an roi quatre miUions pour le don gn tuit, mais S. M. ne leur fera point demander cette sofldili <»ts'en remettra à leur bonne volonté. Depuis rannÉ 1690, le clergé a donné au roi vingt-six millions, saVôii douze millions à l'assemblée de 1690, quatre millionspoil les trois années d'aprî^ et dix millions à la demiArett semblée de 1698.
Jêutli 17, jmir de. In petite fête de fPirfi, à Marly, — l vilain temps empêcha qui! n'y eut pix»oession. lie r< alla H la messe à son ordinaire et partit de Versaill^ pour venir ici a])r^s le salut. Monsieur et Madame soi du voyage. Madame la Duchesse est demeurée A Versafll* n'attendant cjne le moment d'accoucher. — Madame d Morenil mourut à Paris; elle avoit été fille d'honnear d leu Madame; elle s'appeloit Dampierre, et étoit sàA de la maréchale Foucault. Son mari, qui est premier geB tilhonmie (le la cliambiv de M. le Due. est tombé 61 apojilexie depuis (juelque temps; ils n'ont pour enfeot qu'une tille mariée k M. de Chemerault. — Mademoi selle de Condé est à la dernière extrémité. Madame 1 Princesse, qui l'aime extn'^memenf, n'entre plus dans $ chambre; elles sont à Asnières auprès de Paris, où c Tavoit menée pour le hou air et |MMîr faire des rem^di
JUIN trOO. 827
en repos. Elle est Falnée de madame la duchesse du
Vaine,
Ymdredi 18, à Marly. — Le roi, l'après-dlnée, fii la levtie des seize compagnies de la gendarmerie ; on ne noroit voir de plus belles troupes, et le roi en fut très-
i oontent. — Les cinq députés du roi au clergé allèrent A rassemblée, où M. de Pomereu porta la parole, loua fort le lèle que le clergé avoit fait paroltre dans les besoins de Ttiat et les sec'ours extraordinaires qu'en avoit reçus S. 1. ; ditqa^il ne doutoitpoint qu'en cette occasion ici ils l*endonnassent encore des marques ; mais il ne s'expliqua point sur la somme que le roi leur deniandoit pour le don gratuit. Dès qu'ils furent partis, le clergé accorda au foi tout d'une voix quatre millions qui étoit la somme que le roi avoit dit à l'archevêque de Reims qu'il se contenteroit. Le soir cet archevêque vint h Marly, ofi le roi lui » donné un logement pour ce voyage-ci ; et S. M. lui fit qu'elle étoit si contente de l'assemblée du cleff^é ip'eile leur remettoit 500,000 francs sur les (|uati*e millions qu'ils lui vouloient donner.
Samedi 19, à Marly, — Le roi apprit îI son lever que uih- Aune la Duchesse étoit accouchée, le matin k Vei'sailles . d'un prince, qu'ort appellera le comte de Charolois. I^e roi, après la messe, alla encore faire la revue de la gendarnïerie; il la vit plus en détail que le jour d'auparavant et '•trouva encore plus l>elle ; il a renvoyé toutes les compagnies dans leurs quartiers. S. M. revint dtner à Marly. fcnseigneur alla courre le loup ; il avoit hier passô Vapfte-dlnée à la revue et salué le roi à la tète de ses ronijMgoiesde gendarmes et de chevau-légers. — Il nrriva nn courrier de M. de Calières, qui est h Nancy de la part do roi : on ne sait point le détail des nouvelles qu'il
porte, mais on sait en gros que S. M. est fort contente de
JuronduitedeM. de ï/>rraine sur toutes les affaires dont il
s agit présentement . et le roi en a parlé sur ce ton-là h
Monsieur.
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DimoMhe 20, à Marly. — Le roi alla Faprte-dl courre le lièvre avec les chiens de M. le comte de T louse; Monseigneur et monseigneur le duc de Bougni étoient à la chasse avec lui. Madame la duchesse de Bo gogne alla à Sainte-Geneviève de Nanterre avec madi de Maintenon, et au retour elles se promenèrent dans jardins avec le roi. S. M. fit rassembler quelques nn ciens et fit chanter plusieurs airs des anciens opéni Lully. — On reçut il y a deux jours, par rordinam Rome y la nouvelle que le cardinal de BooiUon en él parti le f de ce mois en chaise de poste ; il a vendu h son équipage à Rome pour payer une partie de ses dM Le pape lui a refusé le bref qu'il demandoit pour p( voir opter le décanat en absence. Le cardinal Cîbo plus mal que jamais ; cela augmente le malheur du o dinal de Bouillon d'avoir déplu au roi dans cette o joncture-ci et lui fait perdre le décanat.
Lundi 2iy à Marly. — Le roi travailla Taprès-dli avec M. Pelletier ; il Tenvoie visiter nos places mantii) de l'Océan pour y faire les fortifications nécessaires c Ton jugera il propos. — On a proposé au roi de Portai d'entrer dans le traité pour la succession d'Espagne, e est tout prêt à le signer. On fait la même proposition i nns de Suède et de Danemark ; on ne doute pas qu'ils l'acceptent, mais on ne peut pas encore avoir de répon — Depuis la levée du siège de Tonningen , M. de C milly, notr^ ambassadeur auprès du roi de Daneniai lui a offei^t la médiation du roi pour finir toutes les faires qu'il a avec le duc de Holstein-Gottorp. S. M. noise Ta acceptée , et on croit que le duc de Holstt Gottorp et ses alliés , qui sont le roi de Suède , les d (le Zellet de Hanovre l'accepteront aussi, et qu'ainsi S aura la gloii^e d'avoir fini cette guerre.
Mardi 22, à Marly . — Le roi tint le matin conseil liiiau<3es à son ordinaire ; il se promena toute l'api-ès-di «laris ses jardins , et sur les six heures le roi et la rc
d'An^leteri-e arrivèrent ; ils lurent longtemps enfermés avec le roi et puis vinrent dans le salon voir jouer au lansquenet. La reine ne tient plus la carte , ({Uoique nahureUement elle aime fort le jeu ; elle y a renoncé par mortification. — L^édit pour les gens d'affaires a été porté au {wurloment pour y être enregistré ; il y en a déjà plusieurs d'entre eux qui se sont soumis à payer les sommes auxquelles ils ont été taxés, et M. de Chamillart doit finir cette affaire sur le pied que le roi Ta réglée et sans qu'on soit obligé à aucime violence pour contraindre ceux qui ont été taxés.
Mercredi 23, à Marly. — .Le roi tint conseil le matin à son ordinaire et se promena toute Taprès-dinée dans ses jardins avec madame la duchesse de Bourgogne. Madame s'étoit trouvée un peu mal le mardi et avoit résolu de s'en retourner àSaint-Cloud; elle est beaucoup mieux présentement et achèvera le voyage ici. Madame U duchesse du Maine étoit nommée pour être de ce voyage; mais comme on la soupçonne d'être grosse, elle est demeurée à Versailles, et l'on a donné sa chambre à madame de Dangeau, qui ne devoit point venir. — M. le duc de Lorraine a signé le traité sans attendre même la réponse de Fempereui*. 11 a mandé au roi qu'il ne pouvait mieux faire en toutes choses que de suivre ses con- ^ik; qu'il avoit plusieurs petites choses à lui demander sur cela; mais qu'il avoit voulu commencer par signer; ensuite il expose à S. M. les choses qu'il souhaiteroit; et S. H. lui en a accordé la plus grande pai^tie , étant trèscontente de son procédé.
Jeudi 24, à Marly. — Le roi alla tirer l'après-dinée. Monseigneur le duc de Bourgogne alla à Versailles en chaise de poste voir madame la Duchesse; il n'avoit jamais été nulle part seul. A son retour il fit un très-gros &^n au lansquenet. — On sut que M. le bailli d'Auvei'pe, qui avoit fait ses vœux il y a longtemps, a déelaïc que ses vœux avoient dUt forcés. Il prétend avoir
930 JOURNAL DK DilNGEAU.
fait les protestations nécessaireset dansles temps où il 1 falloit faire ; il prétend de plus que le testament de H dame la comtesse d^ Auvergne, sa mëre^ doitètrerq;tt comme nul ; qu'il y eut en 1655 une ordonnance qii'i appelle placard par laquelle MM. les États ordonnèfc que les pères et mères ne pourroient déshériter len enfants sans en marquer les raisons , et que ces raiso fussent approuvées des magistrats. Il écrit de la Ha sur ce sujet une longue lettre à M. le cardinal deBouilla et le prie de ne pas croii*e les bruits qu'on faisoit coa: de lui qu'il fût capable de changer de religion. H pat" qu'il ne fait rien en ceci que de l'approbation de K. comte d'Auvergne, son père, qui est animé conhre leprit d'Auvergne son fils, qui étoit devenu l'alné de sa mais par les vœux qu'avoit fait le bailli son frère.
Vendredi 25, à Marly. — Le roi entretint longieix
le P. de la Chaise et puis alla se promener dans ses j^
dins avec madame la duchesse de Bourgogne. — M.
cardinal de Bouillon est demeuré à Caprarola , mai»
du duc de Parme qui n'est qu'à huit lieues de Rome.
H envoyé de là un courrier au roi , qui est arrivé il y
huit jours ; mais ce courrier s'étoit adressé d'abord, pi
ordre de son maître, au P. de la Chaise pour donner f
lettre au roi ; mais le P. de la Chaise n'a point voul
s'en charger. Ce cardinal prie le roi de lui permettre c
demeurera Rome, où il promet de ne voir personne; il
voudroit demeurer jusqu'à la mort du cardinal Cibopoc
pouvoir opter le décanat. Il demande en même temj
qu'on lui envoie im modèle de résiifnation pour son «
nonicat de Strasbourg , auquel il est prêt à renoncer.
représente fortement au roi qu'il est de l'intérêt de S. I
que le décanat soit entre les mains d'un cardinal frar
cois ; il ajoute que sa santé est fort mauvaise et qa*
continuera jusqu'au retour de son courrier de faire
Caprarola les remrd^'s qu'il avoit commences à Frascat
Samedi 26 , à Versailles. — Le roi revint ici sur K
JDIN 1700. SSI
sept heures après s*ètre promené tout le jour à Marly; en vriraiit id^ il aUa Toir madame la Duchesse , qui est moochée depuis peu de jours. Monseigneur alla de Marly ëù»k Meudon et. revint ici pour le souper du roi. Ma- <hme la duchesse de Bourgogne ne partit de Marly qu^à ncnf heures ; elle revint elle onzième dans son carrosse, chose qui lui arrive très-souvent. — Ou proposa dans ! rassemblée du clergé d'examiner les livres où ils préfendent qu'il y a une morale trop relâchée et par li\ pernicieuse (1); ils ont nommé six commissaires du J*emicr ordre et six du second pour y travailler et ensoitc condamner ces maximes. M. de Meaux est à la tète «te cette commission et parla sur cette affaire avec beau- »np de force. Son discours fut fort approuvé dans l'as- ^'©mblée ; cependant il y avoit six provinces qui n'étoient point d'avis qu'on parlM de cette affaire, et M. l'archevêque d'Auch fut celui qui ouvrit cet avis; mais il y eut ^x provinces pour l'avis qu' avoit ouvert l'archevêque ^e Reims et qae M. de Meaux avoit si bien soutenu.
Kmmirhe 27, à Venaillex, — Le roi alla tirer iiprAs le rtluer. Madame la duchesse de Bourgogne passa laprès- ^\nh k Saint4]yr et revint souper A la Ménagerie avec ^«s dames. — Le roi lit une réponse fort sèche à la lettre d^ M. le cardinal de Bouillon ; on ne demande pas sa
11) il V avmt déjà longtemps qu*on avoit déféré aux asM'mbiée» du clergé
*'*' France quantité do propositions de morale relâdiée ; mais on n*avoit pas
^Irtnnpii de \e% examiner et de le* cenrarer. L*a»6emblée de I7oo en fit
"■tccMare liien étendue. M. TarcUevétiue de Reims, qui y présidoit, crut,
>»Hir rendre cettec4>ndamnation plus solennelle, devoir y inviter M. de Noailles,
^ 8e rendit à Saint-Germain et qui prési<la k rassemblée {x^nflant les déli-
^^^^nm sur la doctrine. Il y eut d*alx>rd quatre pro|N>sitioa8 condamnées qui
^""faiqii à fiivoriser le janiiéniiune et comme contraires aux constitutions
^lioocent X et irAlexandre VU. Il y en eut aussi deux sur la gràe^ , (.oiiime
P'^V»^ ^ renouveler le seinipélagianisme , et un grand nombre d'autres,
^ wîamorale que AurVamour de Dieu et la doctrine de la probabilité.Toutes
^ pro)NMitioos étoient au nombre de cent sept. C'est une chose incroyalile
'I* l'tuormité des maximes a^amées dan?» œs |M'o|K>sitioHs. . .Vo/e dn dm-
382 JOURNAL DE DANGEÀU.
démission pour le canonicat de Strasbourg^ dont on nul besoin; et S. M. veut qu'il obéisse incessaimnfl Tordre qu'il a de revenir à une de ses abbayes en B gogne. Il parolt même qu'on est très-mécontent di tardement qu'il apporte à obéir aux ordres du rcn amis ne doutent pas qu'il ne revienne, mais toi monde n'est pas de cet avis-là. — Rome a appn l'édition de saint Augustin qu'ont fiedte les PP. de la < grégation de Saint-Naur et contre laquelle il y i plusieurs écrits dont on accusoit les jésuites d'étn auteurs. Lie roi, depuis quelques mois, leur avoit im silence aux uns et aux autres sur cette matière. Le suites avoient prétendu que dans cette édition il y ( plusieurs choses favorables à la doctrine des janséni
Lundi 28 , à Versailles. — Le roi alla à la chasse, il revint de fort bonne heure. Monseigneur coun loup. — Il arriva un courrier de M. de Monaco, ii ambassadeur à Rome, qui apporte la nouvelle que le dinal Maidalchini étoit mort le 18, et laissant par sa i un troisième chapeau vacant. Le pape avoit pris h solution de faire une promotion pour les couronni a fait le 24-, pour la France, l'archevêque de Paris ; l'empereur 1 evèquede Passau,de la maison des comt l-Kiml)ert; et pour TEspagne, Borgia, chanoine de To La république de Venise, quiatoujours été comprise la promotion des couronnes, n'a point de part àcel La Pologne prétend aussi y devoir être comprise; c puis que les Espagnols ont reconnu le roi de Portugi l^ortugal y a toujours été compris aussi. Le pape tend que chaque roi de Pologne ne peut nommer q cardinal durant son règne; pour le Portugal, qi n'est que delà bonne volonté des papes; et pour V( la république en recommande plusieurs et le pape quel Vénitien il lui plaît, soit qu'il soit noble vér ou simple sujet de la république.
Mardi 29, à Versailles. — Le roi alla tii-er. Me
JUIN 1700. m
gneur donna à dîner à Meudon à Monsieur et à beaucoup de dames. U y eut grand jeu après diner. Le soir Monseigneur revint ici^ et Monsieur retourna à Saint- ÛOttd. — Le roi donna le matin une longue audience secrète à l'ambassadeur d'Espagne ; tout ce qu'on en sait c'est que Tambassadeur en sortit fort content. U y a beaucoup de particuliers qui ont reçu des lettres de Madrid qui portent que le roi d'Espagne se porte eonaidéfablement mieux. Le conseil lui a proposé d'offrir tous les royaumes d'Espagne et la succession entière de lamonarcbie à un des enfants de France, si on veut l'envoyer élèvera Madrid. S. M. C. n'a point encore réiK>ndu à cette proposition ; mais quand on la feroit à la France, il y a grande apparence que le roi ne changeroit rien a ce qui a été réglé avec le roi d'Angleterre et MM. les Ktats Généraux. Cela servira à faire voir à l'empereur 91'il ne doit pas refuser le parti qu'on lui offre pour farchiduc son fils.
Mercredi 30, à Versailles. — Le roi prit médecine et tint TaprèSp-dlnée le conseil qu'il devoit tenir le matin. Au sortir du conseil, Monseigneur se promena dans les jardins avec madame la princesse de Conty. — M. de Vendôme, en partant de Marly, prit congé du roi pour aller à Anet se mettre dans les remèdes ; il n'en fera que de préparatifs jusqu'au mois de septembre, et puis il se n^ttra entre les mains des chirurgiens, qui ne Tont point encore traité et qu'on craint fort qu'ils ne le puissent pas guérir. — M. le prince de Guémené a fait donner une assignation à M. le duc de Rohan pour qu'il ait à faire 4^lter le nom de Rohan à sa fille et à un de ses enlants çi'il fait appeler le chevalier de Rohan ; il ne lui dispute pas le titre de duc de Rohan et la possession de la terre, niais il prétend qu'il ne peut porter d'autre surnom Çie celui de Chabot. — L'ordre de Malte a résolu d'armer deux vaisseaux de guerre pour faire la guerre aux Turcs, ei de n'avoir plus que cinq galères. La république de
tu JOURISAL D£ DAMGEAU.
Venise leur a envoyé du bois et d'autres matériaux pour construire une nouvelle galère à la place de celle qu'ils ont perdue.
JewU V juilUty à Ver$aille$. — Le roi alla à Hidy Faprès-dlnée ; il en revint de bonne heure et au retour il donna à H. Tarcbevèque de Paris la calotte que lecourrior du pape lui avoit apportée, et en lui mettant sur la tète il lui dit qu'il le faisoit avec grand plaisir et que cela lui séioit bien. — MM. de Sorbonne» à la réquisition de MM. des Missions étrangères, ont nommé huit commissaires pour examiner les livres que le P. le Tellier et b P. le Ck>mte, confesseurs de madame la duchesse de Bourgogne, ont faits sur les affaires de la Chine. — Monseigneur alla Taprès-dlnée au Pecq voir une course de chevaux dont Tun est à M. de Chartres, l'autre au giand prieur; il y en avoit deux à l'ambassadeur d'Angleteirs et un à M. Houart ; celui du grand prieur gagna la course (1). — Madame la duchesse de Bourgogne dîna da bonne heure et alla ensuite à Arcueil, chez madame Ib princesse d'Harcourt, qui lui donna un souper magni'' ûque. Il y eut des entrées de ballet des meilleiu*s daiBr^ seurs de l'Opéra ; elle n'en revint qu'à trois heures aprfe^ minuit (â) .
Vendredi % à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès^^ dinée. Monseigneur joua au mail à Trianon. Monsei&^ gnem* le duc de Bourgogne y alla jouer à Meudoa Madame la duciiesse de Bourgogne alla àSaintrCyr, d'oî^ elle revint le soir avec madame de Maintenon, qui y étm^ allée dès le matin à son ordinaire. — Le roi a répandit cinquante Suisses ici dans le château pour prendre le^ gens qui gueusoient et les faire conduire à l'hôpital gé —
(1) Voir les détaîU de cette course de chevaux daa^ le Mercure de juM^r (Niges 19 j à 202.
(2) Voir le» détails de la rf^:eptioii faite à la duchesse de Bour|QOf9ie ptr b princesse d'Haroourt à Arcuett dans le Mercure de ira, peffes W>. à tM.
iUiLLin: 1700. tu
néial i Puis. On va faire prendre aussi tous les mendiiDls de Paris^ qu'on fera travailler à la moisson et à qui on donnera encore du travail la moisson étant piflsée ; on les emploiera à raccommoder les grands chemiu. On enfermera dans les hôpitaux tous ceux qui serontinvalides. Le roi donne 200,000 francs par an d'augmentation aux hôpitaux. On ne voit déjà plus de pauvres dans le château de Versailles, et bientôt on n'en verra plus dans la ville. On compte que chaque pauvre enfenoé reviendra à cinq sous par jour, en comptant la dépense des gens qui en auront soin ; ainsi les 200,000 fnucs d'augmentation serviront pour plus de deux mil h' <le6 invfidides qu'on enfermera.
Samedis, à Versailles. — Le roi, au sortir de la messe,
^nna, audience aux PP. de la Chaise et le .Comte. Après
<ihier, S. H. alla courre le lièvre avec les chiens de M. le
<^itede Toulouse, et puis S. H. revint à Trianon, où
^Ue vit jouer monseigneur le duc de Bourgogne au mail.
'bdame la duchesse de Bourgogne alla s'y promener ,
^ le roi la ramena dans son carrosse. Monseigneur alla
dîner à Meudon, où il demeurera jusqu'à mercredi ; il y
a Humé beaucoup de monde. — Les Écossois , si Ton en
^^^Xiit les nouvelles de Londres, ont abandonné pour la
seconde fois le poste qu'ils avoient pris à Darien. — Le
^- le Comte s'en va à Rome pour défendi*e son livre, qu'on
attaque ; ensuite il retournera à la Chine ; ainsi il faut
^^i& confesseur nouveau à madame la duchesse de Bour-
6^e. Le roi lui a donné un mémoire où il y en a cinq
^^ six de nommés, et tous jésuites , parmi lesquels elle
^isira celui dont elle croira se mieux accommoder.
Kmanche h, à YerscUlles. — Le roi alla l'aprè^s-dlnée à la chasse et puis revint se promener à Trianon. Mon- ^^isoeur vint ici le matin au conseil et puis s'en retourna ^^ à Heudon. Bladame la duchesse de Bourgogne passa ^te la journée à Saint-Cyr. — Madame la duchesse de ■ortemart marie son tils,leduc de Morteinart, A mademoi-
3SG jourhal de dangeau.
selle de Gaderoussey qui n'aura pas grand bien de aon père^ parce qu'il a un fils de son premier mariage et que ses biens sont substitués; mais elle sera riche par st mère. Elle est fille unique et aura de l>elles terres outre ce qui lui reviendra après la mort de madame de Polignac, sa tante ; ainsi elle aura tout le bien de la maison de Rambures. — Madame du Fresnoy marie sa fille, à qui elle donne 50,000 cous; c'est un gentilhomme de Normandie qui s'appelle Longaunay qui Tépouse. — H. de Calières, que le roiavoit envoyé en Lorraine, en est revenu après avoir fini les négociations dont il étoit chai^.
Lundi 5, à Versailles. — Le roi courut le lièvre avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Monseigneur devoil courre le loup dans la forêt de Sénart; mais monseigneur le duc de Bourgogne, qui vouloit èti*e au conseil d(^s dépMies, le pria de remettre la chasse au lendemain. — M. de Nogent a demandé au roi permission d'attaquer sa mère en justice pour lui demander compte de Fadministratiou des biens de son père, tué au passage dn Rhin en 1672 ; il prétend qu elle fait de trop grands avantages à madame de Biron, sa su^ur. — L'affaire du cxpdinal d'Estrées avec le chevalier F>izzo , ambassadeur de Venise à Rome , est entièrement terminée au contenlement du cardinal et par ordre delà république; Varnliassadeur est venu voir le cardinal , et quand le cardinal lui a rendu la visite il a reçu cette Éminence en robe de sénateur, suivant Tancien cérémonial.
Mardi G, à Versailles, — I^ roi alla tirer Tapré»dlnée et puisses vint promener à Trianon. Monseigneur alla de Meudon à Villeneuve Saint-Georges pour courre \i^ loup danslaibrèt de Sénart; mais on n'en put détourner dans la ibrèt. Monseigjieur le duc de Bourgogne étoit i>arti dès cinq heures du matin pour être à la chasse avec Monseigneur. — On eut nouvelle qu'une galère de Mnlte a voit péri par un coup de vent auprès de Trapano; le commandeur de Javon, qui l'ommandoit cette galère^
M flMivé, et le chevalier de Saasenage, qui ëtoit avec M, est péri avec deux autres chevaliers dont on ne dit jmld nom ; voilà deux galères de Malte perdues en bien ftÊ, de temps. — Nos douze vaisseaux qu'on annoit à Tookm et qne commande le marquis de Nesmond partirait des lies d'Hyères le 28 du mois passé. Langeron^ qoi est lieutenant général comme le marquis de Nesmond, eommande sons lui.
Mircredi 7, à Marly. — Le roi partit de Versailles à im heures et vint ici, où il se promena jusqu'à la nuit; k voyage sera de dix jours. Monsieur, Madame et M. de Chartres sont demeurés à Saint-Gloud. Le roi a donné iB logement à M. le chancelier, qui n'en avoit point en- «weeu depuis qu^ilest chancelier; il se promènera ici Qnnaoteau et ne prendra sa robe que quand il y anm ttmeil. — Le roi d'Angleterre Guillaume doit passer ^semaine en Hollande; M. de Tallard, notre ambassate, l'y suivra. — L'armée de Danemark s'est approchée de celle de Suède , des ducs de Zell et de Hanovre. On ^nA qu'ils n'en viennent à un combat avant que les iBîmstresdes princes médiateurs aient pu les porter à un ^^commodément. Le duc de Holstein-Gottorp a joint i'irmée des princes ses alliés.
Jiudi 8, à Marly. — Le roi se promena tout le jour ^ les hauts de Marly et dans ses jardins. Sur les sept '^^ores madame la duchesse de Bourgogne le joignit à la P^^enade. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourpïgne coururent le loup dans la forêt de Saint-Germain, ^ an retour de la chasse, Monseigneur donna à dîner h ^^qui avoient eu Thonneur de le suivre. — La reine d'Angleterre se trouva mal la nuit à Saint-Germain, et le 'Win la fièyre se déclara. — Milord grand prieur, duc f Albemarle, se marie à mademoiselle de Lussîui, filh^ de Itdained'honneurde madame la Princesse. C'est madanu^ '^ dudiesse du Maine, qui a beaucoup d'amitié pour '^We demoiselle , qui a fait traiter ce mariagp aver Ui T. VII. 27
reine d'Angleterre par madame la princesse d'Harcomt; on n'en sait point encore les conditions.
Vendredi 9, à Marly. — Le roi courut le lièvre av«clp
chiens de M. le comte de Toulouse et ordonna eiMQR
qu'on fit beaucoup de routes nouvelles dans le noufon
parc. Monseigneur courut encore le loup à Saint-lïemiaii
et fit la plus belle chasse du monde ; monseigneur le èie
de Boarf2:ogne tua le loup à coups d'épée. — On a m»-
vellesde Londres que les Espagnols de la garnison de
Carthagène avoient attaqué par deux fois les Éoossoisqd
s'étoient étal)iis à Darien ; ils furent repoussés la pnh
inière fois, mais 4|uelques jours après ils revinrent anft
des forces plus considérables et chassèrent entièremeit
les Écossois de ce nouvel établissement. Le roi nous conh
cette nouvelle à la promenade qu'il fit le matin; hi
Écossois n'ont jamais pu obliger le roi d'Angleterre 4
leur donnnir les secours nécessaires pour soutenir cel
établissement , et il avoit même prorogé le parlemeit
d'Ecosse, qui le tourmentoit fort sur cela.
Samedi 10, à Marly. — Le roi se promena tout fe matin dans ses jardins, qu'il prend plaisir à montrera M. le chancelier, et aprt^s dîner il courut le chevreuil avec les chiens de M. le comte de Toulouse; et dès qn« le chevreuil fut pris il lit attaquer un daim par les même* chiens et le prit aussi. Monseigneur et monseigneur le due de Bourgogne étoient à la chasse ; messeigneurs les duel d'Anjou et de Berry y vinrent aussi. — Les conditi(Htf du niariai^^e du duc d'Albemarle avec mademoiselle et Lussjin sont que les mariés seront séparés de biens; « donni" à la demoiselle présentement 100,000 écus ei terres ; elle est tille unique et en aura encore du mttn autant après la mort de sou {)ère et de sa mère. M. le du du Maine, qui fait le mariage, les logera à l'Arsenal Paris et dans sa maison à Versailles, où il les nourrin Mademoiselle deLussan donnera une pension à son mai qui n'a d'autres biens que le^s pensions que le roi \\
JTTILLET t700. 899
donne, qui sont de 9,000 livres, et autant qu'il a du roi if Angleterre 9 cl 6,000 francs quUl a comme chef d'esiidre, parce qu*on le paie toujours comme s'il Mo\\ à la
Kmtmehe 1 i , àMarly. — Le roi , après son diner, vit une duise des tambours de son régiment qui dansèrent Fépée i la main et qui récitoient même des vers en dansant; kroîleur fit donner 30 pistoles. — La reine d'Angletae, qui est à Saint-Germain , a choisi pour gouvernante de k princesse sa fille la femme du milord Hiddleton , fliestà la tête du conseil de LL.MM. BB. — Outre le court qne le roi tint le matin à son ordinaire , il tint encore «Mtteil Taprès-dlnée et ptiis se promena dans ses jardiiB avec madame la duchesse de Bourgogne jusqu'à la Wit. — On mande de Madrid que les Espagnols veulent Ureim effort pour faire lever le siège deCeuta, qui dure fcpttis si longtemps. — La fièvre de la reine d'Angleterre n'a point eu de suite ; mais le roi Jacques, son mari, h présentement et il craint que cela ne l'oblige de re- Wer le voyage qu'il veut faire i\ la Trappe.
bauli 12, àMarly. — Le roi courut le lièvre avec les Aicns de M. le comte de Toulouse ; mais il avoit fait ^«i grand orage le matin que les chiens ne purent pas feo cha<iser. Monseigneur et monseigneur le duc de loorgo^eétoientà la promenade avec leroi et lesuivirent tt retour à la promenade. Madame la duchesse de Bourgogne, qui étoit à lâchasse avecle roi, voulut danser aux chttsons et nous fit prendre pour danser cinq ou six ^ieai courtisans qui y étoient , nous fûmes obligés de inser, M. le Grand , le duc de Gramont, les maréchaux (fc WUeroy, de Tourville et moi.
MardiiSj à Marly. — Outre le conseil de finances f ae le roi avoit tenu le matin à son ordinaire , S. M. tramOà. encore Taprès-dlnée , mais n\ec M. le chanceler seul, et le soir sur les st^pt heures le roi et la reine l'Angleterre, arrivèrent. Li» roi alla les l'ecevoir dîins les
aïO JOURJNAÎ. DE DANGEAU.
jardins et se promena avec eux jusqu^à la nuit. Au n four de la promenade , ils furent quelque lemps m fermés ensemble^ et puis ils vinrent dans le salon, à madame la duchesse de Bourgogne ^ de moitié avec Mo» seigneur, tint la dupe; LL. MM. BB. s- en retoumèrail après souper à Saint-Germain. — On mande de HoUaadh que M. le comte d'Auvergne s'est accommodé avec m enfants et que le bailli d'Auvergne ne dispute plosriflB au prince d'Auvergne son frère , et que c'est madam la comtesse d'Auvergne qui a mis la paix dans la maison.
Mercredi ih, à Marly. — Le roi alla l'aprës-dlnéi courre le daim avec les chiens de M. le comte de Toife louse ; il en prit deux malgré le \ilain temps. Homai gneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient i la oha.sse; madame la duchesse de Bourgogne étoitdaiB la i)otite calèche avec le roi. — M. de R6mainville , tfB cien officier de cavalerie, qui étoit inspecteur, seretîredi service à cause de ses incommodités. Le roi lui dons â^OOO écus de pension d'augmentation, et S. M. donne 1 place d'inspecteur au comte de Sainte-Hermine y bdg* dier de dragons, frère de madame de MaîUy. L'in^e< lion vaut 8,000 li\Tes dappointements. — On mande d Hambourg que Tarmée du mi de Danemark s'est m l>eu éloignée de celle des alliés ; les médiateurs espèrcn plus que jamais porter ces princes à un ac<rommodemeiit; s'il y avoit eu un combat , la paix aurait peut-être é\é plus difiicile à faii'e.
Jeudi 15, à Marly. — Le roi se promena fort peu; les omges qu'il a fait ces jours passés ont extrêmement gâté les jiUHlins, et le i\)i va faire traMÛUer pour empêcher qu'à Ta venir cela n'arrive. 11 entra chea madame de Mainteuon à cinq heuivs. où il lit une loterie ck l>eaucoup de byoux qu'il avoit. Outiv les daines du pa lais qui sont toujours de ces loteries iiue le roi fait pom madame la duchesse de Bour^oene , il y avoit mesda mes la duchesse de Guiche , princesst^ d^Harcourt,» L
JUILLKT 1700. 341
omieflBe de Gramont et la maréchale de Rochefort. Modàgiiear alla raprè&-dlnée à Saint-Germain avec madame Il princesse de Conty voir le roi et la reine d'Anglekrre. — La flotte que les Espagnols avoient à Cadix iwiin mis à la mer, et l^on croit que c^est pour aller à Ceola et faire enfin lever aux Maures un siège qui dure èipois si longtemps.
fmdredi 16, à Marly. — Le roi fut assez longtemps alenné avec le P. de la Chaise le matin , et Taprès- Anée alla courre le daim avec les chiens de M. le comte iB Toulouse. — Le roi a commandé à H. de la RochefaKanld d'avoir des chiens pour le cerf beaucoup ■obis vites que ceux qui sont présentement dans la Mite, afin qu'il puisse avoir le plaisir de suivre la chasse Aossa calèche; il ne laissera pas de conserver outre cela k meute ordinaire en Tétat où elle est. Monseigneur et BODseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse. — n arriva un courier de M. de Monaco parti de Rome le 8. Upape est dans une parfaite santé. Le cardinal Cibo >W pas plus malade qu'il Test depuis longtemps. Le eudinal de Bouillon est toujours à Caprarola. Le pape iccorde à M. le cardinal de Furstemberg la permission d'aîoir un coadjuteur à Strasbourg, et on travaillera iMssamment à en élire un.
Samedi 17, à Versailles. — Le roi , le matin , à Marly , ^ermé avec le P. de la Chaise, choisit le P. Paulmier pour confesseur de madame la duchesse de Bourgogne eoTabsence du P. le Comte. S. M. se promena jusqu'à sept heures à Marly et puis revint ici et ramena dans son euTosse madame la duchesse de Bourgogne et ses dames. Madame de Maintenon a été assez incommodée depuis Jenx jours et fut hier saignée du pied. Monseigneur dia de Marly dîner à Meudon et i^evint ici le soir souper ivec le roi. — Le roi établit une chambre pour le comnerce, qui commencera à travailler au mois d'octobre. letle chambre sera composée du contrôleur général