DU DUC DE SAINT-SIMON
Samedi i *^ janvier , à V^sailles. — Le roi, à onze heures, entendit la grande me^ des chevaliers de TOrdre, où K. Tarchevêque de Reims ofBcia ; Taprès-dlnée il entendit vêpres en bas. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne suivirent le roi à toutes ses dévotions; mais madame la duchesse de Bourgogne ne descendit point en l>as pour entendre la messe ; elle Tentendit de la tribune. Après vêpres Monseigneur s'en alla à Meudon, où il demeurera jusqu'au voyage de Marly, qui sera mercredi ; madame la princesse de Conty et plusieui*s dames y vont avec lui. — Le roi a domié 4,000 pistoles à. Monseigneur pour ses étrennes, quoiqu'il lui donne 50,000 firancs par mois pour ses menus plaisirs. Le roi a aussi donn<^ les étremies à madame la duchesse de Bourgogne, à Monsieur et à Madame, comme il a accoutumé de faire. — Il y avoit vingt-deux places vacantes dans l'Ordre. M. de Monaco a reçu depuis peu à Rome, par ordre du roi, les deux princes de Pologne à qui S. M. l'avoit promis il y a longtemps; ainsi il n'y a plus que vingt places à remplir. S. M. ne s'est pas encore expliquée sur M. le T. vni. 1
cardinal de Coiislin , qui a TOrdfe corrime commandeor et comme grand aumônier. Cela fera peut-être une place vneante parmi les ecclésiastiques.
Dimanche "2, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprèsdlbée. -^ Il est arriré, depuis deux jbilrs^ i1d oblofielhpagnol (pie le connétable a envoyé; il a apporté au roi des nouvelles du roi d'Espagne^ qu'il a salué à Saintes, et îi Madame des l«îttres de la reine d*Ëspagne^ qui demande aux deux rois leur protection et à Madame ses bons offices auprès de S. M. Ces lettres sont en fratiçois et plein(»s de grandes plaintes de la manière dont on la traite en Espa^rne; elle demande qu'on punisse sévèrement le comte de San-lstevan , son major domo major, et la duchesse de Prias , sa dame d'honneur, qui ront quittcic honteusement et l'ont outragée en la quittant Elle demande cette grâce au roi , comme roi et comme cavalier, qualité qui l'engage à protéger les dames malheureuses. Le style de ces lettres est fort exttaordi^ naire. Le roi y a fait réponse en termes généraux. - M. do Barbezieux tomba inalade avant-hier au soir; sofl mal devient très-considéralJe, et M. Fagon a dit au foi i\ son coucher, qu'il en avoit très-mauvaise opinion. On (•il(î plusieurs exemples de gens jeunes morts de la méiûc nlîiladie ; M. de Barbezieux n'a pas eticore trente-trois ans,
Lundi 3, à Versailles. — Le roi se leva dfe meillenn heure (juTi l'ordinaire; il entendit la messe danslachaj)oUe et puis se vint coucher poilr prendre médecine. I/i jours (le fêtes, quand il prend médecine, il va toujoufi à la messe îï la chapelle; les autres jours il fait dhf la messe dans sa chambre et Tcntend de dans son lit Il tint conseil Taprès-dlnée, et Monseigneur y tiri de Meudon. Le soir le roi travailla avec M. de Srtiril* Pouanges, et il lui ordonna de dire à M. de Barb^iicui de sa part qu'il env(;rroit à tout moment tovoir de sS nouvelles, s'il n'en apprenoit dix fois le jour prtrM.P* gôn. Sa maladie augmente. — On a des nouvelles A
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Scile et de Sardaigne que Ton y a proclamé le nouveau rdî d^Espagne Philippe V. C'est le duc de Veraguas qui Mt vice-roi de Sicile, et le duc de Saint-iean, de la maitoil de Moncade, qui est vice-roi de Sardaigne. Tous les Itats de la monarchie d'Espagne en Europe ont présenktnent reconnu le nouveau roi. — M. de Tallard a eu audience secrète du roi d'Angleterre; cela s'est passé issèz doucement; cependant on compte que cet ambaslideur reviendra avant Pâques.
Mardi 4, à Versailles, -=— Le roi eût la confirmation de là levée du siège de Narva et de la défaite des Moscoriles par le roi de Suède. L'action est belle et grande pOurcè jeûne ^ôi, qui n'a pas encore dix-huit attSi II y a eu pltisde vingt mille Moscovites tués ; le duc de Croy, qui en 6toU général, a été pris dans le combat. Ou dit encore Jti'il s^est fait prendre de peur que le czar, â qUi il iVoit conseillé cette entrept»ise-là, ûe lui fit couper le cou. -^ Oli a nouvelle qu'il n'y a encore aucunes troupes de IWpereur dans le Tyrol, mais il isonge à hâter les rechies pour ses troupes, et fait lever le centlèîtte denier dans ses États héréditaires. Il a fait prier le pape par son ambassadeur de ne point donner au nouveau roi d'Espagne l'investiture du royaume de Naples; il a fait le comte de Zin«endorf, son envoyé W, conseiller d'État. — On a envoyé de Milan au roi l'inveslilure que Charles-Quint donna à Philippe II pour le duché de Milan et le comté de Pavie; l'investiture est pour tous les successeurs môles et femelles. On avoit ici ^OQnoissance de cet acte-là, mais on n'avoit pas l'acte. ■^Madame de Louvois est arrivée ici ; elle est. auprès de '• de Barbezieux, son fils, de qui on n'espère plus rien.
Mercredi 5, à Marly. — Le roi partit à trois heures e Versailles pour venir ici. Une heure après qu'il y fut Irivé, M. de Saint-Pouanges vint de Versailles apporf la nouvelle que M. de Barbezieux étoit mort *. M. de irbezîeux laisse deux charges vacantes où il n'y a point
de brevet de retenue, celle de secrétaire d'État de guerre et celle de chancelier de l'Ordre. Il y a ci quante-huit ans que la charge de secrétaire d'État est daz leur maison ; le feu roi la donna, en i^Hy à M. le Telliei qui étoit intendant dans l'armée d'Italie , et ils euioi la charge de chancelier de l'Ordre pour M. de Lootoh après la mort de M. Péréfixe, archevêque de Paris en lOTO. Ces deux charges ne leur avoient rien coûté. — Monseigneur arriva ici à sept heures, revenant de Meudon avec madame la princesse de Conty. Toutes les dames qoi étoient à Meudon avec lui sont de ce voyage ici, qui durai jusqu'à lundi. Monsieur et Madame en sont. — On mande de Paris que M . de Rose^ secrétaire du cabinet, est à la d^ nière extrémité; il a 200,000 francs de brevet de retenue sur sa charge, et c'est tout ce qu'elle vaut. — Surlesonie heures du matin, M. de Barbezieux fit son testament et se confessa; il ne se croyoit pas fort mal et souteDoB même à M. Fagon que sa maladie n'étoit point dang»* reuse ; il avoit des hoquets qui empêchèrent qu'on ne lui propos&t de recevoir le saint viatique; il tourna tool d'un coup à la mort, et mourut à quatre heures.
* M. de Barbezieux avoit tout ce qu il falloit pour faire un grawl ministre ; fort instruit , ou ne peut plus d'esprit ni plus de grâce dans l'esprit , un travail net et facile; on ne peut aussi un homme plus gâté ni plus dangereux, féroce par nature , par être né dans la puissant vi y tHre parvenu dès son premier Age , avec beaucoup d'humeur et et hauteur qui le rendoit redoutable à ses plus intimes amis, que d'ailleurs il savoit merveilleusement servir; peu scrupuleux en tout genre, twsparess(»u\ et trop confiant sur sa facilité de travail ; une figure aimaWe» un esprit naturellement galant, une libéralité folle, une magnific«otf prodigue Tavoient mené bien loin , et les dames les plus belles et les plus hautes ne lui étoient pas cruelles. Il aimoit tous les plaisirs et s J j perdoit , et passoit les nuits après à travailler. 11 avoit accoutume V j roi à différer son travail des soirs avec lui, et lui mandoit qu'il etoil incommodé quand il étoit ivre ou quand il avoit une partie qu'il M vouloit pas rompre. Kt, par l'habitude et plaisir de dominer sur unjeŒK ministre et de faire croire qu'il le formoit, plus que tout par l'appui et madan)e de Mointenon, qui s'étoit mal trouvée de son père plusanoi
le ni le soufifroit et dans le food ne Faimoit pas. Il étoit insolent et ailadeux jusqu'à le faire quelquefois apercevoir au roi; avec cela, qomd il vouloit , la politesse et la prévenance même. Ses débauches Mgèrent sa vie et firent grand tort à son travail. Fagon, qui ne Faimoit pas plus que son père , fut accusé de Favoir saigné sciemment mal à propos; au moins fùt-il vrai que, sortant de chez lui, il lui échappa me parole de joie de ce qu'il n'en reviendroit pas. Grand nombre de geos y perdirent , et beaucoup de dames parurent fort éplorées dans le salon. Mais , quand on se mit à table et qu'on eut tiré le gâteau des JMà, le roi témoigna une gaieté qui se fit remarquer et imiter ; et tout m train de crier la reine boit , il renversa son assiette et frappa dessus avee sa cuiller et sa fourchette ; ce qui fut à l'instant imité des plus affliges et se recommença avec un tintamarre de collège à chaque fois que Jaieioe de la fève but, et qui fut excitée à recoinmencer souvent (1).
Jeudi 6 ; à Marly. — M. Tarchevèque de Reims vint au lever du roi et lui apporta les sceaux de Tordre du Saint- Bçrit, dont M. de Barbezieux étoit chancelier ; il recommanda les filles de son neveu au roi^ et assura S. M. qu^il laiasoit plus de dettes qu'il n'avoit de biens *. Le roi lui parlafort gracieusement , et on croit que S. M. fera donner ^que chose à sa famille par ceux qui rempliront ses charges. — On eut nouvelle de l'heureuse arrivée du roi d'Espagne et de nos princes à Bordeaux, qu'ils y ont été reçus avec beaucoup de magnificence. Le connétable de CastiUe y a salué le roi son maître. On lui a volé une cassette dans laquelle il prétend qu'il y avoit beaucoup de pierreries; on fait beaucoup de perquisitions pour la retrouver. M.deSourdis,qui commande dans la province, et Tintendaûtont déjà fait mettre beaucoup de gens en prison. — Le roi sut à son coucher que le bonhomme Rose ** étoit niort à Paris; on assure qu'il laisse plus de 800,000 écus de son bien; il a un petit-fils qui n'a que douze ou treize *û8 et à qui on croit que le roi donnera la charge de se-
(1) Barbezieux était mort à Versailles le 5 janvier. En supposant , bien que 'Nsou n'en parle pas, que Louis xrv ait célébré la fête des Rois à Marly le 6, ^ giieté n'était pas aussi déplacée que le récit de.Saint-Simon veut l'insi-
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crciairc du cabinet, que M. Hose^songrand-pèrejavoitdfr puis bi lougtemps. 11 vaque par sa mort une place dui rAoadémie Irancoise.
* Tous les ministres meurent ruinés, et toutefois leurs enfants flU des bions immenses, témoin ceux de Seignelny et ceux de œ mine Rarbezieux. La duchesse d'Harcourt, sa fille, en a eu de compte tt au clair plus de cinq millions.
** Rose Qvoit été au cardinal Mazarin et avoit coiiservé par la m mère une grande familiarité avec le roi, dont il avoit la plume, c'M^ dire qu'il écrivoit toutes les lettres de la main 4u roi, dont il ioAil récriture à s'y méprendre, et avoit un style inimitable. Des qoin secrétaires du cabinet, un seul a ceUe fonction, et les trois autres» cune. C/étoit un répertoire vivant de toute Tanciennecour, oùiliwl vlv. do quautité de choses importantes et avoit conservé beaueoup è considération. Il avoit rendu beaucpup de services ei( son temps.
Rose é^oit un homme de beaucoup d*esprit, lin, adroit, banliil dangereux au dernier point , et à qui on ne marchoit pas innçKtàmeut sur le pied. Il y a de lui des histoires sans nombre; du le*, modeste et respectueux dans son état et avare à l'excès ; piaiM gai, salé au dernier point et oroyant peu de chose. Il avoit um ton tout contre Chantilly, bien bâtie avec un beau parc, que M. le ?iim mouroit d'envie de joindre à ses domaines, et surtout pour la cbaM. Ricii ne put tenter le bonhomme et rien no put rebuter M. lePrimt; c'étoit le dernier qui a porté ce nom. Les offres, k»s niches, la ttraimie, tout blanchit, et Rose toujours en parade tenoit l)on. .Ab lin M. le Prince, outré, ne sachant plus que faire, lit jeter par-deswi les nuirailloii de ce parc deux cents renards, qui l'ajustèrent comme il* peut im.igincr. Rose en furie vint trouver le roi, et d'abordée lui demande brusquenïent avec sa familiarilé s'il y a deux rois en France. Quelque aceoutilnié que ftit le roi aux libertés de Rose, la question le cho(jua;i' lui demanda ce qu'il vouloit dire. Rose, qui le sentit, jiartie furibood. partie goguenard, lui raconte son aventure, et se met à braverai le rw l'assure que M. le IViuce n'est pas roi te| que lui. I^ chose parut s violente (jui» le roi envoya sur l'heure commander à M. le Prince de faire prendr»' tous ses renards, et tellement qu'il n'en nsta i>as un;^ dès qu'il le vit il lui parla, en sorte que M. le Prince chercha àse !*• commoder avec Kose, à qui il se garda bien de déplaire à l'avenir; mais le bonhomme lui garda une dent le reste de sa vie.
Tandis que le roi étoit à la messe les jours de conseil, \vs minisUtt venoient dans sa chambre attendre (jue le roi fiU rentré par lagaleiw dans ses cabinets, et qu'on les api^elAt jmur le conseil ; cela etoil coin-
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iapde^i(prôqirau^oQM):ti^na^ ^ §pef)AQieqt|4p^\ àqui ilsavoipu^ affine et avec qui iU étoient assez libres pour leur parler Iq au lieu ^lilar dies eux. Rose remarqua que M. le Prince s'y reudit assidu cîD^ OQ six fois presque de suite et prenoit tous les ministres, tantôt Tun, tantôt Tautre, et qu'il les courtisoit fort. A la fin il ne put se tenir, et regardant M. le Prince en dessous : « Mop«eigneur, lui dît-i| ^ut haut avec oette familiarité qu'il a toujours usurpée et $es nÛDes plaisantes et brillantes d'esprit , il y a longtemps que je vous emmois; je vous vois bien rMer par ici, parler à tous ces messieurs , emoar l'un, prendre la main à l'autre ; n'est -oe point que vous prétenfa à être preniler prinee du sang? » et s'enfuit aussitôt avec une pi- I rouette, riant et regardant derrière l|ii. Le sarcasipc fut te| qui; M. le Prince avec toutes présence d'esprit demeura coufondu sauj^ dirp une pwole, et toute l'assistance à rire dans ses barbes en baissant les yeux. Eneore un mot de ce bonhomme , avec sa calotte de satin , ses (rhewux lefls, son rabat presque d'abbé, son petit manteau, et toujours loa mouchoir entre son habit déboutonné et sa veste, avec im assez Imqiisag^ ef ses yeux perçants et pétillants d'esprit, h quatre-vingthoitans sans incommodité quelconque. Il avoit marié sa petite-til|c au fih de Portail , conseiller h la grande chambre , qui devint avocat général, puis président à mortier et enfin premier président. Elle étoît iMt jeune, fort riche, fort étourdie, se trouvoit mal mariée pour son te, et disoit plaisamment qu'elle étdt demeurée au Portail. Elle leur Mt souvent des frasques ; on venoit au^^ plaintes : c'étoit toujours à commencer. A la fin le bonhomme Rose ennuyé se mit en plus çrande colère que de coutume, répéta bien des fois que sa petite-fille ^ une coquine, et ajouta en furie que si on lui en repnrloit encore i bdéshériteroit. Ce fiit la fin des plaintes; on n'osa plus lui en faire , |A il eut le irepos qu'il désiroit.
Vendredi 7, à Marly. — Le roi partit sur les onze heures dans sa petite calèche avec madame la duchesse de Bourgogne et aUa courre le cerf dans son petit parc, La chasse fut longue ; il n'en vit pas la fin , et il *ioit plus de trois heures quand il se mit à table. Monseigneur étoit à la chasse avec le roi, mais il avoit déjeuné avant que de partir; il soupa sur les sept heures dans son apparteinent. — Le roi sut le matin à soulever yicM. Stoppa étoit mort à Paris; il avoit quatre-vingts »nspassés; il étoit colonel du régiment des gardes suisses ; il avoit un autre régiment sous son nom et une compa-
gnie franche. Outre cela il avoit toute la confiance roi sur toutes les troupes suisses qui sont dans le royaui Il tiroit beaucoup d'argent de la cour^ et quand sa (eau mourut il avoit 500,000 francs d'argent comptant pour plus de 100^000 écus de vaisselle d'argent^ de fk reries ou de meubles, n a été si bien pillé qu'on ne loi rien trouvé après sa mort. — Le roi manda à M. de Ou millart de venir le lendemain à son lever; les courtîsu qui le surent ne doutèrent point que ce ne fût ponr h donner la charge de secrétaire d'État.
Samedi S, à Marly, — M. de Chamillart vint au lene du roi comme il en avoit reçu l'ordre. S. M. lui donn la charge de secrétaire d'État comme M. de Barbeûea l'avoit, et veut qu'il demeure contrôleur général; ainî le voilà chargé de la guerre et des finances^ ce que noc n'avions point encore vu à personne *. Il donna 100^000 écus^ qui seront partagés entre les trois filles d M. de Barbezieux. — M. de Barbesdeux tiroit 4^,000 frani du Dauphiné^ que M. de Louvois avoit ôté par il dustrie à M. de Croissy ; le roi rend ces i,000 frwi' à M. de Torcy, parce qu'ils doivent appartenir nature lement au secrétaire d'État qui a la province de te phiné dans sou déi>artement. — Le roi donna la charj de chancelier de l'Ordre à M. de Torcy, qui paye 200,000 franco à M. de Saint-Pouanges, à qui le roi en fait présent , et M. de Torcy vendra la charge de t« sorier de l'Ordre, dont il espère tirer 450,000 fran< Ainsi il aura une charge bien plus considérable dansFC dre et aura encore 250,000 francs de reste ; il avoit 350,0 francs de brevet de retenue sur sa charge de trésorier, le roi lui donnera sur celle de chancelier le surplus ce qu'il am*a vendu sii charge : ainsi ce ne sera (J 100,000 francs en cas qu'il ait 250,000 francs de reî par la ventequ'il en fera. — Le matin, sur lesonze heuw le roi alla courre le daim avec les chiens de M. le ooiii de Toulouse ; il revint à une heure ici et ne dîna pas pi
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là qu'à son ordinaire. Il se promena beaucoup Taprès- Inée. Sur les sept heures le roi et la reine d'Angleterre rrivèrentici; ils furent assez longtemps enfermés avec 6 roi; ensuite la reine vint au lansquenet et joua à la jouissance jusqu'au souper. Après souper LL. MM. BB. j'en retournèrent à Sain Wîermain, comme ils ont accouiamé de faire. — On mande de Bordeaux qu'on craint jue les princes ne soient obligés de changer leur route le Bordeaux à Bayonne , à cause des grandes inondaions qu'il y a auprès de Dax ; s'ils sont obligés d'aller par le chemin de la poste^ il faudra que tous les équipages campent, car il n'y a point d'habitation.
* Chamillart venoit d'être fait ministre. Il est encore douteux si la louleur, outre toute mesure, que Barbezieux conçut de ne Tétre pas n iDéme temps eut plus de part à sa mort si prompte qu'une dét^aucbe qu'on prétend qu'il alla faire ù l'Étang pour s'étourdir. Cha- Dûllart fit ce qu'il put pour être déchargé des finances deveuant secrets d^État de la guerre; mais le roi, qui se plaisoit aux créations et Nn formations de ministres , ne le voulut jamais , d'autant plus qu'il ivoit toujours été fatigué des querelles du contrôleur général et du secrétaire d*État de la guerre, qui ne pouvoient plus avoir lieu , ces deux pJaces se trouvant réunies. Mais chacune avoit de quoi occuper seule le plus habile ministre.
Kmanche 9, à Marly. — Le roi se promena le matin lans ses jardins, et Taprès-dlnée il y eut une petite loterie de bijoux que le roi donne à madame la duchesse de Bourgogne et à ses dames ; il y en avoit déjà eu une ce voyage ici. — M. de Torcy vend la charge de trésorier deTOrdre 450,000 francs; M. de Saint-Pouanges en a l'agrément du roi, et S. M., outre les 200,000 francs qu'elle Ini fit donner hier, lui donne encore un brevet de retenue de 200,000 francs sur la charge. — Le roi à son dîner QousditqueM. deBriorde, son ambassadeur en Hollande, étoitdangereusement malade ; le roi depuis quelques jours lui avoit fait donner une gratification et pai*oit content ^ lui, car il est en peine de sa maladie. — M. des Alleurs,
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notre envoyé en Brandebourg , a ordre de quitter Qet\e (!i)ur-là; on croit qu'il demeqrera à Cologne auprès de l'électeiu*. Il quitte Berlin parce que l'élepteur de Brande- 1)0 urf; s'en va en Prusse pour se faire couroni^r roi et qu'il ne peut pas demeurer auprès delui^ car nous iie le recoih noissons pas pour roi. — Madame a é\é assez incommodée ce voyage ici ; elle n'a pu aller à aucune chasse^ quoique ce soit le plaisir qu'elle aime le uiiei|x.
Lundi 10, à Versailles. — Le roi, sur les dv^ he\\x^ et demie^ monta en calèche avec niç^dame la ducliasîse çl« Bourgogne et alla courre le cerf. Il revint dîner à M«vly, et sur le soir, à la nuit , il revint ici. — U arriva Je malin à Marly un courrier d'Espagne. La junte donne de nouveaux ordres aux vice-rois et auxgouverpem*6 d'obéir au roi Cromme au roi d'Espagne, et en même temps elle ordonne k tous les ambassadeui^s, les envoyés et ministres d'Espagne de rendre compte au roi de l'étal de leurs négociations, d'entrer dans toutes les ligues, de faire tous les traités que S. M. leur conseillera, en im mot de recevoir ses ordres et de lui obéir comme s'ils étoient ministres de France. Rien n'est plus honorable pour le roi que le procédé des Espagnols, et en même temps ils no peuvent rien faire de plus habile pour leur monai'chie que de s'abandonner entièrement à lui. — I^e soir il y eut comédie, où madame la duchesse de Bou^ gogne alla avec Monseigneur.
Mardi 11 , à Versailles, — Le roi, en arrivant hiericii donna la charge de colonel du régiment des gardes suisses i\ Wagner, qui en étoit lieutenant-colonel; et k roi lui a dit aujourd'hui qu'il lui donnoit aussi le loge" ment que M. Stoppa avoit ici dans le château. Le roi alU Taprès-dlnée se promener à Trianon. Monseigneur courut le loup. Madame la duchesse de Bourgogne donna à dîner à Monsieur à la Ménagerie ; Monsieur en revint après le dîner et elle y demeura jusqu'au soir. —M- de SaÎQt-Pouanges , pour payer la charge de trésorier i^
•Ordre, ve?^d celle de secrétaire du c€^binet à M. Hennem\¥i de Charmond 220,000 francs; et M. Uenne(|uin tendra celle de procureur général du grand conseil, qui «st fixée à 220,000 francs ; et en attendant qu'elle soit vendue, M. de Saint-Pouanges $e charge d'acquitter H. de Torcy avec ses créanciers, de pareille somme. — Le roi à son coucher nous apprit Ja nouvelle de )a mort de M. de Monaco (1), son ambasssdeur à Kome. Jl étoit chevalier de rOrdre ; il vaque présentement viqgt-une places. Les ducs de Pur^is , de Lorges, de Béthune et le marélîhale d'Estrées sont payés de l'année passée comme chevaliers de rOrdre; ils ne Tavoient pas encore été.
Mercredi 12 , à Versailles. — I^e roi a^^, raprès-dînée se promener à Triapou. Monseigneur alla seul diner à HeudoD et revmt le soir jouer avec madame la princesse de Conty. — Le roi veut présentement que M. du Maine seul se mêle de toutes les affaires des Suisses, et a déclaré tpHI ne préiendoit pas que cela fût attaché à la charge de colonel général des Suisses ; c'est une confiance parlici^lière qu'il a dans la personne de M. du Maine. — Le neveu de l(. Stoppa eut la compagnie au3^ gardes qu'a- ^ûit sou oncle. — Le roi a fait aussi quelques chanjernents dans la disposition des charges de l'artillerie qui ^t ÎQ\i agréable à M. du Maine, et qui marque Tautorité que le foi veut que ce prince ait dans ces charges. — Il wiva hier au soir, après le souper du roi, un courrier de Hollande par lequel on apprit l'extrémité où est M. de wiorde; il prie le roi d'envoyer quelqu'un pour remplir ^ place d'ambassadeur, parce que, quand il seroit assez heureux pour guérir, il seroit longtemps sans être en état de servir. On lui a fait une opération cruelle. Il mande *ussi que l'ambassadeur n'a pas besoin d'équipages ; il
(1)11 $f* norninoit Louis GriinaMi Il mourut |M)ur ne $*ôtre |)as assez
■éMpi*, etiMHir avoir Hé à rau<lience du paiK» Itii présenter les dé|»èche8 du vi , qnuHiu'il fiU M incommodé. ( i\oU du duc du iHyneê. )
n'a qu'à venir vite, parce qu'il trouvera le sien, dont il se servira. H. d'Âvaux est nommé pour aller remplir cette place.
Jeudi 13 ^ à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly. Monseigneur joua de bonne heure chez madame la princesse de Conty ^ et après le jeu il alla À la comédie^ où madame la duchesse de Bourgogne alla avec lui. Madame a toujours été fort incommodée depuis le voyage de Marly ; elle a la fièvre tous les jours, qui ne Tempèche pourtant pas d'être debout. — On a reçu des lettres de nos princes, qui étoientle 6 de ce mois à Bazas; il y a une grande lettre d'affaires du roi d'Espagne au roi qui est écrite à merveille. Le connétable de Gastille n'a fait aucune difficulté à Bordeaux sur le cérémonial, comme on Tavoit dit; il vient ici et prendra la qualité d'ambassadeur du roi d'Espagne ou d'ambassadeur de la junie^ tout comme il plaira au roi. — Le roi d'Angleterre cass» il y a quelques jours son parlement, le croyant très-opposé à ses volontés ; il en assemble un autre qui ne lui sera pas plus favorable à ce qu'on croit. Il commencer* ses séances le 27 du mois de février. — On reçut ces jours passés des lettres de M. de Tessé, qui est arrivé à Hilan, où il a été reçu à merveille ; M. de Vaudemont et lui se louent fort l'un de l'autre. Il mande au roi qu'il suffira d'envoyer en ce pays-là vingt-quatre bataillons, trois régiments de cavalerie et deux de dragons.
Vendredi ik,à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée s« promener à Trianon, et au retour il alla chez Madame; qui continue à être malade et qui est pourtant toujours debout. Monseigneur courut le loup, et au retour il soup* et joua chez madame la princesse de Conty. Il vademai^^ à Meudon jusqu'au voyage de Marly, et a défendu qu'oP lui demandât de le suivre; il choisira les courtisan^ qu'il veut avoir et s'épargnera la peine de refuser l^ autres. — Le roi a choisi M. de Callières pour faire l^ fonctions de secrétaire du cabinet comme les faisoî*
Rose ; cela lui donnera beaucoup d'agrément, et M. Rose )it 10,000 francs pour cela par-dessus les ordinaires sacharge. — Sur les trois heures M. Bontemps fut frappé iDe paralysie qui lui est tombée particulièrement sur un IS et sur une jambe du même côté. M. Fagon ne itpas qu'il en puisse revenir; il a soixante-quinze s; c'est un homme en bénédiction à la cour, qui n'a nais fait mal à qui que ce soit et qui a fait beaucoup bien. Son fils aine a la survivance de la charge de imier valet de chambre, mais il n'a pas la survivance gouvernement de Versailles. M. Bontemps ne prend 18 ses qualités que celle d'intendant de Versailles, et i pas celle de gouverneur.
Samedi 15, à Versailles. — Le roi, l'après-dinée, tint iseil pour les affaires des religionnaires, outre le coniqui avoit tenu le matin à son ordinaire. Monseigneur, *sla messe du roi, alla diner à Meudon, où il demeua jusqu'à mercredi ; il y a mené fort peu de courtisans. Le roi a donné à Villars, premier capitaine de son Inaent des gardes suisses , le régiment de Manuel, qui [ue depuis quatre ou cinq mois; ce régiment est le s ancien des régiments suisses qui sont en France , et laps conserve encore sa compagnie aux gardes. On croit i s'il n'îivoit point été de la religion protestante on aul encore mieux fait pour lui, car il est fort estimé dans t le corps et dans toute sa nation. Le roi a donné à ndlé le régiment de Stoppa, qui est le second des iments suisses ; Brendlé le commandoit avec com- 8ion de colonel. — M. le cardinal de Bouillon a fait pper une médaille X Rome qui fait du bruit ici ; dans le médaille il prend la qualité de grand aumônier de ■nce. Cette médaille a été frappée à la clôture du ju- 5; le pape ferme la porte de Saint-Pierre, et le cardidoyen celle de Saint-Paul. On a envoyé de ces mé- Ues-là au roi , et l'on dit que le cardinal de Bouillon •sentement tâche à les supprimer.
Dimanche 16, d Versailles. — Outre le conseil d'Étal (|iie le roi tint, à son ordinaire , il le tint encof é Tapr^diiiée, et ne sortit point de tout le jour. Honseigneui* alla de Meudon A, Paris î\ l'opéra, et y mena madame la princesse de Conty et les dames qui étoient venues avec lui.
— Le roi a augmenté la pension de M. de Cavoie, lemartT.hal docamp ; il n'avoitque 500 écus, etleroi lui|en donne 1 ,000 ; il lui a commandé de se tenir prêt à partir incessamment. Le roi a aussi augmenté la pension de Julien, brigadier d'infanterie, et le renvoie commander les troupes que nous avons auprès d'Orange et d'Avignon.
— M. de Vaudemont a envoyé ici M. de Val-de-Fuentès, qui y passa il y a environ six semaines en venant d'Espagne ; il dit que Ton rend à M. de Tessé dans le Milanez les mêmes honneurs que Ton rend à M. de Vaudemont, que le roi y est plus aimé et plus respecté que ne le fut jamais aucun roi d'Espagne, et que le peuplecrie: Vive le grand roi Louis et son petit-fils Philippe. iM. de Val-de-Fuentès vient rendi'e compte au roi de l'état des troupes et des places de ce pays-là et prendre des mesures sur ce qu'il y a à faire en ce pays-là pour empêcher l'empereur d'y rien entreprendre. — Au coucher du roi on sut que le l)onliomme Bontemps étoit à la dernière exlrémité ; il est regretté généralement de tout le monde.
Lundi 17, à Versailles. — Le roi donna le matin audience à Fambassadeur d'Espagne et à M. de Val-de- Fuentès, qui s'en va en Espagne rendre compte de IVW où est le Milanez, et puis qui reviendra ici. M. de Vaudemont et M. de Tessé commencent à croire que rempercor pourroit bien entreprendre quelque chose en Italie, et d<Mnandent au roi présentement qu'il fasse passer quarante bataillons en ce pays-là. On apprend en mômetenips d'Allemagne que les troupes de Tempereur cominenceDt à se mettre en mouvement. — Le roi a commandé à M. le maréchal de Boufflersde partir incessamment pour aller en Flandre. — Le roi, au retour de lâchasse, trouva
JAMVtRR 1701. 1^
4W le bonhoihnlë Bohtemps étoit mort; il envoya ausiVA quérir Blotiin^ et lui dit qu'il lui donnoit Temploi ^'livdit M. BontetnpS à Versailles , qu'il y avoit lonjrfcm{is qu'il lui destinoit, voyant le bonhomme Bontcmps neinip et ^'appesantir fort , et que cela avoit été cause jtl'U ne Itii avoit pas fait du bien plus tôt. — M. du Haine lottna, avec l'agrément du roi, ft M. de Malezieu, son ttteiiâailty la charge de secrétaire des Suisses, qu'avoit inai II. BontempSi ; cette charge vaut 15 où 16,000 francs n temps de paix : cela valoit davantage avant la réîMttei
Minli IB, A Versailles. — Le h)i alla se promener îV 'Hànoh^ où 11 fait platltet*. Il a donné 6,000 franes de tensiori à Bbntettlps Falhé, son premier valet de chambre, t *,000 franes au cadet, tjui est premier \n\ei de gardeobe ; il leur conserve à tous deux les entrées et le |K)Uoir d'avoir des passe-partout pour entrer par les deriëres, comme ils avoient durant la vie de leur père. Il loime à i'ainé, aux Tuileries à Paris, un logement magni- ■qœ, qu'avoit feu M. Bontemps; U lui donne aussi un •^n logement ici. S. M. en se promenant à Trianon fit éloge du bonhoinme Bontemps et témoigna le regretter 'ï^drement ^. — M. de Torcy prêta le matin le serment oup la charge de chancelier de l'Ordre. Outre plusieurs '^rogatives qu'a cette charge au-dessus des autres ^^t^ de l'Ordre , il a celle de pouvoir faire entrer son ^ît^osse ** et celui de sa femme dans toutes les maisons ^yales quand le roi n'y est pas ; ina iss*il y avoit une reine
Qu'elle y fût en l'alisence du roi, le carrosse euti*eroit. ' M. de Saint-Pouanges prêta aussi le serment pour la »^ïgc de trésorier de l'Ordre et prit le cordon ; ces ser- ^tlts se sont prêtés dans le cabinet du roi. Le chance- -t' de Chiverny avoit prêté le serment dans la cha- ^Ue comme les chevaliers; mais les autres chanceliei*s *t sont venus depuis lui ont laissé (lerdre ce dmit-lù. "" L^ambaflsadeUr de Danemark apporta au roi une
lettre du roi son maître qui reconnolt le roi d^Espigne; il y a pourtant quelque chose dans cette kttie qui pourroit être énoncé plus clairement. — Ibdime la Duchesse prend auprès d'elle, pour fille d'honneiir, h fille de madame de Laigle , sa dame d'honneur, et elle lui donne 500 écus de pension; elle ne prend point d'autre fille d'honneur. — M. le nonce apporte au roi un bref du pape qui offre à S. M. sa médiation pour empêcher la guerre entre Tempereur, la France et TEspagne , et en même temps S. S. a écrit à Fempereur pour l'exhorter à ne pas troubler le repos de l'Europe , et elle lui mande que, s'il veut entreprendre quelque chose du c6té de l'Italie , il en exhortera toas les princes à s'y opposer, et qu'il se joindra à eux pour conserver la tranquillité publique. On est fort content ici de son procédé.
* Bontemps étoit un personnage et un honune rare dans ton espèee. Son grand-père étoit chinirgien et snignoit dans Paris. PoitaU, gnaipère du conseiller de grandVhambre , père du premier présdent èi parlement de Paris, étoit premier chirurgien de Louis XIII, et le n» qua en le saignant. Le roi, ayant besoin de lVtn> et en peine par qui,a parla à M. de Saint-Simon, premier gentilhonmie de sa chambre «l son premier écuyer, qui lui proposa lîontomps, qui Tavoit fort bien s» pné. Il saigna le roi de menu» et continua depuis, tellement que le roi le le prit à lui, et que M. de Saint-Simon fit domier dans la suite une charge de prenner valet do chambre à son fils, père de Boutempsdool il s'agit, et qui le fut après lui. Blouin, premier valet de chambre et père de celui dont il est parlé ici, s'étant rompu le cou dans la descente de Saint-Germain du côté de VersailU»s, faute d'une l>arrièn»à un tournant de la montagne, qu'on y mit aussitôt après, Bontemps init l'intendance de >"ersaillt»s, qu'il a voit parce que son fils étoit enfant, à q«i la charge de pn^mier valet de chambre fut conserv(*e. Bontcmips etwt un gros homnu* lourd et brutal en apparence , au fond le plus humain, le plus rivonnoissiuit, le plus serviable, le plusgénéreux, le plusdéanti^ ressc qui fiU au uïonde, et qui a fait mille biens et rendu seniors.^ souvent importants, toute sa vie. Il étoit dans toutes les eonfidenees du roi pour st^s maîtn^ssos, pour mille dépenses cachées, pour tous les?*** ii (pii Ir roi vouloit parler, ccrirc ou faire savoir quelque chose en sinte^ ' et sa fidélité rtoit ;i tonte épn»uve. Ola l'a voit tellement accoutumes"
tt mjTstère des choses les plus simples ; et on en rioit I bonté et la venu même avec une grande justice et une it même humilité, chose bien rare à un valet dans un nr et de confiance (1). Il faisoit la dépense pardcu- * Yersailles , pour Marly, pour les tables [que le roi y s dernières années, que le roi retrancha fort ses tables lépense comme à Versailles par la bouche et le grand bois, les bougies^ en un mot tout le détail, et ces dést toujours plu , donnoient à Bontemps une rdation recte avec lui. Il avoit fait comme son maître, et cda Dttre lien , mais en son espèce il avoit mieux rencontré Spouséune mademoiselledela Roche sans le déclarer,
SainIrSiinoii 8*accordeiit, oe qui est assez rare, sur l'apprée de Bontemps. Le Mercure loi paye aussi son tribut d*és : « La cour vient de perdre un homme d*un caractère de l'à peine un siècle en produit-il un semblable, et je ne sais
I en a TU un pareil. Il passoit sa vie à rendre service. U foilux uns et détoumoit le mal que Ton pouvoit faire aux autres. i*on perdit de temps aie solliciter, et il sembloit qu'il querellât servir, de sorte que plusieurs personnes, qui ne connoissoieot 1ère, croyoient qu*il leur vouloit plus de mal que de bien. Il r qu'on lui fit les moindres remerclmeots , fermant la bouche nçoient à lui en faire et les fuyant même pour ne rien ena reconnoissancc les eût portés à lui dire. 11 n*a jamais dit de et n'ouvroit la l>ouche que pour dire du bien de ceux dont il
II est impossible de servir le roi avec plus d'exactitude qu'il piement appliqué, et avoit la même ardeur pour les moindres igissoit de son service que pour les plus importantes. Enfin, mr lui que pour son mattre et pour tous ceux qui imploroient
ème qui en avoient besoin sans qu'ils l'implorassent
mort à l'âge de soixante^lix-sept ans, regretté, estimé, cour et même de tous ceux qui avoient ouï parler de lui sans lercure de janvier, pages 153 à 157.) On trouve dans le sr cet autre éloge en vers, dû à M. de Bellocq :
en faveur sans ostenUtiooj An bien seulemeot pour le faire, équitable an poids du saoctnalre, reaM bonheur la modération; e Jamais au mérite contraire, d'obSger sabir l'occasion ; ifBIgés donner protection, unaaser, content du nécessaire, ■térei folr la contagion :
u sentier que peu d'bommes batUrent i^éenrter, et surtout soixante ans ; «t vertus qui de la cour partirent lae Joor quion vit mourir Bontemps.
18 JOURPfAL DE DAI^GEAU.
qui vivoit avec lui et lui étoit précisément ce que madame de j tenon étoit au roi ; modeste , retirée , boDie , généreuse, < aimée et considérée pour son mérite et sa vertu , elle avoit de Toprit et les sentiments nobles. Sou fils , la Roche , devint premier valeC àt garde-robe, et passa n ce titre en FiSpagne, où il eut Festampille «t b confiance du roi d'Kspagne, avec une modestie et un désntéressemot qui Vy ont soutenu avec estime et considération sous tous les diras gouvernements, et ne se mêlant que de son fait jusqu'à sa mort, m 1 733. Bontemps avoit été un des témoins du mariage du roi avec mdame de Maintenon. On ne sauroit croire rafflicUon générale qa'Hj eut de la mort de cet homme , et le nombre de services i
qui lui furent faits à Paris et dans les provinces , sans que sa familJer i (mU la moindre part. Il n'y fut pas heureux ; il avoit fait le frère de a femme, qui s'appeloit Dubois, procureur général de la cour dos aida, puis prévôt des marchands et conseiller d'Ëtat. La fille unique de Bodtemps éloit belle comme le jour, et avoit épousé Lambert, prrsidnl des requêtes du palais; M. d'Elbeuf mit le désordre dans le raéDagp,rt on la mit quelques années dans un couvent. Elle en sortit et se raceon* moda, puis mourut avant son père, et laissa des enfants ; elle eutdea frères; Tun mort premier valet de garde-robe longtemps après lepèie; Tautre premier valet de chambre, au fils duquel le duc de Saint-SfflM fit donner la survivance de premier valet de chambre pendant la pl^ niiers temps de la régence.
* * Cl» fait de l'entrée du carrosse du ^'liancelier de l'Ordre etmftnefc St'i feuune est vrai. On ne sait d'où vient ce privilège, qui n'est ^ dans les statuts de l'Ordre. Il est à présumer que cet usage a étéusufé. puis passé en coutume et enfin en droit, par cvux qui ont surcédrà (M>lte charge à M. de(îheverny, chancelier de France, qui fut leprnniff clKmcelier de l'Ordre et dont le carrosse entroit comme officier df h couronne.
Mercredi 19, à Marly. — Le roi partit de Versailles aprrs son dluer pour venir ici, où il demeurera jusqu» hindi. Il y a anicMié les courlisans et les dames qui dan- \ sont, parce qu'il veut qu'il y ait des bals. Madame estdf- ': meurcc j\ Versailles encore un peu foible de sa maladie; Monsiem* est allé à Paris, où il demeurera jusque b Chandeleur. On a amené ici M. de Bournonville, quiny étoit jamais venu. — Le roi envoie M. de Puységur, lieo* tenant-colonel de son régiment, auprès de M. rélecleur de Biivière, à Bruxelles; il examinera la frontière àt
'landre da c^té des Hollandois. — M. le duc d^Uarcourt lea son audience de la junte comme ambassadeur ; on naît écrit qu^il seroit assis à gauche de la reine y mais Tindience s'est passée debout; la reine même n'étoit pas Mûe. — M. Spanheim y envoyé de M. Félecteui* deBrau debourg, a reçu ordre de son maître de s'en retourner; il vînt le matin à Versailles demander son audience de ^gé> cpi'on lui a promise pour mardi.
Jeudi 20, àUarly. — Le roi, après la messe, alla courre B€erf ; Monseigneur étoit à la chasse avec lai. Us prirent leox cerfs et puis ils revinrent ici dîner. L'après-dhiée ftroi se promena dans ses jardins, et nu retour il y vn\ lue loterie chez madame de Maintenon. Ces loieri(\s-li\ ont toigours de l'argenterie et des bijoux que le roi ionne gratis aux dames. Il n y eut point de bal, parce que i'«t Tanniversaire de la mort de la reine mère. Les bals HNnmenceront demain. — M. le chancelier présenta hier 10 roi à Versailles M. le Conte , qui est celui que le roi a igréé pour la charge de lieutenant criminel et qui en aisoit une partie des fonctions sous M. d'Efiiai; il en loDoe 250,000 francs; la charge ne vaut guère plus de 11,000 francs de revenu et est très-laborieuse. — M. de Cbarmond-Hennequin , qui a acheté de M. de Saiulhmanges la charge de secrétaire du cabinet 220,000 fr., a vendu celle de procureur général du grand conseil 115,000 livres à M. Berrier de la Ferrière, frère du maître des requêtes.
Vendredi 21 f à Marly. — Le roi, après la messe, courut bcerf avec les chiens de M. du Maine et revint dîner ici ; faprès-dlnée il se promena dans ses jai^dins jusqu'à la ^t. Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saintliennain, et dina sur les cinq heures avec les courtisans fri avoient eu Fhônneur de le suivre à la chasse. Le soir htnt souper il y eut l)al, où le roi demeura jusqu'à neuf ■eures. Lesdanseuses étoient madame la duchesse deBourtigne, madame la Duchesse, mesdemoiselles d'Ellieuf,
d'Armagnac^ de Helun, de Solre, de BournonyiUe, mesdames les duchesses de Saint-Simon^ de Sully; de Lauzim et d'Humières. Madame la princesse de Conty n'a pas voulu danser^ ne se trouvant pas en trop bonne santé. — H. de Vendôme arriva à Versailles lundi après avoir demeuré longtemps à Ânet^ où il a fait le grand remède; il se croit guéri. Les chirurgiens croient aussi qu'il Test, cependant il n^a pas voulu demander à venir ici de peur de faire encore de la peine aux dames. Si sa santé est entièrement raffermie et qu'il ne paroisse rien ce printemps , on croit qu'il épousera mademoiselle d'Elbenf.
Samedi 22^ à Marly. — Le roi^ après la messe, alh courre le daim avec les chiens de M. le comte de Tonlouse et revint diner ici. Monseigneur courut le loopet soupa à cinq heures. Le soir, après souper, madame U duchesse de Bourgogne dansa aux chansons dans le salon jusqu'à une heure. — On a des lettres de Rayonne du 15. Nos princes y arrivèrent en bateau le 13, ayant couché à Dax le jour d'auparavant. On mande qu'il y a plus de quatre mille Espagnols à Bayonne , parmi lesquels il y a dix ou douze hommes considérables; Castanaga en est. S. M. C. se mit dans un fauteuil à la porte de son cabinet pour se laisser saluer par ses sujets; tous les gentilshommes lui baisoient la main. Il avoit auprès de lui le duc d'Ossuna, le duc de Béjar et le fils aîné du duc crAlbe, qui lui marquoient ceux qui dévoient avoir ThoDneur de lui baiser la main; tous les autres lui faisoient la révérence. Il voulut les voir tous. Le duc d'Harcoort, qui étoit arrivé quelques jours auparavant, étoit à b droite de son fauteuil , le duc de Noailles à la gauche, et le duc de Beauvilliers derrière le fauteuil. S. M. Cdevoit repartir de Bayonne le 18, et être le 21 à Iran, où il doit trouver sa maison et son équipage, qui n'est jKus nombreux; on a retranché 200,000 écus de la dépense qui y étoit destinée pour envoyer cet argent à M. de Vaudemont A Milan. D'Irun S. M. C. ira jusqu'à
JANVIER ITOI. îl
ttoria à cheval ou sur des mules ^ et à Vittoria il monnt en carrosse^ où il sera seul dans le fond , le duc Harcourt seul au devant; le comte d'Ayen et un gentilunme de la chambre seront aux portières. Pendant le nyage , M. de Beauvilliers a été souvent enfermé avec roi d'Espagne pour l'instruire des affaires; depuis l'il est à Bayonne, le duc d'Harcourt a entrée dans leur toseil; le duc de Noailles y entre aussi quelquefois. On hit un pont sur la Bidassoa qui n^est pas au même en- !oit où étoit celui de la Conférence (1). Dès que messeilears les ducs de Bourgogne et de Berry seront séparés 1 roi leur frère , ce qui doit avoir été fait vendredi 21, I reviendront par la même route jusqu'au Hont-deirsan, où ils prendront le chemin de Toulouse ; ils aunt une table de dix-huit couverts, où ils feront manger 8 gens de qualité qui ont Thonneur de les suivre. M. et adame de Beauvilliers reviendront du Mont-de-Marsan imtici.
Dimanche 23 , à Marly. — Le roi tint conseil le matin son ordinaire et se promena Taprès-dlnée dans ses jariDs. Le soir il y eut un bal avant souper ; le roi y deicura jusqu'à neuf heures. Quand le roi et Monseigneur 8 sont point au bal, toutes les dames et les princesses du «g même se lèvent lorsque madame la duchesse de oorgogne danse ; mais quand le roi ou Monseigneur y mt, il n'y a que les dames attachées à elle qui se lèvent. • H. de Chamillart achète la maison de l'Étang que .de Barbezieux a fait bâtir; il en donne 200,000 francs tt comprenant les meubles, qui valent bien 20,000 écus. - On a des nouvelles de M. de Briorde, qui est hors de Miger. MM. les États Généraux ont député deux d'entre Bx pour lui rendre réponse au mémoire que M. de orcy leur avoit envoyé de la part du roi; leur réponse
[1) Pour te traité des Pyrénées.
T2 JOURNAL DE DANOEAU.
n'est pas décisive, mais il parolt qu'ils veulent n^ocier. On ne siiit si c'est à lx>nne intention pour conserver h im\\, ou si c'est pour g*a^er du temps et attendre, pour se déterminer^ les résolutions que prendra le noavan parlement d'Angleterre, qui doit commencer à s'assembler le 17 du mois qui vient. — Le soir, après soaper, madame la duchesse de Bourgogne dansa aux chansooi et joua à de petits jeux à courre avec les courtisans.
Lundi 2i , à Versailleg. — Le matin , à Marly , en sottant de la messe, le roi alla courre le cerf et retourna dîner à Marly, où il se promena jusqu'à la nuit. Madame la duchesse de Bourgogne ne [lartit de Marly qu'après lui. — L amiiassadeur de Savoie vint ici le soir ; il a ap- (lorté des nouvelles du duc son maître qui ont fait plaisir. — Les quatre ivgiments de dragons commandés pour aller dans le Hilanes et toute la cavalerie qu'on enverra iMisuite dans ce pays-là passeront par la Savoie et le Piémont : on a déjù envoyé des commissaires pour leur préparer les étapes nécessaires. — Le roi a résolu d'augmenter sa cavalerie de dix hommes par compagnie, et outre cela on lèvera six vingts com|>iignies nouvelles. On augmente les dragons de dix hommes par compagnie de même, et on lève soixante et douze compagnies noovelles. On donne 50 éciis par cavalier et VO écus par dragon. — Outre les dix-sept luitaillons qui sont emba^ qués pHir passer dans le Milanez , le roi y en fera passer incessamment vingt-cinq , si hien que nous yauroitf quarante et deux bataillons. On emlxirquera à Barcelone ipiali*e mille hommes des troupes d'Espagne, qui arrivei*ont dans le Milanez avant la tin du mois qui vient.
Jdanli âô. li Versailles. — Le roi alla tii*er Taprisdinée. l^e matin il donna à Tenvoyé de Brandebourg son audience de congé. Monseigneur courut le daim avecles petits ohien^i de M. le comte de Toulouse dans le Iwisde Bonlouïii*, et juiis alla soiiiver à Meudon. il yavoitàce MuqH'i' M. du Maine., M. le comte de Toulouse, les ducs
I Villeioy, da la Rochet-Guyon et M. d'Antin^ madame .Dachesse, madame de Laigle^ sa dame d^honneur, idiiobeiie d^Huoiières^ madame de Lassay et made- NÎieUe de Helun. Ils revinrent tous ici après le souper «roi. -^ Le fils de madame d'Entragues et le (ils de L da Terrail , qui n'a que seixe ans, ont eu une querelle bM-du Terraila été dangereusement blessé; on prémd que c'est un duel. On espère que les informations iroat voir que ce n'en étoit pas un. ^^ M. de Malexieu y qui ML du Maine a donné la charge de secrétaire des illims, lui a rendu celle de secrétaire de Languedoc, qui Mt 7,000 francs; ce prince a donné cette charge à 'abbé Genest, qui n'aura que 1,000 écus d'appointé^ mis; il a augmenté de 600 écus les appointements de forpane, secrétaire d'artillerie, et les autres 2,500 francs ll« distribue parmi ses domestiques.
Mercredi 26, à Y$riaille$. — * Le roi alla se promener iTriaQon,où il fait beaucoup planter. Monsieur revint bhris. Madame est entièrement guérie, et alla à la corné* lie avec Monseigneur et madame la duchesse de Bourgoine. ^ M. d' A vaux doit partir incessamment pour aller 9) Hollande; M, de ^iorde presse exti*émement pour pon le fasse partir, sa santé à lui ne lui permettant 9^ eacore d'agir autant qu'il seroit nécessaire dans les ^joQctures présentes, -^ U n'y aura point de secrétaire fËtat qui signe pour M. de Cbamillart, comme on l'avoit lit; il a arrangé son temps de manière qu'il croit en ^^ûir assez. — Le roi envoya le baron de Breteuil , iuloducteur des ambassadeurs, jusqu'au Bom^g^la-Heiue ti^devant du connétable de Gastille , ambassadeur extraffdinaire d'Espagne, honneur qu'on ne fait à aucun mbissadeur. U y a pourtant un exemple de ce règne ici, tii fut quand le marquis de la Fuente vint avouer la •ééminence de la France sur l'Espagne. I^ connétable sure aussi que son bisaïeul reçut les mêmes honneurs os Henri IV. Le bav(m d^ Breteuil^ dans le cûmpliment
U JOURNAL BB DAHfflUlD.
qu^il loi fity ne manqua pas de Inifiûre valoir ] extraordinaire qae le roi Ini Isdacnt rendre (1).
Jeudi M, à VenmUêi. — Le roi alla Trianon. Monaeignenr eonmt le loap.
de Bourgogne dîna ches madame la dndbeoM dn idili où il y eut bal raprèe-dlnëe. Elle avoit dîné : madame de Dangean^ où il y avoiteabal de i àcea bals il n^y avoit qoe des dames, smt de < y aYoient dîné, soit de celles qoi y vinrent en i
— Le roi a chargé M. Toîsin des afinres de SainM^ sous M. de Qiamillart. M. de GhamiUart avoit eeteBflih là et Ta exeroé longtemps; mais il est présentoaarffcif accablé d'aifisires. — Le roi a donné à madwnoiwiiséi Gharolois l'appartement qa'avdt M. Slooin/et la dsfrii Gesvres ,qai commence à se porter nûenz, demsndisi roi Tappartement qu'a le marqois de Gesvres,' son 9ê»
— MM. les États [Généraux] , durant la maladi»ii M. de Briorde, ont envoyé tous les joun'savoir de wmWÊÊf velles^ et ont fait marquer dans leurs regialraïqasc^iii un honneur personnel qu'ils lui rendcâent, et que ee^ii seroit point un droit pour aucun ambassadeur , VmàU qu'ils avoient pour M. Briorde ne devant pas tirer à conséquence pour les autres.
Vendredi 28 , à Versailles. — Le roi alla encore sepK^ mener à Marly. Monseigneur courut le daim avec I0 chiens de M. le comte de Toulouse. — On eut des nouvdloi de nos princes^ qui étoient le 20 à Saint-Jean de Lui. b roi d'Espagne a donné les entrées au duc d'Harcomt;! les donne aussi à MM. de Louville et de Monvielle, gn tilshommes de la manche, qu'il a retenus pour être qari que temps auprès de lui en Espagne, et cela du conm tement du roi. — Lundi au soir, en arrivant de Marly, roi dit à Madame qu'on lui mandoit de Vienne que
(I) Voir le discoore de M. de Breteuil et la réponse do ille dut le Hereure de juiTier, pages 371 à 373.
loi des Romains avoit dit publiquement que Tempereur ne se devoit pas mettre en peine pour de Targent^ qu'il y avoit un secret sûr pour en avoir^ qui étoit de faire pendre la moitié des ministres et de chasser l'autre; Madame trouva l'expédient tel qu'il est y mais elle n'en fait point surprise ^ car on connolt l'humeur violente du foi des Romains. Ce n'est pas M . de Villars qui a mandé eda, mais le roi ajouta que celui qui lui mandoit étoit homme bien informé. — H. le cardinal de Noailles arriva de Rome et vint ici tout droit avant que d'aller à huris.
Samedi 29 , à Versailles. — Le roi donna le matin, en particulier, une grande audience au connétable de Gastille. Le roi étoit découvert et avoit laissé son chapeau mr la table^ Quand le roi veut être découvert , il ne prend jamais son chapeau à la main, et dès qu'il le prend à la main il se couvre. Après qu'il eut donné audience au connétable, il la donna au cardinal de Noailles. Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly. Monsei- {lOenr donna audience au connétable et puis il s'en alla iMeadon,où il demeurera quelques jours. Le connétable rat aussi audience de madame la duchesse de Bourgo- ^e, de Monsieur et de Madame , et ne se couvrit nulle part. Comme les grands d'Espagne n'ont encore aucun ïang en France , il ne se couvrira que quand il aura fait •on entrée , car on ne rend point d'honneurs aux ambassadeurs qu'après leur entrée. — M. Noblet arriva ici ^i apporta la nouvelle de la séparation de nos princes ; die se fit le samedi 22 , dans File des Faisans ; ils passèlent en carrosse jusque dans cette lie, et là le roi d'Espagne monta dans un petit bateau avec le duc d'Harcourt, h comte d'Ayen et le marquis de Quitana, gentilhomme de sa chambre, qui sont ceux qui seront dans mm carrosse jusqu'à Madrid. 11 y avoit un pont fait aussi depuis l'Ile des Faisans jusqu'à Irun ; mais il n'y passa que les bagages. Il y eut bien des larmes répandues de
36 JOURNAL DE DAMGËAU.
la part des princes et on eut peine à les séparer. 11 pa^ rolt c(ue leur amitié a encore augmenté dans le voyiigo. I^ roi d'Espagne alla ooucher à Irun, et nos prinoes revinrent k SainiJean de Lus. En arrivant à Iran, S. M. C. idla à Téglise, où Ton chanta le T$ Detim ; il y f ut reço avec des acclamations extraordinaires ; il y reçut Jei compliments de tous les corps de la provinee, U alla la lendemain 23 visiter Fontarabie, et pendant qu'il bm\ le tour de la place les François qui avoient rhoonmi^ de le suivre lui demandèrent en badinant s'il trouToit bon que le duc d'Harcourt et eux tous vissent la pla» i il leur répondit : « On m'a bien laissé voir Bayonne. >» La réponse plut fort aux Espagnols et à tous œox qui le suivoient. Il soupa le soir à Tespagnole; ses gentils^ hommes de la chambre le servent , et comme c^esi ttii0 de leurs fonctions de le déchausser et qu'ils le faisoîâDt d'une manière fort incommode pour lui, il ne fitqu^ rire, et leur montra doucement comme il faUoit qu'ils fissent. 11 a déjà rappelé le prince de Darmstadt de Ift vice-royauté de Catalogne^ qu'il a donnée au comte à^ Palme, neveu du cardinal Porto*Carrero, et a suivi eO cela l'avis de la junte, qui lui en avoit écrit. 11 partit d'I^ run le lundi 24 en carrosse, quoiqu'il eût résolu d'aller jusqu'à Vittoria à cheval; il devoit ce jour-là visiter le^ ibrtilications de Saint-Sébastien, et si la pluie cesse î* remontera à cheval. Nos princes repartirent le 23 A^ Saint-Jean de Luz, revinrent à Bayonne et le 24 à Os*» où Noblet les rejoignit pour leur rendre compte de»de»5^ jours qu'il avoit demeuré auprès du roi d'Elspagne d*îpuis leur séparation, et d où il repartit ensuite pour of* venir rendre compte au roi.
Dimanche 30, à Versaillt%, — Le roi alla tirer l'après^ dinée. Monseigneur passa sa journée à Heudon à jouer. '---' Le roi donna à M. le comte d'Évreux , cadet des enfaa*^ de M. de Bouillon, une pension de 3,000 écus. Ces\ II. le comte de Toulouse qui a den^andé insta(niueDt
JANVIER 1701. ay
<ï«tte grÀce-là au roi pour le oomte d'Évreux, qui est fort 4b 868 amisi et quand le oomte d'Évreux a remercié S. M. 9 le roi lui dit : « Je suis bien aise de vous faire ce petit plaisir-là et en même temps d'en faire un grand au oomte de Toulouse. >» — Outre l'augmentation que l'on &it à l'infanterie, de dix hommes par compagnie , le roi fiiit lever un homme par paroisse dans tout son royaume ; et quand les paroisses sont fortes, on en lève davantflig'e, à proportion de leurs forces. On composera de cela des compagnies que Ton donne aux capitaines réformés , et le roi paye 20 francs pour Thabillement de chacun de ces hommes-là; toutes ces compagnies composeront cin- <piante-sept bataillons qu'on incorporera dans les régin^nts qui n'ont qu'un bataillon. On compte que Taugn^entation de l'infanterie montera à plus de cinquante ^le hommes et celle de la cavalerie à seize mille chenaux.
tundi 31 , d Versailles, — Le roi alla l'après-dlnée se promener àTrianon. Monseigneur^ qui est encore à Meudon, ^'Mirutle loup dans Verrières. Iln'y aura pointde bal cecarwval ici qu'à Marly, où l'on iradimanchepour y demeuf^huit jours. — Ilay eu dispute entreM. d'Avaux comme ">*Ure des cérémonies de l'Ordre et M. de la Vrillière ^^'ïïime greffier de l'Ordre ; ils prétendoient l'un et Tau- ^ qu'il étoit de leur charge de rapporter au roi les P^^Uves de M. de Torcy , nouveau chancelier de l'Ordre. 1^ roi avoit jugé en faveur de M. d'Avaux; mais M. do ** Vrillière a rapporté depuis des registres de ce qui **toit fait en [lareille occasion, et il parolt par ces repères que ce n'est ni au maître des cérémonies ni au S^^ffier à faire ce rapport au roi, mais aux clievaliers '^^^Himissaires qui ont reçu les preuves de noblesse. M. le ^ûiier et H. de Lavardin ont été les commissaires ; ^•Isi on croit que le roi les chargera de rapporter l'affaire, '^la n*est pourtant pas décidé. — M. des Agnès, avocat B^èml delà çqijlt di^» aides et tJ^ère d^ Koagivrau» a eu
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la commission pour le commerce qu'avoit M. de Lagny, mort depuis peu; cette commission vaut 8 ou 10^000 livres de rente ^ et c'est M. de Pontcbartrain qui la doiuie comme secrétaire d'État ayant la marine dans son dépa^ tement. — Quand H. de Louvois fut fait chancelier de rOrdre^ ce ne fut aucun des officiers qui rapporta «8 preuves; ce fut M. de Roquelaure, qui étoit un de sea commissaires. Il y a encore dans le registre d'autel exemples plus anciens en pareille occasion ; ainsi on ae doute pas que M. de Lavardin ne rapporte celles de M. de Torcy, M. le Premier étant malade.
Mardi !•' février y à Versailles. — Le roi alla Faprès^ dlnée se promener à Marly. Monseigneur revint de Meudon le soir. — Il arriva un courrier de M. le maréchal de Boufïlers^ qui est en Flandre; on croit qu'on va prendre incessamment un parti sur les troupes hoUandoises qui sont dans les places de Flandre. — Outre les 50 éciis qu'on donne aux capitaines pour chaque cavalier qa'a0 lève y le roi leur fera donner encore pour le moins aatapt en forme d'ustensile (1) et ceux même qui auront leo^ compagnie prête dans le temps marqué auront quelque gratification. Pour les dragons à proportion de la cavalerie. — On a enregistré aujourd'hui au parlement, à l^ requête du procureur général, des lettres patentes di* roi pour assurer au roi d'Espagne Philippe V et ses eiv fants mâles, nés en bon et loyal mariage , la succession * la couronne de France en cas que monseigneur le dn^ de Bourgogne vint à mourir sans enfants mâles, ouqia.^ la branche de ses enfants mâles manquât ou tombât en quenouille (2) ; et cela nonobstant que Philippe V soi*
(1) Voir la note du tome VI, p. 200.
(2) C*est de Henri Hï qu*est venue la coutume de prendre ce» lettres à€ naturalité ; il voulut en avoir avant que de sortir du royaume. Le duc d" Alençon, son frère, jugea à propos d>n faire la même chose lorsqu'il passa »ii^ Pays-Bas pour se mettre en possession du Brabant. Cet usage introduit dans l« seizième siècle s'est fortifié dans la fin du suivant , le prince de Conty s'ét*"^
^îhfient ou résident hors du royaume , ou qu'après son denses hoirs màles^ procréés en loyal mariage, soient nés et habitent hors du royaume de France. Ces lettres patentes sont signées Phélypeaux. M. de Torcy avoit prétendu, comme secrétaire d'État des étrangers, que c'étoit à lui d'expédier ces lettres; mais le roi à jugé en faveur de H. de Pontchartrain comme secrétaire d'État de la maison.
Mercrèd%% jour delà Chandeleur ^ à Versailles. —Le roi, avantque d'aller à la messe, fit tenir le chapitre des chevaliers deTOrdre, où M. de Lavardin rendit compte au roi des preuves de M. de Torcy ; il avoit été un de ses commissaires. L'archevêque de Reims officia encore; c'est fe seul des ecclésiastiques de l'Ordre qui officie pré- ''^tement; car M. de Noyon est malade, et les sixautres ^^mmandeurs ecclésiastiques sont cardinaux qui croient ^^ devoir pas officier à ces cérémonies. — L'après-dlnée fe roi entendit le sermon du P. Massillon, qui doit prêcher ^ Carême. — On a des lettres de nos princes, de Dax, ^ ils sont arrêtés par les grandes eaux qui ont inondé '^ï^ucoup de pays dans ces cantons-là; ces lettres sont ^^ 25 du mois passé. — Il y eut ici à Paris un furieux ouragan qui a fait de grands désordres et pour les bàti- ™^rits et <?,ans les jardins; une poutre de l'église de ^iïit-Louis dans Tlle Notre-Dame a tombé sur la tête du ™^i^juis de Verderonne, qu'on ne croit pas qu'il en puisse '^happer. Il y a eu beaucoup de carrosses renversés, et P^**sonne ne se souvient d'avoir vu un si grand vent.
^ewii 3, à Versailles. — Le roi alla tirer l'après-dlnée. ■^tîseigneur courut le loup. Le soir il y eut comédie. ^ ^près-souper madame la duchesse de Bourgogne entre "^^s le cabinet du roi à son ordinaire et puis alla se
i de pareilles lettres en 1697, sur le point de s'embarqaer pour la Pologne. 1^ t^ d*Espagne ayant pris la même précaution , il est probable qu*on la re- I dans la snite comme importante. ( ^oie du duc de Lupies- )
SO JOURNilL DE DATIGEAU.
masquer chez elle ^ et à minuit elle monta chez la maiéchale de Noailles^ où Ton dansa jusqu'à quatre bénies du matin. Cela ne se peut pas appeler un bal , car i^.n^y Hvoit point dUiommes ; cependant on yl «dssa entrer Fambassadeur d'Espagne, qui y mena le connétable de Castille et les seigneui*squi sont venus avec lui en France ; il y avoit beaucoup de dames chez madame de NoaiMes, et la plupart masquées. — Le roi d'Angleterre a envoyé ordre à son ainl)assadeur de déclarer ici que, comme.son intention étoit de maintenir la paix, il approuvoit exlirémement le parti qu*avoient pris les HoUandois de demander des conférences.
Vendredi i, à Versailles. — IiC roi alla l'après-dlnée se promener à Triaoon, où Torage qu'il lit avant-hier a fait du désordre comme partout ailleurs ; il en a fait de considérables à Vincenres, au Louvre et au Luxembour;g ; il y a eu bien des arbres arrachés dans la forêt de Saint-Germain. — On reçut des lettres de nos princes, qui étoient encore à Dax , d'où ils ne peuvent partir à cause de l'inondation ; les eaux ont emporté le grand pont de Bayonne. Le roi d'Espagne est arrêté de sou coté à deux lieues de Saint-Sébastien. — Les HoUandois ont renvoyé un nouveau courrier à leur ambassadeur ici jK)ur pivsser les conférences; ce|)endant nous savons qu'ils achètent des troupes, qu'ils tâchent à faire des alliances, et qu'en lin ils font tout ce que pourroient faire des gens mal intentionnés. Le roi a donné ordre au niîuvchal do Bouftlers de faire entrer des troupes de France dans les places de Flandre où les HoUandois or t garnison et de les en faire sortir ; cela se doit exécuter cette nuit ou colle de demain ; ils y ont vingt-deuï bataillons.
Samedi 5, à Versailles. — Le i*oi se promena laprèsdlnéo î\ Trianon. MonsiMgneur vouloit courre le loup ^* alla même au rendez-vous; mais la grande gelée qu'il avoil fait la nuit Ten empocha. Lesoir U y eut comédie. -^
le doc d'Hareourt a envoyé un courrier au roi pour lui Kurter la nouvelle que la flotte d^Espagne est arrivée ; la croit riche de plus de soixante millions en argent e douze millions en marchandises ; c'est la flotte qu'on ecoutumé d'appeler la flottille. On compte que les rlois et les Hollandois ont du moins le quart sur cetti^ ;e-là. Les deux vaisseaux les plus richement chargés : déjà entrés dans Cadix. -^ Les comptes de la maison Invalides n'avoient pas été arrêtés depuis Tannée k, on espère trouver quatre millions de revenant bon y comprenant deux charges qu'on crée de trésodes Invalides^ dont on aura 100,000 écus de chae. -^ Le roi a demandé aux princesses de lui nommer dames pour Marly qui dansassent bien , et le roi y lera madame de Luxembourg , mesdames de Rafetot e la Vrillière, qui n'y étoient pas le dernier voyage. ^ùtumekê 6, à Marly. — Le roi, en sortant de son sr^partitde Versailles pour venir ici, oùil se promena [u'à la nuit. Le grand vent qu'il fit mercredi n'a pas beaucoup de désordre ici, et tout est déjà réparé, isieur et Madame sont de ce voyage. On y a mené maie de Rafetot, qui n'y avoit jamais été. Le soir à huit ires le bal commença; le roi y demeura jusqu'à neuf, 'on soupu à dix heures et demie. Madame la duchesse Bourgogne recommença à minuit à danser et à jouer es petits jeux à courre, qui durèrent jusqu'à deux heu- . — Des soixante-douze compagnies de dragons qu'on e, on en fait six régiments, qu'on donne à des colofl réformés, et Ton ne s'attache point à l'ancienneié. • six colonels qu'on a choisis sont d'Avaray, Sailly, eld, Sainte-Hermine, Fontbeausart et Poitiers. Les ttre premiers sont brigadiers. — L'ambassadeur Qgleterre vint le matin à Versailles ; il apporta des tes de créance de MH. les États Généraux, qui le charit de leurs affiùros durant la maladie de M. de ttnskerkfi, leur aiubastadeur ; on est content ici de
Tambassadeur d'Angleterre^ qui parolt bien intentionné pour la conservation de la paix.
Lundi 7, à Marly. — Le roi se promena tout le jour dans ses jardins ; la gelée les a empêchés^ Honseignev et lui y de pouvoir chasser. Sur les sept heures le roi et k reine d'Angleterre arrivèrent; ils furent quelque temps enfermés avec le roi et puis revinrent dans le salon^ où k bal commença à huit heures. Le roi y demeura quelque temps y puis il retourna chez madame de Maintenon, età dix heiœes et demie il revint prendre LL. MM. BB. pour se mettre à table. — Comme le roi sortoit de table, M. de Chamillart lui apporta des lettres d'Albergotti de lundi à sept heures du matin. Il msmde au roi qu'il étoit entré dans Luxembourg à porte ouvrante ; que le comte d'Autel, qui en est gouverneur, l'étoit venu recevoir à k porte , et qu'ensuite il avoit éveillé le commandant des troupes de Hollande, pour lui dire qu'il avoit fait entrer, par ordre du roi son maître , trois mille François dans la place. Ce commandant dit d'abord que, s'il en avoit été averti, il s'y seroit bien opposé, et puis se rendormit. Il a seulement doublé les sentinelles dans les postes qu'on leur a laissé garder ; il y a deux mille Hollandois dans Luxembourg et il y a dix-huit à dix-oeuf cents hommes de troupes d'Espagne.
Mardi gras 8, à Marly, — Le roi et Monseigneur se promenèrent dans les jardins et le matin et l'après-dinée. — M, de Chamillart vint sur les quatre heures trou verleroi à la promenade et lui apporter des lettres du maréchal de Boufflers, qui mande que dimanche matin , à porte ouvrante , les troupes de France étoient entrées dans toutes les places de Flandre où il y avait des garnisons hoUandoises. Tout cela s'est passé fort doucement, et il n'y a eu que le commandant d'un bataillon hollandois à Ath qui ait fait prendre les armes et qui durant quatre heures fit toujours comme un homme qui auroit voulu empêcher les François d'entrer ; ma is enfi n le gouverneur lui fit en-
ft raison^ et il ramena ses soldats dans leurs ca- I. Cest Ximénès qui a mené nos troupes dansNamur, abonne dans Gharleroy^ Bezons dans Ath, Artagnan Hons^ Coigny dans Oudenarde et le comte de la dans Nieuport. G'étoient les seules places où les ndois eussent des garnisons. Nous avons envoyé h<Mnmes dans Ostende^ dont la garnison ëtoit trop u M. rélecteur de Bavière, dans tout cela^ a eu le eor procédé du monde^ et on ne sauroit rien ajouter time qu'il s'attire par sa droiture^ son secret et sa té.
rcredi des Cendres 9 , à Marly. — Outre le conseil dfoi tint le matin à son ordinaire^ il en tint encore vès dîner, qui dura quatre heures^ et le soir chez une de Maintenon il travailla encore plus de deux 3S avec M. de Chamillart. — Le roi ^ Monseigneur idame laduchesse deBourgogne prirent des cendres^ i avant que d'entrer au conseil ^ Monseigneur et une la duchesse de Bourgogne après midi. Le bal , le commença hier qu'après souper^ a duré jusqu'à heures, et Monseigneur y a demeuré jusqu'à la - Le roi d'Espagne a ordonné qu'on donnât aux Dis et aux HoUandois l'argent qui leur reviendra de rt qu'ils ont sur la flottille qui vient d'arriver, et C. fait cela quoiqu'ils ne l'aient pas encore reconnu lette bonne foi qu'il leur montre et la justice qu'il %nd devroient bien leur apprendre aussi à lui rendre îe. — Nos premières troupes embarquées pour l'Iont été assez longtemps retenues par les vents cônes; mais enfin elles sont arrivées à la rade de Vaye, les ont débarqué heureusement : ainsi elles sont déjà lis quelques jours dans le Milanez.
mK 10, à Marly. — Le roi, après la messe, monta en lie et alla courre le cerf, et revint dîner ici à deux tt. Monseigneur courut le loup et revint une heure B le roi. «- On mande de Rome que le pape emploie
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U JOURNàtJ bÉ bÀfttifcAU.
600,000 écus à lever des troupes; il compte d'atoir A mille hommes, dont la moitié serotlt SUisseë. &6Û eielllpb sera iK^nj^our animer lesprliices d'Italie àeh levcrâirtî:— On croit l{\ï^ H. de Hantoue consentirai )jue les trbdp» (lu roi entrent dans sa place de Mantotie. — Lé roi ih l*ortapai, qui a rccoiinu le roi d'Espdgrie^ est sur le pôiel de signer un traité tel qu'on le doit désirer j^nr le nttmtien de la paix, et Ton est fbrt content ibi de sa oôbàtùk; cei^Hidant le pëU de troupes qu'il y dëii Est^feii» s'embarquera point cotume bn ftTdit brii poUt pfluMl Milan, où il y aura assez de troupes de France sans aw l)osoin de celles d'Espagne. — En ctts ^ué Itl gottw commence, on établira la capitation; tttais différeiAaMlt de ce qu'elle l'a voit été la première fois; on prétend « tirer davantage et par des moyens encore j^lus aisés é plus doux.
Vendredi 11, à Marly. — Le roi, après lit wsm monta en calèche , madame la duchesse de BoUtgo^ aupi*(^s de lui et Madame > derrière. Madame la Dnehecn étoit dans une autre calèche avec des dames , et dàitttii^ troisi(^me étoit madame de Mailly avec des dames du (allais. L(» roi courut le daim avecles chiens de M. le comte (le Toulouse vi puis revint dîner ici. L'après-dlnée il se pronuMia dans Sivs jai*dins jusqu'à la nuit. Monseigneur étoit î\ lîi chasse avec le roi. — Dans le conseil que le fw tint ineirredi, S. M. résolut de permettre à toutes te troupes lie Hollande qui sont dans les places de Flandre et dont nous sommes maîtres présentement de s'en retourner en Hollande selon l'ordre qu'ils en auront de MM. les États Généraux, leitrs maîtres. On permet même aux sujets du roi d*EsiKigne et aux sujets du roi qui se^ vent dans ces iviiiinents d'y demeut^r, et on ne le* apportera aucun obstacle, l'n procédé ahssi noble n*ap*» été s;ms contradiction : mais le i*oi prend toujour? te [virlisles plus justes <*t K»s plusirlorieux. — M. le martin'^ de Broon, pi*emier écuyer de Madame, est mort '; cette
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ditge n'est pas khdote remplie. — M. de Vbrdèrbtiné est m, dé la solive qui lui tomba kxïr la tête ïë jbttr de IV ige; il aroit les chiens du roi pont le lièVre (1).
* BrooD , premier écuyer de Madame, passoit sa Tîe à sa camnpe, et n'a j;>resque jamais paru.
Samedi i% à Vinaillies. — Le roi^ âpi*ès là knesse, monta su calèche, madaMela duchesse dé Bour^gue attires le lui et Hadaihe derrièlre. Il y avdit deux autres caiëdtes, l'une pbtir màdàhle la Dùbhësse , Pdiitre ^r les lllliés du palais. On courut le cerf et on revint dîner d ■nrly. L'après-dltlée le roi s'y {)rdinèDa jus(|ll*a cîhq bMU^ et ^tlis reyiht ici. Hônseigtleiil* alla le matiii de Ihrly diner à Heiidon; il y ^âssa Id jotltnée et ISeviilt ibl podr le soupei» du roi, — Le t)arlelneht d'Atiglëlèrte , i{m devoit commencël* lé 17 de ce mdi^ , ne â'a^ ittnblera que le 25. Le l'dl d'Ahgletërrte i'épatld beâtiëblit> ifai^nt parmi les députés de la chslmblrb bcLsëe pbiir tteher à les mettre danâ ses* intérêts. — On entoib H Torgot, maître desi*ecplétès et gehdtb de M. Pelletier, ùtendanten Touraine en la place de M. dé llirotiiéilil ^ à ^ le roi donne 1^000 écusde pension, pour montrer çi'ilest content de ses longs services; il jr après de trëhte tos qu'il est dans les intendances. — La duchesse de ^dlars* mourut à Paris; elle ne laisse qu'une fille^ qui a ^ttsé le mah{uis de Brancas. Le duc dé BraUcÀs est Sis de son mdri, mais d'un premier mariage.
* La duchesse de Viliars étoit mademoiselle de Mainières, femme fftftii et d^intrigue, qui avoit fort conuu niadame de Maintenon autre- Mi et qui avoit conservé de rahiitié pdur elle, kii mouraiit elle lui f^eMbmanda sa fille , la itiarquise de Brancas , bt iiiddatnb de fAùiû- ^<im se piqua d*eu prendre soin. U est singulier que par cela même Vielle n y répondit pas, cela lit la fortune de son mari.
0) Son titre <^talt : « capitaine des cliiens écossois, chassant le lièvre pour '«•iWiindeSaMaieMCé. »
Dimanche 13^ à Versailles. — Le roi et toute la maisoD royale entendirent le sermon^ et puis le roi alla se promener à Trianon. — On a reçu des lettres du roi d'Espagne^ qui étoit à Burgos le 7 ; par tous les endroits où il passe il y trouve des fêtes à la manière du pays, et de grandes démonstrations de joie partout. On compte qu'il arrivera à Madrid le 19. Il logera d'abord au Buen- Retiro en attendant que le palais soit prêt ; la reine en est déjà partie pour aller à Tolède. La junte n'apastroavé à propos qu'elle demeur&t à Madrid quand le roi y a^ rivera; elle ne le verra point du tout; on cnoit qu'elle se retii*era dans le royaume de Valence. — On a trouvé auprès de Rayonne un courrier noyé ; on lui a trouvé sur Testomac une boite de fer blanc dans laquelle il y a des lettres en chiffres^ qu'on a envoyées au roi d'Espîigne; le bruit est que ces lettres sont du roi d'Angleterre, qui écrivoit à la reine d'Espagne. — On a des nouvelles de nos princes du Mont-de-Marsan; ils en dévoient partir h lendemain pour Toulouse; où l'on compte qu'ils arriveront le 13. M. de Reauvilliers les a quittés au Mont-de-Marsan et revint ici tout droit.
Lundi Iky à Versailles. — Le roi prit médecine et tint conseil l'après-dlnée. Le soir il y eut comédie. Monsieur et Madame allèrent à Paris, où ils demeureront quelques jours. — Les Espagnols auront en Flandre vingt mille hommes de pied et quatre mille chevaux, qui seront entretenus des fonds établis en Flandre pour la subsistance des troupes, mais qui avoient été si mal administrés jusqu'ici qu'ils n'avoient pas dL\ mille hommes sur pied et qui même étoient mal payés. M. T^ lecteur de Bavière, qui agit en tout cela comme le plos honnête homme du monde, a éte souvent enfermé avec le niai*quis de Bedmar et Puységur pour travailler au moyen de lever et entretenir ces troupes sans mettre aucune nouvelle imiK)sitiou sur l'Ëtat. — L'après-dinée oo
i PftriSy à FAcadémie^ H. de Sacy (1), pour remplir la ide M. Rose^ et le soir le roi approuva le choix I avoit fait. — Le roi arme quatre-vingts vaisseaux gne, et les Espagnols en armeront vingt pour les iratifs qu'on fait ici pour la guerre;cesontdebons SD8 pour avoir la paix. — H. de Noyon est à la dert extrémité ; on ne croit pas qu'il passe la nuit. vrdi 15^ à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se tener àTrianon; madame la duchesse de Bourgogne i pied Ty trouver et en revint en calèche avec lui. — ) Tonnerre vint le matin au lever du roi en grand ; de deuiletlui'appritla mort de M.Pévôque de Noyon, nde. Outre Tévêché de Noyon, il avoit deux abbayes. Tune est fort considérable ; il étoit prélat de l'Ordre. At un des trois conseillers d'État d'Église et étoit de demie françoise *. — Le roi donna le matin au- ^ à H. le nonce et puis à l'ambassadeur de Savoie, i fait des propositions de la part de S. A. R. son pe, qui seront apparemment acceptées. M. de Savoie de donner huit ou dix mille hommes de ses troupes les joindre à celles de France et d'Espagne dans lanez ; il demande & commander toutes ces troupes- ; que le roi d'Espagne épouse sa fille. Il y a encore [ue autre condition dont nous ne savons point le 1. La princesse de Savoie a deux ans moins que une la duchesse de Bourgogne sa sœur, et paroit jolie par les portraits que nous en avons vus.
B trouva dans les papiers de M. de Moyon des mémoires pour raison funèbre. Il ûiudroit un livre pour épuiser ce prélat.
ircredi 16, à Versailles. — Le roi entendit le sermon ois alla à Trianon se promener. Monseigneur courut im avec les chiens de H. le comte de Toulouse, et
Louis de Sacy, arocat. Le Meixure galant se trompe en le désignant e iDooesseur de M. de Noyon, qui n'était pas encore mort.
38 J0URV4L m qi^qQEAij.
V^y\w\i au retpur cjfi laphassq, souppr et jpuer cha majjaqip Ifv princesse (le Copty. — Le rqi ^t^raqche dix de ses galères; le§ j^jpagnqls ep retrancheroQ^ aussi des leurs; Vuuion qfij e^ ex\\re les deux ni^tioqs fait que noos avQus mqjjlis de ItpsQJn d^ ces bâ.t|(B^pts-U les UQ3(;tles autres. — Les troup.es (|ui sonf en Fl^dre et que le ni d'Esi>£|gi^e entretient sur ]e pied étranger spn^ fort mal payées; elles ont conseuti d'être mises si^r le piedfraD(ois, et par Tordre qu'a apporté M. Vélccteur de Bavière elles seront payées r^gulièremeut comme les nôtres. — Le roi nous dit à son petit coucUer qu'il avqit bien vu des routes de troupes^ n^ais qu'il u'eu avoit point vu comme celles qu'on lui avoit montrées aujourd'hui- Les trois 1)ntaj^ons de Pjcaf^die yop{. de I)unkerque à Nieuport^ i Qstende, à gruges, jt Gand^ à Denderinoqde , à Rupelmonde , puis à Anvers, où ils deme\ireront en garaisoD. /etiçlt 17, à ^crsai7/es. — Le roi alla l'après-dinée se promenef à Marly. Monseigneur alla dîner à Meudonet revint ici le soir pour 1^ comédie. Madame la duch^ de Bourgogne n'alla point à la comédie, et dit qu'elle n'ira point pendant tout le carême. — Le roi a donné la place de conseiller d'État d'Église qu'avoil M. de Noyon t\ M. Tabbé Bignon *, neveu de M. le chancelior; il a déjà deux frêivs dans le conseil ; Talné conseiller d'État, et l'autre intendant des finances, chîu^ge quilui donne place et rang dans le conseil. — Monseigneur le duc de Bourgogne écrivit ces jours passifs au roi une lettre trés-l)ien écrite par laquelle il supplioit S. M. tn>s-inslamnient, s'il y avoit de la guerre, de le faire se^ vir, alin qu'il pût se rendre digne de Thonneur quil avoit d'être son i)etit-iils. Le roi a pafu fort content Je cette lettre (1;. — Quoique la reine doqairiêre de Po-
(1) ÎA'ttre du duc de Bourgogne à madame de MainfeiKm :
Toulouse, le 6 îéwkr 1701.
•t Je % ous Miis infiniment oblige , Madauie , de la peine que \ous avei J
pu gp{1| qm^ée par les lois d^. ffûre soi^ ^q\vf dans roy^^qa^, à ppji^p d'être privée c}e sqfl ^p^i^re, il a ér^lu, (lap? \^ 4ii)te teqp^ 4 Y-^^SiOvie, qu'il lui se|oit ffmis; fje fi^fe encore qH^qqe séjour à {iQiq^ saus i'qjI }iii retranche riei^ ^q ^^ revenus. Le pf^triarche ;çc ^e Léopol ^ embrassé Ift religion cf^tholique roaioe, ce qpi a c^^sé quelque désordpe en qe pays-là. ielqu^&-^ns des principau:!^ of^ciers de la république îPplognfi pnt protfisté contre lei covirQnnemeut de Vé- Ftfiur de brandebourgs qui se fit couronner roi de frussp Kœnigsberg le 18 du mois passé.
* Vûibé Bîgnon étoit Gis de la sœur du chancelier de Pontcharnet de Bignon, conseiller d'État. C*étoit un homme savant, accort qqi vouioit faire fortune. 11 avoit préqbéavec succès; mais il n'avqit !ché que de paroles. Le roi, qui étoit informé du pèlerin, eut regret ( béDéfices qu*i! lui avoit donnés^ et ^e garda bien de le faire évéque. n ODcle, qui avoit tendrement aimé sa sœur et qui avoit du folble Dr ce fils, quoiqull les eût tous pour ainsi dire adoptés, i^orc^a le roi Q donner une place jusqu'alors remplie par des évéques pour le dénpg^ 4e 1 épiscopat , et le mit après à l£| téfe ^e toutes le^ acqdéntes. Ce dernier ei^ploi étoit son vrai balfot. Il a mené depuis ^^p peu contrainte , puisque la contrainte ne Tavoit pas servi à son gré, I est devenu doyen du conseil et bibliothécaire du roi. 11 avoit amassé s de cinquante mille volumes, que son emploi lui fit vendre chèredent au fameux Law, qui, pour placer de Targent, voulut imebiblioq^e. Depuis labbé Bignon, aucun abbé ii'a été fiiit conseiller d'Ktat.
e œ que je vmiA ai prié , puisque c'est une marque de votre amitié ; mai» naèiDe temps je vous assure que vous ne |M)uvex m'en donner une plus ttde qu'en achevant de résoudre le roi à me ^>ermct^re 4'«*ller à la jiuerre, y en a. Je viens de lui écrire une seconde lettre |K)ur le presser de nouveau, eu qu'il n'ait pas encore pris son iiarti. Je vous conjure aussi de regarder Kd mes intéri^t», et de passer par-dessus la piMucque cela vous |»eut faire, wi» Ta\i que vous ayez a[)prouv(^ le style de ma première lettre au roi ; je ^e tout de mon mieux, et dans une occasion comme celle-ci j'ai cru ({ue Mfkïfoisrien oublier. Je finis en vous suppliant , Madame , d'être toujours ^adée de la sincère amitié (pie j'ai pour vous et q^i qç »afu-oit qii'aug- Dter toujours, u
Loi;is.
^ir$gde LoitisXIVf etc., à madame deMainlenon, impriméis |N)ur I- tw biUioplylf!« frofivaisi p^ri^, Uidot, \^%j 1 vo^. in-r.
JOURRAL INE DAMOBAU.
Vm^$di 18, à r$r$mUê$. — Le xoi, aptèilsi qu'il tronva fort bean^ alla se promener à dame la diidbesse de Bourgogne a demenréeliei «DM ces jours ici jusqu'à sept heures^ qa^dlea été bm0 roi ches madame de Mamtenon. — Le rai à^ËÊfiiji am^vant A Iran envoya ordre A la junfe de eoaliaiÉ gouverner lesaffiiires aveclamteneantoiitéqii^mft avant qu'il fût arrivé dans son royanme, et qui M finie sans Tordre qu'il leur a envoyé de oonifamerii que le cours de la justice et des afEaJres ne fût yH interrompu durant le tempe qu'il emploMnk i il dirun à Madrid. — La comtesse d'Ognale» quelaiti d'Eqpagne avoit âdt sa camarerar-mqor dspois fW dudbesse de Frias a quitté cet emploi, n*a point ii| la suivre, et a renoncé aussi A cette clu^ge. — Lt l d'Espagne a envoyé ordre au duc Ifadèe, son anAÉi deur A l^enne, de demander à l'empereur son infÉl ture pour le duché de Milan^ et en cas de rsAis dl4 retirer pour revenir en Espagne. — Les trosftt^ Hollande qui étoient dans les places de Flandre doHi en être sorties aujourd'hui.
Samedi 19^ à Versailles. — Le roi entretint knglM] le matin le maréchal de Gatinat dans son cabinet, et bruit se répandit ensuite que S. M. Tenvoycit en lU pour commander ses troupes sous H. de Savoie^ quidfl être généralissime des troupes de France et d'Espagne.- L'après-dlnée le roi alla se promener à Trianon.Msdai la duchesse de Bourgogne monta à cheval à l'ApoIbB alla joindre le roi, et fut assez longtemps avec lui etfi revint à cheval. On a fait avertir toutes les dames é\ demoiselles qui savent monter à cheval de se tenir piM à suivre madame la duchesse de Bourgogne aux €Sti cades, où eUe prend grand plaisir ; il y en doit avoir m grande lundi prochain. Monseigneur alla A Meudon,oi attendra le roi, qui y doit aller mercredi. — Le rm dS pagne a chassé le grand inquisiteur, qui est de la niiiiO
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londoce ; il étoit de la junte ; c'est le cardinal Porto^ ero qui a donné ce conseil-là au roi. On a chassé i le confesseur du feu roi Charles U.S. M. G. doit être rée présentement à Madrid^ où on lui prépare une ée magnifique ; il n'entrera point dans la ville et iendra an Buen-Retiro jusqu'à ce que tout soit prêt rson entrée. — On a nouvelle que H. d' A vaux est iré à la Haye^ et que depuis son arrivée les actions un peu remontées ; mais elles avoient furieusement se auparavant.
imanche 20^ à Vertailles. — Le roi alla au sermon et au t, et entre deux il tint conseil^ quoiqu'il Teùt tenu le in à son ordinaire. — H. d'Avaux^ qui est arrivé en ande, aura le pas devant H. de Briorde *; ce n'est comme ambassadeur extraordinaire seulement ^ car le Briorde en a le titre aussi^ mais comme plus andans les ambassades et principalement comme teiller d'État, qui est un grade si considérable parmi i^ens qui sont dans les emplois que les secrétaires at et même les ministres prennent leur rang du jour Is ont été conseillers d'État. — On a eu des lettres de princes^ qui ont séjourné deux jours à Auch^ parce monseigneur le duc de Bourgogne y a eu deux ces d'accès de fièvre qui n'ont eu aucune suite. — princes du cercle de Franconie^ assemblés à Nurem- ^, ont résolu de demeurer neutres; le comte de enstein^ commissaire de l'empereur^ n'a pu les porter joindre à S. H. Impériale^ et il est allé à Hemmingen r faire de pareilles instances auprès du cercle de ibe^ qui y est assemblé et qui apparemment suivra smple du cercle de Franconie.
iriorde étoit bien geutilhomnie, et c'étoit tout. De grade il D*en d'aucune sorte ; il étoit premier écuyer de M. le Prince , ce qui oit le relever, mais non pas à Tégard de personne. Entre ambassat de mémo sorte , ou tous deux ordinaires, ou tous deux extraordi- I, le dernier arrivé précède Fautre sans difficulté, à moins de
distinction persQiinollo fort grande par p^ss^uce ou diftoité, i duc pu prince. Kntre Briorde et d'Avaux ii ne s*en agissoit pômt II uvs\ donc pas ctonuant que, suivant la règle, d'Avaux, demicrarrivé, précédât Briorde ; mais Dangeau, qui étoit conseiller d'État d*épée,at bien aise ici de se relever. 11 est vrai que dans la suite let conseilla diktat ont commencé à prétendre à ne céder qq^^ux ducs et aui o(|ciers de la courorne. Cest ce qui sera disçi^té à ff)esi|re 4^ rpocaàQii.
Lundi 2i,à Versailles. — Le roi alla à la vo}erie po^r la première fois de Tannée ; Madame la duchesse de IJourgopne y étoit à cheval et toujours à cô^é du rpi. H y avoit de dames à cheval avec ^Ue i^iesdames ^e Montl)azon, de la Marck, d'Estrécs, de la Valliète, de Maulevrier et mademoiselle d'Elbeuf; elle les avpit toutes amenées dans son carrosse. Le connétable de Castiile }' vint en carrosse. 11 a en Espagne la charge de cassador mayor, qui lui donne autorité sur la volerie et sur quelques autres chasses; elle est différente, mais égale en dignité à celle de montero-mayor, qui répond en beaucoup de choses à celle de grand veneur en Frapçe, U roi s'approcha du carrosse du connétable, qui se jeta jïied à terre; S. M. lui fit beaucoup d'honnêtetés dont il fut charmé et du plaisir de voir le roi et madame la duchesse de l5ourgogne à cheval. La feue reine d'Espagne, tille de Monsieur, avoit voulu inti*oduire cet usage-là en Espagne, et un jour étant à l'Escurialellej fit monter la sœur du connétable, qu'elle aiuioit fort; son cheval l'emporta, et elle se tua.
Mardi î22 , à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly, d'où il ne revint qu a sept heures. Monseigneur n'a [m courre le loup î\ Meudon à cause de la gelée. Madame la princesse do Conty aUa le ti-ouvc? avec beaucoup de dames ; elle y attendra le roi, qui y doit aller demain. ' — On mande de Vienne que les levées que fait 1 empereur d'hommes et d'argent dauis ses pays héréditiûres vont fort lent(Miient; cependant personne ne doute en ce imys-làquil ne veuille faire la guerre-
FÉVRIER l^Of. 4S
ypnti^jUqdesplusancieqsfeldfnaréchal [sic], est mort } prince Louis n'a pas encore accepté le command^ent de l'armée destinée à. faire la guer^^e en Ifcilie. — . le maf*échal de Catinat a eu audience ^urqi ces jours i,et on secQufirm^ de plus en plus dans Topinion qu'on fera partir incessamment pour r(ta)ie. — Le comte de îsséa envoyé un courrier depuis d^ux jouî^; l'infanrie que le roi envoie en ce pays-là y est arrivée, §it plulurs déserteurs s'offrent à rentrer dans 1^ service. M. de udemont et M. de Tessé sont venus A Alexandrie pour ■e plus près de Vado, où nos troupes ont débarqué; dû est ce que les Provençaux appellent la rade de ie ou d'Eqvaye.
Mercredi 23, à Meudon, — Le roi tint conseil Taprèslée à Versailles, outre le conseil qu'il avoit tenu le Uinàsoq ordinaire; et sur les cinq heures il partit ur vpnir ici. Madame la duchesse de Bourgogne partit Versailles aussitôt après son dîner et vint avec Mongneur recevoir le roi iV la descente des son carrosse, dame de Chartres se trouva un peu mal; elle deiiira à Versailles, comptant de venir ici le lendemain. On a reçu des lettres de nos princes du 17 àTqulouse, 3Ù ils dévoient partir le lendeniiiin pour continuer urvpyage; ils ont été reçus fort magniliquement, et ût fort contents du plaisir qu'on leur y a donné durant nr séjour. La santé de monseigneur le duc de Bour- >ijne est entièrement rétablie. — Duvivier , chef d'esdre (les galères, est mort à Marseille ; on croit qu'on ■ remplira point sa place ; il avoit aussi une charge chez însieur, qui étoit de premier uiaréchal des logis. — Le ^pe a envoyé à M. le cardinal de Noailles une bulle >urle jubilé dans le diocèse de Paris; il commencera >rès les fêtes de la Pentecôte. Le pape a envoyé aussi • pareilles bulles pour quelques autres diocèses, ^t eq iverra bientôt pour tout le reste du royaume. Jeudi 24 , à JUeudon. — Le roi se promena le matju
dans les jardins hauts et bas et approuva fort tout oe qv Monseigneur y a fait faire ; madame la duchessedeBooN gogne se promena quelque temps Taprès-dlnée avec M — Le soir il arriva un courrier de M. d'Avaux qui apporta la nouvelle que les Hollandois reconnoissentle ni d'Espagne. Us mandent au roi qu'ils ne souhaitent nen avec plus de passion que raffermissement de la paix de TEurope; ils souhaiteroient fort que S. H. voulût retirer toutes ses troupes des places de la Flandre espagnole. Us ont répondu au mémoire de don Bemardo de Qoira, ambassadeur d'Espagne; on regarde cela comme jomik position à la paix , et le roi Ta mandé à Paris an connétable de Castille et & l'ambassadeur d'Espagne. » Le pl^ lement d'Angleterre devoit commencer sa première séÛM lundi passé. Il est apparent que le roi d'Anglet^re a si et approuvé la démarche que viennent de faire les Hollandois. — Oq mande de Vienne que les troupes de Tespereur n'ont encore fait aucun mouvement. — Madane la duchesse de Chartres^ qui s'étoit trouvée hier mili VersaiUes, arriva ici en bonne santé.
Vendredi 25 , à Mewlon. — Le roi fut enfermé tout le jour avec le P. de la Chaise, ensuite il parla au connétabk deCastiUe et à l'ambassadeur d'Espagne, qui étoient venus k son lever, et puis après la messe S. M. alla se promener dans les jardins. Il y alla encore l'après-dinée malgré k vilain temps. S. M. a résolu, après Pâques, d'allerquelques jours à Sceaux, chez M. du Maine; les jardins de cette maison-là lui plaisent fort, et il en parle souvent avec plaisir. — L'ordinaire de Rome arriva, par lequel on apprit la mort du cardinal Mellini, qui a été nonce en Espagne. — M. de Briorde ^ dont la plaie ne se referme point encore , a demandé au roi permission de revenir ici, ce que le i*oi lui a accordé à condition qu'il retournera en Hollande dès que sa santé sera entièrement rétablie. Quoique les Hollandois reconnoissent le roi d^EIspagne, iknc laissent pas de faille des levées assez considérables et d'»-
Merdes troupes de quelques princes d'Allemagne; on lesauroit croire pourtant quUls veuillent faire la guerre, nkqa'ils ont reconnu le roi d'Espagne. — Monsieur ûit hier ici voir le roi et dîna avec lui, joua l'après-dlnée lis'en retourna à Paris.
Samedi 26, à Versailles. — Le roi se promena tout le oor à Meudon et en repartit à la nuit pour venir ici. Moneigneur, durant tout le voyage, a toujours été à toutes es promenades avec le roi, le consultant fort sur tous les mbellissements qu'il veut faire dans ses jardins. Le roi ntre dans tout cela avec plaisir et amitié. Madame la duhe9se.de Bourgogne partit après le roi, et Monseigneur ndque temps après elle. — On a eu nouvelle d'Angleine de Touverture du parlement. S. H. B. a harangué ift deux chambres à son ordinaire ; le commencement e sa harangue et Tendroit sur lequel il appuie le plus itpour que le parlement lui nomme un successeur dans t ligne protestante après sa mort et celle de la princesse e Danemark. Il parle du testament du feu roi d'Espagne, ft changement que cela apporte aux affaires de TEurope.
exhorte la nation à se tenir en état qu'on puisse avoir e la considération pour eux ; il les presse de songer à )iir flotte et à leurs ports, de soutenir leur commei*ce, e payer les dettes causées par la dernière guerre et de ûre travailler les pauvres aux manufactures. Cette haiDgue a paru assez sensée et assez modérée.
Dimanche 27, à Versailles. — Le roi alla Faprès-dlnée 0 sermon et au salut. Après le sermon, madame la duhesse de Bourgogne alla monter à cheval à la grande «orie. — M. le cardinal de Noailles a chassé du diocèse le Paris une prétendue dévote qu'on appelle sœur Rose*, te dit qu'elle s'appeloit autrefois la sœur de Sainte-Croix *que mème.elle avoit eu encore un autre nom. Elle lo- !«oit au Luxembourg chez madame de Vibraye; il y avoit ^eurs gens très-vertueux et très-sages persuadés de ^ sainteté de cette créature-là. On en faisoit des contes
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extraordinaires et merveilleux; d'autrëd gens fen ^ loient comme d'ane friponne^ — M. le dttc de Bèatnrflliers^ que Ton avoit dit si dangereusement malade &L11&gnan^ est chez lui à SaintrAignân^ où M. dé Chêvreine lui a mené Helvétius**; ils Tout trouté à pfeu près dans le même état où il étoit en partant d'ibi. Il se ph)tdine à pied et à cheval, et compte de revenir à la cbur dads huit ou dix jours ^ et on espère que Bourbon^ où il ira aa mois de mai, le rétablira.
* Cette dévote est une éniginc. M. du Gué , si célèbre par «m efril et Si's ouvragés et d'une si sage et véritable piété, fut un de ses phi grands admirateurs et Ta été toute sa vie. M. Bbîlcau , chùsé depuis de Tarchevéché honnêtement pour le problème , on fut on Ntrt I^ Charmel, si connu par sa retraite , le fut aussi. M. du Gué ta imhI la Trappe, où elle passa trois semaines avec lui dans l'abbatial mè^ hors, dans les dernières années du grand abbé de la Trappe, sans qilli voulût voir et sans se laisser persuader des merveilles qu'on ai laooatoit. M. de Saint-Louis, ancien brigadier de cavaleHe» que le itM eitimoit fort ^ qui a passé plus des trente dernières ailllées de sa iiedsi un coté de l'abbatial de la Trappe , dans une grande sainteté de fié, d qui saus lettres ni beaucoup d'esprit avoit un grand sen» , ne la pot ji* mais goûter, après l'avoir examinée à loisir pendant ces trois semilnes. C'étoit une vieille Gasconne fort extraordinaire en tout et qui poifftaiita fait de grandes et beaucoup de vraies conversions. Elle se réa à i^nnecy, et on n'en a guère ou point ouï parler depuis. .
** M. Fagon avoit condamné M. de Bcauvilliers, qui en effet alloilà rextréuiité et y tomboit peu à peu depuis longtemps. M. de Che^TCUse eut le courage , et c'en fut un grand lors , de mener Helvétius à Saiitf- Ajgnan , qui y guérit M. de Bcauvilliers en peu de jours, c'est-à-dire le n^'t en train de guérison et de retour, et le guérit parfaitement après, dont Fagon et toute la médecine pensèrent crever de dépit, car Uelvétius étoit un charlatan et l'u ignorant à leur dire.
Lundi 28, à Versailles. — Le roi devoit aller à la volerie, mais le vilain temps l'en empèolia; il alla se promènera Trianon, où il change beaucoup de choses dans les ja^ dius. Monseigneur courut le loup, et au retour il soupa et joua chez madame la princesse de Conty. — Le roi d'Espagne a écrit au roi du 19. 11 est heureusement arrivé
à Buèn-Reiiro le 18 > et pàroit foH coniéht. U y aroit une ialle foule de peuple à son arrivée qu'on a compté plus de soixante personnes d'étouffées. U a trouvé iln nbinbre infini de carrosses qui bordoient son chemin ; toutes les dames qui étbient dans ces carrosses étoient fbH parées. Il est fort content de la maison de Bued-Retiro^ qu'il a trouvée magnifiquement meublée ; les jardins pourroient en être beabxj mais ils sont fort négligés. Le cardinal Porto- Garrero le reçut à son arrivée à Biien-Retiro et se voulut jeieràses piedë pour loi baiser la maitl; le roi catholique le releva, Tembrassa tendrement , le traita comthe an vittl père , et le cardinal a toujours les yeux sur lui oomme sur son enfant. Il admire tout ce qu'il Idi voit hire et tout ce qu'il lui entend dire. Le duc d'Harcoùrt mande qu'il se gouverne à merveille. Durant le voyage on totdôlt Itii donner^ dans toutes les petites villes où il paaioit, des fêtes de taureaux; mais sachant que ces fèteslàfiese font pas d'ordinaire durant le carême, il les a détendues. Celles qu'il a vUes même ne lui ont pas fait déplaisir; il trouve une sorte de cruauté à ce spectacleiài On lui proposa un autre divertissement où quelques gens de la populace auroient pu courre quelque risque; il le refusa en disant : ce A Dieu ne plaise que je veuille jamais prendre aucun plaisir qui puisse coûter la vie à quelqu'un. » On parloit devant lui de Telidroit où se de- ▼wt tenir un roi le jour d'une bataille ; il dit qu'il hè croyoit pas qu'il y eût de place plus convèilâbie à Uh roi que celle où il y avôit le plus de péril. Un de ses gentilshommes de la bhambre disoit qu'il étoit plus prudent à un poi d'être à la seconde ligne ou corps de réserve , surtout à un roi qili n'auroit point d'enfants ; il répohdit simplement que n'avoir point d^enfants n'étoit pas une wûson à un roi pour se déshonorer. Les premiers jours ou n'a laissé entrer de François à Buetl-Reliro que le <îuilile d'Ayen, pour laisser S. M. C. entre les mains des ^pugHols. Le duc d'Harcourt n'A pas voulu même que
sa femme ni son frère entrassent, pour donner Texemple aux autres François, qui le verront les jours suivants eo toute liberté.
Mardii" fnar$, à Versailles. — Le roi^ après son dîner, alla à la volerie. Madame la duchesse de Bourgogne y étoit à cheval avec beaucoup de dames ; outre toutes oelln qui y étoient la première fois^ il y avoit encore les duchesses de Lesdiguières et de Lauzun et madame de VIlacerf . Monseigneur alla courre dans la forêt de Saiatr Germain^ et le soir il y eut comédie. — Le roi avoitea rhonnéteté de mander à M. de Vaudemont que H. de Sivoie proposoit un traité qui seroit avantageux à la Fnnee et à FEspague, mais dont une des conditions jétoit que S. A. R. seroit généralissime de toutes leurs troupes ei Italie ; que S. M. n'avoit point voulu signer ce toaité sau savoir auparavant s'il n'auroit point quelque peine d'ttre sous M. de Savoie. M. de Vaudemont a répondu qu'il étoil si charmé de cette attention-là du roi sur ce qui le legardoit qu'il se sentoit plus que jamais prêt à se mettre dans le feu pour son service , et qu'ainsi il ne feroit nulle difficulté de servir sous M. de Savoie^ et qu'il luisuffisoit de savoir qu'en le faisant il feroit une chose agréable au roi et au roi d'Espagne , et qu'on pouvoit compter qu'il ne songeroit jamais à ses intérêts propres quand il s'agiroit du service de LL. MM. Il a paru pénétré de reconnoissance de l'égard que le roi a bien voulu avoir pour lui dans cette occasion-là.
Mercredi 2, à Versailles. — Le roi entendit le sermon et puis alla à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre, d'où il ne revint qu'à la nuit. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne allèrent diner à Meudon , et après diner ils allèrent à Paris à la foire; il y avoit beaucoup de dames avec eux. — Il y a vingt bataillons des troupes de France qui marchent dans le pays de Gueldres, et on fait partir les colonels qui sont ici. I^ comte de Coigny, lieutenant général , commande ces
MARS 1701. 4d
«pes et le marquis d'Alègre, maréchal de camp^ est a lui. On dit que M. l'électeur de Bavière est parti de ixelles et qu'il est allé en Gueldre; quelques-uns «ent qu'il va faire un tour en Bavière. — On croyoit B le roi ne rempliroit pas les deux places de chefs d'es- Ire des galères^ parce qu'on a résolu de réformer dixères; mais le roi vient de nommer le chevalier de Valle^ qui s'appeloit Montfuron autrefois^ et le chevalier Rancéy frère du fameux abbé de la Trappe. — M. de rtagne^ qui commande une des compagnies de gendarrie, vend cette charge, et aura celle de premier écuyer Madame, vacante par la mort du marquis de Broon ; lonnera 100,000 francs, et vendrasa compagnie de genrmerie 50,000 écus.
Jeudi 3, à Versailles. — Le roi alla à Marly Taprèslée et revint à sept heures du soir. Le roi travailla le rchez madame de Maintenon avec M. le chancelier et mite avec M. de Pontchartredn. Monseigneur courut loup et ne revint que fort tard de la chasse. — Il arriva courrier de Strasbourg qui apporta la nouvelle que idi dernier M. l'abbé de Soubise avoit été élu coadjuir de Strasbourg tout d'une voix ; il y avoit dix capilaires présents , et les deux absents avoient envoyé leurs ix selon la forme ordinaire ; il ne reste plus que la conmation du pape, qui est sûre, ayant eu un bref d'éligilité de ce pape ici môme. — M. le cardinal de Bouillon pris congé du pape pour venir à. Cluny ; on le croit prestement parti de Rome, et M. de Vaudemont mande 'on l'attend à Milan. — 11 court des bruits que le parlent d'Angleterre ne veut point de guerre; il faut la nfinnation d'une nouvelle aussi importante , d'autant 38 que le roi ne l'a pas eue.
fendredi 4, à Versailles. — Le roi, après le sermon, & se promener à Trianon; madame la duchesse de Qrgogne alla s'y promener de son côté et y étoit avant — Le roi d'Angleterre toml)a dans une grande foi-
T. VllI. 4
iO JOURNiJU PE DAHGEiLU.
blesse dans la chapelle de Saint-Germain et fut évi
pendant une demi-heure; la reine fut si saisie dek
en cet état-là qu'elle fut quasi aussi malade que h
roi donna ordre à M. de la Trémoille d'y aller et <
en rapporter des nouvelles demain à son lever.
roi envoie le petit Renaud en Espagne pour visil
flotte^ les ports et les magasins^ et lui en vemrn
compte pour savoir au juste ce qu'ils peuvent meU
vaisseaux à la mer. — On a eu des nouvelles de m
gneur le duc de Bourgogne du 2V. Sa santé se confiri
plus en plus; il a rompu le carême. Il étoit parti d<
cassonne^ et Ton compte qu'ila passé présentement
pellier. — M. le nonce eut hier une audience du ro
laquelle il dit à S. H . qu'il avoit reçu ordre du pape
ployer ses prières et son intercession pour obt^
pardon du cardinal de Bouillon. Le cardinal de N(
a reçu des lettres du pape^ qui l'exhorte à joindre sei
offices à ceux de son nonce pour t&cher de fléchir
Samedi 5, à Versailles. — Le roi alla l'aprës-di
promener à Marly, Monseigneur courut le loup. —
a donne à Nanda , maréchal de camp , qui avoit
gouvernement en Catalogne, le gouvernement de
Louis, qu'avoit M. d'Urban, qui est mort depuis qi
l<Mnps. — Le roi répondit à M. le nonce jeudi, qu
lui parla en faveur de M. le cardinal de Bouilloo
avoit fait savoir plusiem*s fois à ce cardinal ses inten
auxquelles il avoit dû obéir, qu'il n' avoit pas (
d'avis depuis ce temps-là. Il parolt que S. M. n'a pas
bon que cette Éminence eût fait entrer le pape dan
affaire; cependant il est parti de Rome le 22 du mois
mais il viendra si lentement que le courrier le trouvi
core en Italie. Il avoit écrit au roi par ce courrier, i
roi n'a pas voulu voir sa lettre. — Le roi a doni
pension de 6 ou de 8,000 francs d M. Boucbu, premi<
sident de Dijon; il est oncle de Bouchu, intendfi
Dauphiué.
Wâncke 6^ à Versailles. — Le roi alla au sermon et lut, et ne sortit point de tout le jour. Monseigneur le soir chez madame la princesse de Conty, à son orfe. — Le roi a reçu des lettres du roi d'Espagne, qui i fait de grands changements dans sa maison. De nie-deux gentilshommes de la chambre quUl avoit, 1 garde que six, dont le duc d'Ossuna et le fils du 'All)e sont. Je ne sais pas le nom des quatre autres, é la charge de grand écuyer à celui qui Tavoit, et il lue le comte de Benavente dans celle de sommelier r (1) ; cette charge répond à celle de grand chami en France. — Outre toutes les troupes que le roi destinées pour l'Italie , il y envoie encore dix de ses iurs régiments. Les troupes de Fempereur commcn- . se mettre en mouvement en Allemagne. On fait de s magasins à Trente. Les Vénitiens ne prennent enucun parti, et il paroi t qu'on n'est pas ici bien coniC leur conduite.
idî 7, à Versailles. — Le roi prit médecine et tint il Faprès dlnée. Le soir il y eut comédie; madame hesse de Bourgogne n'y a point été de tout le carême, a eu des lettres de nos princes, qui étoidnt à Nîmes de ce mois. Ils ont été reçus ;\ Montpellier avec de les démonstrations de joie des peuples, comme |>arilleurs , et trouvèrent , quelques jours avant que d'y T, des barques magnifiques sur le canal pour la on des deux mci*s, où ils s'embarquèrent. On mande i santé de monseigneur le duc de Bourgogne n'est bonne qu'elle avoit été depuis quinze jours. — Le uis de la Jamaïque, fils du duc de Veraguas, vice- I Sicile, salua le matin le roi et madame la duchesse urgogne. Son père lenvoie en Espagne, et il assure unais peuple n'a témoigné plus de joie de l'avéne-
^Gasetie <lit « Sumillerde corp» ou grand chambelL'ui. »
5i JOURNAL DE DANGEAU.
ment du nouveau roi à la couronne que les Sidlicns.- On assure que M. rélecteur de Bavière envoie quelques régiments de ses troupes dans les places de H. réledor de Cologne^ son Trëre^ et que ces deux électeurs se imitent en état de pouvoir contribuer à maintenir la piix de l'Europe.
Mardi 8 , à Versailles. — Le roi alla raprè&^néc « promener à Harly. Monseigneur alla à MeudoUyOÙildemeurera jusqu'à samedi; il n'y a point mené de dames,mais il a mené lieaucoup de courtisans ce voyage id.- M. de Beauvilliers revint du voyage qu'il a fait avecks princes; il n'est pas plus incommodé qu'il étoit avants* départ, et on l'avoit mandé plus malade qu'il tfa été.- M. Fagon se trouva fort mal chez le roi sur les sixheara; il fut longtemps sans connoissance. Sur les dix hesrei tous les remèdes qu'on lui avoit fait prendre l'avoieii tellement soulagé qu'il vouloit aller au coucher du rot — Le roi a donné une pension de 1^000 écus à Valsâné, lieutenant des chevau-légers d'Orléans. Outre ce qi» valent ces compagnies, les lieutenants des gendarmes ei des chevau-légers d'Orléans ont chacun une pension de V,000 francs de Monsieur. — Le roi a donné une pension de 1,000 francs X Laitier, ancien officier de cavalerie, qui avoit commission de mestre de camp et que ses incommodités ont obligé de quitter le service.
Mercredi 9 y à Versailles, — Leroieutunpeude goutte; l'on le porta au sermon dans sa chaise à bras, et il ne laissa pas d'aller après le sermon î\ Trianon, où il M beaucoup travailler. — Le roi fait venir de Provence la chiourme pour six galères que nous aurons dans rOcéan; elles seront commandées par le chevalier de 1* Failletrie, k plus ancien des six capitaines qu'on a choisis pour cet armement-là. — Le roi Guillaume a fait voir au parlement d'Angleterre une lettre que milord Milfort. qui est à Paris, écrivoit au comte Perth , son frère, fouverneur du prince de Galles; cette lettre, au lieu d'être