AA
Ex
ne
qu’ils ont, des milices et des Ecossois, faisant un corps de dix mille hommes environ.
Du 18 mai 1757.— Les Onéyouts, dans le conseil tenu aujourd'hui, outre les colliers et les branches qu'ils ont accoutumé de donuer pour essuyer les larmes, couvrir les morts, etc., se sont fort excusés de n'avoir pas rempli la commission d'Ononthio vis-à-vis les Palatins. Is ont donné un collier à M. le marquis de Vaudreuil pour assurer qu'ils embrassoient la religion chrétienne, mais que la terre étant arrosée de sang, il falloit attendre la paix, qu'alors ils demanderoient un missionnaire ; que ce seroit à présent l’exposer et mettre les Anglois à portée de dévorer un morceau de viande dont ils sont friands. Ils ont aussi donné un collier au marquis de Vaudreuil pour demander qu’on ne portât pas la hache de leur côté, et que nous laissassions le chemin libre jusqu’à la Fourche qui mène également à Orange et à Corlar ; et qu'ils avoient envoyé un collier aux Anglois pour leur faire la même proposition. ]Ils ont parlé des craintes où ils sont de l’Anglois, et de ceux qui, parmi eux, lui sont dévoués et vont tout lui rapporter, Ils ont fini par donner des branches pour demander que le fils de M. de Lorimier qu'ils ont adopté, fût envoyé à Frontenac pour être à portée d'eux, M, le marquis de Vaudreuil les a remis au 20 pour recevoir ses réponses.
Il résulte des paroles de ces sauvages que les Onéyouts sont divisés d'opinions entre eux, que la proximité des Anglois les embarrasse ; et les paroles qu'ils ont données ne tendent qu’à une neutralité, à nous ménager, à chercher à pénétrer si nous voudrions porter la guerre et faire faire des courses de leur côté; et il n’y a pas
de doute qu'ils n'aient la même conduite vis-à-vis les Anglois et qu'ils ne leur rapportent ce qu'ils apprennent,
L'orateur du Sault-Saint-Louis parlant au nom des domiciliés, les a exhortés à travailler aux bonnes affaires et à persévérer dans le dessein d’embrasser la religion, et qu'étant les uns et les autres régénérés par la même eau, ils se regarderoient encore mieux comme frères, On a terminé une grande affaire parmi les Outaouais, où il y avoit de la dissension pour le meurtre fait cet hiver par un de leurs frères d’un des principaux chefs. M. le marquis de Vaudreuil les a remerciés de ce qu’à sa prière, ils avoient bien voulu pardonner ce meurtre involontaire et a pris occasion de leur parler des suites de l’ivrognerie, vice favori des sauvages, principe de tous les désordres, vice qu'ils ne connoiïssoient pas avant notre commerce et porté à l'excès parmi eux par la cupidité de ceux qui commercent avec ces peuples.
Du 20 mai 1757.— M. le marquis de Vaudreuil a tenu un conseil avec les Onéyouts où, en répondant à tous les articles, il les a exhortés à être de la prière et à continuer les bonnes affaires, et leur a déclaré que rien ne pourroit suspendre sa hache et qu’il iroit frapper bientôt l’Anglois de leur côté, et qu'il les exhortoit à l'aider pour leur propre sûreté, et à effectuer les paroles qu'ils avoient données dans le conseil tenu au mois de décembre dernier, Les Onéyouts ont paru promettre de se conduire en conséquence, |
Du 21 mai 1757, — Depuis l’arrivée des Onéyouts, il y a eu une négociation secrète par l'entremise de l'abbé Piquet entre le fameux Chaneouenaghen, chef onéyout, et M. le marquis de Vaudreuil, dans laquelle
il a été arrêté qu'il faut forcer la main aux Onéyouts qui hésitent à se déclarer, ou qui tiennent encore pour l’Anglois et les forcer à les frapper ; que pour lui, avec sa bande et celle des autres chefs qui sont venus ici en députation, il iroit, suivi des Iroquois de la Présentation, frapper sur les Anglois. Il avoit demandé quelques François et Canadiens; mais M. le marquis de Vaudreuil n’a pas voulu les confier qu’il ne fût assuré de la droiture de leurs intentions, et qu’il pût en juger parce qu’ils en exécuteroient, Les Onéyouts devoient d’abord partir secrètement, mais ils ont trouvé que, ne devant agir que comme auxiliaires, c’étoit à Ononthio à leur présenter la hache et à chanter la guerre et que, pour être soutenu par les autres nations sauvages et s'engager plus solennellement, il falloit que la cérémonie se fit dans un conseil public. On a sur-le-champ assemblé un conseil, où Sarégoa, fameux chef du Sault-Saint-Louis, s’est trouvé de hasard, revenant de la guerre et ramenant deux prisonniers faits au fort George. M. le marquis de Vaudreuil a fait présenter un grand collier de guerre de six mille grains, où la hache est représentée matachée de vermillon. Ila été relevé par les Onéyouts, tant en leur nom qu’en celui des sauvages de la Présentation et des Tuscarorins. M. le marquis de Vaudreuil leur a promis de les faire soutenir par toutes les nations et par tous ses guerriers, et de donner retraite à leurs femmes et à leurs enfants partout où ils voudroient s'établir, soit au fort Régis, soit à celui de la Présentation ou à celui de Frontenac, Les Iroquois domiciliés ont très applaudi à cette démarche, dont il faut attendre les suites, Il a été convenu que M. le marquis de Vau-
dreuil aurvit lundi une conférence avec les chefs, pour convenir du côté où les Onéyouts iroient frapper.
Du 22 mai 1757. — M. Jacquot, lieutenant de la compagnie des canonniers, officier appliqué, m'a adressé un projet de bateaux pour aller sur les lacs Champlain et Saint-Sacrement, pour porter un canon de 6 et deux pierriers en batterie, Ce projet facile et simple à exécuter ne sera pas admis, parce qu'il vaut mieux qu’une prétendue invention de M. Mercier, homme fin et favori de l’intendant,
Le régiment de Guyenne, parti de Québec le 14, est arrivé au camp de Chambly le 22. Les quatre cents hommes destinés pour la Belle-Rivière sont enfin j'artis de Lachine le 21 et le 22, et la troisième division part demain 23,
M. de Noyan, lieutenant de Roi des Trois-Rivières, doit partir le 25 pour aller relever dans le commandement du fort Frontenac, M. de la Valtrie, premier capitaine des troupes de la colonie, Les liaisons avec les Cinq-Nations peuvent rendre ce poste important dans les circonstances.
Nouvelles de Québec du 19: on n’y en a aucune qu’il y ait des bâtiments de France en rivière, Un petit bâtiment arrivé du côté du Nord, a rapporté qu'il y avoit une si grande quantité de glaces à l'entrée du - golfe, que l’on commence à croire qu’elles auront peutêtre obligé nos bâtiments à relâcher à Louisbourg, si ce n’est que la cour ne se fût déterminée à les envoyer en flotte avec une escadre,
Un parti d’Iroquois du Sault a demandé hier d’aller en guerre vers Carillon. Il est arrivé aussi trente Missis-
sagués de la bande d’un fameux chef appelé Minabonjou, qui partiront dans quelques jours pour aller à Carillon, On a eu des nouvelles du fort Dnquesne, du Détroit et de Niagara; ces dernières en date du 14, L’affection de toutes les nations parott des plus grandes pour nous ; les Anglois ont peu de sauvages avec eux; toutes les nouvelles s'accordent sur la marche d’un corps anglois pour assiéger le fort Duquesne, Nous attendons le retour de beaucoup de partis que nous avons en campagne,
Suivant les lettres du Détroit, tous les sauvages outaouais et.ceux depuis Michillimakinac au Détroit sont en marche pour descendre à Montréal ; les Poutéotamis, les Miamis, les Illinois, ceux de la rivière Saint- Joseph sont en marche pour aider au fort Duquesne,
Du 24 mai 1757. — Par les nouvelles de Carillon, on voit les mêmes désordres, inséparables de l'esprit d'avidité, d'insubordination et du manque d'arrangement instparable de la colonie ; nulle conservation, pendant l'hiver, des outils, des brouettes, des matériaux, On a dévasté la maison qui servoit d’hôpital et brûlé les palissades avec lesquelles à la fin de la campagne, on avoit enfermé la boulangerie, les forges et autres baraques au-dessous du fort de Carillon. Malgré la rareté des vivres, on a nourri les chevaux avec du pain et des pois ; et l'on voit que, si le gouverneur général avoit été instruit de ses vivres et de ses ressources, il eût encore pu avec de l’ordre et du ménagement entrer encore de très bonne heure en campagne et prévenir l'ennemi ; mais qui ne voit et ne travaille pas lui-même est toujours très à plaindre avec les meilleures et les plus droites intentions.
Les Anglois sont venus le 17, au nombre de vingtquatre, pour reconnottre et faire quelques prisonniers. Comme on fut averti qu'ils emmenoient un charpentier, M. de Bourlamaque mit sur-le-champ à leurs trousses, trois petits détachements de troupes de terre et. de la colonie, M, le Borgne, qui commandoit le détächement de ces deruières troupes, ayant joint, lui septième, les vingt-quatre Anglois, fit le cri de mort et une décharge : ils s'enfuirent jetant leurs sacs et une partie de leurs armes,
Du 25 mai 1757, — La démarche qui a été faite de la part des Onéyouts, eu l’absense du sieur Cavalier, principal interprète et un des hommes de la colonie le plus au fait de la politique des Cinq-Nations, a été regardée comme prématurée, attendu le danger où s’exposeroient les Onéyouts, comme étant trop à portée de l’Anglois, Ils ont dit qu'ils conserveroient toujours la hache de leur père, qu’ils la mettroient sous la natte mais qu'ils attendroient à s'en servir, pour voir si elle étoit bien aiguisée, que les circonstances permissent que nous puissions avoir un détachement à portée de les soutenir contre l’Anglois.
Du 26 mai 1757, — M. de Lapause, aide-major du régiment de Guyenne, est venu rendre compte de l'arrivée de son bataillon et de son établissement auprès du fort de Chambly, et du travail à faire pour le chemin de Chambly à Sainte-Thérèse, un des plus nécessaires de la colonie, pour couduire à Saint-Jean tous les approvisionnements et munitions nécessaires pour la frontière du lac Saint-Sacrement.
Du 28 mai 1757. — Les sauvages de la Présentation, s’ennuyant d'aller à la guerre, vouloient se disperser dans les partis avec ceux des Cinq-Nations; mais, comme il est de notre intérêt de les conserver et de les faire agir ensemble, et que nous ne pouvons pas encore nous confier assez aux Cinq-Nations, on leur a donné un collier pour les arrêter ; ils ont envoyé trois branches au marquis de Vaudreuil, et on leur a répondu par dixneuf branches qu’on leur a envoyées. Ce nombre est à cause des douze chefs du village et des sept chefs de guerre. C'est pour leur expliquer les raisons que l’on a pour retarder encore la marche de tous les guerriers, et consentir à ce qu’ils fassent un parti pour aller du côté de Corlar.
L'Onontagué établi à la Présentation, dont il est parlé à l’article du 26 avril, est allé, lui second, pour observer la marche du colonel Johnson, que l’on dit être en mouvement avec un corps d'armée, sans doute pour aller vers la Belle-Rivière, Il a promis d'apporter un écrit, ce qui, en style sauvage, veut dire un prisonnier en vie que l'on puisse interroger.
L'on a commandé deux cent cinquante Canadiens dans le gouvernement des Trois-Rivières et six cents dans celui de Montréal pour le service des bateaux de transport. lJ’observerai à cette occasion que, pour le service des bateaux de transport, part de ceux nécessaires au munitionnaire général (sic), qui agit pour le compte du Roi, il y a deux mille hommes d'employés, qui sont des meilleurs Canadiens et qui ne combattent pas, objet bien considérable pour un pays qui manque” toujours d'hommes.
Du 31 mai 1757. — Lettres de Québec du 28. Nulles nouvelles des bâtiments en rivière ; champ libre aux conjectures ; réduction des vivres au peuple de Québec ; ordre de préparer à Montréal cinq cents quintaux de farine qu’on ne demandera qu’à l'extrémité; … * Irlandois, engagé à Québec parmi les prisonniers anglois, [propose de réunir +] les Irlandois catholiques romains et offre d’en faire une compagnie pour servir avec zèle contre l’Anglois ; s’y fiera-t-on, ou les enverra-t-on en France pour servir de recrues au régiment irlandois ? Du 1° juin 1757. — Nouvelles de Niagara en date du 23 mai. Les Iroquois paroissent toujours bien intentionnés pour frapper sur l’Anglois ; deux partis sont revenus avec des chevelures, l’un d'eux ayant été poursuivi par un parti de cent Anglois ou Catabas y a perdu trois sauvages ; toutes les nouvelles qui nous viennent par les sauvages, nous confirment dans l'opinion que les Anglois veulent agir du côté de la Belle-Rivière, et sont peut-être en pleine marche. Il paroît que nous avons trop de confiance et point assez de prévoyance. Du 4 juin 1757. — Nouvelles de Carillon du 27. On n’en a aucune de la marche des ennemis; on attend le retour de plusieurs partis On fournit au fort cent cinquante pionniers et cent cinquante ouvriers; c’est tout ce que M. de Lotbinière peut employer en attendant, et il y a cent douze travailleurs occupés à faire une éclaireie sur la rive droite de la rivière de la Chute,
* Un blanc dans le manuscrit, t Cette phrase est incomplète dans le manuscrit ; nous suppléons à ce qui manque par les trois mots entre crochets,
pour rendre la navigation libre et empêcher les petits partis de venir fusiller de trop près.
Il est arrivé dans la journée des nouvelles de Carillon, du 2, par lesquelles il paroîtroit que les Anglois commencent à s’assembler vers le fort George. M. de Bourlamaque devoit y renvoyer un petit parti pour en avoir plus précisément des nouvelles,
Du 5 juin 1757. — Il est arrivé ce matin des nonvelles de Michillimakivac, qui nous annoncent la prochaine arrivée de quatre cents Outaouais; d’ailleurs, les dispositions des sauvages pour nous sont de plus en plus admirables,
Du 9 juin 1757. — Nouvelles de Québec: même incertitude sur l’arrivée des bâtiments, les nouvelles de Fiance, et celles de Louisbourg; arrivée de quarante Outaouais et de trente Mississagués. Courrier extraordinaire du 10 pour apprendre que le David et le Jason, vaisseaux de Bordeaux frétés par le sieur Gradish, pour le compte du Roi, étoient au Pot-à-l’eau-de-vie, chargés de vivres, armes et cent soixante hommes de troupes. Ces bâtiments ont apporté fort peu de nouvelles. Les plus importantes et les plus surprenantes sont un assassinat commis en la personne du Roi, des troubles intestins dans le royaume, l'exil de MM. d’Argenson et de Machault, leur remplacement par MM. de Paulmy et de Moras. Les plus intéressantes pour cette colonie sont une ample provision de vivres, de poudre, d'hommes, et généralement tout ce qui a été demandé à la fin de la campagne dernière ; il ne reste plus qu’à désirer que ces secours de tout genre arrivent promptement,
La cour de France avertit de prendre garde à une expédition maritime de la part des Anglois, qui doit menacer naturellement l’Ile-Royale.
Du 12 juin 1757. — Par les nouvelles de Carillon, en date du 8, les Anglois sont venus au nombre de deux cents dans onze berges, pour tâter le poste du portage qu'ils ont trouvé très alerte; le tout a abouti à une fusillade,
Il est arrivé aujourd’hui beaucoup de Mississagués et Outaouais ; il est arrivé aussi trois sauvages de la Présentation qui se plaignent que les Onéyouts leur ont repris un prisonnier qu’ils avoient fait sur les Palatins. Un village d'Onéyouts a envoyé à M. le marquis de Vaudreuil un collier de porcelaine blanche, ce qui veut dire parole douce, pour assurer qu'ils n’avoient aucune part à cette affaire.
Les nouvelles du 4 de Niagara parlent de la tranquillité du fort de Toronto ; des Mississagués, ivres d’eaude-vie, avoient fait les insolents et menacèrent de détruire le fort, M. Pouchot, commandant de Niagara, qui a recu un collier, y fit marcher M. de la Ferté, capitaine au régiment de la Sarre, avec cinquante hommes, Tout étoit déjà assez tranquille. Les Poutéotamis, nos alliés, qui avoient passé l’hiver à Montréal, avoient calmé les esprits.
Les Mississagués se plaignent que les Onéyouts ont frappé sur eux. Ces petites altercations entre les sauvages ne laissent pas que d’être très embarrassantes sur
le parti à prendre, car il faudroit tâcher d'éviter une guerre civile, et pour que les esprits soient bien partagés d'opinion et d'intérêt parmi les Cinq-Nations. Par toutes
les nouvelles de Niagara, les dispositions sont toujours bonnes parmi les Iroquois, c’est-à-dire les Tsonnonthouans et les Goyogouins. Les Loups et les Chaouénons ont fait beaucoup de prisonniers, rapporté des chevelures, détruit plusieurs maisons, enlevé des familles et des bestiaux ; ils ont pris un officier anglois, qu’ils ont mangé, leur ayant paru bien gras. Quoiqu’ils n’exercent plus guère ces sortes de cruautés, il n’y a point d'années que, dans de certains moments, ils ne brûlent quelques prisonniers. En général, tous les sauvages domiciliés, depuis qu’ils sont de la prière, ont renoncé à ces sortes de cruautés. Dans le premier moment après le combat, ils tuent assez volontiers leurs prisonniers ; mais, s'ils les conservent, ils se contentent de leur donner la bastonnade et de les livrer aux femmes; si quelqu’une les prend en amitié, ils sont adoptés dans la cabane, et alors tout est pour eux.
Les nouvelles du fort Duquesne en date du 23 mai, sont des meilleures. Les sauvages paroissent toujours bien affectionnés ; les partis rapportent beaucoup de chevelures et ramènent des prisonniers; le pays des Anglois continue à être désolé ; les Illinois avoient fourni des vivres. Toutes les nouvelles, tant de Niagara que du fort Duquesne, jusqu’à présent, avoient jaru menacer d’une expédition des Anglois dans cette partie, Toutes celles d'aujourd'hui sont contraires et semblent annoncer qu'ils n’ont plus que des projets de défensive sur la Belle-Rivière, et qu’au contraire leurs projets sont d'agir vers le lac Saint-Sacrement. On est toujours bien incertain des dispositions de l'ennemi dans un pays inhabité, et où il n’y a point d’espions et où l’on n’en
peut pas avoir, et où je pense qu'il ne seroit pas difficile d’en avoir par les sauvages, et encore mieux par des Canadiens ressemblant de figure aux sauvages, parlant comme eux et qu’on enverroit mnatachés et équipés comme eux.
Du 13 juin 1757. — Il est arrivé deux cent cinquante Outaouais ou Sauteux de Michillimakinac, conduits par deux chefs renommés parmi les sauvages, Ils ont eu audience en arrivant et en ont demandé une particulière à M. le marquis de Montcalm pour le lendemain.
On a eu un courrier de Québec qui a apporté quelques nouvelles de France venues par le Jason, vaisseau de Gradish ; elles sont les mêmes que celles qui étoient venues par le vaisseau le David ; l’on apprend qu'il y a un troisième vaisseau en rivière.
Du 14 juin 1757. — Les Outaouais étant venu complimenter le marquis de Montcalm lui ont fait compliment sur la prise de Chouaguen et lui ont dit: “ Mon “ père, quand nous avons entendu parler des grandes “ choses que tu as faites, nous comptions te trouver “ grand comme les plus grands pins des forêts, mais “ nous te voyons et nous retrouvons dans tes yeux la “ grandeur des pins. Nous te regardons comme un aigle “et tes enfants sont prêts à faire de grandes choses “avec toi”. Le marquis de Montcalm leur répondit que, sans le manque de vivres, ils ne l’auroient point trouvé sur sa natte; qu’il en arriveroit assez tôt de France pour pouvoir frapper leur ennemi commun, et qu'avec l’aide du maître de la vie, il espéroit exécuter de grandes choses, avant que le temps de retourner en chasse fût arrivé, et cependant conserver ses enfants. Il leur
rappela aussi le souvenir de leur ancien père, M. de la Galissonnière qui n'étoit pas grand, mais qui avoit exécuté de grandes choses.
Du 15 juin 1757. — Les Outaouais de Saguinan, les Sauteux et les Mississagués sont venus complimenter le marquis de Montcalm et lui ont parlé de l'abondance qui régnoit au pillage de Chouaguen, et d’avoir oui dire que l’on y nageoïit dans l’eau-de-vie,
Du 16 juin 1757. — Courrier de Québec avec des lettres en date du 13, par lesquelles nous apprenons qu’il y a en rivière, outre le David et le Jason qui sont arrivés en rade avec cent soixante-dix hommes, tirés du nouveau corps des volontaires étrangers formé depuis notre départ de France. (Ce corps, habit blanc, parements verts, veste verte, a pour colonel M. le maréchal de Belle-Isle). Un troisième appelé le président, le Breton (sic) appartenant au sieur Gradish, un bayonnois un brigantin, M. de Boishébert a écrit de Miramichi du 29 mai; il a renvoyé cent vingt Acadiens qu'il ne pouvoit nourrir. Les Acadiens ont été un moment pressés par la faim à se révolter et piller les magasins; M. de Boishébert les a apaisés. Les ennemis ont rasé le fort de Beaubassin, et ils paroissent ne vouloir conserver que celui de Beauséjour. M. dc Boishébert a perdu dans un détachement quatre hommes. Suivant le rapport d’un prisonnier, le rendez-vous de toutes les troupes pour une grande expédition étoit à Chibouctou. Nous avons eu des nouvelles de (Carillon du 13 et du 14; il paroît que les partis des Anglois et les nôtres vont continuellement. Les Anglois nous ont pris un habitant; M. de Langlade, avec les Outaouais,
a fait quatre prisonniers et pris six chevelures, et, sans une terreur panique, ils auroient encore mieux fait; mais quelques Anglois sortirent et ils leur ont fait peur, et leur ont fait abandonner leurs canots, qu’on a été reprendre à la cache où ils étoient. Il paroît par la déposition des prisonniers que milord Loudon s’est embarqué, il y a trois semaines, pour son expédition sur Louisbourg, vraisemblablement, ou sur Québec, ce qui n’est pas a] parent, et qu’il y a dans la frontière du lac Saint-Sacrement environ cinq mille hommes dont la plus grande partie milice, qui n’est destinée que pour une défensive, Il est fâcheux que le manque de vivres nous tienne en échec. On envoie faire des recherches de grains à la campagne, et cela a été proposé et conseillé il y a six semaines,
Du 17 juin 1757. — Nouvelles de Québec en date du 14, pour nous informer que le vaisseau le Suint- Antoine, chargé pour le compte du munitionraire, est en rivière. Chemin faisant, il a fait deux prises angloises qu'il a rançonnées quatre-vingts mille livres. Il à intercepté aussi des gazettes et lettres angloises qu’il y avoit à bord de ces bâtiments. Leur contenu confirme une entreprise maritime sur Louisbourg vraisemblablement, ou Québec; car l’objet n’en paroît pas bien décidé. .
Autre courrier parti de Québec le 15, par lequel il paroît qu’on s’y alarme. Le marquis de Montcalm a offert d’y aller pour rassurer les esprits, ou d’y envoyer M. le chevalier de Lévis.
Mandement de Monseigneur l'évêque sur la prise de Port-Mahon.
Du 19 juin 1767. — Départ de M. le marquis de Montcalm avec le chevalier de Lévis pour aller faire une tournée à Saint-Jean et à Chambly.
Arrivée d’un courrier de Québec. L'intendant y voudroit des troupes et un officier principal pour y préparer une sérieuse et judicieuse défensive ; cela a été proposé dès l’année dernière vainement, et le marquis de Montcalm a offert avec peu de succès d’aller à Québec, ou M. le chevalier de Lévis, pour y mettre l’ordre et rassurer le peuple. Le marquis de Vaudreuil a vu qu’il suffiroit d'envoyer les siens à M. de Longueuil, lieutenant de Roi, de donner carte blanche pour faire arbitrairement tout ce que l’on voudroit, établir des batteries peut-être partout où il n’en faudroit pas, et oublier d'en mettre où il en faudroit, et faire des cajeux, article que l’on regarde toujours comme le service de la colonie. Ce qu’il yaura de mieux, c’est que je crois que les Anglois ne viendront pas.
Du 20 juin 1757. — Arrivée de cinquante sauvages des pays d’En-Haut qui en annoncent beaucoup d’autres,
Du 21 juin 1757, — Arrivée de cent Folles-Avoines, la seule nation depuis l’année dernière ; elle avoit été au convoi de M. de Villiers et au siège de Chouaguen, Retour de M. le marquis de Montcalm de sa tournée.
On a reconnu les endroits à faire camper d'ici à la Prairie le régiment de Languedoc, qui pourra fournir cent vingt travailleurs, qui, avec deux cent cinquante Canadiens, pourront accommoder provisionnellement le chemin de la Prairie à Saint-Jean, chemin aussi utile que nécessaire. Mais pour l’accommoder à demeure, il faudroit deux bataillons pendant deux mois, et faire faire
s) Fo j; ë ÿ { |
Rosa -
ES
de larges fossés qui dégorgent les eaux de la Savane dans la rivière des Iroquois? J'ai vu les fortifications de Saint-Jean, et il faudroit pour les achever quatre cents travailleurs pendant cinq semaines, et le même temps pour achever le chemin que le régiment de Guyenne a commencé, de Chambly à Sainte-Thérèse, chemin de la plus grande utilité pour la colonie. Ce chemin m’a paru fait d’une façon solide et dans le goût des chaussées de France. M. de Lapause, aide-major du régiment de Guyenne a été chargé de la direction de ce chemin.
M. Péan, aide-major de Québec, homme de confiance de M. l’intendant et chargé, pour ainsi dire, de tous les détails qui ont rapport aux approvisionnements et subsistances, a été faire une tournée pour voir l’état de nos magasins et de nos bateaux, partie par laquelle on pèche un peu dans la colonie et dont on n’est jamais instruit exactement, faute d'ordre et de soin,
Etat des bateaux qui sont dans cette partie, indépendamment de ceux qui sont actuellement à Carillon, dont on n'a pas l'état juste
Chambly 0000000 000 00000000 20000000: TANT 24 bateaux Le portage de Beaucourt.........,..... 34
Sainte-Thérèse... 000000 000000000000 34 # Saint-Jean, dont 18 grands à porter 9,000, 84 “ Le Valérien 4,6, .eovooue sonoooos vévose nus ee. À OL
otali seen anirriteonses 2210
Canots d'écorce
Sainte-Thérèse... 00000000 000 00000000 10 Saint-Jean... sous sosseoree svosneoooes 58 ORTION ui neroéss corssesonnedesseereeste ER
OA titi rs tiitenerror 04
M. de Saint-Ours, commandant de Saint-Joseph, est arrivé aujourd'hui avec une centaine de sauvages des pays d’'En-Haut,
Du 22 juin 1757. — Nous avons actuellement aux environs de huit cents sauvages des pays d’En-Haut, savoir :
Outaouais : quatre cents ; Poutéotamis : cent, venant du poste de Saint-Joseph. Environ quatre cents sauvages venant des environs du poste de la baie, savoir: les Puants, les Sakis, les Renards, les Folles-A voines et les Ayoas, qui n'avoient jamais paru à Montréal et dont on n’entend pas la langue. On en attend encore trois cents du Détroit; ce qui, joint aux domiciliés, fera deux mille sauvages.
Il ya eu ce matin une singulière cérémonie, Il y avoit des Ayoas qui avoient tué, il y a deux ans, deux François. Les Puants ont amené les meurtriers ; toutes les nations avoient leurs chefs bien matachés, qui ont demandé grâce à leur père. Ils lui ont présenté le grand calumet de paix, dans lequel le marquis de Vaudreuil et tous les chefs Francois ont successivement fumé, ce qui a été reçu comme un gage d'amitié, Les meurtriers ont été amenés et conduits par l’escabiau, espèce de chef qui, chez les sauvages, réunit les fonctions de
najor à celle de cuisinier, car il fait en même temps la soupe et assemble les troupes, Les meurtriers étoient nus, barbouillés de noir, liés, les bâtons d'esclaves à la main ; ils sont entrés en chantant leurs chansons de mort, comme s'ils alloient être mis au poteau ; ils se sont prosternés aux pieds du marquis de Vaudreuil, et, pour signe qu’on les pardonnoit, on leur a donné une chemise blanche, en leur recommandant d’avoir le cœur aussi blanc que leur chemise, On leur a donné la couverte, le brayet, un présent de tabac et de vermillon. MM. de Saint-Luc et Marin, officiers de la colonie, les ont présentés à toutes les nations, ont beaucoup fait valoir la clémence de M. le général, ont déclaré qu’une autre fois, ils sauroient rendre toute la nation responsable d’un pareil malheur. Les meurtriers qui avoient été prosternés par terre se sont relevés, et ayant été réhabilités, ils ont été prendre place dans la nation dont le chef a chanté nne chanson de remerciement et la cérémonie a été terminée,
Du 23 et du 24 juin 1757. — On continue toujours à tenir des conseils avec les sauvages, tout se passe en compliments et en choses vagues.
Le régiment de Languedoc est parti le 24 pour aller camper entre la Prairie et Saint-Jean et travailler provisionnellement à un chemin que l’on pourra faire l’année prochaine à d meure, étant le plus nécessaire à la colonie,
J'ai toujours omis de marquer que les Onéyouts ont envoyé un collier pour déclarer qu’ils n’avoient aucune part au meurtre d’un Mississagué, dout il est parlé à
l’article du 12 de ce mois, et qu'il avoit été tué par un parti Anglois.
Il est arrivé le 23 un courrier de Québec, qui nous a apporté quelques lettres de France venues par un bâtiment rochellois qui est en rivière, Ce qu’elles annoncent do plus intéressant pour cette colonie et pour le corps des troupes de terre, c’est beaucoup d'union entre M, le marquis de Paulmy et M. de Moras, ministres de la guerre et de la marine; l'exemple de leurs prédécesseurs leur aura été une bonne leçon.
Du 24 au 28 juin 1757. — Continuation des danses, de chants et de conseils de la part des sauvages ; départ de quelques bandes de quelques-uns d'eux pour Carillon ; mais le gros continue de rester à Montréal, M. Martel, de retour de la tournée faite par ordre de M. !: marquis de Vaudreuil pour trouver des vivres chez les habitants, a trouvé pour nourrir pendant un mois douze mille huit cents hommes, ce qui prouve que le marquis de Montcalm avoit grande raison de proposer une recherche, il y a trois mois; on auroit primé l’Anglois et fait une campagne heureuse,
Du 28 au 30 juin 1757.— On a reçu le 28 des nouvelles du Détroit, en date du 15 mai. Les nations d'En-Haut sont toujours bien disposées ; on attendoit une seconde députation des Têtes-Plates et on espéroit les disposer à frapper sur les Anglois et les Catabas, les seuls sauvages des pays d'En-Haut qui paroissent attachés à l’'Anglois,
On a recu le 29 des nouvelles de Niagara, en date du 21. 11 paroît que l'ennemi ne songe point à agir vers
la Belle-Rivière, que cet amas de bateaux auprès du fort de Chamakin, n’est autre chose que les habitants des campagnes et habitations angloises qui s'y sont réfugiés avec leurs bestiaux et leurs effets. Les Cinq- Nations paroissent toujours dans de très bonnes dispositions pour la neutralité, mais craignent que nous ne portions la guerre de leurs côtés. Les Onontagués ont délibéré d'envoyer des colliersaux Agniers, pour appuyer ceux du Sault-Saint-Louis et les empêcher d'aller en guerre avec l’Anglois.
Il nous est arrivé des nouvelles de Carillon, en date des 24 et 25. On s’y occupe beaucoup de tous les détails relatifs à l'expédition projetée sur le fort George. Les Anglois paroissent aussi très actifs par leurs découvertes pour observer nos mouvements,
Il arrive successivement des sauvages des pays d'En-Haut. Il est arrivé le 29 des Outaouais et des Loups de Théoga, qui n’avoient jamais paru à Montréal,
On a envoyé les ordres pour le départ des troupes de terre, qui est fixé de Saint-Jean, savoir :
La Reine, le 1",
La Sarre, le 2,
Languedoc, le 4,
Guyenne, le 6.
Les troupes de la colonie et les milices partiront de Saint-Jean, de même que les sauvages, du 8 au 14. On compte que l’armée sera composée, outre les six bataillons des troupes de terre, d'environ mille hommes de celles de la colonie, deux mille cinq cents Canadiens, dix-huit cents sauvages, indépendamment du corps des
Mir: canonniers et d’une compagnie d'ouvriers «vec un équi- Mi page d'artillerie. Les officiers principaux seront : M. le AUE chevalier de Lévis, brigadier; M. de Rigaud de Vau- 1e | dreuil, gouverneur des Trois-Rivières, ayant en cette
qualité rang de colonel ; et M. de Bourlamaque. Du 1° juillet 1757. — Conseil des nations d’Eu-Haut, Les Outaouais ont présenté deux colliers, le premier au marquis de Montcalm pour le remercier de ce qu’il UN marche à leur tête et le prier d’avoir soin d’eux, le | second pour demander à M. le marquis de Vaudreuil que, ne venant pas lui-même à la guerre, il donnât de sa propre chair, en envoyant sous les ordres du marquis de Montcalm, son frère, Ces deux compliments ont été accompagnés de demandes d'armes, de partir bientôt, et de M. Marin pour aller avec eux. Les nations ont toutes l’une après l’autre parlé dans l’ordre qui suit : fl à Les Folles-Avoines, ‘4 Les Sakis parlant en leur nom, celui des Puants et ji des Ayoas, x Les Poutéotamis,
Les Renards,
On eut pu répondre sur-le-champ à ces compliments ; mais ce n’est ni de dignité, ni l'usage ; on a indiqué un conseil à demain, neuf heures.
Les Sauteux de la pointe de Chouanugon n'ont pas paru à ce conseil, à cause qu’ils ont de l’inimitié contre les Renards qu’ils accusent de les avoir fait frapper par
les Sioux. Il faudra avant de les mener, tenir un conseil pour rapatrier ces deux nations. '
Du 2 juillet 1757. — Départ de M. le chevalier de Lévis pour aller prendre le commandement du camp de
Lo e RN-DRS TE ES
Carillon. Nouvelles de Québec par lesquelles on apprend la nouvelle de l'arrivée de deux bâtiments dans la rade de Québec, portant quatre cents hommes de recrues, six officiers du corps royal d'artillerie et vingt canonniers, On a appris en même temps que l’escadre de M. Dubois de La Mothe étoit entrée à Louisbourg, conduisant le régiment de Berry en tout ou en partie,
Les Iroquois ont amené deux prisonniers qu’ils ont faits, ayant M. de Langy à leur tête, Il paroît, par leurs dispositions conformes aux nouvelles de Curillon du 28, que le général Webb devoit arriver ce jour-là ou le lendemain au fort George avec quatre milie hommes, et qu'avec ce qu'il y avoit déjà de campé aux forts George et Lydius, il pouvoit y avoir dans cette partie-là environ huit mille hommes,
Du 6 juillet 1757, -- ’xtrait d’une lettre de Carillon du 2 juillet :
“ Notre parti de deux cents sauvages auquel j'avois “ joint vingt-cinq Iroquois ou Abénaquis, est parti le 30 ‘“ juin avec M. Hertel, de Louisbourg, un de ses frères, « M, de Linetot, et six cadets, en tout deux cent trente- “ cinq hommes. Les Iroquois dont étoit Ganactagon, “ menoient la marche. Ils ont pris le chemin du lieu “ où ils cachent ordinairement les canots; mais, en “ entrant dans la rivière du Chicot qui est étroite et “ escarpée de rochers, ils ont été salués d’une mous- “ quetade qui a tué un cadet, le sieur de Richerville, et “blessé à mort quelques sauvages, On ne pouvoit “ mettre à terre du côté de l'ennemi, il a fallu passer le “ reste de la nuit, la rivière entre deux. Au point du
“ jour on l’a traversée, L’Anglois étoit délogé. Ona “ donné sur les pistes et pris deux Moraïgans et un “ Anglois blessé, Les sauvages m'en ont amené deux “ et déchiré l’autre ; et comme il étoit bon, ils l’ont tout “ mangé. L’Anglois que j'ai interrogé parle peu; il “ est fort blessé; le Moraïgan est plus ouvert, Voici “ ce qu'il dit :
‘“ Le détachement de soixante hommes dont il étoit “est parti il y a huit jours, pour couper chemin à “ M. de Langy. Il a rôdé le long de la rivière et s’est “ embarqué au lieu où on l’a trouvé, sur le soupçon “ qu’ils avoient que nous cachions nos canots un peu “ au-dessous.
“ Il y a tous les deux jours, plus ou moins souvent, “ des découvertes sur cette rivière, depuis cinquante “jusqu’à cent hommes ; il y en a même une de trois “ cents; point de poste fixe ni là, ni dans le fond de la “ baie,
“ 11 y avoit, lorsqu'il est parti de Lydius, cinq cents “ hommes de troupes réglées pour garnison, quinze cents “ hommes de milice de Boston, et onze cents de Connec- “ ticut; il ne sait ce qui est au fort George.
“ Au moment qu'il partoit de Lydius, l’on voyoit “ paroître de l’autre côté de la rivière le général Webb, “et l’on disoit qu'il étoit suivi de trois ou quatre mille ‘“ hommes de troupes réglées. Il ignore s’il est resté à “ Lydius ou s’il a été au fort George ; il n’a pas oui “ parler d'artillerie,
“ Il paroît que l’Anglois doit avoir dans les deux forts “environ huit mille hommes, sans parler des milices “ commandées, Ce dernier article vient des prisonniers
“ de M. de Langlade. Celui de M. de Langy qui m’avoit “ parlé des trois ou quatre mille hommes de M. Webb, ‘“ m'avoit paru un menteur; le concert de celui-ci donne “ plus de vraisemblance à cette déposition. Il l’a dit “ naturellement et sans aucun soupçon qu’on m'en eût “ déjà parlé.
“ Vous n'aurez point ces prisonniers: l’Anglois est “ fort mal, le Moraïgan sera brûlé; la viande n’est pas “ bonne à être mangée ”.
Un parti anglois est venu auprès du fort Saint- Frédéric et a fait la chevelure si précipitamment à deux hommes qui péchoit, qu'un d’eux, malgré cette cruelle opération, se porte bien et n’a même pas eu de fièvre.
Du 7 au 11 juillet 1757. — Continuation du départ des Canadiens et des sauvages. Le marquis de Montcalm est parti le 9 avec M. de Rigaud et plusieurs officiers, tant des troupes de terre que de la colonie, pour aller, suivant l’usage, rendre visite aux sauvages du lac des Deux-Montagnes et les inviter à venir à la guerre. Les cérémonies ordinaires y furent observées et le tout fut terminé par un festin que le marquis de Montcalm donna aux sauvages suivant l'usage. Le marquis de Montcalm a été faire la même cérémonie au Sault-Saint- Louis, et de pius, celle d’y rapporter un collier en réponse à celui que ces mêmes sauvages lui avoient donné peu après son arrivée en Amérique, pour le complimenter ; il fit aussi la cérémonie de couvrir au nom de M. le marquis de Vaudreuil, deux chefs iroquois morts dans le couraut de l'hiver, Le marquis de Montcalm a été reçu au lac des Deux-Montagnes par les missionnaires
de Saint-Sulpice, et au Sault-Saint-Louis par le Père de la Neuville, jésuite.
M. de Mézières, capitaine des troupes de la colonie, qui a resté trois ans au poste des Oyatanons, est arrivé avec la fâcheuse nouvelle que MM. de la Saussaye, de Saint-Ours, de Bellestre ont été tués avec trois Canadiens, étant tombés à leur retour d" fort de Cumberland, dans une embuscade de sauvages et de Catabas,
JOURNAL
pu