ETAT DE L'ARMÉE DE CARILLON LE 13 JUILLET
Bataillons françois... 3,528 Troupes de la marine et milices... 2,671 Sauvages, CEIREELLEELELLLLLELE] CERERLRALREEEELE 7] 470
Total... ss... 6,609
Nora. — Cet état est pris d’après le tableau signé par le commissaire pour le prêt de co jour. L'on sait que, pour cette distribution, plusieurs augmentent plutôt le nombre qu'ils ne le diminuent; et, en matière de friponneries, ce qui est petit en Europe se fait grandement ici.
4 Des Canadiens et des sauvages dont on redemande les preiniers au 15 août pour les récoltes, et dont on sait que les seconds ne sont jamais restés après avoir
AUS fait coup.
1 qi Mais on donne un bon moyen pour parvenir à l'objet 1114 4 présenté. Le voici pour l'instruction des gens de guerre :
d'envoyer pendant une quinzaine de jours de gros partis sur la communication, pour interrompre des convois de vivres qui ne se font pas; les seuls convois qui se font au fort Edouard, au fond du lac, sont presque tous eu vin, liqueurs et rafraîchissements que les vivandiers des différents corps font venir à l’armée pour leur i compte.
à \. Quel est donc le but des lettres du marquis de Vau-
dreuil ? et pourquoi, manquant de vivres, s'obstine-t-il à k envoyer après coup, cette foule de passagers qui ne sauroient plus servir qu’à occasionner une affreuse consommation ? Afin de pouvoir écrire à la cour : “ Le mar-
quis de Montcalm avoit battu les ennemis ; ils s’étoient retirés au fond du lac Saint-Sacrement consternés et en désordre ; sur-le-champ, je lui ai envoyé toutes les forces de la colonie, afin qu'il les chassât de leur position et qu'il tirât parti de sa victoire. Il le pouvoit ; il ne l'a pas fait ”.
Voilà le but ; telle est la botte secrète de cette année; celle de l’année précédente étoit de dire : “ Il pouvoit prendre le fort Edouard; je lui en avois donné les moyens ; il ne l’a pas voulu ”.
Du 14 au 24 juillet 1758, — La défensive de Carillon et le projet des ouvrages extérieurs à y faire, a été arrêté. On va s'occuper le reste de la campagne à y travailler. Les ouvrages ont été tracés par les sieurs de Pontleroy et Desandrouins. On tâchera aussi de finir le fort. Le sieur X..., sous le prétexte de rétablir une santé délabrée, part le 15 pour Québec. Quelques gens pensent que c'est un quinze-vingts qui n’a pas pu rester avec des gens qui voient clair,
Il se proposoit de tracer une méridienne à Carillon ; car cet homme, grand ingénieur parmi les astronomes, n'est plus qu'astronome parmi les ingénieurs.
Nora. — J'ai entre les mains une lettre de M. Duhamel, grand physicien, et l’homme de l’Académie des sciences le plus habile pour la culture des arbres et des terres, lequel m’écrit que M. X.. est un fort bon ingénieur,
Conseils sur conseils avec les sauvages. Maringouins plus incommodes mille fois que les véritables qui le sont horriblement. Guerre cruelle de leur part aux moutons, poules, vin, et à tout ce qui en a l'air.
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M. de Courtemanche part enfin le 16, avec un détachement de près de six cents hommes dont plus de quatre cents sauvages iroquois, abénaquis, outaouais, Il prend sa route par le fond de la baie, pour se porter sur la communication et commencer par là l'exécution des grands projets du marquis de Vaudreuil, Il vient tomber, suns le savoir, sur un fort que les Anglois ont construit cette année, à moitié chemin du fort Edouard au lac Saint-Sacrement, Ils y ont un amas considérable de vivres, et leur projet parott être d’y faire le reste de la campagne sans songer à y rebâtir un fort, Sept cents hommes gardent le fort d'Halfway’s Brook. Il n’y passe plus que des convois de rhum et autres liqueurs, Johnson est reparti avec tous les sauvages ; un corps de trois mille hommes et cinq pièces de six livres de balles l'ont suivi vers la rivière des Agniers, Peut-être craignentils qu'on ne veuille reprendre aujourd’hui la secrète expédition de Corlar; peut-être aussi, nous présenteront-ils ici toute la campagne, une démonstration d'offensive, afin de nous forcer d’y rester en force, et, pendant ce temps, le corps qui file vers la rivière des Agniers, fera sans obstacles, les dispositions pour le rétablissement de Chouaguen. Le général Abercromby est toujours à l’armée, Reviendra-t-il nous attaquer? Attendra-t-il pour s'y déterminer, la décision du siège de Louisbourg et le temps de nos récoltes, pour lesquelles il sait bien que nous sommes obligés de renvoyer les Canadiens ? A tout événement ; nous nous préparons à le recevoir autant bien qu’une position fort mauvaise, sans une marine supérieure, peut nous le permettre,
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