‹ Journal du marquis de Montcalm durant ses campagnes en Canada de 1756 à 1759 [microforme]Chapitre 44 sur 52 · COMBATTANTS · texte numérisé non relu

COMBATTANTS

La Reine...

La Sarre...

Royal-Roussillon..….. , Languedoc...

Guyenne ....,.......

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Total : 3,655, réduits à 3,193 combattants.

Il a paru du côté de Saint-Frédéric un parti ennemi

qui «a enlevé un habitant.

Le 19 août 1858.— Départ de trente Abénaquis pour aller frapper entre Orange et Sarestoga (Saratoga), et de vingt-trois Iroquois qui tournent leurs pas vers

Connecticut,

Le 20 août 1758. — Il devoit partir avec M. Marin

une trentaine de Mississagués.

Un d'eux malade a

jonglé qu'il falloit, pour le guérir, sacrifier un chien. Le chien a été acheté, mis à la chaudière; le festin s’est

fait, un sénateur a jonglé, et le malade se meurt. Le 21 août 1758. — Départ de M. Marin, avec une

cinquantaine d'hommes dont vingt sauvages en canot sur le lac Saint-Sacrement.

Croix plantée au pied des retranchements avec cette inscription :

Chrétien! ce ne fut point Montcalm et sa prudence, Ces arbres renversés, ces héros, leurs exploits

Qui, des Anglois confus, ont brisé l'espérance,

C'est le bras de ton Dieu vainqueur sur cette croix,

Quid dux? Quid miles? Quid strata ingentia ligna ? En signum ! En victor! Deus hic, Deus ipse triumphat.

Le 22 et 23 août 1758.— Retour des Iroquois et Hurons du parti de M. Marin. Ils n’ont pas voulu s’avancer au delà de l’île à la Barque. On ne leur avoit parlé que d’une découverte et non de frapper. Si on les en eût avertis avant que de quitter la natte, ils eussent pris d’autres mesures. M. Marin est allé par terre, avec des Mississagués et trois François, tenter aventure au fond du lac Saint-Sacrement,

Arrivée d’un convoi de vingt bateaux.

Du 24 au 31 août 1758. — Le marquis de Mont-

‘ calm envoie à la guerre le sieur de la Miletière, officier

au régiment de Languedoc, adopté par les sauvages, destiné par le marquis de Vaudreuil à suivre les traces de M. de Joncaire, dont il a épousé la nièce, Avec seize Iroquois de sa cabane qui l’avoient demandé pour chef d’une course, il part, arrive à la Chute; M. de Rigaud le retient et me fait des représentations, C’est un attentat contre les droits de la colonie ! Envoyer un officier françuis avec des sauvages! O'est Catilina qui

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Montofficier vages, traces Avec é pour M. de C'est yer un ina qui

se déguise en femme pour entrer dans les mystères de la bonne déesse, Je réponds avec douesurs aux représentations, en insistant sur le départ du détachement, On croit qu'il partira. Non, l'affaire reste indécise deux jours, et pendant ce temps, on cabale auprès des sauvages qui disent enfin qu’ils ont changé d'idée et qu'ils ne veulent plus partir, C’est ainsi qu'on sert le Roi. Arrivée d’un déserteur, Le résultat de ses dépositions est que, les ennemis travaillent à nettoyer la rivière au Chicot, pour aller ensuite assiéger, dans le lac Ontario un fort francois qui ne peut être que Frontenac; qu'ils ont construit et laissé & l'eau sur le lac Saint-Sacrement une barque de dix-huit canons; qu'ils ont un four à chaux très vaste; que leur retranchement est crénelé partout; ce qui prouve que leur projet est de faire passer l'hiver dans ce retranchement à un corps de troupes barraquées. Il paroît aussi que les renforts qu'ils recevront, soit de Louisbourg, de la Belle-Rivière, ou de Germainflex (German Flats) décideront une nouvelle tentative de leur part sur Carillon. Nous les attendons de pied ferme, et nous travaillons constamment à rendre notre position meilleure, Les soldats sont de la meilleure volonté et désirent avec ardeur le retour des ennemis. Ils sont sûrs de la victoire ; c’est un heureux présage de succès.

Retour du sieur Marin. Il est resté trois jours embusqué autour du campement, sans trouver occasion de faire chevelure ni prisonniers.

Départ du sieur de Sabrevoix, enseigne de la colonie, avec un petit parti pour tenter même aventure entre le fort Lydius et le lac Saint-Sacrement, Deux Iroquois

qui boudent dans leur cabane sont aussi allés seuls du même côté,

Arrivée de quelques Iroquois ; les Mississagués demandent à partir et on ne peut guère le leur refuser, Il y a longtemps qu'ils sont ici,

M. de Bougainville a été, avec quarante volontaires et quelques guides sauvages, reconnoître un chemin pour aller, en débarquant à une lieue et demie de Carillon, entre ce fort et celui de Saint-Frédéric, et passant par la profondeur des terres, tomber sur le camp de Contrecœur, Ce chemin a été trouvé à onze mille cinq cent soixante-deux pas de trois pieds, de l'endroit où le détachement a débarqué, et la rivière de Bernetz à six mille deux cents pas. Ce détachement a passé presque à pied sec cette rivière, Il a laissé toujours à un quart de lieue de sa droite la chaîne de montagnes qui règne le long des lacs Saint-Sacrement et Champlain, derrière laquelle passe le chemin des Agniers.

Courrier de Montréal ; nulle nouvelle de Louisbourg ; un bâtiment espagnol, chargé à Bordeaux, arrivé à Québec.

Le 1° septembre 1758, — Courrier de Montréal. Le détachement ennemi, parti le 12 juillet du lac Saint- Sacrement, s’est porté sur le lac Ontario et était à trois lieues de Frontenac, quand le courrier en étoit parti pour porter cette nouvelle à Montréal. On y est avec raison dans la plus grande inquiétude. Il n'y a que quarante hommes de garnison dans le fort qui est l'entrepôt de l'artillerie, des n de guerre et de ‘bouche des pays ‘hr 1 barques ne sont point armées, le

ité

employés aux goélettes de M. Péan, et, si ces barques, hors d'état de gagner le large, tombent entre les mains des ennemis, qui les empêchera de s'emparr de Niagara, dont la garnison est aussi faible que celle de Frontenac. Ils en sont bien instruits, Les mêmes sauvages des Cinq-Nations, qui les ont infailliblement avertis de la faiblesse du poste et de la garnison de Frontenue, ne leur auront pas laissé ignorer qu'il n’y avoit que trente hommes à Niagara, Ces deux forts étoient leurs galeries (sic); on étoit sûr de leur fidélité, M, Duplessis, major de Montréal, âgé de quatre-vingts ans en est parti avec quinze cents hommes pour se porter de ce côté, On fait aussi des commandements du côté de Québec ; mais on ignore encore quel effet produiront ces tardifs secours, Voilà donc enfin le mal tant prévu arrivé. Les ennemis ouvrent les yeux, sentent l'avantage que doit donneraux talents même bornés, le grand nombre et l'abondance en tout genre. Qu'ils ont beau jeu contre nos misères et nos sottises ! Nous ne serions pas dans ces critiques circonstances, si après avoir pris Chouaguen, on en eût rendu la rivière innavigable et construit sur le terrain du fort Ontario, ou à la baie des Goyogouins, ou du moins à la baie de Niaouré, un poste capable de contenir cinq cents hommes, comme il fut alors plusieurs fois proposé, Si l’on eût au moins établi toute la campagne, les barques bien armées en croisière dans les parages de la rivière de Chouaguen; si du moins Frontenac et Niagara eussent été mis en état de n'être pas enlevés d’un coup de main, vu la faiblesse du poste ou le défaut de défenseurs ; si, du moins cette campagne, après l'affaire du 8 et la retraite des ennemis, au lieu de nous envoyer

ici une troupe inutile et passagère, qui n’a servi qu'à consommer sans fruit une grande quantité de vivres, on eût sur-le-champ envoyé sur les ruines de Chouaguen un corps de quinze ou dix-huit cents hommes, soutenu par des barques bién armées, lequel y fut arrivé avant les ennemis, partis seulement le 12 juillet du lac Suint-Sacrement, eût comblé le port, barré la rivière, et fini la campagne dans cette position ; alors, en cas d'attaque des enneunis, leur supériorité seu!e étoit pour eux, et non notre négligence, à laquelle il n’y a pas de remède, au lieu que la sagesse corrige l’infériorité des forces. Mais toutes ces réflexions sur le passé ne sont bonnes que pour les lecteurs à venir ; il faut des ressources, et non des élégies ou des philippiques.

Vaisseaux nouveaux à Québec ; nouvelles de France du mois de juin peu consolantes. De Louisbourg du 25 juillet ; peuve :: donner quelques lueurs d'espérance aux esprits qui se leurrent aisément,

Quelques Troquois et Abénaquis ont fait une chevelure et deux prisonniers auprès du fort Number-Fourth, situé à la tête de la rivière de Connecticut, au-dessus de l'embouchure de Black-River. Ce fort est de pièces sur pièces, à quatre canons et cent hommes de milice pour garnison. Cependant il est moins exposé que Frontenac, puisqu'on ne peut y aller que par les bois.

Le 2 septembre 1758. — Le sieur Wolff, envoyé au camp anglois porter les dépêches du marquis de Vaudreuil, qui refuse tout échange, à moins qu’on ne fasse celui des soldats en même temps que des officiers, est revenu le 3,

Le général Abercomby qui avoit fait beaucoup de

politesses à M. de Bougainville, lorsqu'il fut au camp anglois, lui a dit que Louisbourg s'étoit rendu le 26 juillet. Malgré la gazette de la Nonvelle-York qu'il lui envoie, et sa lettre qui la copie littéralement, je crois la nouvelle fausse et publiée dans leur colonie pour encourager les habitants et les soldats, Selon eux, Louisbourg s’est rendu le 26, pour ainsi dire à discrétion ; et suivant des lettres que nous en avons du 24, la place n'étoit encore battue que de deux cents toises ; on a voit fait des coupures pour soutenir l'assaut ; toutes les rues étoient barricadées, les maisons crénelées, et quasi fortifiées ; tout enfin annonçoit la résolution de vaincre ou de périr, La capitulation comprend, dit cette gazette, les habitants de l’île et rivière Saint-Jean. Et le P. Germain, missionnaire de cette contrée, ne l'eût pas su le 7 août, jour auquel il m'écrit ici que Louisbourg se défendoit bien ? D'ailleurs, si cette place eût été prise le 26 juillet, des bâtiments ou des chaloupes, ou même des gens de pied, en eussent certainement, avant le 1* septembre, apporté la nouvelle à Québec. Mille autres circonstances me font persister à croire que la gazette de la Nouvelle-York est fausse et illusoire.

M. de Sabrevoix, enseigne de la colonie, revenu le 4 d’une découverte faite par terre, avec dix ou douze hommes, au fond du lac Saint-Sacrement, rapporte que le camp anglois est fort diminué, qu'il lui a paru moins nombreux que le nôtre sous Carillon, qu'il n’y a plus que cent cinquante ou deux cents berges. D'un autre côté, M. Wolff, qui a vu ce camp d’une lieue environ, dans le lac, en plein jour, auquel on n’a bandé les yeux

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