LES DOCUMENT.S ANGLAIS
Les documents publiés par le Gouvernement anglais, au sujet des
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négociations qui ont précédé la liiierre, prouvent d'uno nianit'-re précise ot antlientiquc l'exactitude de tons les faits alléfrui's par le Gouvernement de l'Empereur. Ce « blue book » éclaircira tous les doutes, dans le cas où il en existerait encore.
On avait rcproclié à la Franco d'avoir porté la négociation à Ems au lieu de la poursuivre à Uerlin par les voies ordinaires. C'est le représentant (le rAiiiileterrc en Prusse, lord Loftus, qui se charrie lui-même de répondre ù. cette critique. Il déclare en effet, par une dépêche en date du G juillet, que le cabinet de Berlin, se désintéressant de la question pour la considé'rer comme regardant uniquement la famille roviile de Prusse, diM-linail toute solidarité dans la candidature du prince de llolieuzollern.
C'était là, suivant les expressions de M. de Tliile, « une affaire qui n'existait pas pour le Gouvernement prussien. »
-Ne pouvant agir à Berlin, nous étions donc dans la nécessité de porter la négociation à Ems, auprès du roi lui-même.
On soutenait que la France, dans le cours du débat, avait modifié et augmenté ses prétentions.
Les documents anglais établissent au contraire que, depuis la première phase des négociations jusqu'à la dernière, notre diplomatie s'est toujours placée sur le même terrain. La première dépêche adressée par le duc de Gramont au comte Benedctti, arrivée à Ems, se termine par cette phrase : « Pour que la renonciation produise son elfet, il est nécessaire que le roi s'y associe, et vous donne l'assurance qu'il n'autorisera pas de nouveau la candidature. »
Or, les dépêches anglaises prouvent que telle a été depuis le commenrement jusqu'à la fin notre seule réclamation. Nous ne demandions qu'une chose : une renonciation sérieuse, définitive, et le Gouvernement britannique comprenait parfaitement que nous étions en droit de poser ainsi la question.
On a prétendu que la France, en demandant au roi de Prusse de .s'associer à la renonciation de son parent, avait formulé une demande exagérée, contraire à la dignité du monarque. La meilleure preuve qu'il n'en était pas ainsi, c'est que lord Granville nous prêta son concours auprès du roi, en vue d'obtenir, sur ce point, ce que nous réclamions. Il est vrai que M. de Bismarck s'en est indigné, et a vu avec un extrême déplaisir l'attitude du cabinet de Londres.
Aux journaux prussiens qui soutiennent que la France voulait la guerre à tout prix, nous répondons par la dépêche de lord Lyons en date du 13 juillet. L'ambassadeur d'Angleterre écrit à lord Granville que la France n'exprime qu'un désir, c'est que le roi de Prusse prenne l'engagement d'empêcher le prince de Hohenzollern d'accepter de nonveau la candidature. Lord Lyons ajoute dans la môme dépêche qu'il demanda au duc de Gramont de l'autoriser à transmettre cette déclaration au Gouvernement de la reine.
Le minisire des Affaires étrangères prit alors une feuille de papier qu'il plaça dans les mains de l'ambassadeur, aprùs y avoir écrit fes mots : « iNous demandons au roi de Prusse de défendre au prince de llolienzollcrn de revenir sur sa résolution. S'il le fait, tout l'incident est terminé. »
Si la France avait eu des arrière-pensées, aurait-elle fait au Gouvernement de la reine une déclaration qui avait le caractère d'une promesse formelle, et qui nous imposait l'obligation de nous tenir pour satisfaits, dans le cas où le roi de Prusse aurait déféré à notre unique demande?
Nous avons dit que l'insulte faite à notre dignité a été la publicité intentionnelle donnée en dernier lieu au refus de recevoir notre ambassadeur, et que c'est là, pour ainsi dire, la dernière goutte qui a fait déborder le vase. Une dépèche de lord Lyons, en date du 15 juillet, est la confirmation de cette vérité.
Signalons dans les documents anglais d'autres points qui ne sont pas dignes d'une moindre attention. Une des dépêches les plus curieuses est celle que l'ambassadeur d'Angleterre à Berlin adresse à lord Granville le 13 juillet.
Lord Loftus dit que le comte de Bismarck et le ministère prussien trouvent l'attitude du roi, à Ems, trop modérée et craignent que la négociation ne prenne une tournure trop conciliante. D'après M, de Bismarck, la réception courtoise faite par le souverain à M. de Benedetti excite dans toute la Prusse <• une indignation générale ». Ne reconnaissons-nous pas dans cet inqualifiable langage les procédés de Phomme d'État combattant toujours les scrupules honorables de son maître et le poussant à commettre des actes qui répugnaient à sa conscience royale? C'est M. de Bismarck qui a voulu la guerre : que la responsabilité en retombe sur lui 1
Quant à la France, elle n'a rien à se reprocher. Dans ses rapports avec le roi. M' Benedetti n'a pas été seulement modéré, il a été respectueux. La prétendue lettre d'excuses qui aurait été demandée au sou^ verain de la Prusse n'est qu'une ridicule invention. 11 n'y a pas dans le <f blue book » anglais une seule allusion à cette soi-disant exigence. Si jamais elle se fût produite, lord Lyons, qui était tenu jour par jour, ou pour mieux dire heure par heure, au courant de la négociation, n'en aurait-il pas été informé ?
La lumière se fait donc sur tous les points. C'est l'Angleterre ellemôme qui réfute loyalement, par une simple exposition des faits, les attaques et les calomnies dirigées contre nous.
Au début du conflit, c'est elle qui, reconnaissant la légitimité de notre grief, fait ressortir avec la plus grande énergie, en Espagne' comme en Prusse, tous les inconvénients, tous les dangers de la candidature Hohenzollern. A l'issue du débat, c'est elle qui demande au roi
Guillaume de s'associer à la renonciation du prince. Si nous avions voulu la guerre, aurions-nous sollicité avec tant d'insistance les bons oflBcos du cabinet de Londres pour obtenir la paix? Si nous avions formulé dea demandes exorbitantes, serions-nous parvenus à les faire appuyer par un gouvernement aussi impartial que le Gouvernemem anglais? Le ton des dépôches si remarquables de lord Lyons et de lord Granville ne prouve-t-il pas que nos relations avec l'Angleterre n'ont jamais eu un caractère plus amical? A ceux qui révoqueraient encore en doute telle ou telle des allégations mises en avant soit à la tribune, soit dans la correspondance diplomatique par les ministres de l'Empepereur, nous ne ferons qu'une seule réponse : « Lisez les documents anglais. »
Le Gouvernement a décidé que le passe-port sera exigé, pendant la guerre, de tout voyageur, à quelque nationalité qu'il appartienne, pour sortir de France ou pour pénétrer sur le territoire de l'Empire. Cette décision n'est point applicable aux sujets des États actuellement en guerre avec la France, qui ne pourront voyager dans l'intérieur de l'Empire qu'en vertu d'autorisations spéciales délivrées par le ministre de l'Intérieur.
Des Français, expulsés du ducbé de Bade, ont eu à subir les traitements les plus indignes jusqu'à la frontière suisse, où ils ont été conduits enchaînés.
Plusieurs ont été dépouillés de leurs effets et obligés de payer 24 kreutzers pour la Icoatiou du cachot où ils étaient abrités contre les violences de la population.