DIMANCHE 21 AGI T
LiÉCKET. — Article 1'-''. Le ministre des Finances est autorisé à procéder, par souscription publique, à l'aliénation de la somme de rentes 3 0,^0 nécessaire pour produire un capital de 750 millions de francs.
Le supplément destiné à couvrir les frais matériels de l'opératiou et les frais d'escompte des versements anticipés, ainsi qu'à payer pendant les quatre premiers trimestres les arrérages des rentes à créer, ne pourra excéder la somme de 55 millions de francs.
Art. 2. Lesdites rentes 3 0/0 seront émises au taux de 60 tr. 60 avec jouissance à compter du 1" juillet 1870.
Paris, 12 août 18TU.
Suit un arrêté du ministre des Finances décidant que la souscription à l'emprunt national de 750 millions 'sera ouvert le mardi 23 août et les jours suivants.
Décret. — Art. l*^"". Le Comité de défense des fortifications de Paris, est composé de MM. :
Le général Trochu, président.
Le maréchal Vaillant.
L'amiral Rigault de Genouilly.
Le baron J. David, ministre des Travaux publics.
Le général baron de Chabaud-Latour.
Le général Guiod.
Le général d'Aufemarre d'Ervillé.
Le général Soumain.
Art. 2. Le Comité de défense est investi, sous l'autorité du ministre de la Guerre, des pouvoirs nécessaires pour l'exécuiion des décisions qu'il prendra.
Art. 3. Pour l'exécution de ces décisions, notre ministre de la Guerre attachera au Comité de défense les généraux, intendants militaires et officiers de tout grade, qui seront nécessaires.
Art. 4. — Le Comité de défense se réunira chaque jour au ministère de la Guerre.
11 se fera rendre compte quotidiennement de l'état des travaux, de
celui des armements, de lelat des munitions et de celui des approvisionnements en vivres.
Art. 5. Le Comité rendra chaque jour compte de ses opérations au ministre de la Guerre qui en Jera rapport au CoiKseil des ministres, l'aris, J9 aoi'it 1870.
Décret. — 1-e département des Pyrénées-Orientales est déclare en état de siège.
Paris, 19 aoiil 1870.
C()KI»S LEGISLATIF
Srancc ilu samedi iO aoûl.
s. Exc. M. LE COMTE DE PAiJKAO, ministre de la Guerre. — Messieurs les députés, les Prussiens ont mis en circulation certains bruits qui fendraient à faire croire qu'ils ont obtenu un très-grand avantage le 18 août. C'est leur prétention; je viens ici rétablir les laits. (Mouvement, — Très-bien!)
Sans entrer dans des détails que je ne \)eux donner ici, vou.-^ le comprendrez, (oui! oui!) je me bornerai à dire que j'ai communiqué à quelques-uns de vous, Messieurs, les dépèches que j'ai reçues et qui constatent que, le 18, trois corps de l'armée prussienne se sont réunis contre le corps d'armée du maréchal r>azaine, et que, au lieu d'avoir eu un succès, comme ils voudraient le faire croire, différents renseignements, qui paraissent dignes de Toi, m'annoncent qu'ils ont été rejetés dans les carrières de Jaumont. (Mouvement.)
.le ne vous parle pas de quelques petits avantages que nous avons obtenus du côté de Bar-le-Duc dans des rencontres avec des éclaireurs ; pour moi cela n'a pas d'importance.
.l'ajouterai une chose, c'est que nous nous occupons sans relâche du travail de la défense de Paris. J'ai nommé un comité de défense qui est présidé, comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, par M. le général Trochu. Tous les travaux marchent avec activité, et je puis vous certitier que tout va être, avant peu, dans le meilleur (■tat. (Très-bien! très-bien! — Marques générales d'approbation.) M. GAMBKTTx. — .le (Iciiiaiido à déposer sur le bureau de la Chambre, et siirloul à recommander ;i l'honorable général ministre de la Guerre deux pétitions émanant de gardes nationaux de la ville de l'aris, et qui sont intéressantes précisément au point de vue auquel il se plaçait tout à l'heure : l'organisation ])roiuptc et cflicace de la défense de Paris. Ces gardes nationaux, dont les uns sont inscrits depuis fort
lonjrtemps, dont les autres lo sont depuis dix jours, huit jours et (|uatre jours, se plaignent de ne pas recevoir d'armes. (Exclamations.)
Ils ont été en demander et on les a ajournés à huitaine.
Il est évident, Messieurs, que les réclamations dont je me fais ici l'écho se produisent <ur tous les points do Paris; elles sont générales, et nos collègues qui siègent sur ces bancs pourraient exposer, chacun pour son compte, des griefs analogues. A la vérité, depuis deux jours, depuis la nomination du général Trocliu, il se manifeste une plus grande activité dans la réalisation de l'armement de Paris ; mais cela ne suffit pas : il faut apporter plus de rapidité, surtout dans la distrilnition des armes, car on comprend qu'il faut s'Iiahitner à son fusil, qu'il faut s'habituer à l'exercice, et la première chose à faire pour cela, c'est la distribution des armes. Or, je veux aftirmer à la (chambre que cette distrilnition marclic avec une lenteur véritablement désespérante.
J "espère qu'on prendra des mesures dans la journée même pour faire disparaître cette légitime cause de griefs de la population de Paris. (Approbation à gauche.)
M. ERNEST PICARD. — Nous pourrious citer des gardes nationaux qui vont se faire inscrire et qui reçoivent des bulletins portant que leur fusil leur sera donné dans huit jours. Je crois que ce n'est pas là l'activité et la rapidité qui doivent convenir à M. le ministre de la Guerre. iBruit.)
L'n membre. — J'affirme qu'on distribue maintenant aux gardes nationaux des fusils à tabatière.
M. GARNiER-PAGÈs. — Pour moi, il cst un point encore plus important que la distribution des armes. Certainement cette distribution est indispensable et il faut qu'elle soit prompte; mais pour moi, il est une chose qui, je le répète, me semble plus importante encore, c'est l'organisation de la garde nationale, c'est-à-dire l'élection de St>s chefs, des lieutenants et des capitaines.
Pourquoi? Par une raison bien simple : là où il n'y a pas de chefs, il y a foule, il n'existe pas de responsabilité; là, au contraire, où il y a des chefs élus, des lieutenants, des capitaines, il y a une resp(msabilité ; il y a des hommes que l'on connaît; ce n'est plus la foule, c'est la nation armée, c'est Paris organisé.
Je demande cela dans un intérêt d'ordre et dans celui de la défense de Paris. (Très-bien ! à gauche.)
M. LE MINISTRE DE 1,'iNTÉRiECR. — Le 13 août, il y avait 24,000 gai'des nationaux armés dans Paris ; il y en a aujourd'hui 49,000. Aujourd'hui même, on délivre 8,000 fusils; on en délivrera encore 8,000 demain et 8,000 lundi, de sorte que, le 26 août, il y aura 80,000 gardes nationaux armés dans Paris. (Très-bien! très-bien!)
Maintenant, qu'il y ait des plaintes individuelles, qu'il y ait des
— nii —
impatiences k'gitimes dun patriotisme ardent qui voudrait être immédiatement armé, je te comprends; mais la Chambre n'oubliera pas que les anciens militaires, d'après la loi même, ont un droit de priorité. Nous sommes donc forcés d'armer d'abord les anciens militaires, et il peut se faire que quelques hommes qui n'appartiennent pas à cette catégorie ne soient pas armés aussi vite qu'ils le désireraient; mais enfin ils le seront bientôt, puisque M. le ministre de la Guerre met à la disposition de son collègue de l'Intérieur toutes les armes dont on a besoin.
J'ajoute que les fusils qui étaient aux mains des gardes nationaux de Paris, c'est-à-dire les fusils d'ancien modèle, sont remplacés par des fusils à tabatière, et que les anciennes armes sont immédiatement envoyées en province pour les gardes nationaux sédentaires des départements.
Voilà les explications que j'avais à donner à la Chambre. (Nouvelles marques d'approbation.)
M. GLAis-BizotN. — Et l'organisation ?
M. LE MixisTRE. — Pour répoudro maintenant à l'honorable M. Garnier-Pagès, je dois ajouter que les conseils de recensement fonctionnent tous les jours, et que les élections auront lieu aussitôt que leur travail, que nous activons de' toutes les manières, sera terminé.