PROCLAMATION DU GOUVERNEUR DE PARIS
Le général Trochu a adressé la proclamation suivante :
A la garde nationale de Paris,
A la garde nationale mobile,
Aux troupes de terre et de mer de l'année de Paris,
A tous les défenseurs de la capitale en état de siège.
Au milieu d'événements de la plus haute gravité, j'ai été nommé gouverneur de Paris et commandant en chef des forces réunies pour sa défense.
L'honneur est grand ; le péril pour moi l'est aussi ; mais je me fie à vous du soin de relever par d'énergiques efforts de patriotisme la fortune de nos années, si Paris venait à subir les épreuves d'un siège.
Jamais plus magnifique occasion ne s'offrit à vous de montrer au monde qu'une longue suite de prospérités et de jouissances n'a pu amollir les mœurs publiques et la virilité du pays.
Vous avez sous les yeux le glorieux exemple de l'armée du Rhin. Us ont combattu un contre trois dans des luttes héroïques, qui font l'admiration du pays et le pénètrent de gratitude.
Elle porte devant vous le deuil de ceux qui sont morts.
Soldats de l'armée de Paris, Ma vie entière s'est écoulée au milieu de vous, dans une étroite soli-
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darité, où je puise aujourd'hui mou espoir et ma force. Je n'en appelle pas à votre courage et à votre constance qui me sont bien connus. Mais montrez, par l'obéissance, par une vigoureuse discipline, par la dignité de votre conduite et de votre attitude devant la population, que vous avez le sentiment profond des responsabilités qui pèsent sur vous.
Soyez l'exemple et soyez l'encouragement de tous.
La présente proclamation sera mise à l'ordre du jour par les chefs de corps. Cet ordre sera lu, à deux appels consécutifs, à la troupe assemblée sous les armes.
Au quartier général, à Paris, le 19 août 1810.
Le gouverneur de Paris,
GÉNÉRAf, TrOCFIU.
NOUVELLES DE LA GUERRE
Le Gouvernement n'ayant pas reçu de dépêches de l'armée du Rhin depuis deux jours, par suite de l'interruption des communications télégraphiques, a lieu de penser que le plan arrêté par le maréchal Bazaine n'a pas encore abouti.
La conduite héroïque de nos soldats à différentes reprises, en présence d'un ennemi très-supérieur en nombre, permet d'espérer la réussite" d'opérations ultérieures.
Les coureurs de l'ennemi ont paru à Saint-Dizier.
Décret. — Les étrangers d'origine belge, domiciliés dans le département du Nord, sont autorisés à contracter, par exception et pour la durée de la guerre, des engagements volontaires pour la garde nationale mobile.
Paris, le 22 août 1870.
Décret. — Les départements de la Nièvre et du Cher sont déclarés en état de siège.
Paris, le 22 r^oùfc 1870.
CORPS LÉGISLATIF
Séance du lundi 22 août.
s. Exc. M. LE GÉNÉRAL COMTE DE PALiKAO, ministre de la Guerre. — ilessieurs les députés, vous avez pu lire ce matin au Journal officiel
une noie (1) que le (iouveruement y a fait insérer. Celte noie était l'expression de la vérité ce matin, et nous l'avons publiée pour tenir la promesse que nous vous avions faite de vous dire toujours la vérité tout entière, quoique émotion que cela put produire dans le public. (Trés-bicn !)
Depuis la [lubiicatiou de cotte note, j'ai rerudes nouvelles du maréchal hazaine. (Mouvement.) Ces nouvelles sont bonnes. Je ne peux pas vous les coninuiniquer ici, vous comprenez bien pourquoi. (Oui! oui! — Très-bien! très-bien!)
M. LE COMTE DE KÉRATRY. — A qUcUc date?
M. LE ^HNISTRE DE LA GUERRE. — CeS nOUVCllcS SOnt du 19.
M. LE COMTE DE KÉRATRY. — Du maréclial lui-même?
M. LE MINISTRE. — l»u maréclial .
Messieurs, ces nouvelles montrent, de la part du maréchal, une contlance que je partage, connaissant sa valeur et son énergie.
Je dois ajouter, sans entrer dans plus de détails en ce qui touche les faits de guerre, que la défense de Paris marche avec une grande activité et que bientôt nous serons prêts à recevoir quiconque se présenterait devant nous. (Vives marques d'approbation.)