EMPRUNT NATIONAL
L"eiii|irunt autorisé par la loi du 12 août 1870 a un caractère Ci-sentiellement national.
C'est pour lui conserver, le plus possible, cette signification que 1 article 1" de l'arrêté ministériel du 19 août a décidé, contrairement au mode suivi dans les précédents emprunts, que la souscription publique serait close dès que l'emprunt serait couvert et qu'un cinquième serait payé comptant à titre de garantie.
La souscription a été ouverte le 23 et a été l'erniée le 24 août. Los résultats obtenus sont les suivants :
Les souscriptions reçues le 28 s'élèvent àlasouuue de 685.1t)~.U00 savoir :
Pour Paris 502.635.000
Pour les départements 182.532.000
Les souscriptions du 24 ont donné 122.1-'iU.000
savoir :
Pour Paris ()2.931.0(:u
Pour les départements 59.209.000
Kn résumé, les deux journées ont produit :
Pour Paris 565.566.000
Pour les départements 241.141 .HOO
Total général de la souscription 801.307.000
dont le cinquième, montant à 161 millions 461,0U0 l'r.. a été versé au moment de la souscription dans les caisses de l'État.
La somme à souscrire pour le principal de l'emprunt ei le supplément étant de*. 805.UOO.000
Il eu résulte un excédant de 2.307.000
qui doit être consacré à la diminution proportionnelle des souscriptions réductibles de la seconde journée (1).
Cette diminution serait d'environ 2 0/0. Mais la proportion exacte ne poun*a être définitivement réglée que par la liquidation même, attendu que, aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 10 août, les rentes seront comptées par francs daus la répartition, en négligeant ou en forçant les fractions suivant qu'elles seront inférieures ou supérieures à 50 centimes. 11 serait impossible de préciser d'avance le résultat de cette opération pour chaque souscripteur. L'administration poursuit le travail de la liquidation avec la plus grande activité.
I Produit total do la ^-^ journée 1^:2.140.000
à déduire pour les souscriptions non réductibles des porteurs
de bons :2-10, 3-10 et 5-10 1.^98.000
Reste pour les souscriptions reducldjle-> l:20.84-J.ono
GAUDE NATIU.NALK,
La réorganisation de la irartle nationale du d('|iartenieiit de la Seine n"a cessé, depuis le 10 août, d'ôtro l'objet de la |)réoccui)ation du (jouvernenient.
L'effectif se réduisait alors à 30,000 hommes environ répartis entre cinquante bataillons urbains ou ruraux.
Peu de jours avant, le Gouvernement avait décidé la l'oniiation de sept bataillons suiiplémentaires dont les cadres étaient en partie nommés; mais il restait encore, dans certains quartiers, des lacunes importantes; dans plusieurs autres même, la garde nationale n'était pas constituée.
Le ministre de l'Intérieur y pourvut d'urgence par une organisation générale en vertu de laquelle les anciens bataillons grossirent ;i la fois le nombre de leurs compagnies et l'efTectif assigné à chacune d'elles, et les nouveaux furent constitués d'après^les règles de la loi du 13 juin 1851, Ces derniers procèdent actuellement à l'élection de leurs ol'ficiers.
De 30,000 hommes, reffectif se trouva ainsi porté à (SO,0(io. Préoccupe des nécessités de la défense et s'appuyanf, d'ailleurs, sur les prescriptions formelles de la loi du 1(1 août, le ministre de l'Intérieur recommanda d'enrôler et d'armer d'aboni les anciens militaires.
L'armement s'est poursuivi avec la plus grande activité : à Vinceimcs, au Mont-Valérien, à l'Ecole militaire. Tous les jours, 2 ou 3 bataillons seront exercés au tir du polygone do Viiicennes, où une butte spéciale leur a été réservée.
Afin de tenir compte de toutes les nécessités et de faciliter l'incorporation, le ministre de l'Intérieur a autorisé, pendant la guerre, le port d'un uniforme d'une valeur appro.vimative de 20 fr., et il a décidé et fait connaître que le Gouvernement subviendrait lui-même aux frais d'équipement et d'habillement des gardes nationaux hors d'état de les supporter.
Douze compagnies d'ouvriers auxiliaires du génie viennent d'être organisées sous le commandement de .MM. Alphand et Viollet-Leduc, et la direction supérieure du général baron de Chabaud-Latour. Elles donneront un supplément d'effectif de 2,ô00 hommes et fourniront à la défense une ressource précieuse.
Knfin, un appel spécial auquel ont déjà répondu 250 volontaires en deux jours, a invité les anciens artilleurs et les militaires de toutes armes à se faire inscrire pour prendre part d'une manière active au service des pièces de l'enceinte.
En lace de l'ennemi, à la veille du siège de Paris, le Gouvernement a pensé qu'il fallait encore augmenter l'effectif de la garde nationale pour utiliser le dévouement patriotique des habitants de Paris.
De nouveaux bataillons vont être créés et des fusils leur seront distribués. Les conseils de recensement se mettent à l'œuvre, et les
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hommes inscrits sur les contrôles procéderont immédiatement à rélection des officiers, suivant les prescriptions de la loi de I8Ô1.
CO:\1MLMCATIONS DIVERSES.
Avis. — Des réserves considérables destinées à l'approvisionnement de Paris sont faites par les soins de l'administration ; elles s'accroissent encore tous les jours. Toute fois, le préfet de la Seine croit devoir engager les habitants à se pourvoir eux-mêmes à l'avance, dans la mesure de leurs besoins et de leurs ressources, des diverses denrées alimentaires susceptibles de conservation et de durée.
L'intérêt de la défense, plus encore que celui des subsistances, demande aussi que les personnes hors d'état de faire face à l'ennemi s'éloignent de Paris.
Avis. — Le bois de Boulogne, où sont actuellement parqués les bestiaux destinés à l'approvisionnement de Paris, est, jusqu'à nouvel ordre, interdit à la circulation.
NOUVELLES DE LA GUERRE
30 août
La marche de l'ennemi sur Paris paraît arrêtée. Le maréchal de Mac- .Mahon continue son mouvement. Il n'y a pas eu d'engagement sérieux.
Châlons paraît décidément évacué par les Prussiens.
Les trains vont librement à Reims et iront bientôt probablement à Châlons.
Les gardes nationales sédentaires de l'Aisne, de Seine-et-Marne, etc., s'organisent pour opposer une vigoureuse résistance.
Une personne sortie vendredi, de Strasbourg, dit qu'un quartier de la ville a beaucoup souffert, que les munitions et les vivres sont suffisants et que le désir de résistance est général.
Une prise prussienne, le Pfeil, monté par un équipage français, vient d'entrer dans le port de Duukerque.
CORPS LEGISLATIF
Séance du mardi 50 août.
Le Corps législatif adopte à la majorité de 205 votants le pro\et de loi suivant :
Art. l*'. Le Gouvernement est autorisé à s'approprier, pendant la durée de la guerre, les armes et munitions de guerre fabriquées en France pour l'étranger ou en cours de fabrication.
Art. 2. Les armes et munitions seront payées au prix stipulé par les contrats.
COMMUMCATIO.NS DIVERSES.
Avis. — Los agriculteurs et autres personnes qui, en vue des circonstances actuelles et sans aucun but de spéculation, voudront introduire dans Paris, pour être dirigés sur des locaux ou magasins autres que les dépôts publics, des bestiaux et des denrées d'approvisionnement soumis aux droits d'octroi, pourront procéder à cette introduction.
Dans le cas où ils ne pourraient consigner les droits, ils seront admis à présenter une déclaration signée par eux, indiquant leurs nom, prénoms, résidence et profession. — Cette déclaration contiendra l'engagement d'acquitter les taxes sur les quantités qui ne seraient pas réexportées ultérieurement.
Les dispositions qui précèdent sont applicables, dans les mêmes conditions, à l'introduction des boissons passibles des droits du Ti'ésor. Paris, le 29 aoùl 1870.
Avis. — Les étrangers invités par le récent arrêté du gouverneur de Paris, à s'éloigner de la capitale et qui croiraient se trouver dans des conditions particulières assez favorables pour justifier l'exception admise, pour certains, par ledit arrêté, sont prévenus que par délégation du gouverneur de l'aris, le préfet de police se trouve chargé de statuer sur leurs réclamations.
Chaque réclamant devra, en conséquence, se présenter à la préfecture de police muni d'une demande écrite. Cette demande mentionnera ses nom et prénoms^ son âge, sa nationalité, sa p'-ofession, le temps de son séjour en France, et toutes les circonstances propres à justifier la délivrance d'un PERMIS DE SEJOUR SPÉCIAL ET EXCEPTIONNEL; ell-î devra toujours être appuyée de la déclaration écrite de répondants notoirenunt connus, qui se porteront garants du réclamant. Paris, U'. 30 août 1870.
Décret. — M. le général de division de La Motterouge, député au Corps législatif, est chargé du commandement supérieur des gardes nationales du département de la Seine, en remplacement de M. le général d'Autemarre d'Ervillé, dont la démission est acceptée. Paris, 29 août 1870.
liKf.RET date lin caiiiii «le Cliâloiis, 20 août 1810, sijiiic Napoléon cl nonimant dans la Légion (riioimciir :
Quatre graiul.s oriiciers ,cn tète ilesquelri ligure M. le général de division Ducrot);
Dix fonimandenrs et quarante-six oHiciers.
Suivent une grande quantité de nominations au grade de chevalier et dans la médaille militaire (1).
1,0 "ouvcrneur de l'aris pi-L'Scrit au coniiuanilanl eu cliel' du licnie dans la place de procéder a la démolition des maisons et couverts de toute nature qui sont aux abords de la fortification et gênent la défense ; il donnera des ordres pour que les déblais résultant de cette opération soient disposés de manière à ne pouvoir servir d'abris à l'ennemi. Paris le 21 aoùl.
GAUDES NATIONALES
Par ordre de M. le ministre de la Guerre, cent mille gardes mobiles des départements sont appelés dans la capitale, pour concourir à sa défense.
Le gouverneur de Paris doit invoquer le patriotisme de ses habitants pour assurer à ces tr-upes l'hospitalité que méritent leur excellent esprit et leur dévouement. Mais, dans le double but d alléger cette char""e inévitable et de tempérer les inconvénients qu'aurait, pour l'exécution du service, nne trop grande dispersion, le gouverneur prie MM. les chefs d'établissements industriels et propriétaires de lui dé.-i- "uer, le plus tôt possible, les bâtiments et abris de toute sorte, de grande éte:ulno, qu'ils seraient disposés à offrir gratuitement pour cet objet, en faisant connaître leur nature et leur contenance.
(1) C'est le dernier décret de nomination dans la Légion d'iionncur et dans la médaille militaire qu'ait signé l'Empereur.
Chaque année, à l'occasion de la fêle du J.j août, tous les ministres r)résentaicnt à la signature impériale nne assez grande quantité de nominations dans la légion d'honneui-. An mois d'août, 1870, à cause des événements, beaucoup (le ces nominations n'eurent pas lieu, ou, du moins, elles ne parurent pas toutes au Jouinnl officiel. Deux ministres, ceux des Finances et de la .lustice, ayant fait insérer dans la feuille ofiicielle, comme d'habitude, leurs nominations annuelles dans la légion d'honneur, l'opinion publique fut que le nionu'nt était mal choisi pour ces sortes d'insertions. Touteluis, les décrets signés et non encore rendus publics par la voie dn Jmirnnl officiel furent considérés comme parluitenient valables.
Au nombre de ces décrets que nous avons pu consulter, ligure celui que contresigna, comme dernier acte de son passage au ministère, et de son minislère lui-même, évanoui le lendemain avec le cabinet du 2 janvier, M. .Maurici' Ridiard, premier et (h'rnier ministre du département des Lettres, Sciences et Beaux-Arts, ^'ous donnons in extenso, à titre de document, ce décret, jusqu'à ce jour non publié, aux appendices de ce volume.
— r.xvii —
Le Gouvernement a 'léciJt' que les nouveaux hafaillons tlo la fianlc nationale de Paris, formés par ordre de M. le ministre de l'Intérieur, porteront le môme uniforme que les bataillons déjà existants.
L'idée d'un costume provisoire, qui aurait été diiîérenl de l'ancien, est abandonnée.
Les citoyens qui seraient notoirement Iiors d'état de l'aire face à cette dépense recevront une indemnité pour s'équiper.
Les gardes nationaux de Paris, faisant partie des nouveaux bataillons, sont iiîvités à s'équiper le plus rapidement possible. Le Gouvernement compte sur leur empressement. 11 importe que des troupes qui sont affectées à un service de guerre soient toutes pourvues de l'uniforme.
Les types de riiabillement et de l'équipement sont déposés à l'étatmajor et dans les vingt mairies de Paris.