DE KÉRATRY
La rentrée des classes reste fixée au lundi o octobre pour les élèves des classes inférieures jusqu'à la quatrième inclusivement.
Les élèves du lycée Saint-Louis, en ce moment occupé par la garde mobile, seront reçus au lycée Corneille (ancien lycée Napoléon).
Les parents seront incessamment informés des mesures prises pour la reprise des études dans les classes supérieures.
Les examens pour l'admission des élèves externes à l'école des ponts et chaussées, qui devaient commencer le l*^"" octobre prochain, sont ajournés.
Un avis ultérieur fera connaître l'époque à laquelle ces examens auront lieu.
Désireux de se renseigner sur la valeur de quelques critiques qui s'étaient produites relativement à l'installation du bétail parqué dans Paris, la commission centrale d'hygiène et de salubrité a fait visiter tous les parcs par un de ses membres.
Il résulte des constatations les plus minutieuses que les animaux sont aujourd'hui presque partout attachés, que là où ils ne le sont point encore, il n'y a aucune accumulation qui puisse faire craindre que les gros animaux ne nuisent à l'alimentation des plus faibles; qu'enfin, sur divers points, on a commencé à couvrir les parcs de façon à ce que le bétail fût à couvert.
Les conclusions de la commission d'hygiène et de salubrité sont, en conséquence, que l'aménagement des bestiaux est des plus satisfaisants et ne justifie en rien les critiques qui ont été formulées.
Aussitôt après la révolution du 4 septembre, le maire de Paris a porté son attention sur l'état des approvisionnements. M. Clamageran, adjoint au maire, à visité les nombreux dépôts où se trouvent emmagasinées les denrées alimentaires achetées par ordre du ministère du commerce et confiées aux soins de l'autorité municipale.
Plusieurs jours ont été consacrés à cette visite. L'état général des approvisionnements est satisfaisant.
La taxe du pain et celle de la viande ont été jugées nécessaires dans les circonstances tout à fait exceptionnelles où se trouva la ville. Elles ont soulevé des difficultés d'application qui ne sont pas toutes résolues. Les citoyens doivent être très-
persuadés qu'il sera tenu compte de tous les avis utiles, de toutes les réclamations légitimes. Mais il ne faut pas se faire d'illusions : quoi qu'on fasse, une crise comme celle que nous traversons fioisse certains intérêts, impose des privations et des souffrances ; l'administration mettra tout son zèle à adoucir le mal ; elle ne reculera devant aucun moyen pour assurer le plus longtemps possible la subsistance du peuple, mais elle compte sur le patiiotisme des citoyens pour l'aider dans les mesures qu'elle croira devoir prendre et pour supporter courageusement les inévitables conséquences du siège.
NOUVELLES DE LA GUERRE
Ceux qui s'occupent d'art militaire connaissent la nouvelle canonnière inventée et construite par le lieutenant de vaisseau Farcy, qui a résolu le difficile problème de réduire son bâtiment aux dimensions d'un affût flottant.
La cononnière Farcy est armée d'un canon de 24 de la marine, qui lance, avec une charge de poudre de 16 kilog., un obus de 100 kilog, ou une boîte à mitraille de 54 kilog., à une portée pouvant aller jusqu'à 7,400 mètres.
Bicêlre, 28 septembre, 7 heures du matin. L'amiral Poihuau au gouverneur de Paris et à V amiral La Roncier e.
De Montrouge et d'Ivry, on ne me signale rien de particulier. Des Hautes-Bruyères, on a vu un mouvement d'artillerie et de matériel dans la direction de Versailles qui a duré plus d'une heure.
Vincennes, 28 septembre, 9 h. 20 m., matin. Général commandant au gouverneur de Paris. La journée et la nuit ont été des plus calmes partout. J'ai
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fait hiei- une longue reconnaissance avec le général Tripier jusque bien au delà de Saiiit-^Faur. Nous, n'avons rien aperçu qui démontrât la présence de l'ennemi.
Paris, G h. 1/2, 28 septembre 1870.
Le gouverneur de Paris a reçu le rapport du général de Bellemare, sur le combat livré le 23 septembre, en avant de Saint-Denis.
11 a été heureux de constater l'entrain, la vigueur et le courage déployés par tous nos soldats qui, dans plusieurs endroits, ont eu à lutter de très-près avec l'ennemi dont les forces peuvent être évaluées au moins k 8,000 hommes; ses pertes ont été considérables. Les nôtres sont de 3 officirs blessés, 11 hommes tués et 86 blessés.
Cette affaire fait le plus grand honneur au général de Bellemare et aux commandants des colonnes, le lieutenant-colonel Le Main et les chefs de bataillon de Boisdenemets et Jamais.
Ce matin une reconnaissance a été faite par un escadron du 9^ régiment de chasseurs à cheval. Elle a fouillé Neuilly-sur- Marne et le plateau d'Avron. Elle a surpris, à Neuilly, un poste d'infanterie, et, dans le paï'c de la Maison-Blanche, elle a sabré les Prussiens, dont six ont été tués ; elle n'a eu qu'un clteval blessé.
Une autre reconnaissance, composée d'infanterie et de spahis, a parcouru plus tard les mêmes points ; l'ennemi était revenu en forces à Nogent.
Le général Blanchard a fait exécuter une reconnaissance avec un bataillon du IS"" régiment de marche. Elle s'est avancée, par la route de Clamart, jusqu'au parc de Fleury et s'est approchée à environ 700 mètres du château de Meiidon ; aucun mouvement ne s'est produit dans le château; on n'a vu ni un homme, ni un canon sur la terrasse.
Le gouverneur est allé visiter le fort de Charenton, qu'il a trouvé dans les conditions de défense les plus remarquables. Rien de nouveau sur tous les autres points.
— ^27-2 ■ - Ordre du Gouverneur.
Il est de nolofiété i)ubli(|iie ([lie des hommes, des femmes, des enfants franchissent à toute heure les avant-postes au deh\ des forts.
Beaucoup de e.es individus se livrent, dans l'extrême banlieue, à la dévastation des maisons abandonnées.
D'autres pénètrent jusque dans les camps ennemis, où i's sont accueillis et où ils enlretieinient des relations criminelles.
Pour mettre un terme à de si graves désordres, les commandants des troupes ne laisseront franchir les lignes avancées qu'aux personnes munies d'un laissez-passer émanant du gouverneur de Paris ou du général chef d'état-major général.
Tout individu qui chercherait à se soustraire à l'exécution du présent ordre sera saisi, conduit à l'autorité militaire et déféré par elle à la Cour martiale.
Si malgrés les injonctions qui lui auraient été faites, il cherchait à fuir, les sentinelles de l'avancée feraient feu sur lui.
En assurant l'accomplissement rigoureux de ces prescriptions, les commandants des avant-postes ne perdront pas de vue qu'ils doivent protection aux courriers des agents diplomatiques et à toutes personnes munies d'un laissez-passer régulier.
GARDES NATIONALES
Ordre du commandant supérieur.
Gardes nationaux de la Seine, Un décret du Gouvernement de la défense nationale a paru hier pour fixer les bases de la discipline dans la garde nationale, qui forme maintenant une armée appelée au service de guerre. Par votre attitude énergique et par votre dévouement, au niveau de toutes les obligations les plus dures de la vie militaire, vous avez, depuis que la République a été fondée, donné l'exemple d'une armée de plus de trois cent mille citoyens conservant l'union et la paix dans son propre sein et dans la cité, sans que les chefs aient été contraints de punir.
Quelques actes isolés d'insubordination qu'ont déterminé la rapidité de l'organisation de vos bataillons et les ditlicullés du moment, ont été réprimés par vos propres efforts à la voix de vos cljots.
Mais pour conserver cette organisation si promptement formée, il ne faut pas y laisser pénétrer des germes de dissolution, il ne faut pas qu'au moment où vous avez à combattre, à repousser l'ennemi, vous ayez à détourner vos forces vers un autre but. Vous êtes une armée constituée pour la défense de la République française ; pour rester soldais et pour vaincre, il faut obéir aux ordres des chefs, aux lois du pays.
Le décret rendu hier par le Gouvernement de la défense nationale est la loi du i)ays, la loi de la garde nationale, la loi de Paris, cœur de la France!
Les républiques ne durent que ])ar le respect des lois. Paris, 28 septembre 1870.
L'état-major de la garde nationale vient de constituer un corps d'ingénieurs chargés de construire dans les neuf secteurs des abris casemates. Ce corps se compose de neuf ingénieurs principaux ayant chacun sous leurs ordres cinq ingénieurs, et placés sous la direction de M. Tresca.
Un crédit provisoire de 225,000 francs est ouvert pour cet objet par M. le ministre de l'intérieur après avis de M. le ministre des finances.
Cette somme devra être imputée sur le crédit de 50 millions alloué aux ministres de l'intérieur et de la guerre pour l'habillement et l'équipement des gardes nationales de France. (Loi du 12 août 1870.)
COMMUNICATIONS DIVERSES
L'intention du Gouvernement, souvent manifestée, est toujours de faire procéder, dans le plus bref délai possible, à toutes les élections, et notamment aux élections municipales de Paris. Dans ce but et afin que ces élections aient lieu dans les conditions de régularité indispensables, il importe de dresser im-
mcdiatemeut les listes clcptorales complL-meiUaires et de préparer les cartes d'électeurs. On sait qu'un li-ès-grand nombre de citoyens ont été, sous le régime déchu, omis des listes où ils avaient droit de iigurer. C'est pourquoi les articles l*"'' du décret du 14 septembre et 3 du décret du 18 septembre ont prescrit la formation des listes complémentaires.
En conséquence, les citoyens sont invités à présenter leurs réclamations aux mairies.
Les mairies de Paris et les mairies provisoires des communes rurales, dont les populations sont rentrées à Paris, recevront ces réclamations et y statueront, sauf le recours ordinaire devant le juge de paix. Des mesures sont prises pour que les justices de paix des cantons ruraux soient installées à proximité des mairies provisoires.
Les réclamations seront reçues jusqu'au jour qui sera indiqué dans le nouveau décret de convocation des électeurs.
La ville de Paris tout entière sous les armes otlre au pays le grand exemple d'une population que rien n'a pu entraîner au désordre. Mais l'esprit public qui a déjoué, sous ce rapport, l'espoir de l'ennemi, paraît céder à une lièvre de défiance qui a ses périls.
Devant de vaines apparences, et sous les prétextes les plus futiles, de véritables violations de domicile ont eu lieu et des sévices ont été exercés contre les personnes. Il est même arrivé que le drapeau de nations amies, notoirement sympathiques à la République française, n'a pu suffire à faire respecter les demeures qu'il protégeait, et que des officiers de la garde nationale ont méconnu leur devoir au point de compter parmi les fauteurs du désordre.
J'ordonne qu'une enquête soit ouverte à ce sujet, et je prescris l'arrestation des personnes qui seront reconnues coupables de ces graves abus. Le service de vigilance est organisé de manière à rendre vaines les intellii^ences que l'ennemi voudrait entretenir dans la place, et je rappelle à tous (ju'en dehors des cas prévus par la loi, le domicile des citoyens est inviolable.
De tels actes troublent la paix publique, al[eij,Mieiit tons les principes de justice et de droit, et sont conlraires aux plus chers intérêts, comme à la dignité des défenseurs de l'aris.
Le gouverneur de Paris,
Général Trochu.
Paris, le 28 septembre 1870.
La hausse considérable qui s'est produite sur le charbon de bois, par suite de sa raréfaction, a été l'objet de l'attention de l'autorité, et des mesures ont été prises pour remédier au plus tôt à cet état de choses.
Des bois provenant des coupes faites à Vincennes et au bois de Boulogne ont été transportés, parles soins de l'administration, dans les terrains vagues de Passy, où ils seront aussitôt transformés en charbon. De plus, l'autorisation nécessaire a été donnée à l'un des plus importants marchands de bois de la capitale, pour installer des charbonneries qui transformeront sans relâche une partie des bois emmagasinés par lui.
Le Gouvernement de la défense nationale :
Considérant qu'il importe de réorganiser l'administration de
l'Assistance publique à Paris et dans le département de la Seine
sur la base d'un contrôle sérieux, en restituant aux représentants
de la science et des intérêts municipaux leur légitime influence.
Décrète :
Art. 1". La direction générale de l'assistance publique est supprimée .
Ai't, "2. Le service des secours à domicile est exclusivement confié à l'autorité municipale.
Art. 3. Le service des hôpitaux et hospices civils constitue une administration distincte placée sous l'autorité d'un conseil d'administration qui prendra le titre de : Conseil général des hospices du département de la Seine.
Art. 4. Le conseil général des hospices a la direction des
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liôpitaiix et hospices civils du déparlement de la Seine ( t l'admiiiistratioii de leurs biens; il lixe, sousrapprol)ation du ministre, de l'intérieur, les receltes et dépenses de tous genres; il représente en justice les établissements hospitaliers; il a la tutelle des enfants trouvés, abandonnés et orphelins et la tutelle des aliénés; il règle, par des an êtes soumis à l'approbation du ministre de rintérieur, tout ce qui concerne le service des hospices et la gestion de leurs revenus.
Art. 5. Un agent général des hospices est chargé de l'exécution des arrêtés du conseil général.
Il est nommé par le ministre de l'intérieur sur une liste de présentation de trois candidats désignés par le conseil.
Art. 6. L'agent général nomme et révoque les employés simples gagistes. Tous les autres fonctionnaires sont nommés sur la présentation du conseil général.
Art. 7. Le conseil général des hospices nomme son président, deux vice-présidents et un secrétaire, à la majorité absolue des suffrages.
Art. 8. Le conseil général des hospices est ainsi composé :