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Napier sur certain général dont la destinée semblait être de perdre [mr les sièges la gloire qu'il avait acquise par les batailles, car il n'est pas siinisammcnt prouvé que les armées aient fait des elTorts décidérf pour réduire les places qu'elles ont assiégées jusqu'à présent. Dans beaucoup de cas, les chefs de l'armée allemande se sont contentés décerner ces places avec des troupes sufOsantes pour tenir les garnisons enfermées, et ils ont continué de marcher en avant.
Il est cependant certain que des forteresses ont été vigoureusement attaquées, et c'est un point fort important que les obstacles qu'elles ont présentés au facile transport des hommes et du matériel soient écartés; il n'est pas moins remarquable qu'aucune d'elles n'a été prise.
Strasbourg et Bitche, Toul et Phalsbourg, Metz et Verdun, sans parler des autres places, ne sont toujours pas prises, et l'on ne peut supposer que, excepté Metz, elles aient été abondamment pourvues de garnisons, d'approvisionnements et de munitions, ni que leurs fortifications aient été munies des modèles perfectionnés de l'artillerie moderne. Le fait que personne ne croyait à une invasion de la France, rapprocha' du manque évident de préparatifs pour les armées qui ont tenu la campagne, nous permet de supposer que la plupart de ces forteresses ont été assiégées sans qu'on ait préalablement pourvu à leur défense ; en dépit de ce désavantage, elles ont toutes tenu bon. Cette réflexiuii doit nécessairement moditier l'espérance d'une réduction immédiate de Paris,
L'énergie avec laquelle le siège sera soutenu dépassera de beaucoup, on peut s'y attendre, celle qui a été déployée à Strasbourg; d'uu aulre côté, Paris a eu pour sa défense le temps qui a manqué à Strasbourg. La paix conclue dès à présent, avant que le siège ne commence, épai'gnerait aux habitants de longues souffrances, et préserverait la ville elle-même de déplorables ravages; en même temps les Allemands s'épargneraient une entreprise aussi coûteuse que difilcile, même quand l'issue serait moralement aussi incertaine que nous avouons qu'elle l'est a nos yeux.
M. Thiers arrivera aujourd'hui parmi nous, et nous n'avons pas besoin de dire que le peuple anglais accueillera sa venue avec les vœux les plus bienveillants. Nous exprimions hier le regret que M. Thiers eût refusé de faire partie du gouvernement provisoire ; mais son empressement à lui prêter son concours en qualité de négociateur au dehors montre qu'il a passé par-dessus les légers scrupules qu'il ressejitait la semaine dernière et qu'il est prêt de risquer l'impopularité pour servir son pays.
il. Thiers vient ici par suite d'informations reçues pav le ministère provisoire, et il n'est pas téméraire de conclure qu'il est autorisé à exprimer les vues du gouvernement sur les conditions de la paix, et que celui-ci croit avoir raison de penser que ses vues peuvent être ac-
ceptées connue base de négociations pratiques. Il serait superflu de présumer la nature des stipulations auxquelles il serait prêt à accéder; mais une opinion gagne du li'rrain : c'est que la France consentirait a cette alternative : démantèlement de Metz et de Strasbourg, comme clic consentit à ce que les fortifications de Dunkerque fussent rasées après les traités d'Utrecht et de Paris, ou bien l'occupation de ces deux place» par les troupes allemandes pendant un certain temps, de la même manière que certaines forteresses françaises furent occupées pendant trois ans après 1815.
Quelles que soient les instructions que M. Thiers ait rerues, on peu librement affirmer une chose : s'il vient avec l'autorisation de proposer des conditions de paix telles que notre gouvernement pense qu'elle^ pourraient être recommandées instamment k l'acceptation de l'Alleuiagne, aucun eifort ne sera épargné pour persuader au roi victorieux «l à ses conseillers de s'arrêter dans leur carrière triomphale et de consentir à la négociation d'une paix juste et durable.