I. Président du Parlement de Rennes
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! Estant doncques arrivez à MeauxletxxuiP du mesme, ilz trouvèrent lu duc ide Parme :qui qmatre heures auparavànt.y estoit ^itré^ Et fut incontinent le susdict Cardinal yisité -par Sba Ahesse, sans qu'en cette visite ii\- (tervinsaent autres propoz que de complu irnebsiet gcatieux entretien^ Timportant de tHaâSaire. se)debyant traicter en présence de Monsieur de; Lîôn^ • jm
Cofïiraé: de faîct s:'^stant le mesme jour assemblez^ ils proposèrent à Son Altesse des/trois poincts, assavoir : Taccord général, âa I ^s|)ensiûn .< d'armes i et le .ratitailteiQecd: dfMPams. A quoy il feitJ responce qup.o'es*' tok, perdre temps de » iay ■ proposer ;axilcun Ipaict^rd'accord avec Théirétique; àstant eiï- "s^ùyé î de la < part ^ du Rioy Catholique ' son snaéstOQ .^xi . sieoours .des .Catholiqiuefi' - de Sveasce^i à^ i^extermimafiom de rhérézie^ et die^fencci de ; la religion cathc^liquci. ■• Et qixoy qlu'il ifust encores envoyé pour Sjecourir la ville- de .PaWs, et luy despleust* infiniment d'^eatéHjdr^ isa nécessité^ il confessoit ;t<^utesfois;n1estne eni estât. de luy pouvoir doil* mer isrecouFSiatipaiîavaïit que toutes ^sei fov;*
ces /fusseat arrivées: Que si elle pou'iroit tenir jusques là, il prometoit ' bien avetques Faide de Dieu de la secourir. Quie' si ce pendant on s'î mouroit en tel nonubre qu'on- iuy faisoit entendre, il en estoit desfplaisant jtisques «n Fâmey mais asseuré en sa conscience que cetei ne proceddoit delà ité^gence du Roy »son maistre^ nyidelà sienne. Ains que Tun et Vsatte'avokxi^ de toute diligence possible :- Sa Majesté à ordonner du secoues tout: incotitinant après Tadvis dé la bataille dîlvry^ ethiy de Ba- part à le préparer- et conduire/ |enpliaè {«•omptement que: les diverses éccmréhoé^ et la qualité. de. Taffiaiiie avoient '^u ipèrimettre. U ne pou^dit faire anltre responce^ sinon que s^ilne pouvoit^ecouriricefat miUc babitamsvaumoinsisecouroitilles Donaaxte cinq ou nonantje mille qui restôiioieiîbffi!n;>vîè à somûrrivéei Et.quandab faktjdujcoi^siibaJL lément^ qu'il s'en rapportait du tout îàulpi prudence de MonseigneUit de Ma'yenhe. i ' / Cette responce ayant osté toute espérancb de traioté ou négotiatîon de paix^, fut cause que le Cardinal de )Qondj , laissaint^ Mon-»
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sieur de Lion auprès de Monseigneur de Mayenne, qui trouva fort bonne la résolution de Monsieur de Nemours , il s'en retourna le XXV® du mesme, accompagné dudict sieur Vêtus, pardevers Tennemy, auquel il feit entendre la responce jà mentionnée, ensemble la résolution de Monseigneur de Mayenne^ qui donna fin au pourparler de raccord et suspension d'armes mise en avant comme dict est.
Et ce fut lors que Fennemy se retournant pardevers ledict sieur Vêtus : « Et quoy, « dict il, vous autres donques aimez mieux « estre espagnolz que bons françois, ny « qu'avoir un roy bon françois. » Et comme ledict sieur luy eust respondu :
« C'est vous qui en estes cause, ne voulant « vous conformer à la religion catholique, « apostolique et romaine, » il réplica avec beaucoup d'altération : « Ce n'est pas de « vous que j'en. veux prendre conseil, mais « de la ville. »
Ce pendant, le Cardinal de Gondy ayant apris des parisiens qui estoient à Saint Denis, le progrès et accroissement des misères
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de la ville, qui à la vérité causoient grand horreur à quiconque en estoit le spectateur S et cognoissant que désormais il ne pouvoit plus y apporter aucune ayde ny remède, il prit congé de Tenneniy le mesme jour, et se retira en sa maison de Noisy, renvoyant le sieur Vêtus pour rendre compté à Monsei-
I. (( Le 24 août, le septier de bled fust vendu à Paris « cent escus. Ma chambrière m'acheta quatre œufs un u escu, le beurre au prix de deux escus la livre, qui u fust vendu le lendemain six francs et demi, et jusu ques à sept francs.* Le jeudi de devant, elle me fist « manger de la chair de cheval, qui passa en guise de ((' vache, n'en aiant rien seu que huict jours après, et ne « m'en estant point trouvé mal, Dieu merci. » (Les^ toilcy 24 août.)
« Et beaucoup de ceux qui n'avoyent de quoy achep- « ter mouroyent par les rues, eis'en trouvoit quelques (( matinées cent, cent cinquante, et quelques fois jus- (( ques à deux cens de morts de faim par les rues. Et de « compte faict, il se trouve qu'en trois mois il est bien « mort trèze mil personnes de faim. » {Corneio^ p. 46.)
Il a mourut de faim en la ville, tant grands que pe- « tits, trente mille personnes de compte faict. )y(Traité des misères^ p. 3 12.)
« On ne pouvoit trouver autre chose ^ar la ville que a corps morts. A peine pouvoit on fournir jour et nuit « à les charrier pour lès enlever, » (Traité des misères, p. 309.)
gneur le Légat, aux princes, princesses et à la ville de tout ce qui s'estoit passé.
Or. comme il ne fust de retour à Paris ' plustost que le xxix® dudict mois, ayant esté • industrieusement retenu par Tennemy^ et que ce pendant les câlamitez et mortalité * de toutes sortes de personnes s'augmentassent de jour à autre, la pluspart du pauvre menu peuple estant réduîctz à ne manger que des feuilles de vigne qu'ilz faisoient cuire avec Teau et le sel, il seroit impossible représenter la moindre partie de Textrême afHife^dott en laquelle se trouvoient toutes sortes de personnes sans àulcûne exception ^ Et notamment parce qu'il ne se trou-
r. *« La chair e3;toic fort chère, à cause de la grande « .Quantité de' chevaux et mulets que l-on y avoh man- (( gé, comme de deux mil chevaux et huict ceils asneâ « que mollets. Et les pauvreaf mangeoyent des ChiehSj tt dès <]îhats, des Rats, des fùéilles de rigne, et autres « herbes qu'ils trouvoyent, encore estoyent ils fort « èhers. Entre autres, le gardien des Cordeliers m'a « asseuré qu'en trois semaines on n'avoit pas mangé en a Son converit un morceau de pain, et qu'ils n*aroyent* « qtt'otf peu de ces herbes que nous avons dict, et de « ces bouillies fàictes de sond'aVôinè.», .;. Voilà don(^
voit moien quelconque de recevoir quelque adviz soit de radvanceraent du duc de^:
Parme, soit de ce que les depputez ppuvoient avoir négotié^ tant exactement es-r , toient gardez les passages et. advenues par Tennemy. Et quoy que de plusiei^s endroictz on receust adviz que, pour Tasseuré, • Son Altesse estoit entrée en France le uiji-^.. ziesmç dudict moÎ3> à Soissons le xvij®, et finalement à Meaulx le xxiij® du mesme, si . est qu'on sçavoit bien aussy que toutes ses forces n'estoient encpres joinctes.
Qui plus est, Monseigneur le Légat ayoîjt lettres du xxiiij® de la part du siqur .pigrrp, Gajetain son nepveu dont a psté faict pieii- ;
« Testât de ceste louable ville tant presaée de faim que u noQ seulement, les pauvres se mouroyent^ .niaiç. 9U}& , u plus grandes maisons et plus riches^ comme celles de (( Monsieur le Légat, de l'Ambassadeur ;d[Esps^^^ ^e§ a Prlaceset Princesses. Chaque jour les Qentils. hpm* (( mes n^y mangeoyeût que six onces de pain, et en la « plus part des autres maisons, on iie pouvoi; quasi « rien donner aux serviteurs, et tout ^e menu peuple « eoduroit la mesme nécessité. »(Carne}0, p^ 45 et 46.) Voyiez encçyre le récit du président de Thou^ lib, XÇI?C, , animée 1 5gQi ?t Pi^d/eKa* p, ,87 • ...;;,; ' .
tion cy dessus, par lesquelles il luy faisoit entendre en confiance, que de dix bons jours la ville ne pourroit encore estre secourue. Son Altesse n'estant résolue de marcher qu'elle ne veist toutes ses forces joinctes avec son artillerie. Cette lettre fut tenue fort secrette, pour n'accroistre davantage Taffliction du pauvre peuple, parmy lequel courroit alors un bruit semé par l'artifice des Politiques, que toutes les forces que Tennemy attendoit Tavoient joint, et se pouvoîent monter jusques à vingt mil hommes de pied et six mille chevaux : que sa résolution estoit de combatre les ducs de Parme et de Mayenne auparavant que le reste de leurs forces fust arrivé, tenant néantmoings la ville tousjours assiégée, devant laquelle il laisseroit à cest effet les douze cens Gascons de Châtillon et quelques françois de ceux qui y estoient jusques au nombre de trois mil et cinq cens hommes.
Henri cherche à se concilier le duc de Nemours. — L'ennemi abandonne les faubourgs de la ville, et y laisse son bagage et ses provisions. ^ Abaissement subit du prix des vivres. — Réjouissances, prédications et processions dans Paris. — Le duc de Parme entreprend dé réduire Henri sans combattre. — L'ennemi s'empare d'un convoi de vivres expédié pour la ville. — Le duc de Mayenne prend Lagny. — La disette se fait de nouveau sentir dans Paris.
AiNSY le pauvre peuple, se voyant au milieu d'une extrême calamité, balançoit entre l'espérance et la crainte du succez d'une bataille. Et par ce moyen réduict à tel poinct qu'il n'auroit sceu discerner, quand bien il auroît eu envie de ce
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faire, quelle résolution il debvoit prendre, f]iy:à.quiil se. fust peu rendre pour son plus gr£|nd.bien ou plustost pour son moindre mal : voicy que l'ennemy envoyé au duc de Nemours par un trompette exprès une sienne lettre du xxvj® dudict mois, escripte de sa' propre main, par laquelle le flattant et poignant en mesme instant, il taschoit à le persuader qu'il eust à luy rendre la ville, y employant et les promesses et les menaces*.
I . Voici cette lettre, qui figure dans le recueil pu* blié par M. Xavier de Xivrey. Elle y est datée « vers le 20 juillet. ))
tt Mon cousin, Vous avés faict assez paroistre vostre a valeur et générosité en la défense de Paris jusqu'icy. « Mais de vous opiniastrer davantage sous une vaine « attente de secours, il n'y a aulcune apparence. Et si u vous me contraignes de tenter la force, vous pouvés u penser qu'il ne sera lors en ma puissance d'èmpes- « cher qu'elle ne soit pillée et saccagée. Ençor quand a le secours qile vous attendes viendroit, vous scavés « qu'il ne peut passer jusques à vous sans une bataille, « laquelle, devant que me donner ny présenter, vostre « frère se souviendra de la dernière. Et quand bien « Dieii me défavoriseroit tant pour mes péchez que je « la perdisse, vostre condition seroit encore pire, pour « n'avoir voulu recognoistre vostre Roy légitime et l( naturel, de tomber sous le jovig et domination jdcÉ
Escrivant aussy par mesme moyen à Madame de Nemours*, sa nièce, le vouloir exciter à ce faire et à estre plus sage pour Tadvenir qu'il ne Tavoit esté par le passé.
Ces lettres estoient accompagnées de celles du sieur de Bellegarde par lesquelles , faisant profession d'estre bien serviteur de môndict sieur de Nemours, il Texhortoit de vouloir entendre à ce qui luy estoit proposé. Le duc de Nemours ne faillit de communiquer incontinant à Monseigneur le Légat le contenu desdictes lettres, ensemble la responce qu'il faisoit à Bellegarde. Assavoir qu'il le prioit le vouloir excuser envers
u Espagnols, les plus fiera et les plus cruels du monde; (c Partant, je vous prie de vous souvenir de ce qui s'est u passé, et jeter les yeux sur ce qui peut avenir, et me a recognoistre pour tel que debvés.
« Vostrcbon roy et bon amy. (Signé) Henrt. »
(Lettres de Henri IV, tome III, p. 226.) Corneio donne également cette lettre, mais sans lui fixer de date, Voy. p. 44.
I . Mère du duc de Nemours et veuve de François de Guise. Elle était, suivant de Thou, d'un caractère doux et pacifique, et passait pour favoriser en secret le parti du roi , espérant marier son fils avec la sôbur d'Henri.
Henry de Bourbon, sonmaistre, de ce qu'il ne faisoit responce à ses lettres ; cela ne procédant d'ailleurs sinon que ne se pouvant autrement revancher de l'honneur qu'il luy avoit faict par ses lettres, au moins ^ ne luy vouloit il. donner suject de mescontentement, comme il feroit ne l'honnorant des tiltres et qualitez qu'il prétendoit. Luy dire au reste que la ville luy ayant esté mise entre les mains par Monseigneur le duc de Mayenne son frère, le debvoir de chevalier l'obligeoit à la luy conserver, ce qu'il s'efforceroit de faire, estant bien marry que sa religion ne lui permist de lui faire très humble service. Responce vrayement digne de la prudence et modestie de ce prince , qui apporta un merveilleux contentement à tous ceux à qui elle fut communiquée.
Et ce qui augmenta encores grandement le courage de ce pauvre peuple fust que, par le retour dudict sieur Vêtus, il apprit que les forces de l'ennemy n'estoient telles qu'on en faisoit courir le bruit*. Et que, si
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