‹ Journal du siège de Paris en 1590Chapitre 53 sur 115 · Voy. Sauvai, Recherches sur Paris, t. I, p. i · texte numérisé non relu

Voy. Sauvai, Recherches sur Paris, t. I, p. i

INTRODUCTION. 6l

Pour concevoir une idée de la frayeur qu'inspiraient ces misérables, il faut lire les ordonnances rendues à leur sujet par le roi et le prévôt. Il était défendu d'avoir plus d'une porte à sa maison, et on ne devait jamais laisser celle-ci inhabitée. Dans chaque rue, il y avait deux hommes aux aguets qui, au premier signal , sonnaient une cloche jusqu'à ce que les cloches voisines eussent répondu. Toutes les fenêtres alors s'illuminaient, on sortait en foule et on poursuivait les malfaiteurs*. Lestoile raconte que deux Espagnols ayant été pendus pour avoir volé des femmes, leurs compatriotes « murmuroient fort, disans que si pour voler on dèvoit pendre les gens, qu'il falloit faire pendre la moictié de la ville de Paris, et qu'il falloit bien qu'on leur en voulût d'ailleurs*. » Lestoile écrit encore, en 1 696 : « Une autre sorte de maladie régnoit en ce temps à Paris, qui estoit une volerie comme publique, principalement des maisons laissées ; car on n'oiioit parler d'autre chose, toutes les nuits, que de maisons volées^. » Et le 24 janvier 1604 : « Ce jour, un de ces tireurs de laine de Paris, dont la ville est remplie,

1. Voy. le règlement du 29 octobre z558 contre les vols de nuit, dans Félibien, t. IV, preuves, p. 784.

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