‹ Journal du siège de Paris en 1590Chapitre 54 sur 115 · Journal du règne de HenrilV, 23 août · texte numérisé non relu

Journal du règne de HenrilV, 23 août

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fut pendu au bout du pont Saint-Michel. » Ces malfaiteurs, qui sortaient le soir de leur repaire, étaient divisés en compagnies dont chacune avait sa spécialité et son nom : les GuilleriSy les -P/«mets^ les Grisons^ les Tire-laine^ les Tire-soie, les Tire-chapes, les Mauvais- garçons^ etc., etc. Le matin, on entendait les habitants de chaque quartier causer des vols, des guet-àpens, des meurtres commis la nuit précédente. Les bourgeois ne se croyaient.en sûreté que dans leurs maisons, et encore n'y étaient-ils pas toujours à Pabri. En i6o5, des voleurs qu'on nommait Barbets^ entraient en plein jour dans les logements, « sous couleur d'affaires » ; puis ils contraignaient, le poignard sur la gorge, les habitants à leur livrer des sommes de cent ou deux cents écus d'or. Plusieurs magistrats furent ainsi dépouillés. « Chose étrange, ajoute Lestoile, que dans une ville de Paris se commettent avec impunité des voleries et brigandages, tout ainsi que dans une pleine forest *. »

L'impunité toutefois n'était pas générale, car chaque jour on exposait, on fustigeait, on essorillait, on estrapadait, on pendait, on décapitait j on étranglait, on brûlait, on rouait ou Ton écartelait quelques malfaiteurs. Les faux-monnayeurs étaient menés au marché aux pourceaux et'bouil-

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lis dans l^huiie. Les bûchers étaient plus spéda* lement réservés aux luthériens; parfois, avant de les brûler, on leur coupait le poing*, et on les soumettait à la torture, c'est ce qui faisait écrire alors à Rabelais : « Brûlez, tenaillez, cisaillez, noyez, pendez, empalez, espaultrez, démembrez, excuterez, crucifiez, bouillez, escarbouillez, découpez, fricassez, grillez, tronçonnez, écartelez, déhinquandez, carbonadez ces meschants hérétiques. » La décapitation était assez rare, et en général réservée aux gentilhommes. Eni523, un bandit, nommé Guillaume de Montelon, fut décapité, puis écartelé après avoir eu les deux poings coupés, Tun au palais, Pautre devant Notre-Dame*. Le supplice de la roue était aboli depuis plus d'un siècle, quand un édit de janvier 1 534 le rétablit pour les voleurs de grand chemin, à la sollicitation de Nantouillet, fils du chancelier du Prat, qui avait été dangereusement blessé par eux'» L'édit décrit ainsi cet affreux supplice : o..« Seront punis en la manière qui s'ensuit : c'est à sçavoir, les bras leur seront brisez et rompus en deux endroits, tant haut que bas, avec les reins, jambes et cuisses, et mis

I • Voy* Journal cTun bourgeois de Pafis sous François /•', p. 445.

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