Lanières pour feire des raquettes
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en était la cause. L'un de ceux qui composaient la bande de Letter Carrier avait épousé une sœur du jeune chef qui avait été infornié que ceux-ci l'avaient tuée. Pour la mort de sa sœur le chef réclama des perles qui lui furent refusées, puis une parole injurieuse ayant été i)rononcée à son égard, il fonça hardiment sur la bande le couteau à la main et sans notre intervention il aurait été mis en pièces. Quelques mots d'explication de la part d'un sauvage chasseur qui connaissait ce qui s'était ])assô. eut }>our effet de les apaiser, car la femme n'avait pas été tuée, mais son canot avait chaviré en traversant la rivière et elle s'était noyée. Letter Carrier fit présent d'un gros harpon, évaluée à dix peaux, au frère de la défunte et à ce prix-là l'amitié fut préservée. Ils ont passé ici quatre jours durant lesquels arriva ime bande de sauvages Yoiicon et nous avons été témoins de leurs grandes danses et d'évolutions gymnastiques de la part des deux bandes; danses, chants, sauts, luttes, cris et hurlements, tout fut déployé et je n'ai jamais vu ni entendu rien de semblable.^ Ils continuent toujours ce vacarme durant toute la nuit et ce qui d'abord nous avait amusé finit par nous fatiguer parce que ce bruit nous empêchait de dormir; les hommes me sollicitèrent de le faire cesser, mais je ne voulus pas faire part de leur désir aux sauvages de peur de les offenser. Ces gens croyaient nous donner un bien grand témoignage d'estime en s'amusant ainsi dans notre camp et ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas joui d'un tel bonheur depuis plusieurs années. Leur départ nous a causé une véritable joie et nous avons joui de la paix et de la tranquillité pendant plusieurs jours. I^ous n'avons pas vu d'autres sauvages Rat (nom donné aux hommes des lacs à la rivière Peel) avant le commencement du mois d'août alors qu'il en est arrivé six dont deux appartenaient à la bande de " Grand Blanc ". Ils avaient apporté quelques peaux de martes et de castors et une grande quantité de peaux de rats bien qu'ils n'ignoras>ent pas que ces dernières ne seraient pas acceptées ici. Ces sauvages avaient contracté des dettes à la rivière Peel qu'ils n'avaient pas l'intention de payer et ils s'attendaient à nous vendre tout ce qu'ils avaient apporté.
1. Ce que Murray dit ici et ailleurs dans sa narration au sujet des manières et des coutumes des sauvagres Youcon ou Kutcliin, peut être comparé au chap, xii dans Arctic Searching Expedition, de Richardson. Richardson puisa largement dans le journal et les lettres de Murray pour sa description des Kutclnn.
JOUUXAi, j)i; viKox ()5
(Jomme je ne voulais pas encourager aucun des sauvages à discontinuer de trafiquer à la rivière Peel, surtout ceux qui se trouvaient plus rapprochés de cet endroit que d'ici, j'ai refusé d'acheter leurs peaux de rats musqués, parce qu'il y avait une plus grande quantité d'autres fourrures dans cette région que je n'avais de marchandises pour les acquérir. Ce refus les mécontenta beaucoup et deux d'entre eux lancèrent quarante peaux (480 rats) [sic] dans le feu, mais le lendemain ils regrettèrent leur promptitude. J'ai donné à crédit une certaine quantité de munitions à chacun d'eux et je leur ai dit que leurs peaux de rats ne seraient payées que le printemps prochain s'il restait des marchandises et que si nous n'étions pas en état de leur en remettre la valeur, vu qu'ils les avaient apportés de bien loin, nous les transporterions en bateau durant l'été au poste Lapier où ils pourront les réclamer quand ils se rendront à la rivière Peel. Je ne sais pas si vous m'approuverez d'avoir refusé d'acheter ces peaux de rats ou si vous me blâmerez vu que ce trafic est très encouragé à la rivière Peel, mais vous m'avez envoyé ici pour trafiquer avec les sauvages du Youcon et non avec ceux qui se rendent habituellement à la rivière Peel, " and 30% or taking martens at their real value, 60% is surely better than 6% ". Je doute que la Compagnie de la baie d'Hudson puisse réaliser un profit de quelques dimes sur le rat musqué expédié du Youcon en Angleterre. Letter Carrier est venu nous voir de nouveau avec neuf de ses compagnons, vers la fin du mois d'août; il a apporté quelques bonnes fourrures et une ^ quantité assez considérable de viande séchée très maigre et il a renouvelé sa promesse de nous fournir des vivres après son voyage à la rivière Peel où il avait une dette à payer. Une lettre reçue de M. Perrs^ m'informe qu'il s'est rendu à cet endroit et qu'il a soldé son compte; il a toujours tenu ses promesses et personne ne s'est efforcé plus que lui de nous être utile en parlant favorablement de nous. Il jouit à un très haut degré du respect de toute la bande sur laquelle nous devons compter pour obtenir des provisions et j'ai jugé à propos de lui faire présent de l'habit de chef qu'il s'attendait bien un peu de recevoir et qui lui a causé une grande joie. Après s'en être revêtu il prononça devant ses compagnons et les autres rassemblés un Ions'