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ilisL'oiirs dans lequel il lit notre éloge mais surtout le sieii. Quelques-uns des "Kootcha-Koochin"', dit-il, ont refusé jusqu'à présent de nie reconnaître comme un grand chef et de croire ce que je leur disais des hlaui-s, mais aujourd'hui ils se rendent compte que je suis considéré comme le plus grand chef de la région. Les blancs n'avaient seulement qu'un bel habit et ils m'ont jugé plus digne que tout autre de le recevoir; ils seront récompensés pour ni'avoir fait un tel cadeau et si je ne leur apporte pas d'excellente viande et des oies quand viendra le jtrintemps, c'est parce qu'il n'v aura plus de caribous dans les montagnes et alors je ne me croirai plus dig-ne de revoir jamais un blanc, etc., etc. Lui et ses compagnons étaient très joyeux lorsqu'ils nous ont quittés le lendemain après avoir juré que leur amitié serait éternelle.
LTne bande considérable des Gens-du-fou est arrivée dans les premiers jours du mois d'août. î^ous avions été informés de la mort soudaine de leur chef que j'ai rencontré au poste Lapier; celui-ci était un jeune homme qui avait un grand ascendant sur la nation et il était rumeur parmi ces sauvages que sa mort était imputée aux " Kootcha-Kootchin " et à notre présence ici. î^ous aperçûmes avant le déjeûner une grande quantité de canots qui se détachaient des îles éloignées en amont et bien qu'il n'y eût pas de sauvages avec nous en ce moment, nous savions tous qu'il s'agissait des Gens-du-fou. Comme nos sauvages nous avaient maintes fois avertis d'être sur nos gardes lorsque cette bande arriverait, l'émotion fut gTande parmi les hommes dont quelques-uns qui comptent parmi les plus vieux routiers, sont les plus grands poltrons que j'aie encore vus; ce sont ceux que l'on croirait les plus braves de la terre, à les entendre parler quand rien ne les menace. Tous les canots (il y en avait vingt-cinq) maintenant rapprochés glissaient le long de la rive à cause du gonflement de la rivière, puis sans faire de bruit et sans faire entendre de chants, contrairement à la cou-
1. Eichardson écrit Kiitcha-kutclu. tandis caie Dali écrit Kutchakutchin. Petroff dit que les Yunakhotana et les Kutchakutchin qui forment la tribu des Yukonikhctana habitent la région qui s'étend à l'ouest des bords de la rivière Youcon jusqu'à Xulato. Ils sont moins nomades que leurs voisins de l'est, mais ils ne sonf pas nombreux. Leurs habitations sont construites avec des troncs d'arbres e^ couvertes avec de Técorce. Leurs accoutrements d'été sont fabriqués avec des peaux d'élans tannées et des ptaux de caribous, tandis que ceux qu'ils portent en hiver sont fabriqués avec des penux de caribous, do loups et de renards. Le nom Je leur tribu signifie " liommes du Yukon ".
tume, ces sauvages débarquèrent un peu au-dessus de notre campement et se rassemblèrent en silence sur la rive. Je m'avançai à leur rencontre et présentai à chacun le gage ordinaire d'amitié, un petit morceau de tabac, après quoi je leur exprimai ma joie de les voir ici. Mais aussitôt que je m'avançai d'un cr)té, ils s'élancèrent à toute vitesse vers l'extrémité du campement et de là s'en retournèrent en criant et en hurlant à l'endroit oii ils étaient débarqués, puis ils se formèrent immédiatement en demicercle et dansèrent avec entrain pendant quelques minutes en s'accompagnant de leurs primitives chansons. Leurs habits graisseux ornés de perles et de babioles en cuivre et leurs longs cheveux tressés flottant dans la brise leur donnaient une apparence aussi extraordinaire que sauvage. Ces gens-là avaient des pipes particulières fabriquées avec du fer-blanc ou de la tôle qu'ils avaient obtenus des Russes; plus de la moitié n'avaient rien apporté pour échanger et les autres n'avaient que six peaux de martes de bonne qualité mais mal préparées, quelques peaux d'élans et de caribous et une centaine d'oies qu'ils avaient tuées avec leurs flèches en descendant la rivière. Les échanges se firent plus facilement que je ne m'y attendais, mais la plus grande partie de la journée se passa en pourparlers car il fallait leur donner des explications à tout propos. Ils parurent satisfaits de nos prix, mais ils s'opposèrent fortement à notre mesure de poudre qu'ils trouvaient trop petite et prétendirent que leurs blancs (les Russes) leur en donnait une quantité beaucoup plus considérable. Je me suis entretenu avec eux durant la soii'ée; il a été question surtout du trafic qu'ils faisaient avec les Russes sur la côte et je n'ai pas parlé de ces derniers très favorablement. J'ai démontré la supériorité de no? niarehaudises et notre manière équitable de trafiquer et j'ai fait tous mes efforts pour les encourager à venir ici avec leurs fourrures et leurs provisions. Je leur ai exprimé tout le chagrin que m'avait causé la mort de leur chef et j'ai présenté au frère de celui-ci, qui paraissait exercer l'autorité, un pied de tabac ponr fumer >uv l'herbe. Ce témoignage de respect envers l'illustre défunt a paru faire une impression favorable sur eux et le frère du chef décédé a dit qu'il nous considérait maintenant comme des amis, mais le lendemain quelques-uns de ses compagnons ont parlé d'irne manière différente aux sauvages. Le jour suivant, après le départ des hommes pour le travail, plusieurs des Gens-du-fou se
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nioiitivrent tivs iiai)ei-tineiits ; ils s'emparaient de tout ce qu'ils voyaient et denuuulaieiit qu'on le leur donnât, l'un désirait avoir l'hernùnette des charpentiers, l'autre voulait le câble qui servait à remorquer, etc., et bien qu'il leur fût enjoint de ne pas entrer dans le bâtiment oii se trouvaient les marchandises, deux d'entre eux franchirent la petite barricade au moment où j'avais le dos tourné et examinait le fusil chargé que j'avais dans ma tente. Il leur fut ordonné de sortir, mais comme ils refusèrent, j'en poussai un dehors par les épaules et l'autre jugea à propos de déguerpir aussi vite que possible. Ils demandèrent ensuite qu'on leur vendît à crédit des fusils, des perles et des haches qu'ils auraient payés durant l'automne, mais je leur répondis que nous n'avions que quelques articles de ce genre cette année et que d'ailleurs nous n'en donnions à crédit qu'à des gens que nous connaissions bien. Les Russes, dirent-ils, nous ont traités de la sorte ; une fois, ils ne voulaient pas nous donner ce que nous leur demandions, mais depuis que nous avons tué un certain nombre de leurs gens et pillé un de leurs forts sur la côte, ils ne nous refusent plus rien. J'avais été informé auparavant qu'en effet ils avaient assassiné quelques Russes à un petit avant-poste et l'aveu qu'ils venaient de faire à ce sujet en ma présence me parut une audacieuse menace. Il leur fut déclaré qu'une tentative de ce genre ici n'aurait pas le même résultat, que nous appartenions à un autre peuple que les Russes, qu'il n'était pas aussi facile de nous effrayer parce que nous étions armés de fusils que nous avions apportés pour nous défendre contre des ennemis, que nous n'avions pas l'intention de donner nos marchandises sans rien recevoir, mais qu'ils recevraient la valeur complète de ce qu'ils apporteraient et que s'ils venaient comme amis ils seraient bien traités. Il eurent recours à quelques autres échappatoires puis se déclarèrent nos amis, mais ils maintinrent qu'ils pouvaient obtenir des Russes plusieurs articles à meilleur marché qu'ici. Deux d'entre eux appartenaient à une bande appelée " IsTaheiy "^ qui occupait la région située près des
1. Les Nehannees de Dali. Petroff dit que les Nehannes, Tutchonekutchin et les autres bandes qui vivent dans le haut de la rivière Yukon, entre la frontière et le fort Yucon, appartiennent à la tribu Han-kutchin. Les traiteurs, dit-il, les connaissent comme f/ens des faux. Dawson dit que les gens de la Compagnie de la baie d'Hudson ont donné le nom de Nahanie ou Naliannie à un groupe de tribus qui se trouvaient dans 'e haut du Yuoon.
sources de la rivière Grand ;^ nn autre appartenait à la baude d'en haut des '" Gens-du-fou " et ce dernier qui avait visité la rivière Peely^ me fit une description très claire de la partie supérieure de cette rivière et de la région environnante. La journée se termina comme à l'ordinaire ])ar une grande danse à lacjucllo le frère du cli(;f ne prit pas part; pendant que les autres dansaient et chantaient il s'éloigna pour pleurer amèrement la mort de son frère. Lorsque son monde se fut retiré dans les huttes, .voyant que l'interprète et moi faisions le guet, le frère du chef s'avança vers nous et nous dit que nous pouvions aller dormir, (pie quelques-uns de ses jeunes gens n'avaient pas bien parlé, mais qu'ils ne nous voulaient pas de mal, qu'ils étaient nos amis et qu'il les amènerait tous passer la nuit avec lui loin de notre campement. Il lui fut répondu que nous n'appréhendions aucun danger de leur part, mais que c'était notre habitude de toujours faire le guet durant la nuit jusqu'à ce que notre fort soit terminé. Ils partirent calmes et paisibles le matin suivant et promirent de revenir durant l'automne s'ils faisaient une bonne chasse, sinon que nous ne les reverrions pas avant le printemps à leur retour des montagnes. Plusieurs rôdeurs de cette bande vinrent nous visiter de temps à autre avant l'automne et apportèrent de la viande fraîche et des peaux de cerfs qu'ils échangèrent généralement contre des munitions et du tabac, mais nous avons toujours trouvé ces sauvages-là plus importuns et plus difficiles à satisfaire que ceux d'ici. A l'exception de l'un des chasseurs à l'emploi des Russes, il n'est venu comme étranger durant l'au-. tomne que quatre sauvages de la bande " Ney-et-se-Kootchin ",' bande qui compte environ quarante hommes et qui habite une région située au nord d'ici près de la mer polaire. Ces quatre étrangers arrivèrent en compagnie de deux sauvages de la bande d'en haut; l'un d'eux avait un fusil et le peu de viande qu'ils avaient fut échangé contre des munitions. Ils nous dirent que la plupart des leurs viendraient probablement nous visiter au cours du printemps avant la disparition de la neige. II fut
1. Il s'agit évidemment de la rivière que Miirray appelle ailleurs Gravel. Il est probable que Grand est: une erreur commise dans la transcription du manuscrit.