‹ Journal du Yukon, 1847-1848Chapitre 17 sur 38 · Eivière Peely ou Pelly · texte numérisé non relu

Eivière Peely ou Pelly

3. Appelés Neyetsé-kutchi, par Richardson, et Natsit-kutchin, par Petroff. 5rurray les appelle ailleurs gens du large.

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facile (.le s'enteiulrc avec eux et ils acceptèrent tout ce que nous leur avons offert.

Je viens d'cnuuu'rcr les principales visites que nous avons reçues durant l'été et Tautonnie afin de vous démontrer comment nous avons été accueillis par les diverses bandes et comment nous les avons traitées. Il s'est passé peu de jours sans que quelques sauvages arrivassent et que de longs ix>urparlers eussent lieu. Tous ont été traités avec la même bonté et le même resj>ect et nous leur avons aussi appris à nous respecter en les tenant toujours à distance et en ne permettant pas aux hommes de se familiariser ou de conclure aucun marché avec eux sans permission. Cette discipline que j'ai fait observer rigoureusenient a causé beaucoup de mécontentement à quelquesuns, aux Canadiens surtout, car à la rivière Peel, lorsque le rieux La pie rs^ . exerq-àit l'autorité, ils jouissaient d'une trop grande liberté et achetaient des sauvages de la viande et des oies quand il leur plaisait, ce qui est strictement défendu ici. Rien ne gâte les sauvages autant que de leur permettre de trafiquer avec les hommes ou de devenir trop familiers avec ceux-ci, et pour cette raison il n'a pas été permis aux hommes d'échanger quoi que ce soit. Jamais personne n'a été mieux nourri qu'ici durant l'été et l'automne dans un pays sauvage, l'alimentation consistant principalement en poisson et en viande séchée. Des filets étaient constamment tendus dans la rivière, ce qui nous permettait de manger du poisson de temps à autre et lorsque la viande séchée était mauvaise nous avions du pemmican et de la farine. Les hommes étaient assujettis à un rude travail, il est vrai, n'empêche que cet adage, plus nous en avons plus nous en demandons, s'applique particulièrement aux voyageurs de cette région, car ajDrès avoir été nourris grassement durant l'été ils sont devenus difficiles et dédaignent aujourd'hui de la viande séchée qu'ils auraient considérée comme nn présent de Dieu Ti la rivière Peel il y a un an.

Pour s'établir dans' une région nouvelle il faut supporter souvent des privations et nous avons eu dans ce district nombre de leçons salutaires à ce sujet, par exemple à la rivière Peel et dans la région de l'ouest durant la première année, leçons que

1. Le vieux Lapiers ou Lapierre oui a donné son nom au poste Lapierre. Il en est fait mention dans quelques lettres inédites de John Bell.

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l'heure présente ne nous éi)ari>iicra i)cnt-être pas. En dopit de cela et bien que cette région fût peu connue je me suis rendu ici avec lu certitude que nous pourrions nous approvisionner suffisamment. J'ai donné toute l'attention requise à la traite des fourrures pour laquelle surtout nous avons été envoyés ici, mais durant la première saison, je me suis occupé principalement des moyens de nous procurer des vivres, car si dès le début sont prises à cet effet des mesures propres à encourager les sauvages, cette tâche deviendra facile par la suite.

Dans les deux cas le trafic a été aussi prospère que je m'y attendais et que je pouvais le désirer avec les ressources que j'avais à ma disposition et je puis vous assurer qu'en face de l'hiver redoutable, je suis heureux et reconnaissant de voir notre dépôt aux vivres bien rempli et de penser qu'il n'y aura personne affamé au Youcon.

I^ous avons commencé à faire la pêche immédiatement après notre arrivée; des filets ont été tendus régulièrement dans la rivière mais sans beaucoup de profit jusqu'au commencement de septembre alors que la truite commence à remonter; le passage de ce poisson ne dure que trois semaines environ durant lesquelles deux hommes et un sauvage employés à ce travail avec treize filets, ont réussi à prendre 1,380 poissons. ÎTos filets avaient été fabriqués en temps opportun et la tâche de les surveiller était généralement confiée à des invalides, car par suite de coupures il y avait presque toujours quelques estropiés parmi les hommes. Un sauvage de la rivière Peel qui nous a accompagnés a été engagé pour seconder les pêcheurs et des sauvages ont été payés pour nous conduire aux différents lacs des alentours. Le premier essai a été tenté sans succès dans un grand lac situé au sud-ouest d'ici; de là les pêcheurs se sont dirigés vers une série de petits lacs ou plutôt une rivière profonde à une distance d'une journée de marche, où les sauvages font sécher du poisson durant l'été. Ils sont restés à cet endroit jusqu'à ce que l'eau devînt trop basse et ils y ont pris 600 poissons blancs qui furent déposés dans ime cache, mais quand ils allèrent les chercher à l'automne ils constatèrent que les wolverines^ les avaient mangés. Quand la pêche dans la rivière fut terminée, des essais furent tentés dans quelques petits lacs situés au nord-ouest

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