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.lOlIRNAh DU YUKON
ici plusieurs gros saumons séchés et de l'un de ceux-ci je vous ai transmis durant l'hiver un morceau que vous avez dû recevoir. A en juger par l'apparence de ces poissons séchés, je suppose que leur pesanteur doit varier entre 15 et 20 livres; on dit que les sauvages en prennent de très gros quelques fois. Il y a ici comme ailleurs plusieurs sortes de poissons blancs, mais ils sont généralement plus gros dans cette région et quelques-uns pèsent 6| et même 7 livres. Ceux qui sont pris dans les lacs sont gros et de meilleure qualité et trois sont suffisants pour nourrir un homme pendant une journée ; les truites de rivière sont évaluées sur le même pied. Le brochet abonde dan-^ les lacs et: dans la rivière. L'inconnu et la loche se trouvent ici comme dans le McKenzie. Les sauvages disent que le saumon et la truite sont de meilleure qualité dans le bas de la rivière; dans la partie supérieure ils sont très maigres et il en meurt souvent un certain nombre que l'on trouve sur la rive, ce qui peut être causé par le long trajet accompli depuis la mer. Ils ne descendent la rivière qu'à l'époque où celle-ci commence à ])rendre; ils suivent alors le chenal principal et il s'en prend bien peu. Voilà pour le poisson.
La construction et les autres travaux sont poussés aussi activement que possible, mais ce n'est qu'à la fin d'août que nous avons tous pris possession de notre habitation dont deux chambres ont été réservées pour les marchandises, les fourrures et les vivres. Nous sommes entrés dans la maison justement avant l'arrivée du froid et bien que les chambres ne fussent pas entièrement terminées nous nous sommes trouvés très à l'aise après avoir vécu si longtemps en plein air.
Le magasin n'a été terminé que le 25 octobre, c'est-à-dire les murs et le toit. î^ous avons eu beaucoup de difficultés à compléter la toiture avec de l'écorce trop sèche et cassante ; néanmoins la plus grande partie est imperméable, mais une autre couverture sera requise à notre retour du poste Lapier.
Nous n'avons pu compléter que l'habitation et le magasin et considérant la longueur du temps et le nombre de ceux qui ont pris part aux travaux il peut vous sembler que l'on aurait pu faire plus, mais il en serait autrement s'il vous était donné de voir ce qui a été accompli. S'il nous avait été possible de nous installer sur une première pointe où il y aurait eu du bois de charpente et d'y commencer l'érection d'un fort semblable à
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quolqnos-uns do nos avanl-ixtsUs, tout anriiit ot(' coiiiplôtr dans le temps qu'il a fallu pour ériger ces derniers, mais nous avons dû aller chercher du bois de construction à une grande distance, sans compter qu'il s'est agi de constructions plus considérables qu'à l'ordinaire et la maison et le magasin sont solides et bien finis. Les autres constructions et les palissades auront la même valeur et tout sera exécuté conformément au plan qui a été préparé; aussi lorsque le fort sera terminé l'automne prochain, je crois que ce sera le meilleur et le plus sûr ouvrage de ce genre (sans excepter le fort Simpson) entre la rivière Bed et la mer polaire; il faudra pour cela plus de temps et plus de travaux, mais un bon fort peut devenir nécessaire ici avant quelques années. La maison mesure 46 x 26 pieds et se compose de cinq pièces, un vestibule au centre, un bureau ou chambre d'attente, une pièce pour les assistants, une chambre à coucher à une extrémité et une cuisine à l'autre. Des troncs de pins^ de 8 pouces bien équarris ont été employés pour la construction et l'on s'est aussi servi pour les divisions, de troncs d'arbres bien équarris et solidement unis afin qu'ils soient à l'épreuve des balles. Comme nous n'avions pas de palissade autour de la maison durant la première saison, de petites meurtrières auxquelles s'adaptent parfaitement des blocs de bois que l'on peut retirer de l'intérieur des chambres, ont été pratiquées de chaque côté du vestibule et pourront être utilisées pour les mousquets si les sauvages s'avisent de répéter ici le tour joué à M. Campbell au lac Duses.^ La longueur du magasin est de 40 pieds seulement pour le moment, mais il y sera ajouté une allonge de 16 pieds à la prochaine saison et celle-ci servira de dépôt pour le poisson. Les maisons des hommes auront aussi 56 pieds de longueur et se composeront de trois pièces dont l'une devra servir d'atelier de charpentiers, etc. Il sera aussi érigé un hangar ou appentis à l'extrémité des maisons des hommes pour abriter deux bateaux,
1. Il doit s'agir d'épmette, puisque le pin ne croît pas dans cette partie.
2. Lac Dease. Eobert Campbell dit dans son récit: Lorsque nous sommes retournés au lac Dease, nous avons été constamment menacés par les sauvages du territoire russe, et nous avons beaucoup souffert de la faim. Nous ne dépendions pour manger que sur les seuls animaux que nous pouvions attraper et sur la trij^e de roche quand ceux-ci nous faisaient défaut. Nous nous sommes trouvés un jour dans un dénûnient tel que nous avons dû manger le parchment de nos fenêtres, et la veille de notre déi)art, le 8 mai 1839, nous avons dû nous contenter des lanières d© nos raquettes.
Plan du fort Yukon.
ainsi qu'un appareil pour faire sécher la viande à l'extrémité du magasin, comme au forf Siinjison. L'on ne se servira pas de perches pointues ou de slabs pour construire les palissades, mais de troncs d'arbres suffisamment gros, dépouillés de leur écorcc et équarris sur doux côtés afin de les unir étroitonicnt les uns aux autres ; ces troncs d'arbres qui sont enfoncés dans la terre à une profondeur de 3 pieds et s'élèvent à une hauteur de 14^ pieds au-dessus du sol forment un mur solide de 9 à 10 pouces à sa bas.^ et de 6 à 7 jjouces à son sommet, affermi par un assemblage à mortaise à ces deux endroits. Les bastions que l'on construira aussi solides que possible, seront spacieux et commodes. Quand tout cela sera terminé les satanés Russes pourront faire leur apparition au moment qu'il leur plaira.
Bien que les travaux de construction soient terminés pour la première saison, il reste beaucoup à faire à l'intérieur et à l'extérieur, car les maisons doivent être plâtrées et pour les rendre confortables durant l'hiver il faut s'occuper encore d'une infinité de petites choses. En outre, il faut trouver les racines dont nous aurons besoin pour la charpente des bateaux, puis enlever celles-ci avant que la terre gèle ; il faut aussi scier des troncs d'arbres, les couper et les transporter des îles avant que la rivière prenne, se procurer du bouleau qu'il faut aller chercher à une grande distance pour fabriquer des traîneaux de bois et des raquettes, couper du bois de chauffage, transporter notre poisson et s'occuper de mille autre choses. Dans l'intervalle les sauvages continuent d'arriver avec des fourrures et des provisions; ils apportent plus de fourrures qu'il ne m'est possible d'en acquérir avec les marchandises qu'ils demandent, mais pas autant de viande que je ne m'attendais de recevoir. Un parti conddérable de sauvages a été en guerre avec une autre bande (the nation of the ShadeY sur le bas de la rivière' et par suite ceux-là ont eu peu de temps pour préparer des vivres. A leur retour
une quantité de fourrures^ et j'ai eu beaucoup de
difficulté à m'entendre avec eux. Ils ne s'opposent pas à nos prix, mais tous demandent des perles; nous avons par conséquent partagé les quelques livres qui restaient et nous leur avons laissé avoir un des fusils. Quand il fut connu que nous n'avions