Il manque plusieurs mots du manuscrit
7l» AUCIIIVES CANADIENNES
plus de perles, ils retinreut leurs fourrures à l'exception d'une certaine quantité qu'ils nous laissèrent jusqu'à l'année prochaine avec l'entente qu'elles seraient ])ayées avec des perles, mais j'en ai eu assez de ce genre de trafic à la rivière Peel. Il fut entendu que nous conserverions leurs fourrures jusqu'à l'année prochaine et que nous n'en ferions l'acquisition qu'à l'arrivée des marchandises. Je leur ai fait entendre que nous aurions une plus grande quantité de perles l'année prochaine et que tous ceux qui avaient des fourrures en cache ne devraient pas les transporter ailleurs. .Vvec ce parti se trouvait un sauvage de la l)and(' dos " Gens-des-Buttes " ;^ il avait été employé par les Russes pour approvisionner un fort comme chasseur et n'avait rien apporté parce que la curiosité sans doute l'avait seule poussé à venir. Les Russes sont encore allés à leur ancien rendez-vous sur la rivière vers l'époque de notre arrivée ou un peu plus tard; cette nouvelle que j'ai apprise au mois d'août m'a enlevé la crainte d'être inquiété par eux durant cette saison. Ils ont apporté une grande quantité de perles et sont retournés avec beaucoup de fourrures. Ici il en a été bien autrement, les fourrures ont été apportées mais nous n'avons pu en faire l'acquisition et il était pénible de les voir nous échapper faute de marchandises. La boîte de perle était vide de même que celle qui contenait les fusils dont deux seulement ont été conservés pour la défense de la place ; le rouleau de tabac était presque épuisé et dans notre dépôt de marchandises il ne restait plus que des habits et des munitions. Les '^ Gens-du-fou ", les sauvages Rat et dans notre dépôt de marchandises il ne restait plus que des venir ici le printemps suivant et comme je n'avais rien pour trafiquer avec eux, j'ai pris la détermination d'envoyer un parti à la rivière Peel afin d'en rapporter un rouleau de tabac et des couteaux qui devaient être pris sur l'approvisionnement de l'année. En tout cas les chiens devaient y être envoyés pour
1. Les Tanna-kutchi de Eicliardsoii ou "gens des caps"; les Tennankutchin de Petroff (hommes de la montagne) ou Tennan-tnu-kokhtana (Mountain Kiver men) qui habitent le bassin entouré de collines de la rivière Tennanah, affluent du bas du Kukon. Il s'agit de la Tanana épelée aujourd'hui littéralement Tenan-na, ou de la rivière Tenan, qui signifierait rivière des hommes de la montagne. Les hommes de la Compagnie de la baie d'Hudson la connaissaient comme la rivière des gens des Buttes. D'après Petrofi c'est le plus considérable et le plus beau des tributaires du Yukon; elle se jette dans celui-ci à trente milles au-dessous des Ramparts, soit 290 milles au-dessous du fort Yukon.
transporter ici les lisses requises pour le bateau et les autres articles indispensables pour le printemps suivant. Des hommes sont partis pour le poste Lapiev avec cinq chiens et deux traîneaux le 21 novembre, assez tôt par conséquent pour que les lettres atteignent la rivière Peel avant l'envoi de ce qui est expédié de cet endroit en hiver. Un sauvage qui connaissait bien cette région a été engagé pour accompagner les hommes et il a promis de les conduire au poste Lapier en quatorze jours si le temps était favorable. Les hommes et les chiens ont reçu des vivres pour quinze jours et il a été ajouté à cela un peu de munitions en cas d'accident ou de retard par le mauvais temps. Il leur a fallu dix-huit jours pour atteindre le poste Lapier en hiver et dix-neuf pour revenir avec leurs charges. Ils ont été retardés d'une journée en allant par le mauvais temps, mais j'ai appris depuis qu'ils ne s'étaient pas pressés, car le sauvage qui les accompagnait leur procurait de la viande fraîche. Us se sont plaints au poste Lapier de ma parcimonie au sujet des provisions, mais s'il leur a été possible de revenir de cet endroit dans l'espace de dix-neuf jours avec des traîneaux chargés, quinze jours devaient être suflSsants pour s'y rendre sans aucun bagage.
Peu de temps après le départ des hommes (le 27 novembre) j'ai reçu de très mauvaises nouvelles et je vous aurais envoyé une autre lettre pour vous communiquer alors ce que je venais d'apprendre, si la chose avait été possible, mais les hommes manquaient et ce qu'il aurait fallu pour entreprendre le trajet de manière à atteindre assez tôt le poste Lapier nous faisait défaut. Le jeune chef arriva durant la soirée et nous apprit l'arrivée de deux sauvages des bandes du bas de la rivière avec des hommes envoyés par les Ptusses. Ils apportaient pour les sauvages d'ici des messages de la part des Eusses qui passaient l'hiver à l'embouchure de la rivière qu'ils avaient descendue; ceux-ci avaient beaucoup de marchandises dont le prix avait été réduit et qui étaient de meilleure qualité que les nôtres. Les Eusses s'efforçaient de soulever les sauvages d'ici contre nous en leur disant que c'était à cause de notre présence dans leur pays qu'un si grand nombre d'entre eux étaient morts durant l'été, que nous étions de méchantes gens, etc., en même temps ils invitaient ces sauvages à se rendre auprès d'eux avec leurs malades, car ils avaient des remèdes pour guérir toutes les maladies, puis