‹ Journal du Yukon, 1847-1848Chapitre 26 sur 38 · mm · texte numérisé non relu

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Kootcha-Kootchin.

joi;i;nai, dt vikon l"'*

Moia nouroiil.<.

Fkançais K I nu in.

Arbie TetcliliiiU.

Saule Kyee.

Herbe Tlo.

Terre î^""-

Eau Tchu.

Rivière Han.

Lac ^'a"-

Pluie Afh-tsin.

Chaud Konnee »th;\.

Froid Konnee-eka.

Faim Seze-quee-tseek.

Fatigue .... Keea-seth-clth-clirey.

Malade Ith-ill&eyh.

Montagne Tha.

Vallée Chra-twnn-e.

Soleil R-sey-e.

Étoiles Thun

Roc Tehee.

Maison ou fort Isseh.

Tente Nee-bee-a.

Arc Alt-heigh.

Flèche Kee-e.

Canot Tree.

Bon Neir-zee.

Mauvais Bets-de-te.

Jour Tzeen.

Nuit Tatha.

Sommeil S;°^^ . ^i";- i.

Renos Tuggath-iUa-ch.

Asseoir • • Tcheeth-co itcne.

Marcher'. '.'...'.'.'.. '.' A-whott-il.

Courir Spa-tocha.

Tirgr A\vt-il-ke.

Tuer ^ Boshug-on-ioclui.

Homme.'.'.'.".'.'.'..'.'.'.." Tin-gee.

Femme Trya-jo.

Garçon Tse-a.

Fille • Meet-chet-ey.

Chien '.".".'."...'.'."."."..". Tlyne.

Traîneau Latchan-l>ultl.

Je viens de terminer la copie de mes observations dans mon journal météorologique et j'ai constaté qu'il ne me reste plus que quelques pages à remplir; je n'en suis pas fâché, car dans le moment ma présence est tellement requise partout que je ne puis à peine m'asseoir pendant dix minutes. Je m'attendais à cette saison d'avoir reçu la visite de la plupart des sauvages des montagnes Carriheu.r, mais aucun n'est venu encore. Quelquesuns de ceux qui sont venus chercher des munitions, il y a un mois, nous ont dit que le caribou était très rare, qu'ils n'avaient pu par conséquent préparer de la viande séchée et que pour cette raison, leurs compagnons n'avaient pu se rendre ici, comme ils l'avaient promis, à l'époque de la dernière neige. ^ Ils nous informèrent que nous les verrions probablement arriver quand la rivière serait libre, que quelques-uns avaient beaucoup de

1*^4 Al;«ll l\i;s ( A.NADIK.NNKS

fourrures (ju'ils garderaient jusqu'à notre retour du poste J.apier.

Ceux de la bande d'en bas ne sont pas venus depuis le mois d'avril. Ils ont passé le printemps avec les " Tannin-Kootchin " de l'autre côté des montagnes à l'oue-t d'ici et j'ai appris qu'ils avaient échangé avec cette bande une grande partie de leurs fourrures contre des perles. Je ne m'attendais pas à autre chose, car nous ne pouvons espérer que les sauvages gardent leurs fourrures aussi longtemps (jusqu'à notre arrivée au mois de juillet) quand ils peuvent trafiquer ailleurs en n'importe quel temps, se procurer les articles qu'ils désirent et qu'ils ne trouvent pas ici. Lorsque je vous ai écrit au mois de novembre je croyais alors que le> Russes ne viendraient faire qu'une visite annuelle dans cette l'égion, que leur séjour serait limité s'ils ne se rendaient pas ici, que par conséquent, il m'aurait été certainement possible d'empêcher les sauvages d'ici de les rencontrer, car ma politique d'alors que je n'ai pas changée, quoique ces moyens m'inspirent de la répugnance, avait pour objet d'encourager plutôt qu'autrement l'inimitié entre les Kootcha-Kootchin et les bandes d'en bas. Mais les Russes ayant commencé à construire plus bas sur la rivière, avec l'intention sans doute de maintenir un établissement à cet endroit, et les prix de leurs articles étant beaucoup moins élevés que les nôtres, les perspectives de commerce, à l'endroit oii nous sommes, ne .sont pas aussi encourageantes qu'elles l'étaient, surtout quand je considère l'assortiment que nous aurons à faire valoir. J'ai reçu les marchandises lors du retour de mes hommes du poste Lapier le .5 janvier et je dois dire que j'ai été très peiné eu constatant qu'il avait été envoyé une si petite quantité des articles dont on a le plus besolîx (des perles et des fusils) ; il n'y avait que le quart d'une boite de perles (16 lbs). J'aurais été plus satisfait de no pas en recevoir du tout, car en ce cas je me serais entendu de la riême manière avec tous les sauvages sans déplaire à l'un plus qu'à l'autre; je ne sais vraiment pas comment me tirer d'affaire. Il y a un sauvage le la bande d'en haut qui garde entre 90 et 100 peairx de martes et de castors pour échanger contre des perles à notre retour. !Mais si la quantité de ces objets est insuffisante pour faire des échanges avec deux sauvages, comment pourrai-je en contenter trois cents ? Te sais qu'à l'époque oii notre assortiment a été préparé vous n'aviez pas été informé de ce qui était requis ici. de plus qu'il faut attendre

JOIIKXAL PU YirKO.N lU.",

assez longlein]>s si Ton compte sur des niarcliandises expédiées d'Angleten-e et qu'il s'écoulera peut-être trois ans* avant que les articles envoyés à ce nouvel endroit de votre district ne parviennent au fort Simpson; il est possible aussi que vous ne puissiez faire plus pour nous, mais je m'attendais à n-fcvoir au moins deux boires de perles ot doux autres de fusil-;. Me voici donc dans une impasse, pour le moins je vais me trouver bien embarrassé à mon retour, car les sauvages comptent tous sur un assortiment plus considérable; je le leur ai promis et comment vais-je en sortir. Si vous me demandez pourquoi je leur ai fait une telle promesse, je répondrai que c'était le seul moyen de les empêcher d'échanger leurs fourrures avec les bandes d'en bas et que j'avais droit de compter sur une plus grande quantité de marchandises. En dépit de mes efforts, il a déjà été échangé une certaine quantité de fourrures et c'est peutêtre pour le mieux, car les propriétaire qui n'auraient pu les échanger ici, auraient dû les rapporter. A moins d'avoir des perles en grande, quantité, il y a peu de profits, sinon aucun avantage à retirer d'ici. La liste que je vous ai transmise durant l'hiver vous a peut-être causé une surprise au sujet de la quantité de perles et de fusils demandés. J'ai fait mention alors de quatre boites de perles, parce que je supposais que vous ne pourriez en envoj'er davantage et que cette quantité joinre à une quantité proportionnée de fusils, de munitions, de tabac et autres articles requis ici suffirait, mais à moins que des perles de fantaisie ne soient envoyées une grande partie du trafic ira à nos concurrents. Tous les sauvages d'ici et même presque tous ceux de la rivière Peel portent des perles de fantaisie, c'est-àdire des perles rouges et bleues de diverss dimensions pour lesquelles ils paient le double du prix des perles blanches communes; toutes ces perles de fantaisie leur sont fournies par les Russes ou bien les sauvages de la rivière Peel les obtiennent des " Gens-du-fou " et des natifs de cette région. Pour trafiquer

1. Dawson dit qu'au temps de l'établissement des forts Yukon et Selkirk et pendant plusieurs années par la suite, le produit des marchandises expédiées à ces stations éloignées n'atteignait le marché qu'après sept années, les diverses étapes à franchir étant comme suit : Marchandises.—Ire année, atteignaient le comptoir d'York; 2e année, le poste Norway; 3e année, la rivière Peel d'oii elles étaient transportées à traver3 les montagnes, durant l'hiver, jusqu'au poste Lapierre ; 4e année, elles atteignaient le fort Yukon. Produit des échanges.— 5e année, atteignait !e poste Lapierre d'où il était transporté à la rivière Peel; 6e année, parv^ nait au fort Simpson et la 7e année au marché.

avec succès ici, il iaiulrait pouvoir écouler pcudant une année quatre boites de perles blanches communes, une boite de rouges (même dimension) et une boite de perles de fantaisie (des bleues de couleurs et de dimensions variées avec des colliers) ; il sera peut-être difficile d'obtenir cette quantité du comptoir d'York, mais il en est envoyé une grande quantité à la rivière Red où toutes les femmes en portent ; à cet endroit la compagnie reçoit peut-être la valeur d'un shilling pour chaque collier, tîiudis qu'ici cet article vaudrait au moins trente shillings. Quant aux petites coquilles, dont quelques-unes m'ont été envoyées à la rivière Peel, elles ont ici une grande valeur, car chaque sauvage s'en sert comme ornements pour le nez, les oreilles, de même que pour les cheveux et une petite quantité de celles-ci pourrait être envoyée tous le? ans de la Colombie sans trop de difficultés. A l'exception des vêtements et des capotes que l'on arrive à échanger que faute d'autre chose à offrir, et même en ce cas les premiers sont refusés, tout article l)eut être trafiqué ici et certains bracelet? de cuivre de même que des ornements pour le cou, des médaille?, des boucles d'oreilles de grandes dimensions et des couteaux à manclie de fantaisie peuvent être échangés très avantageusement. Je demande avec instance, si vous désirez que cet établissement prospère, d'envoyer ici un assortiment considérable et sortable même si quelques établissements anciens doivent pour une saison recevoir une moindre quantité de marchandi?e?. Cependant je doute maintenant que nous ayons autant de succès que je m'y attendais, même avec un tel assortiment, car nous ne pouvons soutenir la concurrence de? Eusses, quant aux prix, et je ne puis prévoir quel en sera le résultat quand la lutte sera engagée sérieusement. Je serais très Iheureux de connaître les intentions de la compagnie de la baie d'Hudson au slijet de cette région, si celle-ci doit être donnée à bail par the Russians A. T. C. ou si nous devons continuer notre travail ici sans nous occuper de ces dernier-. En ce dernier cas nous devons vraisemblablement nous attendre à des difficultés, mais si nous avons suffisamment de marchandise? pour répondre aux demandes des sauvages, je ne doute pas que nous puissions nous maintenir pendant quelques années, à moins que les Russes ne viennent ?'in?taller plus près de nous; cependant j'ai raison d'espérer que la distance à fran-

cliir et la navigation difficile sur cette rivir-ve, les empêcheront de se rapprocher durant l'été. Si, tontefoi-, la compagnie (de la baie d'Hudson) avait l'intention d'étendre ?on commerce le long- de la rivière, je me permettrai de fournir les renîseignements ci-après à ce sujet. La longueur du Youcon à partir du confluent des rivières Lewis et Pelly jusqu'à la mer polaire, y coml)ris ses détours, est de 1,100 à 1,200 milles.^ Il arrose un territoire étendu et populeux oii abondent le castor, la marte et tous les autres animaux ordinaires à fourrure. L'élan j abonde aassi et, à mon avis, il n'est pas à craindre que les vivres y fassent défaut ; avec les établissements nécessaires, ce district deviendra l'égal de celui du McKenzie. D'autre part il y a plusieurs sérieux désavantages à con=;idérer ; en premier lieu nous sommes à proximité des Russes, à une grande distance dans l'intérieur de leurs territoires et même s'il nous était permis dans ces conditions de faire le commerce ici, il est probable que la concurrence de leurs établissements intérieurs et celle qu'ils nous feraient sur la côte nous seraient préjudiciables. Et dans le cas où quatre ou cinq forts seraient érigés le long de la rivière et que la région serait suffisamment étendue et populeuse pour les maintenir, il faudrait compter avec un autre désavantage sérieux qui consiste dans la difficulté de transporter ici nos marchandises du McKenzie et de faire parvenir à cet endroit le produit de nos opérations. Je vous ai déjà écrit le printemps dernier au sujet de la route d'hiver actuelle entre la rivière Peel et le poste Lapier et je vous indiquais comme le bois était rare dans les montagnes; il est possible d'en trouver suffisamment pour une ou deux années de plus, mais à moins qu'il ne soit trouvé une autre route, le transport de ce dont nous avons besoin ici deviendra très difficile. En suivant le cours de quelques petites rivières plus au sud, il sera sans doute possible de trouver du bois pour camper durant l'hiver, mais le trajet sera peut-être plus long de ce coté. La rivière Bai sort d'un lac situé dans un défilé des montagnes qui se trouvent au nord du fort la rivière Peel ; une autre rivière appelée aussi rivière Rat sort de ce lac pour aller rejoindre la rivière Peel près du McKenzie. J'ai raison de croire que ces deux rivières sont navigables et si

1. La longuexir du Yukon depuis le confluent des rivières Pelly et Lewes, jusqu'à la mer, e«t de 1,360 milles, et sa longueur totale depuis les sources du Nisutlin, est de 1,765 milles.

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line voie de cuninninicatious pouvait être trouvée de ce cr)té, elle serait avantageuse st»us tons les rai>ports. J'ai eu l'espoir qu'il serait découvert i>ar le nmyen des lacs, nue voie de communications entre la rivière (JraVel et (juelipies trihutaires du Youcon, nuiis ce que les sauvages m'ont rapporté lue fait croire que la chose n'est pas possible et qiumt à C(»mpter sur la rivière Pelly via " west branch " pour s'ajtprovisiomier ici, il n'en peut être question, du moins quand il s'agit de la partie du Youcon où nous sommes dans le moment.^

Je viens d'être interrompu par l'arrivée de six visiteurs des " Gens-du-fou " qui viennent de leurs terres du liant de la rivière et je dois vous communiquer les nouvelles assez importantes qu'ils ont apportée-. Après la rupture de la glace, un parti considérable de ces sauvages s'est mis en route pour venir ici avec nue certaine quantité de fourrures et de viande sécliée. Ils avaient atteints les ramparts où ils ont trouvé la rivière obstruée; c'>mme il n'y avait qu'un chenal étroit, ils s'y sont engagés, mais plus bas celui-ci était fermé et le courant très fort à cet endroit les ayant entraînés trop loin, plusieurs de leurs canots chavirèrent ; un homme se noya et tous les autres, à l'exception des six qui viennent d'arriver, ont perdu leurs fourrures et leurs provisions qu'ils ont été obligés de jeter par dessus bord pour alléger leurs canots et se sauver eux-mêmes. Ceux qui sont ici n'ont sauvé que quehpies peaux de cerfs, de lynx et de martes et co malheur les a beaucoup abattus. Je prends part à leur chagrin et je regTette la perte de leurs provisions, mai- d'autre part je considère comme une chance que ces fourrures, surtout s'ils en avaient autant qu'ils le prétendent, n'aient pas été apportées ici, car ils venaient pour se procurer des fusils et nous n'aurions pas pu leur en fournir; quant aux autres articles ils en auraient obtenu bien peu. Ces sauvages ont échangé l'hiver dernier quelques fourrures avec les Russes qu'ils éraient allés rencontrer pour se procurer du tabac à priser

1. La première rivière Bat dont Murray fait mention est aujourd'hui la rivière Bell. Celle-ci et la rivière Rai prennent leurs sources dans les mêmes montagnes par environ 136° 10'. Voir la note qui précède au sujet de la rivière Gravel. ^' West branch " s'applique à la partie supérieure du Liard; sur la carte qui se trouve dans Arctic Searching Expedition, de Richardson, " west branch '" est indiqué comme " N. west branch ". Comme il en est fait mention ailleurs, après le voyage de Campbell en 1850, le trajet par les rivières Liard et Pelly a été remplacé par la roule de la Porcupine.

JOIKXAI, Di: VIKO.V lO'.l

ct du tabac à fiiiner. Ils l'affolent du tabac à pri.>icr qu'iU apportent généralement avec eux. La distance qui nous .<éparo de l'un des forts russes n'est pas grande et dix Russes avec un parti de sauvages sont partis durant l'iiiver pour se rendre ici afin de voir qui nous étions, et à quel endroit nous nous trouvions, mais la sévérité du froid les a obligés de retourner. Ils ont trouvé une autre route plus courte pour rejoindre le Youcon en descendant une rivière qui se jette dans celui-ci au-dessus d'ici dans le territoire des "'Gens du fou" eit ils doivent venir ici l'été prochain avec un parti considérable de ces sauvage>. Les sauvages nous ont entièrement renseignés sur leur fort, leur commerce, leurs marchandises, etc., etc. Entre autres choses qu'ils ont transportées à travers le nouve^iu portage, se trouve un canon semblable à ceux dont ils se munissent toujours dans ces parages. Si tout cola est vrai nous verrons réellement les Russes. J'esjDérais que du bas de la rivière ils pourraient difficilement nous rejoindre, mais vu qu'ils la descendent maintenant il est très probable qu'ils viendront ici. Ces sauvages nous disent aussi qu'ils ont appris de la bande du milieu, et celle-ci tenait cette nouvelle de la bande d'en haut (cette tribu se compose de quatre bandes), que quelques-uns des nôtres devaient venir ici en canot l'été prochain, que ce canot qui était grand, se construisait à la rivière Pellj et que trois sauvages étaient engagés pour accompagiier nos gens. En ce cas il s'agirait de ]\L Campbell, mais je puis difficilement ajouter foi à ce rapport, puisque M. Campbell ne peut arriver à la rivière Pellj que vers ce temps-ci avec les bateaux construits à la rivière Lewis durant l'hiver ou le printemps; en outre si son poste ressemble au mien, il devra ériger son fort, s'occuper du trafic avec les sauvages, etc., etc., et pai' conséquent ses travaux ne lui permettront pas d'entreprendre un voyage de découvertes. Il est vrai qu'il peut descendre facilement la rivière, mais si l'on doit croire ce qui nous est rapporté, les fleurs seront fanées avant qu'il revo'it les bords de la Pellv.^

Or les Russes doivent venir ici, et avec im canon, ce qui me fait supposer qu'ils ont l'intention de nous réduire tous en

1. Cela était écrit au commencement de juin 1848, alors que Campbell était précisément sur le point de partir de Pelly Banks pour descendre la rivière jusou'à l'ercboucliore des rivières Pelly et Lewes où il érigea le fort Selkirk. Cependant il ne rencontra Munay au fort Kukon que deuv ans après.

110 ATJCIIIVKS OA.NAlilKNNKS

, ils peuvent réussir peut-être connue ils peuvent aussi

niauqucr leur coup. S'ils viennent par la nouvelle route et descendont la rivière, ils arriveront probablement quand je serai absent. Je rendrais grâce à Dieu si j'avais un assistant expérimenté que je pusse laisser ici ou charger de diriger les envois au poste Lapier, mais oîi nous en sommes, ma présence au poste Lapier est indispensable pour la conduite des affaires durant cette saison et nous partirons pour cet endroit aussitôt que nous pourrons remonter la rivière Porcupine, Aujourd'hui (26 mai) elle n'e-t pas encore libre, excepté vers son embouchure.

Un parti de sauvages vient d'arriver des montagnes Carrlheux et nous voyons de la fumée s'élever du bois sur le coté opposé de la rivière ; nous supposons qu'elle provient du campement de la bande d'en bas qui est attendue de jour en jour. Je n'ai pas le temps d'en écrire davantage pour le moment ; je terminerai ce journal durant le voyage si je ne le puis avant mon départ.

16 juin.

Je suis en route pour le poste Lapier et présentement nous sommes campés au milieu des rochers dans les ramparts de la rivière Porciipme. ISTous sommes partis le cinq courant, c'està-dire aussitôt qu'il a été possible d'entreprendre le voyage. La rivière débordait alors et le courant était si fort que pendant quelques jours j'ai eu beaucoup de difficulté à le remonter, mais aujourd'hui la rapidité du courant diminue tous les jours, la rivière est plus basse que l'année dernière quand nous l'avons descendue et nous apercevons plusieurs rapides qui paraissent dangereux et que nous n'avions pas remarqués alors. Le temps a été beau jusqu'à présent et il y a une grande abondance de maringouins.

J'ai laissé 'M. A. McKenzie avec quatre hommes au Youcon ; je leur ai donné des instructions au sujet des travaux à exécuter durant l'été et il y en aura assez pour les tenir tous occupés. Si l'on considère qu'il a fallu aller chercher le bois à de grandes distances, je puis dire que les travaux ont fait beaucoup de progrès durant le printemps. Il a été construit deux nouveaux bateaux d'une longueur de 30 pieds 8 pouces et

(l'une largeur de 9 pieds chacun. Couper le bois pour les bateaux et le transporter en traîneaux d'une di-tance de deux à quatre milles était une tâche de long\ie haleine, mais tout est terminé maintenant et je suppose que les trois bons bateaux que nous possédons dans le moment, y compris celui qui a été construit le printemps dernier, sont suffisants pour quelque temps. Les deux qui sont restés ont été placés " en cache " et ils sont recouverts de petits arbres et de branches pour les préserver du soleil et du mauvais temps. Les piquets pour le fort sont tous coupés et équarris et ils sont rassemblés en piles près de la rivière ; nous n'avons pu en trouver que dans les îles d'en haut, car il n'y avait pas d'arbres assez gTos à proximité. A mon retour il faudra les former en radeaux pour leur faire descendre la rivière; ce sont les pieux les plus solides qu'il y ait dans la région et lorsque la palissade aura été érigée avec le^ bastions requis, le tout aura un peu l'apparenr-e d'un fort.

J'avais l'intention de vous faire connaître un peu comment nous avons passé l'hiver et le printemps, mais il me reste pour cela peu d'espace et très peu de temps. Durant tout le printemps jusqu'au jour de notre départ nous nous sommes nourris de viande d'élan fraîche et il reste dans la cave, bien empaquetées dans la neige, plus de provisions fraîches qu'il n'en faut jusqu'à notre retour pour ceux qui sont restés. Plus de trente éisns, gros et petits, mais tous maigres, ont été tués durant l'hiver et le printemps par les chasseurs que j'ai amenés avec moi et par deux ou trois natifs. Depuis le commencement de l'hiver quelques sauvages seulement sont venus ici et la viande sèche que nous avons reçue ne vaut pas grand chose. Les sauvages qui sont arrivés disent que le caribou est très rare à cette saison-ci et que leurs amis ne viendront pas nous rencontrer parce qu'ils savent que nous n'avons pas grand chose à leur donner. Si nous avions compter sur les sauvages pour vivre durant le printemps nous n'aurions pas été dans l'abondance. D'une manière ou d'une autre j'ai réussi à mettre les deux bouts ensemble et à épargner la plus grande partie du pemmican que j'ai apporté. Il y a un an, je suis parti du poste^Lapier avec 22 sacs de pemmican, dont quatre seulement ont été consommés et comme nous en avons pris cinq autres pour le présent voyage il en reste donc encore treize en réserve; si l'on

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