Nom du château appartenant à la famille Bœuf
d'aNDRÉ-MAKIE ampère. 93
sœur dîner chez ma tante à Saint-Germain. Nous y fûmes ensuite, nous jouâmes au domino et au solitaire.
Mei'credi, 21 juin. — Nous y allâmes de bon matin :je ne la quittai que vers dix heures. Joséphine fut charmante, et Julie lui montra beaucoup d'amitié.
Samedi, 24 Juin. — Nous fûmes voir l'éclipsé à Saint-Germain. J'allai avec Julie , Élise , M. et jjme Périsse, et Joséphine me promener dans le jardin anglais de M. Mayeuvre. Je m'assis auprès d'elle. Pendant ce temps-là M"^ Carron s'expliquait avec maman. Le temps ne se découvrit qu'à six heures dix minutes, après le milieu de léclipse ; mais j'en observai exactement la fin à six heures trente-cinq minutes, comme je l'avais calculé à ma montre et à celle de M. Périsse, avec la lunette de M. Rapt.
Mardi, 27 juin. — Je portai un panier de groseilles ; Elise en mangea avec beaucoup de plaisir, mais elles étourdirent Julie. Je fus le soir voir ma tante, toute la maison Carron y vint un instant ;
Julie daigna faire avec moi une longue conversation.
Jeudi, 29 juin. — Ma sœur et maman restèrent seules avec elles et leur parlèrent longuement, pendant qu'Aguarite me faisait enrager, sous prétexte de prendre mon panier. Je raccommodai le couteau de Julie, et je m'en fus à neuf heures trois quarts.
Samedi, 1"' Juillet. — J'y fus porter des fleurs de tilleul et me promener dans le jardin avec ma sœur et Julie; elle fit à Joséphine un bouquet de jasmin, de troëne, d'aurone et de campanule double, dont elle me donna une fleur ; je l'ai mise dans le petit tableau.
Dimanche, 2 juillet. — Nous les vîmes après la messe, ma sœur se plaça auprès de Julie. Je lui donnai ces vers :
Que j'aime à m'égarer dans ces routes lleunes Où je t'ai vue errer sous un dais de lilas! Que j'aime à répéter aux nymphes attendries, Sur l'herbe où tu t'assis, les vers que tu chantas! Au bord de ce ruisseau dont les ondes chéries Ont à mes yeux séduits réfléchi tes appas.
D ANDRÉ-MAKIE AMPÈRE. 9o
Sur les débris des fleurs ({ue tes mains ont cueillies, Que j'aime à respirer l'air que tu respiras ! Les voilà, ces jasmins dont je t'avais parée; Ce bouquet de troëne a touché tes cheveux.
LUNDI, 3 JUILLET. — Elles vinrent nous voir à trois heures trois quarts. Nous fûmes dans l'allée, où je montai sur le grand cerisier, d'où je jetai des cerises à Julie ; Élise, ma sœur, tout le monde vint ensuite. Je cédai ma place à François, qui nous baissa des branches où nous cueillions nous-mêmes, ce qui amusa beaucoup Julie. Elle s'assit sur une planche, à terre, avec ma sœur et Élise, etjememis sur Iherbe à côté d'elle. Je mangeai des cerises qui avaient été sur ses genoux. Nous fûmes tous les quatre au grand jardin, où elle accepta un lis de ma main ; nous allâmes ensuite voir le ruisseau ; je lui donnai la main pour sauter le petit mur et les deux mains pour le remonter ; je restai à côté d'elle au bord du ruisseau, loin d'Élise et de ma sœur; nous les accompagnâmes le soir jusqu'au moulin à vent, où je m'assis encore près d'elle pour observer, nous quatre, le coucher du soleil, qui dorait ses habits d'une lumière charmante; elle emporta un second lis, ({ue je lui donnai en passant.