DE L'EDITEUR
tombe, et, au delà de ses ténèbres, le ciel avec les divines Inmiëres et la pure félicité du jour sans fin ; mais elle dctnenraît attachée à la vie par des affections, par des devoirs. Dans les jours les plus pénibles de défaillance physique, de souffrance morale, il lui restait auprès d'elle quelqu'un à aimer, quelqu'un à servir; et lorsque son père lui baisait le front : « Hélas ! disait-elle, corninent quitter ces tendres pères? » C'est ainsi qu'elle appréhendait de quitter son Cayla ou pour la ville, ou pour le cloître, et mêihe pour le ciel. L'horizon de ce petit monde ne lui semblait pas trop étroit. Elle ne s'y sentait pas abandonnée. Son secret, c'était de trouver la poésie en elle-même et Dieu en toutes choses. Tel est 'enseignement de cette vie, et l'ineffable charme du livre qu'on va lire.
Le lien qui attache le Cayla au monde, c'est Maurice, ^ujours absent depuis sa onzième année. 11 est au petit séminaire de Toulouse, au collège Stanislas, à la Chênaie, ^ Paris encore, faisant ses études, essayant sa vocation, cherchant à se faire sa place au soleil : grand sujet de préoccupation pour son père et pour ses sœurs, pour M^ Eugénie surtout. Ainsi le voulaient l'affinité secrète de leur nature et le souvenir de leur mère. M"® Eugénie n'avait que treize ans lorsqu'ils eurent le malheur de penlre celte mère, hélas I bien jeune encore; mais elle