‹ Journal et lettresChapitre 7 sur 46 · DB L'EDITEUR. VU · texte numérisé non relu

DB L'EDITEUR. VU

dangers de l'exil, Timage plus naïve et plus complète de cette vie de famille qui lui manque et à laquelle il fait début.

Ce Journal devient peu à peu sa grande affaire, le secret et la joie de ses journées; il adoucit Tamertume de la séparation ; en y mettant son âme tout entière, elle a réussi à ne plus vivre sans son frère, à ne plus vivre que pour lui; il n'y a point pour elle d'autre avenir que fe sien; le terme de ses vœux, c'est de le sentir heureux, c'est de se faire elle-même sa part dans le bonheur de Maurice et dans sa renommée, car il n'est rien qu'elle n'attende pour lui, et dont il ne soit digne aux yeux de sa sœur.

Au moment où elle se croyait exaucée, la mort vint détruire toutes ses illusions. Elle l'a perdu, mais dans son souvenir il vit, il l'écoute et il lui répond. Aussi le Journal n'est-il point suspendu. Elle écrit encore pour '^'i pour Maurice au ciel. Un de ses cahiers est adressé *u dernier ami de son frère, à ce seul titre un frère d'adoption pour elle; mais c'est toujours de Maurice qu'elle parle, toujours à lui. Elle s'entretient avec son ârae.

Le jour vint pourtant où la plume devait lui tomber des mains. Elle ne la reprend plus que par intervalles, pour marquer un anniversaire, pour écrire des lettres où perce incessamment son unique et dernier désir : celui

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