Journal de Barbier, t. IV, p. 214 et passim
AVERTISSEMENT. i23
mieux compris la valeur du marquis d'Argenson, au moins comme penseur : « D'Argenson l'aîné, dit-il, fut déclaré ministre des affaires étrangères ; le refus de Villeneuve avait embarrassé le roi, qui travaillait, depuis la disgrâce d' Amelot, avec Du Theil, premier commis du bureau. D'Argenson avait de l'esprit, mais différent et bien moindre que celui de son cadet; il était séparé de sa femme, dont il avait un fils, maître des requêtes, et venait de se réconcilier avec son frère ; mais ce ne fut que pour un moment. » Plus loin, après avoir raconté sa disgrâce, il ajoute : « M. d'Argenson cependant était l'homme le plus profond qu'il y eût dans le ministère, quoiqu'il fût convenu à la Cour de l'appeler d'Argenson la bête, pour le distinguer de son frère *.
Voici comment le duc de Luynes, dans ses Mémoires, en cours de publication , mentionne le fait qui nous occupe : « Pour M. d'Argenson l'aîné, on ne s'y attendait nullement, et son frère cadet dit qu'il n'a aucune part à ce choix. Il est certain que le refus de M. de Villeneuve avait embarrassé le roi, et l'on croit que, n'ayant personne en vue, c'est Du Theil qui lui a proposé M. d'Argenson. Du Theil est un des principaux commis des affaires étrangères. Depuis la disgrâce de M. Amelot, il a toujours travaillé avec le roi. M. d'Argenson l'aîné a de l'esprit, mais pas autant à beaucoup près que son frère, ni de la même espèce ; il n'est pas non plus d'une figure aussi agréable et il est beaucoup moins grand. Il a épousé, il y a longtemps, la fille de M. Méliand, conseiller d'Etat, dont il a un fils, qui est maître des requêtes ; il est séparé d'avec sa femme il y a longtemps, et n'est point cependant brouillé avec son beau-père ; il l'a été longtemps avec son frère cadet; mais présentement ils sont raccommodés2. »
Un homme dont nous retrouverons quelquefois le nom