LE MARÉCHAL DE MAILLEBOIS
On peut rendre la même raison du prétendu manque d'esprit et du génie de la guerre qui possède le
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maréchal de Maillebois comme le comte de Saxe. A de telles conditions, Ton est peu admiré des courtisans, mais on est utile à la patrie et recommandé par l'histoire. Le maréchal de Villars disait de celui-ci, quand il servait sous ses ordres, qu il ri avait pas inventé la poudre, mais quil ne la craignait pas. C'est donc un véritable homme de guerre, en aimant jusqu'aux dangers, occupé de cet art et capable des plus grands projets. Son père, ministre d'État, rendit de grands services au feu roi par ses ressources dans l'administration des finances ; sa faveur ne procura au maréchal de Maillebois que l'entrée aux premiers grades militaires; il a avancé par ses actions et par son propre mérite, il a réussi en plusieurs choses, il a gagné une bataille en Italie en 1745. Sa retraite de Parme l'année suivante fut meilleure qu'une victoire. Il n'a pas toujours été heureux ; mais il n'a été ni défait ni vaincu, comme nos maréchaux de Tallard, de Villeroy et de Noailles; il a seulement manqué de vaincre par des contre-temps imprévus, par l'entêtement de nos alliés ou par des ordres de la cour trop pris à la lettre , comme à la marche de Westphalie en Bohême1. Il est mauvais politique, courtisan dur et farouche, grand chasseur, excellent père de famille s.
i . Lorsqu'en septembre \ 742 il marcha trop lentement au secours de Prague et manqua sa jonction avec le maréchal de Broglie.
2. Le fils du maréchal de Maillebois épousa, en février 1745, Marie-Madeleine-Catherine de Voyer d'Argenson , fille de notre auteur.