‹ Journal et mâemoires du marquis d'ArgensonChapitre 55 sur 57 · Allusion aux vers du Poème de Fontenoy · texte numérisé non relu

Allusion aux vers du Poème de Fontenoy

D'Argenson qu'enflammaient les regards de son père, etc.

2. Folio 61 du mss Affaires étrangères, avec cette indication en marge : Mémoires de ma vie.

3. Dans le passage suivant des Remarques en lisant, n° 1203, d'Argenson témoigne un vif regret, qui va presque jusqu'au remords, de ne s'être pas trouvé davantage aux dangers dans cette occasion : « A peine ai-je pensé quelques moments en ma vie à ma gloire particulière. Je n'ai cependant jamais manqué de sentir combien elle réclame dans le cœur et dans les sens. J'ignorais ce que je sentais; mais cette voix se faisait entendre à chaque occasion ; je sentais un ver rongeur quand j'avais un soupçon de honte, et je ne me consolais pas, quand je n'avais rien de bon à répondre à ce soupçon. Il est donc arrivé que j'en ai eu trop peu de soin, m'occupant trop du gros de mes objets qui sont toujours vertueux. De là est arrivé que je ne me suis pas trouvé aux dangers au combat de Fontenoi, et que je n'arrivai que pour être témoin de la victoire, étant allé au camp, à trois lieues du combat, dès la veille, pour travailler à mes dépêches, que je n'avais pas alors visitées depuis dix jours. Mille autres choses m'ont distrait ainsi à la cour. »

Majesté me fit l'honneur de me dire qu'elle allait me faire voir le camp des ennemis; effectivement nous le vîmes au bout d'un quart d'heure; nous couchâmes sur la paille à Calonne. Le lundi matin, tout languissait; Sa Majesté me dit que je perdais mon temps, qu'il y avait six jours que je ne lisais point mes lettres. Après le conseil de guerre, où le maréchal de Saxe conclut qu'il n'y aurait rien, le Roi m'envoya travailler à son quartier à Chin, qui est à trois bonnes lieues de Calonne et à quatre lieues de Fontenoy. Le mardi matin, on ne savait rien de ce qui se passait où était le Roi, mais on entendait bien du bruit et on voyait de la fumée au plus loin de l'horizon. J'y allai, j'arrivai au pont du Haut-Escaut sur l'inondation, et mon arrivée fut au plus vilain moment de l'affaire : les fuyards, des canailles de valets et de pionniers avaient forcé la garde du pont, et pensèrent me noyer; heureusement je ne mène pas mal mon cheval , et c'est le seul risque que j'ai couru. Je ne savais pas trop où était le roi, qui venait de faire un mouvement; je vis bien du désordre en cherchant Sa Majesté. Je le joignis, et, peu après, on vint nous annoncer les meilleures nouvelles, et mes premiers regards ont vu fuir les Anglais. Depuis cela, je n'ai plus vu que des cris de victoire mais bien des funérailles qui m'ont fait grande pitié.... »

Projet de traité entre le roi et le Roi de Sardaignex.

Le sérénissime roi de Sardaigne, ayant eu lieu de reconnaître, dans les différentes révolutions survenues pendant le cours de la présente guerre, que l'Italie serait encore longtemps exposée à en éprouver les calamités, s'il ne convenait avec Sa Majesté Très- Chrétienne sur les moyens de mettre fin à cette guerre, à de telles conditions que la paix pût y être, non-seulement rétablie promptement, mais que l'on pût compter aussi de la rendre solide et durable, il a résulté des ouvertures et pourparlers sur une vue

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