ANNEE
SEPTEUBRE.
JOURNAL DE CE QUI s'eST PASSÉ AU PARLEMENT A LA MORT DU ROI LOUIS XIV.
IJu lundi 2 septembre 1715. — Sur l'avis reçu hier de la mort du Roi, la compagnie a été convoquée par billet, attendu la fête, et ajournée à ce matin, avertie que M. le duc d'Orléans se rendroit au Parlement pour y demander la régence.
. A six heures du matin, MM. se sont trouvés en place dans la Grand-Chambre, MM. les présidents dans les bas sièges (1).
M. le premier président a dit à la compagnie qu'il seroit délibéré sur plusieurs grandes et importantes affaires , qu'il avoit prié d'assembler de bonne heure pour recevoir la lettre de cachet du jeune Roi et en faire la lecture avant l'arrivée des princes.
Il a ajouté qu'il croyoit être bien informé que MM. les ducs feroient des incidents sur deux prétentions agitées du vivant du feu Roi (2) et qu'ils pensoient même le faire
(1) Les hauts sièges étant réservés aux pairs.
(2) On peut lire dans Saint-Simon, qu'elles passionnent étrangement, et quf leur consacre presque tout le tome XI, le détail de ces querelles d'étiquette qui nous semblent aujourd'iuii si puériles. Il n'eu était pas de même a une époque où les distinctions sociale.^, déjà menacées par ces usurpations qui pré* cèdent l'égaillé, se défendaient avec une sorte d'outrance désespérée. L'affaire du bonnet, par exemple, passionna la cour et la ville, et faillit amener une
avec une vivacité capable de troubler la Compagnie et d'interrompre des délibérations sérieuses, qu'il demandoit à MM. ce qu'ils jugeoient à propos de faire, s'ils vouloient dissimuler au cas que MM. les ducs innovassent ou s'il conviendroit de quelque chose, qui empêchât les ducs de se prévaloir du silence que l'on garde volontiers, de peur de rompre une .séance dans laquelle des matières aussi sérieuses alloiènt être travaillées.
Un de MM. seul a opiné à dissimuler, attendu les circonstances.
Tous et M. de Novïon, qui a digéré l'avis, demandent que si un duc innovoit lorsqu'on lui demandera son avis, M. le premier président lui diroit poliment et avec douceur : Monsieur, vous n'opinez pas. S'il insistoit, il loi diroit : Monsieur, si vous ne vous mettez en règle , vous êtes censé ne point opiner, et votre voix ne sera point comptée, et passeroit à un autre et ainsi de suite.
Cette délibération (assistée) les gens du Roi ont été mandés, et on a porté la lettre de cachet. M. de Fleury a fait un discours en peu de mots très-convenable. Là lettre lue, on a remarqué que les mots qui avoient blessé le Parlement en 1643 en étoient retranchés (1).
On a ordonné qu'elle seroit insérée dans les registres, et les gens du Roi ont été chargés d'aller prendre Tordre du Roi pour le jour et l'heure à laquelle il voudroit recevoir les hommages et les obéissances de son Parlement. Cela fini, on a reçu M. de la Rochefoucauld, pair de
révolution. Il ne s'agissait pourtant que de savoir qui des pairs ou du premier président ôterait le premier son chapeau.
(1) « Ensuite les gens du Roi apportèrent la lettre de cachet du Roi par laquelle (( il apprenoit à la compagnie la niort du feu Roi son hisaïenl et IMnvitoit à con- '( tiniier ses fonctions pour le bien de la justice et de son service. M. le pre- <( mier président lit remarquer avec raison que dans cette lettre, il n'étoit point ('. fait mention comme dans celle de 1643^ après la mort de Louis XIII, de «* prestation de nouveau serment. » ( Relation du P. d'Aligre.) La même observation, que le Parlement avait à cœur, est faite dans le procès-verbal imprimé. ( Voy. les Mémoires de la Régence où est la lettre de cachet. )
France^ quoiqu'il n'eût pas fait ses visites. Il avoit une excuse bien légitime^ n'ayant quitté le feu Roi qu'à rinstant de sa mort. Quelques-uns de MH. opinèrent de ne lui point faire cette petite grâce (1), par rapport â ce que les ducs méditoient; mais son nom' et ses excuses ont prévalu.
Ensuite, on a délibéré sur laYnanière de recevoir M. le duc d'Orléans, qui, avec bonté et politesse^ n'avoit pas voulu exiger les mêmes honneurs que l'on avoit rendus à M. le duc de Berry, et qui se seroit contenté d'être reçu par les deux derniers présidents et deux conseillers au bout de la galerie couverte près la Sainte-Chapelle. Mais il a été arrêté qu'il seroit reçu comme M. de Berry (2).
Depuis huit heures jusqu'à neuf, tous les ducs sont arrivés; cinq ecclésiastiques et vingt-trois ou vingtquatre séculiers. Ils se sont placés à l'ordinaire coupés par un conseiller de Grand-Chambre sur le bout du banc. Sur les neuf heures et demie, MM. les princes sont arrivés ensemble. M. le duc d'Orléans, M. le Duc, M. le comte de Charolais^ M. le prince de Conli, M. le duc du Maine, M. le prince de Dombes et M. le comte de Toulouse. Ces trois derniers ont traversé le barreau et pris place devant tous les pairs, comme ci-devant, sans que cela ait fait aucune difficulté ou matière de délibération .
Sitôt qu'ils opt eu pris place, M. l'archevêque de Reims s'est levé et avancé jusqu'à M. le duc d'Orléans, et lui a voulu présenter une requête en forme de protestation (3). M. le duc d'Orléans l'a prié de vouloir reprendre sa place
(1) Ce fait n'est f)oint mentionné dans la relation du P. d'Aligre.
(2) Voir le détail de cette réception dans Saint-Slnion, édit. Hachette, t. X, p. 343 et suiv. — A la date du 15 noars 1713.
(3) Selon le président d'Aligre, le duc d*0rléans, qui savait les tôtes fort échauffées et redoutait avec raison toute discussion qui pouvait être nuisible à sa propre cause, aurait pris les devants, et aurait, avant toute protestation, exhorté les pairs à ajourner à des moments plus opportuns Texposé de leurs griefs légitimes. Selon Saint-Simon, XIH, p. 116, 117, c'est Saint-Simon lui-même qui fit la protestation et non M. de Reims.
et de parler haut. Il a toujours adressé la parole à M. Te duc d'Orléans, et sans penser apparemment qu'il étoit en place et qu'il étoit pair de France, il a dit : Monseigneur, V. A. R.. (1). Son discours mérite peu la peine d'être
extrait Il a conclu au nom de tous MM. les ducs qu'il
faisoit une protestation contre tout ce qui seroit fait contre leurs droits, dont ils ne se relâchoient que parce que M. le duc d'Orléans Tavoit exigé d'eux pour ne pointtroubler la séance. HM. de Saint-Simon et delà Force ont crié : «Acte, acte... Oui, nous étions résolus! » Sans dire de quoi faire. M. le duc d'Orléans a dit à M. le premier président qu'effectivement il les avoit priés de ne point interrompre une assemblée aussi imposante et qu'il demandoit que cela ne puisse leur nuire. M. le premier président a répondu à M. le duc d'Orléans que tout ce que la compagnie pourroit faire c'étoit de l'assurer que ce qui se passeroit dans la présente séance ne pourroit nuire ni préjudicier au droit des ducs, si aucun ils avoient. Cette altercation finie, M. le duc d'Orléans a pris la parole (2) et a dit (3) qu'il croyoit devoir commencer par rendre à la Cour les dernières paroles du Roi, qu'il lui avoit dit : « Mon neveu, je vous ai conservé le droit de votre naissance. Je crois avoir tout réglé après ma mort, mais comme on ne peut tout prévoir, vous ajouterez ou changerez ce que vous jugerez convenable.
(1) Au lieu de Monsieur, Le président d'Aligrç Iraile durement ce lapsus H dHmbécilUté » .
(2) « M. le duc de Saint-Simon insista à dire que ce seroit donc pour cette fois seulement et sans le tirer à conséquence. » C*est ainsi que M. d'Aligre paraphrase Pexclamatiou du colérique pair, accentuée encore par son geste. 11 ne fait pas mention du dialogue de conciliation entre le duc d'Orléans et le premier président.
(3) « M. le duc d^Orléans prit la parole en s*adressant à la compagnie et exn posa, en lisant. son papier, appuyé sur son bureau, avec toute la présence « d'esprit, toute la sagesse, loule la politesse et toute la noblesse, etc. »
Selon d'Aligre, n il demanda d'abord que les gens du Hoi fussent appelés eC entendus sur ce qu'il avoit à proposer ».
SEPTEMBRE 1718. ]6f
Je vous recommande le Dauphin et de soulager l'État. Il ajouta plusieurs choses si avantageuses pour moi que je ne puis vous les rendre. » Son discours fut très-éloquent : il le lisoit et son intention étoit que Ton délibérât sur le droit de sa naissance qui lui déféroit la Régence, avant d'opiner sur les différentes clauses, restrictions et modifications contenues dans le testament déposé au Parlement ou dans les codicilles, dont il étoit porteur (1). Il ajouta qu'il demanderoit volontiers à la Cour ses avis et ses remontrances dont il espéroit rétablir l'usage^ etc.
Les conclusions des gens du Roi, auxquelles l'avis a été conforme, ont été à faire l'ouverture du testament et du codicille, avant de délibérer. M. de Fleury a parlé très-convenablement sur le respect dû à la mémoire du feu Roi et à ses dernières volontés (2).
M. le premier président et M. le procureur général ont été faire l'ouverture de l'armoire en dressant le procèsverbal. Les cachets du testament ont été montrés à' M. le
(1) Ce lestement ayait été soigneusement gardé. « Les membres du Parlement « firent creuser une brèche dans la tour du Palais et renfermèrent le précieux ce dépôt sous des grilles de fer, uue porte de fer et des triples clefs, comme «( pour le mettre à l'abri d'un coup de main. » On peut lire ce testament dans Isambert, Anciennes lois françaises , t. XX. Il y eut deux codicilles, le premier du 23aTril 1715, selon Krnest Moret, du 13 août 1715, suivant Isambert, do 25 ayrily selon d'Aligre, et suivant le procès-yerbal imprimé du parlement, da 13 avril. Il est singulier quMl ait pu y avoir plusieurs avis sur une date authentifiée par arrêt. Le second, du 23 août, suivant le même et le procès- Terbal imprimé: Le chancelier Voysin livra le secret de Ton et de Tautre. Cette trahison, prêtée gratuitement au duc de Noailles, lui appartient en propre. ^- Le duc d'Orléans ne pouvait être porteur que du second codicille, que Voysin lui avait remis.
(2) Voir son discours, Mëm. de la Régence, t. I, p. 158. Il est assez singulier que ce fut au nom de ce respect pour les volontés du feu Roi, que cx)ntrairement aux termes exprès et très-prévqyanls dé l'édit d'août 1714 qui ordonnait de procéder, avant toutes choses, à Touverture et lecture du testament, les geus du roi et la cour accordèrent ce qu'on appeUerait de nos jours la question préalable. Cette complaisance sauva peut-être le duc d'Orléans. La cour rendit là un de ces arrêts qui sont des services.
I(i2 MÉÎMOIRKS DE MATHIEU MARAIS.
duc d'Orléans^ qui au même instant a remis le codicille cacheté à M. le premier président. M. de Dreux a été choisi pour lire. On a commencé par Tédit et sur ce qu'il s' arrê toit au mot : A ces causes, etc., M. le premier président lui a dit : Lisez, Monsieur, c'est notre loi.
Après la lecture de l'édit, on a commencé celle du testament. Il commençoit par ces mots : Ceci est notre dernière volonté (1), tenant sept ou huit pages de la propre main du Roi et assez mal écrites.
Les dispositions étoient : un conseil de Régence, composé de M. le duc d'Orléans, qui en seroit le chef, et de M. le Duc lorsqu'il auroit vingt-quatre ans accomplis, de MM. les ducs du Maine et de Toulouse, de M. le Chancelier, chef du Conseil Royal, des maréchaux de Villeroy, d'Harcourt, d'Huxelleset Tallard (2), de M. Desmarets, des quatre secrétaires d'État, pour les affaires y être délibérées à la pluralité des voix, et, en cas de partage seulement, celle de M. le duc d'Orléans décideroit; 'que s'il manquoit un des membres de ce Conseil, il seroit remplacé à la pluralité des voix. Qu'il seroit composé un conseil de conscience du confesseur, de quelques pré-
(1) « M. le premier président sortit avec M. le procureur général et M. Don- « gois, cliargé de trois clefs du lieu où le testament avoit été déposé. Revenu « eu sa place, il tira le testament de la boite ou coffret où iléloit renfermé, « fit voir à M. le duc d'Orléans que la suscription étoit de la maio da Boi, « et que les cachets étoient sains et entiers. Il le tira du papier où il étoit enven loppé, coupa avec des ciseaux qui lui furent donnés par M. le prince de « Cunti le lacs de soie qui le tenoit altaclié sous le contre-scel de l'édit ,' en a forme de lettres patentes qui ordonnoit le dépôt, l'ouverture et la lecture K du testament et fit remettre successivement le tout entre les mains de « M. Dreux pour en faire tout haut la lecture. » (D'Aligre.)
Le titre de M. Dreux à ce choix était <i qu'il lisoit bien et d'une voix forte <( qui seroit bien entendue de tous, de la place où il étoit sur les sièges hauts, K derrière les présidents, près de la lanterne de la buvette. » (Saint-Simon.)
Il commençait par ces mots : « Ceci est notre disposition et ordonnance de
n dernière volonté et finissait à la dernière page par ces mots : « Fait à
« Marly le deuxième d'août 1714. Louis. ( Procès- verbal imprimé des Mém. R de la Rég.) »
(2) Il y avait cinq maréchaux ; le cinquième était Yillars.
SEPTEMBRE ITIK. 163
lats (1) choisis par le conseil de Régence^ auquel les bénéfices seroient distribués sans que le chef du conseil en pût disposer, non plus que des charges, emplois et dignités : que la garde et tutelle de M. le Dauphin seroità M. le duc du Maine, qui auroit toute autorité sur les Iroupes de la maison du Roi et les commanderoit sans que M. le duc d'Orléans pût en disposer ni transporter le Dauphin d'un lieu à un autre sans Tavis du conseil de Régence (2).
Un long article sur les Invalides : un de même pour Tabbaye de Saint-Cyr.
Le codicille ouvert (3), on en a fttitla lecture, il ne contenoitrien de bien essentiel; il ordonne que le jeune Roi soit mené à Vincennes , parce que Tair y étoit bon : que du moment de la mort jusqu'à l'ouverture du testament, M. le marquis de Villeroy auroit le commandement de la maison du Roi: qu'il seroit gouverneur du jeune Roi (4) : M. de Sommery et M. de Geoffreville, sous-gouverneurs; que M°® de Ventadour en auroit soin jusqu'à sept ans. M. de Fleury, ancien évêque de Fréjus, nommé précepteur (2* codicille du 23 août), et, par une apostille, le P. Le Tellier, confesseur, lorsqu'il seroit en âge. ;
La lecture finie, M. le duc d'Orléans a dit qu'il avoit heu d'être surpris de ces dispositions si contraires et au droit acquis par sa naissance , et à œ que le Roi avoit semblé lui désigner dans' les derniers moments de sa vie (5), qu'il auroit remarqué plusieurs choses qui le bles-
(1) (I Deux éTêques oa archevêques. » (D*AIigre.)
(2) Ainsi que le remarquent Saint-Simon, Isambert et £. Moret, la Régence dans ces conditions n'était plus qu'un vain titre. Nulle part, ce testament n^a été aussi exactement analysé que par Marais.
(3) « Et ensuite les deux codicilles apportés, dit le Procès-verbal, par M. le « duc d'Orléans, et mis par lui entre les mains de M. le premier président, ont (c été pareillement lus. Ils étoient dans une même feuille de papier, le premier «1 daté du 13 avril et le second du 23 août dernier 1715 et ils u'étoient point « cachetés. »
(4) » Ou à son défaut le maréchal d'Haroourt. » (D*AIIgre.)
(5) Saint-Simon et Dangeau lui-même attestent ces bienveillantes parole:^
soient et qui intéressoient les princes du sang dans la lecture du testament, et qu'il persistoit à demander que la cour opinât sur le droit de sa naissance et sur la Régence qui devoit lui être déférée, après quoi il feroit des demandes sur les clauses du testament (1).
Les gens du Roi ont conclu à lui déférer la Régence , comme lui étant due parles droits du sang : l'arrêt a été conforme.
M. le duc d'Orléans sembloit souhaiter que Tarrèt fût prononcé. M. le premier président lui a remontré qu'il ne le seroit qu'au lit de justice, mais qu'il étoit arrêté et ne seroit pas moins stable.
M. le duc d'Orléans, déclaré Régent, a demandé que M. le duc de Bourbon (2), qui, parle testament, ne devoit
qui ne témoignenl pas autant de dissimulation qu'on l'a dit, mais simplement le combat perpétuel de ses dispositions personnelles et des préventions qu*on lui avait suggérées, et au fond ce grand désir de tous les mourants, de mourir en paix avec tout le monde. Seul, le Procès- verbal, imprimé h la suite des Mé» moires de la Régence, 1. 1, a reproduit ces paroles avec une exactitude qui semble saisissante.
(1) Tel fut en effet Tordre de la discussion, d'une si habile méthode. Seuls le Procès<verbal imprimé et Marais Tout reproduite dans cet ordre quf-semble interverti dans le récit de Saint-Simon et celui de d'Aligre. Celui-ci, après avoir très-nettement indiqué que le duc d'Orléans consentit à Touverture et à la lecture du testament , à condition que la cour délibérerait d'abord sar les droits que lui coûférait sa naissance et ensuite sur ceux que lui donnait le testament, et avoir même félicité le prince de cette déférence, ne distingue plus dans le discours du duc d'Orléans, ni dans les arrêts de la cour, ces deux périodes bien tranchées, coupées [lar un avis des gens du Roi et une mise aux voix. Saint-Simon de même. Il y eut deux discours et deux votes après l'ouverture et la lecture du testament faites conformément à un premier avis. Discours et vote sur les droits que la naissance donnait au. duc d'Orléans, discovs et vote sur les dispositions du testament qui pouvaient lui faire grief. Marais garde' par ce respect des lignes essentielles, une humble mais réelle supériorité sur le bouillant Saint-Simon et d'Aligre le diffus.
(2) Marais seul a indiqué l'habileté avec laquelle le duc d'Orléans commence à demander pour les autres, avant de demander pour lui-même. Seul aussi il a fait taire au duc d'Orléans la source où il avait puisé ses projets de gouvernement par conseils. Le duc d'Orléans ne dut pas, pour en garder tout le mérite, dire qu'il les avait trouvés dans la cassette du duc de Bourgogne, ainsi que d^Aligre et le procès- verbal le lui font proclamer.
entrer au conseil qu'à vingt-quatre ans accomplis en fut dispensé ayant -vingt- trois ans. Qu'en qualité de premier prince du sang, on lui accordât le titre de chef du conseil de Régence. Que les princes du sang pussent entrer au conseil à vingt-quatre ans commencés; qu'il souscrivoit à la tutelle du jeune Roi donnée par le testament à M. le duc du Maine, mais que le commandement des troupes étoit tout à fait séparé, qu'il lui appartenoit comme Régent; que l'autorité en France ne se divisoit point; que pour le conseil il avoit des desseins qu'il n'avoit pas encore eu le temps de ranger; qu'il estimoit qu'il étoit nécessaire d'en former plusieurs pour chaque affaire particulière ; un pour les finances, un pour la guerre, etc. , qui ressortiroient tous, pour ainsi dire, au conseil supé-
Selon d^AIigre, la séance fut levée dès que M. le duc d^Orléans eut exprimé les observations que lui suggérait le testament. Selon le Procès-verbal et Saint- Simon lui-même, ainsi que selon Marais, la parole fut prise tour à tour par le duc d'Orléans, le duc de Bourbon et le duc du Maine, et la séance ne fut levée et remise à trois heures qu'après avoir ouï les gens du Roi, et tranché les pre> mières questions soumises à l'appréciation du Parlement. Mais ce que Saint- Simon seul a dit, parce que seul il l'a vu, et c^ue seul placé pour tout voir, il avait aussi Tart de tout dire, c'est Facharncment de la lutte entre le duc d*Orléans et le duc de Bourbon d'une part, et de Tautre le duc du Maine. Le débat, que le Procès- verbal et d'Aligre réduisent impitoyablement aux formes solennelles du discours, fut bien autrement vif, bfen autrement passionné. La disciissiou qui dégénérait en dispute, fut transportée dans la salle des enquêtes hors de la présence du Parlement, et là s'y prolongea et s'y échauffa au point que La Force et Saint-Simon, effrayés de la tournure que prenaient les choses, étonnés de l'opiniâtre résistance du duc du Maine et de sa fermeté imprévue et redoutant pour le duc d'Orléans les suites d'une querelle qui rabaissait et qui permettait aux partis de se compter, aux enthousiasmes de se refroidir, aux consciences de se troubler, dégagèrent fort opportunément et fort heureusement le prince en faisant ajourner la suite des débats. On devait profiter de cet intervalle pour se réunir, se concerter, et prendre des dispositions décisives. Selon Lemontey « il fut troublé , inégal , imprudent et en « tout au-dessous de lui-même. » Peut-être est-ce là un jugement trop sévère. « Il est néanmoins certain que par i'habiîe diversion qu'ils lui suggérèrent, La Force et Saint-Simon rendirent au régent, qui avait perdu son sang-froid, un service signalé. C'est l'avis de Duclos. Il faut lire dans Saint-Simon (t. XIII, p. 119 à I2ô) les péripéties émouvantes de cette lutte, racontée en termes ardents par un témoin si intéressé et si passionné.
lUO MÉMOIRES DE MATHIEU MARAIS.
rieur delà Régence, mais qu'il lui falloit plus de temps pour prendre sur cela des arrangements certains qu'il communiqueroit à la Cour.
Après lui, M. le Duc a demandé qu'il pût exercer la charge de grand maître et qu'il fût déclaré indépendant de M. le duc du Maine à qui il n'obéiroit point. . M. le duc du Maine lisoit un grand papier qui avoit trois pages écrites in-folio. Il a dit qu'il avoit bien senti que le Roi Tavoit honoré dans un emploi au-dessus de lui, qu'il le lui avoit même représenté lorsqu'il lui avoit fait quelques ouvertures sur ces dispositions, mais que le Roi lui avoit fermé la bouche en lui disant de respecter ses volontés^ que cependant il demandoit à la cour de régler ce qu'il de voit être : de ne lui point laisser un nom dénué de toute fonction et de toutes autorités et de faire en sorte qu'il puisse avec honneur exécuter les volontés du Roi.
Les gens du Roi ont demandé d'aller délibérer quelques moments. Tous MM. les princes y ont été aussi : JM. le duc d'Orléans a demandé de pouvoir se lever, et a été conduit à la quatrième, où il a eu une petite conférence avec les gens du Roi qlii, étant rentrés et tout le monde ayant repris sa place, ont dit :
Que pour les premiers articles des observations faites par M. le duc d'Orléans sur Tàge de M. le Duc rien ne lui sembloit plus favorable : qu'il avoit vingt-trois ans, que dans les choses favorables, etc. Ils ont conclu à accorder les deux premiers articles.
Pour les difficultés qui se sont élevées entre M. le duc d'Orléans et M. le duc du Maine, au sujet des dispositions du testament, aussi bien qu'aux idées que M. le duc d'Orléans venoit de communiquer à la cour sur l'établissement des différents conseils, la matière paroissoit si importante qu'il falloit prendre un peu de temps pour en délibérer à tète reposée, et donner à M. le duc d'Orléans le temps de digérer ce qu'il avoit intention de pro-
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poser à la cour, qu'ainsi ils étoient d'avis que la séance fut remise à un autre jour ou à Taprès-midi.
On a opiné et déclaré M. le duc de Bourbon chef du. conseil de Régence, que MM. les princes pourroient entrer au conseil avant Tàgede vingt-quatre ans commencés, et sur le surplus, la séance est. remise à trois heures de relevée, de l'agrément de M. le duc d'Orléans, qui a eu la politesse de demander à M. le premier président s'il n'y avoit pas quelque affaire que cela pût interrompre. M. le premier président a répondu qu'il n'y en avoit pas qui ne dût céder à celle qui se traitoit.
Du même jour y 3 heures de relevée. — La séance, interrompue à une heure, s'est rassemblée à 3 heures. Les gens du roi mandés, M. le Duc a pris la parole, et a dit qu'étant déclaré Régent il ne pouvoit s'assujettir au conseil de la Régence dans les termes portés par le testament, non qu'il eût quelque peine à suivre la pluralité des voix, qu!il y consentoit de tout son cœur dans les affaires, mais pour la distribution des grâces, des charges, des emplois , des bénéfices , il seroit inouï, s'il n'en avoit seul la distribution , qu'il étoit même nécessaire pour le bien de l'État qu'il pût à son gré récompenser les services de ceux qu'il connoissoit ou connoltroit à l'avenir qui le sçrviroient bien, et encourager les autres à le bien servir par l'espérance des grâces. Qu'il vouloit être libre pour faire du bien et qu'il consentoit à être lié pour ne pouvoir faire du mal à personne (1), qu'il persistoit tou- ' jours dans la résolution de former plusieurs conseils, un pour les finances , un pour la guerre, un pour la marine etc., qui tfessortiroient au conseil supérieur de Ré-
(1) Paroles heureuses, qui provoquèrent un sympathique applaudissement de rassemblée, et furent fort goûtées du pubHc; Les gens du Roi, dans leur discours, supplient « la cour de conserver à jamais dans ses registres ces paie rôles mémorables de M. le duc d^Orléans : <( Qu'il ne vouloit être indépen- <c dant que pour faire le bien et qu'il consentoit qu'on le liât tant qu*on le (c Toudroit pour ne point faire le mal. »
gençe , mais qu'il lui fût libre de choisir ceux qu'il y admeltroit, d'en pouvoir augmenter ou diminuer le nombre prescrit parle testament, qu'il estimeroit néces-^ saire de former un conseil de conscience où entreroient «deux prélats et magistrats instruits des lois et des libertés, qu'il se réservoit de choisir dans le Parlementi
Que pour l'article qui concerne le commandement des troupes, il seroit sans exemple que l'autorité fût partagée : que, comme Régent, il devoit seul commander, que le repos de TÉtat y étoit intéressé, que quoiqu'il , n'eût aucun soupçon contre ceux à qui le testament confioit le commandement, il ne pouvoit, si ses dispositions subsistoient, répondre de la tranquillité du royaume ni des divisions intérieures; qu'en un mot, il prétendoit avoir seul le commandement des troupes.
Les gens du Roi ont parlé, et après avoir loué la modération de M. le Régent qui consentoit de se soumettre à la pluralité des voix pour les affaires, ont été d'avis de ne Ty point assujettir pour la distribution des emplois, des grâces, des bénéfices, en lui donnant acte de cette déclaration , de le déclarer libre de choisir telles personnes qu'il voudroit, d'augmenter, diminuer ou changer le conseil de Régence, de former tels conseils qu'il aviseroit dont ilferoit part à la cour. Ils déclarèrent que M. le duc de Rourbon exerceroit sa charge de grand-maltre indépendamment de M. le duc du Maine.
L'arrêt a été conforme aux conclusions. ^
Sur le commandement des troupes, on ajugé qu'il ne pouvoit être divisé et que M. le Régent seul devoit ordonner, nonobstant le tempérament que MM. les gens du roi avoient proposé, le croyant possible, qui étoit d'ordonner que le guet , ou les troupes, journellement employées à la garde du Roi, obéiroient, pour le temps seulement qu'elles seroient de garde, à M. le duc de Maine : ce qui a été jugé impossible.
L'arrêt convenu, M. le duc du Maine a représenté à la
cour que puisqu'elle venoit de juger que M. le Régent devoit seul commander toutes les troupes, il ne se trouvoit plus en état, n'ayant aucunes troupes à sa disposition , de répondre de la sûreté du jeune Roi que le testament lui confioit aussi bien que son éducation , et qu'il demandoit à en être déchargé.
Les gens du Roi ont demandé quelque temps pour aller délibérer.
Eux devenus, ils ont dit qu'ils estimoient que M. le duc du Maine devoit se contenter du titre de surintendant de l'éducation du Roi, et qu'il falloit le prier de se concilier avec le Régent sur le commandement des troupes et chercher quelque tempérament qui pût en approchant des dispositions du feu Roi se trouver praticable. Sur cela, M. le duc du Maine a dit qu'il persistoit 'à demander acte à la cour de ce qu'il ne se chargeoit pas de la sûreté du jeune Roi.
Les gens du Roi , après avoir encore délibéré, n'ont conclu rien de précis, ont dit que le peu de moments qu'ils avoient eu ne leur avoit pu fournir d'expédient pour accommoder et concilier cette difficulté, qu'il falloit, ^our une chose de cette importance, plus de temps, d'autant qu'ils étoient peu versés dans ce qui regarde la discipline militaire, et qu'ils demandoient que la délibération fût remise pour trouver cet expédient et cette conciliation.
Sur cela, les gens du Roi retirés, on a demandé l'avis. M. le Nain, doyen du Parlement, a opiné aussi peu décisivement que les conclusions, ce qui a fait dire à M. le duc du Maine que cet expédient ne se trouveroit pas et qu'il demandoit acte à la cour, etc. M. le duc d'Orléans ^ pris la parole, et lui a demandé ce qu'il craignoit, pour etvoir tant de scrupules sur la sûreté du jeune Roi. M. le âuc du Maine lui a répondu qu'on ne pou voit prévenir ^ux troubles et quelque autre cas. Sur quoi M. le duc d'Orléans a repris qu'il comptoit peu quitter le Roi et
pouvoir répondre de sa personne, sans avoir besoin que d'autres en répondent. Qu'il seroit pour cet effet mené à Vincennes, où il seroit comme à Paris, et s'adressant à M. le premier président a dit que, quoique ce ne fût pas à son rang d'opiner, si la cour l'agréoit, il lui deraanderoit de donner acte à M. le duc du Maine.
On a opiné , et M, le duc du Maine a été déchargé de la sûreté du jeune Roi (1).
(1) Pour toule cette seconde séance, les divers récits sont à peu près con-> cordants. Le plus exact de tous, quoique sans minutie, demeure celui de Marais. Mais ce que Marais, je le répète, n*a pas pu dire, parce quMl ne Ta point vu, et parce qu'il ignore ce grand et haut langage politique que manie si bien Saint-Simon, c'est le détail des scènes, c'est l'attitude des divers acteurs et des spectateurs eux-mêmes, c'est le caractère enfin de cette mémorable discussion. Saint-Simon juge tout ce spectacle en liomme qui en connaît à fond les personnages. Marais, lui, n'énonce aucun autre avis que celui du bon sens. C'est donc à Saint-Simon, le seul qui ait énoncé uue opinion, qu'il faut demander les éléments de la nôtre. C'est d'après lui qu'il faut tirer la conclusion et comme qui dirait la moralité de cette comédie. C'est lui qui nous peint le premier président partagé entre son ancienne affection pour les hôtes de Sceaux, et son récent dévouement au régent, payé d'une pension de 25,000 livres. C'est à lui qu'il faut demander le double portrait du duc du Maine, si triomphant le matin, puis si tenace, et le soir si découragé et si maladroit. C*est à lui enfin qu'il faut demander de caractériser cette dél|ibération tumultueuse, sans di- ' gnité et sans ordre, où testament et codicille sont abrogés <*. prématurément et comme par upe indignation soudaine. » Des querelles de salut et de bonnet, des trahisons, des platitude^, des serments violés, des consciences vencfues, un parlement ambitieux et vénal, se précipitant au vote « avant l'ordre, » comme impatient de se prostituer, un gouvernement de conseils qui multiplie les places et les influences, voilà les dignes préludes d'une époque où tout dégénérera de plus en plus, les hommes et les choses, les événements et les caractères. Époque de roués et de financiers, où le plaisir devient l'unique affaire, où Ton peut tout se donner, même la considération , et où commence le culte corrupteur du succès.
En ce qui touche le Parlement, je sais bien qu'il ne va pas tarder à revenir de ses enivrements. Je sais bien que va commencer cette lutte de la force contre Je droit , du bon plaisir contre la loi, qu'on a déclarée sublime. Pour moi , je ne vois dans ces remontrances tant vantées , qu'une indiscrète immixtion dans les affaires publiques, qu'une marque de plus de celte confusion d'idées qui permettait au juge de se croire législateur, que le dernier et stérile effort d'une usurpation traditionnelle, que le cri importun de la vanité blessée ou de l'ambition déçue. Dès l'origine , cette lutte des parlements contre l'autorité se montre dans ses mobiles indignes et secrets, et je ne me prends
Après cet arrêt, M. le duc d'Orléans a fait un petit remerclment à la cour et l'a assurée qu'il travailleroit sérieusement au bien (1) : il a ajouté que les ducs lui avoient réitéré leurs demandes à ce que la cour leur donnât acte, etc.
A quoi M. le premier président a répété ce qu'il a voit dit le matin. Pour cela, M. de Saint-Simon a crié : « Inscrit dans vos registres qu'à la considération de M. le Régent nous n'avons rien fait , car nous étions résolus et trèsrésoljis » M. le président de Novion a dit : « Non, Monsieur, on n'en mettra pasunmotdansnosregistres. » Mais, a encore crié M. de Saint-Simon, acte de nos protestations A qui le demandez- vous? a dit M. de Novion,
Est-ce à la cour? Oui, à la cour. Cela étant, vous la reconnaissez donc pour vos juges? Non pas, a dit M. de Saint-Simon , qui ne s'attendoit pas à l'argument pressant de M. de Novion. M. de Villars a pris la parole et a raconté une prétendue histoire, qu'il a dit tenir du Roi : c'étoit une conversation dans laquelle , ayant, dit-il, remontré au Roi que le Parlement tenant à présent lieu de la cour des Pairs, il lui sembloit peu séant que M. le premier président refusât à ces Pairs un coup de bonnet : que le Roi avoit répondu que cela lui sembloit extraordinaire, ajoutant que ces paroles d'un si grand Roi sembloient devoir juger Taffaire. Et moi. Monsieur, lui a dit à l'instant M. le premier président, le Roi m'a fait Thonïieur de me dire , lorsque vous avez voulu agiter vos prétentions, qu'il falloit tâcher de vous concilier, mais qu'il
plus à ces semblants dMndépendahce et à ces affectations d'autorité auxquels Se guindent en vain des magistrats courtisans qui ne songent qu'à réformer l'État, et oublient si iroiontiers de réformer la loi, ou de se réformer euxtDêmes.
(1) G*e8t à ce moment seulement que Saint-Simon place Téloge du duc de Bourgogne par le régent, et l'aveu qu'il lui a emprunté ses projets de gouvernement (XIII, 128). Voir, sur ces projets de gouvernement, le livre de M. P. Mesnard, sous ce titre : Projets de gouvernement de M. le duc de Bourgogne , 2)aup^t7i, etc.; Paris, Hachette^ 1860,
ne prendroit jamais connaissance de cette affaire. M. le duc d'Orléans a dit qu'il recevoit les protestations , et décideroit après avoir entendu les parties et examiné les usages. M. de Novion lui a dit : Monsieur, le Roi seul peut décider ce différend (1). On a levé dans l'instant pour se retirer, et comme on étoit debout au milieu du parquet, M. le duc d'Orléans a entendu quelqu'un qu'il a cru mé-^ content de ce qu'on n'avoit pas pris les voix une à une, mais décidé par acclamation , ou vœu commun, sur la dernière difficulté touchant la déclaration faite parJM. le duc du Maine, qu'il ne se charge pas de la sûreté du Roi. Il a demandé qu'on reprit place et M, le premier président a repris les voix. M. l'abbé Bouret, conseiller de la première, a dit à son rang qu'il avoit été d'avis comme tous messieurs de l'arrêt, mais qu'il avoit fait une observation, qu'ayant déchargé M. le duc du Maine de la garde de la sûreté du Roi, on n'en avoit chargé personne : à quoi on lui a représenté que M. le Régent en étoit chargé de droit et nécessairement : tous ont opiné unanimement. M. le comte de Toulouse seul a dit qu'il ne pouvoit être
(1) Saint-Simon n'a garde de dire un seul mot de cette scène finale, peu à son avantage, et dont d'Aligre se garde bien d'omettre le moindre détail. Le procès-verbal rédigé par le Parlement passe aussi Tincident sons silence. D^Aligreet Marais sont d'accord pour le raconter presque-dans les mêmes termes. A V Appendice du tome XIII des Mémoires de Saint-Simon, M. Chéruel a inséré un extrait d^un manuscrit de la bibliothèque du Louvre (F. n** 401) qui reproduit les mêmes faits et corrobore le témoignage désormais certain de Marais et d'Aligre. Le rôle joué par le président de Novion dans cette querelle est remarquable. Il fut le chef de la résistance parlementaire, comme Saint-Simon de Topposition- des ducs, et il le fut avec une énergie, une logique et une âprcté singulières. Il était d'une famille où, selon Saint-Simon, cette haine implacable des prétentions de la pairie était héréditaire, et sans cesse enflammée par la jalousie du haut rang des Potier de Gesvres , cadets de la famille, qui avaient si fort humilié de leur rapide élévation les Potier de Novion, leurs atnés, demeurés robins et bourgeois. M. de Novion ne se borna pas aux paroles. Il est regardé comme l'auteur d'une sorte de pamphlet publié par la Revue Rétrospective, dont nous parlerons plus tard, et où les prétentions des ducs et pairs, ramenés ironiquement à leur origine, sont passées au fil d^une inexorable médisance.
de l'avis commun , étant directement opposé aux intentions du feu Roi et aux dispositions de son testament. On a levé sur les six heures la séance , et M. le duc d'Orléans est parti pour Versailles aux acclamations du peuple qui crioit : Vive le Roi (1).