‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV (1715-1737) (volume 2)Chapitre 12 sur 37 · A QUELQUES-UNS DU PARLEMENT DÈS LE JOUR DE LA MORT DU ROI · texte numérisé non relu

A QUELQUES-UNS DU PARLEMENT DÈS LE JOUR DE LA MORT DU ROI

La première proposition regarde la Régence que M. le duc d'Orléans demande purement et simplement et avant l'ouverture du tes-

(1) « Le vendredi 30 août, dit d'Aligre, M. le premier président envoya un c< greffier chex tous MM. les présidents sur les huit heures du soir, pour les prier « de se rendre le lendemain samedi au palais à sept heures précises du matin.

tament, comme elle luy appartient par le droit de sa naissance, sans parler du conseil de Régence.

La deuxième : après Touverture du testament et codicille, il s'agit du conseil de la Régence, il demande que le conseil établi par le testament soit détruit, qu'il en soit formé un autre : que M. le Duc soit chef du conseil sous son autorité comme Tétait son bisaïeul le prince de Condé. Que M. le duc d'Orléans forme le conseil de gens choisis et accrédités dans le public et agréables à îa compagnie^ à qui il fera part du choix qu'il aura fait sans être astreint à la pluralité des voix.

La troisième : quant à la garde et tutelle de la personne du Roi, M. le duc d'Orléans ne prétend point s'en mêler : elle est sagement établie, et si le Roi ne l'avoit pas fait, il auroit prié le Parlement d'y pourvoir : il n'y a que quelques points à observer sur ce sujet.

Le premier est l'autorité sur la maison du Roi qui est une chose monstrueuse dans TÉtat. Dangereuse pour la tranquillité publique et contraire à toutes sortes de règle et de raison. Si l'on savoit qui a donné ce conseil, il mériteroit d'être puny, car c'est vouloir lever l'étendard de la guerre civile : M. le duc d'Orléans demande à cet égard le commandement de la maison du Roi, comme sur les autres troupes.

2^ Que M. le duc du Maine n'ait plus que la qualité de surintendant de l'éducation et de la garde de la personne du Roi, et le commandement du guet ordinaire sous l'autorité du régent et des princes du sang.

3® Que le commandement ne soit que sur les troupes qui composent le guet de l'exercice actuel auprès de la personne du Roi seulement.

4® Que le surintendant à l'éducation et à la garde du Roi ne le pourra transporter d'un lieu à .un autre que du consentement du régent et du Parlement.

La quatrième proposition : qu'il sera pourvu au choix du confes-

*< Il Dous fit venir sur les huit heures du matin dans son petit cabinet du pa- ^ lais, où après avoir entretenu MM. les présidents Sur des choses assez gêné- •< raies, il nous fit voir un Mémoire de ce qu'il dit qu'il lui étoit revenu par *« des voies indirectes, que M. le duc d'Orléans pouvoit proposer, etc.. »

Ce Mémoire et le témoignage conforme des Mémoires de la régence, des -Mémoires de Maurepas de Lemontey et d'Ernest Moret ( Leraontey, I, 26. ^■^ Morel, III, 433), suffiraient à prouver que le duc d'Orléans fut plus pré- V^oyant et plus habile que ne le dit Saint-Simon , et qu'il ne se présenta pas désarmé dans la lutte. Mais Saint-Simon, que son humeur impétueuse faisait t.cnir à Técart, ne croyait qu'aux projets qu'on avait préparés avec lui.

seur par l'avis du régent et du Parlement quand le Roi sera en âge. La cinquième • que M. le duc d*Orléans promet de révoquer par un édit les articles des ordonnances de 1667 et 1673 qui arrêtent le cours des remontrances et d'en faire expédier un édit incessamcnent; il promettra la continuation du Parlement pour l'enregistrement de cet édit, et des affaires publiques jusqu'au dernier septembre.

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