GAZETTE DU MOIS D'AVRIL
Paris , k avril. — Soissons. Corps de Doctrine — Oa^a vu ici la copie d'une lettre de M. Tévèque, de Sciiss|0D9>. où il annonçoitTaccident en ces termes : La citadelle est prise par ruse, par mine et par assaut. La nouvelle de cet aççQ.mniodement a causé beaucoup^ de surprise da]\s Içs pror: vinces (1). . ;; '.
On a lu à M. de Montpellier (2), le Corps, de dQctrituz il trouve, dit-on, que cette pièce est bien éloignée d^étre telle qu'on la pouvoit désirer, et l'on assure qu^il y a plusieurs endroits où le dogme n'est pas traité exactement.
Il est certain que l'auditeur de la" nonciature qui est chargé des affaires de Rome , en attendant le nouveau nonce, a reçu ordre du Pape de traverser l'accommodement. En conséquence il a rendu des visites à plusieurs évêques pour les détourner de signer le €orps de doctrine; mais on soupçonne ou plutôt on ne doute pas que la cour de Rome ne soit, au fond^ <M)ntente de l'acoommodement qu'elle veuille paroltre le désapprouver.
Qn assure que MM. d'Arles, de Marseille, de Toulon et plusieurs autres prélats des plus zélés pour la Constitution ont signé le Corps de doctrine . Cela est sur par rapport à MM. du Mans, deNevers, de Saint-Omer, d'Orléans, dont on a déjà les signatures. Dans cette dernière ville, les Jésuites marqueroient, comme dans tout le royaume, une grande joie de l'accommodement , disant que M. le cardinal de
(1) Le cardinal de Noailles , après avoir longtemps lutté, Tenait d'accepter la constitution Unigenitm sur les bases d'un Corps de doctrine qui conciliait, autant que possible, les dissentiments des deux partis. Marais nous donne ici Phistoire intime de cette acceptation et comme le secret des coulisses ecclésiastiques.
(2) Colbert.
>« cailles avoit reçu la bulle purement et simplement; ]i:iais de puis ils affectent de paroitre être mécontents.
On vient de publier un petit écrit de 15 pages intitulé : Lettre d'un chanoine à un hovume retiré du monde sur Tacoommodement au sujet de la Constitution. L'auteur s'ap* plique particulièrement à faire sentir qu'on ne doit pas être surpris que M. le cardinal de Noailles ait enfin r^u la BuJle relativement à un Corps de doctrine; que S, E. a. voit toujours été dans le même sentiment ; que la bulle pouvoit être reçue et qu'elle n'a fait maintenant que développer les principes de la conduite qu'elle a tenue depuis le commencement de cette affaire. Cet écrit fait beaucoup de bruit.