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dresser un règlement au Conseil pour concilier les diflérenles coutumes, peu conformes les unes aux autres sur celte matière. Le bureau de Tours n'a pas déféré à cet ordre, et a ordonné la saisie féodale. Par arrêt du conseil du 21 août, l'ordonnance a été cassée, défenses d'en donner de semblables à peine d'interdiction; et la >>urséance continuée jusqu'au 1" janvier 1718. Le dessein de concilier les coutumes sur les matières féodales a été tenté et jusqu'à présent n'a point réussi. C'étoit le projet de M. le premier président de Lamoignon dans ses arrêtés.
17 août. — Cardinal de Bissy. — M. le cardinal de Bissy ayant écrit aux évèques de France de son chef sur l'addition des mots sans nécessité dans la lettre de M. le Bégent, comme faite sans son ordre et contre son intention, M. le Bégent a écrit une lettre contraire le 17 août à tous les évèques, par laquelle il marque que ces mots ont été ajoutés, arec mûre délibération et non contre son intotlion ; qu'il est persuadé qu'ils n'ajouteront point de foi à ce que d'autres ont écrit ou pourroient écrire; (ju'ils ne publieront point de mandements, et il leur dit ; S'il vous survient quelque difficulté datis la suite de celte affaire, ne vous adressez^ s il vous plait, qu'à moi pour savoir mes intentions. C'est pour détruire ce (ju'avoit mandé le cardinal de Bissy aux évèques de s'adresser à lui. Voilà un démenti donné par M. le Bégent au cardinal. Les lettres de part et d'autre ont été imprimées et sont curieuses pour l'histoire de la constitution.
Mkuze — CoNTi. — 11 y a eu une grande brouillerie à l'hôtel de Conti. M. et M'"^ de Meuze, l'un piemier écuyer, l'autre dame d'honneur de M""' la [)rincisse de Conti, nui été chassés. M'"" de Meuze a dit Ijeaucoup de choses in juf'ieuses de M. le prince de Conti, et, entre autres, (ju'elle ^e b.dlroil avec lui l'épée à la n)ain si elle éloit hoinaie ( l qu'elle le feroit fuir : et il lui a ré[»ondu «pie <•' n'élint p;is là h^s armes (|ii"il lui f.dloil iii.ii'- un b'»n Mirrb.i-
2aȕ MKM<>lf\h:S DK MAltlIKl MAKAIS.
laiN I . Kniin If mari et sa femme ont quitté cette cour, qui e>l fort orai;euse.
27 août. — Hataillk hk Hklgradk. — On a reçu la nouvelle d'une grande l)atailU\ ^a^née par M. le prince Ku- ^'èi\e sur les Turcs. Il est sorti de ses retranchements le I(» aoi'il au u^rand niatin, sur les trois heures, à la faveur dim hrouillard ; il a sur[)ris les Turcs dans leur camp. Tout a été renversé et mis en fujle, et les Allemands ont pris tous les haiiaîJies, toute l artillerie , le canon, lés niuhilions, les terftes, etc. C'est une déroute ijénérale, d'autant plus étonnante que le prince Eugène éloit trèspresM' : il revient pour prendre Belgrade, après avoir - i.né cett<' hataille. On a appris cette nouvelle par un courrier de rélccleur de Bavière, qu'il a envoyé à M'"*" la Duchesse, j.our lui donner des nouvelles de M. le comte de (^harolais, son lils, (jui est dans l'armée de Hongrie.
•2H août. — lîi.i.r.RADK nus. — On a reçu la nouvelle de la prise de Belgrade, qui s'est rendue par capitulation, le lendemain de la hataille, avant (juc les tranchées aient été ouvertes. M. d'Estrade, lieutenant général des années du roi, cpii avoitaccompagné le prince de Domhes «•n Hongrie, a eu la jamhe emportée d'un boulet de canon el en est mort depuis. M. de Vilelte est mort (2).
'IHaoï'il. — ÉiuT m uixiemi: kt aitkks. — .Matikuks dks KKMo.NTiiAXiKsiu iVviu.K.MK.N T. — Cejour, le Parlement s'cst a.'iM.Mnhlé au sujet d'un laineux ('dil «pii lui a «Ué envoyé |Hiurla suppression du dixième, contenant plusieius arlules, et entre autres l'aholition i\v tous les fraucs-
\j * Wrnuiitf* H li-i ilian<«onhi('rA du teinp» ^mt |»W'|iih de d ■taiUciirit'iiv 1 ■> iti\A\r% iloiMci^liiiiifs <l«' U rnai<wm de Conli «-l Ich d.'mMrs Irnyi- 1. ■ *U"^ Arux t\Hni\ iué\ A-si>Tl\*>. t\uirU Coi rexitoiidancf (tr Madame^ \r% Mrmoirrt dr Mauirpus^ .Saint .Simon, t. VIII, -JHHj
Il \%\% d«- \|"'r d«' Vilrilr, (|iii v\m\thA d«|)iiis Uoliii^lmH kp. Voir Mir c«'l(e dune e< U nnirt de v>n \\U r.mm\év par J. H. KoiisM-aii, If livre kI inlf^roH- •juI d^ H \\fini*tr fUmliotnin*- : Mnrinmf df Mrunlrnnu rt %n famille. I)i- «Nrr. Ift/l
AOUT 1717. 23t
salés (1) et des autres exemptions^ le renouvellement des boues et lanternes, et un arrangement pour les Ijillets d'État et ceux des receveurs généraux, rétablissement d'une compagnie au Mississipi, une loterie et rentes viagères au denier seize et d'autres suppressions, diminutions de pension, etc. il y aeu cinquante voix pour nommer des commissaires, mais il y en a eu 125 pour rejeter Tédil, faire des représentations et demander communication* des états des revenus du roi, de sa dépense et de l'emploi qui en a été fait depuis la régence (*2). C'est M. le président Lambert qui a ouvert cet avis. Les députés ont élé nommés, et iM. le premier président à la tète ayant rendu compte à M. le Régent et fait des représentations > M. le Régent les a très-mal reçus, et a dit que c'étoit une cabale et un attentat à l'autorité du roi, qu'il étoit le dépositaire de cette autorité , qu'il ne la laisseroit point avilir tant qu'elle seroit entre ses mains, et que le Parlement avoit excédé son pouvoir en voulant connoitre des affaires de l'État.
30 août. — M. le Premier Président (le lundi 30 août au matin) ayant de nouveau assemblé le Parlement et rendu compte de la réponse de M. le Régent, qu'il dit avoir entendue avec une grande douleur, et qu'il rapportoit à la compagnie avec une douleur non moins grande, plusieurs de ces messieurs se sont récriés sur les termes de cabale ei (ïaltental*^ mais d'autres les ont calmés, et enfin, après bien des contestations où il s'est dit bien des choses hardies sur l'état présent des affaires , il a élé arrêté que l'on nommeroit des commissaires pour examiner 1 edit en particulier, sans préjudice à faire des remon-
(1) Di'^lribtilioii de sel qui se faisait smtuilemrnt à certaines personni's. C'était un itiiMlr^e et une exein|itiun d'impôts accordée suitont aux piincipaux ma;iislrat8.
(2) On voit jusqu'où le Parlcmenl pons-ail Pal)us du droit de remontrances. Des Étali>-|iei)éraux n'eussent pas usé autant.
?3; MKMOlKb^S DK MAlHIKU MAK VIS.
traïuvs sur leur rapport , et (iirils poiirmienl demander communication des pièces qu'ils ju^eroient à propos.
U»s corn ni issii ires ont «té nommés, et ont travaillé iRMidant toute 1.» semaine : il leur a été donné quelques • chiinissementsde la part de la Régence.
i septembre. — Le samedi V se[)teml)re, le Parlement s'est assemblé, et les commissaires ayant l'ait leur rapport, on a délibéré sur les différents articles de l'édit. Le l*"", qui est la suppression du dixième, a passé, et on a aussi passé rrlui qui supprime le franc salé sans même que l'on y ait opiné, parce que l'on faisait reproche dans le public au Parlement ()ue cette suppression du franc-salé les avoit animés contre l'édit. On a dit en raillant que le Parlement étoit un dessalé: les pensions réduites et le cinquième diminué hors celles des militaires, et ainsi de quelques autres articles qui vont à la décharge du public, qui ont été passés ; mais à l'égard des billets d'État, billets des receveurs généraux, compagnie du Mississipi, loterie et rentes viagères, sur lescjuels il a été fait des règlements qui n'ont pas paru solides pour le payement desdits billets, à la pluralité des voix , il a été sursis à Tenregistrement si faire se doit. Il a aussi éfé sursis {\ l'article du rél.iblissem«*nt des boues et lanternes , comnie ayant été rarhelés par tous les bourgeois de Paris. Sur l'article du di\i«-me, il a été réglé (ju'il ne pourra être retenu par aucun ( orps ou communauté séculière ou régulière sous quelque prétexte que ce soit. Kt sur rexlinction du franc «aie, que le roi sera prié d'avoir égard aux mendijints Pi hôpitaux. Ainsi h* Parlement a partagé Pédit et en a [ifivMÎ quelques .irticles sans vouloir passer les autres, quoi(|u ils parussent tous être liés et avoir un objet général et indivisible : cpiiest cju'en supi)rimMnt h-dixiènie,
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il faut que le roi diminue des dépenses et trouve d'autres fonds pour acquitter ses dettes. On a prétendu que les expédients pour les acquitter n'étoient point sûrs : mais d'un autre côté le dixième seroit en risque de subsister. Au sujet des pensions, le premier président de Blamont, qui s'est distingué dans toute cette affaire par ses discours libres et populaires (1), a dit qu'il y avoit une dame à la Cour qui avoit plus de pension que tout le Parlement et a nommé M™*" la duchesse du Lude. Il a dit aussi avoir appris qu'on avoit donné depuis peu V^OOG fr. de pension aux Comédiens Italiens.
M. le Régent ayant appris ce qui s'est passé au Parlement la mandé pour le dimanche 8 septembre. C'est M. deGiac qui a été chez M. le premier président, et il a fait avertir les iï commissaires de se trouver à dix heures et demie au Palais Royal le 5. Ils ont été au Palais-Royal où tous les 1i commissaires se sont trouvés. Ils ont été assis. L'affaire s'est expliquée. M. le Régent leur a dit de lui fournir des expédients s'ils en avoient d'autres, et faire valoir la su[)pression du dixième. Mais M. le Nain , doyen du Parlement, a dit que ce h'étoit pas une grâce de le su[)[)rimer, mais une justice, et Ta dit jusqu'à trois fois Le parlement a proniis de se rassembler le lendemain pour travailler sur les articles tenus en surséance. 11 faut remarquer que dans l'assemblée du Palais-Royal, M. le Régent était au bout du bureau, M. le Chancelier à sa droite, et il fit mettre M. le premier président à sa
pat le riiiK tiic, ioniinc hjiilc o|i(><)siiii)n (|iii ii ot pas uesiiiiere.v>ee. Le l'aiicrnetit n«' faisait dt* roinontrances que coiilro Icn alms «Idiil il ne [irofilait p.is fl y a t'ii lies exieptions lioii():al)l«'S, provcpir Mililiiiirs, (laii.> mlaiiis Ih)iiiiii»'n ri ••n t<Tlains cas. Mais le plus M»ii\tiit < «• corp";, «Diuni»' Ions nxw qui (l«'\i«'iil lie iiMir iii>tiluli<)n , surtout |n)ui iIcnciui p()lili<pi(>, <|u.inil il- m- U' ><>i.t p.i^ |'':;itiiiii'iii<-iit . ni.in<|na >\i- prévoyance, iriinion et ilr ili::iiili-
:;ai MKMOIUKS DK MaTIIIKU MARAIS.
gauche et les IV commissiiires autour du bureau, à l'autre bout duijuel étoit une tal)le où étoit M. le due de Noailles âvec beaueoup de registres et de conipteset de papiers. SI. le Kéireut paria avec beaucoup de grjVce et de politesse au Parleuient 1) , dit t|u'il leur donneroit tant d'éclaircissements (pi'ils voudroient, qu'il avoit fait de son mieux, qu'il falloit savoir Tctai des affaires du roi à sa mi»rl pour bien pailer de cet édit, que le roi dépensoit dans les dernières années 90 millions de plus qu'il n'avoit de revenu; qu'il y avoit, outre les dettes ordinaires, 750 millions de dettes criardes, et que M. le duc de Noailles leur expliqueroient ce détail : ce que M. de Noailles fit avec tout l'esprit et toute la précision possible, justifiant par pièces tout ce qii il disoit. On parla des diffé^^ents articles de ledit, surtout des boues et lanternes, billets de l'État, ceux des receveurs généraux : les boues et lanternes pnraissoient un petit objet au Parlement pour vouloir fiUher tout Paris; mais M. de Noailles répondit que ce n'étoit qu'en grapillant de côté et d'autres qu'il pouvoit se sauver : (jue pour les billets de lÉtat, on n'étiit [lointdu tout en état de les payer; qu'il ne falloit pas croire cjue l'on en eût fait plus que les 250 millions et qu il falloit s'en ra[>porter à M. Bignon et à M. Trudaine, l'un ancien, l'autre nouveau prévôt des marchands, (|ui n'étuient point capables de prévariquer et (pii ne riscpieroient pas de porter leurs tètes sur un échafaud. M. le Kéu'ent dit en cominenrant à M. le premier président à demi lias : « Monsieur, j'ai à me plaindio de vous, vous avez rendu un peu trop exactement mes paroles à ces Messieurs; vous m'avez brouillé avec eux. Je n'ai point prétendu IcsolTenser, et si vous croyez que je doive faire encore quebpie chose pour les en persuader, je le ferai... » M. le premier président dit qu'aussi les paroles avoient
1/ II «e «rnUil m* fut- f,\t\\u.<' df I»* irx-naKer.
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été bien dures, et qu'il n'avoit pu s'empèclier de les rapporter. iM. le Régent lui dit : a II faut faire une compensation, car vous m'êtes aussi venu demander bien durement la communication des papiers de l'État, et cela m'avoit fàcbé. » Ce fut un combatd'honnètetés et de civilités dont le Parlement fut très-satisfait. Il se passa encore un autre fait : iM. le premier président avoit dit au commencement que le Parlement avoit appris qu'un homme constitué dans une grande dignité avoit dit puljliquement que les difficultés sur Tédit ne venoient de ce qu'on avoit ôlé au Parlement son franc-salé, et que c'étoit là une injure pour tout le corps. En sortant, iM. le premier président, s'adressant à M. le duc de Noailles^ lui dit : « C'est de vous, Monsieur, dont j'ai entendu parler; vous avez dit cela à votre audience. » M. le ducdeNoailles dit : a On me fait tenir tant de mauvais discours qu'on peut bien encore m'avoir fait tenir celui-là. w On se sépara enfin, fort content les uns des autres, et il se trouve que le Parlement eut communication des affaires de l'État, quoique Ton soutint qu'il n'a pas le pouvoir d'en connoitre.
Le lundi, G septembre. — Dès six heures du matin, les chambres se sont assemblées, et ont employé toute la matinée à examiner les articles sursis : tous les débouchenients des billets de l'État, le Missis^ipi , laloteiie, les rentes au denier seize, laliénation des petits domaines ont été approuvés. Mais il a passé de 81 voix contre 73 à faire des remontrances au roi, sur ce quel'édit fait cesser les intérêts des billets d'État au 1" janvier 1718 et pour demander que ces intérêts soient continués jusqu'à IYmuplui dans les débouchements. On a remis à l'aprèsdlnée pour examiner les autres articles.
Mardi j 7 .^eplewbre. — Le 6 septembre de relevée, on s'est rassemblé jus(|u*à 7 heures du soir, sur Tarticle des boues et lanternes. 11 a été arrêté que remontr.inces seront faites au roi pour empêcher qu'il n'en soit fait un
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nouvel rtitbhsstMiuMil à la diaiyr dos hourpeoiN de Paris, atU'iitlu lo rachat. Kl mit ro «lui ivuardc Irs billets dos receveurs généraux des liuances, apivs de longues conteslatiuiis, il a été aussi arrêté (|ue mnoiitranccs seront faites au roi, qui veut se charger de ces billets, de ne |Kiint «Mer aux porteurs le dél)iteur qui a signé, et de laisser ces billets comme dettes contractées on particulier. Il V en a encore pour plus de 50 millions. Dans tout cela, M. le premier président s'est comporté avec toute ladii:nité, la noblesse , Tesprit, Tamour et Tallaclienïent pour la con)pagnie que Ton peut désirer. Kt le Parlement , (jue dabord Paris avoit voulu condamner, y a acquis une gloire inestimable par sa fermeté et son attachement au bien puidic et à la patrie. On a envoyéquérir MM. les gens du roi pour leurdire de prendre, d«»s le même jour, l'heure de M. le Hégent, pouraller demain faire les remontrances au Hoi au Louvre, idtendu qur le P.irlemeut liuit. Ils y ont été.
Merci edi 7. — Le 7 septend^re, les remontrances iTont point été faites. Le jour a été remis par le Koi au jeudi 0 et on a envoyé une déclaration pour proroger le P.u*lement jus(pfau IV se[)tendDre pourles affaires publiques seulement.
Jeufiiy 9sejflemhn'. — Le Pailement a été au Louvre par dépulalion faire les remontrances : M. le preuiier président a fait un discours très-long et très- bien digéré et qui a été admiré de tout le monde. Il lui a été lépondu que le Koi i»-pondr(»it incessamment aux l'euiontrances. Il e*t{ à rernarquei* (pi'il les a lues.
yeitiliefii^ 10 nepltiiibre. — Le lendemain; 10 s(!pt(;iidire, le Parlement s'est îissetnblé. l.r [)remier présidi nt a lu ie» remontrances, rpii ont été trouvées si b« lies, qu'elles ont été mises dans les registres. VA MM. les ^ens du Roi Minl entrés, qui ont apporté une dédaiatioii du roi du 9 Hepteinbre 1717. par bicpu-lle le Hoi dit qu'ayant fait etaininer en v>n eon^eil b** lr«*s-biiinbles iN-montraiices
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que le Parlement lui a faites sur trois articles, il ordonne (ju'il sera sursis à Tarticle 6 de Tédit pour les boues et lanternes, que l'intérêt des billets de l'État sera payé nième par delà le 1"^ janvier 1718 sur le pied de quatre pour cent, jusqu'à ce qu'il soit autrement ordonné, et que les porteurs des billets des receveurs généraux, qui ne voudraient pas faire les conversions réglées par l'édit, seront payés des intérêts par les receveurs généraux qui les ont signés à raison de quatre pour cent à commencer au r"" juillet 1717. Ainsi le Parlement a obtenu tout ce qu'il demandoit sur les trois articles, et même la commuuication des affaires de l'État dans la conférence du 5 septembre. Le Parlement a ensuite été congédié pour ses vacances, et M. le premier président a eu la joie de voir en ce même jour presque tout le Parlement lui faire compliment chez lui.
Le lundi i:i seplembre au soir, on a pui)lié ledit et la déclaration imprimés, et tous les autres édits concernant l'établissement de la compagnie d'Occident, qui est le nom qu'on lui a donné, les rentes viagères, la loterie, et l'aliénjition des petits domaines. Le grand édit a été enregistré le '4^ aux Clansea et conditions portées en l'arrêt de ce jour. Les autres édits ont été enregistrés le G purement et simplement, sinon qu'en celui de la compagnie d'Occidenl il est arrêté que les statuts de la compagnie seront confirmés par lettres et patentes registrétsen la cour. Et la déclaration donnée sur les remontrances a été enregistrée le 10 septembre. Tels sont l'origine, le progrès et la fin de cette grande affaire, où le public se trouve déchargé du dixième et soulagé d'une grande imposition.
10 Septembre 1717. — Molk. — .M. Mole, eonseillerde la grand'chambre, a perdu sa cause qu'il soutenoit contre sa femme aux recpiêtes du Palais, pour cette fille qu'il avoit et que sa femme désavouoit. Il lui a été seulement tlonné acte de (•<• (ju'il ;i (It'cl.irc'' (jiie ('«'toit *<m fille, et a
V» MiMoiUKS m: matiiiki mvuais
rêganl ti»» rt'Ho lille t'I do son mari, ils ont étt' déboutés de la demande tiue la lille faisoit [nnw ùire déclarée lé- :riliine. Ainsi il rest»- «If tout ce ])rocés, à M. Mole une liAtarde.
M Koi II.I.K un .Mkslay(I). — Le testament de M. Uouillé de Mesla> . c|ui êtoit contesté par son iils contre l'Académie di'S sciences, » été confirmé parsentence des requêtes du Palais à la première du 10 septembre. Le legs i\ TAcadéiiiie est de .'».000 IVancs de rentes sui' la ville , à distribuer en deux prix i»our ceux qui travailleront le mieux sur des sujets de pbysique (ju'il propose : Ce qui conlient et soutient les jilanétes, le foiuls premier de leur formatioti, les itrinripes de la lumière et du mouvement, les lonqitudeSy les latitudes, le niveau des eaux, etc. On prétendoit qu'il y a voit de la bizarrerie dans l'esprit du testateur c|ui fait des legs à des paysans et domestiques, à condition de ne manger ni chair ni poisson, et que les sujets pro|>osés pour les prix sont ou extravagants ou impossibles, ou inutiles ou épuisés. Le testament a été imprimé
(I) RouilU* dt; Mi'slay, mort en 17 lô cuiist'iller lioiiurairr au paiiement «ie Paris f"t ••• |»r«Miuer bi«'iifjiteurile rAcailciiiie «Irs sciences, et donna le premier Tv ' *' , . ni siiivri' Monti-ii>, I.alande et Monlyon. Il avait Irun»'
uti '«) li\re<, |Hjiir en employer le revenu à neompenser les
i««anl« i|iii .K'o«cu|>eraient de la quadrature du cercle et d'autres découvertes Mir li*^ nijllH'u.ali<pies. S<m lu-iiliei allaipia cetl'' disposition, connue renlermant une dauM* uiexcrulalili', attendu (pie la «piadralurr ducrrcle «tail i:n<- Hiinièrp. Cefiendant PAcacL-mie obtint en 17 17 l'envoi en possession du legs. qui l<ii fut roidiruif pat arrêt de la (irand Cliaudire du .il) août 17 IK, tendu ^ur \r% niiM ludions de \| hauioi^'itnn di- liliiK lursiid , a\tKal g-uéral. L'A r».l.inie. uiH- foi» investie, s'a<iSocia aux allivations des liéritiern d<^l>outés, et in'' .1. i.iion'i du tisl-itiMir, (pli .tairnl surtout de lavoriserres>*or
Ml ; . , 1 .1 «Inrrsi's repii-r., «t enrôle l»- I I avid 17«)7, qn rlle er^r
l^jail du tiHtroiirA liNit M Miiuire traitant de U quadiature du nTilc ou de tout , !.|.i.-. (.-I «pic It tns-'clinn d" l'an^tl"'. Ce qui n'a pan I . ; -uit encore l'Mis I«*h jour* de-» « lien heiir> opuuAire»
dr I iiii|4)rttio<'r d« liMir» découverte* à cet égard. — Uoudl- de Me^lay n'a (M I.. \oluiuin«'u\ Recueil <lr l'Ajadrinie. .Sic loi non
rr,' / -, ifoiiNc (xiiiit <l,uiv. Il- Heriieil df Peijinol, ou il en
ir«nlri *
avec des remarques curieuses. La cause plaiclée solennellement, la délivrance du legs a été faite à l'Académie. Le testateur n'a qu'un fils, qui a beaucoup de biens, et il n'a disposé que des épargnes de son superflu. La sentence a depuis été confirmée par arrêt du 30 août 1718.